Étiquetté ‘Europe’
Hello Maggie
Citations — Article écrit par Nicolas le 2 juin 2012 à 22 h 54 minMaggie, en 1995, vous expliquait lumineusement ce qui ne tournerait pas rond dans l’Europe de 2012 :
On ne manquera pas de rappeler que, à l’été 1990, lorsque j’avais discuté avec John Major de la tactique à employer pour résister aux pressions en faveur de l’Union économique et monétaire, j’étais prête à ce que les onze autres États négocient un traité séparé pour l’UEM. Par cet accord, l’Allemagne et la France finiraient par financer toutes les subventions régionales réclamées par les pays les plus pauvres pénalisés par un taux de change plus défavorable. Il me semblait qu’il serait également possible, lors de ces négociations, d’exploiter l’inquiétude de l’Allemagne face à l’affaiblissement de sa politique anti-inflationniste, qu’entraînerait tout mouvement vers la monnaie unique aux dépens du Deutschmark. Par-dessus tout, nous devions être prêts à user de notre droit de veto (et à le faire savoir) si nous voulions que, confrontés aux dures réalités, nos partenaires de la Communauté y réfléchissent à deux fois. Bien sûr, il est impossible de savoir comment la situation aurait évolué si l’on s’en était tenu à cette stratégie. En dépit des incantations hystériques prétendant le contraire, il n’y avait aucune raison de s’inquiéter d’un éventuel « isolement ». Nous aurions pu continuer à bénéficier du Marché unique grâce aux traités existants, sans toutefois être libérés de la PAC et des intrusions de la Cour de Justice. La seule malédiction se trouvait dans les imaginations trop fertiles de députés conservateurs pris de panique.
Malgré les applaudissements recueillis au début, l’approche de John Major laissait le problème fondamental sans réponse. Avec lui, nous renoncions à défendre notre propre conception de la Communauté pour nous engager dans un cadre européen qui ne nous convenait pas, en nous reposant sur des exemptions particulières qui, en dernier ressort, dépendaient de la bonne volonté et de l’honnêteté de gens et d’institutions aux buts radicalement opposés aux nôtres. Ce changement de perspective aggravait notre position car, en acceptant des points de principes importants, comme par exemple les objectifs généraux fixés par les articles A et B, l’Angleterre aurait beaucoup plus de mal à faire valoir ses propres conceptions dans l’avenir.
En fait, la Grande-Bretagne réussit à négocier deux dérogations. La première dispensait la Grande-Bretagne de la réglementation communautaire sur les conditions de travail et les droits syndicaux prévue au chapitre Politique sociale, la seconde nous permettait d’échapper à la troisième et dernière phase de l’Union monétaire. Le gouvernement avait parfaitement raison de résister aux clauses sociales qui auraient augmenté le coût du travail, limité la flexibilité et la compétitivité, portant ainsi un grave coup à l’emploi. Mais cette exemption ne touche que les nouveaux accords, et non les directives sociales du traité de Rome, amendé par l’Acte unique européen. Ces traités permettent toujours de faire entrer par la petite porte les coûts sociaux élevés pratiqués en Allemagne et en France. Nous en voyions un exemple parfait dans la directive de juin 1993, limitant la durée maximale du travail à qua- rante-huit heures par semaine. Elle fut présentée comme une mesure de « santé et sécurité » de l’article 118a, pour lequel un vote à la majorité qualifiée suffisait. Le gouvernement a fait appel devant la Cour de Justice, mais les directives sur les congés maternité ou l’emploi à temps partiel continuent d’affluer. Toutes ces mesures auraient pour effet principal — et sans doute pour seul objectif — de réduire la flexibilité et la compétitivité de l’industrie britannique, afin de nous aligner sur les autres pays d’Europe.
De plus, il est sûr et certain que les Français en particulier feront tout pour éviter que les entreprises, attirées par nos faibles coûts sociaux, opèrent des délocalisations vers le Royaume-Uni. La réaction à l’affaire Hoover en est une parfaite illustration. Au grand dam de la France, Hoover-Europe avait décidé de quitter l’usine de Dijon pour transférer sa production d’aspirateurs à Cambuslang, près de Glasgow, où, comme l’expliqua le président directeur général, les coûts salariaux seraient inférieurs de 37 %. Cette différence s’expliquait en grande partie par les lourdes charges sociales imposées en France. Et quand la Grande-Bretagne exprime son souci de maintenir les coûts salariaux et les rigidités de la réglementation à un niveau inférieur à celui de ses voisins, les Français parlent de « dumping social ». En de telles circonstances, on n’a pas fini de nous forcer la main pour que nous acceptions des réglementations qui ne feraient que détériorer notre économie.
