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Richard Malka : DSK ignorait également !

Droit — Article écrit par le 10 juin 2012 à 17 h 44 min

J’ai, instantanément, de la sympathie pour les avocats qui défendent les causes perdues. Qu’elles le soient réellement ou seulement en apparence.

De Milosevic à Outreau disons.

Et puis, d’apparence ou réellement là encore, il existe une vraie noblesse à défendre les salauds.

Pas pour faire ressortir le bien ou le bon qu’il y aurait en chacun de nous, pas parce que tout homme aurait le droit d’être défendu. Ça, ce sont les arguments malicieusement avancés par les avocats qui défendent les salauds afin de se justifier convenablement dans le monde.

Tandis que la vérité c’est que défendre les salauds, c’est foutrement bandant.

Soit le salaud n’en est pas vraiment un. C’est un innocent et c’est jouissif de tenter de le démontrer. Soit il s’agit d’un vrai salaud, un bon gros coupable et, en réalité, c’est encore meilleur.

L’avocat du diable ?

Comme si le diable avait jamais manifesté le besoin d’un avocat…

C’est que le diable a une éthique du mal.

Tandis que jusqu’au criminel de guerre, qu’il soit ou non serbe, le salaud n’a, lui, pas une éthique du mal -sauf en cas de pathologie mentale. Personne, d’ailleurs, ne pourrait vivre longtemps en assumant une telle éthique. A part, donc, les grands pervers. Pour les autres, c’est tout bonnement impossible.

La plus ignoble pourriture, quoiqu’elle fasse, n’a pas une éthique du mal. A la fin de la journée, elle retombe sur ses pieds.

Oui, j’ai licencié dix employés aujourd’hui. Mais pour sauver la compagnie et le job de dizaines d’autres. Et, dans le métro, j’ai donné à un pauvre.

Voyez, le bilan est même globalement positif.

Oui, j’ai nettoyé la Bosnie. Mais pour sauver le peuple serbe de l’extinction/déchéance/extermination. Et si, dans le marché de Sarajevo, j’ai envoyé une bombe, c’était pour que mille autres ne s’abattent pas sur Banja Luka.

Ce n’est pas le diable que vous défendez.

Ce n’est pas une éthique du mal dont vous vous faites le défenseur.

Le bonhomme qui tue sa femme, il le fait parce qu’il considère, à tort ou à raison, que celle-ci est une salope, ou qu’elle l’empêche de vivre heureux, ou qu’elle veut lui piquer son pognon, ou que sais-je encore. Pas parce qu’il aime tuer et/ou faire souffrir.

Il peut se découvrir une passion pour ça a posteriori. Ou succomber à une pulsion enfouie difficilement depuis des années. Mais on retombe alors dans la pathologie mentale.

Remarquez, ces gens, sévèrement atteints, peuvent être utiles. On l’a vu en Algérie. Plutôt que de sacrifier des hommes en bonne santé mentale en leur demandant de faire les saloperies nécessaires, on utilise les tarés disponibles.

Mais revenons en à cette question d’éthique. Lorsque l’avocat de Breivik le défend, lorsqu’il défend le fait qu’il ne soit pas fou, il ne raconte pas une autre histoire que celle-ci. Il dit qu’il défend non seulement un homme, mais qu’il défend l’éthique du bien d’un homme. Qui, certes, a pu prendre des voies tortueuses pour certains, ignobles pour d’autres -ou que l’on peut qualifier comme on veut. Mais derrière les actes eux-mêmes, ce n’est pas du pure evil. Il y a quelque chose d’autre. D’où, par exemple, le fait de citer à la barre des types qui partagent les mêmes idées que Breivik.

Alors, défendre ce type de salauds, c’est défendre des originaux. Cela sort de la norme. Cela dépasse l’ordinaire. Cela bouscule nos neurones. Elles s’agitent. On en fait des livres, des articles de presse et des émissions radiodiffusées. La voilà la raison pour laquelle l’avocat peut aimer défendre ce type de salauds.

Et quelle grandeur à défendre un pédophile assassin me demandera-t-on ?

Aucune.

Les avocats qui le font parleront d’humanisme. Pourquoi pas. Quoique. Si j’étais pédophile assassin, je ferais plus confiance à l’avocat qui veut se faire un nom qu’à celui qui me parle d’humanisme. Enfin…

Maintenant, le pédophile assassin, ma foi, je considère par principe qu’il rentre dans la définition du grand pervers. Donc bon. Et ces gens-là ne m’intéressent guère.

Mais il existe une autre catégorie de gens qu’il n’est pas honorable de défendre, ou tout du moins, qu’il n’est pas honorable de défendre n’importe comment (plutôt qu’à n’importe quel prix, j’y viens plus bas).

Et là je m’adresse aux avocats de Dominique Strauss Kahn.

Ce dernier est coupable. Si ce n’est de tout, de suffisamment. Et tout le monde le sait. N’empêche, des personnalités médiatiques semi-demeurées s’appliquent depuis quelques mois maintenant, avec une constance navrante, à le défendre avec une habilité qui l’enfonce un peu plus chaque jour.

Tout y passe.

Retour à l’ordre moral, police morale, antisémitisme, pudibonderie, populisme, etc.

Et pour accréditer tout cela, ses avocats inventent joyeusement des accusations médiatiques inexistantes, falsifient, créent des raisonnements fumeux et au final racontent absolument n’importe quoi. Aussi bien intellectuellement que factuellement que juridiquement.

Qui reprocherait ainsi à Dominique Strauss Kahn son « libertinage » ?

Personne.

En vérité, tout le monde s’en fout.

Il y a même des ahuris qui voient de la jalousie vis-à-vis de la vie sexuelle de Dominique Strauss Kahn.

Foutre.

Je suis sûr que même Christine Boutin a une vie sexuelle moins sordide que celle de Dominique Strauss Kahn.

C’est dire.

Plutôt que de la jalousie, c’est une mélange d’empathie et de commisération, de pitié disons, qui anime les gens autour de moi sur le cas DSK. Enfin, certains s’amuseront de constater que Raphaël Tisserand était en fait un éléphant socialiste qui a failli devenir leur président.

Les récits de filles abusées, là, cependant, il est vrai, génèrent quelques petits grincements de dents parmi une bonne partie de la population.

Le retour de l’ordre moral qu’on vous dit !

Mais il y a pire que ces intellectuels prenant fait et cause pour DSK par solidarité dans le sordide à la frontière du délictueux.

Il y a Elisabeth Lévy (farouche tenante de l’idée que l’ordre moral revient frapper malicieusement DSK) interrogeant un avocat de DSK, Richard Malka.

Elisabeth Lévy aime manifestement interroger ses copains pour la presse. Cela pourrait rester dans le cadre d’un dîner un peu trop arrosé. Mais ça finit dans Le Point sur deux pages.

Ici, la seule façon de savoir si c’est Richard Malka qui a interrogé Elisabeth Lévy plutôt que l’inverse, c’est de jauger du niveau de culture juridique de celui qui répond aux questions. Pour le reste, ma foi, c’est remarquablement interchangeable, jusqu’à la menace de fin vis-à-vis des journalistes, à ce point explicite qu’elle en est infiniment vulgaire : attention, après les politiques ce sera votre tour ! L’omerta vous protège aussi ! N’oubliez surtout pas que vous êtes du côté des puissants !

On me dira qu’en matière de conflit d’intérêt on devrait être en mesure d’empêcher une compagne notoire de ministre d’interroger celui-ci, mais qu’on ne peut décemment interdire à une copine d’avocat d’interroger ce dernier. Sans doute. Mais cette pratique a tout de même un nom. Le journalisme à la Rue89. Autrement dit, j’interroge mes potes, les copains de mes potes, mes camarades de bureau et j’en fais un article. On me dira que Richard Malka n’est pas qu’un pote. Il s’agit d’un avocat de DSK. Et que après avoir fait la retape sur six pages du livre sur DSK de Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, ce n’est pas outrageant d’interroger un soutien de DSK. Sans doute. Mais était-il vraiment si malin d’envoyer pour l’interroger une copine à lui qui partage très exactement son point de vue ? Parce que ce n’est pas le côté faussement couillu de l’interview qui nous empêche de voir que dans le monde réel ils étaient en train de bien se marrer en bouffant des huîtres au restaurant…

Mais je veux en revenir à l’honorabilité de l’avocat se piquant de défendre un salaud.

S’il ne fonctionne pas ici pour Richard Malka, c’est qu’il n’y a aucune grandeur à user de sophisme, de raisonnements spécieux et autres artifices plus ou moins grossiers pour défendre un homme politique minable. Il y en aurait d’ailleurs également peu à utiliser de tel stratagèmes pour défendre Milosevic. Il est vrai qu’il n’était pas accusé par le TPIY de tenter d’abuser de sa position pour obtenir des faveurs sexuelles sous la contrainte… Non, pour Milosevic, comme pour Breivik, comme pour tant d’autres salauds sublimes, il y a, je me répète, autre chose à défendre et d’autres moyens, donc, à utiliser.

