Étiquetté ‘Montagne’
Crabère et Serre Haute
Survie — Article écrit par Vae Victis le 21 janvier 2013 à 16 h 46 minJe traverse des villages ariégeois bien encombrés par les fêtes du 15 août, les stands débordent de gadgets, je vois des bouddhas sur un stand new-age et des colifichets africains sur un autre plus loin. Dans toute la France sur les marchés de fête on vend la même camelote. Après quelques déviations erratiques, zigzaguant entre barrières, voiture garées dans les rues étroites et camionnettes de gendarmerie, je suis ma route jusqu’au parking de Frechendech.
La balade commence à l’ombre des arbres sur un chemin à la pente relativement douce où s’enchaîne les épingles à cheveux.
Les arbres se font plus rares, on approche de la ligne de limite des arbres. Elle est déterminée par l’altitude ; le froid, les vents et la neige empêche la pousse des arbres. Une herbe dure, résistante et piquante, ainsi que des massifs de rhododendrons, prennent généralement la place de la forêt.

J’approche de la cabane d’Illau. Son toit apparaît derrière le rocher sur la gauche de la photo.

Le mur massif du barrage-poids de l’étang d’Arraing. Le barrage du XVIIIème siècle qui servait à entrainer les coupes de bois dans la vallée, en relâchant violemment les eaux, a été remplacé par un barrage à vocation hydro-électrique reconstruit entre 1939 et 1942. La centrale hydro-électrique se situe à Eylie.

Une vue de l’étang et de la Serre d’Arraing en arrière-plan, que je franchirai en fin d’après-midi.

Je passe sur la rive droite de l’étang à côté du refuge Jacques Husson avant de poursuivre en direction du pic de Crabère (2630 m).

L’ascension sera un peu difficile jusqu’à ce que le vent se mette à souffler parce qu’il fait très chaud. Au sommet un mur de pierres sèches a été construit pour protéger les bivouacs des vents violents.

Je redescends du Crabère, je repasse près de l’étang où se repose un âne, et j’entame l’ascension de la Serre d’Arraing. J’y trouve nombre d’artefacts rouillés témoignant de l’ancienne activité industrielle des lieux.

Une dernière vue sur l’étang éponyme à partir de la Serre d’Arraing.

Vue sur la station Narbonne à partir de la Serre d’Arraing. Ces bâtiments servaient à l’exploitation minière, abandonnée depuis bien longtemps. J’y passerai le lendemain en descendant vers Eylie.

Ayant l’intention de faire l’ascension de Serre Haute (2713 m) le lendemain matin, je bivouaque près de l’étang de Floret, juste derrière la butte. Le temps est parfait, mais brusquement le vent se lève. Il se met à souffler par bourrasques et mon abri de toile n’est pas vraiment adapté à ces violences. La nuit sera courte et quelque peu agitée.

La grotte des Corneilles surplombe mon bivouac. Avec un peu d’imagination ces paysages sauvages peuvent prendre les allures d’un conte fantastique.

Au petit matin je manque de tomber sous l’effet d’une bourrasque alors que je me redresse sans prêter assez attention au vent. Je remonte sur les crêtes avec l’intention de finaliser l’ascension de Serre Haute, mais je manque de tituber à chaque pas sous l’effet du vent. Sur un sentier de chèvre le jeu devient trop dangereux et je me décide à rebrousser chemin ; la montagne sait se faire désirer. J’emprunte à nouveau les crêtes par lesquelles je suis arrivé la veille. Je découvre une nouvelle sensation, c’est comme de boire la tasse mais sans avoir la tête dans l’eau. Le vent est si violent qu’il encombre les voies respiratoires. J’abaisse mon centre de gravité pour continuer ma progression. La photo ne rend pas justice au vent, mais on voit que les herbes sont courbées par sa force.

J’engage ma descente vers Eylie et croise un troupeau de moutons gardé par trois patous. Ces chiens sont rares dans les Pyrénées.

J’approche des ruines de la nation Narbonne, et j’en croiserai encore beaucoup d’autres jusqu’à Eylie.

