Étiquetté ‘Déclin de l’Occident’
Winona et moi (II/II)
Récit — Article écrit par Vittorio le 26 novembre 2010 à 16 h 04 minIl faut avouer que je n’utilise pas Facebook. Je veux dire : pas sous mon vrai nom. Pas de chance que des succubes de mon chaotique passé ne me recontactent, où ne s’informent à mon sujet par ce biais. C’est même fait pour éviter ça. Et pourtant ça arrive. Je me sens comme un footballeur pendant une conférence de presse en sortie de mondial pathétique : il y a un traitre parmi nous. Une saloperie de balance. Et ce n’est pas mon jeu qui a merdé, c’est le félon caché dans le staff technique.
Je n’ai même pas besoin de chercher, c’est lui qui me contacte « Hey tu connais une X par hasard ? », le ton goguenard « oui » , « Hey, elle m’a contacté sur Facebook, je lui ai filé ton numéro » « tu aurais pu me demander quand même, merde ! » « elle avait l’air bonne sur la photo, j’ai pas pensé que ça te dérangerait » « Ne pense pas. NE PENSE PLUS. Si je ne me suis pas inscrit sur ce site de merde avec mon vrai nom c’est qu’il y a bien une putain de raison bordel ! Des dizaines de raisons, parfaitement ! Je ne vais pas t’en faire la liste, mais c’est véritable réquisitoire en faveur d’une juste misanthropie en béton, pour l’oubli définitif de toute forme de vie sociale infantile, et, bien évidemment, prônant un anonymat sur ses gardes digne d’un bunker normand ensablé, mais avec tes conneries c’est entre la ligne Maginot et le Titanic comme métaphore parce qu’apparemment aujourd’hui, il ne suffit plus de tenir à distance des inopportuns dont on se demande toujours pour quel sacré putain d’enculé de motif ils chercheraient à avoir de tes nouvelles, si ce ne n’est OUI OOOH OUI nous le savons tous pourquoi et c’est toute la dégueulasserie en 4 par 3 des existences atomisées et néanmoins collectives qui s’affiche là sans complexes dans notre odieux monde libéral-libertaire n’est-ce pas ? les sourds reniflements des lémures à iPhone qui batifolent ça et là pour s’assurer, OUI : S’AS-SU-RER, qu’on est bien aussi mort qu’eux et BIEN EVIDEMMENT il ne faut pas leur faire de peine à ces petits choux désormais, oh mon dieu comme c’est vulgaire mais je vais le dire parce que ça ne choque plus personne d’étaler son âge comme on compte ses points de retraite pour mieux s’expurger du temps perdu passé et à venir : TREN-TE-NAI-RES ….Bonne comment ? »
Bref, c’était bien la X à laquelle je pensais. Appelons là Winona. Oui, comme Winona Ryder. Déjà parce qu’elle ressemblait à Winona Ryder, yeux de biche sur frimousse innocente et lèvres hautement désirables, mais surtout parce qu’elle m’avait taillé une pipe, à ma grande et heureuse surprise-elle était plutôt d’un milieu très bcbg (je sais que ça n’a absolument plus rien de contradictoire aujourd’hui, mais à l’époque, si, dans mon esprit)- pendant une séance de cinéma, alors qu’on était allé voir un film, une comédie romantique sans intérêt, enfin, a priori, avec… Winona Ryder. Et ce, pile poil au moment le plus imparablement lacrymal du film, celui où le vieux beau séducteur abandonne sans regrets son ardent désir sexuel pour l’innocente jeune fille et le remplace par une fantastique passion désespérée lorsqu’elle lui avoue qu’elle a une maladie du cœur et qu’elle va bientôt crever. J’avais éjaculé dans sa bouche, notre rangée était vide, en maudissant les vieux beaux et en espérant que les gens devant et derrière nous allaient prendre mon râle étouffé pour un sanglot de jeune mâle qui affiche enfin sa part féminine sans honte en présence de sa jeune amie devant une scène d’une intensité inouïe de merveilleux amour platonique.
Non, Winona, je ne t’ai pas oubliée.
