Étiquetté ‘Journalisme’


L’inspecteur Moustache et son public

Journalisme — Article écrit par le 9 mars 2013 à 5 h 24 min

Aujourd’hui, conf’ universitaire avec l’inspecteur Moustache en guise de guest star. Le bonhomme n’a pas moins l’air de ce qu’il est en vrai qu’à la télévision. Ses centres d’intérêt, ses amis et ses ennemis sont les mêmes ; les merveilleux Arabes musulmans (surtout les Algériens), les méchants patrons, particulièrement ceux qui possèdent la presse (mais les autres aussi), les sales Blancs colonialistes, les gentils Arabes musulmans (surtout les Algériens), Bernard Tapie, Nicolas Sarkozy, les abonnés à son canard en ligne pour retraités de l’éducation nationale, les gentils Arabes musulmans (surtout les Algériens), les Américains, les frontistes, et les gentils Arabes musulmans (surtout les Algériens). Malheureusement,  Zemmour n’est pas là pour le faire sortir de ses gonds, l’interrompre dans ses monologues, lui faire cracher ses menaces et jeter son regard venimeux de tchékiste impuissant pesant 42 kilos.

Les autres sujets ne l’intéressent vraisemblablement pas des masses. Deux heures de discours sans contradiction aucune ; c’est la loi du genre. Il est affligé d’un sien camarade né à peu près au même endroit à la même époque et pensant à peu près exactement la même chose.  Un type moins inintéressant cependant, qui s’est tout de même presque excusé d’avoir prononcé une phrase qui aurait pu laisser à penser qu’Albert Camus ne haïssait pas intégralement la droite…

Au menu, mélo de communiste islamocompatible, larmes de crocodile sur le compte de Papy Indignez-mou, auto-promotion commerciale et vitupération anticapitaliste. Sous les applaudissements. Y compris les miens, du moins les deux ou trois premières fois, parce que je suis un garçon bien élevé.

Seul « temps fort » de l’évènement, une étudiante vraisemblablement musulmane l’interpelle avec un reste d’accent blédard pour lui signifier que son laïcisme  gauchiste est une idéologie morte et enterrée, qu’elle restera pour sa part islamic for life, qu’importent ses sermons d’obsolète idéologue. La moustache bégaye et s’empourpre ; il comprend… Il ne voudrait pas passer pour… Il respecte… Froid sur la salle.

Et pour cause, en dépit des dizaines d’affiches placardées dans toute l’école, le public est composé à 90% de vieillards à chandail des deux sexes, costumés, poudrés et permanentés pour l’occasion. Mon voisin – un mediaprout fanboy ! – raille son héros qui nous sert du « vous qui êtes jeunes » et autres  « votre génération de révoltés », la majorité des auditeurs étant plus âgée que lui. Renseignement pris, nous sommes seulement trois sur les quarante gus de ma promo à savoir qui est ce type et ce qu’il a fait. Rassurant, quelque part.

À l’issue d’un énième laïus humaniste – Ô combien original et courageux on s’en doute -, je me suis souvenu d’un mot d’XP qui disait en somme qu’il était heureux que la presse et la télévision soient aux mains des marchands d’armes plutôt qu’entre celles des sectateurs de France Inter ; parce qu’on aurait, dans le cas contraire, à supporter la bobine de l’inspecteur Moustache ou celle d’Albert Jacquard chaque soir sur toutes les chaînes à l’heure de l’apéro. XP a probablement tous les défauts du monde, mais c’était pour ainsi dire assez finement observé ; la Moustache et son pote ont bien passé 45 minutes à accabler tout à la fois et dans le désordre : le « divertissement qui éloigne les gens des vrais sujets » au détriment de « l’information sérieuse », dont on sentait bien qu’ils étaient convaincus d’être les seuls fournisseurs agréés ou pas loin, les « consommateurs abrutis » et les mauvais jeunes rétifs à la « vraie culture », dont on sentait bien qu’ils étaient convaincus d’être les seuls dépositaires ou pas loin, les autres journalistes, les salauds qui ont du succès et plaisent à l’opinion, et surtout les « riches » qui mettent leur pognon dans les « paradis fiscaux » plutôt que de subventionner via l’impôt la presse d’extrême-gauche et les MJC de la Courneuve.

La conférence s’est largement structurée autour du thème « Camus, le porte-parole du peuple », dont l’ami Moustache a bien entendu repris seul le flambeau, du moins était-on obligeamment invités à le comprendre. Camus la plume des pauvres, Camus la plume des opprimés, Camus l’écrivain des petits et surtout, comme cela nous a été amplement répété, « Camus, celui qui prête ses mots à ceux qui n’en ont pas » ; applaudissements nourris de la part des gosses de notables locaux et des retraités. À la toute fin, un petit vieux qui se trouve faire partie de ces humbles qui n’ont pas les mots s’empare inconsidérément de la parole pour s’en prendre de manière brouillonne et décousue aux conférenciers. Huées du public, rires méprisants, commentaires désobligeants lâchés suffisamment forts pour être entendus, le tout de la part des mêmes qui applaudissaient extatiquement moins d’une minute plus tôt les envolées populistes du Ayrton Senna de la philosophie. « C’est sûrement un gars du FN », dit mon voisin. Auquel on coupe finalement la parole pour mieux l’achever en lui citant de nouveau une tirade interminable sur la nécessité de l’expression libre, des bienfaits de la démocratie et que sais-je encore, je n’écoutais plus. Rideau.