Le Biros, un pays minier
D’anciennes mines de plomb argentifère à Sentein, antérieures à 1600, témoignent du long passé minier du Biros. À partir de 1850, l’implantation de mines de zinc et de plomb font sa richesse. Les bâtiments sont construits en haute altitude : la mine de Bentaillou est située à 1 900 mètres, la « mangeuse d’hommes » de la Mail de Bulard a ses murs plantés sur une crête à 2 400 mètres. Cette activité modifie radicalement le mode de vie du Biros ainsi que ses paysages : en 1907, la mine de Bentaillou emploie plus de 500 mineurs ; deux écoles sont nécessaires pour abriter les 200 élèves de la commune de Sentein ; l’exploitation du minerai, quant à elle, requiert l’aménagement de téléphériques et de centres de traitement dans les vallées.
Cependant, dès la fin de la Première Guerre mondiale, le déclin s’annonce. L’épuisement du minerai, le fort coût d’exploitation dû à l’altitude des gisements, l’exode rural vont avoir raison des industries. En 1926, l’effondrement des cours du minerai de zinc signe la fin proche de l’activité minière. S’instaure alors une gigantesque grève. L’extraction cesse et la mine ferme. Par chance à cette époque, le chantier du barrage d’Arraing a besoin de main d’oeuvre et beaucoup d’ouvriers y retrouvent du travail. Jusqu’en 1942, année ou la mine est rouverte. Après l’arrêt des mines en 1955, l’exode s’accélère encore : la population de la vallée chute de 1 100 habitants en 1954 à 300 en 1990. Deux tentatives de réouverture des mines en 1963 et 1973 se soldent par des échecs.
De ces mines, il reste aujourd’hui encore d’imposants vestiges dans la montagne, bâtiments en ruines, galeries abandonnées, chemins vertigineux taillés dans la roche, rails et vieux wagonnets Decauville, qui évoquent les villes fantômes de la Ruée vers l’or de l’Ouest américain.
Wikipedia : Le Biros
Randos-balades.net : Etang d’Araing
Le joli petit village d’Eylie où se situe un gite d’étape.

Ayant l’intention de faire une boucle jusqu’au parking d’arrivée, j’emprunte un chemin forestier où je croise nombre de granges et de maisons abandonnées. Parfois la végétation a repris ses droits, les murs s’effondrent sous les coups des racines, ainsi que ceux des glissements de terrain.
Ma carte ainsi qu’un panneau annonce bien la présence proche d’un mégalithe, mais je ne le verrai pas.

Le hameau du Mourtis me semble quasiment abandonné, seuls quelques randonneurs et surtout des chasseurs doivent encore y monter.

Après le chemin forestier, la route gravillonnée, puis je retrouve la trace d’une route forestière adjacente. Son entrée est dissimulée par la végétation et son tracé est saturé d’orties, de champignons, de fougères, de plantes variées et de troncs pourrissants. Le sol est tissé d’humus là où le ravinement ne fait pas disparaître l’ancienne route. Elle se fait plus mince par endroit, réapparaît, puis rétrécie jusqu’à disparaître complètement. Je décide alors de descendre dans la pente en m’aidant des arbres et de ma montre altimètre. Je finis par déboucher sur des estives. Je les enchaîne tout en perdant de l’altitude en espérant qu’une paroi vertigineuse ne bloquera pas ma progression. Arrivé au plus bas des estives, je m’engage à nouveau dans un taillis d’arbres sur quelques centaines de mètres, avant de poindre au-dessus de la route à quelques enjambées du parking. Je pratique quelques pas d’escalade pour descendre sur le bitume, je croise quelques personnes se reposant près de la rivière que je franchis sur un petit pont, et me voilà de retour à la voiture, bien fatigué.

J’aurai accumulé une trentaine de kilomètres et près de 3400 mètres de dénivelé positif en un peu plus d’un jour et demi. Outre les beautés minérales, végétales, et les quelques animaux croisés, j’aurai aussi un peu découvert l’histoire de ce coin des Pyrénées en parcourant ces chemins.
Étiquetté : Montagne, randonnéeL’ascension du Montcalm
Survie — Article écrit par Vae Victis le 3 janvier 2013 à 8 h 41 minPour atteindre le sommet du Montcalm, j’avais dans l’idée de faire une boucle en montant par l’ancienne voie normale, appelées « les Tables du Montcalm », puis de redescendre par l’actuelle voie normale. Au programme environ 2200 mètres de dénivelé positif.