Un, parce que ça ne m’arrive pas souvent qu’on me taille une pipe au cinéma, je dois malheureusement le confesser, deux, parce que j’avais 20 ans à l’époque et que cette petite fellation en abîme m’avait propulsé par la grande porte dans le monde viril et burné des mecs qui se font tailler des pipes dans des endroits publics par des sosies chics de Winona Ryder et ça, ça déchirait. Pendant des semaines, je me suis fait l’impression d’être un fauve lâché dans des rues pleines d’agnelles, dégageant nuages de phéromones capables à eux seuls de faire reculer un cortège de légionnaires fraîchement revenus du front et tomber tout se qui ressemblait de près ou de loin à une femelle, toutes espèces confondues. Bref, je connaissais la vie.
Mais Winona était aussi très déterminée. Prévisible pour tout dire et dans un tout autre registre que celui de l’exhibitionnisme. J’aurais préféré à l’époque, et même apprécié, en terme de particularité constitutive de son être érotique, qu’elle fut aussi kleptomane, par exemple, comme la vraie. Mais non, elle avait vulgairement et bourgeoisement le très clair désir qu’on habite ensemble, et ce seulement au bout de quelques semaines merveilleusement insouciantes. Tiens, je m’en rappelle, ça aussi elle me l’avait sorti au téléphone, déjà avec sa petite voix frétillante « héé, au fait, pour mon stage de trois mois, j’ai trouvé une boite à côté de chez toi, et j’ai pensé, je pourrai habiter chez toi, non ? Ça serait bien ! ». Ça avait capoté parce que moi j’avais réussi à trouver un stage beaucoup plus loin comme c’est dommage. Bons réflexes déjà, mais avec de forts coûts en temps et en fatigue. Je l’avais donc quittée peu après, selon la méthode éprouvée des trois rendez-vous manqués pour faute de temps, de charge de travail, et voix lassée au téléphone, puis de conclusion sur le ton de la maturité entendue qu’il valait mieux qu’on arrête là. On s’était téléphoné un peu ensuite, deux-trois fois, revus une fois, on avait fini au lit mais là encore avec l’assurance de vieux routiers de l’expérience amoureuse qui ne se font pas d’illusions, n’est-ce pas ?
Ça y est. Je tape son nom sur Google. W-I-N-O-N-A. Allons-y encore une fois à fond dans le délire, on est plus à ça près hein mon vieux.
Enter.
Une liste de sa faculté de droit sans intérêt, son compte Facebook. Une photo de la taille d’un timbre-post disponible, donc, mais suffisamment détaillée. Bien. Très bien. Trop bien. Elle a les cheveux mi-longs ondulés, un léger maquillage tout à fait adéquat, porte un chemisier noir ouvert juste ce qu’il faut. Ça y est j’ai des papillons dans l’estomac, à mon âge, c’est-y pas mignon ? Elle arbore un sourire troublant mais naturel. Toujours l’air mutin de celle qui sait attendre l’Homme. Et puis un site.
Tiens ?
Un cabinet d’avocat. Son cabinet d’avocats. Elle et une autre fille, une camarade de fac probablement. Un truc assez dingue, du genre Winona&Ryder associées, Avocates à la Cour, Barreau de Nanterre. J’ai beau ricaner devant le côté série américaine, je suis bluffé. C’est tout à fait sérieux. Très très pro. La working girl. Qui doit brasser, adresse du bureau dans les beaux quartiers. Spécialisées dans le droit de la famille, divorce, droit pénal…Une grande photo, de trois quart avant, en toge. Sérieuse, concernée. Implacable. Sexy. Elles ont écrit des articles. Elle a écrit des articles. Des trucs de fond sur des sujets d’actualité. Signé Maître Winona. Je lis le plus récent « du projet de loi européen sur l’allongement de la durée minimal du congé maternité à vingt semaines». Un violent plébiscite du projet, en réalité, dont elle ne regrette seulement qu’il n’aille pas assez loin, comme chez nos amis norvégiens, chez qui la durée atteint 85 semaines contre 16 à l’heure actuelle en France, et qui oblige là-bas le papa à en prendre la moitié, signe qu’il y a encore de nombreux tabous à déboulonner dans nos vieux pays latins. Il y une photo de l’hémicycle strasbourgeois, des petits ballons bleus et roses avec des bambins hilares dessinés dessus sont accrochés devant les sièges de nombreux eurodéputés.