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Leurs plaisirs élyséens

Citations — Article écrit par le 19 janvier 2012 à 2 h 16 min

(…)

Dans le cinéma, il y eut une procédure bien particulière. On fit comparaître devant un tribunal, composé de travailleurs manuels de la Profession, tous les metteurs en scène, scénaristes et dialoguistes. Pour ma part, ayant vendu un scénario à la Continental-Films (société allemande), je fus condamné à un « blâme sans affichage », ce dont je fus avisé par un pli de la Préfecture de la Seine, mentionnant expressément que cette sanction m’était infligée « pour avoir favorisé les desseins de l’ennemi ». Or l’année dernière, donc trois ans plus tard, le ministre de l’Education nationale me manifestait son désir de me décorer de la Légion d’honneur et, vers la même époque, M. le Président de la République croyait devoir m’inviter à l’Elysée. Par respect pour l’Etat et pour la République, il me fallut refuser ces flatteuses distinctions qui seraient allées à un traître ayant « favorisé les desseins de l’ennemi ». Je regrette à présent de n’avoir pas motivé mon refus et dénoncé publiquement, à grands cris de putois, l’inconséquence de ces très hauts personnages dont la main gauche ignore les coups portés par la main droite. Si c’était à refaire, je les mettrais en garde contre l’extrême légèreté avec laquelle ils se jettent à la tête d’un mauvais Français comme moi et pendant que j’y serais, une bonne fois, pour n’avoir plus à y revenir, pour ne plus me trouver dans le cas d’avoir à refuser d’aussi désirables faveurs, ce qui me cause nécessairement une grande peine, je les prierais qu’ils voulussent bien, leur Légion d’honneur, se la carrer dans le train, comme aussi leurs plaisirs élyséens.

Je n’ai rapporté cette histoire personnelle que parce qu’elle témoigne du mépris dans lequel nos gouvernants tenaient eux-mêmes et tiennent encore la Justice qu’ils nous ont fabriquée. J’imagine que chaque fois qu’un tribunal envoyait un homme à la mort pour délit d’opinion, ils devaient échanger des clins d’œil espiègles, car ils savaient ce qu’ils faisaient.

Ils savaient où ils allaient et ils sont arrivés où ils voulaient. Aujourd’hui la notion de délit d’opinion est profondément ancrée dans l’esprit des Français de tous âges. Chacun se montre prudent et personne ne bronche. D’ailleurs, les cadres de la nation ont été, pour une part, fusillés, embastillés, réduits à l’exil, au chômage, au silence. Une autre part a été nantie et, par là, réduite au silence aussi. Reste le troupeau des suiveurs, des indifférents de toujours et des anciens collabos convertis par la peur au gaullisme et au communisme. On ne voit pas, dans ces conditions, d’où viendrait aux Français le goût de s’exprimer librement. En fait, la liberté d’opinion n’existe pas en France et il n’existe pas non plus de presse indépendante. Nos journaux sont douillettement gouvernementaux et il n’est pas jusqu’aux journaux communistes qui ne se montrent soucieux de respecter nos hommes d’Etat dans leurs personnes, fussent-ils des coquins avérés, et il n’y a pour ceux-ci rien de plus important. Au moins l’Humanité défend-elle un point de vue et une doctrine. Tous les autres journaux, je veux dire non-conformistes, ne se distinguent les uns des autres que par des nuances exquises que bien souvent les hommes du métier sont seuls à pouvoir apprécier. Voilà pourquoi le Crapouillot, en dépit de sa prudence, de son souci manifeste de ménager la chèvre et le chou, fait figure de périodique indépendant et même audacieux. Ainsi, grâce à l’épuration, grâce à la très ferme répression du délit d’opinion et à tant de nos grands écrivains qui lui ont prêté leur plume, c’est dans des ténèbres soigneusement entretenues depuis six ans que la France marche par des chemins bordés de précipices où il est miraculeux qu’elle ne soit pas déjà engloutie.

Marcel Aymé, L’ »épuration » et le délit d’opinion, Le Crapouillot, 1950; l’intégralité ici

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Efa Choly

Politique — Article écrit par le 3 décembre 2011 à 17 h 42 min

« La Vranze aux Vranzais ! » — Dernières paroles prononcées par Efa Choly (Dolores Afflelou selon son nom dans la résistance) devant le peloton d’exécution allemand, mai 1943.

Il y a une éternité que je n’ai pas lu un numéro du Point. Même pas pour feuilleter paresseusement leur livraison annuelle sur les réseaux franc-maçons ou un autre marronnier racoleur. Oh racoleur à leur manière : bien propre, bien respectable, impeccablement républicaine, très dans le ton de la profession — non pas pute, journaliste, quand ils disent « la profession » c’est d’eux qu’ils parlent, d’ailleurs ils adorent ça.

Qu’on puisse lire ce genre de magazines est pour moi un mystère. Qui lit ça ? la demi-bourgeoisie de province, peut-être ? des fonctionnaires inutiles de classe B, genre inspecteurs du travail ou permanents syndicaux ? ou alors il y a tant de salles d’attente, de dentistes en orthophonistes et de pédiatres en ophtalmos, que ça suffit à soutenir la vente des magazines comme Le Point ? Mais dans ces salles, on n’y trouve jamais, pour le peu que je les fréquente, que de vieux numéros. Parfois vieux de cinq ans. Alors où sont les numéros récents ? Qui les achète ? et qui les lit ? C’est un mystère. Ce genre de journal est en fait le bruit de fond de notre belle démocratie d’opinion, la quintessence de la pensée éditorialisée, dans les clous. Ce qu’est réputé lire le même peuple de cons désespérants qui regarde Drucker le dimanche.

Alors quand Besson sort des clous en se moquant de l’accent d’Éfa Choly d’Éva Joly, ça passe mal. Ses petits camarades crient à l’intolérance, au racisme, au nazisme, à la déportation d’Éva à Ravensbrück. Voire à la norvégiophobie.

On se moquerait de l’accent du Béarn ou du Berry, ça passerait très bien. Mais un accent étranger, pas touche. N’importe quel Zambèze, même improbablement nordique et scandinave, plutôt que la Corrèze.

Ils sont dans leur rôle. Le pire c’est le nombre incroyable de petit épigones qu’ils trouvent chez les vaillants commentateurs qui commentent. Cette sale race, toujours prête à se vautrer dans le conformisme contestataire, dans la pré-pensé approuvé, reproduit maintenant spontanément et automatiquement les tics journalistiques. Il n’y a même plus besoin de leur faire la leçon, ils n’ont même plus besoin de l’apprendre. C’est une génération spontanée de petits BHL, de mini-Colombani, de nains hallucinés assis sur des champignons et qui ressemblent à David Pujadas. Surtout, au-delà des références automatiques aux HLPSDNH™, ils ont même des réflexes de journalistes, en particulier le minable appel au consensus professionnel réprobateur : « je ne comprends pas comment certains autres chroniqueurs peuvent supporter une telle publication »… « Un article qui n’honore pas la profession »… Les chiens de garde d’Halimi ont trouvé leurs petits chiots de Pavlov sur l’internet. C’est fascisant fascinant.

