Étiquetté ‘euro’
Reprenons
Economie — Article écrit par Nicolas le 18 janvier 2012 à 15 h 17 minJ’aimais bien les gens de chez Moneyweek, qui se retrouvent maintenant pour l’essentiel chez Agora. Ils ont plutôt souvent raison, ce qui est tout ce qu’on leur demande. Cela vient sans doute du fait qu’ils ont plus recours au simple raisonnement logique que les abrutis béats de certaines lettres dites confidentielles liées à de grand magazines économiques. Leur pensée est plus « autrichienne », plus philosophique. Avec cette particularité de la pensée philosophique qu’il est toujours amusant et instructif de la pousser jusqu’à son terme pour éclairer la question.
Aussi j’aime bien prendre Simone en défaut de timidité, ce qui n’arrive pas très souvent. Surtout si ça permet de revenir sur cette histoire de rendement négatif de la dette allemande.
« Comment expliquer que des investisseurs acceptent de prêter de l’argent avec un rendement réel négatif, en d’autres termes qu’ils acceptent de payer pour qu’on garde leur argent ? Parce qu’ils ont peur d’en perdre partout ailleurs ! »
J’étais prêt à m’arrêter fermement à la même conclusion voilà deux jours. Puis XP et l’un de nos estimés commentateurs m’ont fait réfléchir un peu au delà de ma formulation volontairement simpliste par souci didactique.
D’abord on peut toujours investir ailleurs sans perdre d’argent, avec la quasi-certitude de gratter quelque chose en intérêt. Les coupes de bois, la vente d’eau potable, les matières premières bien suivies, certains services informatiques maintenant incontournables… Puis nous parlons de qui ? pas de Madame Michu. Madame Michu elle a un livret A et deux Napoléons qui lui viennent de ses parents dans la petite boîte qu’elle cache sous la cheminée. Nous parlons de grandes institutions financières, qui savent toujours gagner un minimum d’argent, quel que soit le marché. Elles peuvent certes en perdre, parfois beaucoup, mais en gros, si vous leur confiez cent millions et que vous voulez en toute certitude les revoir dans six mois ou un an avec un petit intérêt, elles sauront faire. Pour une telle somme, elles sauront même isoler ça pour vous d’autres risques qu’elles sauraient courir. Les risques de change elles savent faire et neutraliser aussi. A fortiori savent-elles faire tout ça pour elles-mêmes. Pourquoi donc vont elles mettre de l’argent – le bon cash qui est king devient somme toute rare – dans la dette allemande à un rendement négatif ?
Il me semble que ça s’éclaire si on va un pas plus loin. Elles n’ont pas peur de perdre de l’argent, ces institutions qui ont acheté de la dette allemande plus cher que cela ne leur sera remboursé. Elles savent qu’elles en gagneront. Ou plutôt qu’elles pourraient en gagner et dans les stratégies compliquées qu’elles mettent plus que jamais en place pour couvrir chaque investissement par d’autres, ça a joué.
Sur quoi comptent-elles donc ? pas de manière certaine, mais comme une possibilité qu’elles ne peuvent négliger et qu’elles n’ont pas négligé ? Il y a une seule réponse. Elles pensent qu’elles pourraient être remboursées en néo-Deutsche-Marks de ce qu’elles ont prêté en euros (en fait, de ce qu’elles ont payé en euros, c’est pour ça que les rendements négatifs sont possibles sur le marché primaire : récemment l’Allemagne a décidé de ne plus adjuger ses obligations en taux, mais en prix, si on paye plus de 100 euros pour 100 euros qu’on se fera rembourser au terme, ça fait bien un rendement négatif). Ou encore elles imaginent qu’elles pourraient être remboursées en super-Euro réapprécié, ce qui revient au même si les pays à problèmes sortaient de l’union monétaire et si l’Euro devenait la monnaie de l’Allemagne, de ses arrière-cours et de l’Europe du Nord.
Autrement dit, elles croient que dans six mois ou un an, ou un an et demi (elles peuvent refaire le coup plusieurs fois tant que ça n’écorne pas trop le gain espéré) l’Euro tel qu’il existe pourrait avoir disparu.
Ce n’est sans doute ni certain ni évident. Mais c’est assez probable pour que des gens compétents l’aient calculé et aient misé là dessus, ensemble, plusieurs milliards d’euros.
Et là, ce qui prend un certain relief, c’est une information que j’ai fugitivement vue il y a quelques jours, sans y apporter beaucoup d’attention sur le moment. Le gouvernement Allemand (c’était une déclaration d’Angela Merkel elle-même si je ne m’abuse) envisagerait d’interdire aux banques et assurances qui ont souscrit des emprunts d’État allemands de les revendre. Elles devraient les garder jusqu’à se faire rembourser comme prévu.
Imaginez que vous déteniez une créance en euros sur l’État allemand. Une créance ancienne. Vous pourriez faire le coup de la revendre comme l’État allemand a placé ses obligations à rendement négatif récemment : en vendant un prix supérieur à la valeur où l’obligation devra être remboursée. Vous vendez par exemple 101 euros une créance sur l’État allemand qui sera remboursée 100 à son terme. Vous feriez une bonne affaire, certes. Mais peut-être pas aussi bonne que celui qui vous l’achètera 101 euros pour être remboursé 100 néo-Deutsche-Marks.