J’enregistre son numéro dans la mémoire de mon portable. Sous le nom congématernité. On n’est jamais trop prudent.
Étiquetté : Déclin de l'Occident, femmes, jolies fillesMoloch cherche Kether
Récit — Article écrit par Vittorio le 1 octobre 2010 à 22 h 54 minOui, c’est moi, Véronique C. .Vous avez sûrement encore vu mon mari à la télévision, ou entendu à la radio, il vient d’écrire un livre, c’était prévisible. Je ne pouvais pas l’abandonner que ça s’appelle. Oh, comme tout le monde, vous comprenez que c’est là un constat moral, vous entendez l’antique écho de l’amour fidèle, de la fidélité à l’amour, du pardon, en somme. Je tiens, et pourtant ce n’est pas une habitude chez moi, à rectifier. S’il n’a pas pu m’abandonner, c’est bien plus par narcissisme que par compassion. Mais le narcissisme est une notion désuète, à combattre. Je parlerai donc, comme tout le monde, d’Innocence. La compassion, ou l’intimité, dans notre couple, ça n’a jamais été quelque chose d’évident. Il n’y a qu’ à revoir les vieilles photos : on ne se regardait même plus. On ne se souhaitait plus nos anniversaires et, évidemment, lorsque je rentrais de chez le coiffeur, il ne levait pas un sourcil. Pour notre mariage je portais une robe noire. C’était ma façon à moi d’annoncer la couleur. Mais, tous, ils n’ont rien voulu voir.
Ah, ça oui, j’étais bien l’épouse introvertie et timide qu’on a décrite. Mais tout le monde persiste à croire que ça contredit les faits, l’intention. C’est fou ce que les gens veulent croire. Non pas croire à la réalité, mais en leurs propres certitudes. C’est fou ce que les gens, voisins de village comme amis, ont soutenu mon mari pendant le procès. La solidarité que ça a suscité. Encore aujourd’hui, lorsqu’on me croise et qu’on me reconnait, les regards deviennent compréhensifs, chaleureux. Protecteurs. Ça n’est jamais très loin de la condescendance, on l’imagine. Ah, ça, la condescendance, on peut dire qu’on m’en a donné à plus savoir quoi en faire, et ce depuis l’enfance. Oui, timide, introvertie, gentille, répétons-le, c’est bien moi. Je met mal à l’aise, d’abord et puis, une fois qu’on a compris que je ne ferai pas de mal à ne mouche, ça sort tout seul, ça ce déverse. C’est dingue toute cette condescendance qu’ils ont à donner les gens. Allez pas croire qu’il n’y a que les diplômés, les cadres, les bourgeois prospères qui constituent ma famille qui s’y adonnent à cet automatisme, non, non : c’est un luxe dont tout le monde raffole, bien que n’ayant que rarement l’occasion de s’y adonner. Alors quand ça se présente, vous pensez bien. Et n’allez pas croire non plus que pendant le procès et après les aveux, on se tenait subitement à distance de moi, non ! Ça redoublait, ça fusait de partout. Je ne crachais pas dessus. De toutes façons je n’ai jamais pu fonctionner autrement.
