Étiquetté ‘Drogue’
H comme haschich
Actu, Alcool & repassage, Sozial — Article écrit par Lounès le 5 avril 2013 à 14 h 23 minDe toutes les drogues le shit est la plus répandue, la plus consommée et la plus banale. Sauf rares exceptions tout le monde a déjà fumé du shit. Et chacun a eu son expérience propre, a aimé, n’a pas aimé, fume encore, ne fume plus. Ainsi tout le monde sur ce sujet possède un avis, avis qui constitue généralement l’avant-propos de débats interminables : « bah chui désolé c’est pas pire que l’alcool attends« , « bah si on peut acheter de l’alcool légalement je vois pas pourquoi il faudrait interdire le shit« , « ça permet de faire vivre l’économie des couches défavorisées et d’empêcher les émeutes », « tu crois qu’un gros beauf ivre c’est mieux? Et la conduite sous alcool tu te rends compte? », « et moi je sais ceci », « et puis aussi cela »…
On pourra quand même rappeler quelques vérités à toutes fins utiles.
Le contrôle horizontal
On commence à fumer du shit parce que la bande d’amis à laquelle on essaie de se greffer en ce début d’année scolaire au lycée est composée de membres qui fument tous déjà. La pire des choses dans une cour de récréation (lieu de socialisation le plus impitoyable qui soit et sur lequel nos bons penseurs ne se penchent pas assez) est d’être un sans-ami. On découvre en soi-même que l’on est prêt à tous les reniements, bassesses et auto-prostitutions rien que pour avoir des amis à qui parler dans la cour. Ainsi on va porter tel type de vêtement, adopter telles expressions orales, faire sien tel ou tel mode de vie en fonction de la pression sociale qui s’exerce dans la cour de récréation. Cette pression ne vient pas d’une autorité verticale qui exigerait quelque chose mais d’un contrôle horizontal, diffus, invisible mais unanime. Dans ce contrôle il y a des règles absolues comme l’antiracisme et aussi des « injonctions à un comportement préférentiel » comme celle qui nous intéresse aujourd’hui et qui dit ceci: « ce serait bien que tu essaies de te mettre à fumer un peu, c’est pas grand chose et ce serait bizarre que tu ne le fasses pas ».
Et c’est parce que les ados cèdent sur cette injonction muette à laquelle ils n’ont pas les moyens de répliquer qu’ils commencent à fumer du shit.
La majorité des fumeurs n’obtient aucun effet positif.
Curieux de ressentir des sensations l’imbécile se met à fumer espérant selon la promesse de ses amis ressentir ce légendaire détachement heureux mais n’obtient généralement qu’une écrasante fatigue, un abrutissement voire des malaises. Et ça c’est lorsque tout se passe bien. Mais sans entrer encore trop dans les détails on peut s’interroger sur les ratés de la défonce que ne peut nier aucun « suiveur », aucun « sans-sans-amis » qui s’est fait chier au lycée et à l’univ avec des cons dont il fallait partager les sales joints pourris. Mais enfin mais c’est nul les joints! Les effets sont complètement anti-festif et anti-sociaux, comment un ado peut-il aimer ça? Le seul effet positif on va le dire c’est que ça augmente nettement les sensations sexuelles. Donc à la rigueur c’est une drogue de chambre à coucher mais putain pas une drogue de fête c’est une évidence.
La drogue pénètre dans la vie d’un individu à l’âge post-adolescent où les nombreux choix qu’il doit assumer exigent toute sa santé et toute sa clairvoyance. A ce titre le shit est un pourrisseur, un anti-vie, un poison dont les effets nocifs s’ils ne sont pas immédiatement visibles, sont cachés et bien réels. Or on continue à fumer surtout pour se conformer à l’injonction générale.
