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Concours : Nouveaux héros de Comics

BD, Culture — Article écrit par le 24 septembre 2012 à 22 h 27 min

Je lisais cet article cet après-midi. Je vous précise que ce n’est pas un faux. C’est bien réel. En voici quelques extraits :

Simon Baz, le nouveau héros musulman de Green Lantern

DC Comics crée son premier super-héros musulman
samedi 22 septembre 2012 / par Fouâd Harit

La célèbre bande dessinée Green Lantern renouvelle ses effectifs. Le nouveau super-héros est arabo-musulman : Simon Baz.

DC Comics crée la surprise. Le nouvel arrivant chez les super héros de Green Lantern est musulman. Simon Baz, un Américain d’origine libanaise qui vit à Deaborn, dans le Michigan. [...]

2011 et 2012 sont les années des minorités chez DC et Marvel. En août 2011, Marvel troque le bleu blanc rouge du super-héros de Spiderman contre un bleu black rouge : Miles Morales, un adolescent new-yorkais afro-latino. En juin dernier, le héros de Green Lantern, Alan Scott, annonçait au monde entier son homosexualité. Même son de cloche du côté de chez son voisin Marvel qui est allé jusqu’à organiser, le 20 juin 2012, le mariage homosexuel de deux héros de X-men. [...]

Après les personnages homosexuels, DC Comics franchit un nouveau cap. Désormais, Baz rejoint le petit cercle des super-héros de Green Lantern. Un choix qui pourrait paraître logique pour nombre de musulmans chez qui le vert est la couleur traditionnel dans l’Islam. Les premières pages de la nouvelle série présente Simon Baz, encore enfant, horrifié devant la télévision qui diffuse l’effondrement des tours jumelles du World Trade Center. Dans le scénario, la religion musulmane est très présente. Par exemple, la mère et la sœur de Baz portent le voile. On assiste même à une scène où le jeune aventurier nettoie un graffiti sur l’un des murs d’un centre islamique. [...]

DC tente une première expérience en 2011 lorsqu’il introduit Bilal, un Français musulman de Clichy-sous-Bois d’origine algérienne. Baptisé Nightrunner, le super héros a été enrôlé par Batman himself. [...] Le créateur du personnage, le Britannique David Hine, justifie son choix. Bilal représente la nouvelle génération de Français issus de la diversité. Un message de tolérance qu’il souhaitait transmettre face à la diabolisation de l’Islam depuis les attentats du 11 septembre. Le vengeur masqué n’aura pas fait long feu… [...]

Simon Baz n’est pas le seul représentant arabo-musulman dans l’univers des comics. En 2002, Marvel créa Dust, une super-héroïne voilée arborant avec fierté son niqab. Une introduction encore timide de super héros arabes et/ou musulmans dans le cercle fermé des super-héros, mais l’initiative est à saluer.

Alors je vous propose de créer nous aussi de nouveaux héros pour la jeunesse. Voici quelques personnages de ma création :

Burka-girl. Seulement âgée de 17 ans, elle est déjà la mère de 5 enfants. Epouse vertueuse aux petits soins pour son mari et mère accomplie, elle ne peut résister à son devoir qui est de défendre la justice islamique aux quatre coins du monde. Possédant un coran magique écrit de la main du prophète qui lui donne une force surhumaine, et un tapis de prière volant, elle peut se déplacer au-delà des nuages.

Pour sa première apparition, elle arrive brusquement sur son tapis de prière volant et défonce les vitres de Charlie Hebdo sous les tirs des mécréants du GIGN. Mais rien ne l’arrête, elle élimine quelques sbires du journal, avant de devoir rebrousser chemin sous la pression des vilains. Pour se venger les mécréants kidnappent ses enfants et menacent de les exécuter, si elle ne dévoile pas son identité, ce qui est aussi un fourbe moyen de la déshonorer. Mais Burka-girl, grâce à sa maitrise des arts martiaux islamiques et à sa force surhumaine, délivre les enfants et détruit Charlie Hebdo sous les hourras de la rue islamique.

Kamikaze-man a été touché par la grâce d’Allah. Battu par des infidèles Juifs et croisés en tentant de protéger sa famille, et laissé pour mort dans le désert, il eut le temps avant d’expirer de réciter les noms d’Allah et de lui demander une nouvelle vie pour se venger des atrocités impies. Toujours armé d’une ceinture d’explosifs, aujourd’hui il se déplace partout où la situation l’exige pour se sacrifier encore et encore au nom du Très Miséricordieux. Il revivra jusqu’à ce que le Califat mondial soit instauré. Ses morts glorieuses lui procure à chaque fois 100 vierges et ouvre la voie aux martyrs.

Pour sa première apparition, Kamikaze-man s’attaque à un restaurant de spécialités charcutières à la fête de la bière. Déjouant les pièges formés de chapelets de saucisses, de tranches de saucisson et de bière renversée jonchant le sol, il parvient à pénétrer dans le l’antre du démon alcool et du dieu cochon. Armé de sa foi et de plusieurs kilos de TNT il fait voler en éclats les mécréants. Bientôt son corps meurtri se régénère pour une nouvelle opération kamikaze.

Salafisto, alors qu’il ânonnait encore et encore les saintes écritures, il se coupa le doigt avec un ancien Coran venu en droite lignée du Prophète. A partir de ce jour rien ne fut plus pareil, doté d’une vitesse extraordinaire il peut lancer plusieurs milliers de pierres à la seconde, ainsi que mutiler et fouetter les infidèles sans jamais se fatiguer. Décidé à user de son don pour la bonne cause, il fouette et lacère mauvais musulmans et païens impies pour la Gloire de l’Islam. Cœur pur à la foi intangible il fait preuve de compassion envers les remords véritables.

Pour sa première apparition, Salafisto doit ramener dans le droit chemin des femmes adultères. En Afghanistan l’armée américaine incite à la débauche des femmes, tandis que leurs maris, de fiers combattants de l’islam, se battent hardiment pour la justice avec le glaive d’Allah. Tandis qu’un soldat américain flirte avec une femme, Salafisto lui lance une nuée de pierres effilées avant qu’il ait le temps de saisir son arme. Bientôt pourchassé par une section entière, puis par des hélicoptères et des avions croisés, il joue du fouet et de ses pierres avec dextérité et élimine la menace. Rentrant au village il brûle vive la femme pécheresse et pardonne aux autres au nom d’Allah le Miséricordieux.

Adolfo, revenu du royaume d’Allah, où une place d’honneur l’attendait malgré son paganisme, il a sincèrement reconnu son erreur. Aujourd’hui converti à l’islam, il est de retour pour expier ses fautes et détruire l’injustice faite aux Palestiniens. Il n’aura de cesse de poursuivre son œuvre épuratrice jusqu’à ce que la paix d’Allah règne sur le monde. Armé d’un Lüger et de grenades au Zyklon B, ce surhomme dopé à la foi, fera chèrement payer son retour à ses ennemis sionistes.

Pour sa première apparition, on le voit jeter au feu des disques de Wagner et l’intégrale de Nietzsche, avant de d’entonner un discours sur la supériorité de l’islam dans une madrasa iranienne. Adoubé par les Mollahs et Ahmadinejad, il jure sur Allah de venger les victimes du sionisme. Sa première cible est Jérusalem, il déjoue rapidement l’armée sioniste avec ses grenades et fait exploser les Merkavas de quelques coups de Lüger bien ajustés. Bientôt rejoint par le Hezbollah il lance une implacable Blitzkrieg. Avant la fin du tome Jérusalem est capitale d’un Etat palestinien indépendant. Les Israéliens alertés pour les faiblesses de leur armée demandent de l’aide à la ligue des infidèles : Captain Cohen, Ham Haram, Dark Moshe, Alcohol Apocalypse, Evil Rushdie.

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Plan diabolique

Sportivité — Article écrit par le 10 juillet 2012 à 12 h 41 min

— Et qu’est-ce qu’on va faire ce soir, Muhammad Ali Cortex ?
— Comme tous les autres soirs, Youssouf Ibn Minus, conquérir le monde !

 

"L'islamophobie est la nouvelle arme des Frères Musulmans en Occident". "L'Occident est naïf".

(Merci à J. F., via le Salon beige.)