Avec honnêteté, j’admets donc qu’étant donné que ce doit déjà être compliqué de défendre un homme politique coupable de malversations financières, alors un coupable d’agressions sexuelles multiples…

Il y aurait cependant une manière honorable de s’en sortir pour un avocat dans cette situation.

Vous voyez, d’ailleurs, vous, un avocat user des mêmes conneries dialectiques pour semi-demeurés avec un accusé ordinaire, disons le boucher de votre patelin ? Rien du tout. Aucun avocat n’ira se ridiculiser ainsi pour un boucher. Non, l’avocat le regardera dans les yeux et lui dira qu’il faut qu’il arrête ses conneries, qu’il est baisé et que le mieux pour lui c’est de reconnaître les faits, de ne pas tenter de les minimiser car ce serait se foutre de la gueule de la victime, de plaider la pathologie et d’évoquer son enfance douloureuse.

Voilà la méthode honorable.

Mais puisqu’il s’agit de DSK, d’un puissant de ce monde, eh bien Richard Malka, là, il est heureux de se taper la honte. Parce que, oui, il raconte n’importe quoi, mais en même temps on se dit qu’il doit toucher sévère pour ça. Combien ? Bonne question. Et vous, vous prendriez combien ?

D’accord, on finit par se sentir un peu honteux, un peu sale après. D’autant qu’on a du se ridiculiser médiatiquement de surcroît. Mais on fait un signe à tous les salauds minables de la planète qu’on est le genre d’avocat qui, pour de l’argent, courbera l’échine comme il faut. Au point que le quidam, éberlué, se dira que ce n’est pas possible, qu’il doit y avoir une part de vrai dans ce que dit cet avocat, qu’il ne peut pas juste se contenter d’avaler et de recracher avec le sourire…

Au moins, lui, me direz-vous, il touche pour ça.

On en connait d’autres qui font ça gratis ou pour quelques euros de plus.

L’interview de Richard Malka, je ne la trouve pas sur le web. Je ne me sens pas d’en faire un vrai résumé détaillé. Vous avez l’esprit, vous trouverez le contenu dans la salle d’attente de votre généraliste ou à votre prochaine permanente.

J’ai, même moi, une limite de conneries par ligne.

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Les 12 meilleurs faits d’actualité de Dominique Strauss-Kahn en 2012

Actu — Article écrit par le 21 décembre 2011 à 7 h 31 min

Janvier

Nouvelle agression de Dominique Strauss-Kahn par une femme de chambre du Carlton de Pattaya. Cette dernière, irrésistiblement attiré par le corps d’un Dominique Strauss-Kahn sortant  encore une fois malencontreusement de la salle de bain sa chambre d’hôtel, se serait jetée sur lui avant de le violer furieusement avec sa bouche pendant deux ou trois minutes. Puis, son crime perpétré, de reprendre son service comme si de rien n’était. Dominique Strauss-Kahn aurait décidé de porter plainte, s’étant toujours élevé contre l’idée qu’un rapport charnel entre deux être humains puisse être soit tarifé, soit ne pas être consenti. « J’ai ma conscience pour moi, je n’ai jamais payé mes prostituées » aurait-il déclaré en marge d’un sommet asiatique à notre consoeur de l’AFP.

Février

Une journaliste de l’AFP en Thaïlande serait portée disparue depuis le mois de janvier. Âgée de vingt-quatre ans, mesurant un mètre soixante et pesant quarante-cinq kilos, cette jeune femme jugée par tous d’une très grande beauté et fragilité est portée disparue depuis un reportage à un sommet visant à lutter contre le tourisme sexuel et se tenant dans la station balnéaire de Pattaya, au Sud-Est de Bangkok.

Mars

Début du procès civil de Dominique Strauss-Kahn à New-York. Dominique Strauss-Kahn répète à la barre que le rapport bref qu’il a eu avec Nafissatou Diallo était bien consenti. Michel Taubmann créé la surprise en étant cité au procès mais par les avocats de Nafissatou Diallo. Cependant le véritable coup de théâtre résonne lorsque Edward Jay Epstein explique devant la cour que ce serait le véritable tueur de John Fitzgerald Kennedy qui, selon son enquête, était présent dans la chambre 2820, contiguë à celle de Dominique Strauss-Kahn, ce jour-là au Sofitel de New-York. Le procès est alors interrompu pour que des investigations approfondies soient menées par les autorités judiciaires américaines.

Avril

Le véritable tueur de John Fitzgerald Kennedy et voisin de Dominique Strauss-Kahn est enfin identifié. Il s’agit d’Arnaud Lagardère. Celui-ci déclare « J’ai le choix de passer pour un salaud de premier ordre ou pour un bête client du Sofitel de New-York. J’assume comme toujours cette deuxième version ». Interrogé sur ses rapports avec Nafissatou Diallo, Arnaud Lagardère précise qu’ils furent consentis grâce à son corps extrêmement attirant. Il rajoute qu’il lui parait très étrange qu’après avoir vécu cinq à six minutes de folie avec lui, la femme de chambre ait pu encore avoir envie d’un autre homme après. La défense de Dominique Strauss-Kahn encaisse le coup.

Mai

La journaliste de l’AFP en Thaïlande est retrouvée lors d’un démantèlement d’un réseau de prostitution de jeunes femmes à Lille. Violée et droguée pendant des semaines, complètement traumatisée elle ne conserve que des souvenirs flous de sa deuxième détention, la plus longue. Une bâtisse aux murs de briques -dont certaines rouges, un toit d’ardoise, une cour pavée, des buis taillés… « On se serait cru place des Vosges » ajoute-t-elle. Dodo la Saumure, lui, ne lâche rien en garde à vue.

Juin

Dominique Strauss-Kahn est finalement condamné par le tribunal civil de New-York a payer des indemnités de cinq cent millions de dollars à Nafissatou Diallo. Dominique Strauss-Kahn n’est pas présent. La rumeur court qu’il serait dans un avion pour la France. A la sortie du tribunal on apprend des avocats de Dominique Strauss-Kahn que leur client a divorcé la veille d’Anne Sinclair et qu’il se considère désormais comme insolvable. A Paris, Eva Joly est déclarée nouvelle frésidente de la Rrrépublique. Sa première action est de mettrrre en rrrésidence surrrfeillée Dominique Strauss-Kahn.

Juillet

Dominique Strauss-Kahn demeure donc à résidence Place des Vosges à Paris. Les journalistes font le siège de son hôtel particulier. Seuls visiteurs, un entrepreneur venu installer une piscine dans le sous-sol, quelques étudiantes ukrainiennes effectuant leur mémoire de Master sur l’action de Dominique Strauss-Kahn au FMI et, enfin, une visite de soutien de Roman Polanski.

Août

Dominique Strauss-Kahn est exfiltré par un hélicoptère s’étant posé dans la cour de son hôtel particulier. Dissimulé dans un simple carton, personne n’a rien vu. La destination est inconnue. Eva Joly est furrrieuse mais le démantèlement des moyens de transports polluants des forces de sécurité, armée et police, n’a pas permis de suivre l’évadé dans sa fuite. Des militants écologistes sont recrutés bénévolement pour entamer une traque systématique en train et à vélo.

Septembre

La journaliste de l’AFP ayant fait l’actualité les mois précédents est photographiée par un paparazzi dans l’appartement de Tristane Banon. Les deux jeunes femmes se livrant à des gestes d’affection ne laissant guère de doutes sur la nature de leur relation. Michel Taubmann, avant de partir au Liban comme nouveau conseiller du Hezbollah, écrit un livre intitulé L’Effroyable Complot, dévoilant comment ces deux jeunes femmes sont en réalité derrière toutes les misères judiciaires de Dominique Strauss-Kahn et les grandes prêtresses d’un complot antisémite et antilibertin menaçant la République.

Octobre

Chloé Leprince de Rue89 confirme initialement les propos de Michel Taubmann dans un article qui, après qu’il soit modifié une dizaine de fois au fur et à mesure de l’avancement de la journée, finit par accuser Michel Taubmann d’être lui-même antisémite. Pierre Haski appelle cela le journalisme in progress dans un article commun avec le pure-player Causeur et déclare « C’est quand même incroyable de voir un journaliste travailler en direct, de voir comment se construit l’info et, par ailleurs, cela démontre in vivo que les journalistes n’ont aucun parti-pris initial et que seuls les faits forgent leurs articles ».