En revanche, très curieusement, on ne les entend pas désapprouver quand l’affligeant pantin qu’est Ruquier fait l’arbre généalogique de Marine Le Pen en forme de croix gammée. C’est bien curieux.

Mais je n’aurais pas fait le moindre article sur cette micro-épilepsie s’il n’y avait eu que cela, même s’il est bon de le répéter de temps à autre. Seulement, ça fait un moment que l’accent d’Éfa Choly d’Éva Joly m’intrigue. Il me semble bien qu’au moment où elle avait sorti Notre affaire à tous et quand on l’entendait à propos d’Elf, elle avait moins d’accent. En jouerait-elle, de son accent, le perdant pour vendre son livre et le reprenant pour incarner le parti politique le plus immigrationniste et anti-français que nous ayons à supporter ?

Essayons de nous rendre compte, par exemple avec cet extrait vidéo que je trouve à l’INA ; c’était au moment de la sortie du livre d’Éva Joly, en 2000. Ou encore celui-ci :

 

 

Comparons avec cet autre extrait, qui date de 2011 :

 

 

Chacun se fera son idée. Il me paraît quand même que l’accent d’Éva Joly était moindre voilà onze ans. Peut-être est-ce l’âge. Mais tout de même, les j et les r en particulier passent beaucoup moins bien dans les vidéos récentes d’Éva Joly.

Étonnant phénomène linguistique : plus elle devient française, jusqu’à prétendre aux plus hautes fonctions, plus elle parle dans les medias français, plus elle s’exprime en français, plus Eva Joly retrouve son accent scandinave. Les mauvaises langues diront que le phénomène avait déjà été remarqué auprès de quelques parlementaires radicaux-socialistes du midi rouge sous la troisième République : sans accent à Paris, ils le retrouvaient pour faire campagne dans leur circonscription du Tarn-et-Garonne ou de l’Aveyron…

Je suis prêt à prendre les paris si quelqu’un a le courage de se livrer à une fastidieuse enquête dans les archives vidéo : Éva Joly a moins fait attention à son accent dans les quelques mois qui ont suivi son engagement politique, et sans doute en a-t-elle discrètement rajouté quand elle est devenue candidate à la candidature écologiste.

(Merci à J.-F. et K. pour les liens.)

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De quelle tendance du journalisme êtes-vous ?

Journalisme — Article écrit par le 18 juillet 2011 à 18 h 00 min

Quand vous étiez petit vous souhaitiez devenir :

1-journaliste, afin de d’élever vos petits camarades à la connaissance prométhéenne apportée par le journalisme et vous-même

2-policier, ou douanier, mais étant donné le niveau de prise avec le réel et ses dangers inhérents, vous vous êtes rabattu sur les conflits d’open space. Pour faire oublier ce manque de couilles, vous dénigrez sans honte les policiers et les douaniers dans vos articles-avant de pleurer sur la manque d’effectifs de ces catégories si le gouvernement est de droite

3-quelqu’un qui signe de son nom des articles, qu’ils soient nuls ou pas n’a jamais eu d’importance, ce qui compte c’est qu’on parle de vous. Vous n’aimez pas les gens célèbres, sauf lorsqu’ils vous payent des voyages en Tunisie ou qu’ils vous font des confidences en off sous les dorures du pouvoir.

4-de gauche, mais pas vous retrouver avec des pue-la-sueur, hein, faut pas déconner

Chez vous on trouve :

1-tous les journaux où vos confrères travaillent, dans lesquels vous vérifiez -avec soulagement-qu’ils n’ont pas plus de talents ni de courage que vous

2-les livres de politiques, écrits par vos confrères ou vous-même, du même tonneau que les articles précédents

3-une photo de vous dédicacée par vous et pour vous. Ou pour votre maman, mais finalement vous l’avez gardée.

4-les bouquins de Zemmour-en service de presse, hein-, cet enculé qui passe à la télé, vend des livres et gagne plein de fric, ce salaud. Vous vous retenez d’écrire un article dénonçant son populisme. Vous demandez à un collègue de s’en charger.

5-L’intégrale des éditos de Colombani-Plenel, histoire de vous rassurer sur le niveau de …etc, etc…mais en notant les erreurs à ne pas commettre.

Vous assistez au mariage de votre nièce. La cousine du marié arrive au bras d’une demoiselle :

1-vous vérifiez que cette demoiselle n’est pas votre fille. Avez vous eu des enfants, au fait ? Vous demandez à un collègue d’enquêter.

2-vous félicitez hystériquement les parents de cette cousine, qui ne vous ont rien demandé, et vous mettez tout le monde mal à l’aise

3-vous insultez ceux qui s’en fichent comme ceux qui ne s’en fichent pas. Vous seul devez avoir une opinion.

4-vous allez les féliciter, mais vous vous apercevez que la compagne est en fait un compagnon. Vous grimacez ostensiblement devant cette hétérocentrisme ennuyeux et stérile.

5-vous allez les félicitez, et avez du mal à cacher votre angoisse lorsque vous apprenez qu’elle sont journalistes, et qu’elles comptent bien mettre en application les quotas pour minorités sexuelles que vous avez soutenus

La délinquance routière :

1-vous habitez Paris, vous n’avez pas de voiture, vous êtes donc favorable à la répression. Vous avancez quantité d’arguments victimaires et archéo-totalitaires moraux dans de longs monologues.

2- vous la rebaptisez « violence routière » afin de ruiner tout débat. Vous organisez ou participez ensuite à tous les débats sur le sujet.

3-vous allez voir sur place, vous vous faites enlever par des automobilistes. Après de longs mois de négociation, le gouvernement -de droite- paye votre rançon. Libéré, vous soutenez le projet de Loi visant à augmenter les PV pour rembourser les frais de votre libération. Vous écrivez un livre à charge sur les automobilistes, les policiers, les contribuables aigris, le gouvernement de droite et Hitler.