Le but de l’interdiction serait pour le gouvernement allemand d’empêcher certaines banques de se gaver trop ouvertement, ce qui ferait désordre en ce moment. La crainte de voir surtout des banques étrangères profiter de ce mécanisme alors que certaines banques allemandes sont un peu courtes et seraient tentées de brader pourrait sans doute jouer aussi. Enfin préparer une sortie un minimum en ordre de l’euro actuel ne pourrait se faire qu’assez discrètement, donc sans que ces histoires de rendements négatif ne se généralisent sur le marché secondaire, pour éviter une panique bancaire générale en Europe (comme le craint ouvertement le Foreign Office d’après le Daily Telegraph).
Mais stop, considérons un instant les choses. Car là nous ne parlerions plus du pari de quelques institutions financières, certes compétentes, mais qui ne représentent qu’elles-mêmes, et de leurs stratégies compliquées où ce ne serait qu’un élément pris en compte pour sa probabilité au milieu d’autres. Nous parlerions de ce que le gouvernement allemand considérerait possible un tel scénario. Suffisamment pour imaginer des mesures politiques préventives et pour y préparer les marchés, le ballon d’essai de Merkel ayant été sans publicité particulière, mais ouvertement lancé.
Certes je mets tout cela au conditionnel pour ne pas trop passer pour un con si cela se révèle une simple spéculation sans début de réalisation. Mais quand les choses s’emboîtent, elles s’emboîtent.
Enfin on peut remarquer au passage que les gens qui n’avaient pas compris en quoi les monnaies fiduciaires sont en fait ni plus ni moins que de la dette sur les États, essentiellement différente d’une monnaie métallique ou garantie par du métal, ont là une application grandeur nature qui devrait les éclairer.
(Et les pauvres banquiers direz-vous ? ainsi brimés ? Rassurez-vous, l’Allemagne, pour être un peu moins mal gérée et un peu moins destructrice de richesse que la France, est aussi une démocratie d’opinion où l’argent détermine l’élection. Je suis prêt à parier que les banquiers rachèteront le droit de se gaver en finançant généreusement les trois grands partis politiques allemands…)
Étiquetté : banksters, dette, euro, monnaiePlus de munitions ?
Economie — Article écrit par Nicolas le 12 septembre 2011 à 11 h 22 minDenis Kessler, ancien d’extrême gauche devenu patron de l’une des grandes sociétés de réassurance mondiales, idéologue du Medef, trouve que l’on s’est trompé en faisant de la relance keynésienne « classique ». Tout arrive, même que les abrutis les plus complets voient la lumière. D’un œil du moins, car on ne comprend pas très bien en lisant ses déclarations s’il ne voudrait pas une politique keynésienne encore plus ambitieuse, donc encore plus désastreuse et destructrice de richesses. Même le couteau sous la gorge, ils n’avoueront jamais que Keynes était un sale con et que ses théories sont d’atroces idioties qui appauvrissent les peuples et n’enrichissent guère que les politiques qui se font élire en promettant que les multiplicateurs multiplieront comme par magie. Car le Keynésianisme c’est la croyance en la magie, ni plus ni moins. La richesse y apparaît sans qu’on ait besoin de la produire, la dette y devient de la richesse, la monnaie y devient de la dette, passez muscade, le vol légal qu’est l’impôt y devient moral et l’or s’y fait « relique barbare ». Pas de chance pour cet idiot de Keynes, la relique barbare est le seul actif AAA depuis la nuit des temps, la seule monnaie qui ne soit une dette pour personne. Et quand les hommes de l’État font du keynésianisme pour essayer de faire perdurer leur ignoble État providence social-démocrate (dont l’existence même est la seule cause pour laquelle nous sommes tant endettés), l’or est le seul moyen de sauvegarder la richesse durement acquise loin des mains avides des politiques et des fonctionnaires. Ah petits actionnaires prudents, ah épargnants égoïstes, ah mauvais esprits qui refuserez bientôt le papier encré par maman banque centrale et papa État, vous ne méritiez pas John Maynard Keynes.
Hayek contre Keynes – VOSTfr par Liberte_Cherie
Il y a des moments comme ça où tout conspire à la clarté : Kessler se découvre, les allemands s’enfuient discrètement de la BCE, le passe-passe keynésien n’opère plus, les monnaies imposées par une technostructure bruxelloise finissent par passer pour ce qu’elles sont, et jusqu’au gros Bertrand qui à Nice hier vantait notre modèle social et économique français à nous qui est le-meilleur-du-monde™. Sans rire, l’essentiel c’est d’en convaincre l’électeur, ce con.
Plus de munitions donc. Pratiquement qu’est-ce que ça veut dire, en dehors du fait que le CAC40 est en route pour les 2600, en attendant pire ?