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Fofana, élève de Michéa

Sozial — Article écrit par le 20 juin 2012 à 23 h 12 min
Les contempteurs de Michéa tapent toujours plus ou moins à côté de leur cible. Finkielkraut essaye bien de lui porter la contradiction dans un des derniers « Répliques » mais il est lui aussi englué dans les textes et les références abstraites. Il y a une raison à cela : Michéa gagne les manches du match parce qu’il donne systématiquement des exemples concrets lorsque sa dialectique arrive à une impasse, ou rebondit sur la dialectique lorsque le réel, et ce n’est rien de le dire, le contredit manifestement. Je laisse pour le moment la dialectique aux dialecticiens. Revenons sur les deux exemples clés qu’il cite lors de cette émission, et que tout le monde aura retenu, et qui à mon avis illustrent la perversité, la bêtise et la démagogie malsaine du bonhomme :

- une employée US, Debbie Stevens, donne son rein à sa patronne puis se fait licencier pour absentéisme (c’est beaucoup, beaucoup plus subtil que ça* en réalité, mais basons-nous sur la « version officielle ») : « morale libérale en application » selon l’ex-prof montpelliérain ! Pourtant rien de libéral là-dedans, l’employée est juste naïve, et sa patronne une salope (en attendant ledit procès, mais d’ici là, n’est-ce pas). Toute l’Amérique « libérale » en a été scandalisée ?  Rien n’y fait pour Michéa. Et d’ailleurs, dans un pays de régime socialiste, il n’y a plus de naïfs et d’enculés, c’est bien connu, ni de faits divers.  Cet exemple qu’il sort littéralement de la manche courte de son tee-shirt Che Guevara avait pour but d’expliciter la logique de « don et contre-don », et donc son absence aux Etats-Unis, très largement fumeuse. Là où-aux USA- le don d’organe est ce qu’il y a de plus libre et gratuit, Michéa ne trouve rien de mieux à répondre que cet exemple, et donc d’affirmer que le socialisme, c’est à dire la solidarité forcée par l’impôt (et donc la force), ou la sécu, ou les machins administratifs tentaculaires, c’est vachement mieux. Et ça inciterait énormément à se sentir redevable vis à vis des autres. C’est évidemment l’inverse (soit le « dû et contre-dû »). En pays socialiste personne ne donne de rein. Mais tout le monde en attend un de l’Etat.

- L’affaire Fofana. S’appuyant sur le néantissime Morgan Sportès, et son « Tout, tout de suite » Michéa y voit là encore la morale du « business » et Fofana n’est rien d’autre qu’un trader. Il vaut même mieux être un Fofana qu’un trader dans le monde dialectique de Michéa. Or Fofana et ses sbires n’ont fait que mettre en pratique (Finkielkraut le remarque sans plus) l’argument MORAL et SOCIALISTE « d’oppresseurs-opprimés, privilégiés-défavorisés ». Dans un pays libéral, ou au moins non-socialiste, un Fofana nourrit au libéralisme se serait dit : « je suis né pauvre, pour réussir je dois travailler, en respectant les Lois ». Lois fondées dans le libéralisme sur la notion de propriété privée. Lois qui font qu’un trader ne fait qu’acheter et vendre des actions à qui veut en vendre et en acheter. Un trader triche, il va en taule. Sauf s’il a des appuis publics. Ce qui n’est pas vraiment libéral. Mais oligarchique, c’est à dire étatiste. Donc de fondement socialiste. Rien n’y fait.
Nullissime. Et pervers. Car je suis sûr qu’un avocat de Fofana dira qu’il a été, s’appuyant sur Michéa, influencé par le libéralisme. Qui oppresse les opprimés. Et sauve les oppresseurs. Morale d’assistés socialistes. Irresponsabilité. Matrice du socialisme.C’est la faute à. Cestlafautà étant le fondement du socialisme. Si on va au bout. Fofana n’a pas lu Hayek, il a lu Michéa. Ou Morgan Sportès. C’est à dire qu’il a vécu en France. C’est parce qu’il y a du Michéa qui accuse du trader, qu’il y a du Fofana. Pour Michéa, à tous les coups l’on gagne.
Désirer un bien est une chose qui n’a pas attendu le monde publicitaire pour exister. Vouloir se l’approprier par la force n’a pas attendu « le libéralisme » non plus. Mon Dieu, je crois que la Bible est pleine de ces exactions, et de l’Ancien Testament, époque pourtant très morale et partageuse, quoiqu’on en pense (parce que justement non socialiste : donne qui veut).  L’accumulation d’objets désirables, permis par la technique et la société de consommation, n’a jamais forcé qui que ce soit à s’en emparer de force. Mais, selon Michéa, le libéralisme possède une force intrinsèque qui expliquerait et donc excuserait et donc déresponsabiliserait le voleur. Or c’est justement cet argument de déresponsabilisation issu du gauchisme et de rien d’autre qui a permis et encouragé les comportements de plus en plus prédateurs. Et le trader n’y est pour rien. Le trader, voyez-vous, gagne beaucoup d’argent. C’est insoutenable pour Michéa.  Ça l’est donc aussi pour le voleur. Dire que le trader respecte les lois, ne vole personne (disons pas plus que dans un autre secteur d’activités, peut-être même bien moins) ne convient pas à Michéa : il ne veut pas que l’on gagne « trop » d’argent : c’est inciter (quasi-moralement pour lui) au vol (alors que c’est de dire cela qui est inciter au vol).
Oh je suis sûr que Michéa dira qu’il condamne le vol. Mais si on déroule son argumentaire : il ne le condamne réellement que lorsqu’il n’y a rien plus à voler (or ce sera probablement à se moment là ou le vol sera généralisé, ah, pardon, Michéa sort sa carte Magic « Don et Contre-Don libre mais un peu forcé quand même »).
Oh je sais bien que les plus farouches des libéraux ont en apparence une morale toute relative. Avec laquelle on peut ne pas être d’accord. Mais si on a l’honnêteté de les lire (c’est l’honnêteté qui fait plus souvent défaut que l’effort), il faut leur reconnaitre une chose : tout chez eux a pour fondement la protection de la propriété privée. Et Fofana, en pays libertarien, aurait été condamné à la chaise électrique pour n’avoir pas, c’est rien de le dire, respecté la propriété privée fondamentale de l’individu : la disposition de son propre corps (en l’occurrence de celui d’Ilan Halimi par lui-même). Dans un pays SOCIALISTE, un avocat baserait la défense de son client sur ses frustrations diverses et variées, la morale de l’excuse de l’opprimé frustré, etc, etc, et l’avocat citerait non du Hayek , mais du Michéa. Mais rien n’y fait. Le libéralisme fait la distinction entre ce qui est à soi et ce qui ne l’est pas. C’est le socialisme qui mélange les deux. Certes, le libéralisme promeut la publicité, qui peut être pernicieuse et contradictoire par rapport à ses fondements (mais c’est une autre affaire),
Mais le socialisme lui, EST la publicité.
Il promet l’acquisition de ce qui a été produit par autrui, par la force, c’est à dire le vol (soit l’opposé du don et la Common Decency, fondamentalement. ). Mais rien n’y fait. Le trader est pour Michéa ce que le juif est à Fofana.
Ouais, tu vois, c’est légal, mais bon hein, c’est des enculés, tout le monde le sait ils l’ont forcément volé, comme toi t’es pauvre, ben c’est qu’il te l’a volé, t’en déduit ce que tu veux sur ce qu’il te reste à faire, hein, tu diras que c’est la faute au libéralisme et à la pub, hein, pas à tes éducateurs post-communistes et au Coran**. Oui, oui, ça marche, regarde-moi.
Nous avons Michéa, et nous avons Fofana.
A-t-on déjà dit que Michéa était le Grand Penseur Moral de tous les réacs et antilibéraux du moment, de France Culture à Causeur en passant par Soral ?
*Elle n’a pas donné son rein à sa patronne et ex-amie, mais à un type en attente de greffe, ce qui a libéré la place dont a bénéficiée sa patronne, elle n’a pas été licenciée pour absentéisme, mais après qu’elle ait intenté un procès pour harcèlement et discrimination dûe au handicap, etc, etc.. Mais ne doutons pas que si par magie il se trouve que c’est l’employée qui a été manipulatrice, Michéa y verra encore là, la morale du business, alors que c’est peut-être-mais ne soyons pas trop compliqué, hein- justement toute l’ambiguïté que peut recouvrir la notion très vague de don, ou de relation humaine concrète (la posture et les propos de sainte auto-proclamée, mais procédurière, de Stevens sentent tout de même un peu le poisson d’une semaine abandonné en plein soleil; et la fantastique récupération médiatique de cette affaire, par ces médias eux-mêmes saints-procureurs, est tout ce qu’il y a de plus répugnant, mais qui s’étonnera de voir Michéa dans la même équipe de winners composée des lawyers et présentateurs télé à brushing et main sur le coeur), qui plus est en dehors de toute forme de croyance transcendante, cette grande absente qu’on ne fait plus que voir dans toute l’oeuvre michéèsque et qu’il borde sagement à coups de common decency, à vos souhaits.

**livres saints de l’Islam, où lorsqu’il est dit que Mahomet a fait torturer un juif pour qu’il dise l’endroit où un trésor était caché, et bien…c’est un passage non sourcé, et probablement dû aux juifs. Des savants que ça s’appelle. Que des muzzs crient Khaybar ! Khaybar ! lorsqu’ils croisent de la Kippa est tout à fait innocent. Ou c’est de la faute des traders.

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Jeux du cirque et autres notes

Actu — Article écrit par le 26 mars 2012 à 18 h 37 min

Dans le monde indifférencié, il est prévisible que l’Islam rentre dans une lente agonie, et cette agonie passe par une radicalisation d’une minorité, soutenue par une partie. Cette agonie sera douloureuse. Comme le disait Malek Chebel répondant au constat de Zemmour sur l’islamisation des révoltes du printemps arabe, il faut leur « laisser le temps », de se moderniser, donc de s’indifférencier. Inconsciemment Chebel prend acte de cette disparition programmée, sa jouissance étant contenue dans ce « temps » signifiant le temps de la radicalisation.

