Étiquetté ‘réparations de guerre’


L’Allemagne ne paye jamais autant qu’on croit (bis)

Economie — Article écrit par le 29 juin 2012 à 20 h 52 min

« Ascolta Angela, on ne peut plus continuer à payer. Toi tu as de l’argent, paye. D’ailleurs Rajoy est d’accordo avec moi.

— Olé ! j’approuve Mario.

— Et sinon ?

— Sinon on tue le plan de relance de Hollande. Ou on fait sauter l’Euro alors que tu n’es pas encore prête à sortir. Dans les deux cas tu seras regardée comme responsable du désastre.

— Et Betite-Fraise-des-Blagues est d’accord ?

— Oui, oui, moi je suis pas contre… enfin… en somme je suis pour… donc on doit pouvoir dire que je suis d’accord, je pense qu’on peut dire ça, Angela, effectivement. »

Et si l’on ajoute que quelques requins toujours prêts à faire monter les bourses pour revendre leurs saletés ont poussé à la roue, Angela n’a pu que lâcher du lest. Et est rentrée fissa à Berlin expliquer les choses. Ce que la FAZ explique à son tour, loin du lâche soulagement quasi-munichois de la presse économique française dans un pays qui pue de plus en plus ses années Trente :

Frau Merkel hatte zuvor in Fraktionssitzungen von Union und FDP deutlich gemacht, dass die auf dem EU-Gipfeltreffen getroffenen Vereinbarungen die im Bundestag anstehenden Beschlüsse noch nicht unmittelbar berührten. Wenn diese Vereinbarungen in die Tat umgesetzt würden, werde in jedem einzelnen Fall wieder der Bundestag befasst, versprach sie.

Autrement dit, le principe est approuvé, ça ne mange pas de pain de laisser faire un effet d’annonce, même si ça tangue un peu dans les troupes. Mais à chaque fois, il faudra repasser devant le Bundestag. Et donc, pour peu qu’un juriste allemand soit taquin, à chaque fois repasser devant la Cour de Karlsruhe. Où les appels sont suspensifs. C’est dire si on a fini d’entendre parler de la dette. Et si l’Allemagne est près de mettre du cash sur la table — d’ailleurs comment en mettrait-elle ? elle n’en a pas plus que nous, elle a juste pour un temps chaque semaine plus limité moins de difficultés à emprunter.

S’il suffisait de touiller les cerises pourries et les cerises un peu trop mûres pour enrayer la pourriture de tout le saladier, ça se saurait.

Question subsidiaire : combien pariez-vous que les banques allemandes vont en profiter pour vendre à pas trop mauvais prix un peu plus de leur dette détenue sur l’extérieur pour racheter de la bonne moins mauvaise dette boche et préparer ainsi la fin de l’Union monétaire ?

Question sur-subsidiaire : cette petite plaisanterie de prétendre faire financer nos saletés de démocraties-sociales clientélistes et nos États providences obèses devrait, si cela avait lieu, coûter à peut près 4% de PIB par an à l’Allemagne sans même mettre les choses au pire — soit plus que la réunification ne lui a jamais coûté ; combien de temps faudra-t-il à l’Allemagne pour se rendre compte que 2+2 font quatre et tirer la conclusion qui s’imposera ? Car si la sortie de l’Euro coûte 2% de PIB pendant trois ans, et si le maintien dans l’Euro coûte 3% par an en attendant pire, le calcul sera vite fait à Berlin. Et quand on parle de taux d’intérêts qui grimpent, vite c’est rapide.

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