4-seule forme de délinquance-avec évidement l’évasion fiscale – pour laquelle vous décrétez que les excuses marxo-rousseau-bourdieusistes sont nulles et non avenues

5-étant majoritairement le fait d’hommes, s’apparente à la violence faite aux femmes. Comme vous êtes une femme, ou un homme qui a reconnu sa part féminine, vous vous déclarez partie civile perpétuelle et exigez des dommages et intérêts.

Votre petite dernière vous annonce que son petit ami est musulman et qu’il vient dîner ce soir :

1-vous vous demandez si l’image de la fille prise par l’étranger, même dans une métaphore à but antiraciste, n’est pas un cliché macho-xénophobe un peu gros, et n’aboutira pas à « dresser les français les uns contre les autres », mais comme vous êtes de gauche, personne ne vous ne fait la remarque

2-comme depuis qu’elle a 3 ans, vous lui dites qu’en tant que femme elle est libre de ses choix, et que c’est le seul domaine où vous n’avez pas d’opinion. Étrangement, vous faites une crise d’eczéma lorsque vous apprenez son suicide.

3-vous vous demandez pourquoi ça vous arrive à vous, alors que vous n’êtes pas catholique ni de droite et qu’il n’y a donc aucune raison de mettre votre tolérance à l’épreuve

4-dans l’incapacité de transiger entre l’oppression faite aux femme ou la liberté de choix offerte aux femmes, vous vous suicidez écrivez un article

5-vous la félicitez, appelez votre entourage pour qu’il remarque l’excellente éducation-si ce terme n’est pas trop connoté- que vous lui avez apportée, et lui demandez maintenant de sortir avec un noir, une gouine et son frère afin de lever les derniers soupçons d’intolérance résiduelle

Marine le Pen :

1-est plus dangereuse que son père, dont elle a d’ailleurs gardé le nom, soulignez-vous subtilement

2-plait beaucoup trop aux ouvriers pour être véritablement de gauche

3-vous ne l’attaquez pas frontalement, sait-on jamais

4-vous répétez à l’envie qu’elle propose les bonnes réponses aux mauvaises questions. Vous faites déposer ce trait d’esprit comme propriété intellectuelle. Vous attaquez Jacques Attali pour plagiat et faites un arrangement à l’amiable.

5-vous répétez que le FN au pouvoir ne changera rien, et qu’il faut donc continuer à voter PS. Vous vérifiez tout de même si votre maison de l’île de Ré est rapidement vendable et l’argent transférable dans un paradis fiscal

Additionniez les chiffres correspondants à vos réponses :

Vous avez entre 6 et 12 :
Vous êtes très professionnel et satisfait de vous-même. De fait, vous n’hésitez pas à copier-coller le même édito une semaine sur l’autre quelle que soit l’actualité. Vous avez fréquemment des hémorroïdes et vous frétillez sur votre chaise lors de débats dans des chaînes publiques. Votre modèle : Alain Duhamel.

 

Vous avez entre 12 et 18 :
Vous êtes un parangon d’humanisme. En recherche d’originalité, vous cultivez une image d’innocence blasée mais vigilante. Vous militez pour certaines guerres, et agitez régulièrement le risque de dérive droitière de ce pays. Votre modèle : Caroline Fourrest.

 

Vous avez entre 18 et 24 :

Vous êtes un ambitieux. Pour arriver au sommet, vous avez abandonné toute forme de talent, et ce avec une facilité déconcertante. Vous adorez le off des politiques et les débats sur la responsabilité des médias. En coulisse, votre vie est une douloureuse tragédie shakespearienne que seul votre ostéopathe arrive à soulager. Votre modèle : Laurent Joffrin.

Vous avez entre 24 et 30 :

Vous déchirez tellement votre race que vous vous demandez avec inquiétude si vous n’êtes pas un peu de droite. Serges Dassault a beau vous rassurer lors de ses dîners, vous ne l’écoutez pas et vous vous déclarez souverainiste. Vous découvrez le potentiel d’internet. Vous copiez-collez vos vieux « articles papier » sur le net et les trouvez encore plus beaux, cools & dérangeants. Reste à trouver un nom à votre site. Votre modèle : vous-même.


source d’inspiration


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Harry Brown contre les journalistes

Cinéma — Article écrit par le 13 février 2011 à 22 h 21 min

Que reste-t-il quand tout a disparu ? Voilà une question que ne risquent pas de se poser les lamentables critiques qui ont déposé leurs « papiers » sur le chef d’œuvre « Harry Brown » de Daniel Barber. « Nauséabond », « rance », « vomitif », « nauséeux », « outrancier », et j’en passe. Que l’on ne s’y trompe pas, les critiques positives, enthousiastes, existent également. Le point commun étant qu’ils affirment tous que la « face sociale » a été évacuée. C’est évidemment faux (mais ils ne risquent pas de l’admettre, étant donné que c’est bien l’absence de ce service public qu’est la sécurité qui pousse Harry à mener son expédition, eux si prompts à réclamer cet alibi pour les exactions des criminels). Mais ce n’est pas le problème.

Voilà le problème : alors que l’intégralité des médias se consacre exclusivement, jour et nuit, à ne produire que du discours moral, social, positif, progressiste, tolérant, compréhensif, s’indignant du manque d’indignation pacifiste, ils n’ont pas compris que le sujet de ce film, c’est eux. Non pas tant les médias, ou leurs rouages les journalistes, que le discours du Bien -auquel ils sont désormais identifiés et qui interdit qu’on les distingue les uns des autres- qu’ils propagent (1). Eux qui voient des victimes partout et s’offusquent qu’un tel film manque de nuances !

N’ayant pas compris qu’une civilisation n’existe que par la coexistence du Bien et du Mal, et les valeurs qui s’en dégagent, ils ne risquent pas de saisir que la violence nihiliste dite des banlieues n’est que la compensation de ce discours lisse et onirique d’un monde privé du péché originel et de tout ce qu’il suppose dans la construction d’un individu. En quoi un individu peut-il se distinguer de la massification d’un tel discours, appelé à juste titre discours unique ? Rien. Je veux dire par là rien en propre. Et lorsqu’un individu est privé de cette capacité à distinguer le bien du mal, il ne peut plus que faire appel au nombre pour identifier quelque chose, ce nombre étant incarné par les médias, c’est à dire l’écran. L’image. La télévision. Et qu’est-ce qu’il y trouve ? Le discours du Bien (2).

