Étiquetté ‘catholicisme’


Plus ou moins 12 accouchements avant 2012

Récit — Article écrit par le 24 décembre 2011 à 16 h 30 min

Pour remonter les audiences d’Ilys, Il Sorpasso a décidé de frapper un grand coup à Noël et de faire dans le tabloïd d’élite en publiant tout et n’importe quoi : JMM et ses filles nues, par exemple! Sollicitée par Il Sorpasso pour un « mes douze machins trucs » je suis tombée dans des abîmes d’angoisse et d’interrogations et j’ai décidé –Noël= naissance dans une crèche =bonheur=esprit de la Nativité respecté !-  de vous livrer l’histoire de mes neufs accouchements, je me suis dit que ça vaudrait bien douze gerbes de la part de lecteurs. Ou bien douze paragraphes. Et que cela complèterait quelques virils articles à la sauce survivaliste. Quoi de plus « survival » qu’un poupon au milieu des ruines après tout??  Vous allez voir que ces histoires d’accouchement frisent très souvent la survie la plus basique et l’improvisation la plus totale. C’est un des moments dans la vie d’une femme et d’un homme où toute maîtrise nous échappe et c’est intéressant de se confronter dans sa vie à ces risques « ultimes ». Il y a des façons plus classes de le faire, certes, mais une Miss Potts n’est pas classieuse, simplement pondeuse. Quoi qu’il en soit, je pense que vous aurez l’amabilité de comprendre que s’il faut attendre que j’accouche VRAIMENT douze fois, hé bien ça risque de ne pas arriver. Oui, je sais : vous êtes déçus-déçus-déçus. L’Occident passera à cause de ces chrétiens qui veulent pas faire de mouflets, heureusement certains vous ont expliqué  que tout passe, même le Chrétien. Et que c’est pas trop grave a priori.  C’est fou, je sais. Allez vomir.

La naissance de mon aîné a été charmante et gracieuse en tout points ; depuis la nuit où nous nous sommes réveillés mon mari et moi dans une mare de flotte, en passant par le moment où, pliée en deux par « les douleurs de l’enfantement », j’observais passablement ahurie mon mari en train de faire son nœud de cravate. –« Mais tu fais quoi ?-Ben je me fais beau pardi! Tu voudrais quand même pas que le bébé ait une mauvaise image de son paternel dès le départ !! » Abasourdie par la logique imparable du raisonnement, je me traînais en bas des 7 étages sans ascenseur du studio parisien dans lequel nous logions, et m’affalais dans notre 4L. Qui ne voulut pas démarrer. Pendant un temps très long. Finalement tout rentra dans l’ordre et nous arrivâmes dans une clinique privée très huppée et, au bout de la nuit qui n’en finissait pas, mon mari sortit son saucisson dans la salle d’accouchement et se mit à dévorer benoîtement ses rondelles pendant que j’agonisais. « L’image paternelle » avait-il dit ?

Ici, je me permettrais une petite incise, un peu plus grave, mais les récits de Noël se doivent d’alterner la bonne humeur et une forme d’émotion plus profonde : c’est le moment de cette alternative. Ceux d’entre vous qui souhaitent continuer dans le bien lourd sauteront sans complexe ce passage, bien évidemment.

Deux jours  après la naissance du fiston, j’étais avec mon père dans ma chambre et le bébé avait été emmené pour des examens médicaux de routine. Soudain, une infirmière-religieuse (clinique privée tenue par des sœurs) arrive et me dit brutalement : « l’enfant a de la fièvre, il nous faut le transférer dans tel hôpital, mieux équipé pour les soins aux nourrissons ». La foudre m’est tombée dessus à ces paroles, la foudre et la Mort parce que j’ai vraiment cru un instant (et mon père aussi) que l’enfant était au plus mal. Je me suis tournée vers mon père, sans lui dire un mot (je ne pouvais pas parler) mais avec un regard qui a du être des plus explicites car ce dernier s’est immédiatement tourné vers l’infirmière en lui disant d’une voix décidée : « Ma sœur, il y a ici un verre d’eau, s’il faut baptiser l’enfant, nous le ferons immédiatement ». Il vous faut comprendre, chers lecteurs,  que mon Néerlandais de père avait envoyé aux orties à l’âge de 18 ans sa foi catholique et qu’il ne pratiquait plus. C’était un sujet tabou à la maison .D’où l’émotion qui m’étreint encore aujourd’hui en écrivant ces lignes et qui provient de l’incroyable compréhension qui s’est opéré en deux secondes chrono,  en un regard, le mien, qui voulait dire mais sans oser (baptiser l’enfant signifiait qu’il était mourant et je ne pouvais pas l’admettre et donc  l’exprimer) et celui de mon père qui a tout compris de mon désir immédiat et qui a fait fi de ses doutes et refus personnels. L’infirmière a réagi alors en expliquant que le bébé n’était pas à l’article de la mort, que le baptême urgent n’était donc pas utile et mon père a emmené lui-même dans sa voiture  son premier petit-fils se faire soigner dans un hôpital voisin. Je n’ai jamais oublié cet instant, l’émotion est toujours aussi vive et puissante. Le souffle de la mort et le souffle de Dieu s’étaient croisés au-dessus de nos têtes, tout simplement.