Les troubles mentaux
Les abrutis de fils de gauchistes juraient leurs grands dieux dans toute leur lourdeur et infinie beaufitude orale que « nan mais ouais mais le shit tsé moi je vois y a rien de tel pour bien te calmer pour bien te mettre peace quand t’es un peu sur les nerfs et tout, ça te fait voir les choses plus tranquillement et même physiquement tu le ressens que ça te détend ». 100 pour 100 faux. Le shit est un dépresseur et un déclencheur de paranoïa. Une fille qui fume un joint en société aura systématiquement l’impression que les copines présentes dans la pièce essaient de lui piquer son mec. Un homme aura la certitude que toutes les conversations qu’il entend sont tournées contre lui. Waou c’est super hein? Ça vaut le coup de dépenser son fric pour cette merde hein?
Et si le fumeur persiste dans une consommation régulière voilà ce qui lui arrive à tous les coups: D’abord il va avoir besoin d’un joint le soir pour s’endormir ou après le travail pour se changer les idées. Voilà le plus sûr moyen de se pourrir la vie avec des accès de déprime soudains, une absence chronique de motivation et un avachissement prématuré des traits du visage (regardez la tête d’une fille qui fume 1 joint/jour depuis 10 ans). L’insidieuse dépression et oisiveté mène pour un très grand nombre de personnes à la bouffée délirante: un épisode particulièrement pénible au cours duquel vous perdez le contrôle de vos pensées et émotions. Untel sera persuadé que sa mère est menacée de mort, un autre croira qu’il est poursuivi par des espions, un autre entendra des voix qui lui donnent des ordres, un autre se croira investi d’une mission mystique, un autre verra des monstres qui s’agitent au rythme tachycardien de son coeur… C’est systématiquement des choses horribles.
Lorsque l’on a vécu une bouffée délirante il faut bien comprendre que l’on est un sujet à risque pour la folie totale qui se nomme pudiquement en psychiatrie la schizophrénie. Le shit constitue le passeport, le ticket d’entrée qui ouvre les portes de la folie. Et ce que personne ne dit c’est que lorsque l’on entre dans la schizophrénie on n’en sort plus jamais, c’est à vie. A vie les piqûres, à vie les internements temporaires, les médicaments, les rechutes, l’isolement social, les TOC…
La période qui va de 17 à 25 ans est l’âge où le corps humain, pour des raisons biologiques, est le plus menacé de la survenue d’une maladie mentale. Or c’est précisément l’âge au cours duquel le contrôle parental s’estompe, laissant à l’individu la liberté de se réfugier dans le shit pour fuir un monde de plus en plus hostile (chômage, jobs nuls, déceptions sentimentales, exigences accrues de performance…).
Ainsi lorsque quelqu’un a l’expérience d’une bouffée délirante il doit bien comprendre qu’il faut qu’il arrête complètement le shit, que cet épisode est arrivé parce qu’il est un sujet à risque et non parce qu’il était stressé ce jour là, et qu’il doit cesser toute consommation car il risque à terme la schizophrénie.
Les enculés de dealer
Voir ces Blancs que les cités méprisent faire le voyage en banlieue avec leur argent de poche pour payer très honnêtement comme des cocus cette marchandise qui va répandre la mort et la désolation chez eux a quelque chose d’un peu dégoûtant.
J’ai brièvement connu une sorte de combattant acharné anti-drogue et voici comme il opérait: il dénonçait à la police tous les dealers et consommateurs qu’il voyait. Il rendait visite à un ami et reniflait une odeur de shit émanant d’un appartement voisin? Il y faisait venir la police par appel anonyme. Il était témoin d’une transaction? Il repérait les plaques d’immatriculation, notait les signalements et tenues vestimentaires des protagonistes et il faisait venir la police par appel anonyme. Il savait que untel fumait du shit chez lui? Il appelait la police pour dire que untel fume du shit chez lui. Il appelait ça « sa guerre passive ».
La drogue sème la maladie et la mort et tous les coups sont permis contre elle. Les rares films qui ont abordé ce thème comme « Traffic » de Soderbergh l’ont fait avec la sempiternelle manière menteuse, secrètement amoureuse de la déchéance, et en sur-exprimant la responsabilité de Blancs bien caricaturaux, bourgeois et risibles. Il y a une raison à cela : le trafic de drogue est précisément un avatar de la haine anti-blanc.