Absolument aucune des critiques que j’ai lues n’a relevé les cinq premières minutes de ce film, cette limpide scène d’ouverture. Deux délinquants à moto se filment avec un téléphone portable en train de tirer sur une mère qui promène une poussette. Plus tard, l’intrigue ne progresse que parce qu’un autre criminel a filmé un autre crime de la même façon. Un vieux lieutenant d’une misérable maffia locale en fait d’ailleurs le reproche à une de ces jeunes recrues. Le réalisateur ne fait là, par ces « détails » que relever ce qui distingue radicalement la criminalité d’autrefois de celle qui s’installe. Et donc de l’unique repère de ces jeunes (et de tout le monde). Point, justement, de social, d’économique, de déterminisme, de rousseauisme dégénéré. Il n’y a d’ailleurs, malgré le périple sanglant d’Harry Brown, aucunement l’idée qu’il n’apporte par l’autodéfense une quelconque solution pérenne. La paix est installée, mais on s’en doute, provisoirement. D’ailleurs, vers la fin, la conférence de presse, mensongère, rassurante, morale, tout en Bien solutionnant, s’entend alors que la caméra s’attarde sur des plans larges de la cité. Le discours onirique recouvre là encore le réel. Tout peut recommencer.

Une autre scène met la puce à l’oreille : le dealer qui se filme en train de baiser une junky, et ne semble trouver de la satisfaction qu’à se repasser les images sur sa télé. Il est loin, on le sait, d’être le seul à s’adonner à ce genre de pratique. La destruction de la distinction-dans tous les domaines- des hommes et des femmes ayant été opéré, leur coït ne produit plus le moindre plaisir, seul réside, comme preuve que quelque chose a eu lieu, l’image filmée puis projetée. le seul repère. C’est vrai puisque ça passe à la télé. La jouissance, la seule qui reste, est de faire passer sur un écran ce qui ne passe pas à la télé du Bien. Un événement immoral réel filmé. C’est le seul tabou encore valide. Alors on va créer du mal dans le seul but de le filmer et de le regarder via l’écran. La violence dite gratuite n’a pour but que ce viol de l’écran-discours du Bien.(3)

D’ailleurs, lorsque la télé lâche par mégarde un peu de ce réel entaché de mal, on s’en offusque. De la diffusion, pas du mal. Comme on a pu le voir cette semaine avec cette séquence la guerre en Irak dans un JT, dans laquelle un sergent de l’armée américaine perd ses jambes en sautant sur une mine. Courriers de téléspectateurs : il ne faut pas diffuser ça. La guerre, on est contre. Mais pas parce que c’est mal, parce que c’est réel et que ça peut être diffusé.

Je ne cherche nullement ici à excuser les petits caïds. Pour moi ce sont des merdes. Seulement voilà, la solution aux problèmes, si solution il y a, ne peut être entièrement contenue dans l’autodéfense, l’arrêt de l’immigration, la critique de l’Islam, la justice efficace ou la relance économique. C’est que les causes de ces maux sont à chercher de l’autre côté. Du côté de ce qu’est devenu le Bien. Ce Bien là est un nihilisme. Les critiques cinéma de gauche (pléonasme) peuvent bien réclamer du social, faire comme si tout le discours n’était pas déjà entièrement et totalement social, maternant, engagé, massifié, tolérant et maboul, ils sont l’incarnation de cet onirisme du Bien, ils sont la cause et la garantie, eux et leurs clones, de la perpétuation de ces crapules, leurs cousins en nihilisme.

Ils ne s’y sont pas trompés en voyant dans Harry Brown leur pire cauchemar.

(1) tout ceci est bien évidemment compris dans les thèses de Muray et de Baudrillard, dont les mauvais lecteurs refusent de faire le lien entre Paris-Plage (la déréalisation consentie comme victoire du Bien onirique) et les tournantes. Filmées, les tournantes.
(2) que ceux qui voient dans ce texte une volonté de faire de la télé une bonne télé me relisent : c’est exactement le contraire; de toute façon, la télé est déjà en train de crever d’elle-même, c’est bien, mais ça traine
(3) Les victimes, ainsi, aux yeux de leurs bourreaux, ne sont que des seconds rôles, voire des pitch, comme on dit, des opportunités de scènes, et plus elles sont effectivement faibles, ou déclarées telles par le discours du Bien, plus elles sont recherchées. Les racailles de chez nous déclarant d’ailleurs clairement qu’ils lynchent quelqu’un parce que « c’était une victime ».

NB : on complètera le visionnage d’Harry Brown par celui d’ « A very british gangster », sur le pathétique Dominic Noonan et ses mignons, dont le rêve n’est pas d’être un criminel, mais un criminel filmé, exactement comme cet autre braqueur franco-arabe qui a pondu un livre, et dont le rêve lamentable, par delà ses saccages, n’était que de rencontrer son mentor : Michael Mann, ou quand le réel recherche là encore l’adoubement par la fiction, une espèce de recherche en paternité virtuelle, autre signe des temps, tout autant symbolique…

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Blondie bogue

Citations — Article écrit par le 29 décembre 2010 à 11 h 52 min

Après 5 ans d’existence, le Bondy Blog manque de visibilité financière à moyen terme

« Un mardi soir, dans le quartier résidentiel de Bondy (Seine-Saint-Denis). Il fait déjà nuit et la petite équipe du Bondy Blog est rassemblée pour sa réunion de rédaction hebdomadaire. Aux alentours, jolies maisons en meulières et immeubles récents: la banlieue, même au nord de Paris, sait aussi être coquette. C’est justement pour faire pièce aux clichés entourant « l’autre côté » du périphérique que ce site participatif a été créé il y a cinq ans. L’initiative est née grâce aux journalistes suisses de « L’Hebdo », venus couvrir les émeutes en 2005, qui ont ouvert ce blog pour offrir un moyen d’expression aux habitants de la cité Blanqui, à Bondy. À leur départ, le relais a été pris par une association qui réunit aujourd’hui de jeunes apprentis journalistes, souvent issus de l’immigration.