D’abord qu’il va falloir en trouver. Vous ne croyez quand même pas qu’ils vont renoncer comme ça à leur gagne-pain ? et que le bon peuple va renoncer à ces sophismes économiques qui désespéraient déjà Bastiat quand il remarquait qu’il n’y a aucun moyen d’en détromper un troupeau d’abrutis ? Il y a deux moyens classiques de trouver de l’argent frais à mettre sur la table pour rassurer un peu les créanciers de notre si beau pays où tout marche si bien qu’il ne faut surtout rien y changer, hein. « Modèle » qu’on vous dit. Le premier consiste à tailler dans les dépenses. De préférence à la hache plutôt qu’au rabot et dans les dépenses sociales et assimilées, les seules où les montants soient significatifs : éducation nationale (le quart du budget de l’État pour des résultats toujours plus mauvais), sécurité sociale, assurance vieillesse, aides diverses, argent-bwagette, subventions aux associations, politique de la ville, subventions diverses aux artistes manqués, etc. Cette politique là est quasi impossible en période électorale dans nos belles démocraties d’opinion. Même avec l’aide du personnel médiatique dont l’endogamie avec le pouvoir est chaque jour un peu plus manifeste, ça ne passerait pas. Il y aurait bien quelques mesures à prendre pour pouvoir retrouver une politique raisonnable mais elles sont si extrêmes et si peu « républicaines » qu’on ne peut hélas pas compter dessus : report des élections par consensus politique, fomentation d’émeutes gravissimes qui justifieraient là aussi une absence d’élections en 2012 pour appliquer une politique d’économies drastiques, guerre cyniquement déclenchée par exemple contre ces salauds de Suisses qui sont scandaleusement prospères… Donc la voie des économies significatives, celles qui feraient mal à l’électeur, est fermée. Et elle l’est pour longtemps en quinquennat.
L’autre moyen classique est la taxation. Prendre plus pour dépenser autant en gaspillant la différence. Mais les marges sont faibles et la loi de Laffer existe : au delà d’un certain point, taxer plus c’est avoir moins de rentrées fiscales car les gens les plus honnêtes se mettent à frauder quand il s’agit de pouvoir manger et se loger. D’ailleurs la récente tentative du gouvernement de taxer plus s’est soldée par le fait risible que la France espère rembourser ses dettes — ou disons du moins ne pas trop les alourdir — en taxant les sodas… l’année prochaine. Si nous avions une presse libre l’éclat de rire aurait été général et aurait caramélisé pour longtemps le tout petit argentier qu’est M. Baroin.
Alors ? alors il reste deux moyens tout aussi classiques, mais qu’on croyait oubliés.
Le premier c’est le vol pur et simple. Il y a en France un magot qui s’appelle l’assurance-vie. Les hommes de l’État lorgnent depuis logtemps dessus, et pourraient par exemple décider d’un système où cet argent serait prêté à l’État au taux d’inflation officiel, qui est ridicule et mensonger, avec impossibilité de sortir avant une certaine échéance, d’ailleurs renouvelable par simple vote budgétaire. C’est sans doute la solution que sont en train d’imaginer les tristes gens qui font chez nous figure d’orthodoxes budgétaires et dont le prototype est M. Arthuis, lequel n’est pas expert-comptable pour rien et n’est jamais si content que quand il peut faire moins d’un côté et plus de l’autre sans s’interroger plus que ça. Il paraît néanmoins difficile de faire ce coup-là avant les élections, même au prétexte de sauver en même temps l’Euro, la République, les valeurs de la conscience universelle et les principes sacrés de 89 et du CNR réunis. Toute l’artillerie des flonflons et de la quincaille nationale, républicaine, solidaire, antiraciste et sociale n’y suffirait pas.
Le deuxième c’est la banqueroute par la monnaie et l’inflation. Mais il y a un hic : l’Allemagne, qui ne paie jamais tant qu’on croit, et qui commence de toute évidence à songer à une sortie de cet euro qui revient à utiliser ce qui lui reste de capacité d’emprunt au profit des autres plutôt qu’à son profit à elle.
Parenthèse : signalons en passant au ridicule, imberbe et incompétent petit Baroin qu’il a dit une grosse bêtise en prétendant il y a quelques jours que l’Allemagne « n’était pas endetté ». Deux mille milliards d’euros à la louche. Simplement l’Allemagne arrive encore à emprunter à taux bas pour faire rouler cette dette en en payant les intérêts.
Le seul scénario probable, et il faut s’en réjouir, est donc une destruction de la monnaie d’occupation bruxelloise qui nous fut imposée jadis par François Mitterrand en exhibant son cancer de la prostate à la télé. Après, il faudra vous accrocher.
Étiquetté : comptes, euro, Europe, faillite, Kessler, SozialNon, les émeutes londoniennes ne sont pas raciales
Economie — Article écrit par Nicolas le 10 août 2011 à 14 h 31 minIl est évidemment tentant de transposer notre petite expérience de 2005 dans l’Angleterre d’aujourd’hui. D’autant que le point de départ semble similaire : un criminel coloré flingué avec raison, ce dont on ne peut que féliciter la police de Sa Majesté.
Mais à l’évidence ces émeutes ne sont pas raciales. Autant celles de 2005 en France étaient clairement des émeutes du Ramadan et avaient non une composante raciale mais un caractère racial essentiel, réunissant surtout des noirs et des musulmans, autant les émeutes de Londres n’ont qu’une — ou plutôt ont des composantes raciales indéniables, mais pas plus.
D’abord les émeutiers ne sont pas tous noirs ou « asiatiques » — ce qui en anglais poli veut dire pakistanais, indien, musulman et tout ce qui s’y ramène. Même en supposant que certains medias anglais trient les photos, il y a des pillards blanc, bien anglais, et qui ne se font pas bolosser pour leur butin par leurs compagnons d’émeute.