Comme Baudrillard le disait, le seul acte de résistance collectif au monde zéro mort » est non pas tant le meurtre que l’  »auto-sacrifice » médiatisé du djihadiste (à ne pas confondre avec le sacrifice chrétien qui n’entraine que lui dans la mort, j’y reviendrai). Le système ne peut répondre à cet auto-sacrifice, car il est le système -apparent- du non sacrifice.  Ainsi le seul acte de résistance individuel serait, christiquement, de se déclarer de son propre gré, en tant que chrétien, comme victime à tout terroriste, le prendre à son propre piège, lui ainsi que le système.

Mais n’est pas Christ qui veut.
Tout comme n’est pas djihadiste qui veut.

Les soutiens à Merah de la part de musulmans de France, à visages Facebookiens découverts, est donc également le symptôme de cette indifférenciation insoluble avancée des musulmans, c’est à dire en phase d’entrée dans le monde et la vie « zéro mort » qui est de fait une non-vie. ils saluent l’ « autosacrifice » (bien plus que sa tuerie, qui n’était que le préambule nécessaire à ce sacrifice musulman), tout comme ils ne se risqueront jamais à imiter leur « martyre ».

Néanmoins, et contrairement au 11/09, finalement aucune image violente, contribuant à l’absence de cette jouissance de la vision de la destruction, et donc à son irréalité. De même, aucune guerre d’Irak n‘est programmée (à moins que), donc le contrecoup de la jouissance est lui aussi absent, situation d’équilibriste tout à fait dangereuse, intenable. D’autant que toute guerre occidentale filtre médiatiquement sa violence.

La déception des médias à l’annonce de l’identité du tueur est perceptible : un tueur néonazi étant le seul permettant une décharge émotionnelle totale, c’est à dire vers une cible (fascisme, extrême-droite, racisme de blancs) autorisée, à l’inverse, déception-prévisible- des dénonciateurs de l’islamisation. La tension indifférenciatrice augmente donc d’un cran, et le discours déréalisant de même afin de couvrir cette tension (et diffusant ainsi un véritable parfum de folie douce).

Dans le monde indifférencié, mimétique, le peuple juif a ce rôle double : victime potentielle en occident « goy » afin de prévenir toute tentative de différenciation occidentale toujours potentiellement antisémite (entre autres), mais coupable lorsqu’il se différencie en Israël par sa volonté farouche de conserver son identité, par la culture, la religion, les armes, la démographie, le territoire et bien sûr l’histoire (bien que la radicalisation des juifs orthodoxes en Israël est là aussi le symptôme d’une indifférenciation à l’œuvre). Cette double vision entretenue par les médias de gauche occidentaux est ainsi cohérente.

Mimétisme des musulmans d’occident avec la Palestine, non-pays, non-peuple, sans identité, et dont l’identité se résume alors à ces non-identités, mais avec un « ennemi » fantasmé sensé être responsable de cette non identité. Échecs volontaires et répétés des palestiniens de respecter tout processus de paix. Pourraient-ils un jour se passer de cette victimisation ? Que resterait-il à une nation palestinienne fantoche ? Que resterait-il aux musulmans vivant en occident ? Des détails. Des détails à n’en plus finir (voile, hallal, prière, congé religieux, etc..).

Voir le grand Rabbin de France Gilles Bernheim, main dans la main avec Dalil Boubaker, pour enfoncer le français de souche et lui faire comprendre par cette alliance : tu n’auras pas de sursaut identitaire, tout sursaut identitaire (global, chrétien) est un appel au meurtre (alors qu’il est foncièrement le contraire à long terme). L’absence notable de représentants religieux catholiques (pourtant seuls légitimes à toute représentation, structurellement parlant) lors des « manifestations de soutien » aux victimes. Intuition de l’évidence de la solution chrétienne, inavouable ?

La présence de la religion chrétienne n’étant, donc, que dans le discours symbolique : ainsi ces affichettes « coexist » faites des signes religieux mis sur un même plan, comme un appel à un néo-syncrétisme.

Les paroles de Delanoë, dénonçant la « haine de la tolérance et du vivre ensemble » : discours d’une naïveté déréalisante dogmatique absolument sidérante. Ou de deux manifestantes : l’une soulignant la présence de toutes les communautés, l’autre disant qu’il n’y a pas de communautés, schizophrénie latente de l’indifférenciation.

De fait, l’union sacrée Bernheim-Boubaker propage l’indifférenciation de leurs communautés respectives, amplifiant ainsi la possibilité de futures tueries du même genre ( d’ailleurs probablement dans un avenir proche); à l’inverse une haine affichée aurait permis un déchargement de jouissance symbolique. De fait, la victime juive perdra en potentialité de jouissance pour le terroriste (notons que le choix de Merah de tuer des juifs a été plus ou moins improvisé suite à l’échec du meurtre d’un autre militaire, et que c’étaient des fonctionnaires de police qui étaient « programmés » pour la suite).

De la même manière, le français de souche est une victime de second choix pour le djihadiste, le français étant déjà mort-indifférencié. Bien qu’il arrive à la racaille de quartier, stade premier du djihadiste,  de voler, violer, lyncher, menacer, rouler avec sa voiture sur ce dernier, mais finalement sans passion, d’où : surenchère de la violence quotidienne.

Fantasme de guerre civile. La guerre civile impliquant le français indifférencié suppose un sursaut identitaire préalablement rendu impossible par le système (de précaution ?). Les « représentants » des « communautés » font l’union sacrée, elles sauvent leur boulot, le sursaut identitaire supposant la fin de leurs activités représentatives. En fait la possibilité de guerre s’annule d’elle –même : c’est lorsqu’elle devient possible qu’elle n’est de fait plus nécessaire par le travail effectué en amont. Ou alors guerre civile purement mimétique (qui ne mérite donc plus le terme de guerre civile, ou alors penser que chaque guerre civile est d’ordre mimétique), basée sur des détails religieux, voire tout autre (guerre de quartier ? de rue ? d’immeuble ? d’étage ?). Ou : terrorisme « généralisé ». Jusqu’à ce que le système trouve une faille à ce terrorisme, une solution, c’est à dire, contrairement à la solution de l’auto-sacrifice chrétien choisi : l’offrande de victimes (non consentantes, tout est là) aux terroristes. Chrétiens, donc. Jeux du cirque.

Recours de l’Islam au terrorisme plus que tout autre religion : elle seule promet le paradis à ses tueurs, elle seule sacralise le meurtre, elle seule offre la solution meurtre + autosacrifice comme provocation totale au système zéro mort désincarné (paraphrase totale de Baudrillard).

Un sursaut identitaire, donc la fin du communautarisme et des violences racailleuses et terroristes, ne pourra se faire (s’en est presque la définition) sans le « retour » des vices mentaux typiques de tout peuple à identité : un peu de racisme, d’antisémitisme, de sexisme, d’homophobie, de xénophobie..etc.. C’est le lot de la liberté et de la paix réelle, de ce qu’on peut espérer de mieux. Ça vaut toujours mieux que de vivre dans un mouroir avec des vrais morts.

Encore une fois, la politique qui ne se base pas sur des principes intangibles mais sur un soi-disant « pragmatisme » variant en fonction des circonstances et des origines des protagonistes montre son hypocrisie, son incohérence et au final sa nullité.

Car lorsque l’on fait du drame de Toulouse le symbole ou la « preuve » d’une islamisation radicale de la France et de la nature « intrinsèquement dangereuse » de l’Islam, on se baigne dans les mêmes eaux crapoteuses qu’un Montebourg faisant de Breivik le révélateur de la nature criminogène de tout nationalisme ou du gouvernement Monti s’emparant de la tuerie de Florence pour dénoncer un fantasmatique renouveau de la « terreur fasciste ». En instrumentalisant un fait divers, en refusant de l’analyser froidement et de le mettre en perspective, en jouant sur le sensationnalisme et le spectaculaire, on exacerbe  les peurs et les ressentiments inter-communautaires et on endosse le rôle misérable de vautours et de croquemitaines au seul et unique bénéfice du système et de son appareil de contrôle et de répression.

A moy que chault

A Moy Que Chault continue de creuser sa voie politiquement correcte version réactionnaire.

C’est la doctrine iadéconpartou. Padamalgam et fopagénéraliser.

Vu que Breivik existe, il ne faut pas tirer de conclusions concernant Merah. Rien à voir avec l’islam. C’est un simple « fait-divers ». Texto.

Robert Marchenoir

« C’est la doctrine iadéconpartou. »

Excellent!

Il y a des variantes: Merah serait un fou, un raté et un bon à rien. Circulez, il y a rien à voir.

L’ennui, c’est que Merah n’était ni un raté ni un bon à rien, ce qui aurait été une très bonne chose. Il n’aurait pas eu des qualités exceptionnelles (dynamisme, intelligence, vélocité, courage), Il aurait survécu dans un coin avec son RSA.