(…) Aujourd’hui, les 100 000 € de budget annuel du Bondy Blog sont pris en charge par l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (Acsé) et Yahoo !, qui héberge le site au prix d’une certaine confusion entre les contenus du blog et ceux du moteur à de recherche. Pour les années qui viennent, rien n’est pourtant garanti. « On manque d’une visibilité sur deux-trois ans », se plaignent les responsables, qui reconnaissent en revanche bénéficier d’une couverture médiatique exceptionnelle pour une entreprise de cette taille. « Peut-être parce que nous portons un diagnostic assez sévère sur la manière de travailler de nos confrères, sans être dans l’injonction et la revendication permanente », analyse Nordine NABILI.

— Élodie MAUROT – « La Croix » du 28 décembre 2010 (via la CP du 29 décembre).

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Anne-Gaëlle Besse, arpette à rue 89

Journalisme, Mutation — Article écrit par le 20 novembre 2010 à 23 h 30 min

On peut avoir envers les jeunes femmes quelques indulgences. On ne sait jamais. On se dit qu’elles sucent peut-être bien, ou qu’elles sont peut être nanties de talents encore plus rares, et que se les mettre à dos par de bêtes réflexions serait alors dommage.

Mais il y a des bornes, même aux limites.

Ainsi d’Anne-Gaëlle Besse, « étudiante en journalisme », qui nous abreuve de son incompétence complète sur Rue 89. Par exemple en nous parlant du téléchargement.

Prenons donc le temps de décortiquer un peu sa prose, assez lamentable exemple de ce qu’arrivent à produire les écoles de journalisme et les sites d’information participatifs (comme les débats chez Ségolène et les chiottes en ce moment en Haïti). Comme elle doit en plus avoir des préventions, il y a de toute façon peu de chances qu’elle accepte d’avoir pour nous des complaisances, aussi n’ayons pas de regrets hors de propos.

Devant les risques de virus et de sanctions légales, de plus en plus d’internautes préfèrent abandonner l’échange de fichiers sur les réseaux peer to peer (type Napster, Kazaa, eMule) quand ils veulent découvrir leurs séries préférées avant leur diffusion en France.

Napster ? Napster, je le signale aux plus jeunes qui ne l’ont pas connu, est un ancien logiciel peer to peer, destiné à partager de la musique. Il a dû fermer vers 2001. Et il est depuis impossible de télécharger quoi que ce soit qui y corresponde, même s’il existe un autre service, légal, du même nom. On comprend que les internautes de 2010 préfèrent l’abandonner… Passons sur l’assimilation abusive du peer to peer au piratage, on n’ambitionne ni qu’Anne-Gaëlle sache ce que sont le logiciel libre et ses modèles de distribution ni qu’elle sache que le P2P est avant tout un moyen sûr, bon marché et simple de distribuer de gros fichiers, par exemple des systèmes d’exploitation, parfaitement légalement partagés, le cas étant même compris explicitement dans leurs licences.

Dès le premier paragraphe, cette jeune femme ne sait visiblement pas de quoi elle parle, l’amalgame avec autre chose, et en dit n’importe quoi. Quand je vous dis que pour arriver à autant de bêtises en quatre lignes il faut être passé par une école de journalisme officielle et estampillée par l’État et les instances de la Profession ! ça s’apprend !

« Moi, les séries, je les regarde en streaming… », entend-on de plus en plus. « Je ne télécharge plus depuis longtemps, mais quand je veux regarder une série, je tape simplement son nom suivi de “streaming” dans Google », m’explique un ami. Explications.

Un ami. Cela nous révèle certes qu’elle en aurait. On apprend donc à faire des articles d’après ce que disent les amis dans l’école de journalisme d’Anne-Gaëlle ? Moi ma concierge me renseigne de temps à autres sur la fraîcheur des poireaux dans les supérettes du voisinage. Je peux en faire un article sur Rue 89 en m’intitulant journaliste et en parlant des marges dans les surfaces type centre-ville de la grande distribution ?

Accrochez-vous, vous l’avez compris, c’est parti pour de la haute voltige au raz des pâquerettes.

Le streaming, c’est rester sur Internet pour regarder les vidéo de « Dexter » ou « Santa Barbara » alors qu’elles sont encore en cours de chargement, selon le même principe que les vidéos de YouTube.

Autre solution prisée des pirates, le « direct download » (« téléchargement direct ») : on enregistre le fichier dans son intégralité sur son disque dur. Inutile dans ce cas d’être connecté à Internet pour le regarder.

Précisons en passant que l’internet est un nom commun, qui en français prend donc l’article et pas de capitale à l’initiale.

Et ne relevons pas que c’est plus Youtube qui a adopté le principe du streaming des vidéos que l’inverse.

En revanche j’aimerais savoir par quelle perversion les foules regarderaient encore beaucoup Santa Barbara.

Pour le blogueur Monsieur Dream, ces façons de pirater sont beaucoup moins traumatisantes que le bon vieux peer to peer. (Voir la vidéo)

Monsieur Dream ? qu’est-ce qu’il vient faire là ? pourquoi lui plutôt qu’un autre ? comment l’a-t-elle choisi ? pourquoi ? mystère. Journaliste en formation, elle ne connaît pas encore toutes les ficelles du métier Anne-Gaëlle. Par exemple, elle ne sait pas qu’il vaut mieux présenter le professeur Tryphon Anatole, expert en téléchargement, que M. Dream avec qui elle doit être amie sur Facebook. Car les experts même en téléchargement, ça se trouve, du côté de l’ESIEA, de l’EPITA ou d’Orsay par exemple. Mais Gaëlle, qui ne va pas sortir son cul de son fauteuil pour aller dans une université où il y a des chercheurs en protocoles réseau, préfère nous parler de Monsieur Dream  ; ça doit faire plus participatif de récupérer une vidéo sur le blog d’un gus que personne ne connaît et qui n’a aucune compétence particulière.