La drogue est vendue par des racailles d’en bas (dealers arabes et noirs) mais produite et acheminée par des racailles d’en haut (mafieux et gens crépus) et consommée principalement par des petits blancs de province, des demi-bourgeois fils de parents divorcés, par toute la quintessence des souchiens toujours aussi cons, trompés, vulnérables, bouffés à toutes les sauces.
Le trafic de drogue révèle incroyablement bien de quelle manière opère la fameuse « déchéance » dans le monde blanc: à priori personne n’est responsable, il s’agit d’offre et de demande, de mains invisibles qui se passent une marchandise, on ne peut incriminer personne, en définitive seul le consommateur tout au bout de la chaîne est coupable puisqu’il a accepté avec son libre-arbitre.
En fait la synergie spontanée des 3 acteurs du trafic de drogue (dealers/mafieux/consommateurs) révèle de façon très nette un schéma triangulaire que l’on retrouve identique dans tous les autres avatars de la merde anti-blanc (pornographie, immigration, insécurité, culpabilité de l’esclavage et colonisation…) et ce schéma le voici: des racailles d’en haut incitent des racailles d’en bas à détruire des Blancs qui n’ont fait de mal ni aux uns ni aux autres en leur mettant dans les mains une petite quantité de pouvoir à faire fructifier et transformer en rente.
Que révèle l’affaire Neyret? Qu’un commissaire de police travaillait avec d’étranges mafieux.
Que révèle l’affaire Elmaleh? Que trois frères géraient un trafic de drogue selon un mode opératoire dont les pires caricatures des années 30 s’approchent à peine.
Que révèle l’affaire Afflelou? A peu près la même chose mais avec un jet privé et un opticien connu en prime.
Attention si ce sont des « affaires » c’est parce qu’ils se sont fait choper. Les chopés cachent toujours des dizaines et centaines de « non-chopés ».
Les apparences seules suffisent
Sans même entrer dans ces détails ni chercher les origines, les causes et les commanditaires il était évident au premier coup d’œil que tout ce qui se rapporte au shit ne peut qu’être mortifère. Déjà il suffit d’observer concrètement une feuille de cannabis: cette horreur toute hérissée avec des tentacules qui se déploient qui s’épanouissent de volume à tes dépens comme la demi-sphère crépue « afro » d’un d’enfant métis, cette odeur lourde , le tyrannique régime hygrométrique et solaire dont cette plante maudite a besoin pour exister, les soins dont elle est l’objet par les pires raclures oisives anti-soigneux du genre humain, les dégâts irrémédiables qu’elle cause, les morts violentes, les exécutions, la laideur des lieux ou elle s’échange et se consomme depuis les cages d’escaliers aux chambres d’étudiants et jusqu’à l’enfer glacial et gris peuplé de morts-vivants qu’est Amsterdam, l’idéologie de mort de ceux qui aiment la consommer, la stupidité abyssale d’un Bob Marley etc.
Toutes ces apparences extérieures devraient seules suffire à ne jamais toucher au shit et à lui mener une tranquille guerre passive.
Étiquetté : afflelou, cannabis, dealer, Drogue, haschich, shit
Opium
Citations — Article écrit par Vae Victis le 6 août 2011 à 10 h 43 minA lire en écoutant Opium, poison de rêve
La version de 1931
Celle avec Jacques Dutronc et Bambou de 1992
L’opium ne convient plus aux drogués de notre temps ; il rend lucide, il prédispose à l’ascèse ; il demande du temps, le contraire de ce que recherchent dans les stupéfiants les déracinés de cette fin de siècle : une protection contre leur angoisse et surtout contre la solitude.
L’opium à fumer allait être relégué au rang des curiosités par deux découvertes : la morphine et l’héroïne.La morphine, qui se trouve à un taux élevé dans l’opium, de 7 à 11 % selon la provenance, fut isolée en 1813 par un chimiste allemand sous le nom de « magistère d’opium ». Cette extraction ne présente pas de difficultés. Une providence pour les trafiquants ! Il suffit de dissoudre de l’opium brut, de le mêler au chloroforme, de le précipiter à l’ammoniaque pour obtenir un dépôt cristallin, la morphine rose qui titre à 60 %. Raffinée, elle donnera la morphine pure, le chlorhydrate de morphine, une poudre blanche, fine, inodore.