C’est aussi pervers de dire ca que de dire qu’Hitler était un type insignifiant, sans charisme, sans magnétisme et sans intelligence pour en conclure que si Hitler ce n’était pas grand chose, ce n’est pas la peine de s’attarder sur le nazisme. Le nazisme? Hitler était un con, et comme chacun sait, iadéconpartou.

XP

Je ne serais pas aussi direct dans la critique de ce texte maladroit : il y a en effet, paradoxalement, un saut hors du système à dire qu’il ne s’est rien passé, c’est à dire en se posant exactement dans la posture -hypocrite, certes, mais justement- du système, en le prenant au pied de la lettre sans être hypocrite. Refuser la radicalité de l’évènement, c’est révéler la radicalité du système qui l’a engendré (précisément le système, ou la civilisation, du non-évènement).

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Du Nil à la vallée de la Kapissa

Citations — Article écrit par le 4 novembre 2011 à 11 h 26 min

Edité en 1896, La tragédie du Korosko dépeint l’enlèvement de touristes Occidentaux naviguant sur le Nil jusqu’à la lisière du Soudan. Khartoum est tombée quelques années plus tôt (1885) sous les coups de la révolte mahdiste, immortalisée par Charlton Heston dans le film éponyme. Après la sortie du roman de Conan Doyle, il faudra encore attendre deux ans pour voir les Anglais reprendre la ville. L’auteur place son intrigue dans cette situation d’incertitude à la frontière égyptienne. Soumise aux razzias des tribus arabes et noires converties à l’islam, les touristes ne se doutent pas du danger qui les guettent entre les ruines antiques et les excursions pittoresques. Bientôt capturés par des guerriers de l’islam, une course poursuite s’engage entre pillards et troupes britanniques venant à la rescousse.

Toujours très actuel dans ses considérations générales, le roman malgré un style vieillot marqué par la bienséance exigée à l’époque, distille au fil des dunes des situations et des analyses qu’on pourrait croire transposées de l’actualité la plus récente. Les Britanniques ont cédé leur place aux Américains comme gendarmes du monde, mais pour le reste les mentalités sur ces sujets ont remarquablement peu évoluées.

Nous entendons toujours, comme Mlle Adams, exporter nos valeurs et faire le bien du monde malgré lui, sans imaginer qu’on puisse penser autrement et nous haïr pour les bienfaits maternels dont nous nous rendons coupables.

– Il y a une chose que je désire ! déclara Mademoiselle Adams de la voix dure et métallique qui camouflait son cœur tendre. C’est de voir le Parlement de ce pays et de lui exposer un certain nombre de faits. Une loi imposant l’usage du collyre serait l’une de mes propositions ; une autre serait l’abolition de ces sortes de voiles qui transforment les femmes en balles de coton trouées pour les yeux.

– Je ne pouvais pas comprendre pourquoi elles portaient des voiles, dit Sadie. Jusqu’au jour où j’en ai vu une qui avait relevé le sien. Alors j’ai compris !

– Elles me fatiguent, ces femmes ! s’écria Mademoiselle Adams irritée. Autant prêcher le devoir, la décence et la propreté à un traversin ! Tenez, hier encore à Abou-Simbel, Monsieur Stephens, je passais devant l’une de leurs maisons (si vous pouvez appeler maison ce pâté de boue) ; j’ai vu deux enfants sur le pas de la porte, avec l’habituelle croûte de mouches autour de leurs yeux et de grands trous dans leurs pauvres petites robes bleues ! Je suis descendue de mon âne ; j’ai relevé mes manches ; je leur ai lavé la figure avec mon mouchoir ; j’ai recousu leurs robes… Dans ce pays, je ferais mieux de débarquer avec ma boîte à ouvrage qu’avec une ombrelle blanche, Monsieur Stephens ! Bref, je me suis piquée au jeu, et je suis entrée dans la maison. Quelle maison ! J’ai fait sortir les gens qui s’y trouvaient et j’ai fait le ménage, comme une domestique. Je n’ai pas plus vu le temple d’Abou-Simbel que si je n’avais jamais quitté Boston. Par contre, j’ai vu plus de poussière et de crasse entassées dans une maison grande comme une cabine de bain de Newport que dans n’importe quel appartement d’Amérique. Entre le moment où j’ai retroussé mes manches et celui où je suis repartie, avec le visage noir comme cette fumée, il ne s’est pas écoulé plus d’une heure ; peut-être une heure et demie, au maximum ! Mais j’ai laissé cette maison aussi nette qu’une boîte neuve. J’avais sur moi un exemplaire du New York Herald ; je l’ai étendu sur leur étagère. Eh bien. Monsieur Stephens, je suis allée me laver les mains au-dehors, et quand je me suis retournée, les enfants avaient encore les yeux pleins de mouches et ils n’avaient pas changé, sauf qu’ils avaient chacun sur la tête un petit chapeau de gendarme fait avec mon New York Herald.

Les Français croient toujours que l’islamisme est un complot inventé par les Anglo-Saxons. A La Patrie s’est substitué Le monde diplomatique.

– Des derviches, Monsieur Headingly ? disait-il en excellent anglais mais en séparant les syllabes comme la plupart des Français. Mais il n’y a pas de derviches. Les derviches n’existent pas !

– Moi, je croyais que le désert en était rempli, répondit l’Américain. Monsieur Fardet jeta un regard oblique vers l’endroit où brillait dans les ténèbres le feu rouge du cigare du colonel Cochrane.

– Vous êtes Américain, et vous n’aimez pas les Anglais, murmura-t-il. Tout le monde sur le continent sait que les Américains sont hostiles aux Anglais.

– Ma foi, déclara Headingly de sa voix lente et réfléchie, je ne nierai pas que nous avons nos petits désaccords, et que certains de mes compatriotes, spécialement ceux de souche irlandaise, sont des anti-Anglais enragés ; cependant la grande majorité des Américains ne pense aucun mal de la mère patrie. Les Anglais peuvent parfois nous exaspérer, mais ils sont de notre famille ; nous ne l’oublions jamais.

– Soit ! dit le Français. Du moins puis-je m’exprimer avec vous comme je ne pourrais pas le faire avec les autres sans les offenser. Et je répète qu’il n’y a pas de derviches. Les derviches ont été inventés par Lord Cromer en 1885.

– Vous ne parlez pas sérieusement ! s’écria Headingly.

– C’est un fait bien connu à Paris ; il a été publié par La Patrie et d’autres journaux renseignés.

– Mais c’est colossal ! Voudriez-vous dire par là, Monsieur Fardet, que le siège de Khartoum et la mort de Gordon et le reste ont fait partie d’un vaste bluff ?

– Je ne conteste pas qu’une émeute ait eu lieu, mais c’était un incident local, comprenez-vous ? Un incident oublié depuis longtemps. Depuis, le Soudan a joui d’une paix réelle.

– Mais j’ai entendu parler de razzias, Monsieur Fardet, et j’ai lu des comptes rendus de combats, également, quand les Arabes ont tenté d’envahir l’Égypte. Avant-hier nous avons dépassé Toski ; l’interprète
nous a indiqué qu’une bataille y avait été livrée. Était-ce aussi du bluff ?

– Peuh, mon ami, vous ne connaissez pas les Anglais ! Vous les regardez fumant la pipe et le visage épanoui, et vous dites : « Ce sont vraiment de braves gens, des gens simples, qui ne feraient pas de mal à une mouche ! » Mais tout le temps ils réfléchissent, ils guettent, ils font des projets. « Voici la faible Égypte, disent-ils. Allons-y ! » Et ils s’abattent sur elle comme une mouette sur une croûte de pain. « Vous n’avez aucun droit sur l’Égypte ! proteste le monde. Allez-vous en ! » Mais l’Angleterre a déjà commencé à mettre de l’ordre partout, tout comme cette bonne Mademoiselle Adams quand elle envahit la maison d’un Arabe. « Allez-vous en ! » répète le monde. « Certainement, répond l’Angleterre. Attendez encore une petite minute, pour que j’aie le temps de tout rendre propre et net. » Le monde attend alors pendant un an ou deux, puis il répète à nouveau : « Allez-vous en ! » Et l’Angleterre réplique : « Patientez un peu : il y a du grabuge à Khartoum ; quand la tranquillité sera rétablie, je serai ravie de m’en aller. » Et le monde patiente. Mais le monde, lorsque le grabuge de Khartoum est terminé, insiste pour que l’Angleterre s’en aille. « Comment pourrais-je partir, demande l’Angleterre, quand il y a encore des razzias et des batailles en cours ? Si je m’en allais, l’Égypte serait la proie des sauvages ! » Et le monde s’étonne : « Mais il n’y a pas de razzias ni de batailles ! » Alors l’Angleterre : « Ah, il n’y en a pas ? » Et dans la semaine qui suit, ses journaux regorgent de récits sur les raids et les expéditions des derviches. Nous ne sommes pas tous aveugles, Monsieur Headingly ! Nous comprenons très bien comment on arrange les choses : quelques Bédouins, un petit bakhchich, des cartouches à blanc et, attention, une razzia !