Ensuite, il y a des victimes qui ne sont pas blanches, en nombre important. Ainsi des Turcs se sont-ils mis à taper sur des noirs qui voulaient mettre à sac leur quartier plutôt que de se joindre aux émeutiers pour se diriger vers un quartier blanc, ce qui aurait été concevable dans une émeute raciale.
Sans doute les quartier multiethniques ont été les premiers à flamber. Sans doute une majorité d’émeutiers n’est pas composée de bons anglais bien blancs. C’est somme toute banal de le constater, pour de simples raisons sociologiques : on ne pille pas quand on habite le fond du Kent ou Chelsea. On ne met pas le feu aux immeubles quand on est arrivé péniblement à acheter un bien immobilier à Londres, même dans un quartier très banal. On pille et on met le feu quand on n’a pas tout cela à perdre. Un certain nombre d’autorités locales l’ont bien compris, qui ont d’ores et déjà déclaré vouloir expulser les émeutiers identifiés des logements sociaux qu’ils occuperaient. Peut-être y a-t-il des cris racistes anti-blancs ici et là, mais ils semblent bien rares.
Sans doute aussi la paralysie de la police anglaise est-elle en partie due à sa peur panique d’être accusée de racisme ou de violences contre des « communities ». On sait que depuis des décennies cette peur, issue d’un complexe de culpabilité coloniale, est commune aux deux partis qui alternent au pouvoir. Chez les conservateurs cette orientation dominante depuis l’éviction d’Enoch Powell a été un peu écornée par David Cameron, qui a récemment parlé de « britishness » pour flétrir le multiculturalisme. Que la police et les autorités londoniennes soient si sensibles au politiquement conforme n’a rien arrangé, c’est donc entendu aussi.
Reste que ce ne sont pas tant des émeutes d’immigrés contre les Anglais de souche que des émeutes de pauvres contre les riches, ou ceux qui sont perçus comme tels car ils sont du bon côté de la société de consommation capitaliste et technique. Avec le cortège de pillages de magasins de sport, de mode, de parfums, de hi-fi et autres stands de cigarettes que ces mots peuvent recouvrir dans les faits.
Les émeutes de Londres sont les premières émeutes importantes à l’échelle d’un pays à accompagner la mort des États providence européens, la faillite définitive dans la dette des ridicules ambitions sociales-démocrates qui pourrissent notre continent depuis plus de soixante ans. Appelez ça modèle républicain, modèle Rhénan, Welfare ou nouvelle société, c’est la même chose.
Car ces pauvres, malgré les apparences, sont des enfants gâtés. Et ils réagissent comme tous les enfants gâtés qu’on prive brusquement de leur jouet ou de leur quatre heures.
Je dis bien ces pauvres. Car en Angleterre comme chez nous il existe aussi une vraie grande pauvreté, mais celle là n’organise pas d’émeutes avec des Blackberry achetés grâce à l’argent redistribué par les politiciens à travers des allocations sociales. Car ces allocations arrivent rarement à ceux, vraiment en grande difficulté, qu’il serait légitime d’aider.
L’immigration excessive depuis des décennies accroît bien entendu ces données, mais ne fait que les accroître et les compliquer.
Cette révolte des allocataires et autres bénéficaires, de ceux qui on l’habitude de percevoir largement de l’argent volé aux autres par l’impôt ou volé à l’avenir par l’emprunt, touche le pays qui a été le plus socialisé d’Europe, qui est allé le plus loin dans l’État providence, jusqu’à son absurde système de santé actuel auquel même Margaret Thatcher n’a pu toucher significativement. On a oublié à quel point le collectivisme social forcené avait fait du Royaume-Uni l’homme malade de l’Europe des années 70.
Aujourd’hui la pression fiscale a diminué et il serait périlleux pour le gouvernement de David Cameron de la réhausser significativement, électoralement périlleux mais aussi en raison de la loi de Laffer. Quant à la dette, on sait ce qu’il en est. Si bien que peu à peu et malgré les abrutis comme Stiglitz, on voit céder devant le réel les ahurissantes stupidités keynésiennes qui reviennent in fine à prétendre qu’il suffit d’emprunter ou de créer de la fausse monnaie pour que tout aille toujours bien.
Ces gens habitués à recevoir de l’argent pour tout, sous tout prétexte, sans jamais être contraints de créer de richesse réelle en investissant cet argent, donc habitués à détruire de la richesse — c’est la seule chose que sache faire le socialisme —, continuent différemment à faire ce qu’ils ont toujours fait. La richesse détruite quand on met le feu à un magasin ou qui y est pillée est seulement plus spectaculaire à voir que celle détruite via les mécanismes de l’État-providence, dont les émeutiers ont bien compris qu’on allait les sevrer en grande partie, pour simple cause de faillite et d’impossibilité de rembourser les dettes contractés.
Il faut ajouter à cela l’âge des émeutiers, génération qui en raison même de la perpétuation de l’État-providence en faillite, de ses constructions sociales à base de redistribution plus que d’épargne individuelle, a le sentiment, souvent juste, de se retrouver condamnée à payer d’une manière ou d’une autre, pour l’imprévoyance et les doux rêves sociaux de leurs aînés.
