Étiquetté ‘fofana’


Fofana, élève de Michéa

Sozial — Article écrit par le 20 juin 2012 à 23 h 12 min
Les contempteurs de Michéa tapent toujours plus ou moins à côté de leur cible. Finkielkraut essaye bien de lui porter la contradiction dans un des derniers « Répliques » mais il est lui aussi englué dans les textes et les références abstraites. Il y a une raison à cela : Michéa gagne les manches du match parce qu’il donne systématiquement des exemples concrets lorsque sa dialectique arrive à une impasse, ou rebondit sur la dialectique lorsque le réel, et ce n’est rien de le dire, le contredit manifestement. Je laisse pour le moment la dialectique aux dialecticiens. Revenons sur les deux exemples clés qu’il cite lors de cette émission, et que tout le monde aura retenu, et qui à mon avis illustrent la perversité, la bêtise et la démagogie malsaine du bonhomme :

- une employée US, Debbie Stevens, donne son rein à sa patronne puis se fait licencier pour absentéisme (c’est beaucoup, beaucoup plus subtil que ça* en réalité, mais basons-nous sur la « version officielle ») : « morale libérale en application » selon l’ex-prof montpelliérain ! Pourtant rien de libéral là-dedans, l’employée est juste naïve, et sa patronne une salope (en attendant ledit procès, mais d’ici là, n’est-ce pas). Toute l’Amérique « libérale » en a été scandalisée ?  Rien n’y fait pour Michéa. Et d’ailleurs, dans un pays de régime socialiste, il n’y a plus de naïfs et d’enculés, c’est bien connu, ni de faits divers.  Cet exemple qu’il sort littéralement de la manche courte de son tee-shirt Che Guevara avait pour but d’expliciter la logique de « don et contre-don », et donc son absence aux Etats-Unis, très largement fumeuse. Là où-aux USA- le don d’organe est ce qu’il y a de plus libre et gratuit, Michéa ne trouve rien de mieux à répondre que cet exemple, et donc d’affirmer que le socialisme, c’est à dire la solidarité forcée par l’impôt (et donc la force), ou la sécu, ou les machins administratifs tentaculaires, c’est vachement mieux. Et ça inciterait énormément à se sentir redevable vis à vis des autres. C’est évidemment l’inverse (soit le « dû et contre-dû »). En pays socialiste personne ne donne de rein. Mais tout le monde en attend un de l’Etat.