– Bien, bien ! fit l’Américain. Je suis heureux de connaître la vérité sur cette affaire, car elle m’a souvent intrigué. Mais qu’y gagne l’Angleterre ?

– Je vois. Vous voulez dire, par exemple, qu’il existe un tarif préférentiel pour les marchandises anglaises ?

– Non, Monsieur. Le tarif est le même pour tous.

– Alors que les Anglais y obtiennent des contrats ?

– Exactement, Monsieur.

– Par exemple, la voie ferrée que l’on construit le long du fleuve et qui traverse le pays a été l’objet d’un contrat intéressant pour une société anglaise ?

Monsieur Fardet avait de l’imagination, mais il était honnête.

– C’est une compagnie française, Monsieur, qui a obtenu le contrat pour la voie ferrée.

L’Américain s’étonna.

– Les Anglais ne paraissent pas avoir gagné grand-chose, comparativement aux difficultés qu’ils ont rencontrées, dit-il. Mais enfin ils doivent bien bénéficier de quelques avantages indirects. Par exemple, l’Égypte paye certainement l’entretien de tous ces habits rouges au Caire ?

– L’Égypte, Monsieur ? Non, ils sont payés par l’Angleterre. – Eh bien, il ne m’appartient pas de dire aux Anglais comment gérer leurs intérêts, mais j’ai l’impression qu’ils se donnent beaucoup de mal pour pas grand-chose ! S’il leur plaît de maintenir l’ordre et de garder la frontière au prix d’une guerre incessante contre les derviches, je ne vois pas pourquoi quelqu’un y trouverait à redire. La prospérité du pays s’est considérablement accrue depuis leur arrivée : les statistiques sur le revenu le prouvent. On m’a également assuré que les pauvres gens se faisaient rendre justice à présent, ce qui ne leur était jamais arrivé.

– Mais enfin que font-ils par ici ? s’écria le Français en colère. Qu’ils retournent donc dans leur île ! Nous ne pouvons pas tolérer qu’ils se répandent ainsi partout dans le monde.

– Évidemment nous Américains, qui vivons chez nous sur notre propre terre, nous avons du mal à admettre que vous, peuples européens, vous vous répandiez constamment dans d’autres pays qui vous
sont parfaitement étrangers. Certes nous avons beau jeu de parler ainsi, car notre peuple dispose de plus de place qu’il ne lui en faut. Quand nous commencerons à être surpeuplés, nous devrons nous aussi procéder à des annexions. Mais pour l’heure voici rien qu’en Afrique du Nord l’Italie en Abyssinie, l’Angleterre en Égypte, la France en Algérie…

– La France ! s’exclama Monsieur Fardet. Mais l’Algérie appartient à la France ! Vous riez, Monsieur ? J’ai bien l’honneur de vous souhaiter une très bonne nuit !

Dressé dans sa dignité patriotique offensée, il se leva pour regagner sa cabine.

Le devoir des peuples supérieurs à civiliser les races inférieures, bien que justifié par un habillage quelques peu remis au goût du jour, reste intact dans les consciences occidentales. On retrouve l’argumentaire ayant conduit à la guerre en Irak.

– Ma foi, déclara le colonel Cochrane en croisant les jambes et en se penchant en avant avec l’air décidé de quelqu’un qui a une opinion bien arrêtée, je ne suis pas du tout d’accord avec vous, Brown ! Et j’estime que l’étroitesse de votre raisonnement s’accorde mal avec les impératifs de l’Angleterre. Je pense que derrière les intérêts nationaux, derrière la diplomatie et tout le reste, il existe une grande force directrice (une Providence, en fait) qui depuis toujours extrait le meilleur de chaque peuple et s’en sert pour le bien de l’ensemble. Quand un peuple cesse de s’y soumettre, il est mûr pour quelques siècles d’hôpital, comme l’Espagne ou la Grèce : c’est que la qualité l’a quitté. Un homme ou une nation ne sont pas placés sur cette terre uniquement pour faire ce qui est agréable ou ce qui rapporte. On nous demande souvent d’entreprendre ce qui est à la fois déplaisant et coûteux ; mais si l’entreprise est juste, nous devons marcher et ne pas nous dérober…

Headingly fit un signe de tête approbateur.

– … À chacun sa propre mission ! L’Allemagne excelle dans la pensée abstraite ; la France dans la littérature, les arts et la grâce. Mais vous et nous (car tous ceux qui parlent anglais sont sur le même bateau) nous avons dans notre élite une conception plus élevée du sens moral et du devoir public que dans n’importe quel autre peuple. Or, ce sont les deux qualités qui sont nécessaires pour diriger une race plus faible. Vous ne pouvez pas aider des peuples faibles par de la pensée abstraite ou des arts d’agrément, mais seulement par ce sens moral qui tient en équilibre les plateaux de la justice et qui se garde pur de toute souillure. C’est ainsi que nous gouvernons les Indes. Nous sommes arrivés là-bas par l’effet d’une sorte de loi naturelle, tout comme l’air se précipite pour combler un vide. Partout dans le monde, contre notre intérêt direct et au mépris de nos intentions délibérées, nous sommes poussés à faire la même chose. Cela vous arrivera à vous aussi : la pression de la destinée vous obligera à administrer toute l’Amérique, du Mexique au cap Horn.

Headingly émit un sifflement.

– Nos chauvins seraient heureux de vous entendre, colonel Cochrane ! dit-il. Ils voteraient pour vous au Sénat et feraient de vous un membre de la Commission des Affaires Étrangères !

– Le monde est petit, et il se rapetisse chaque jour. Il constitue un organisme unique : une gangrène locale pourrait se propager et vicier tout l’ensemble. Il n’y a pas place sur la terre pour des gouvernements malhonnêtes, manquant à leurs engagements, tyranniques, irresponsables. Leur existence serait toujours une source de troubles et de dangers. Mais de nombreuses races semblent être si incapables de progrès qu’il faut désespérer de les voir un jour se donner un bon gouvernement. Que faut-il donc faire ? La Providence autrefois résolvait le problème par l’extermination : un Attila, un Tamerlan élaguaient les branches les plus faibles. Des règles moins rigoureuses se sont substituées : les Khanates de l’Asie Centrale et les États protégés de l’Inde en sont le témoignage. Puisque cette œuvre doit être accomplie, et puisque nous sommes les mieux outillés pour la réussir, je pense que nous récuser serait une lâcheté et un crime.

– Mais qui tranche la question de savoir si vous êtes les mieux outillés pour intervenir ? objecta l’Américain. N’importe quelle nation pirate pourrait utiliser ce prétexte pour s’annexer la terre entière.

– Ce sont les événements qui tranchent. Des événements inexorables et inévitables. Prenez par exemple cette affaire d’Égypte. En 1881, personne ne songeait chez nous à intervenir en Égypte ; et pourtant en 1882 nous avons pris possession du pays. La succession des événements ne nous a pas laissé de choix. Un massacre dans les rues d’Alexandrie, l’installation de canons pour chasser notre flotte qui se trouvait là, vous le savez, afin de remplir les solennelles obligations d’un traité, ont précédé le bombardement. Le bombardement a précédé un débarquement destiné à sauver la ville de la destruction. Le débarquement a entraîné une extension des opérations… Et nous voici avec le pays sur les bras. Quand les troubles ont éclaté, nous avons supplié, imploré les Français et bien d’autres de venir nous aider à rétablir l’ordre : ils ont tous fait la sourde oreille, mais ils sont déjà prêts à nous tirer dans les jambes. Quand nous avons essayé de sortir de ce guêpier, l’insurrection des derviches a éclaté, et nous avons dû nous cramponner plus solidement que jamais. Nous n’avons pas revendiqué cette tâche ; mais puisque nous sommes obligés de l’accomplir, au moins faisons-la bien. Nous avons installé la justice, purifié l’administration, protégé les pauvres. L’Égypte a davantage progressé au cours des douze dernières années que depuis l’invasion musulmane au septième siècle. En dehors du traitement de deux cents hommes, qui dépensent d’ailleurs leur argent dans le pays, l’Angleterre n’a pas retiré, directement ou indirectement, un seul shilling de toute l’opération. Je ne
crois pas que vous trouviez dans l’histoire une œuvre mieux réussie et plus désintéressée.

On retrouve les mêmes guerriers de l’islam.

À présent le petit groupe d’excursionnistes se tenait au pied du roc d’Abousir ; si les Arabes n’avaient pas brandi leurs fusils, ils auraient puse croire tombés aux mains de sauvages du septième siècle ; rien en effet ne distinguait leurs ravisseurs des guerriers du désert qui les premiers avaient porté l’emblème du croissant hors de l’Arabie. L’Orient est immuable. Les pillards derviches n’étaient pas moins braves, moins cruels, moins fanatiques que leurs ancêtres. Ils formaient le cercle, appuyés sur leurs fusils ou leurs lances, et considéraient leurs captifs avec des yeux triomphants.

Les Français, libres-penseurs, prennent toujours autant à la légère les questions religieuses, et les Occidentaux pensent toujours être aimés et servir de modèle unanimement salués. Comment donc pourrait-on avoir des ennemis ?