De même, la dérogation concernant l’Union monétaire n’est que poudre aux yeux. Effectivement, elle ne touche que la dernière phase, sans nous dispenser des deux premières. On peut discuter des limites que les deux premières étapes imposent à notre liberté économique, mais il est sûr que ce n’est absolument pas négligeable. Les États membres sont censés considérer leur « politique économique comme une question d’intérêt commun ». Des recommandations sont émises par la Commission et le Conseil européen, et l’on incite les États membres à s’y soumettre par le biais d’une « surveillance multilatérale ». La Commission a donc le pouvoir de contrôler les déficits du secteur public des États membres et de prendre des mesures contre l’État concerné si elle juge le déficit « excessif ». Pendant la deuxième phase de l’Union monétaire, les États membres devront se préparer à l’indépendance de leur Banque centrale (comme le Royaume-Uni l’a déjà fait) et adopter des « programmes pluriannuels destinés à assurer la convergence nécessaire à la réalisation de l’Union économique et monétaire ».
Enfin, les membres sont incités à traiter leur « politique de change comme un problème d’intérêt commun ». On peut craindre que d’autres États membres et les institutions européennes n’interprètent cela comme une obligation imposée à la Grande-Bretagne de rejoindre le mécanisme de change du SME et de soumettre à nouveau sa politique monétaire au maintien d’une parité extérieure. Bien que l’explosion du SME de 1992 rende la perspective de l’Union monétaire plus incertaine qu’au moment de la signature du traité, l’élargissement à 15 % de la marge de fluctuation du SME pourrait être interprété comme étant la marge normale satisfaisant aux prétendus « critères de convergence ». Cela permettrait à un noyau d’États membres d’entrer dans la phase 3 avec un retard limité par rapport au programme initial. Et le problème fondamental de la dérogation britannique reste inchangé. Une fois qu’un noyau aura atteint la phase 3 et adopté l’Écu, la Grande-Bretagne subira des pressions (qui finiront par devenir obligations) pour qu’elle maintienne la parité de la livre avec l’Écu, en accord avec ses obligations de la phase 2, et pour qu’elle se conforme ainsi aux taux d’intérêt de la monnaie européenne. Et si certains États membres adoptent une Union monétaire totale, les Britanniques n’auront aucun siège au Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne qui fixera les taux d’inté- rêt que nous serons censés respecter. La tentation sera donc forte d’aller jusqu’au bout et de rejoindre l’Union monétaire. Le traité de Maastricht est très clair sur ce point, la phase 3 sera « irréversible », ce qui signifie que, sous la loi communautaire du moins, nous n’aurons pas le droit de faire marche arrière et d’émettre à nouveau des livres. Ce serait une perte de souveraineté fondamentale qui marquerait une étape décisive dans notre soumission à un super-État européen.
Ceux qui affirment que cela ne se produira jamais, parce que l’explosion du mécanisme du SME a prouvé l’absurdité des taux de change fixes dans un monde turbulent, négligent deux considérations d’importance. Tout d’abord, le mouvement historique qui tend vers une accélération des démarches fédéralistes en Europe prouve que les européanistes ne se laisseront pas dissuader par les circonstances. En fait, chaque échec les pousse à aller plus loin et plus vite vers cette conclusion irrévocable. Ensuite, il serait possible d’éviter une grande part de l’instabilité due à la spéculation sur les monnaies qui a mené à la rupture du SME en allant directement vers des taux fixes et une monnaie unique. Bien sûr, pour les pays les plus défavorisés, les conséquences seraient encore plus dramatiques que celles résultant des monnaies surévaluées du SME. Il s’ensuivrait de grandes variations régionales dans l’activité économique, un déclin industriel et une montée du chômage à la périphérie qui, à terme, mèneraient à une vague d’immigration.
Mais il faut être naïf pour s’imaginer que de telles conséquences seraient considérées comme une raison suffisante pour renoncer à l’aventure. Effectivement, une issue aussi heureuse reposerait sur le sens des responsabilités des États. Mais les institutions politiques nationales perdent peu à peu leur pouvoir au profit d’institutions européennes centralisées, sur lesquelles il n’existe aucun contrôle démocratique véritable. De toute façon, s’il faut compter sur des circonstances défavorables, échappant à tout contrôle, pour défendre les intérêts nationaux à long terme à notre place, cela revient à une véritable abdication du pouvoir politique.