Être prise en charge en une seconde nature chez moi, inhérente à la première, la timide. En prison j’étais bien, d’ailleurs; je lisais Shakespeare, il y avait des horaires fixes, des médecins, et puis des femmes, qui redoublaient de maternité. Oui. Les femmes m’aiment. Me soutiennent. La plupart des hommes aussi, même si ça étonne à priori. Toute cette histoire n’y a rien changé, bien au contraire. Ça fait beaucoup de monde en tout cas. Ça faisait déjà beaucoup trop à l’époque. Je suis condamnée à ça. Alors oui, j’ai pété les plombs. Mais lentement. Avec détermination. Je savais très bien où j’allais en venir, comme je l’avais répété lors du procès, sans trop y croire. C’est que je n’ai pas l’habitude. D’être méchante. De ressentir un « sentiment de toute-puissance » comme ont osé l’affirmer certains psy. Les mauvais. Les bons psys eux, ils se bousculaient pour soutenir leur thèse. Le fameux Déni. Ils ont été jusqu’à dire que je ne les avaient pas étouffés, que c’était en les sortant que je m’y était mal prise, j’ai eu beau répété qu’ils étaient sortis tous seuls. Ah ça, les bons psys et leur Thèse, ils ont connu leur moment de gloire, on les a retrouvés partout dans tous les magazines après, jusque dans le bouquin de mon mari. Lui aussi il n’aime pas les mauvais psy, ceux qui avaient glissé à son sujet l’incompréhensible « reconstruction narcissique » et autres « charabias abscons des psys » comme l’écrit un journaliste, juste avant de porter aux nues le grand, le fameux slogan de « déni de grossesse ». Le narcissisme, la toute-puissance, ça ne passe plus. Le déni de réel marche très bien. Ce n’est pas tous les jours que la société peut passer son grand examen de passage des temps modernes, lorsque ses deux icônes sacrées se bouffent l’une l’autre : l’enfant et la mère.
Tout l’enjeu était de savoir si elles allaient s’annuler ou se renforcer. Ça c’est renforcé. La mère peut ne pas aimer, se servir de son enfant même comme défouloir, qu’on se rassure, dans ces cas-là, elle est dans le déni. Lorsque le trop-plein de réel et de frustrations ne peut se déverser, lorsque tous les atroces préjugés faisandés sur la mère innocente, forcément innocente, poussent celle là au crime, au crime parmi les crimes selon ces mêmes préjugés, et bien les préjugés s’en sortent haut la main. Mon avocat a pourtant bien mis de coté le déni pour préférer plaider les circonstances atténuantes, alors que j’ai bien été reconnue responsable, rien à faire, rien ne n’étouffera jamais ces psalmodies. Elles en sortent plus forts qu’avant. Ce qui ne les tuent pas les rend plus fortes. C’est qu’ils ont tout de même transpiré à l’annonce de mes aveux, comme mon mari, pendant un instant. Un concentré de préjugés satisfaits, celui-là. Lui et sa ribambelle de collègues cadres gris et ternes qui ne l’ont, évidemment, à aucun moment laissé tomber, comme lui ne m’a pas abandonnée. Les résultat ADN ? Il ne se les expliquaient pas. J’ai été enceinte ? Impossible, il l’aurait vu. J’ai avoué. Vous pensez que ça l’a fait revoir de fond en comble sa position ? Nullement. Au contraire. Plus proche et protecteur que jamais. C’est qu’il avait ses préjugés d’Innocence à défendre. Il fallait donc que je sois moi-même innocente. Malgré les faits, malgré mes dépositions, malgré ma condamnation. Malgré les trois cadavres. « Il y a de la joie à la maison » a-t-il même déclaré lorsqu’il apprit le verdict, les huit ans, transformés en quatre de préventive; j’allais bientôt rentrer.
Pour défricher un peu plus dans l’Innocence, on en a rajouté. Dans la confusion. Dans l’inversion des responsabilités. Innocents vous-dis-je. On a, l’idée était de lui, évidemment, après que nous ayons décidé de donner une sépulture aux deux cadavres encore existants, proposé à nos deux grands fils de choisir un prénom pour leur deux « frères ». Ils ont choisi Alexandre et Nicolas. Voilà. Ils ont participé au processus, ils sont eux-aussi Innocents dorénavant. Aujourd’hui, ce ne sont bien sûr plus la culpabilité ni la damnation qui s’héritent, se transmettent sur générations et générations, mais l’Innocence. Cette innocence là. Totale. Obligatoire. Jusqu’au boutiste dans son propre aveuglement. Dans ses propres aveux. Rien ne sert de lutter. De toutes façons, je n’ai plus d’utérus. De toutes façon ça n’aurait servi à rien. Quoique, la répétition a toujours quelque chose d’un peu obscène. Ça peut faire craqueler un peu l’édifice. Mais ne nous mentons pas à nous-mêmes, il a été bien consolidé. Il se prémunit contre son propre poids. Et s’il se fissure, ce ne sera encore qu’un moyen, qu’une bonne raison, de s’agrandir. L’Innocence se nourrit du mal qu’elle engendre. Vous pensez bien que mon affaire était pliée d’avance. La vôtre aussi, sachez-le. Car tout cela n’était rien d’autre que le sacrifice fondateur de notre nouveau monde. Libre à vous d’en saisir les transpositions des antiques totems et tabous pour savoir devant quoi on se prosterne. Libre à vous de juger de sa toute-puissance.