Le parcours débute par des chemins forestiers à travers le bois de Fontana, puis nous débouchons sur les estives et sur une vallée où s’échelonnent les orris de Pujol le Haut et de Pla Subra. Les orris sont les pâturages où paissent les bêtes, mais tendent aujourd’hui à désigner les cabanes de pierres sèches, de forme arrondie, autrefois utilisées par les bergers.
Le chemin par les Tables n’était plus balisé, mais l’orientation fut bien menée jusqu’à un petit étang juste sous le Montcalm. Nous étions à 350 mètres de dénivelé positif du sommet. Nous avons décidé de déjeuner à l’étang sous le soleil, le paysage était très beau. Puis nous avons entamé l’ascension dans un couloir d’éboulis de plus en plus instable. Au début nous nous appuyions sur de gros blocs moyennement stables, puis sur des blocs de taille moyenne en équilibre précaire, puis en nous aidant des parois aux roches coupantes et en prenant appuis sur de la pierraille ne demandant qu’à dévaler la pente. Il s’agissait d’équilibrer les appuis puisque aucune prise ne permettait plus de supporter totalement notre poids. Ayant montés environs 150 mètres dans ces conditions, n’étant pas sûrs d’être dans le bon couloir, nous avons préférés faire demi tour ; la sagesse l’imposant. La descente fut assez longue et délicate. Ayant dû rebrousser chemin par le chemin de l’aller, il nous fallu nous orienter sur les cimes dans une purée de pois donnant une visibilité de 15 mètres. De grands moments. Effectivement le couloir n’était pas le bon. Le cadre et les conditions ont tout de même fait que ce fut une belle journée, malgré l’échec.
Seconde tentative le week-end suivant, cette fois par la voie normale. Le temps est maussade. En vérité nous ferons les 2/3 de l’ascension dans le brouillard, passant même tout près de deux étangs sans les voir, et en imaginant que la masse à peu plus sombre est bien le refuge de Pinet (ou un groupe d’arbres, des rochers, ou quelque chose d’avoisinant). Nous croisons successivement deux trailers, un homme et une femme très entrainés, qui font l’ascension en courant. Je verrai plus tard qu’il existe un marathon du Montcalm.
Le temps se découvre à l’approche de l’étang du Montcalm.
Les premiers névés font leur apparition. Les névés sont des accumulations de neige perdurant pendant tout ou partie de l’été en-deçà de la limite des neiges éternelles. A coté d’un lieu de bivouac, ils font d’excellents réfrigérateurs.

Nous avons la chance de traverser quelques champs de neige.

Le temps se dévoile à quelques centaines de mètres du sommet pour nous faire admirer une mer de nuage, le côté espagnol est plus dégagé.

Vue de la pique d’Estat (au milieu de la photo sur la gauche du chemin) et du Pic Verdaguer (juste à sa droite) prise à partir du Montcalm. Nous déjeunons à son sommet (3077 mètres d’altitude), puis nous redescendons un peu pour l’ascension de la pique d’Estats (3143 m), point culminant de la partie orientale des Pyrénées. La pique d’Estat se situe sur la frontière franco-espagnole, elle est aussi le point culminant de la Catalogne.

Le dernier raidillon avant le sommet de la pique est un peu embouteillé, il s’y accumule des groupes de Catalans d’un certain âge. Un refuge ne doit pas être loin puisqu’on voit surgir de nombreux Espagnols, pas toujours très affûtés, qui doivent faire la randonnée sur 2 ou 3 jours.
Vue du Montcalm prise à partir de la pique d’Estat.

Le chauvinisme catalan s’exprime en chargeant cette malheureuse croix de drapeaux de la Catalogne et du Barça.

Nous trottinons à la descente, sautant de pierres en pierres et de touffes d’herbe en touffes d’herbe. Le brouillard s’est un peu levé et nous permet de mieux voir le paysage sous la mer de nuages. Nous ferons une pause au refuge de Pinet, désormais visible, descendant deux bières allemandes à la frontière franco-espagnole, fêtant ainsi la mondialisation. Ces montagnes auront été mes deux premiers 3000 mètres.
Étiquetté : Montagne, randonnéeL’Ariège en raquettes
Survie — Article écrit par Vae Victis le 21 décembre 2012 à 14 h 41 minRandonner en raquettes permet de découvrir la montagne d’une autre façon, peut-être plus ludique ; la neige agit comme un énorme tapis de jeu où l’on fait ses traces.
Le ciel était dégagé, le soleil brillait, il faisait un peu froid mais sans excès. Les conditions idéales pour randonner.