L’alliance est alors naturelle entre ceux des immigrés qui ont l’impression éternelle que l’homme blanc leur doit quelque chose et ce demi-prolétariat, où les anglais de souche sont nombreux, qui croit lui qu’un magot est caché quelque part et que l’État pourrait le taxer à leur profit, ce qui leur permettrait de continuer à profiter d’aides sociales généreuses. Dans les deux cas, tout un discours idéologique en faillite où se mèlent socialisme, marxisme, communisme, tiers-mondiste, idéologie écologique ou encore christianisme dévoyé est à leur disposition pour légitimer cette évidence qu’ils ressentent : on ne leur enlèvera pas ce qu’on leur doit de leur point de vue et à quoi ils sont habitués. Du moins pas sans qu’ils cherchent à tout casser.
Dès lors, la rigueur financière anglaise, même annoncée plus que réelle encore, ne pouvait qu’aboutir à ces émeutes.
Dans les pays européens qui ont pris l’autre chemin avec l’euro, soit une réforme financière de façade accompagnée du laxisme de la BCE qui mènera à l’altération de la valeur de la monnaie, les émeutes dues à la même conjonction entre immigration et appauvrissement viendront aussi. Elles seront sans doute plus graves. En effet, le processus économique par lequel les alcooliques finaux de la dette se font confisquer leur bouteille sera encore moins qu’en Angleterre compréhensible au citoyen lambda sûr de ses droits soziaux, et d’autre part il ne manquera pas de bistrotiers politiques pour leur promettre un dernier verre en échange de leur vote (on peut d’ailleurs noter qu’en Angleterre Milliband a été plutôt responsable, l’éloignement des prochaines élections aidant sans doute). Or voter ne change rien à la réalité, qui est tragiquement simple : les modèles européens sont en faillite sous le poids de leurs dettes qui ont servi durant des décennies à financer des gabegies inconcevables et des dépenses de fonctionnement stériles plutôt que des investissements. Si bien que les seules économies significatives qui pourront être faites consisteront à couper à la hache dans les dépenses sociales et assimilées.
Étiquetté : dette, euro, londresLes CDS sur la dette française au plus haut
Economie — Article écrit par Nicolas le 21 décembre 2010 à 16 h 05 minCDS : un truc dont les États voulaient plus ou moins interdire la vente à découvert, et d’une manière générale dont ils auraient bien voulu limiter l’usage parce qu’il est la mesure de leurs turpitudes et de leur irresponsabilité organisée. Qu’est-ce que c’est ? ce sont des produits financiers qui permettent, dans le cas de ceux sur les dettes dites souveraines, de se prémunir contre un défaut de paiement du pays qui a émis cette dette. Plus on croit qu’il y a de risques que le pays émetteur de la dette ne la rembourse pas, pas entièrement ou soit contraint de la rééchelonner dans de mauvaises conditions pour les prêteurs, plus la valeur du CDS augmente, puisque plus de gens – en fait plus d’institutions financières – cherchent à se prémunir mieux contre ce risque.
Il existe aussi des CDS pour la dette des (grandes) entreprises. La comparaison entre les CDS regardant les États et ceux regardant ces entreprises donne une bonne idée de la confiance accordée à un État : aujourd’hui, les CDS sur la dette de l’État français sont passés au dessus de ceux sur la dette de France Télécom, de l’Air liquide ou de Carrefour. Les investisseurs, les marchés, les méchants spéculateurs, bref les gens qui ont prêté de l’argent à l’État français, estiment que ce qu’ils ont fait devient plus risqué que d’avoir prêté à Carrefour, Air liquide ou France Télécom, et sont donc prêts payer proportionnellement plus pour s’assurer contre un défaut de paiement de Marianne que pour s’assurer contre un défaut de paiement de l’Air liquide ou de Carrouf.
Ce n’est pas bon signe, sauf si, comme moi, la perspective de voir finir par assèchement les délires mentaux et financiers de Marianne vous réjouit un peu.
Si vous lisez la très bien pensante lettre de l’Agefi, sorte de référence, vous remarquerez une petite notation qui vise à rassurer son monde : l’écart entre les taux auxquels l’État français emprunte et ceux auxquels l’Allemagne, réputée le plus financièrement sérieux et orthodoxe des États européens, emprunte, cet écart reste faible.
Est-ce rassurant ? pas tant que cela. C’est là que l’euro et l’union européennes se révèlent des saletés sans nom : de fait, ils obligent pour des raisons politiques à une solidarité financière entre les pays européens. Et quand j’entends le mot solidarité, je rentre mon argent à l’abri, car c’est le signe certain que les hommes de l’État et autres collectivistes fous méditent de voler quelqu’un à leur profit sous un prétexte faussement moral.
Faisons un détour avant de poursuivre : imaginez que vous ayez un gros tas d’argent à placer. Vous voulez acheter des emprunts d’État (par exemple parce que vous voulez réemprunter en apportant cela comme garantie, les banquiers aiment les emprunts d’État émis par leurs copains politiques, cela pour des raisons inavouables et contestables mais c’est un autre sujet). Placez-vous votre gros tas d’argent sur des emprunts d’État allemands qui vont vous rapporter 2% ou sur des emprunts d’État irlandais de fait garantis par l’Allemagne via les fonds européens et la volonté purement idéologique de maintenir l’euro, mais qui eux vous rapporteront 6 ou 8% ?