- L’affaire Fofana. S’appuyant sur le néantissime Morgan Sportès, et son « Tout, tout de suite » Michéa y voit là encore la morale du « business » et Fofana n’est rien d’autre qu’un trader. Il vaut même mieux être un Fofana qu’un trader dans le monde dialectique de Michéa. Or Fofana et ses sbires n’ont fait que mettre en pratique (Finkielkraut le remarque sans plus) l’argument MORAL et SOCIALISTE « d’oppresseurs-opprimés, privilégiés-défavorisés ». Dans un pays libéral, ou au moins non-socialiste, un Fofana nourrit au libéralisme se serait dit : « je suis né pauvre, pour réussir je dois travailler, en respectant les Lois ». Lois fondées dans le libéralisme sur la notion de propriété privée. Lois qui font qu’un trader ne fait qu’acheter et vendre des actions à qui veut en vendre et en acheter. Un trader triche, il va en taule. Sauf s’il a des appuis publics. Ce qui n’est pas vraiment libéral. Mais oligarchique, c’est à dire étatiste. Donc de fondement socialiste. Rien n’y fait.
Nullissime. Et pervers. Car je suis sûr qu’un avocat de Fofana dira qu’il a été, s’appuyant sur Michéa, influencé par le libéralisme. Qui oppresse les opprimés. Et sauve les oppresseurs. Morale d’assistés socialistes. Irresponsabilité. Matrice du socialisme.C’est la faute à. Cestlafautà étant le fondement du socialisme. Si on va au bout. Fofana n’a pas lu Hayek, il a lu Michéa. Ou Morgan Sportès. C’est à dire qu’il a vécu en France. C’est parce qu’il y a du Michéa qui accuse du trader, qu’il y a du Fofana. Pour Michéa, à tous les coups l’on gagne.
Désirer un bien est une chose qui n’a pas attendu le monde publicitaire pour exister. Vouloir se l’approprier par la force n’a pas attendu « le libéralisme » non plus. Mon Dieu, je crois que la Bible est pleine de ces exactions, et de l’Ancien Testament, époque pourtant très morale et partageuse, quoiqu’on en pense (parce que justement non socialiste : donne qui veut).  L’accumulation d’objets désirables, permis par la technique et la société de consommation, n’a jamais forcé qui que ce soit à s’en emparer de force. Mais, selon Michéa, le libéralisme possède une force intrinsèque qui expliquerait et donc excuserait et donc déresponsabiliserait le voleur. Or c’est justement cet argument de déresponsabilisation issu du gauchisme et de rien d’autre qui a permis et encouragé les comportements de plus en plus prédateurs. Et le trader n’y est pour rien. Le trader, voyez-vous, gagne beaucoup d’argent. C’est insoutenable pour Michéa.  Ça l’est donc aussi pour le voleur. Dire que le trader respecte les lois, ne vole personne (disons pas plus que dans un autre secteur d’activités, peut-être même bien moins) ne convient pas à Michéa : il ne veut pas que l’on gagne « trop » d’argent : c’est inciter (quasi-moralement pour lui) au vol (alors que c’est de dire cela qui est inciter au vol).
Oh je suis sûr que Michéa dira qu’il condamne le vol. Mais si on déroule son argumentaire : il ne le condamne réellement que lorsqu’il n’y a rien plus à voler (or ce sera probablement à se moment là ou le vol sera généralisé, ah, pardon, Michéa sort sa carte Magic « Don et Contre-Don libre mais un peu forcé quand même »).
Oh je sais bien que les plus farouches des libéraux ont en apparence une morale toute relative. Avec laquelle on peut ne pas être d’accord. Mais si on a l’honnêteté de les lire (c’est l’honnêteté qui fait plus souvent défaut que l’effort), il faut leur reconnaitre une chose : tout chez eux a pour fondement la protection de la propriété privée. Et Fofana, en pays libertarien, aurait été condamné à la chaise électrique pour n’avoir pas, c’est rien de le dire, respecté la propriété privée fondamentale de l’individu : la disposition de son propre corps (en l’occurrence de celui d’Ilan Halimi par lui-même). Dans un pays SOCIALISTE, un avocat baserait la défense de son client sur ses frustrations diverses et variées, la morale de l’excuse de l’opprimé frustré, etc, etc, et l’avocat citerait non du Hayek , mais du Michéa. Mais rien n’y fait. Le libéralisme fait la distinction entre ce qui est à soi et ce qui ne l’est pas. C’est le socialisme qui mélange les deux. Certes, le libéralisme promeut la publicité, qui peut être pernicieuse et contradictoire par rapport à ses fondements (mais c’est une autre affaire),
Mais le socialisme lui, EST la publicité.
Il promet l’acquisition de ce qui a été produit par autrui, par la force, c’est à dire le vol (soit l’opposé du don et la Common Decency, fondamentalement. ). Mais rien n’y fait. Le trader est pour Michéa ce que le juif est à Fofana.
Ouais, tu vois, c’est légal, mais bon hein, c’est des enculés, tout le monde le sait ils l’ont forcément volé, comme toi t’es pauvre, ben c’est qu’il te l’a volé, t’en déduit ce que tu veux sur ce qu’il te reste à faire, hein, tu diras que c’est la faute au libéralisme et à la pub, hein, pas à tes éducateurs post-communistes et au Coran**. Oui, oui, ça marche, regarde-moi.
Nous avons Michéa, et nous avons Fofana.
A-t-on déjà dit que Michéa était le Grand Penseur Moral de tous les réacs et antilibéraux du moment, de France Culture à Causeur en passant par Soral ?
*Elle n’a pas donné son rein à sa patronne et ex-amie, mais à un type en attente de greffe, ce qui a libéré la place dont a bénéficiée sa patronne, elle n’a pas été licenciée pour absentéisme, mais après qu’elle ait intenté un procès pour harcèlement et discrimination dûe au handicap, etc, etc.. Mais ne doutons pas que si par magie il se trouve que c’est l’employée qui a été manipulatrice, Michéa y verra encore là, la morale du business, alors que c’est peut-être-mais ne soyons pas trop compliqué, hein- justement toute l’ambiguïté que peut recouvrir la notion très vague de don, ou de relation humaine concrète (la posture et les propos de sainte auto-proclamée, mais procédurière, de Stevens sentent tout de même un peu le poisson d’une semaine abandonné en plein soleil; et la fantastique récupération médiatique de cette affaire, par ces médias eux-mêmes saints-procureurs, est tout ce qu’il y a de plus répugnant, mais qui s’étonnera de voir Michéa dans la même équipe de winners composée des lawyers et présentateurs télé à brushing et main sur le coeur), qui plus est en dehors de toute forme de croyance transcendante, cette grande absente qu’on ne fait plus que voir dans toute l’oeuvre michéèsque et qu’il borde sagement à coups de common decency, à vos souhaits.

**livres saints de l’Islam, où lorsqu’il est dit que Mahomet a fait torturer un juif pour qu’il dise l’endroit où un trésor était caché, et bien…c’est un passage non sourcé, et probablement dû aux juifs. Des savants que ça s’appelle. Que des muzzs crient Khaybar ! Khaybar ! lorsqu’ils croisent de la Kippa est tout à fait innocent. Ou c’est de la faute des traders.

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