Étiquetté : courjault, Déclin de l'Occident, déni de grossesse, dostoïevski, droit, femmes, humanisme, MutationPour un socialisme consolateur
Mutation — Article écrit par Vae Victis le 26 juillet 2010 à 17 h 28 minLes événements de Saint-Aignan comme de Grenoble nous aurons montrés que les Français prennent toute la mesure des évolutions du pays. J’ai pu lire des centaines de commentaires pointant tous dans la même direction ; une colère contenue, mais claire quant à la fermeté du traitement à réserver aux coupables.
Cette nouvelle prise de conscience pourrait à-priori nous redonner un peu d’espoir. Après tout n’était-ce pas l’objectif de la réinformation ? Mettre les Français face à la vérité.
Maintenant les Français savent.
Mais savoir ne suffit pas à stopper ou d’inverser les flux migratoires. Il ne suffit pas d’y être opposé pour que les immigrés cessent par magie de venir. Ils se moquent naturellement de nos avis. Ils continueront donc de s’installer dans nos pays, et nous de dépenser des dizaines de milliers d’euros par expulsion. Même si le FN venait au pouvoir, rien ne changerait, ce ne sont pas quelques moulinets avec les bras, un peu plus d’expulsions, plus de tracasseries qui empêchera la misère de s’acclimater à nos cieux. Il faudrait une froide cruauté que plus personne n’est prêt à assumer.
Des immigrés plus nombreux signifie qu’ils gagneront en poids électoral, qu’ils gagneront donc en influence sur les politiciens, qui seront plus incités encore à assister aux événements passivement. Dans l’espoir de glaner des voix comme d’éviter d’attiser les braises.
On espère encore en la police, on invoque l’Etat de droit, la République, les institutions et les grands principes, justement parce que nous ne formons plus de communauté. Nous ne sommes que des individus isolés, membres atomisés d’un peuple qui se nie lui-même. Et nous savons que la civilisation impose que nous fassions appel à l’Etat et à ses services impersonnels. Face à des hordes déchainées on peut douter que les appels à une politique de civilisation fassent le poids.
Surtout nous faisons peu d’enfants. Travail féminin, individualisme, familles éclatées, déculturation, « projet » d’enfant servent de toile de fond à la liquéfaction de l’Occident. Quand on détruit la base de la société, la famille, on détruit par là-même la société. C’est ce à quoi nous assistés ces dernières décennies.
Pour enfoncer le clou la lucidité bute sur les habitudes et cette tendance au pillage qu’exacerbe la démocratie. Personne ne remet en cause le principe d’aides sociales qui sponsorise l’invasion. Avec le déclin économique de nos pays, acheter la paix sociale va coûter proportionnellement de plus en plus cher. Et si nous n’envoyons plus les rejetons de Seine-Saint-Denis passer quelques vacances en Croatie les choses se déliteront d’autant plus vite.
Le Mondial aura marqué la fin des illusions qu’entretenaient les Français sur l’immigration, et au début de la gueule de bois. Tout le monde se rend compte du problème, mais les solutions ne nous sont plus accessibles, parce que nos structures mentales actuelles sont à l’exact opposé de celles qui ont donné toute sa grandeur à l’Occident. Un redressement signifierait remettre en cause l’ensemble de notre mode de vie. Tâche bien au-delà de nos forces et même de notre champ de perception.