– D’après ce que je comprends, répondit le colonel, tout est terminé pour nous.

– Mais c’est absurde ! s’écria le Français tout excité. Pourquoi ces gens là me feraient-ils le moindre mal ? Je ne leur ai jamais nui. Au contraire, j’ai toujours été leur ami. Si je pouvais leur parler, je me ferais comprendre.

Holà, interprète ! Mansoor !…

Les gestes passionnés de Monsieur Fardet attirèrent l’attention du chef bagarra. Celui-ci posa à nouveau une question brève ; Mansoor, agenouillé à ses pieds, lui répondit.

– … Dites-lui que je suis Français, interprète ! Dites-lui que je suis un ami du Khalife. Dites-lui que mes compatriotes n’ont jamais eu de querelles avec lui, mais que ses ennemis sont aussi les nôtres !

– Le chef demande quelle est votre religion, dit Mansoor. Il dit que le Khalife n’a nullement besoin de l’amitié des infidèles et des incroyants.

– Expliquez-lui qu’en France nous considérons toutes les religions comme bonnes.

– Le chef dit qu’il n’y a qu’un chien blasphémant et le fils d’un chien pour affirmer que toutes les religions sont aussi bonnes les unes que les autres. Il dit que si vous êtes vraiment l’ami du Khalife, vous accepterez le Coran et deviendrez ici même un véritable croyant. Dans ce cas, il vous enverra sain et sauf à Khartoum.

– Et sinon ?

– Sinon, vous partagerez le sort des autres.

– Alors présentez mes compliments à Monsieur le chef, et dites-lui que les Français n’ont pas pour habitude de changer de religion sous la contrainte.

Le chef prononça quelques mots, puis se détourna pour conférer avec un Arabe trapu qui se trouvait à côté de lui.

– Il dit, Monsieur Fardet, poursuivit l’interprète, que si vous parlez encore, il fera de vous une pâtée qu’il donnera aux chiens. N’ajoutez rien qui le mette en colère, Monsieur, car il est en train de décider de notre sort.

On retrouve ce pragmatisme des vrais croyants.

– Remercions le Ciel, Messieurs, car je crois que nous sommes sauvés pour l’instant ! murmura Mansoor en essuyant son front tout barbouillé de sable. Ali Wad Ibrahim a dit qu’un incroyant ne méritait que le tranchant du sabre de la part d’un fils du Prophète, mais que le beit-el-mal d’Omdurman se trouverait mieux d’avoir l’or que paieraient pour vous vos familles. Jusqu’au versement de cette rançon, vous pourrez travailler comme esclaves du Khalife, à moins qu’il ne décide de vous mettre à mort. Vous monterez à dos de chameau et vous partirez avec le détachement.Ayant attendu la fin de la traduction, le chef donna un ordre bref ; un nègre fit un pas en avant et leva un long sabre recourbé. L’interprète se recroquevilla comme un lapin qui voit un furet et se prosterna à nouveau sur le sable.

– Que se passe-t-il, Cochrane ? demanda Cecil Brown. Le colonel avait en effet servi en Orient, et il était le seul des touristes à avoir quelques notions d’arabe.

– Pour autant que je comprenne, il dit qu’il est inutile d’épargner l’interprète, puisque personne ne se soucierait de payer une rançon pour lui, et qu’il est trop gras pour faire un bon esclave.

L’altérité, malgré tous les discours sur la différence, sur l’Autre, n’est pas plus pensée aujourd’hui qu’à l’époque. L’altérité, l’Autre, pour nos contemporains ce sont cuisines différentes, des musiques aux sonorités lointaines, mais dès qu’on aborde la question des mœurs l’incompréhension est totale.

– Ces gens-là n’ont pas l’air de vouloir nous faire du mal, Monsieur Stephens, remarqua-t-elle. Ils doivent avoir une religion tout comme nous ; sans doute trouvent-ils mauvais ce que nous trouvons mauvais…

Stephens hocha la tête sans répondre. Il avait assisté au massacre des âniers, que n’avait pas vu la vieille Américaine.

– … Peut-être, reprit-elle, leur sommes-nous envoyés pour les guider sur une meilleure voie. Peut-être sommes-nous désignés pour accomplir une bonne œuvre chez eux.

Si sa nièce n’avait pas été là, son tempérament énergique et entreprenan taurait trouvé du réconfort dans la possibilité d’une glorieuse évangélisation de Khartoum, ou de la transformation d’Omdurman en une petite réplique d’une ville de la Nouvelle-Angleterre aux larges avenues.

Le portrait du Français du groupe est remarquablement contemporain même si on peut penser qu’aujourd’hui, si on le lui demandait, il se convertirait sans faire de difficulté.

– Moi j’aurais aimé mourir en dormant, dit Sadie. Ce doit être merveilleux de s’éveiller et de se trouver dans l’autre monde ! Au collège, Hetty Smith nous répétait toujours : « Ne me dites pas bonne nuit, mais souhaitez-moi un bon matin dans un monde meilleur. »

Sa tante puritaine hocha la tête.

– Se présenter sans préparation devant le Créateur, Sadie, c’est terrible !

– C’est la solitude de la mort qui est terrible, dit Madame Belmont. Si nous mourions en même temps que tous ceux que nous aimons, nous envisagerions la mort simplement comme un changement de demeure.

– Si le pis survient, nous ne serons pas seuls, rectifia son mari. Nous partirons tous ensemble, et nous trouverons de l’autre côté Brown, Headingly et Stuart qui nous attendent.

Le Français haussa les épaules. Il ne croyait pas dans une autre vie après la mort, mais il enviait aux deux catholiques la sérénité de leur foi. Il sourit intérieurement en pensant à ce que diraient ses amis du café Cubat s’ils apprenaient qu’il avait sacrifié sa vie sur l’autel de la foi chrétienne. Tantôt cette idée l’amusait, tantôt elle l’exaspérait ; ce qui ne l’empêchait de soigner son poignet blessé tout comme une mère aurait emmailloté son bébé malade.

– Et qui va argumenter avec ce moulah ? interrogea Fardet. Il importe grandement que la discussion se déroule avec le plus de naturel possible, car s’il supposait que nous ne faisions qu’essayer de gagner du temps, il refuserait de nous endoctriner davantage.

– Il me semble que Cochrane devrait s’en charger, puisque la proposition émane de lui, dit Belmont.

– Excusez-moi ! s’écria le Français. Je ne voudrais rien dire contre notre ami le colonel, mais il n’est pas possible que le même homme excelle en tout. S’il s’en charge, c’est aller délibérément au-devant d’un échec : le moulah lira dans le jeu du colonel à livre ouvert.

– Vous croyez ? demanda le colonel avec dignité.

– Oui, mon ami, il lira en vous ! Comme la plupart de vos compatriotes, vous manquez totalement de sympathie pour les idées des autres peuples, et c’est d’ailleurs le grand défaut que je reproche à votre nation.

– Oh, laissez tomber la politique ! s’impatienta Belmont.

– Je ne parle pas politique. Je parle pratique. Comment le colonel Cochrane pourrait-il faire croire au moulah qu’il s’intéresse réellement à sa religion, alors que pour lui il n’existe pas d’autre religion au monde
que celle que lui a inculquée la petite secte qui l’a élevé ? J’ajoute pour le colonel que je suis sûr que n’ayant rien d’un hypocrite, il ne pourrait jamais jouer assez bien la comédie pour abuser cet Arabe !

Le colonel avait le dos raide et le visage fermé de l’homme qui se demande s’il doit se considérer comme insulté ou félicité.

– Chargez-vous donc de la discussion si vous en avez envie, dit-il enfin. Je serai ravi d’être libéré de cette corvée.

– Je pense en effet que je suis le plus apte à cette tâche, puisque toutes les religions m’intéressent également. Quand je cherche à m’informer, c’est en vérité parce que je souhaite être informé, et non pas pour tenir un rôle.

– … Maintenant, reprit le moulah dont la voix avait perdu son timbre conciliant et persuasif, l’heure est venue. Ici sur le sol j’ai fait de ces deux bâtons le symbole absurde et superstitieux de votre ancienne religion. Vous allez les piétiner, en signe que vous abjurez ; vous baiserez le Coran, en signe que vous l’acceptez ; et tout complément d’instruction dont vous auriez besoin vous sera donné par la suite. Les prisonniers s’étaient levés : ces quatre hommes et ces trois femmes se trouvaient à l’heure décisive de leur destinée. Seules peut-être entre tous, Mademoiselle Adams et Madame Belmont avaient de fortes convictions religieuses. Ils étaient tous les sept des enfants de ce monde, et quelques-uns désapprouvaient tout ce que représentait ce symbole disposé sur le sol. Mais la fierté européenne, la fierté de la race blanche bouillonna en eux et les maintint dans la foi de leurs compatriotes. Mobile humain ? Mobile coupable ? Mobile non chrétien ? N’importe : il les transformerait en martyrs publics de la foi chrétienne. Dans le silence, dans la tension de leurs nerfs, un faible son résonna tout à coup à leurs oreilles. Le bruissement des feuilles de palmier au-dessus de leurs têtes ne les empêcha pas d’entendre au loin le galop rapide d’un chameau.