Novembre

Dominique Strauss-Kahn est aperçu un peu partout dans le monde. Les militants écologistes bénévoles recherchent un lien éventuel entre lui et Xavier Dupont de Ligonnès. En effet, selon plusieurs témoignages, ils auraient été vus ensemble à La Barbade avec le docteur Godard sur le bateau de Gerry Roufs nommé Plouf. D’autres parlent de lui buvant des bières brésiliennes sur la plage avec Cesare Battisti. Le chalet de Suisse de Roman Polanski est perquisitionné.

Décembre

Dominique Strauss-Kahn revient en pleine nuit de l’île d’Elbe où il s’était réfugié jusqu’ici dans une villa secrète donnant sur le Cap d’Enfola. Avec ses partisans, il occupe rapidement les chaînes de télévision et pénètre les locaux de l’assemblée nationale. Un bref assaut est donné contre l’Elysée, qui, exsangue, cède au bout de quelques minutes seulement à une irrésistible marée Strauss-Kahnienne. La France est bientôt entièrement recouverte par lui et ses partisans.

L’Empire Strauss-Kahnien commence.

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DSK, le criminel parfait

Journalisme — Article écrit par le 24 août 2011 à 17 h 52 min

Entendons-nous.

J’ai laissé ouvert une porte dans mon dernier post sur le sujet. Celle du complot.

Que cela soit clair, cette ouverture était tout à fait théorique. Son aspect rocambolesque aurait du achever de convaincre n’importe qui, mais, pour certaines raisons qui m’appartiennent, je précise ici ma pensée.

Si DSK est un criminel parfait, s’il s’en sort aujourd’hui, c’est encore une fois essentiellement lié au fait qu’il soit un puissant de ce monde. Le type lambda qui agirait comme lui serait en prison depuis un petit moment déjà. Mais, si DSK s’en sort judiciairement, il s’est quand même trouvé en fâcheuse posture. Ce qui ne démontre pas non plus chez lui une puissance intellectuelle renversante. J’y vois plutôt cette confiance inouïe et déraisonnable qui surgit chez ces criminels multi-récidivistes qui ne se font jamais prendre et qui en tirent un sentiment de toute-puissance.

Quoiqu’il en soit, si on ne saura jamais exactement ce qui s’est passé au Sofitel, il est à 99% probable que le rapport sexuel qui s’y est déroulé était contraint.

Le terme est trop fort ? Comme vous voulez. Mais on peut tordre les choses comme on veut, s’il n’y a pas contrainte, il y a, a minima, abus.

Et cela n’est pas optionnel dans le scénario s’étant déroulé dans sa chambre du Sofitel. C’est l’un ou l’autre. La contrainte -ou l’abus- est obligatoire quand on y réfléchit plus de quinze secondes.

Cette contrainte, certes, peut prendre différentes formes.

Menace de perdre son emploi. Surprise ajoutée à une différence sociale béante. Chantage explicite au licenciement -ou autre. Simple viol. Etc. On peut imaginer ici mille scénario et cumuler les explications.

Le fait demeure cependant que la dimension de contrainte et/ou d’abus de position dominante par DSK y est obligatoire pour expliquer le simple fait qu’en moins de sept à neuf minutes un homme d’âge mûr et bedonnant éjacule dans la bouche d’une femme de chambre qui était en train de faire son service, alors qu’ils ne s’étaient jamais rencontrés avant et ne savaient ni l’un ni l’autre sur qui ils allaient tomber ce matin là.

Point.

Au mieux DSK est un porc qui abuse régulièrement de sa position sociale pour presser des femmes à coucher avec lui et leur arracher un faux consentement a priori ou, à défaut, une promesse de silence a posteriori.

Au pire c’est un bête violeur multirécidiviste.

Elisabeth Lévy peut juger que cette marge entre le porc et le violeur serait la zone grise des rapports humains, mais je pense pour ma part qu’il faudrait qu’elle arrête de picoler avec Jérôme Leroy. Il n’y a, dans un cas comme dans l’autre, pas de véritables rapports humains. En ce sens qu’il n’y a nul affect se mêlant aux rapports de force et aux intérêts.

Il n’y a que ces deux derniers.

Point.

Et sinon, oui, n’en déplaise à Elisabeth Lévy toujours, Nafissatou Diallo demeure bel et bien la victime rêvée. Elle est immigrée. Noire. Pauvre. Et, mieux encore, on sait aujourd’hui qu’elle ne peut passer pour une sainte. Autrement dit, il s’agit d’une vraie femme et d’une femme de basse extraction. Celle-là même que le parti socialiste devrait le plus soutenir -au lieu de chercher à en tirer profit.

Nafissatou Diallo ment ? Oui. Pour immigrer aux Etats-Unis. Elle ment pour s’en sortir. Elle ment pour des tas de raisons qui lui sont propres. Oui, les pauvres mentent. Ils en ont souvent plus besoin que les riches d’ailleurs. Et, oui, les victimes peuvent mentir. Oui, dans les soutiens spontanés de Nafissatou Diallo on trouve des folles hystériques et des féministes hardcore. Oui on trouve des journalistes ahuris qui croient que les victimes ne peuvent pas mentir. Oui, oui, oui.

Il ne restait plus à Elisabeth Lévy qu’à dénicher l’avis autorisé sur le sujet d’un adepte d’une secte millénariste ou d’un historien négationniste et son tour de cirque aurait été achevé.

Mais il lui fallait au moins cela pour parvenir à placer de manière toute aussi hallucinée, en conclusion d’un article dont on espère qu’il a été écrit sous acide, qu’on aime les hommes qui font les hommes, les vrais quoi. Puis, pour faire bonne mesure, on ajoute que le macho doit être gentleman.

C’est beau comme un éditorial de Elle.

Mais on parle de qui ? De quoi ?

A qui sait-on pour sûr que DSK s’est attaqué ? A une toute jeune femme, une jeune femme journaliste qui doit mesurer un mètre soixante au grand maximum, doit peser quarante kilos et apparaît ainsi physiquement particulièrement fragile. A qui d’autre ? Une femme de chambre noire et immigrée. A qui d’autres ? Une de ses subordonnées. Autrement dit, des femmes qui, pour une raison ou une autre, sont en situation de faiblesse par rapport à lui.

C’est ça un macho ? Non ? Mais ça reste ça le gros reproche qu’on devrait faire à DSK ?

De ne pas être un gentleman ?

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Pourquoi DSK aurait du être jugé

Droit — Article écrit par le 23 août 2011 à 15 h 09 min

Autant le dire d’emblée. Dominique Strauss Kahn se sort de cette affaire de viol pour deux mauvaises raisons. Sa célébrité et sa richesse. Certains me répondront que c’est peut-être sa célébrité et sa richesse qui l’ont envoyé là-dedans en premier lieu.

Malheureusement, depuis trois mois maintenant, on apprend quasiment chaque jour que tel n’est sans doute pas le cas.

Quoiqu’il en soit, sans sa richesse et sa célébrité, la vie de Nafissatou Diallo n’aurait jamais été passée sous crible avec autant de célérité et de minutie. Et ses mensonges passés seraient restés inconnus.

On me rétorquera que produire une enquête complète et minutieuse devrait être la règle et qu’il est malvenu de reprocher cela à la justice américaine. Et je serais d’accord. Non, sa richesse et sa célébrité jouent à un tout autre niveau.

DSK, s’il n’avait pas été un homme puissant, aurait peut-être passé plusieurs années en prison en France pour agression sexuelle ou viol. Aux Etats-Unis, s’il n’avait été patron du FMI mais d’une papeterie locale, il serait sans doute déjà tombé, a minima, pour harcèlement sexuel.

Autant dire qu’aux mensonges de la première aurait répondu le casier particulièrement chargé du second.

Autant dire que le procès aurait alors été particulièrement jouable.

Mais Dominique Strauss Kahn se trouve être un homme riche et puissant.

On m’expliquera qu’il est irréaliste de faire comme si DSK n’était ni riche, ni puissant. Ne serais-ce que parce que Nafissatou Diallo n’aurait pas eu de raison de mentir sur une agression sexuelle si elle n’avait pas identifié sa cible comme étant riche et célèbre. Cela est vrai. Mais c’est, là encore, oublier la possibilité, qui n’est pas mince, que le casier de DSK résonne vide à cause de sa richesse et de sa célébrité. Or, un casier chargé aurait rendu les accusations de la plaignante formidablement plus solides. Et, soyons clair, les éléments s’accumulant contre DSK ont tendance à former l’image d’un homme qui ressemble plus à un multirécidiviste qui se pense invincible parce qu’il a toujours échappé à la sanction (grâce à sa richesse, sa puissance, sa célébrité) qu’à un honnête homme qui ne comprend pas ce qui lui tombe sur la gueule.

L’accusation de Nafissatou Diallo est crédible. Personne ne peut prétendre le contraire sérieusement. Mais pour le procureur elle ne passerait probablement pas le doute raisonnable.

