Étiquetté ‘Cheminade’


Pour qui voter quand on est un traître ?

Présidentielle — Article écrit par le 18 avril 2012 à 18 h 57 min

Figurez-vous, chers lecteurs, que même dans l’élite il y a des moutons noirs.

Moralement du moins, car génétiquement le troupeau a été bien tenu.

Or donc certains se refusent à la discipline bidolienne et refusent mordicus de voter pour Jacques Cheminade.

Les coups de polochons sur ces tristes traîtres contestataires déviants droitiers ou gauchistes n’ayant été d’aucun secours — un seul à promis de voter Cheminade, qui était allergique au duvet d’oie — nous en sommes fort marris. Et personnellement mon cœur de kapok se serre à l’idée de tels égarements contraires et au fourrure-prinzip et au centralisme doucement démocratique, je ne vais pas y revenir.

Néanmoins, la douceur n’étant pas douce en vain, nous allons quand même leur donner quelques conseils tant il est vrai que : « Sans la douceur, l’homme s’étiole et la femme encore plus. » (Petit Livre doux, 15, 54)

Sur quoi donc vous décider, si vous êtes malfaisant au point de ne pas voter d’enthousiasme pour Jacques Cheminade ?

D’abord, chers adeptes du peluchisme, ne vous décidez pas sur les programmes économiques des uns et des autres. Deux raisons à cela. D’une part tous les candidats ne rêvent que d’une chose sous des formes à peine déguisées : une monnaie faible qu’ils pourront dévaluer tous les trois ou cinq ans, ruinant les épargants, petits et gros. Or la douceur est amie de l’épargne, comme l’affirme le Bidou-tö-King, chapitre 3 (traduction Duyvendak) : « Sois Picsou, pas Rapetou. » D’autre part, aucun ne pourra tenir ses promesses économiques au delà de quelques mesures symboliques tant nous sommes dans la mouise et tant ça ne va pas s’arranger.

Ensuite, mes chers cajolines qui bien à tort pensez ne pas mériter que J.-C. fasse ascension sur Mars pour votre édification, justification & salvation, ne prêtez pas l’oreille aux cathos durs et à leurs points non négociables. Pour ne pas négocier, il faut être en position de force. Ils rêvent de se retirer sur l’Aventin et ils ne feront que donner l’impression d’enfants qui boudent. Et comme chacun sait les peluches n’aiment que les bons enfants, les turbulents, les joyeux, ceux qui tuent tout ce qui bouge dans les RPG dès 8 ans, et qui à l’occasion boutent le feu aux tas de foin ou aux roulottes de romanichels. Les peluches n’aiment pas les enfants chouineurs, chougneurs ou boudeurs.

Enfin ne vous laissez pas prendre aux arguments du vote utile. Les petits candidats sont plus rigolos que les autres, et au moins à ce titre ils méritent bien qu’on vote pour eux.

Il sera temps de se demander entre les deux tours si un vote est utile ou pas.

Bref, si vous vous refusez à voter Cheminade, votez au premier tour pour celui qui vous plaît, en donnant une prime à ceux qui emmernuient le plus les grands partis (sauf Bayrou, parce qu’il ne faut pas déconner quand même).

Bien doucement à tous, en attendant les résultats que nous vous invitons à disséminer au mépris de la loi dès qu’ils seront connus, pour faire enrager d’impuissance les petits énarques en costume gris.

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Soutien à Cheminade : Bidou s’explique

Présidentielle — Article écrit par le 2 avril 2012 à 14 h 29 min

Olivier Mazerolle : Bonjour Bidou.

Bidou : Bonjour M. Mazerolle. Attention je vous ai à l’œil hein.

O. Mazerolle : Euh oui. Alors Bidou, vous appelez à voter Jacques Cheminade ?

Bidou : Oui. J’aime bien Jacques Cheminade. Il est rigolo, ses militants sont des sortes d’illuminés qui vous tendent des tracts avec le sourire insistant d’adeptes convaincus, et il veut coloniser Mars et la Lune. C’est un progrès.