Mes réticences face à Maastricht se justifiaient au moins autant par les risques que le traité faisait courir sur le plan international que sur le plan national. Si, lors de mon discours de Bruges en 1988, j’avais surtout parlé de la force des traditions et des institutions britanniques, je m’inquiétais également des conséquences du traité sur les autres pays d’Europe et sur le monde. Finalement, c’est aux Allemands, aux Français, aux Italiens et aux autres de décider quelles relations politiques et éco- nomiques ils veulent entretenir. Mais celui qui ne tire pas la sonnette d’alarme en voyant de grands pays courir au désastre est un irresponsable, doublé d’un mauvais européen. Il serait absurde que l’Allemagne renonce au Deutschmark ; absurde que la France joue indéfiniment les faire-valoir pour son voisin d’outre-Rhin plus puissant ; absurde que l’Italie abandonne des réformes politiques nécessaires en cherchant des solutions dans l’Europe ; absurde que l’Espagne, le Portugal, la Grèce et l’Irlande renoncent à exploiter leurs faibles coûts salariaux en échange de quelques subventions allemandes ; absurde que les Scandinaves exportent leurs charges sociales élevées dans les autres pays d’Europe, au lieu de les réduire. Quant aux anciens pays communistes d’Europe centrale et d’Europe de l’Est, comment peut-on espérer qu’ils se redressent avec le régime exorbitant que les politiques sociale et monétaire de la Communauté leur imposeront ? Il est difficile de les imaginer autrement que comme les parents pauvres d’une Union européenne à la Delors. Pour les membres de l’Union, donc, une telle politique condamne au déclin économique. Pour les voisins de celle-ci, c’est une menace d’instabilité. Pour le reste du monde, c’est un élan vers le protectionnisme. Ce traité de Maastricht, qui fait peser de telles menaces, n’eut même pas l’effet escompté : ressouder le parti conservateur. Effectivement, au Parlement comme dans tout le pays, il a provoqué une rupture au sein du parti tory et a miné la cohésion du gouvernement. La stratégie — dont Maastricht faisait partie —, consistant à prouver à nos partenaires que la Grande-Bretagne voulait être « au cœur de l’Europe », a directement conduit à une récession inutile, provoquée par le maintien obstiné d’une parité insoutenable de la livre au sein du SME. Notre départ humiliant du Système causa d’autres torts au parti tory. Et tous les problèmes fondamentaux se poseront à nouveau à l’approche de la conférence intergouvernementale de 1996.
Pour moi, tout cela était déjà assez clair en novembre 1991 et, avant même de connaître tous les détails du traité, je savais que je devrais m’y opposer bec et ongles. Pour les raisons que j’ai soulignées, c’était beaucoup plus gênant si je restais à la Chambre. De plus, il semblait que les élections législatives, quand elles auraient lieu, seraient loin de nous apporter la vaste majorité de 1987. Il me serait donc plus difficile de m’exprimer et de voter comme je l’entendais. En tout état de cause, bien qu’ayant repris ma place sur le banc des députés que j’avais occupé vingt-cinq ans plus tôt — et que j’avais énormément apprécié à l’époque —, je me sentais mal à l’aise. Être député vous procure l’avantage de parler librement, mais pour moi, cela ne serait jamais plus possible. Le moindre de mes mots serait interprété comme un soutien ou une opposition à John Major. Ma seule présence lui porterait ombrage, et cela me porterait ombrage à mon tour. Je décidai donc de démissionner de mon poste de député de Finchley et acceptai d’être nommée pair à vie et de siéger à la Chambre des lords.
Margaret Thatcher, Les Chemins du pouvoir, Mémoires, II, Albin-Michel, p. 450-454.
(Je dédie spécialement ce texte à tous les crétins libéraux en chambre que compte le camp des délirants ou fatalistes européistes. Smack.)
Étiquetté : Europe, Fer, Thatcher, ThatcherismeL’Allemagne paiera ?
Economie — Article écrit par Nicolas le 24 janvier 2012 à 22 h 29 minL’Allemagne paiera ?
Non. L’Allemagne ne paye jamais autant qu’on croit, si nos abrutis de politiciens et d’inspecteurs des finances qui nous amènent dans le mur depuis quarante ans en s’en mettant plein les fouilles savaient apprendre quoi que ce soit, c’est bien ça que le vingtième siècle aurait dû leur apprendre.
Savez-vous à quel taux a emprunté le Portugal ces jours derniers ? Non ? Allez… 14% rien de moins.
Mettez-vous à la place des prêteurs : les États sociaux-européens, toujours prêts à faire payer les autres pour leurs idioties démocratiques et sozial-démagogiques, sont en train d’obliger les banques à abandonner volontairement une partie de la dette grecque. Pourquoi volontairement ? pour que ne s’activent pas les CDS sur cette même dette. Ces CDS sont des produits financiers, des sortes d’assurances prises pour se garantir du défaut d’un État pour le dire simplement. En l’occurence la Grèce. Ils s’activent en cas de défaut. Or le défaut n’est pas déclaré si l’abandon de créances par le créancier est volontaire.