Il faudrait donc en rester avec l’idée que cette femme de chambre, en l’espace de sept à neuf minutes, s’est brusquement donnée à DSK, qui, cela tombe bien, en avait envie.

Ce qui pose deux problèmes.

Pour résoudre le premier problème, celui de l’envie de DSK, il est raisonnable, d’après ce que nous avons appris depuis trois mois, de considérer qu’il a envie tout le temps.

Et, le laps de temps faisant foi, on peut même dire qu’il est constamment au bord de l’éjaculation. Je dis cela pour les femmes qui croiseront la route de DSK désormais. Sachez qu’il n’est qu’à quelques petites minutes de vous éjaculer dessus. Ce n’est donc pas le moment de trébucher et de vous fouler une cheville.

Concernant le deuxième problème et étant donné que DSK n’est pas forcément le plus bel homme de la planète et étant donné la nature de la relation sexuelle, il convient de considérer que la brusque excitation de la femme de chambre soit liée à une célébrité et une importance qu’il aurait revendiqué. Pourquoi pas. On sait que cela plaît à certaines femmes. Plus spécifiquement les femmes journalistes. Mais pourquoi pas les femmes de chambre ?

Néanmoins, il nous faut alors consacrer l’idée que Nafissatou Diallo tombe sous le charme de l’auto-proclamé célèbre et puissant DSK en moins de neuf minutes, qu’elle lui fait durant ces neuf minutes une petite fellation les yeux béats d’admiration mais que, moins d’une demi-heure après, ses petits yeux doux se remplissent brusquement de haine et se plissent de duplicité lorsqu’elle le dénonce pour l’avoir agressée à sa direction.

Or, dans ce laps de temps entre les faits et la dénonciation, on lui aurait appris le nom et la fonction exacte de DSK selon certaines sources. Ainsi, en quelques minutes, aurait pu germer un plan diabolique. Elle se serait ensuite recroquevillée dans un coin et aurait joué la victime. Et cet étonnant machiavélisme de sa part serait crédible car elle aurait menti aux policiers avec aplomb sur son passé. Et qu’après avoir menti sur un viol pour obtenir sa demande d’asile, on peut mentir sur un viol pour obtenir deux ou trois sous afin d’agrémenter son quotidien de femme de chambre et de mère célibataire.

Et que ce n’est finalement que par une coïncidence incroyable que ce plan tombe sur un type qui a lui-même un passé relativement ténébreux dans ses rapports avec les femmes.

L’autre possibilité, c’est de considérer que Nafissatou Diallo savait très bien dans quelle chambre elle entrait ce jour-là. Qu’elle avait déjà son plan en tête. Celui de séduire DSK. Puis de l’accuser de viol. Afin de récupérer un beau paquet d’argent.

Pourquoi pas.

Absolument rien n’indique qu’elle savait sur qui elle allait tomber en cette matinée new-yorkaise, certaines preuves attesteraient précisément de l’inverse, mais pourquoi pas…

Mais, dans ce cas-là, toutes les incohérences que les semi-demeurés qui défendent DSK sperme et ongles se sont amusés à recenser apparaissent comme des erreurs grossières. On me dira que cette femme de chambre n’est qu’une femme de chambre, pas Arsène Lupin. Et qu’elle a peut-être sous-estimé le bordel que son accusation allait générer. Mais, si on part de l’idée que la femme de chambre n’est pas une manipulatrice de premier ordre, si on part de l’idée qu’elle n’est pas une bonne comédienne, pourquoi se complique-t-elle la vie ? Qu’elle ne pense pas que son coup de téléphone à un criminel soit écouté, très bien. Mais pourquoi ne va-t-elle pas, pile après son rapport sexuel avec DSK, le dénoncer ? Ce serait le plus logique. Le plus vu à la télé. Pourquoi va-t-elle prendre le temps de faire une autre chambre ?

Afin que ses accusations ne soient pas trop parfaites ? Qu’il y ait un peu de vie là-dedans ? Très bien. Mais dans ce cas, si elle a cette intelligence là, pourquoi le coup de téléphone en prison ? Elle n’aurait pas pensé être écoutée et qu’on allait par ce biais découvrir ses petits secrets ?

Oui, pourquoi pas, si on veut.

Je n’y crois pas une seconde pour ma part.

Je ne pense pas qu’on puisse y croire d’ailleurs.

Ni moi ni quiconque.

Quoiqu’il en soit, quoiqu’on en pense, je ne peux pas être d’accord avec l’idée que renoncer au procès était la seule solution. Que DSK ait de la marge pour s’en sortir, bien sûr, je ne disais pas l’inverse deux jours après les faits donc je ne vais pas changer d’avis maintenant. Mais il n’en demeure pas moins que, même s’il faut l’unanimité des jurés au-delà d’un doute raisonnable, l’affaire aurait pu être portée devant la justice sans être ridicule ou même sans être perdue d’avance. Et rien n’oblige le procureur a ne partir qu’avec la certitude absolue d’être vainqueur. Peut-être que, si l’accusé était moins célèbre et riche que DSK mais avec un niveau de doute équivalent à celui de cette affaire, le procureur se serait désisté. Ou pas. Je n’en sais rien.

Mais ce que je sais, c’est que lorsque l’accusé est riche, puissant et célèbre, c’est précisément le moment pour y aller. Car il aura les ressources pour se défendre. Car on prendra le temps d’aller au fond des choses. Parce que vivre dans un hôtel particulier dans New-York n’est pas si horrible que cela. Parce que le déni de justice n’est pas un facteur de paix sociale, particulièrement quand une affaire oppose un puissant à une moins que rien.

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Outreau, ville morte

Journalisme — Article écrit par le 1 juin 2011 à 9 h 38 min

Nous ferons notre travail quand l’État nous dira de le faire.

C’est ce que Ruth Elkrief s’est dépêchée d’expliquer avec d’autres mots.

Il faudrait donc qu’il y ait plainte pour qu’un journaliste se saisisse d’une affaire de mœurs touchant un homme politique.

Tout cela démontre une remarquable hauteur de vue.

Et c’est très exactement sous ce doux régime médiatique que la petite affaire de Dominique Strauss-Kahn a pu prospérer pendant des années.

Ce doux régime a un nom, l’omerta.

La vie privée des hommes publics ne nous concerne que quand elle influe sur la conduite des affaires de l’État ou qu’elle porte atteinte à l’intégrité d’une personne

Ce qui ne l’empêche pas de reconnaître en discuter dans les dîners parisiens sous le sceau de la confidence. C’est que cette histoire d’ancien ministre attrapé en pleine agapes au Maroc avec des boxeurs thaïlandais de quarante ans est aussi vieille que la réputation d’harceleur sexuel de Dominique Strauss-Kahn dans le microcosme parisien.

Dans le même temps on passe aujourd’hui au crible une note de nuit d’hôtel en Tunisie d’un ministre actuel.

Et la presse entière lui tombe dessus pour ça.

Pour le ministre et sa chambre d’hôtel en Tunisie on peut le soupçonner d’être entré, comme d’autres, dans un système de don/contre-don (auquel les journaliste succombent chaque jour sans qu’ils ne se dénoncent fiévreusement) avec le régime tunisien. Mais dans l’affaire marocaine, on peut se demander comment un ancien ministre de la France n’est pas tenu par les couilles ensuite si l’affaire est réelle. Et ce aussi bien par les autorités marocaines que par les autorités françaises de l’époque d’ailleurs. Ce qui peut poser également quelques questions sur sa conduite des affaires de l’État-département-commune par la suite.

Sans compter que, quitte à un avoir un incompétent au pouvoir, je préfère personnellement en avoir qui ne soit pas un porc arrogant se croyant intouchable.

Quant à porter atteinte à l’intégrité physique d’une personne, chacun tirera la conclusion qu’il veut entre toucher un jeune garçon et ne pas payer sa note d’hôtel.

Sur RTL Alain-Gérard Slama et Élisabeth Lévy s’appuient mutuellement en agitant un retour de l’ordre moral.

Dans les chaumière de France l’évocation du retour de l’ordre moral fait frémir les plus petits comme les plus âgés. On se serre auprès du feu et de la TSF, on ferme les volets et on attend fiévreusement la suite des événements. Celui-dont-on-ne-prononce-pas-le-nom est de retour ! La pédophilie, le viol, l’agression et le harcèlement sexuel faisant partie, comme chacun sait, du quotidien des familles de France, comment celles-ci vont-elles pouvoir continuer à vivre tranquillement avec, désormais, cette peur du retour de Celui-dont-on-ne-prononce-pas-le-nom ?

Outreau est déclarée ville morte.

Heureusement, d’ailleurs, que les journalistes n’ont pas enquêté à l’époque sur la célèbre affaire d’Outreau.