Naturellement vous prêterez au gouvernement irlandais, pour avoir plus de revenus avec le même risque, quoi qu’on en dise.
On le voit, l’existence même de l’euro et de l’UE est une distorsion extrêmement grave qui fausse tout et empêche le marché de fonctionner comme il le devrait.
Tant que l’on peut croire que « l’Allemagne paiera » (vieux slogan, hein ?) il n’y a pas de raison que cela change.
L’Allemagne paiera-t-elle indéfiniment ? sans doute pas, les question sur sa solvabilité pour ce genre de sauvetages extraordinairement coûteux et purement euro-idéologiques — leur efficacité économique est nulle, peut-être même sont ils néfastes — se posent de plus en plus. Angela Merkel, qui navigue à vue en ce moment, à vue et à la godille (un coup à droite un coup à gauche), laisse de temps à autres entendre que ça pourrait finir. C’est ce que signifiait sa récente sortie sur le fait que les investisseurs devraient à l’avenir supporter une partie des risques qu’ils prennent sans s’en défausser sur les États via les sauvetages de banques en difficulté. Ce ne sont encore que des propos destinés à calmer l’opinion rétive qui aimerait le retour du bon vieux Mark et en a mare de payer pour les autres, mais de fait l’Allemagne ne pourra pas payer éternellement pour tout le monde.
Il y aurait bien un moyen : faire comme M. Bernanke, le banquier central de M. Obama, et ouvertement déverser à pleins camions du papier monnaie à la valeur de plus en plus problématique, pour que l’Allemagne continue à payer en monnaie de singe. La BCE le fait d’ailleurs, mais de manière hypocrite et détournée car l’opinion publique allemande a horreur de ces expédients qui ne peuvent in fine que conduire à l’inflation (et qui y conduisent : aux Etats-Unis, le taux d’inflation s’il était encore calculé de la manière dont il l’était dans les années 80, serait d’ores et déjà à près de 9% et pas à 1% car des indices on a enlevé énergie, nourriture et logement, autant dire qu’ils mesurent l’inflation pour des purs esprits désincarnés ; la situation de ces mesures de l’inflation purement et simplement fausses est la même en Europe, et singulièrement en fRance où le monopole de l’INSEE rend tout ela encore plus opaque et où même les gens qui font les indices avouent ne bien souvent plus savoir ce que ces indices mesurent.).
Ce moyen étant très risqué politiquement en Allemagne même et guère prisé des quelques banquiers centraux qui ont encore un peu de bon sens, il n’est encore employé que de manière détournée ; mais il a suffi à faire illusion pour la Grèce le Portugal ou l’Irlande : la BCE ne demandait pas autre chose.
Pourquoi ce détour ? parce qu’à votre avis, si les taux auquels emprunte la France ne s’écartent pas des taux auxquels empruntent l’Allemagne dans des proportions cohérentes avec ce que l’on constate quant aux CDS, cela signifie quoi ?
Simplement que les marchés, dans leur grande sagesse (le marché a toujours raison en ce qu’il traduit les intérêts des intervenants, pas des conneries idéologiques fumeuses en vue de la construction d’une Union des Républiques Social-démocrates Européennes ou autre utopie débile et administrative lointain produit des crânes d’œufs d’X-crise), dans leur grande sagesse disais-je les marchés considèrent que l’Allemagne peut sans doute, d’une manière ou d’une autre, économiquement comme politiquement, payer pour l’Irlande, la Grèce ou le Portugal. Peut-être même pour l’Espagne si on entend par là une aide transitoire.
En revanche, la France serait elle irrenflouable, par sa taille, avec sa débauche de dépenses, le populisme coûteux qu’on sent monter dans son électorat, sa classe politique clientéliste, ses systèmes sociaux monopolistiques hors de tout contrôle et chaque année plus dépensiers, ses problèmes migratoires au coût exorbitant et insolubles par sa classe politique engluée dans l’antiracisme officiel qui sert de dernière idéologie républicaine. C’est alors la France qui contaminerait l’Allemagne, qui tirerait les taux auxquels empruntent les deux pays vers le haut. L’imbrication des deux économies, les dettes et intérêts croisés de part et d’autre du Rhin, tout cela ferait qu’il serait vain de chercher une solution politique, du moins paisible et qui ne remette pas en cause l’euro ou la construction européenne elle-même.
Et cela ni les États, ni Bruxelles, ni la BCE ne l’ignorent. Si elle devait emprunter autour de 6% la France serait étranglée et l’Allemagne coulerait à pic avec ce boulet attaché aux pieds. L’Allemagne couperait-elle les cordes bruxelloise et francfortienne qui la relient au boulet français ? personne ne le sait : ce serait logique, sans doute même souhaitable pour tous, mais la culpabilisation de l’Allemagne pour la Seconde Guerre mondiale a aussi sa dimension de contrainte économique exercée sur l’État allemand.
Le rapport Allemagne-Irlande (on prête à l’Irlande pour avoir des taux d’intérêt élevés de fait garantis par l’Allemagne) s’inverserait (on exigerait plus d’intérêts pour prêter à l’Allemagne, en considérant que la France la plombe de telle manière qu’il ne serait plus possible pour l’Allemagne d’emprunter à des taux bas).