Reprenons cette chronique d’un genre particulier…

Pour mon E., c’est l’image maternelle qui en prit un coup. J’avais terminé un dîner avec quelques amis, j’avais rangé ma cuisine, mis en route mon lave-vaisselle lorsqu’il me fallut partir ; toujours avec la fameuse 4L… Nous sommes tombés un soir de pleine lune, au milieu d’une demi-douzaine de parturientes (le mot peut faire vomir, chers lecteurs, ne vous gênez pas) et nous dûmes témoigner de l’urgence de mon accouchement en prouvant que ma pauvre petite fille s’étranglait avec son cordon. Oui, il faut se battre parfois pour accéder à une salle d’accouchement ! Tous les coups sont permis ! Trop tard évidemment pour une quelconque péridurale, mes nerfs lâchaient et je traitai la sage femme débordée de  « pétasse ». Mon mari, choqué et toujours très gentleman, même au milieu de l’apocalypse (lecteurs d’élite, retenez cette leçon : on ne perd pas ses bonnes manières même en plein  Chaos), me reprit immédiatement avec un solennel  et définitif: « Mais enfin voyons ! Tais-toi donc et accouche ! » J’obéis, mortifiée et honteuse. Une ravissante crevette naissait alors, minuscule, et la sage femme, perfide, me glissait : « vu son poids ridicule, vous l’avez certainement laissé mourir de faim pendant neuf mois  à cause d’un problème de cordon atrophié ! » je crois que je ne me suis jamais remise de cette réflexion abominable et les quantités astronomiques de nourriture que je prépare tout le temps trouvent leur origine en ce soir de septembre.

ML : aucun souvenir d’accouchement (lecteurs, profitez-en pour vous rafraichir  et boire un verre d’eau)…  Elle était parfaite mais gloutonne  et prenait tellement de lait qu’une sage femme décidait dès le deuxième jour de la mettre à la diète en la privant du sein maternel pendant trois-quatre heures. Epuisée par les hurlements de ma dévoreuse, j’obtenais un billet de sortie du médecin pour aller cuver ma déprime dans le bar d’en face de la clinique. Tout ceci en short et t-shirt des plus élégants (lecteurs, autre leçon du survivaliste d’élite : une accouchée se doit de retrouver sa ligne de jeune fille dès la maternité et éviter les cheveux gras, la paupière lourde, le teint blafard et les peignoirs en tissu éponge).  Il faut dire que je partageais ma chambre avec une espèce de gauchiste mariée à un vieillard divorcé et déjà père. Ce dernier avait accepté de faire un mouflet à sa jeune épouse mais ne voulait guère en entendre parler et ne rendait pas visite à sa pauvre femme qui découvrait, seule, les affres… heu les joies d’une maternité. L’ambiance était glauque et entre deux tétées, je témoignais de mon expérience auprès de la pauvre fille esseulée prête à se flinguer et à vendre le petit au plus offrant.

F. : joie des accouchements en province ! Lors d’une dernière visite médicale, dans son cabinet, le médecin me poussait à intégrer directement la maternité en ville (30km de chez moi) parce que le cordon, là encore, s’invitait un peu trop autour du cou de mon bébé. Je repris comme une grande la BX rouge pétante (avec aileron arrière pour faire plus beauf ou sport à votre convenance) avec ML  sous le bras (trop petite à l’époque pour aller à l’école comme les deux aînés). Sur le lit d’accouchement, ML, assise quasiment sur mon ventre, grignotait des biscuits en attendant que mon mari arrive et l’emmène ailleurs pour que je puisse accoucher tranquillement. Du suivant.