D’ailleurs qui paierait ces CDS ? ils font partie de produits obscurs, vendus et renvendus, mis dans des pots communs opaques, et au final personne ne sait très bien ni qui paierait ces sortes d’assurances en cas de défaut grec ni même sans doute qui les encaisserait, les détenteurs actuels n’étant peut-être pas exactement ceux qui ont prêté à la Grèce, du moins en termes de proportions il n’y aurait peut-être pas de rapport entre la perte et son assurance. Dette et CDS sur celle-ci forment une sorte de jeu de la patate chaude très amusant, d’autant que personne ne sait quand la patate explosera. Mais on sait qu’elle explosera d’une manière ou d’une autre. Et il y en a pour un paquet de milliards rien que pour la Grèce. Et autant pour le Portugal, et plus pour l’Espagne, et encore plus pour l’Italie. Pour la France je ne vous raconte même pas. Faire bouffer pendant des années des ronds de carotte bio et décroissante à tous les Français — et des petits ronds — en leur volant tout le produit de leur travail — au lieu de la moitié actuellement — cela suffirait à peine à payer ces CDS. Autant dire que si vous attendez que l’État renfloue les banques sur ce coup là, vous êtes marrons. Non par manque d’envie des Hommes de l’État, de leurs copains de promo banquiers et de leurs parasites sociaux de tout voler en vous mettant au régime ronds de carotte, notez-le bien, mais simplement parce qu’il y a un point au-delà duquel ils se feront pendre.
Qui donc prêtera à un État européen en demi-faillite s’il est ainsi démontré avec la Grèce qu’on peut simplement perdre des milliards par un jeu de passe passe et de pressions entre États et gangs de prêteurs, aboutissant à un défaut « volontaire ». Ironiquement, ce qui est censé sauver la zone Euro, l’absence de défaut grec, est donc aussi ce qui pourrait la tuer le plus sûrement. D’ailleurs qui va etre désigné volontaire sinon les banques européennes principalement ? Banques qu’il faudra faire renflouer par le contribuable, via l’impôt, l’emprunt forcé ou l’inflation la hausse des prix ? tout ça n’a aucun sens sinon essayer de tenir encore un peu, jusqu’aux élections et le temps de voler les fonds de tiroir qui restent pour nos amis X-Ena de Bercy et d’autres ministères.
En admettant même qu’il y en ait quelques-uns sincères dans le tas, les Daubresse, Robien, Arthuis et tous ceux qui servent habituellement d’exemples de probité aux débats télévisés pour couvrir les turpitudes et les vols de leurs petits camarades, on ne peut guère conclure qu’à leur incompétence. Ou à leur compétence dans un ordre — comptabilité publique, passe-passe euro-bruxellois, droit public, notes de synthèse diverses, magouilles avec la BCE pour imprimer des billets — qui ne sert à rien devant ce simple fait que nous sommes arrivés au point ou pour s’en sortir il ne faudrait ni parlotter, ni voter des lois, ni faire des débats obscurs devant le Conseil d’État, ni faire des sommets européens qui n’aboutissent jamais à rien, mais mettre du cash sur la table pour rassurer. Or du cash, ils n’en ont plus. Fini. Rasibus. Et n’ont à peu près aucun espoir d’en récupérer un peu où que ce soit, du moins du cash de bon aloi. (1)
Vous prêteriez à M. Pereira si vous aviez pris une assurance contre le non-remboursement du prêt que vous avez accordé auparavant à M. Patropoulos et si cette assurance se révélait finalement inopérante ?… Oui, vous lui prêteriez peut-être. Mais à 14, 24 ou 34%, manière de compenser par le gain espéré le risque devenu hors de contrôle. Et vous ne lui prêteriez sans doute pas beaucoup de l’argent que vous avez de disponible. Sauf bien entendu si vous êtes une pétromonarchie et que l’argent ne vous coûte rien mais que vous espérez qu’en échange on vous autorisera à construire plus de mosquées, ou encore si vous êtes une mafia et qu’il s’agit de blanchir votre argent, même en n’en récupérant que moins de la moitié, ce qui est toujours mieux que des billets inutilisables entassés à pourrir ou geler sur des palettes au fond de la Russie, de la Thaïlande, de la Chine ou de la Colombie.
Et puis madame Lagarde nous le dit du haut de son FMI (qui entre parenthèses doit lui aussi être sauvé financièrement, sauver le sauveur, la bonne blague) : un défaut grec est « inenvisageable ». Et ça ça ne manque jamais avec Lagarde : ce qu’elle déclare inenvisageable ou impossible ou inacceptable, ça arrive dans les deux semaines ou dans le mois qui suit. Ça ne rate presque jamais. Je ne me souviens pas que ça ait raté en tout cas quand elle était ministre de l’Économie et des Finances à Paris, comme le Père Ubu.