Il est donc probable que ce qui se passe ces jours-ci se résume à ce que l’UE et la BCE, ayant vu le danger, sont en train de faire des efforts immenses pour que la France garde la tête hors de l’eau. Si les taux auquels l’État français emprunte restent relativement bas et proches de ceux de l’Allemagne au regard de la situation des finances du pays (État + para-États sociaux) c’est parce que la BCE rachète en sous-main une partie notable de la dette française. Et la rachète avec de l’argent qu’elle crée à partir de rien, bien entendu, version moderne de la planche à billets. Ce qui nous ramène au caractère intenable de cette politique qui n’a plus de monétaire que le nom, il vaudrait mieux parler de photocopie de billets de banque.
Ajoutons incidemment pour être plus clair : caractère intenable précisément parce que le thermomètre de l’inflation étant cassé ou faussé, les promesses des banquiers centraux qu’ils arriveront à prendre les bonnes mesure pour, juste au bon moment, empêcher l’inflation, n’ont pas de sens.
Le signe qu’approche la fin de toute cette montagne de dettes absurdes entassées les unes sur les autres sera donné par des tensions sur la dette allemande elle-même, qui est comme la base de tout ce château de cartes. Souvenez-vous du refrain : « l’Allemagne paiera ». Et du dernier couplet : « parce qu’elle pourrait toujours emprunter à pas cher pour payer ». Couplet et refrain résument assez bien le fonctionnement de l’euro et même de l’UE depuis une dizaine d’années.
Récemment, pour la première fois depuis très longtemps, l’Allemagne n’a pas réussi à placer sur les marchés toute la dette qu’elle voulait, le Trésor allemand a dû repartir avec un (petit) paquet d’emprunts sous le bras après l’adjudication, car il aurait fallu qu’il consente des taux d’intérêt légèrement plus hauts pour placer son papier, ce qui aurait donné un signal désastreux. Il a donc préféré renoncer, en espérant que la prochaine adjudication se passe un peu mieux…
Vous verrez qu’on l’aura la peau de la monnaie d’occupation bruxelloise !
Étiquetté : Allemagne, euro, France, helicopter BenL’Euro, le FN et Don Juan
Economie, Mutation — Article écrit par Nicolas le 6 juin 2010 à 19 h 28 minL’Euro est mort.
Disons qu’il râle. Ce n’est certes pas moi qui vais pleurer sur la probable disparition à horizon devenu visible (cinq ans, peut-être) de la monnaie unique, engloutée dans le trou des dettes dont gouvernement comme opposition nous promettent en vain qu’en France elles n’auront pas de fin et qu’on pourra les supporter en modifiant deux ans de retraite ici et trois pour-cent de dépenses là ; je n’ai jamais aimé ce rouble Deloriste qui a pu faire croire pendant quelques années qu’il avait réussi, cette monnaie improbable dont le destin était tout tracé et je ne verserai même pas une petite larme sur cette idée européenne qui était sans doute la bonne idée du siècle avant-dernier. D’ailleurs elle y avait foiré aussi, sous les traits de l’Union latine, dont l’agonie très lente préfigure peut-être le seul avenir possible de l’Euro sous forme de monnaie commune que nous traînerions comme un boulet inutile pendant encore plusieurs décennies.
Ayons au passage une pensée contrite pour tous ceux qui ont longtemps cru que la monnaie unique serait vraiment et durablement indépendante des hommes de l’État ou que la construction européenne nous sauverait malgré nous de nos démons dirigistes et particularistes français : l’alliance de Sarkozy voulant sauver la BNP de ses dettes pourries grecques et de Geithner — qui sait que le répit dont jouit le dollar ne repose que sur la déconfiture d’autres monnaies avant lui — aura été fatale à leurs espoirs en faisant céder en partie le chancelier d’Allemagne.
Or un ami me fait remarquer ces temps-ci l’assourdissant silence — comme on dit — du Front national sur la question monétaire.
Est-ce si étonnant ?
Car, à la croisée des chemins, quelles sont les deux directions possibles ?
La première consisterait à revenir à une monnaie nationale « souverainiste », porte ouverte à tous les tripatouillages monétaires qui permettraient non plus de demander quelques minutes de sursis au bourreau-spéculateur, mais de faire en sorte que le bourreau soit national, ait les alibis de l’État — alibis auxquels les Français-gogos désinformés depuis l’enfance par l’Éducation nationale et la télévision publique sont si sensibles habituellement — et qu’il ne tranche qu’un peu de chair à la fois, avec des instruments divers : petits coups de la lame rouillée de la dévalutation, autres coups d’un canif plus acéré appelé fiscalité, un grand coup de la scie à viande des prélèvements sociaux, après qu’elle ait joué l’air de la solidarité avec ce son nasillard qui caractérise cet instrument guère symphonique. Bref il s’agirait de rendre son influence à la nation sur la monnaie, et la nation se réduisant à ses élus, à ses fonctionaires, à ses syndicalistes, bref à ceux qui ont intérêt à pressurer le peuple de manière plus indolore pour sauvegarder leurs avantages personnels et ainsi se faire indéfiniment élire ou nommer, on imagine que les choses ne s’amélioreront guère : tout au plus la ruine sera-t-elle mieux acceptée avec une résignation faite de bons sentiments généreux et beaucoup de cette supériorité morale supposée dont nous sommes si peu avares. Monsieur Attali expliquera tout ça très bien chez Guillaume Durand, à moins que ce ne soit M. Minc chez Marie Drucker, ils sont tous payés précisément pour ça.