O. Mazerolle : Un progrès ?

Bidou : Oui, par rapport aux autres candidats. Eux éludent la question. Nous, les partisans de la douceur, nous ne sommes certes pas entièrement d’accord avec Jacques Cheminade. Nous sommes convaincus qu’il faudra terraformer la Terre avant de terraformer Mars. Et là où il voit le moyen d’unifier dans une douceur douceâtre les humains, nous voyons plutôt un nouveau terrain de jeu où étudier la polémologie, car notre douceur n’est ni douceâtre ni doucereuse. Mais au total…

O. Mazerolles : Oui, au total ?…

Bidou : Ah ne commencez pas hein ! sinon je vous pince les oreilles. Je ne vais pas me laisser faire comme Marine Le Pen !

O. Mazerolle :

Bidou : … au total il reste le seul candidat à mettre l’espace au centre de la campagne électorale. En gros.

O. Mazerolle : Oui, en très gros.

Bidou : Oui, mais bon… Jacques Cheminade, qui par ailleurs est raisonnablement doux au toucher, vise la Lune et Mars. Les autres visent le pôle emploi de Bezons. Au mieux la cantine scolaire de l’école 4B de Mérignac. C’est surtout cela voyez-vous qui a pesé sur notre décision.

O. Mazerolle : C’est une décision collective ?

Bidou : C’est une décision collective prise à l’issue du Grand Conseil Doux, et dont tous les partisans de la douceur sont solidaires. Surtout ceux qui n’étaient pas d’accord, pour ne pas être punis, conformément aux valeurs du centralisme doucement démocratique et au fourrure-prinzip.

O. Mazerolle : Jacques Cheminade n’a pas réagi à cette annonce. Ne croyez vous pas qu’il juge la douceur négligeable ?

Bidou : Vous savez, M. Mazerolles, la dernière fois que j’ai appelé à soutenir un candidat, c’était Jean Tibéri. Il était, une heure avant la fin du scrutin, en position délicate. Vous le donniez perdant avec vos instituts de sondage. J’ai appelé à voter pour mon ami Jean Tibéri, il a gagné de peu grâce à la mobilisation in extremis des militants doux du 5e arrondissement. Alors ne sous-estimez pas la douceur et la force électorale réelle qu’elle représente.

O. Mazerolle : Mais il vous snobe. Du moins on dirait bien.

Bidou : Notre position, bien que douce, est le résultat d’une analyse politique, M. Mazerolle. Si Jacques Cheminade ne veut pas trop parler de mon soutien officiel, il faut sans doute l’attribuer au racisme anti-peluches qui sévit dans notre pays, où les droits civiques de nounours et de leurs amis sont niés avec obstination par un régime inique.

O. Mazerolles : À propos de droits, vous êtes sûr que Jacques Cheminade est pour le droit à l’adoption des enfants par les peluches ?

Bidou : C’est une mesure de bon sens que nous réclamons depuis longtemps, mais les esprits doivent encore évoluer. Je comprends que Jacques Cheminade ne veuille pas s’engager formellement. Mais Jacques Cheminade a déjà étonné tout le monde. Nous ne prenons donc pas de grands risques en soutenant en lui celui qui est, selon nous, le plus doux-friendly.

O. Mazerolle : Bref vous êtes confiant, Bidou ? Vous vous voyez en faiseur de rois ? en sauveur peut-être ?

Bidou : Votre ironie vous mériterait des prix d’haltérophilie, M. Mazerolle. Ne mélangeons pas tout, voulez-vous. Le deuxième tour viendra après le premier. Mais vous avez raison tout peut arriver. Nous avons commandé à Disney des cartons de Porcinets série spéciale, en peluche ignifugée, bourrés kapok-soie de cochon, et marqués de l’écusson de nos forces spéciales ; nous les voulons les plus nombreux possible pour ne pas être pris au dépourvu si l’islam radical relevait la tête et mettait en péril notre beau pays. Nous serons prêts pour l’union nationale s’il le faut.

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