P. : arrivé dans l’après midi, je téléphonais sur le lit d’accouchement à mon mari pendant que la sage femme me récitait  mécaniquement le rituel « poussez madame, vous y êtes presque ». Je livrais mes instructions : « va chercher les enfants à l’école, tu trouveras le goûter dans le tiroir du buffet, n’oublie pas les devoirs, il faut donner le sirop à F. … » La conversation s’éternisait et l’accouchement aussi il faut bien l’avouer.

R. : partie au milieu de la nuit, j’arrivais au bord de l’accouchement à la maternité  grâce aux dos d’âne qui fleurissaient la route (30km encore) et la sage femme qui  recevait dans ses mains le poupon tout cyanosé  (cordon une fois de plus) s’écriait avec un air pincé : « Je n’ai même pas eu le temps de passer ma blouse ». L’enfant était un peu sonné mais se remettait assez vite de cet accouchement express. Moi aussi d’ailleurs. Mais je gardais une  plus importante fatigue que pour les précédents ou plutôt, à cause des précédents, et je me souviens d’un début de baby blues… J’avais fini par mettre R. dans un coin reculé de la maison, au bout de dix jours seulement, et lui avoir dit un soir : « Tu sais, R., Maman t’aime très fort, mais là je crois que cette nuit, si tu pleures, je ne viendrais pas te voir, je suis trop trop fatiguée. » Une amie compatissante m’avait conseillé de parler à l’enfant. Je crois personnellement que cela servait surtout à me déculpabiliser…  mais bon. Quoiqu’il en soit, mon Rémi a du comprendre quelque chose ou accepter bêtement l’inévitable, car il a fait ses nuits très vite.

Les jumeaux : nous étions alors de retour en région parisienne et l’accouchement devait se faire au bloc opératoire pour prévenir toute complication. Sans mon mari. Mon mari n’a pas assisté à tous les accouchements, loin de là,  et je crois pouvoir dire que ce fut pour son plus grand soulagement (et le mien aussi d’une certaine façon, on ne peut pas dire qu’on soit vraiment sous son meilleur jour à ce moment là ! Lecteurs, vous pouvez vomir encore…). B. arrivait assez vite sans péridurale évidemment et G., au contraire,  n’était pas résolu du tout à sortir… coincé bien haut au chaud dans mon ventre, il se présentait par le siège comme tous les jumeaux et l’on finit par m’endormir pour le déloger, ce rebelle. Lorsque je me réveillai quelques minutes après, les deux poupons étaient là, tous mignons et je m’exclamai d’une voix pâteuse : « pourquoi ne m’a-t-on jamais endormie pour les autres ??!! C’est le plus chouette accouchement que j’aurais vécu… » Les suites ou plutôt les débuts avec ces deux lardons furent épiques : il nous est arrivé, le premier mois, de donner au milieu de la nuit deux biberons d’affilé au même bébé et de laisser crever de faim l’autre. Mon mari, mort d’épuisement, prenait les trains pour aller travailler et ne se réveillait qu’au bout de la ligne, parfois grâce à la main compatissante d’un voisin assis en face.

G., mignonette et pressée est arrivée sans bruit –déjà fort bien élevée- sous le drap du lit pendant que la sage femme cherchait un stylo pour me faire signer des papiers…Je vous livre pour cette petite dernière un récit plus détaillé, même si vous êtes au bout du rouleau, chers courageux lecteurs… Adhonc, oui, les papiers et l’accouchement…. Nous sommes aujourd’hui  à l’ère Administrative et du moment que les règles sont respectées on peut vous expliquer sans mentir : «Tout Va Bien,  il n’y a pas de dysfonctionnements ! » Je ne disais rien, occupée à mon affaire, mais je sentais bien qu’elle pointait le bout de son nez… Mais comment expliquer au médecin que le bébé arrivait alors qu’il FALLAIT SIGNER LES PAPIERS ?? Autant parler à une autiste… j’ai donc gardé mes forces pour accoucher de la petiote.  Mon mari avait demandé en m’emmenant plus tôt dans la soirée s’il n’y avait pas moyen que le liquide amniotique perdu  (mare de flotte dans la bétaillère qui en a vu d’autres rassurez-vous et non, je ne détaillerais pas aujourd’hui ces « autres » !) se reconstitue ? Vraiment pas ?? . Une façon absurde, il faut en convenir,  de repousser l’accouchement  comme nous repoussons le problème de la dette aux calendes grecques. Lecteurs, retenez encore cette dernière leçon : on a beau être un philosophe forgé au réalisme le plus forcené, il arrive que le délire vous prenne par surprise car l’homme n’est pas que raison.