Nous regretterons cette époque où l’on pouvait croire au métissage, à la France black-blanc-beur, à l’intégration, aux chances pour la France, aux pépites de la nation. A ce socialisme consolateur qui nous laissait l’espoir d’un monde coloré, ouvert et apaisé. Nous ne gagnons rien à connaître la vérité. Les gens assisteront impuissants aux changements. Sans même la consolation des illusions qui les accompagnaient jusqu’ici.
La France va se voir mourir.
Étiquetté : Déclin de l'Occident, Expérience sociale, Lien social, socialismeLa liquéfaction de l’Occident
Mutation — Article écrit par Vae Victis le 26 juillet 2010 à 3 h 03 minUne anecdote tellement cruelle qu’elle en devient amusante.
Le type a la cinquantaine, il a trouvé un autre job sur Nantes, il quitte la boite, et il organise à la va vite un petit pot à base de mousseux à température ambiante. Une quinzaine de personnes réunies. Sur ce site nous sommes peu nombreux. Un couloir d’une trentaine de mètres, deux rangées de bureaux de chaque côté.
Il a pris quelques minutes pour faire la tournée des bureaux, pour motiver les récalcitrants à en sortir. Il est midi. Direction la salle de repos. En fait quelques sièges, des machines à café et à confiserie, une fontaine à eau. Mobilier sommaire, moquette douteuse.
Il improvise quelques mots. Il est triste de nous quitter, il aurait aimé rester plus longtemps parmi nous. Il part pourtant volontairement. Mais comme pour tout le reste l’essentiel est de donner le change.
Peu de discussions, ou guère plus que de la pluie et du beau temps. Deux types derrière moi ont pourtant un échange différent, ils discutent de son prénom probable. En fait ils ne doivent pas être nombreux à le connaître. Lui même se tient pour l’essentiel devant des inconnus.
Ils sont pour la plupart là depuis des années mais les gens ne se connaissent pas. D’un bureau à l’autre, ils s’ignorent presque totalement, si on passe outre le « bonjour » de rigueur. Tu dois pouvoir y rester 10 ans sans que le type du bureau d’à-côté ne connaisse ton prénom si t’as pas à bosser avec lui. Comme les immeubles où personne ne connait ses voisins. C’en est la transposition dans le monde professionnel. Pour les inter-contrats c’est pire, même ceux qui les connaissent les ignorent, comme s’ils avaient une maladie contagieuse.
15 minutes plus tard c’est fini. Des années à travailler expédiées en quelques moments gênés et dans le désintérêt le plus total. La chaleur humaine des sociétés de service.
C’est la maladie qui ronge l’Occident, l’anomie qui l’envahit et qui fait de chacun de nous des étrangers, presque des ennemis. Les gens savent avoir définitivement perdus quelque chose, sans vraiment pouvoir mettre les mots dessus. Ce sentiment d’appartenance, cette camaraderie, ce sentiment qui fait qu’on se sent bien avec les siens. C’est ce qu’ils disent quand ils plébiscitent dans les urnes la thématique du « lien social », qui est si omniprésente, alors qu’ils pratiquent le contraire dans leurs vies. Le lien social ne devient une thématique politique seulement quand on l’a perdu, et qu’on attend de l’Etat qu’il en tresse un nouveau.
Je sais avoir assisté à l’une de ses millions de batailles perdues chaque jour. De ces innombrables batailles qui distendent les liens, qui instaurent la défiance entre voisins, qui fragmentent les familles, qui poussent à l’ignorance des collègues. Chaque jour l’Occident se dissout un peu plus devant nos yeux. Pas de manière spectaculaire, mais par une accumulation d’histoires individuelles où le collectif existe de plus en plus difficilement. Une destruction de tout cadre collectif qui étaient autrefois naturels, et qui constituaient le squelette de notre civilisation, son espace de vie. Cet espace collectif où l’on existait en tant que communauté, en tant que peuple.
Il n’en reste à peu près rien. L’immigration a la tâche aisée.
Étiquetté : Déclin de l'Occident, Expérience sociale, Lien social




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