Pas d’ordre moral !

La pédophilie ne serait pas de la vie privée ?

Que Luc Ferry aille le dire à un juge lance alors Élisabeth Lévy !

Et ensuite, vous du petit peuple, vous pourrez enfin être au courant de ce qui n’était jusqu’ici une rumeur agitant notre microcosme. Rumeur sur laquelle nous n’avons jamais enquêté jusqu’à présent, alors que l’histoire était racontée depuis des années avec, en point d’orgue, le fait que l’affaire ait été étouffée par le Maroc et la France. Ah, en France, le journaliste sait respecter le travail d’étouffement bien fait. Il applaudit. Et se moque ensuite des impudents qui évoquent l’affaire publiquement, allez le dire à un juge si vous l’osez !

Délation ! Délation !

Le monde journalistique est un monde où pour avoir ses infos on n’enquête pas. Ou exceptionnellement. Pourquoi ? Parce qu’on préfère recueillir des confidences. Des journalistes en vue en font très régulièrement des livres d’ailleurs. Ils ne feront jamais des livres d’enquêtes. Ils ne savent pas faire. Et puis il faudrait peut-être sortir des dîners parisiens. Imaginez… Et comment les obtenir, ces confidences ? En étant pote avec ceux qui savent et qui vous confie aimablement leur savoir.

De temps en temps on révèle ces confidences. Parfois non. Il est tellement bon d’être dans l’élite qui sait ce que le commun des mortels ne sait pas. D’être, au moins un peu, dans le pouvoir.

Jean-François Kahn en est un exemple parfait parce qu’il n’a pas, contrairement à d’autres, le soin de cacher ses accointances ou de renier sa fascination pour le pouvoir. On lui reconnaitra ça. Journaliste, il est également, de manière parfaitement déclarée (il a été candidat) et dans le même temps, homme politique.

La chose est ubuesque.

Elle n’a pas choqué grand monde.

Tout ensemble.

Jusqu’au bout.

D’ailleurs, Élisabeth Lévy le craint, la vie privée des journalistes sera la deuxième ligne touchée par ce grand déballage.

Cette petite crainte cache malaisément ce qui doit être un tombereau d’histoires plus ou moins glauques et peut-être délictuelles dans la profession.

Une raison supplémentaire pour tenter de faire tenir la baraque, de garder le bateau à flot pendant la tempête venue d’Outre-Atlantique. Alors ceux qui, comme Luc Ferry, tendent naturellement à être porté par le vent, il faut les anéantir. Ainsi, dans la même émission, on fera subtilement référence à la délation pendant la seconde guerre mondiale. Subtilité qui, d’habitude, fait bondir Élisabeth Lévy. Mais là non. Il faut de la solidarité dans les coups durs. Tous ensemble. Jusqu’au bout.

Les journalistes s’élèvent avec facilité contre les policiers qui abusent de leur autorité et de leur pouvoir. Ils fustigent bien souvent ces français moyens à qui on confie le pouvoir de les emmerder, eux, avec un simple badge. Mais quand il s’agit de personnages puissants, là, étrangement, évoquer leurs abus de position dominante est nommé délation. Et ceux qui dénoncent ces abus sont, au final, ridiculisés. Quand on prend la peine d’en parler. Ce qui, jusqu’à qu’il y a presque un mois, n’était pas le cas.

Cette manie de singer les puissants, de partager des confidences avec eux, de coucher avec eux même, cette facilité de se sentir important par la proximité plutôt que par l’affrontement, voilà la maladie du journalisme français.

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De la présomption d’innocence

Droit — Article écrit par le 30 mai 2011 à 7 h 11 min

Qu’est-ce qui choque dans le rappel quotidien du respect de la présomption d’innocence de Dominique Strauss-Kahn ? Mon ami XP est choqué par la présomption d’innocence. Pour ma part je suis choqué par l’injonction qui nous est faite de la respecter.

Il n’y a rien, a priori, dans le principe de la présomption d’innocence qui puisse me déranger. Je suis très heureux, par exemple, que la charge de la preuve revienne à l’accusation. Ou bien que le doute profite -en théorie- à l’accusé.

Maintenant il se trouve qu’en France, parce que nous sommes le pays de la limitation de la liberté d’expression et que nous avons des idées à défaut d’avoir du pétrole bon marché, le principe de la présomption d’innocence sert également à protéger la réputation d’innocence des accusés. C’est à dire qu’il convient non seulement que le mis en examen bénéficie de la protection de la présomption d’innocence dans toute la procédure judiciaire à son encontre, mais également en dehors, sur les marches du palais de justice, dans les rues adjacentes à ce palais de justice, dans le café du coin, dans les studios de télévision et, au final, dans la France entière.

Je viens de voir que quelqu’un en parle déjà très bien ici.

Il convient donc d’user de savantes précautions oratoires pour parler de l’accusé afin de ne jamais mettre en péril sa réputation d’innocence. Et ce jusqu’à ce qu’un jugement de cour statue autrement. Certains tentent même de faire préserver leur réputation d’innocence jusqu’à épuisement des voies de recours. C’est à dire des années et des années après que l’affaire ait commencé judiciairement, et ces mêmes années après que l’affaire ait atteint son plus haut médiatique. Si on rajoute à cela l’impossibilité qui est faite, ensuite, de rappeler qu’untel ou untel a été condamné selon le principe de réhabilitation légale ou judiciaire, le laps de temps pendant lequel un coupable aura été clairement identifié comme tel peut être en vérité très court.

Je viens d’écrire le mot de vérité ?

Certes, la vérité judiciaire n’est pas la Vérité. Personne ne pense cela. Il n’en demeure pas moins que c’est un moyen plus certain pour tenter de parvenir à cette satanée vérité que la lecture d’articles de presse rédigés par des journalistes.

Il est également certain que la présentation d’un accusé menottes aux poignets et sévèrement entouré par plusieurs policiers porte gravement atteinte à cette idée que la vérité des photos de presse se révèle généralement moins juste que la vérité judiciaire établie après un procès avec des débats contradictoires, des témoins ayant prêté serment et des preuves matérielles.

Plus encore, on peut considérer que le fait que le monde médiatique fasse d’un accusé un portrait essentiellement négatif pourrait être de nature à troubler le respect du principe de la présomption d’innocence lors du procès. On sait par exemple qu’entre un accusé lambda qui arrive directement de sa cellule entre deux gendarmes et un autre accusé lambda qui vient de garer sa voiture à côté du palais de justice, la perception de l’accusé par les jurés se retrouve totalement différente et que cette perception ne joue pas pour rien dans l’intime conviction qui se forge tout au long d’un procès.

Voilà pourquoi, par exemple, je me suis élevé ici contre les Juges des Libertés et de la Détention qui s’occupaient en dehors de toute légalité d’évaluer la densité d’un dossier d’un mis en examen pour savoir s’ils allaient le laisser en liberté avant son procès ou non. Il ne faut absolument pas donner l’idée aux jurés qu’arriver devant eux entre deux gendarmes est un signe préalable de culpabilité. Il faut, bien au contraire, qu’ils sachent avec certitude que l’homme entre deux gendarmes qui se trouve devant eux n’a pas été préjugé et que c’est en dehors de toute appréciation sur l’épaisseur d’un dossier qu’il ne se présente pas libre à son procès.

Or, il ne faut pas se méprendre, on peut très bien imaginer que présenter un accusé entre deux policiers, menottes aux poignets, dans de nombreux journaux, écrits ou télévisés, ait un effet comparable.

Il me semble absurde de nier cet effet possible.

Mais il me semble encore plus absurde que de vouloir le contrer en censurant les médias.

Premier argument, tenter de museler la presse a des effets pervers qui sont hautement dommageables. Et certainement plus encore qu’une photo d’un accusé avec des menottes aux poignets. Il y a tout d’abord le risque qu’on suspecte les élites -ou ce qu’on nomme le monde médiatico-politique. Ces élites mêmes qui sont presque les seules à se faire filmer quand elles se font arrêter. Suspecter de quoi ? De chercher ainsi à se protéger. D’autant que ceux qui n’appartiennent pas à cette élite capable de défendre sa présomption d’innocence dans les médias n’auront pas le droit aux mêmes égards de la part de la presse. Ensuite, on peut imaginer que ce système encourage un certain nombre de victimes à préférer fermer leur gueule plutôt que de porter plainte lorsque celui qu’elles mettent en cause est une personnalité. La publicité d’une plainte, d’une arrestation et/ou d’une mise en examen est, dans le cas d’un plaignant s’attaquant à une personnalité, une garantie d’un procès équitable et, allons plus loin, d’une bonne justice tout simplement.