Vous pourrez retrouver le roman à cette adresse : La tragédie du Korosko


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1926 – La faiblesse française

Citations — Article écrit par le 23 août 2011 à 23 h 53 min

13 juillet 1926 : pour l’inauguration de la Grande Mosquée de Paris

Quelques rues du centre de Paris sont égayées par les très belles robes de nos visiteurs marocains. Il y en a de vertes, il y en a de toutes les nuances. Certains de ces majestueux enfants du désert apparaîtraient « vêtus de probité candide et de lin blanc » si leur visage basané et presque noir ne faisait songer au barbouillage infernal. Que leurs consciences soient couleur de robe ou couleur de peau, leurs costumes restent enviables ; le plus négligent des hommes serait capable des frais de toilette qui aboutiraient à ces magnifiques cappa magna, à ces manteaux brodés de lune et de soleil. Notre Garde républicaine elle-même, si bien casquée, guêtrée et culottée soit-elle, cède, il me semble, à la splendeur diaprée de nos hôtes orientaux. Toute cette couleur dûment reconnue, il n’est pas moins vrai que nous sommes probablement en train de faire une grosse sottise. Cette mosquée en plein Paris ne me dit rien de bon. II n’y a peut-être pas de réveil de l’Islam, auquel cas tout ce que je dis ne tient pas et tout ce que l’on fait se trouve être aussi la plus vaine des choses. Mais, s’il y a un réveil de l’Islam, et je ne crois pas que l’on en puisse douter, un trophée de la foi coranique sur cette colline Sainte-Geneviève où tous les plus grands docteurs de la chrétienté enseignèrent contre l’Islam représente plus qu’une offense à notre passé : une menace pour notre avenir.
On pouvait accorder à l’Islam, chez lui, toutes les garanties et tous les respects. Bonaparte pouvait se déchausser dans la mosquée, et le maréchal Lyautey user des plus éloquentes figures pour affirmer la fraternité de tous les croyants : c’étaient choses lointaines, affaires d’Afrique ou d’Asie. Mais en France, chez les Protecteurs et chez les Vainqueurs, du simple point de vue politique, la construction officielle de la mosquée et surtout son inauguration en grande pompe républicaine, exprime quelque chose qui ressemble à une pénétration de notre pays et à sa prise de possession par nos sujets ou nos protégés. Ceux-ci la tiendront immanquablement pour un obscur aveu de faiblesse. Quelqu’un me disait hier :
Qui colonise désormais ? Qui est colonisé ? Eux ou nous ?
J’aperçois, de ci de là, tel sourire supérieur. J’entends, je lis telles déclarations sur l’égalité des cultes et des races. On sera sage de ne pas les laisser propager, trop loin d’ici, par des hauts-parleurs trop puissants. Le conquérant trop attentif à la foi du conquis est un conquérant qui ne dure guère.
Nous venons de transgresser les justes bornes de la tolérance, du respect et de l’amitié. Nous venons de commettre le crime d’excès. Fasse le ciel que nous n’ayons pas à le payer avant peu et que les nobles races auxquelles nous avons dû un concours si précieux ne soient jamais grisées par leur sentiment de notre faiblesse.

Charles Maurras dans L’Action Française, 13 juillet 1926.


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Mon épicier explique la démographie

Politique — Article écrit par le 28 juillet 2011 à 19 h 27 min

Récemment en abordant le sujet sensible pour ne pas dire tabou de la démographie, de l’immigration, et des changements de population que cela induit avec un collègue, on en est venu à parler de son épicier maghrébin. Homme besogneux, ne craignant pas au contraire de beaucoup de ses contemporains de travailler durement, celui-ci ouvrant son épicerie tous les jours de la semaine de 7h00 à 22h00 sans interruption, ne fermant que rarement son magasin même en période de fête. Il est toujours agréable et souriant. Pour résumer il est bon commerçant. Il est marié, on peut sans doute dire de lui qu’il est bon père de famille. Il a toujours veillé à l’éducation de ses quatre enfants, dont trois ont faits des études supérieures, pour lui le travail et la réussite sociale sont des valeurs importantes, et il a donc pris soin à ce que ses enfants ne manquent de rien pour mettre toutes les chances de leur côté.

Il paye ses impôts. Enfin comme beaucoup de français il fraude un peu. Mais cela ne fait pas de lui un homme malhonnête, il considère simplement que le fruit de son travail doit lui revenir, et que les impôts sont trop élevés. On aurait mauvais jeu de lui en vouloir de penser ainsi.

Il est musulman, il a une foi sincère. Cela ne fait pas lui un extrémiste, un de ces dangereux islamistes prônant un régime islamique. Non, mais il est homme à être touché par les choses de la religion, et il aime à se voir comme un bon croyant ; il aimerait d’ailleurs aller plus souvent à la mosquée, mais ses longues heures de travail l’en empêchent. Il se sent aussi peiner qu’aujourd’hui on associe l’islam au terrorisme, lui comme la majorité des maghrébins ou français d’origine maghrébine ne demande qu’à vivre en paix, sans être pris à parti pour ses croyances religieuses. Il a de même été contrarié par le caractère oppressif de l’interdiction du voile dans les établissements scolaires, et ressent cela comme une atteinte à l’islam et plus largement contre sa liberté religieuse. Ce qu’on doit bien reconnaître.

Il aime à s’informer de l’actualité du monde arabe, à être à l’écoute des débats qui l’agite, et à profiter d’un point de vue non occidental, d’une analyse de l’information passablement différente des chaînes françaises ; les chaînes satellitaires lui rendent ce service. Il se sent naturellement proche, en quelque sorte solidaire, de ce monde arabe de par sa culture et sa religion, la guerre en Irak lui a par exemple semblé une agression inadmissible contre un pays arabe et musulman qui ne menaçait aucunement la paix. Et il ne croit globalement pas aux bonnes intentions des américains. Il s’identifie de même facilement aux Palestiniens et à leurs revendications dans le conflit proche-oriental. Il aimerait que les palestiniens puissent aussi avoir leur Etat, avec des frontières sûres, qu’il soient libres et indépendants. Il juge souvent sévèrement les politiques israéliennes et les Israéliens eux mêmes.

Il aime aussi à ne pas se couper de ses racines, de son Algérie natale qu’il a quitté il y a plus de 30 ans avec une pointe d’amertume pour venir en France. Non pas avec de mauvaises intentions, mais pour pouvoir mener une vie meilleure pour lui et sa famille, espérant en immigrant et en travaillant dur pouvoir se mettre à l’abri du besoin ; les opportunités se faisant rares en Algérie. C’est pourquoi tous les ans, il passait un mois en Algérie avec ses enfants quand ceux-ci étaient plus jeunes, pour garder un lien avec la famille, mais aussi avec le pays, avec qui il entretient une certaine nostalgie. Il pense que c’est une bonne chose que ses enfants sachent d’où ils viennent, qu’elle est leur histoire, qu’elles sont leurs traditions, ce qui fait d’eux ce qu’ils sont. Qu’ils n’aient pas honte d’où ils viennent, il pense même qu’ils peuvent en être fiers.

Notre épicier est donc quelqu’un de tout à fait respectable, en tout cas pour ma part je ne vois rien de significatif à lui reprocher, même si je ne partage pas ses vues politiques. Alors d’où vient le problème ?

Le problème ne vient pas de notre épicier, du fait qu’on l’apprécie ou pas, ou qu’il soit charmant ou pas. Le problème provient de la multitude, des millions d’individus qui tout comme lui partagent un héritage culturel qui n’est ni français ni européen, et qu’ils comptent bien préserver, conserver. Après tout c’est leur droit le plus strict, tout à chacun a le droit d’être ce qu’il a envie d’être, mais cela crée une situation ou deux cultures majeures cohabitent tant bien que mal sur un même territoire. Elie Barnavi (entre autre ancien ambassadeur d’Israël en France) en parlant du conflit israélo-palestien aime rappeler que ce sont deux droits qui s’opposent, c’est à dire le droit des Palestiniens et le droits des Israéliens à habiter sur la même terre. A terme nous pourrions nous retrouver dans une telle situation. Il n’est d’ailleurs pas ici question de juger de ces cultures, mais simplement de faire remarquer qu’on assiste à un changement de population, ce qui implique que les références culturelles changent. D’une société judéo-chrétienne d’héritage gréco-romain, nous sommes passés à une société double à laquelle s’ajoute la culture islamique. Si cela se poursuit les transformations n’en deviendront que plus visibles.