Un autre clown c’est Bayrou, dont je viens de lire qu’il a déclaré qu’il fallait « faire comme en 1958 ». Il a sans doute voulu faire une formule, c’est tout, mais faisons un instant semblant que M. Bayrou pense et dise des choses qui ont un sens. Alors, s’il pense au plan Rueff, il est un peu tard pour ça. Et ça demanderait d’ailleurs de sortir de l’Euro, ce que Bayrou refuse. Et on connaît d’ailleurs assez nos politiques pour savoir qu’ils ne s’arrêteraient pas à une seule dévaluation : on y aurait droit tous les deux ans, ruinant toute épargne et donc toute richesse au profit de leur petite réélection dans cinq ans au plus. Eh oui, n’oubliez pas, République, démocratie, opinion, barrage au populisme, conscience universelle, toutes ces conneries désespérantes que répètent en boucle Sarkozy et Hollande chez les journalistes…
S’il pense à autre chose, notre inénarrable patron du Modem, il faut peut-être qu’il s’avise d’une chose, le candidat à l’élection présidentielle dont-j’ai-perdu-le-quantième de la 5e république : 1958, ça a été d’abord un changement de régime, pas un changement de clown sur la piste… On n’a pas seulement remplacé Pflimlin par De Gaulle en 1958.
Je le redis : quand ce qui est nécessaire est impossible et quand ce qui est possible est inutile, tout ira jusqu’à son terme naturel. Accrochez-vous à vos gencives.
(1) Quant à la variante qui consisterait à mettre ses couilles sur la table au lieu du cash, on peut rêver. Car les couilles politiques, c’est-à-dire quelques avions et quelques chars et aller casser la gueule aux arabes pour leur piquer leur pétrole et leurs réserves de pétro-dollars immoralement entassées, nous n’en avons ni les moyens financiers, ni les moyens moraux, embourbés que nous sommes à la fois dans la pensée de l’assistanat qui coûte cher et dans l’antiracisme collant qui paralyse. (Retour au texte.)
Étiquetté : Bayrou, dette, Europe, klaxon, Lagarde, murPlus de munitions ?
Economie — Article écrit par Nicolas le 12 septembre 2011 à 11 h 22 minDenis Kessler, ancien d’extrême gauche devenu patron de l’une des grandes sociétés de réassurance mondiales, idéologue du Medef, trouve que l’on s’est trompé en faisant de la relance keynésienne « classique ». Tout arrive, même que les abrutis les plus complets voient la lumière. D’un œil du moins, car on ne comprend pas très bien en lisant ses déclarations s’il ne voudrait pas une politique keynésienne encore plus ambitieuse, donc encore plus désastreuse et destructrice de richesses. Même le couteau sous la gorge, ils n’avoueront jamais que Keynes était un sale con et que ses théories sont d’atroces idioties qui appauvrissent les peuples et n’enrichissent guère que les politiques qui se font élire en promettant que les multiplicateurs multiplieront comme par magie. Car le Keynésianisme c’est la croyance en la magie, ni plus ni moins. La richesse y apparaît sans qu’on ait besoin de la produire, la dette y devient de la richesse, la monnaie y devient de la dette, passez muscade, le vol légal qu’est l’impôt y devient moral et l’or s’y fait « relique barbare ». Pas de chance pour cet idiot de Keynes, la relique barbare est le seul actif AAA depuis la nuit des temps, la seule monnaie qui ne soit une dette pour personne. Et quand les hommes de l’État font du keynésianisme pour essayer de faire perdurer leur ignoble État providence social-démocrate (dont l’existence même est la seule cause pour laquelle nous sommes tant endettés), l’or est le seul moyen de sauvegarder la richesse durement acquise loin des mains avides des politiques et des fonctionnaires. Ah petits actionnaires prudents, ah épargnants égoïstes, ah mauvais esprits qui refuserez bientôt le papier encré par maman banque centrale et papa État, vous ne méritiez pas John Maynard Keynes.
Hayek contre Keynes – VOSTfr par Liberte_Cherie
Il y a des moments comme ça où tout conspire à la clarté : Kessler se découvre, les allemands s’enfuient discrètement de la BCE, le passe-passe keynésien n’opère plus, les monnaies imposées par une technostructure bruxelloise finissent par passer pour ce qu’elles sont, et jusqu’au gros Bertrand qui à Nice hier vantait notre modèle social et économique français à nous qui est le-meilleur-du-monde™. Sans rire, l’essentiel c’est d’en convaincre l’électeur, ce con.
Plus de munitions donc. Pratiquement qu’est-ce que ça veut dire, en dehors du fait que le CAC40 est en route pour les 2600, en attendant pire ?