La deuxième voie consisterait à profiter de la capilotade européenne non pour retourner en arrière, mais pour aller de l’avant, pour décidément couper radicalement et définitivement la monnaie de l’intervention publique. L’étalon-or ? pas même, car les hommes de l’État savent très bien organiser le « manque d’or » plutôt que le manque de monnaie de papier, ce qui rend les crises de liquidités à peine plus rares et moins dévastatrices. Il s’agirait d’aller vers l’or monétaire, vers le paiement exprimé en grammes d’or.
Techniquement rien ne s’y oppose : on sait très bien garder des barres de bonne livraison qui ne sortent jamais du système bancaire, les auditer, les identifier, et en exprimer la propriété en grammes attribués à tout instant à monsieur X ou madame Y. Cela sans aucune intervention autre que celle nécessaire à faire respecter les contrats devant l’autorité judiciaire, qui pourrait d’ailleurs être arbitrale. Ni ministre, ni parlementaire, ni inspecteur du Trésor, ni syndicaliste co-gérant ne sont nécessaires pour cela. Que vous ayez un certain nombre de grammes d’or à votre disposition sur votre carte bancaire plutôt qu’un certain montant en monnaie monopolistique émise par la banque centrale ne présente pas de problèmes techniques insurmontables. Et l’or a un avantage énorme : l’Etat ne peut pas, même s’il le voulait, même s’il le décrétait, même après un vote solennel des deux assemblées, même au nom de la conscience universelle, des Droits de l’Homme et de toutes les autres conneries du même ordre, l’État ne peut pas imprimer d’or pour financer ses dépenses sur le dos des autres. Ni se livrer à des opérations complexes qui reviendraient au même.
Notons que cela permettrait en outre de se passer de toute banque centrale et de mettre un certain nombre de fonctionnaires inutiles et fort coûteux au chômage, car il n’y a pas de petites économies.
Le Front national, qui a pour lui d’avoir toujours été contre l’Euro je crois, même si ce n’était pas toujours pour de bonnes raisons, peut-il prôner la première solution ? évidemment non, puisqu’il se retrouverait à la prôner, d’ici quelques temps, avec tout le reste de la classe politique. Et en attendant se retrouverait, là comme ailleurs, à peu de choses près sur les mêmes positions économiques que l’inénarrable Robespierre de banlieue qu’est Mélenchon ou dans les mêmes manifestations que le petit facteur. Ce qui je crois ne le dérangerait pas trop. Mais il suffirait d’une volte-face, et elle paraît inévitable, du gouvernement et de l’UMP pour que Copé, Sarkozy et autres Fillon se retrouvent sur la même position et autrement plus crédibles — si l’on ose employer le mot, disons moins fantaisistes d’apparence — que le clown Martinez.
Le Front national peut-il pour autant prôner la deuxième voie ? Il faudrait pour cela que le FN retrouve des accents qu’il a perdus depuis longtemps, quand il réclamait la suppression de l’impôt sur le revenu par exemple. Toute une rhétorique qu’il s’est laissée imposer par la gauche est entre temps passée par là, et un certain nombre d’opérations de communication aussi, pas malhabiles d’ailleurs, mais dont le vice était de conquérir pour électorat une classe ouvrière qui n’existe simplement plus. Surtout il lui faudrait renoncer à une vision dirigiste de l’économie, à cette idée que si on organise les choses d’en haut, elles seront mieux faites que si on les laisse faire par ceux qui ont intérêt à les faire. Enfin, et ce serait peut-être le plus difficile, il lui faudrait battre en brêche les conceptions aberrantes et quasi religieuses, dévotes dira-t-on, de certains militants, pas les plus nombreux, mais incontestablement les plus remuants et visibles, qui sont persuadés que quelque part de méchants spéculateurs apatrides parient contre la Grèce en attendant de parier contre la France. Alors que la vérité est bien plus simple : si la Grèce en est là, ce n’est pas parce que de méchants spéculateurs ont décidé de la mettre à genoux, mais bien parce qu’elle ne peut pas rembourser ses dettes. Comme ce sera demain le cas de la France, de manière inéluctable, à moins que deux et ceux ne cessent de faire quatre.
Or,
Je crois que deux et deux sont quatre Sganarelle…
vérité que les dévôts ont toujours du mal à admettre, tant ils sont prompts à croire que leur supériorité morale supposée peut tenir lieu d’arithmétique.
Il est des partis dévôts plus ou moins évidents, celui, économique, qui va de Mélenchon à Le Pen n’est pas celui auquel on pense en premier mais il est assurément l’un des plus désastreux et par les absurdes illusions qu’il entretient comme un fond de commerce inlassablement fécond fondé sur l’ignorance, et par les alliances avec d’autres dévôts qu’il ambitionne plus ou moins ouvertement et auxquelles il sera conduit plus ou moins consciemment.
Étiquetté : droite, euro, Europe, FN, gauche
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