Et pour M. Dream, le ddl ou le streaming c’est moins traumatisant que le P2P. Qui ici a déjà été traumatisé par le P2P ? allez, levez le doigt ! qui a été violé par Emule ? qui s’est fait bouffer le bras jusqu’à l’os par Overnet ? que celui qui s’est fait planter un couteau dans l’œil par le grand méchant Kazaa témoigne ! personne ? vraiment ? Personne ne veut dire à Anne-Gaëlle que sa peur de se faire violer par Edonkey est fondée ? pourtant il y en a des traumatisées, la preuve :

Quand elle télécharge via eMule et Mininova, Marie, 23 ans, a parfois les mêmes mauvaises surprises que Monsieur Dream :

« Se retrouver avec un film porno, c’est très fréquent, mais lorsqu’on s’y connaît, il y a des signes qui ne trompent pas : si ça télécharge super vite par exemple. On attrape aussi parfois des virus. »

Je plaisante je plaisante, mais là c’est plus grave : de l’incompétence crasse et niaise, Anne-Gaëlle passe à une présentation tendancieuse des choses, qui ne fera que s’aggraver au long de son mauvais article. Sans doute on peut se retrouver avec Club Seventeen 14 plutôt qu’avec le dernier Polanski, c’est concevable. Et on peut même trouver un virus dans un fichier téléchargé. Mais 1° cela n’est absolument pas réservé à une technologie de mise à disposition de ces fichiers plutôt qu’à une autre, 2° il y a depuis longtemps divers moyens d’éviter cela au sein même des logiciels de P2P, 3° cela n’a jamais traumatisé personne. Au pire cela peut agacer. On suggérera donc à Anne-Gaëlle : 1° de se renseigner, 2° d’essayer par elle même, 3° d’acheter un dictionnaire, car connaître le sens des mots, c’est utile pour écrire autre chose que d’affligeantes conneries.

Continuons :

Chez Marie, l’ordinateur en haut débit reste allumé toute la nuit pour laisser à eMule le temps de fournir films et séries. D’autres plate-formes de peer to peer sont moins fréquentées et donc moins lentes, ce qui empêche parfois d’y trouver ce qu’on veut : sur ce type de plate-forme, ce sont les connectés qui apportent du contenu.

D’abord j’aimerais bien savoir ce qu’est un ordinateur en haut débit. Connecté en haut débit je comprends déjà mieux. Mais de quoi parle Anne-Gaëlle ? quelle vitesse c’est le haut débit ? de l’ADSL ? du T1 ? on ne sait pas. Rassurez-vous elle non plus.

Ensuite, Anne-Gaëlle s’imagine que l’on ne peut avoir qu’une seule pratique du P2P, ou plus généralement de l’échange de fichiers : chercher un truc précis. Vous je ne sais pas, mais moi quand je télécharge je cherche parfois quelque chose de précis, même de très précis, que je trouve parfois. Mais souvent également, j’y trouve ce que je ne cherche pas. Concept amusant que certains ont même baptisé d’un nom qu’Anne-Gaëlle pourra replacer au Scrabble : sérendipité, calqué sur l’anglais serendipity. Mot compte triple, cher comptable de Rue 89, filez donc trois tickets restau de plus à Anne-Gaëlle.

Enfin on remarquera que Marie a été si « traumatisée » et illustre si parfaitement un article sur le déclin du P2P qu’elle a son ordinateur branché toute la nuit sur la mule, sans doute le logiciel le plus emblématique du P2P…

Parvenus à ce point on se demande si Anne-Gaëlle est vraiment idiote au point que tout cela semble impliquer ou si elle fait semblant.

La suite nous le dira peut-être :

Mais eMule et consorts se sont peu à peu fait ringardiser par le « direct download ». Plus besoin de s’abonner à une plate-forme pleine de virus pour obtenir les séquences convoitées. A Rue89, on a essayé quelques liens conseillés par les forums, les copains et Google.

S’abonner à une plateforme ? méditions un instant pour bien comprendre : le P2P est en déclin, donc plus besoin de s’abonner à une plateforme pleine de virus ? Techniquement cette pauvre fille n’a décidément rien compris. Il n’y avait pas plus de « plateforme » que « d’abonnement », et les virus traînent partout, pas spécialement sur les logiciels de P2P. Cette personne, qu’on espère charmante pour lui assurer une prochaine reconversion, comprend-elle seulement le sens des mots qu’elle écrit ou bien les lance-t-elle un peu au hasard ?

Passons sur le mot ringardiser (moi mon réflexe c’est encore souvent Demonoid ou TPB, le ddl n’a rien ringardisé, il s’est simplement ajouté à l’éventail des possibilités, mais je ne suis peut-être pas un bon exemple). Encore une fois la menace implicite est formulée : P2P = virus. Si vous téléchargez le dernier épisode de The Walking Dead, votre ordinateur deviendra un zombie. Et si c’est le dernier épisode de Desperate Housewives, votre copine deviendra-t-elle aussi idiote que Gaëlle ? Une fois ça passait, deux fois on comprend bien que Gaëlle cherche à nous seriner le même message qu’Albanel ou Lefebvre, en prenant tout autant ses lecteurs pour des coings.

Le blockbuster Mégavidéo est en réalité une sorte de YouTube où on ne peut rien télécharger, sauf si on met des vidéos à disposition des autres. Le blog Shimux propose lui une série de liens vers des vidéos en streaming.

Sauf que précisément, si, on peut télécharger. Les extensions de Firefox qui servent à ça et divers logiciels qui n’ont pour but que d’enregistrer le streaming sont parmi les plus téléchargés et leurs noms sont parmi les plus recherchés sur les moteurs. Fallait-il cette nouvelle preuve ? on avait bien compris que Gaëlle, en cela bonne étudiante en journalisme, avait entrepris d’écrire sur un sujet dont elle ne maîtrise pas même les plus grandes lignes.

Passons sur le sens de blockbuster, qui s’applique aux films, aux pièces de théâtre et, déjà par extension, aux jeux vidéo, mais pas aux sites internet.

Et pour le « direct download » ? La plupart des sites proposent deux types de téléchargement : une version « premium » (payante) et une gratuite. Chez Netload.in, le téléchargement d’un épisode de la série NCIS, qui dure quarante-cinq minutes, prend soixante minutes en gratuit, contre trois en premium. Soixante minutes théoriques : lorsque plusieurs ordinateurs se partagent la même connexion wi-fi, on passe à six heures.