Il faut bien admettre que c’est un sujet particulièrement difficile à discuter, les accusations les plus répugnantes ne sont jamais loin, les garants du politiquement correct veillent à tous les étages. On ne saurait selon eux parler d’immigration, de démographie sans voir les Maghrébins ou les Français d’origine maghrébine comme des voleurs, des délinquants, des terroristes, des djihadistes en puissance. En vérité des gens foncièrement malhonnêtes qui mèneraient consciemment une conquête. Cela est évidemment comme je l’ai précédemment expliqué totalement faux. L’erreur c’est de raisonner en terme de « bien » ou de « mal », de « gentils » ou de « méchants », alors que la démographie n’est pas affaire de jugement de valeur. La démographie a la froideur des chiffres. Les seuls critères pertinents sont les taux de fécondité, les tendances, les flux de populations. Ce n’est pas un problème de moralité individuelle ou collective de telle population donnée. C’est un problème de physique ; des forces sont à l’œuvre, on peut en mesurer les puissances et les conséquences qu’elles occasionnent.

Cette vision des choses heurte sans aucun doute nos propres valeurs, on aime à penser que les gens ne sont pas définis selon une appartenance ethnique mais selon leur mode de pensée. Pour ma part j’y souscris aussi, je considère qu’il existe certes un déterminisme qui nous pousse à reproduire les modes de vie de nos parents, amis, et plus largement ceux admis comme « normaux » au sein de nos sociétés, mais aussi que chacun peut se construire, et adopter les idées et l’identité qu’il souhaite si on le lui permet, s’il en a la volonté.
Dans les faits c’est possible. Les immigrés connaissent une multitude de situations différentes, allant de la totale assimilation au rejet le plus strict de toute influence occidentale. Mais dans cet écheveau de situations on peut tout de même discerner des tendances.

Globalement les immigrés de ces dernières décennies adoptent que plus ou moins superficiellement notre mode de vie avec tout ce que cela implique. Ce phénomène qui tranche avec les immigrations passées des Polonais ou des Italiens peut s’expliquer par le fait que la France et plus largement l’Europe a renoncé à sa politique d’assimilation, qui consistait à fondre dans le moule les immigrés étrangers, pour qu’ils deviennent des français comme les autres, bâtit sur le même modèle. Il faut préciser que ces flux migratoires sans précédents par leur importance ont empêché cette assimilation. Ainsi que l’origine des immigrés en question qui l’a rendu plus difficile. Car il est toujours plus aisé d’assimiler dans une société occidentale des Occidentaux, que des individus issus d’une civilisation qui diffère par les mentalités collectives, la religion, l’histoire… La technologie, les nouveaux moyens de communication (téléphone, mail, Skype, Google+, Facebook, presse en ligne, etc…), sont un autre obstacle à ce dessein. Il est beaucoup plus simple aujourd’hui de garder le contact avec sa famille, ses amis, son pays, et de leur rendre visite, ce qui complique l’immersion dans la société d’accueil.
Un autre élément a joué un rôle en défaveur de l’assimilation, ces immigrés Algériens – pour prendre cet exemple en particulier – étaient issus d’un Etat né de la lutte anti-française. D’où un double sentiment plus ou moins conscient, qui est à la fois le mépris pour les vaincus, et la rancœur due à l’échec de l’indépendance que leur immigration révèle, ce qui débouche, dans les deux cas, sur une certaine haine de la France qui n’a fait que s’accroître avec les générations suivantes ne trouvant pas leur place dans cette société.

Les immigrés ne sont pas des pages blanches sur lesquelles on peut impunément écrire, ils portent une culture, une identité, dont on tient d’autant plus qu’on vit à l’étranger. On se sent plus Français à Pékin qu’à Paris. Les Français sont aussi sensibles aux apports étrangers, soit par la séduction qu’ils exercent, soit parce qu’en démocratie on ne peut ignorer la culture d’électeurs nombreux. Aujourd’hui il ne faut pas voir l’intégration comme un phénomène univoque, elle a lieu dans les deux sens, les français de « souche » sont presque autant influencés culturellement par ces immigrés, que ces immigrés ne s’occidentalisent.

Ce renoncement à l’assimilation signifie implicitement que maintenant plusieurs populations de cultures différentes vivent dans le pays, c’est ce qu’on nomme avec emphase le multiculturalisme. C’est à dire ce que l’on appelle « intégration » à la française, dont il est vrai qu’on ne sait pas exactement ce que recouvre ce terme. Une sorte de mélange inconsistant entre le communautarisme à l’anglo-saxonne et les anciens objectifs d’assimilation, qui s’est à vrai dire globalement révélée un échec. Un déchirement entre deux tendances : syncrétisme et apartheid volontaire.
Avec le temps si ces tendances se poursuivent, avec des taux de natalité des nouveaux arrivants bien supérieurs à ceux qui sont traditionnellement les habitants de ce continent qui n’atteignent pas le taux de renouvellement, et surtout si la pression démographique se poursuit, si l’Afrique continue de se déverser sur l’Europe, il se pourrait bien que l’Europe devienne une extension de ce continent, inclut dans une nouvelle aire civilisationnelle. Actuellement un changement massif de population se produit dans le silence général, presque personne ne voulant prendre conscience des transformations profondes en cours et à venir, le politiquement correct poussant les autres à tenir leur langue. Le jour où la réalité se révélera au grand jour, où l’on ne pourra plus nier ce qui se passe, il se pourrait bien que cela aboutisse à une situation nous rappelant de tristes événements se passant dans les Balkans ou dans quelques lointains pays africains. Plus les les événements tarderont plus il se pourrait qu’ils soient terribles. A moins que la tendance actuelle se poursuivant, cet apport étranger globalement accepté sans heurts par les autochtones, continue d’infuser comme nous infusons en son sein.

Pour l’heure, c’est la première fois dans l’histoire que des peuples acceptent volontairement, et par idéologie, que d’autres peuples s’installent dans leurs Etats et les remplacent. C’est la pulsion de mort d’une société qui a mal vieilli et qui a force de se haïr finit par s’autodétruire.


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Rupture du cordon sanitaire

Actu — Article écrit par le 23 mai 2011 à 21 h 28 min

Omar Djellil, le président de l’association Présence Citoyenne a rencontré Jean-Marie lors de la venue à Marseille. L’occasion de discuter Islam et laïcité.

Via Danoc


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Néantisation alexandrine

Citations — Article écrit par le 2 janvier 2011 à 16 h 31 min

Tout l’Islam semble être une méthode pour développer dans l’esprit des croyants des conflits insurmontables, quitte à les sauver par la suite en leur proposant des solutions d’une très grande (mais trop grande) simplicité. D’une main, on les précipite, de l’autre on les retient au bord de l’abîme. Vous inquiétez vous de la vertu de vos épouses ou de vos filles pendant que vous êtes en campagne ? Rien de plus simple, voilez-les et cloîtrez-les. C’est ainsi qu’on en arrive au burkah moderne…

…Grande religion qui se fonde moins sur l’évidence d’une révélation que sur l’impuissance à nouer des liens au dehors. En face de la bienveillance universelle du bouddhisme, du désir chrétien de dialogue, l’intolérance musulmane adopte une forme inconsciente chez ceux qui s’en rendent coupables ; car s’ils ne cherchent pas toujours, de façon brutale, à amener autrui à partager leur vérité, ils sont pourtant (et c’est plus grave) incapables de supporter l’existence d’autrui comme autrui. Le seul moyen pour eux de se mettre à l’abri du doute et de l’humiliation consiste dans une «  néantisation » d’autrui, considéré comme témoin d’une autre foi et d’une autre conduite. La fraternité islamique est la converse d’une exclusive contre les infidèles qui ne peut s’avouer, puisque, en se reconnaissant comme telle, elle équivaudrait à les reconnaître eux-mêmes comme existants.

— Claude Lévi-Strauss, Tristes Tropiques, éd. Plon, Pocket, p. 482-484.

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Encore un musulman fou

Actu, Mutation — Article écrit par le 3 juin 2010 à 17 h 49 min

Encore un assassinat qui n’a rien de politique ni de religieux, perpétré par un dément, nous dit-on. Certainement que Monseigneur l’avait violé, très certainement. Comme Terre’Blanche ses malheureux employés. Je ne vois que ça pour expliquer cette mystérieuse « affaire privée ».

Monseigneur Luigi Padovese, le représentant de l’Eglise catholique en Turquie, a été poignardé à mort jeudi par son chauffeur dans le sud du pays, dernière attaque en date contre les chrétiens dans ce pays presqu’exclusivement musulman.

Le prélat de nationalité italienne, né en 1947 à Milan (nord de l’Italie), vicaire apostolique d’Anatolie et président de la conférence épiscopale turque (CET), a été tué au couteau par son chauffeur dans sa maison d’Iskenderun, a annoncé le gouverneur local. Selon la chaîne d’information NTV, le tueur présumé, qui se serait converti au catholicisme, a tranché la gorge de sa victime, qui gisait dans une mare de sang dans le jardin de sa maison d’été.

Mehmet Celalettin Lekesiz, gouverneur de la province de Hatay, dont dépend Iskenderun, a exclu un « acte politique », affirmant à l’agence Anatolie que le suspect, traité pour des désordres psychologiques, avait immédiatement été arrêté avec l’arme du crime.

« Nous menons notre enquête mais il semble qu’il s’agisse d’une affaire privée sans motivation politique », a dit le gouverneur, qui s’est déclaré « consterné » par cet assassinat.

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