Étiquetté ‘com’


Com à usage interne (en suppositoires)

Economie — Article écrit par le 20 février 2012 à 11 h 47 min

L’important dans la com interne corporate, ce n’est pas de dire la vérité, ni même d’avoir quelque chose à dire. L’important c’est la psychologie des gens à qui on le dit.

Ainsi AXA. Oui, ne me demandez pas comment, mais je reçois régulièrement ce que reçoivent en interne les employés.

En interne donc, on cite La Tribune et Les Échos en expliquant que tout va bien, que le résultat a bondi de 50%.

Un assureur qui gagnerait de l’argent en ce moment, je vous entends grincer. Quel tour de cochon nous jouent-ils pour nous faire croire ça ?

C’est très simple, extrait de l’article de la Tribune envoyé à toute la laborieuse fourmilière :

Le résultat net fait quant à lui un bond de 4,3 milliards d’euros contre 2,7 milliards l’année précédente, soit près de 50% de hausse. Pourtant, il est inférieur aux prévisions des analystes qui misaient sur un résultat net d’environ 5,8 milliards. Mais les dépréciations d’actifs principalement sur les obligations souveraines grecques (d’un montant de 387 millions d’euros pour l’ensemble de l’année) ont pesé sur le résultat. De même, la réduction de 943 millions d’euros du « good will » relatif au portefeuille américain de produits « variable annuities » de la génération Accumulator, a aussi réduit le résultat.

Ces effets négatifs ont cependant été compensés par les plus-values réalisées grâce à la vente des activités en Australie, en Nouvelle Zélande, et au Canada ainsi que la vente de la participation dans la compagnie Taikang Life.

Autrement dit, Axa a perdu de l’argent, ce qu’elle a compensé à la hâte en vendant des activités dans les pays les plus prometteurs : Australie, Nouvelle-Zélande, Canada et Chine (Taïkang Life est un des fleurons de l’assurance vie chinoise).

Autrement dit encore, et pour préciser la chose dans les esprits : Axa ne réalise de profits cette année que parce qu’elle a vendu des activités dans les pays riches de demain, ce qui a pour effet de la recentrer mécaniquement un peu plus sur les pays européens en voie d’appauvrissement.

Stratégie génialissime qu’il fallait bien célébrer en interne. Le pire étant que ça marche, l’employé moyen d’Axa ne voit que le titre et va en bas : il lui sera accordé 0,69€ de bénéfice par action. C’est toujours ça de pris.

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