NCIS… Il y a des indices comme ça qui ne trompent pas. Enfin…

Je ne sais pas quelle liaison ils ont à Rue89. Avec ce que coûte à tous mes frères contribuables la subvention que la Sarkozie a décidé de verser à ces guignols de journalistes participatifs en ligne pour mieux les acheter, je crois qu’ils pourraient quand même se payer la fibre optique chez Orange… chez moi qui n’ai d’abonnement à aucun de ces sites de ddl, qui ai un abonnement adsl pas réactualisé depuis bien quatre ans, qui suis sur un vieux central qui se trouve de l’autre côté de ma ville de banlieue, un épisode de série moyen je le chope en une demi-heure. Il y a sans doute pire, mais je crois être un cas très moyen. Là encore ? incompétence ? volonté de dénigrer le partage de fichier par direct download ? les deux ?

Notons que le problème réel le plus fréquemment rencontré par l’utilisateur gratuit de ces services, la limitation des transferts à un certain nombre de Mo par IP et par tranche horaire, n’est, lui, pas évoqué. Professionnelle, Anne-Gaëlle, moi je vous le dis : elle a visiblement téléchargé une fois dans sa vie un épisode de NCIS chez Netload et elle vous fait un article sur le direct download pour dire au peuple béat quoi qu’il doit penser de l’une des technologies les plus répandues sur les réseaux du monde entier. C’est pas beau d’être apprentie-journaliste ?

En plus, le site ne parle même pas un français correct….

Soyez gentille, Anne-Gaëlle, cherchez « paille poutre évangile » dans Google.

Reste que télécharger illégalement « Desperate Housewives », c’est risquer d’obtenir une vidéo de mauvaise qualité, une version originale sous-titrée en chinois ou doublée avec des acteurs québecois, un film porno plus ou moins trash à la place de l’épisode convoité. Ou pire, d’attraper un virus ou trois ans d’emprisonnement et 300000 euros d’amende.

Voilà. Et en plus l’enfer va s’ouvrir sous vos pieds et vous englouter. Au moins c’est clair. La Hadopi et l’Association internationale des anciens amants de Carlotta Biondi-Starcozy ont-ils vraiment besoin du concours de cette désespérante mouche du coche que joue Anne-Gaëlle Besse ? du journalisme, ça ? Même à Radio-Bucarest pour chanter les louanges du Conducator, on l’aurait trouvée à la fois médiocre et pas très fine.

Mais l’attrait de la gratuité reste fort, quand Canalplay.com propose les mêmes épisodes en téléchargement légal à 3,99 euros l’un. En VO sous-titrée ou en VF, d’excellente qualité… et sans virus.

Mais b*** de c*** idiote — pardon, ça m’a échappé. Plouf plouf… Mais chère Anne-Gaëlle, il ne vous a pas effleuré qu’on pouvait avoir envie de regarder autre chose que vos désespérantes séries stupides autant que débiles mentales ? que la culture mainstream où vous vous débattez en semblant croire que tout le monde rêve de la télécharger, c’est franchement de la merde et qu’on pourrait avoir envie de regarder des choses plus difficiles à trouver ? voire mal distribuées et qu’on serait bien en peine d’acheter même si on le voulait ? Et même qu’on pourrait, par conviction, estimer que la propriété intellectuelle est illégitime en étant un tout petit peu moins conformiste et respectueux des lois de la République et des règlements de la FNAC que votre pomme ? J’espère au moins que vous avez eu une carte de dix téléchargements gratuits sur Canalplay pour ce petit exercice de réclame mal déguisée ? N’oubliez pas de les déclarer comme avantages en nature si vous les avez utilisés, hein, sinon vous voleriez l’État, et ça ce ne serait vraiment pas bien…

Je n’insiste pas sur le virus, si vous n’avez pas compris que vous pouviez attraper l’Ébola, la peste bubonique et le Marburg sur Rapidshare, c’est que la pauvre Anne-Gaëlle a complètement raté son coup…

De plus, le statut juridique du streaming est plus flou que celui du piratage par P2P : l’enregistrement du film dans la mémoire vive du PC n’est que temporaire, ce qui correspond à une exception de la loi sur la propriété intellectuelle.

En théorie, l’internaute peut quand même être poursuivi pour recel-profit, ce qui revient à risquer jusqu’à 5 ans de prison et 375000€ d’amende.

Et même qu’en théorie on peut aussi vous jeter en prison, forcer vos enfants à travailler pour Johnny Hallyday gratuitement à concurrence du préjudice que vous lui avez fait subir en téléchargeant un de ses concerts, raser votre maison, tuer votre gros et votre petit bétail, semer l’emplacement de sel et filer toutes vos cartes Panini à Denis Olivennes.

Dans les faits, aucun internaute n’a encore été poursuivi. Les sites qui hébergent les fichiers, eux, risquent gros, mais la plupart sont hébergés à l’étranger.

Nan, je déconnais. Personne n’a le droit de vous piquer vos images Panini de quand vous étiez petit, c’est un droit humain imprescriptible que de conserver sa collec d’images Panini.

Les sites français avec des liens vers du streaming sont passibles de complicité, et certains ont dû fermer. La loi DADVSI, adoptée en août 2006, n’apporte pas d’indications supplémentaires sur les risques encourus.

Mais bon faites gaffe quand même hein, télécharger c’est mal, vous vous mettez vous-même hors de l’humanisme obligatoire en privant Céline Dion et Grand Corps malade de leurs justes rétributions. C’est Anne-Gaëlle Besse qui vous le dit. Et elle fera une grande carrière, Anne-Gaëlle, vous verrez que comme elle est partie, elle épousera dans quelques années le sous-ministre à la sécurité numérique du président Copé et présentera les Matins sur France Culture. Vous verrez.

Précisons pour finir que quand c’est sur Rue89 qu’on lui fait quelques remarques à l’évidence fondées, Anne-Gaëlle entend se faire respecter dans son droit imprescriptible à raconter n’importe quoi avec une parfaite bonne conscience et même avec quelques prétentions intellectuelles et morales. Elle répond donc au pseudonyme « Docteur Albert » :

Je ne vous oblige pas à lire nos articles et encore moins à les commenter (…)

Encore heureux.

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