Nous marchons sur une route forestière avant d’attaquer la pente.

Les traces au sol qui nous précèdent sont celles des skis de randonnée. Nous croiserons quelques skieurs et randonneurs.

Je suis équipé de TSL 325 Explore Easy. TSL est l’une des marques les plus recommandées pour des raquettes à neige. Ce modèle est équipé de 6 crampons en acier, de dents à l’avant, il est possible d’y ajouter des « couteaux » pour accroître encore son accroche. Les chaussures peuvent être surélevées par un système de butée pour marcher dans les pentes ; l’assiette des chaussures est ainsi plus proche de l’horizontal tandis que le profil des raquettes suit la pente. Comme l’auteur du test, je suis satisfait de ces raquettes, mais c’est ma première sortie.
Je randonne en chaussures de trails et avec un jean pour l’occasion. Mais au final ce n’est pas si mal, le jean englobant les trails et gelant autour, il a remplacé les guêtres. J’avais pris un pyjama ninja chez Décathlon, le haut et bas Simple Warm, soit moins de 18 €, qui m’a semblé très bien sur cette sortie, à la fois chaud et respirant, même si on sent assez vite l’homme des bois, comme à l’époque des trappeurs. Au moins ce côté reste authentique.
Pour protéger les chaussures de trails des infiltrations de neige fondue pour le dessus des chaussures, de simples sacs poubelle m’ont ravis. C’est le système VBL pour Vapor Barrier Liner. Il consiste à se glisser dans un matériau étanche pour conserver sa chaleur sous forme de transpiration. Dans le cas présent, une paire de chaussettes relativement fines et synthétiques est entourée par un sac poubelle résistant, ces chaussettes vont retenir la transpiration, tandis que les sac poubelle vont éviter que la couche suivante ne soit mouillée. L’humidité retenue dans les chaussette va rester chaude pendant l’effort au contact de la peau. La seconde couche est composée de chaussettes isolantes, par exemple en laine, qui resteront sèches et pleinement effectives. Sur cette seconde paires de chaussettes je glisse de nouveaux sacs poubelle, qui assurent l’étanchéité extérieure vu que les trails ne sont pas du tout étanches. Un autre avantage du VBL est que la première paire de chaussettes, celle au contact de la peau, peut être changée sans avoir besoin de remplacer celles en laine.
Plutôt que l’association chaussettes fines et sacs poubelles, on peut utiliser des chaussettes étanches, telles que les Sealskinz. On pourra de même les glisser dans des chaussettes isolantes destinées à rester sèches, et utiliser directement des chaussures/bottes étanches prévues pour la neige.
Le VBL est une adaptation du système d’habillement à trois couches, seulement la première couche au lieu d’avoir vocation à laisser passer la transpiration a pour objectif de la retenir en climat froid.

Nous approchons du sommet. Le cap de Bouirex.

Sur le chemin du retour, nous déjeunons salades, pain et saucisson, sur des rochers secs avec vue sur le nord de l’Ariège.

Automne
Survie — Article écrit par Vae Victis le 22 novembre 2010 à 2 h 45 minPetite promenade dans les montagnes ariégeoises près de Tarascon.

La météo prévoyait de la pluie, finalement il fait plutôt beau. Il pleuvra en fin de soirée, les eaux nous auront épargnées.

La douceur du micro-climat permet de garder les animaux en montagne.

Le chemin serpente entre fougères et arbres jusqu’aux herbages.

La montagne s’est couverte de fougères et de buissons roux. Le climat est plutôt doux sur ce versant, les premières glaces n’ont pas encore fait leur apparition. A quelques kilomètres de là les cristaux de glace jonchent déjà les herbes et le sol. Et de nuit en nuit les trous peu exposés au soleil s’en emplissent.

Ici la plaine parait plus morne, le vent froid a fait perdre sa verdeur à l’herbe.

Les couleurs de l’automne couvrent les dépressions du paysage tandis que le plateau est déserté par les arbres.

L’étang d’Appy est réputé poissonneux. Les truites y connaissent une croissance plus longue ; l’étang dégelant plutôt dans la saison elle s’y nourrissent plus.

Ânes et serpents croiseront notre route sur le chemin du retour.





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