Deuxième argument, cette médiatisation n’a pas forcément un sens univoque. On peut ainsi fort bien imaginer que ce traitement médiatique peut également susciter chez les jurés de l’empathie ou de la sympathie pour celui qui doit le subir.

Maintenant, on me répondra qu’on peut toujours, par principe, déclarer que cet étalage est à porter au préjudice de la défense. Pourquoi pas ? Ainsi, aux États-Unis, il serait formellement interdit au procureur de faire filtrer dans la presse des éléments du dossier pénal monté contre un accusé. Cette pratique porterait atteinte à l’obligation d’avoir un procès équitable. Et une même obligation est faite à toutes les parties. C’est un postulat. Dans le cas de figure qui nous occupe, il n’y aurait donc qu’à s’arranger pour que l’accusé ne soit pas en état d’être filmé ou photographié de manière considérée dégradante. On le fait sortir par une porte dérobée. Ou avec une voiture aux vitres opaques. Etc.

La différence principale ici étant qu’on ne cherche pas à museler la presse mais qu’on tente de fermer le robinet à la source.

Ce qui me semble être une chose tout à fait différente.

Et, oui, je pourrais concevoir un système tel que celui-là.

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Des plumes noires qui trainent

Actu — Article écrit par le 21 mai 2011 à 2 h 01 min

Edit : ceci est une compilation des commentaires d’Aquinus tirés de ce fil, assemblés ici pour..la postérité, tiens. [ndIS]

Un grand prêtre qui a désacralisé le totem, c’est magnifique comme formule, c’est exactement ce phénomène religieux qui vient de se produire et que j’essayais de décrire. Je paierais un mois de salaire pour pouvoir passer une soirée avec René Girard pour en discuter avec lui, il aurait des choses passionnantes à dire là-dessus et il doit assez bien voir l’avenir cet homme-là. Nous avons besoin de prophètes.

Si je me souviens bien des lectures girardiennes, il vient de se produire une sorte de crise mimétique qui va faire que les totems, les tabous, les garde-fous ont sauté ce qui devrait normalement libérer la violence. Ce qui est fascinant c’est que pour l’instant tout est calme – silence complètement assourdissant je le répète des associations antiracistes, alors que les Guinéens du Bronx sont en furie. Ça ne peut pas durer. Rien vu non plus du côté des musulmans. J’ai entendu Soral, il est incroyablement mou sur le sujet par rapport à d’habitude, parce que sa grille de lecture a volé en éclats. Tous les repères ont changé, tout a basculé et va se recomposer graduellement.

Non c’est pas une crise mimétique qui vient de se produire, elle est devant nous au contraire. C’est plutôt l’inverse du meurtre fondateur girardien: un meurtre symbolique et déconstructeur.

J’attendais ce genre d’événements, comme d’autrres ici je savais d’instinct que ce sont ces événements qui font en fait l’Histoire et que tout le reste est déjà écrit et presque descriptible à l’avance, tout SAUF ces black swanns complètement imprévisibles. Même un Sarko ne pouvait pas imaginer que la connerie de DSK serait aussi grosse, et même lui ne va pas contrôler les conséquences.

Je suis en train de réaliser, vu les réactions depuis 5 jours, que le séisme a eu lieu, que le FN sera dédiabolisé et que la gauche aura définitvement perdu sa majesté morale; mais les gains électoraux ne peuvent déjà plus permettre un renversement de l’Histoire politique à eux tous seuls. Y’aura toujours au moins 20% d’assistés qui ne peuvent plus vivre sans la gauche, donc eux non pas le choix + les immigrés qui eux pour des raisons de conquête voteront aussi toujours à gauche. Ils ont un socle dur innamovible de 30%, puis 35%, 40%…

Les coups les plus durs viendront de l’extérieur. A force d’exporter des barbares islamisés, des terroristes, des violeurs et des êtres immoraux aux quatre coins de la planète, je pense que les peuples normaux vont finir par en avoir marre. En premier lieu les Américains, qui désormaient nous traitent comme un pays délinquant, nous comparant au Pakistan et mettant des gardes armés autour de notre ex-futur président pour éviter qu’il ne trouve asile chez les fous (le juge a été très clair). Puis d’autres pays suivront. Il va devenir très compliqué de se prétendre français, et c’est comme ça que le Frankistan périra. Paradoxalement « notre » rôle à nous sera peut-être de constituer nous aussi un bloc de 30% qui rende impossible que le Frankistan ne puisse retrouver une puissance sur de nouvelles fondations nationales en défectant corps et âmes pour une tout autre civilisation (annoncé par Jean Daniel dans le Nouvel Obs, même s’il ne comprend pas la signification de ce qu’il a dit), par exemple en étant une sorte de seconde Algérie, en plus puissante et riche. Notre rôle sera peut-être de faire échouer cette (horrible) renaissance nationale là, et le séisme DSK nous y aidera.

Il y a aussi une autre théorie de ce black swann qui me vient à l’esprit et je ne sais pas où en parler d’autre qu’ici. J’ai entendu un fou à gauche, lancer comme une bouée à la mer pour éviter la noyade complète, que c’était peut-être une nouvelle Affaire Dreyfus.

Je me suis d’abord dit qu’il était fou. Mais en fait, nous avons peut-être au contraire une anti-affaire Dreyfus planétaire, voire une « affaire Dreyfus à rebours », je ne sais pas trop comment le dire.

Ca n’est plus la « droite » qui complote pour faire d’un juif innocent un coupable, mais la « gauche » qui complote pour tenter de faire d’un juif coupable un innocent.

Ca n’est plus la « droite » qui utilise l’antisémitisme pour forcer la culpabilité d’un juif innocent, c’est la « gauche » qui (risque) d’utiliser l’antisémitisme pour forcer l’innocence d’un juif coupable.

Ca tient la route.

Et la suite?

Ca n’est plus la France qui se déchire et entame sa guerre civile suite à l’innocence prouvée de Dreyfus, c’est la France qui se relève et entame sa renaissance suite à la culpabilité prouvée de DSK?

Ca n’est plus l’antisémitisme qui prend une claque et se vengera plus tard dans des proportions énormes, c’est l’antisémitisme qui fait pschiit et va aller decrescendo, cessant d’être le polarisateur de notre vie politique?

Il est possible très paradoxalement que cette affaire contre toute attente, éteigne l’antisémitisme en Occident pour de bon, et du même coup son jumeau l’arme gauchiste de l’accusation d’antisémitisme.

http://www.rue89.com/2011/05/20/affaire-strauss-kahn-pourquoi-lextreme-droite-na-pas-degaine-204699

Ces gens-là Rue89 ne sont pas si cons qu’ils en ont l’air, cet article ne va pas au fond des choses loin s’en faut, mais l’intuition est la bonne. Les plaques tectoniques ont bougé.

A un moment donné l’affaire va aussi impacter Israël mais comment? je vois pas le lien, je vois pas. Il nous manque des éléments.

Ici:

http://www.lefigaro.fr/international/2011/05/21/01003-20110521ARTFIG00001-les-guineens-du-bronx-reclament-justice.php

L’islam risque d’être un pivot dans l’affaire, et alors tous les éléments seront réunis. L’accusation va probablement l’utiliser comme une preuve de moralité de la victime, et jouera même sur le très fort tabou social du viol dans la communauté islamique guinéenne de la ville. Bronfman contre-attaquera maladroitement et il y aura peut-être un scandale mondial; c’est ça, lors de l’échange pendant le procès lié à la question islamique, un clash judaïsme-islam planétaire va prendre de l’ampleur.

Quelles seront les conséquences? les musulmans vont s’en glorifier, ils vont tenter de dire que ce sont eux qui ont permis l’arrestation de DSK, que leur morale va sauver le monde, islam vs FMI. Alors qu’en fait, c’est la grandeur d’âme de cette femme, son amour, son calvaire, qui en sera la cause. Le processus est plus chrétien que musulman, mais cela personne ne le verra.

Est-ce que par transfert déjà entamé mais achevé, comme un pivot, le fardeau de l’antisémitisme passera ainsi comme par magie de l’Occident à l’Islam, et celui-ci ne va-t-il pas prendre le risque insensé de s’en glorifier, de s’en revêtir et de parader? si c’est cela, c’est une sorte d’affaire Dreyfus islamique que nous avons là. Israël sera attaqué? DSK se réfugiera-t-il en Israël?

Soit je suis fou, soit j’ai de sortes de prémonitions délirantes. Je dois être fou.

Je remarque qu’avant les black swanns l’Histoire est floue, j’avais depuis un moment la sensation que nous étions devant un « mur de l’Histoire », on pressentait que les choses allaient basculer mais il était impossible de savoir comment.