Pendant la guerre de 1870, les chirurgiens allemands utilisèrent la morphine en doses massives pour soigner les blessés, surtout les amputés. Ils furent suivis par leurs confrères français.
Les premiers drogués à la morphine seront ces anciens combattants qui continuaient à souffrir d’un bras, d’une jambe qui leur manquait, une obsession qu’effaçait le médicament auquel on prêtait alors toutes les qualités. On oubliait ses inconvénients. La mode s’en mêla. Entre 1875 et 1900, les femmes du meilleur monde se réunissaient dans des clubs pour se piquer, au cours de « morphine-parties ». Les joailliers vendaient des nécessaires à morphine seringues dorées dans des étuis d’or ou d’argent. Cela dura jusqu’à ce qu’une autre mode la remplace, celle de la cocaïne puis de l’héroïne.
La morphine est brutale, l’accoutumance rapide, les effets sont désastreux sur l’organisme. Le fonctionnement des glandes à sécrétion interne est perturbé, les centres nerveux et respiratoires sont dérangés, la nervosité devient excessive, la peau se dessèche et se crevasse. Pour les femmes, elle s’accompagne généralement de stérilité.
Une injection de morphine – quatre centigrammes – équivaut à trente-deux pipes chinoises ou seize pipes européennes. Quatre ou cinq injections sont de règle pour le morphinomane, l’équivalent de cent pipes d’opium.
En 1898, on crut avoir découvert le remède miracle quand un autre chimiste allemand isola un corps nouveau par acétylisation de la morphine, l’héroïne, qui tire son nom de l’allemand Heroïsch, « énergique » ; le remède énergique qui guérissait instantanément les morphinomanes.
Effectivement, ceux-ci l’abandonnent pour cette nouvelle drogue aux effets plus toxiques, plus prolongés, à l’accoutumance encore plus rapide.
Bientôt l’héroïne régna sur le monde. Elle continue de nos jours et son trafic rapporte des milliards de dollars à ces gangs internationaux comme la Maffia ou la « French Connection ». Certaines ambassades communistes faisant passer l’héroïne par la valise diplomatique transformèrent le produit de sa vente en placards de publicité à la gloire de leurs « géniaux » dictateurs ! Et toute la presse française bénéficia de cette manne… Même le Monde.Pour résumer, disons grossièrement qu’un gramme d’opium fumé a un certain effet – le même ingéré, cet effet est multiplié par huit, s’il est injecté par quinze. Sous la forme de morphine par cinquante, d’héroïne par cent.
L’héroïne déclenche des impulsions violentes qui conviennent à une jeunesse désemparée à la recherche du coup de poing. Prisée ou dissoute dans l’eau puis injectée, elle crée un état de besoin, accompagné d’angoisses respiratoires si violentes que le drogué ne peut les supporter. Pour échapper à cet enfer, il fera n’importe quoi. Il tuera, il volera. L’héroïne vendue par les trafiquants, heureusement mêlée à du lactose, ne contient que de 5 à 10 % de drogue pure, elle coûte cependant des fortunes et crée un terrible état de dépendance.
J’ai vu au Vietnam l’armée de la toute-puissante Amérique, enfourcher « le cheval blanc », le « White Horse », nom que les G.I.’s donnaient à l’héroïne, et sombrer dans une apathie désastreuse.
A Khé-San, des positions étaient tenues par des soldats tellement « camés » qu’ils tiraient sur les ombres, aboyaient à la lune mais ne voyaient pas arriver les Vietcongs qui les grenadaient dans leurs trous.
Une drogue aux effets désastreux, le « Brown sugar », le sucre brun, mélange de caféine et d’héroïne, mise au point en Extrême-Orient et grossièrement raffinée, devait causer encore plus de ravages.