Une fois l’accouchement passé  ainsi que la visite de toute la horde, la journée s’était déroulée tranquillement et j’avais retrouvé quelques gestes oubliés auprès de ma fille. Le soir, changement de service, changement d’ambiance. Vers dix heures, une sage-femme revêche faisait son entrée, me demandait si tout allait bien, me recommandait froidement de ne pas l’appeler (« nous sommes débordées ! ») et me disait enfin du bout des lèvres qu’on allait se charger de ma fille pour la nuit (la première nuit, les bébés sont généralement pris en charge par les sages-femmes ce qui permet à la mère de récupérer un peu de forces) dans une heure. J’acquiesçais timidement. A deux heures du matin, le bébé pleurait plein pot, toute à la joie de la découverte de ses talents de vocalises et, prise de vertiges, je verdissais pendant qu’à l’horizon rien ne poudroyait ni ne venait. Je finis par sonner : « Ah, on vous avait oublié… » Bon. Les soirs suivants furent semblables, je demeurais seule dans ma chambre avec le poupon et connaissais à nouveau la joie des nuits blanches. La télé devint ma compagne la plus fidèle et la plus aimable, je passais par tous les programmes télé ; j’apprenais tout,  par exemple, sur le brame du cerf. Un autre soir, rediffusion de reportages sur les sites de rencontres et sur le problème des prostituées. Plusieurs hommes témoignaient : « Ma femme vient d’accoucher, alors vous comprenez… Je vais aux putes ! ». Avec ma fille dans les bras, je m’indignai : « Bande de connards !! ». Là, la télé comme soutien, c’était vraiment foireux… Je passai alors aux architectes de l’extrême : beau métier… Pour un de mes enfants, par exemple, plus tard peut-être, dans le monde en ruines post apocalyptique, il y aura tout à reconstruire après tout.

Voilà, maintenant que tout est démystifié, même un accouchement,  c’est pile ou face désormais : soit vous serez désireux et tout bouillants de vous lancer dans la grande aventure de la vie, soit vous jetterez l’éponge que vous avez passée tout au long de cette lecture et vous déciderez que, hum, tout ceci n’est pas pour vous. Et que le monde ne vaut pas le coup qu’on s’y attache. En tout cas, pas de cette façon. Mais il y en plein d’autres… Chantal Delsol dit que « la vie est aventure » et que  « les peuples capables de durer seront forcément des aventuriers », « des êtres spirituels plus que rationnels car la raison ne court jamais l’aventure », des êtres « nourris par l’espoir, lequel n’a rien de rationnel » et espoir qui suppose que « toutes les joies du monde n’ont pas encore été répertoriées. »

Je vous souhaite,  chers aventuriers-lecteurs, de tout cœur, d’être tout à fait déraisonnables comme nous l’avons été, mon mari et moi, et avec  votre sang, votre sueur et vos larmes de traquer et  de trouver  de nouvelles joies dans vos vies.

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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J&J jouent à la Stasi

Citations — Article écrit par le 17 novembre 2011 à 22 h 01 min

Vous devrez, en moins de 20 lignes, écrire l’introduction d’un texte lui-même grotesque et digne d’un savant musulman pontifiant sur l’économie hallal, introduction qui mettra en lumière toute la  crapulerie consanguine des CAB, GVD et mongollosouverainistes.

 

À l’origine, j’avais entrepris de former avec Jérôme Leroy une cabale pour réclamer que Georges Kaplan soit bouté hors de Causeur : certainement un reliquat d’Inquisition chez moi, et une nostalgie de procès moscovite chez l’auteur du Bloc. La taulière étant intervenue justement pour nous ramener à de plus amènes sentiments, j’ai cru néanmoins de mon devoir, qui est celui de tous les hommes libres, de répondre en raison et sur le fond à l’apologie du libéralisme à laquelle se livre jour après jour le pseudonymé Georges Kaplan. Ce n’est pas que cela m’amuse, mais enfin il faut bien y aller. J’espère seulement que mon irascibilité naturelle ne prendra pas le dessus en cours de route – et si c’était le cas, je prie d’avance les personnes que je pourrais froisser, M. Kaplan au premier chef, de bien vouloir me le pardonner en mettant cela sur le compte du feu de la disputatio.