Mais dès qu’un black swann surgit, comme nous sommes tout proches et juste après la lumière divine de ce qui fait l’Histoire, on peut essayer de la lire. Les Historiens sont ceux qui décriptent ce qu’il est possible de voir à la suite d’un black swann, ils ne font que retranscrire, et plus on s’éloigne dans le temps plus on retombe dans le brouillard, parce que l’impulsion originelle s’est éloignée de nous. Mais les vrais moteurs de l’Histoire sont toujours cachés et irrationnels, car ce sont les black swanns. Aucune science ne peut les anticiper ni les expliquer.

Il faudrait le vérifier.

Quels autres black swanns célèbres connaissons-nous? juste après eux, il faudrait étudier ce qui s’est passer juste après eux, je veux dire ce serait intéressant. En termes d’essais, de grandes découvertes, de saints, de guerres.

Le moine allemand Luther qui placadre son bout de papier sur la porte en bois d’une Eglise, ça c’est sûr c’est un black swann. C’est irrationnel et ça change le monde, ça n’a pas de sens mais ça va donner un sens à l’Histoire.

Mais peut-être que j’enfonce des portes ouvertes avec ces théories à la noix.

95 thèses ça ne veut rien dire, c’est complètement con, sur une porte en bois à Augsburg en plus, c’est idiot. C’est un peu comme un patron juif et socialiste du FMI qui force une femme de chambre peul et musulmane dans un Sofitel avant d’aller déjeuner avec sa fille sur la 5e avenue, ça n’existe pas des événements comme ça. Ca ne peut pas exister, personne ne peut y croire. On n’y croit que parce que Dieu nous force à regarder les conséquences. Les plus rationalistes sont ceux qui croient aux théories du complot, parce qu’ils ne croient pas leurs yeux mais seulement leur cerveau.

On a dû accuser des gens de complot à l’époque de Luther, on a dû à l’époque penser à des machinations, des plans secrets, non?

il y a 5 jours on ne voyait que des contradictions, on les décortiquait dans tous les sens mais on était encore dans l’illusion Fukuyamesque de fin de l’histoire. Donc quelque part un BS éclaire.

On peut lire désormais plusieurs futurs. L’Histoire est relancée à plein bâtons, comme un élastique sur lequel on aurait tiré, tiré tiré et qui vient de lâcher. Il doit être possible à certains de mieux voir que nous. Il doit y avoir des êtres humains capables en ce moment de lire l’avenir presque comme dans un livre. Ce sont les prophètes.

Le dernier BS avant celui-là? 9/11 on est d’accord? ils sont liés, le précédent avait préparé celui-ci, ils sont tous les deux à NYC d’ailleurs, ce qui est assz inouï. Y’aura peut-être d’autres répliques bientôt.

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« J’en veux »: communiqué d’Hystérix

Peluche — Article écrit par le 17 mai 2011 à 17 h 15 min

Edit : l’attaché de presse d’Hystérix avait jugé ce texte trop prématuré et léger pour qu’il soit publié, mais devant les propos des amis décomplexés de DSK, sa valeur n’en est que sublimée…

Lundi matin.

Je ne veux pas savoir ce qui c’est réellement passé avant-hier, samedi, dans la suite nuptiale 2806 du magnifique hotel Sofitel de New-York, New-York, USA.

Je ne voudrai toujours rien savoir tant que mon ami DSK n’aura rien dit, mais d’ici là, je vais quand même dire ce qu’il faut en penser; les amis, ça sert à ça.

D’abord, les femmes de ménage n’arrivent jamais seules, et ne rentrent jamais sans frapper, il n’y a que les call-girls qui font ça, nous le savons tous dans le milieu. Alors faut pas s’étonner. Et oui, moi je vis dans le réel on va pas me la faire, mais le bouseux moyen il sait pas ça, il faut tout lui expliquer. En tout cas, si ce genre de quiproquo ce reproduit, je ne retournerai pas au Sofitel, et toc.

Je ne ferai pas non plus de basse astrologie en observant que le numéro de la chambre ne correspond à rien et qu’il faudrait donc en déduire qu’il ne c’est rien passé, et patin et couffin. (mais bordel, qu’est-ce que je raconte ? )

Ce que je sais c’est que rien n’autorise qu’on jette Domi aux chiens, il a les moyens de payer, qu’elle soit une prostituée ou pas, consentante ou pas, il va pas nous emmerder le petit personnel, même qu’elle est laide parait-il et qu’elle a une enfant à charge, alors elle prend la l’argent et elle se tait poliment, non mais on rêve ou quoi, c’est QUOI CE MONDE DE FOUS ?

Ce que je sais c’est que mon ami Domi, même mal rasé, il en reste très digne, mais que ce n’est pas une raison pour passer les images en boucle, même si il fait tout de même très bad boy sexy avec ses menottes.

Ce que je sais aussi ( j’en sais des trucs alors que rien n’a filtré, hein !) c’est que la femme à Domi est merveilleuse, jolie, bien née, excellllllente journaliste, et que tout ça la salit et que c’est dégueulasse de salir les femmes de mes amis, surtout si c’est pour faire plaisir aux gueux qui ont des femmes moches et pauvres et pas courageuses et même pas journalistes.

Ce que je sais encore et surtout c’est que mon ami Domi est un vrai ami, et depuis 25 ans que c’est un vrai ami pour la vie, et qu’avoir un bon bon copain il n’y a rien de plus beau au monde. Donc Domi il est clean, il est fidèle, il est humble, il trompe pas sa femme sans son autorisation, c’est un grand séducteur dans la lignée des Don Juan Casanova, que les femmes le lui rendent bien, sinon, c’est des coincées qui ne savent pas reconnaitre les vrais Don Juan. Ça je le sais.

J’en veux au juge américain. D’être juge. D’être américain. En France ça se passerait pas comme ça. On est civilisé en France. Mes amis n’ont jamais de problèmes avec la sainte justice français ou avec la sainte presse française. A laquelle j’appartiens. C’est dire. Car non, DSK n’est pas un justiciable comme les autres. Il appartient à la catégories des non-justiciables. C’est subtile, j’en ai conscience, mais faites un effort je vous en prie, vous n’êtes pas américains quand même ? C’est absurde de devoir répéter des évidences comme celles-ci.

J’en veux à ce système, où une bête femme de chambre, de couleur en plus, et même pas sans-papiers, peut trainer dans la boue un homme comme mon ami Domi, alors qu’elle n’a aucune relation, ni diplôme, ni carte VIP. C’est sidérant.

J’en veux à cette presse de caniveau qui ose relater les faits, j’espère qu’elle a honte d’elle-même et qu’elle s’excusera devant la sainte presse française qui sait se tenir, elle, et qui, même lorsque tout le monde est au courant de trucs même pas vrais, n’a jamais écrit une ligne sur mon ami Domi autrement que pour le vendre comme le futur président du groupe France. Ça c’est de la presse ! La preuve, j’en fait parti.

J’en veux en France aux opportuns qui se jettent là dessus comme des chiens, ils n’écoutent pas ce que je dis, c’est moi qui dit qui sur qui il faut se jeter. Je suis déçu. Je leur en veux, beaucoup. Et ils n’essayent même pas de rentrer dans l’Histoire avec des textes de Zola de bistrot étudiant.

J’en veux aux sous-fifres à ceux qui osent écrire que le système politique français doit rebattre ses cartes. C’est absurde. C’est indécent. Même coupable, je ne vois pas pourquoi Domi ne deviendrait pas Maitre du Monde France comme c’est écrit dans mes éditos. C’est n’importe quoi. Il faut changer la presse. Mais pas comme les américains. Enfin vous voyez.

J’en veux à Bernard Debré d’oser écrire des éditos nuls sans me demander mon autorisation. C’est mon idée les éditos nuls.

J’en veux à cette autre fille de petite vertu qui ressort un vieux dossier. On n’a pas le droit de ressortir des dossiers, ce n’est pas comme ça que l’on fait en France. On me demande d’abord.

Et puis je suis tout chamboulé que cette affaire suscite des commentaires d’ordre politique. C’est absurde. Ça n’a rien à voir.

La gauche na rien à gagner à perdre Domi, mais tout à perdre si elle ne gagne pas..(heu ..?)

La Fraônce qui lui doit tout à mon ami Domi ! Son sourire, son charme, sa prestance, ses sacrifices, son avenir, même (oui, je sais cette syntaxe est absurde, mais j’aime quand c’est lourd et incohérent, je trouve que ça en jette). Salope ! Mal baisée !

Et puis surtout l’Univers Intergalactique, menacé de faillite, et qui ne doit sa survie qu’à mon ami Domi et ses idées géniales de crédit revolving à l’échelle sidérale, il fallait y penser quand même ! Tant pis pour vous si vous ratez le coche.