Ainsi que l’expliqua Chou en-Lai au journaliste égyptien Hekmal, les Chinois, en inondant d’héroïne le Sud-Vietnam et en intoxiquant les G.I’s, prenaient leur revanche sur les Blancs qui leur avaient imposé l’opium. Mais ne vont-ils pas le regretter aujourd’hui quand ces mêmes Blancs sont devenus leurs alliés et les Vietnamiens, passés au service des Soviétiques leurs ennemis ? L’histoire court si vite qu’il est impossible de prévoir ses aléas.
L’opium ne fait connaître aucun paradis artificiel, son approche est difficile (en dehors de toutes les interdictions légales). Il déçoit toujours la première fois. Mais il apaise, supprime la fatigue, donne à l’écoulement du temps son rythme, aux êtres et aux choses leur vraie mesure.
Le drame du vrai fumeur, celui qui fume chaque jour une vingtaine de pipes est le manque, le nghien.L’opiomane a besoin de sa ration de fumée à heure fixe et s’il repousse ne serait-ce que de quelques minutes le moment où il a l’habitude de s’allonger sur son bat-flanc, il connaîtra bâillements, migraines, transpirations et courbatures.
S’il cesse complètement de fumer le nghien s’aggravera insomnies, larmoiements, diarrhées, grande lassitude, nervosité, irritation, qui disparaîtront au bout de quelques jours pour peu qu’il s’aide d’aspirine et de tranquillisants.
Le sage saura se désintoxiquer en diminuant progressivement sa ration, en prenant des gouttes mélangées à de l’alcool ou à une décoction de plantes comme la célèbre tisane chinoise des cent fleurs. Et le nghien restera supportable.
Mais le fumeur gardera le reste de sa vie la nostalgie de la drogue et de ses rites.
Lorsqu’un jour l’occasion se présentera, qu’il pourra retrouver le bat-flanc, le plateau, la pipe et surtout la lumière dorée de la lampe, il connaîtra dès les premières bouffées les sensations, encore renforcées, et la chute n’en sera que plus délicieuse.
Et il s’apercevra qu’il aura vécu deux mois ou dix ans dans l’attente de ce moment.Le vrai nghien vient de l’esprit, d’où le danger. Nguyen Tê Duc écrit : « Pour jouir (de l’opium) continuellement et sans excès, il convient que le fumeur soit raisonnable… qu’il ne dépasse jamais, par curiosité, la limite maximale de la première satiété et même de la simple satisfaction ; il faut qu’il ait appris à fumer en Asie et chez les Asiatiques ; il faut qu’il choisisse un opium loyal et franc et de provenance connue… il faut qu’il ne fume jamais à jeun ni plusieurs fois par jour… il faut qu’il ne se laisse jamais aller à fumer du dross. Il faut tant de choses en réalité pour être sage en fumant que l’on conçoit bien vite que la meilleure manière d’être sage est de ne point fumer. »
Les médecins ayant une certaine connaissance de la drogue admettent qu’un opiomane peut atteindre un âge élevé, en menant une activité sociale ou professionnelle normale, à condition qu’elle n’exige de lui ni présence régulière, ni effort physique trop grand et surtout qu’il n’en abuse pas.
On a dit que l’opium rendait impuissant. Sur ce sujet les avis sont très partagés.
« Comme toutes les autres actions, plus même que les autres actions, l’action amoureuse et tous les hors-d’oeuvre plus ou moins délicats qui la précèdent répugnent à l’adepte de la drogue. En pensée, en parole et en acte, il n’est personne plus chaste qu’un fumeur satisfait. » (Nguyen Tê Duc.)
« Bref, il n’existe pas de maîtresse plus exigeante que la drogue qui pousse la jalousie jusqu’à émasculer le fumeur » (Jean Cocteau.)
Pour être plus précis, il semblerait que l’opium, pris à petites doses, prolonge l’érection chez l’homme, lui permet dans le plaisir une recherche plus savante, mais que l’abus ou l’habitude le désintéresse de ce genre de divertissement. Le contraire se produirait chez la femme. Encore est-ce affaire de tempérament.