D’abord qu’il va falloir en trouver. Vous ne croyez quand même pas qu’ils vont renoncer comme ça à leur gagne-pain ? et que le bon peuple va renoncer à ces sophismes économiques qui désespéraient déjà Bastiat quand il remarquait qu’il n’y a aucun moyen d’en détromper un troupeau d’abrutis ? Il y a deux moyens classiques de trouver de l’argent frais à mettre sur la table pour rassurer un peu les créanciers de notre si beau pays où tout marche si bien qu’il ne faut surtout rien y changer, hein. « Modèle » qu’on vous dit. Le premier consiste à tailler dans les dépenses. De préférence à la hache plutôt qu’au rabot et dans les dépenses sociales et assimilées, les seules où les montants soient significatifs : éducation nationale (le quart du budget de l’État pour des résultats toujours plus mauvais), sécurité sociale, assurance vieillesse, aides diverses, argent-bwagette, subventions aux associations, politique de la ville, subventions diverses aux artistes manqués, etc. Cette politique là est quasi impossible en période électorale dans nos belles démocraties d’opinion. Même avec l’aide du personnel médiatique dont l’endogamie avec le pouvoir est chaque jour un peu plus manifeste, ça ne passerait pas. Il y aurait bien quelques mesures à prendre pour pouvoir retrouver une politique raisonnable mais elles sont si extrêmes et si peu « républicaines » qu’on ne peut hélas pas compter dessus : report des élections par consensus politique, fomentation d’émeutes gravissimes qui justifieraient là aussi une absence d’élections en 2012 pour appliquer une politique d’économies drastiques, guerre cyniquement déclenchée par exemple contre ces salauds de Suisses qui sont scandaleusement prospères… Donc la voie des économies significatives, celles qui feraient mal à l’électeur, est fermée. Et elle l’est pour longtemps en quinquennat.
L’autre moyen classique est la taxation. Prendre plus pour dépenser autant en gaspillant la différence. Mais les marges sont faibles et la loi de Laffer existe : au delà d’un certain point, taxer plus c’est avoir moins de rentrées fiscales car les gens les plus honnêtes se mettent à frauder quand il s’agit de pouvoir manger et se loger. D’ailleurs la récente tentative du gouvernement de taxer plus s’est soldée par le fait risible que la France espère rembourser ses dettes — ou disons du moins ne pas trop les alourdir — en taxant les sodas… l’année prochaine. Si nous avions une presse libre l’éclat de rire aurait été général et aurait caramélisé pour longtemps le tout petit argentier qu’est M. Baroin.
Alors ? alors il reste deux moyens tout aussi classiques, mais qu’on croyait oubliés.
Le premier c’est le vol pur et simple. Il y a en France un magot qui s’appelle l’assurance-vie. Les hommes de l’État lorgnent depuis logtemps dessus, et pourraient par exemple décider d’un système où cet argent serait prêté à l’État au taux d’inflation officiel, qui est ridicule et mensonger, avec impossibilité de sortir avant une certaine échéance, d’ailleurs renouvelable par simple vote budgétaire. C’est sans doute la solution que sont en train d’imaginer les tristes gens qui font chez nous figure d’orthodoxes budgétaires et dont le prototype est M. Arthuis, lequel n’est pas expert-comptable pour rien et n’est jamais si content que quand il peut faire moins d’un côté et plus de l’autre sans s’interroger plus que ça. Il paraît néanmoins difficile de faire ce coup-là avant les élections, même au prétexte de sauver en même temps l’Euro, la République, les valeurs de la conscience universelle et les principes sacrés de 89 et du CNR réunis. Toute l’artillerie des flonflons et de la quincaille nationale, républicaine, solidaire, antiraciste et sociale n’y suffirait pas.
Le deuxième c’est la banqueroute par la monnaie et l’inflation. Mais il y a un hic : l’Allemagne, qui ne paie jamais tant qu’on croit, et qui commence de toute évidence à songer à une sortie de cet euro qui revient à utiliser ce qui lui reste de capacité d’emprunt au profit des autres plutôt qu’à son profit à elle.
Parenthèse : signalons en passant au ridicule, imberbe et incompétent petit Baroin qu’il a dit une grosse bêtise en prétendant il y a quelques jours que l’Allemagne « n’était pas endetté ». Deux mille milliards d’euros à la louche. Simplement l’Allemagne arrive encore à emprunter à taux bas pour faire rouler cette dette en en payant les intérêts.
Le seul scénario probable, et il faut s’en réjouir, est donc une destruction de la monnaie d’occupation bruxelloise qui nous fut imposée jadis par François Mitterrand en exhibant son cancer de la prostate à la télé. Après, il faudra vous accrocher.