C’est simple, d’un côté vous aviez les méchants, de l’autre, Domi. D’un côté, les riches arrogants et de l’autre, Domi, l’ami des pauvres, qui confond, peut-être je dis bien peut-être, une femme de chambre avec une prostituée à 3000€. Moi j’y voit un signe de son amour des pauvres. Oui, c’est comme ça que je le vois. C’est logique. Il vous faut quoi comme autre signe ? Êtes-vous donc aveuglés par des récits de tabloïds ?

Alors moi je vous le dis, si il y a une crise mondiale et que les pauvre deviennent plus pauvres, il ne faudra pas venir pleurer, ce sera terrible. Il ne fallait pas embêter Domi avec des histoires ridicules et inintéressantes.

PS : Je n’aime pas la presse américaine mais si le Jury du Pulitzer s’honore à me récompenser pour ce papier je passe l’éponge pour cette fois.

J’en veux à mon ami BHL de ne pas s’être mis d’accord avec moi sur les papiers à faire. On demandera à Domi celui qu’il préfère. Na !

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Pourquoi DSK pourrait s’en sortir

Journalisme — Article écrit par le 16 mai 2011 à 14 h 08 min

Premièrement parce qu’aujourd’hui les Experts New-York, dans la vraie vie, demandent un supplément de temps pour récupérer de très improbables traces ADN avant de se confronter au juge. Ce qui pourrait être le signe qu’ils sont encore un peu légers question preuves matérielles. La reconnaissance du patron du FMI par la femme de chambre au tapissage étant tout sauf une preuve de quoique ce soit. Ou bien ce supplément de temps signifie qu’ils veulent bétonner le truc. Mais, en tout cas, il existe forcément une ou plusieurs failles dans le dossier. De ces failles aussi exploitables que du matériel génétique pour les avocats de DSK.

Ce qui est souvent la loi du genre dans ce type d’affaire.

Deuxièmement parce que l’idée du portable oublié était une quasi-preuve, pour un homme tel que DSK (qui doit y passer plusieurs heures par jour), d’une fuite précipitée et désespérée. Quasiment une cavale. Problème, DSK aurait pris le temps de téléphoner à l’hôtel Sofitel pour qu’on lui rapporte son portable. Ce qui aurait permis aux enquêteurs de l’arrêter à temps à l’aéroport. Ce qui peut démontrer trois choses.

  • Premièrement qu’il est innocent. On peut oublier des effets personnels, portable compris, dans un hôtel. Ce n’est pas un crime. Ce n’est pas une preuve qu’on s’est enfui. Ensuite, quand on s’en rend compte, on téléphone à l’hôtel pour essayer de récupérer ses effets personnels. Normal. En ce cas, on peut penser que le témoignage de la femme de chambre peut être totalement inventé, dans l’optique d’un coup monté. La perte du portable, finalement, au lieu d’être un élément à charge, finirait par être un élément à décharge. On peut aussi penser que le témoignage de la femme de chambre a été partiellement inventé, notablement sur l’absence de consentement.
  • Deuxièmement qu’il a un remarquable sang-froid malgré sa libido incontrôlable. Imaginons que DSK s’est bien rendu coupable de cette agression sexuelle et qu’il ait quitté précipitamment le Sofitel. Cela démontrerait d’une panique initiale. Le coup de téléphone à l’hôtel montrerait donc qu’il s’est repris, qu’il a réfléchi aux moyens de se ménager une défense en cas d’arrestation et qu’il a compris qu’oublier son portable sans le réclamer serait un indice compromettant. Donc il téléphone au Sofitel. Tout en sachant, éventuellement, que cela pourrait mener une enquête policière jusqu’à son avion. Même s’il s’imagine peut-être que le temps de l’enquête, avec quelqu’un de sa stature, durera assez longtemps pour qu’il ait le temps de s’envoler pour la France.
  • Troisièmement, si on admet le postulat de la véracité de l’agression sexuelle, qu’il entretient un complexe de toute-puissance. Du genre de celui qu’ont les assassins en série qui, ne se faisant pas attraper pendant des années, développent la certitude d’être invincible. Cette option n’est pas impossible. Si on considère la rumeur et quelques rares témoignages (pour le moment), cela fait des années, des décennies peut-être, que tout le monde sait, qu’il y a des dérapages plus ou moins graves mais que les affaires sont, les unes après les autres, soigneusement étouffées. Il semblerait même, si on suit Bernard Debré (mais suivre un Debré… Enfin…) qu’il avait même une réputation d’agresseur sexuel sur les femmes de chambre précisément à cet hôtel Sofitel de New-York. Information intéressante qui, si elle était confirmée, poserait toutefois la question de « pourquoi l’affaire sort-elle seulement maintenant ? » C’est à dire, pourquoi cette femme de chambre-ci plus qu’une autre ? Qu’est-ce qui a changé ? Est-ce du à la personnalité de la victime ou à d’autres éléments ? Que s’est-il passé entre l’agression (dont l’heure a été subitement avancée par la police) et son signalement au NYPD ? Et aussi de la connaissance -ou non- de la réputation de DSK par cette femme de chambre (qui travaille manifestement dans l’hôtel depuis trois ans) avant qu’elle ne rentre dans sa chambre. Bref, la thèse du coup monté reviendrait en force.

Quoiqu’il en soit, quelque soit l’option que l’on retient, DSK possède une marge de manœuvre.

Même avec du matériel génétique qui lui serait a priori défavorable (ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle) il en aurait une.

L’autre élément qui peut faire penser que DSK n’est pas déjà fichu judiciairement, c’est la tonalité des réactions politiques, notamment au sein du PS. Je ne veux pas croire que les responsables socialistes aient le culot de se déclarer tous « stupéfaits » si les informations qu’ils possèdent sur l’affaire sont exactement ou sensiblement les mêmes que les nôtres. Ce serait un risque politique absurde à prendre. Imaginons que les charges aux États-Unis soient accablantes contre DSK, que les femmes commencent à parler et que les journalistes révèlent que chacun, au PS et dans les salles de rédaction, savait que DSK était non seulement un dragueur mais un dragueur insistant, oppressant et faisant peur aux femmes ? Scénario tout à fait crédible. Eh bien ce serait la révélation médiatique d’une hypocrisie au long cours -et jusqu’au bout- qui pourrait être fatale au parti entier. Donc, il faut que les socialistes sachent quelque chose que nous ne savons pas.

Ou bien que DSK les tient tous par les couilles d’une manière ou d’une autre et que la loi de l’omerta ne puisse encore être brisée.

Cette option n’est peut-être pas si irréaliste que cela. Car, tout en sachant la faiblesse de DSK avec l’argent, les femmes et toutes les affaires étouffées, les socialistes en ont quand même fait un présidentiable ou l’ont laissé apparaître comme tel. Alors même qu’il y avait une forte probabilité que, lors d’une présidentielle, ce genre d’affaires sorte.

Incompréhensible.

A moins qu’il existe une sorte de gentleman’s agreement au sein de l’establishment politique et médiatique tout entier sur ces affaires. Ce qui signifierait que chaque parti à ses déviants, ses freaks et que c’est finalement par chance que Dominique Baudis n’en fut pas un et que c’est peut-être précisément pour cela qu’on a laissé la justice l’emmerder.

Cette hypothèse indiquerait que, si complot il y avait par hasard, il ne viendrait pas de la France. Mais d’un pays étranger. Cela est toujours possible, toujours imaginable. D’autant que tous les agences de tous les États importants devaient savoir très exactement la réputation et les mœurs de DSK et que, comme DSK le disait lui-même fin avril à des journalistes de Libération, s’il devait se faire piéger c’est avec une affaire de ce type qu’il le serait.

Parce qu’elle serait crédible.

Qu’elle collerait avec le personnage.

Le silence actuel sur l’identité et la personnalité de la victime supposée de DSK fait jouer à fond la carte du complot. Le fait qu’elle ait été retirée par la police de New-York des journalistes peut-être mais surtout des avocats de DSK (qui aurait peut-être pu trouver un arrangement financier avec elle) peut également être interprété comme la volonté de faire chuter DSK par les États-Unis.

Mais pour quelles raisons aurait-on voulu faire chuter DSK ?

Passsons.

Les complotistes trouveront toujours, de toute façon, quelque chose pour alimenter le complot. Tout et son contraire. Parfois en même temps.

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La vengeance du Yuan

Actu — Article écrit par le 16 mai 2011 à 10 h 28 min

Comment le monstre a surgi de la douche, comment il a poursuivi sa malheureuse victime dans un couloir, comment il a tenté de la violer dans la chambre, comment il a essayé une autre fois dans la salle de bains, comment la victime s’est échappée, comment le monstre a fui dans un avion d’air France et comment la police de New-York l’y a arrêté. Les Chinois vous expliquent tout en 3D.

Ou à regarder là si la balise vidéo ne fonctionne pas chez vous.

(Merci à RM)

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