« Le soir de la victoire du prince Eugène contre l’armée du sultan Mustapha II, près de la ville de Laevens, des détrousseurs de cadavres envahirent le champ de bataille. Les Turcs dépouillés de leurs vêtements parurent tous atteints de priapisme, érection post mortem que Sachs attribue à l’opium dont ces Turcs prenaient de fortes doses avant le combat pour se donner du courage. (Ephémérides des curieux d’Allemagne, de Sachs.)
« Les Chinois usent pour s’encourager à l’acte vénérien du suc du pavot qui leur donne une ardeur si curieuse dans le combat amoureux que les concubines ne peuvent soutenir leurs embrassements et sont obligées de quitter la partie. » (Histoire des drogues.)
Quant aux femmes Méo, leur point de vue à ce sujet est bien connu. Jamais une jeune fille n’épousera un opiomane pour deux raisons : il ne travaille pas au ray [parcelle de terre à cultiver] et il ne vaut rien au lit.
« L’opium dont on a parlé, dont on parle, est une drogue très mal connue, autant dire pas connue du tout. Pour en dire quelque chose, il faut le connaître et pour en écrire il faut un certain talent, tant il est nuancé, cet opium. Il faut aussi avoir le courage d’être honnête. Tous ceux qui parmi les écrivains (trois ou quatre exceptés) en ont parlé ont truqué quand ils le connaissaient pour ne pas être soupçonnés de le connaître. Les autres ont inventé. Peut-être aussi certains n’ont-ils pas voulu trahir le mystère de leur initiation. De toute manière, on n’explique jamais rien. L’opium, la drogue des drogues, c’est comme la foi, comme l’expérience spirituelle, c’est incommunicable… Comme ils sont bêtes, comme ils sont impuissants ceux qui accusent l’opium d’abrutir le monde sous prétexte que le fumeur ne fait rien d’autre que fumer. Fichez-lui donc la paix au fumeur. Ce n’est pas un asocial ou un antisocial, c’est vous qui l’êtes en l’empêchant de fumer…. »
Les Hmong pensaient comme Max Olivier-Lacamp. Comment pouvaient-ils comprendre que le ya-ying, la bonne drogue, qui guérissait la maladie, la tristesse, qui faisait oublier la vieillesse à l’heure où les filles, la guerre et la chasse sont interdites, qui rendait douce même la mort, soit soudain devenue entre les mains des trafiquants et des chimistes une arme perfide dans l’arsenal de la guerre totale ?
Aussi n’allons-nous pas faire procès aux Méo de cultiver, de préparer, d’user et de vendre l’opium (jamais de le raffiner pour le transformer en héroïne), et justifier ainsi leur disparition comme le font les communistes, grands bradeurs d’idéologie, cet opium du peuple. Dans les zones qu’ils contrôlent, ils poussent à la culture du pavot, et n’hésitent pas à le transformer en héroïne, afin de se procurer des devises pour acheter des armes, des complicités et détruire par ce poison les peuples qu’ils espèrent conquérir.
Larteguy – Le peuple de l’opium, p. 40 à 44
Étiquetté : Drogue, Hmong, Indochine, Larteguy, opiumThe Wire
Télévision — Article écrit par Vae Victis le 26 mai 2011 à 0 h 46 minThe Wire est une série constituée de cinq saisons réalisées entre 2002 à 2008. Son créateur est David Simon, connu pour cette autre excellente série qu’est Generation Kill, racontant la chevauchée d’une unité de Marines aux avant-postes de l’armée américaine lors de l’invasion de l’Irak. Loin des sables du désert, The wire prend place sur la côté Est et nous raconte Baltimore.

Production atypique, elle s’extrait des codes d’un genre pour devenir une œuvre complète, bien au-delà de la série policière qu’on pourrait imaginer découvrir. L’intrigue organisée autour d’une brigade luttant contre la drogue, prend le temps de développer chacun des aspects qui touchent à l’enquête. Sous des jours différents, comme des scènes distinctes qui ne cessent de s’entremêler pour former une histoire complexe et vivante qui peint la réalité brute. On suit tour à tour l’enquête de police, l’organisation du trafic de drogue, les coulisses politiques, policières, sociales, éducatives, intimes des personnages. Là où d’habitude une enquête dure un épisode, dans The Wire elle dure le temps d’une saison de 12 – 13 heures, où l’on découvre aussi tout un pan de la vie à Baltimore. Il faut s’habituer à une narration différente, où l’on s’intéresse autant aux malfrats, à la police, qu’aux habitants. A l’opposé du style pétaradant de 24 ou des Experts, l’ambiance tranche complètement avec le déferlement d’action à l’œuvre dans d’autres séries. The Wire élimine tout manichéisme et amène une histoire fouillée, réaliste, avec des personnages qu’on pourrait croire réels, et des dialogues criants de vérité.