Étiquetté : comptes, euro, Europe, faillite, Kessler, SozialLa vengeance de nonoeil
Actu, Mutation, Vidéo — Article écrit par Vae Victis le 7 juillet 2010 à 14 h 29 minIntervention de Le Pen au parlement européen courant 2008. Suivi de la réaction de Sarkozy qui enterrait définitivement le Front National sous les gloussements de Cohn Bendit. A peine deux ans plus tard, Sarkozy aux abois, empêtré dans les affaires politico-financières, se sépare en catastrophe de deux de ses ministres pour tenter de faire diversion de l’affaire Woertz, qui devient de plus en plus au fil du temps l’affaire Sarkozy.
Vengeance des banquiers suisses aussi, qui prennent plaisir à rappeler que Mme Woertz vit presque à domicile dans la Confédération pour gérer les affaires de la famille Bettencourt, et dont on apprend que le nom comptait parmi les 3000 pratiquant l’évasion fiscale. Seulement trois ans et la merde pleut déjà dru sur le président, si sûr de lui-même il y a encore peu.
L’Euro, le FN et Don Juan
Economie, Mutation — Article écrit par Nicolas le 6 juin 2010 à 19 h 28 minL’Euro est mort.
Disons qu’il râle. Ce n’est certes pas moi qui vais pleurer sur la probable disparition à horizon devenu visible (cinq ans, peut-être) de la monnaie unique, engloutée dans le trou des dettes dont gouvernement comme opposition nous promettent en vain qu’en France elles n’auront pas de fin et qu’on pourra les supporter en modifiant deux ans de retraite ici et trois pour-cent de dépenses là ; je n’ai jamais aimé ce rouble Deloriste qui a pu faire croire pendant quelques années qu’il avait réussi, cette monnaie improbable dont le destin était tout tracé et je ne verserai même pas une petite larme sur cette idée européenne qui était sans doute la bonne idée du siècle avant-dernier. D’ailleurs elle y avait foiré aussi, sous les traits de l’Union latine, dont l’agonie très lente préfigure peut-être le seul avenir possible de l’Euro sous forme de monnaie commune que nous traînerions comme un boulet inutile pendant encore plusieurs décennies.
Ayons au passage une pensée contrite pour tous ceux qui ont longtemps cru que la monnaie unique serait vraiment et durablement indépendante des hommes de l’État ou que la construction européenne nous sauverait malgré nous de nos démons dirigistes et particularistes français : l’alliance de Sarkozy voulant sauver la BNP de ses dettes pourries grecques et de Geithner — qui sait que le répit dont jouit le dollar ne repose que sur la déconfiture d’autres monnaies avant lui — aura été fatale à leurs espoirs en faisant céder en partie le chancelier d’Allemagne.
Or un ami me fait remarquer ces temps-ci l’assourdissant silence — comme on dit — du Front national sur la question monétaire.
Est-ce si étonnant ?
Car, à la croisée des chemins, quelles sont les deux directions possibles ?
La première consisterait à revenir à une monnaie nationale « souverainiste », porte ouverte à tous les tripatouillages monétaires qui permettraient non plus de demander quelques minutes de sursis au bourreau-spéculateur, mais de faire en sorte que le bourreau soit national, ait les alibis de l’État — alibis auxquels les Français-gogos désinformés depuis l’enfance par l’Éducation nationale et la télévision publique sont si sensibles habituellement — et qu’il ne tranche qu’un peu de chair à la fois, avec des instruments divers : petits coups de la lame rouillée de la dévalutation, autres coups d’un canif plus acéré appelé fiscalité, un grand coup de la scie à viande des prélèvements sociaux, après qu’elle ait joué l’air de la solidarité avec ce son nasillard qui caractérise cet instrument guère symphonique. Bref il s’agirait de rendre son influence à la nation sur la monnaie, et la nation se réduisant à ses élus, à ses fonctionaires, à ses syndicalistes, bref à ceux qui ont intérêt à pressurer le peuple de manière plus indolore pour sauvegarder leurs avantages personnels et ainsi se faire indéfiniment élire ou nommer, on imagine que les choses ne s’amélioreront guère : tout au plus la ruine sera-t-elle mieux acceptée avec une résignation faite de bons sentiments généreux et beaucoup de cette supériorité morale supposée dont nous sommes si peu avares. Monsieur Attali expliquera tout ça très bien chez Guillaume Durand, à moins que ce ne soit M. Minc chez Marie Drucker, ils sont tous payés précisément pour ça.