 

Ceci est donc l’introduction du texte d’un auteur se disant et se redisant- comme il doit se signer et resigner avec moult effets de mèches au premier rang de l’église dont le banc même sur lequel il pose son particulier fondement porte le nom de ses ancêtres, c’est dire s’il est chez lui et pas vous- des fois qu’on soit dur de la feuille, Catholique messieurs-dames et ne venez pas le défier il a une bible plus grosse que la votre. Catholique donc qui combat l’immoralisme et  l’abjection du dragon libéral et se déclare être prêt à user de toutes les méthodes tant son but est noble, et d’user de toutes les alliances-qu’Allah et Mao les bénissent- tant sa noblesse est un but.

Malheureusement, la fatwa cabale est remise à plus tard, d’ici là on prendra le temps de répondre à ce gueux libéral (en confondant par ailleurs ce qui relève de Dieu et ce qui relève de César, hérésie typique d’un christianisme sectaire titubant, mais on n’est pas à ça près, lorsqu’on déclare a priori que Dieu est avec soi, arbuste généalogique faisant foi et baptême en option) mais on prendra la peine de préciser qu’il ne perd rien pour attendre, et qu’on en est tellement sûr qu’on exhibe jusqu’à ses intentions les plus moisies.

Revenons à cette introduction qui se suffit à elle-même.

Notez comme le mot devoir est ici utilisé  : il sera avancé pour répondre à l’adversaire une fois que l’impossibilité à réduire celui-ci au silence, et à le recouvrir de putrides calomnies, sera malheureusement incontournable. Il est précisé, ce devoir, comme provenant d’homme libre, afin de sous-entendre que celui qu’on n’a pas pu réduire au silence ne l’est pas, et que sa parole relève donc d’un borborygme tout englué dans ses absurdités qu’un simple bûcher suffirait pourtant à démontrer l’inanité des tortuosités trop judéos pour être chrétiennes.

On notera ce qui est sensé être une note d’humour, à moins qu’il ne s’agisse là d’une manifeste psychopathologie lourde, lorsque l’auteur avoue sa motivation première comme issue d’un croisement entre inquisition et nostalgie paillarde de la stasi et du meurtre de masse communiste, avant de se voir contraint de revêtir son glorieux heaume de chevalier chrétien avec initiales et blason, taulière oblige, tout ceci afin de mettre le nez du libéral dans ses présupposées errements, le premier de ceux-ci étant de vouloir s’exprimer. Tout cela bien entendu au nom de la morale la plus sainte.

Libéral qui se livre « jour après jour » à « l’apologie du libéralisme » dont les statistiques dudit canard témoignent. On retiendra également que ledit libéral  use de pseudonyme (ce qui n’est jamais le cas d’un rededeu fructis pure souche de gland royal et encore moins de son acolyte dont le tarin est tout entier dévoué à proclamer son amour du drapeau rouge, une saine madrassa repoudrée droit divin avec kapo de pur sang valant bien un hôpital psychiatrique de l’URSS niveau efficacité), preuve s’il en est de sa duperie, et que ceci sous-entend bien évidemment qu’on connait son nom, éventuellement son adresse et l’heure à laquelle sa femme va chercher ses gosses à l’école et qu’il n’y a donc aucune raison à vouloir conserver plus longtemps l’anonymat, quelle drôle d’idée que voilà !

Heureusement, le nobliau antilibéral, dont la particule aura su traverser les âges sans que noblesse n’oblige, complicité ne révèle et consanguinité ne trahisse, témoigne de faiblesses trop humaines, notamment d’une irascibilité turgescente  dont la fabuleuse menace sera contenue tant que raison se pourra mais qui n’est que la sémillante oriflamme de la pureté de sa cause dans l’impossibilité de se livrer à un légitime coup de pute, combat à l’issue incertaine mais sujet à faire pâlir Rubens dont on regrette qu’il ne pût en tenter l’esquisse,  témoignage ultime des affres d’une âme raisonnante desquelles naîtra  la puissance d’une Vérité-que la bienveillance d’Allah l’accompagne- mais dont on ne peut prédire qu’elles seront innocentes de dommages collatéraux dans les rangs ennemis qu’on prévient à l’avance qu’ils seront aussi grands que sont hautes les sphères d’où elles s’échappent, rappelons donc à cette occasion les conditions de ces terres d’exigence :  l’obligation imposée de la part de la taulière de n’user point de cabale.