Chaque saison explore un nouveau pan de Baltimore en lien avec l’enquête. La première saison voit la formation d’une équipe d’enquêteurs chargée de démanteler le trafic de drogue dans un quartier noir. La seconde saison nous amène sur les docks propices à tous les trafics et structurés par le syndicalisme. La troisième marque le retour aux rues de Baltimore, théâtre de la première saison, et s’attache à développer une intrigue politique en prélude aux élections municipales de la saison suivante. La quatrième saison montre sous un jour très cru l’échec de la politique d’éducation américaine. Enfin la dernière se concentre sur le traitement de l’information et les médias dans la ville de Baltimore.
Au fil des épisodes la lassitude est très bien retranscrite, et surtout la force du marché. Un coup de filet policier est à peine lancé, que les gangs rivaux prennent pied dans la cité dont les dealers ont été arrêtés. Les restes du gang peinent à reconquérir le territoire à grand renfort de battes. La relève est assurée, car les plus jeunes prennent la place de ceux qui sont tombés dans un éternel recommencement. Un subalterne prend la place du chef, et tient le même discours à un jeune que son prédécesseur lui avait tenu. Il y a une transmission du savoir. La demande de drogue fait le reste. Des mois d’enquête policière n’ont servis à rien d’autre qu’à renouveler les truands. A en mettre certains au trou, et à en faire émerger de nouveaux. Un processus de sélection naturelle draconien.
On pourrait spéculer sur les raisons qui font que cette œuvre reste si méconnue, alors que c’est une des meilleures série que j’ai pu voir. Ce qui la rend unique et si intéressante, c’est qu’elle est sociologique comme l’est l’œuvre de Tocqueville, et sans qu’on s’ennuie un instant.
Quelques citations pour un avant-goût :
- Un bus qui descend l’avenue centrale commence par prendre huit passagers. A l’arrêt suivant, quatre autres montent, puis deux de plus, et un passager descend. A l’avant-dernier arrêt, trois passagers descendent du bus et deux autres montent. Combien de passagers restent-ils au dernier arrêt ?
- Sept ? Huit ?
- Putain, Sarah, écoute. Ferme les yeux. Tu vends du matos. 20 capsules roses. Deux camés prennent deux capsules chacun, un autre en prend trois. Puis Bodie t’en refile dix, mais un blanc se pointe en bagnole, te fait signe et en prend huit. Il te reste combien de capsules ?
- Quinze.
- Comment tu fais pour calculer ça et pas résoudre le problème de maths ?
- Si tu te plantes, tu te fais casser la gueule.
Episode 8, Saison I
- Sais-tu qu’elle est la chose la plus dangereuse en Amérique ?
- Un nègre avec une carte de bibliothèque.
Episode 10, Saison II
Baker, je vais te dire un secret. Un agent en patrouille est un vrai dictateur en Amérique. On peut emprisonner un type pour une broutille. On peut l’emprisonner pour de bon. Ou on peut dire : « On s’en fout« , et aller se saouler sur l’autoroute. Et nos coéquipiers nous couvriront. Alors personne, vraiment personne, ne peut nous dire ce que l’on doit faire.
Episode 10, Saison II
- Hé, mon pote on a besoin de tester négatif.
- Yeah
- 5 $
- Putain, c’était seulement 2 $ !
- La pisse propre c’est rare à Baltimore. 5 $ pièce.
- Qu’est-ce qui me dit qu’elle est propre ?
- Elle vient d’une garderie.
Episode 5, Saison III
Étiquetté : Baltimore, Drogue, HBO, Série

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