La deuxième voie consisterait à profiter de la capilotade européenne non pour retourner en arrière, mais pour aller de l’avant, pour décidément couper radicalement et définitivement la monnaie de l’intervention publique. L’étalon-or ? pas même, car les hommes de l’État savent très bien organiser le « manque d’or » plutôt que le manque de monnaie de papier, ce qui rend les crises de liquidités à peine plus rares et moins dévastatrices. Il s’agirait d’aller vers l’or monétaire, vers le paiement exprimé en grammes d’or.
Techniquement rien ne s’y oppose : on sait très bien garder des barres de bonne livraison qui ne sortent jamais du système bancaire, les auditer, les identifier, et en exprimer la propriété en grammes attribués à tout instant à monsieur X ou madame Y. Cela sans aucune intervention autre que celle nécessaire à faire respecter les contrats devant l’autorité judiciaire, qui pourrait d’ailleurs être arbitrale. Ni ministre, ni parlementaire, ni inspecteur du Trésor, ni syndicaliste co-gérant ne sont nécessaires pour cela. Que vous ayez un certain nombre de grammes d’or à votre disposition sur votre carte bancaire plutôt qu’un certain montant en monnaie monopolistique émise par la banque centrale ne présente pas de problèmes techniques insurmontables. Et l’or a un avantage énorme : l’Etat ne peut pas, même s’il le voulait, même s’il le décrétait, même après un vote solennel des deux assemblées, même au nom de la conscience universelle, des Droits de l’Homme et de toutes les autres conneries du même ordre, l’État ne peut pas imprimer d’or pour financer ses dépenses sur le dos des autres. Ni se livrer à des opérations complexes qui reviendraient au même.
Notons que cela permettrait en outre de se passer de toute banque centrale et de mettre un certain nombre de fonctionnaires inutiles et fort coûteux au chômage, car il n’y a pas de petites économies.
Le Front national, qui a pour lui d’avoir toujours été contre l’Euro je crois, même si ce n’était pas toujours pour de bonnes raisons, peut-il prôner la première solution ? évidemment non, puisqu’il se retrouverait à la prôner, d’ici quelques temps, avec tout le reste de la classe politique. Et en attendant se retrouverait, là comme ailleurs, à peu de choses près sur les mêmes positions économiques que l’inénarrable Robespierre de banlieue qu’est Mélenchon ou dans les mêmes manifestations que le petit facteur. Ce qui je crois ne le dérangerait pas trop. Mais il suffirait d’une volte-face, et elle paraît inévitable, du gouvernement et de l’UMP pour que Copé, Sarkozy et autres Fillon se retrouvent sur la même position et autrement plus crédibles — si l’on ose employer le mot, disons moins fantaisistes d’apparence — que le clown Martinez.
Le Front national peut-il pour autant prôner la deuxième voie ? Il faudrait pour cela que le FN retrouve des accents qu’il a perdus depuis longtemps, quand il réclamait la suppression de l’impôt sur le revenu par exemple. Toute une rhétorique qu’il s’est laissée imposer par la gauche est entre temps passée par là, et un certain nombre d’opérations de communication aussi, pas malhabiles d’ailleurs, mais dont le vice était de conquérir pour électorat une classe ouvrière qui n’existe simplement plus. Surtout il lui faudrait renoncer à une vision dirigiste de l’économie, à cette idée que si on organise les choses d’en haut, elles seront mieux faites que si on les laisse faire par ceux qui ont intérêt à les faire. Enfin, et ce serait peut-être le plus difficile, il lui faudrait battre en brêche les conceptions aberrantes et quasi religieuses, dévotes dira-t-on, de certains militants, pas les plus nombreux, mais incontestablement les plus remuants et visibles, qui sont persuadés que quelque part de méchants spéculateurs apatrides parient contre la Grèce en attendant de parier contre la France. Alors que la vérité est bien plus simple : si la Grèce en est là, ce n’est pas parce que de méchants spéculateurs ont décidé de la mettre à genoux, mais bien parce qu’elle ne peut pas rembourser ses dettes. Comme ce sera demain le cas de la France, de manière inéluctable, à moins que deux et ceux ne cessent de faire quatre.
Or,
Je crois que deux et deux sont quatre Sganarelle…
vérité que les dévôts ont toujours du mal à admettre, tant ils sont prompts à croire que leur supériorité morale supposée peut tenir lieu d’arithmétique.
Il est des partis dévôts plus ou moins évidents, celui, économique, qui va de Mélenchon à Le Pen n’est pas celui auquel on pense en premier mais il est assurément l’un des plus désastreux et par les absurdes illusions qu’il entretient comme un fond de commerce inlassablement fécond fondé sur l’ignorance, et par les alliances avec d’autres dévôts qu’il ambitionne plus ou moins ouvertement et auxquelles il sera conduit plus ou moins consciemment.
Étiquetté : droite, euro, Europe, FN, gauche
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