Soit la chrétienne charité confondue au fait de répondre au manant dans l’impossibilité temporaire de lui sectionner la langue et l’exhiber en trophée ainsi que de livrer sa famille à la plèbe préalablement rééduquée. Quel temps perdu à répéter ce qui ne peut être compris (et les name-dropping intransitifs de ladite échevelée réponse valant sceau du Roi en témoignent) et dont il vaut mieux alors faire l’économie pour psalmodier à l’envie qu’il se pourrait bien en effet que notre royaume antilibéral soit bien de ce monde  s’il on pouvait bien suspendre un instant la multiplicité de ces organes dont on sait le poids des différences dans la chute de Babel. On saisira alors que pour ce genre d’héritier de fait,  Dieu puisse se lire à la lettre, et que la charia, tout de même, c’est pas si mal.

Tout de même, n’en rajoutons pas, tout est dans la sauce, s’il y a de quoi frémir, c’est plus du ridicule de ces bras cassés que de leur dialectique d’imam au rabais et de leurs menaces d’apprentis du KGB à l’ouest, obligés de se fendre de pareils sermons sous la coupe de la maîtresse d’école. Jacques et Jérome, vous me ferez 50 lignes d’antilibéralisme. Cette école qu’ils nous chantent d’ailleurs dans toutes les gammes, ils n’en sont jamais sorti, ni de ces cours assénés, eux les chantres de la renaissance spirituelle et de l’hédonisme de l’économie planifiée, ils ont la trouille d’en sortir et la haine que ce soit possible.

 

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Dénominateur commun

Sozial — Article écrit par le 12 octobre 2011 à 20 h 13 min

Quand j’étais gosse et que je feuilletais l’Ancien Testament raconté aux enfants et illustré de gravures de Gustave Doré, j’y voyais le Bon Dieu sur un nuage. C’était un vieux monsieur, il avait des yeux, un nez, une longue barbe et je me disais qu’ayant une bouche il devait aussi manger. Et s’il mangeait, il fallait aussi qu’il eût des intestins. Mais cette idée m’effrayait aussitôt, car j’avais beau être d’une famille plutôt athée, je sentais que l’idée des intestins de Dieu était blasphématoire. Sans la moindre préparation théologique, spontanément, l’enfant que j’étais alors comprenait donc déjà qu’il y a incompatibilité entre la merde et Dieu et, par conséquent, la fragilité de la thèse fondamentale de l’anthropologie chrétienne selon laquelle l’homme a été créé à l’image de Dieu et alors Dieu a des intestins, ou bien Dieu n’a pas d’intestins et l’homme ne lui ressemble pas.Les anciens gnostiques le sentaient aussi clairement que moi dans cinquième année. Pour trancher ce problème maudit, Valentin, Grand Maître de la Gnose du IIe siècle , affirmait que Jésus « mangeait, buvait, mais ne déféquait point ».La merde est un problème théologique plus ardu que le mal. Dieu a donné la liberté à l’homme et on peut donc admettre qu’il n’est pas responsable des crimes de l’humanité. Mais la responsabilité de la merde incombe entièrement à celui qui a créé l’homme, et à lui seul.

Kundera, L’insoutenable légèreté de l’être


Encore ? Encore… Le corps de Jésus, à l’évidence, ingère des symboles, mais ne digère pas, on n’excrète pas du concept… Chair extravagante, insoumise aux caprices de tout un chacun : le Messie n’a pas faim ni soif, il ne dort jamais, ne défèque pas, ne copule pas, ne rit pas.

Onfray, Traité d’athéologie.

Dans un de ses ouvrages, Claude Lévi-Strauss raconte un épisode classique qui arrive à tout explorateur du début du 19eme siècle lorsqu’il parvient jusqu’à une tribu primitive. Immanquablement, il se voit proposer une ou plusieurs femmes pour la nuit. Offrande ? Cadeau ? Coutume d’hospitalité ? Rien de tout cela. Si le primitif offre une femme à cet être inquiétant, venu d’ailleurs, de peau blanche et paré d’étrange atours et outils, c’est parce qu’il a peur : peur de se retrouver face à un Dieu ou un quelconque esprit maléfique. Or si cet être couche avec une femme de la tribu, c’est qu’il fait comme n’importe quel homme de la tribu, connait les mêmes désirs, possède les même organes, etc..Bref qu’il est humain. Parfois le primitif demande d’emblée à l’étranger de montrer ses parties génitales, ou encore il le scrute en secret  pour s’assurer qu’il est soumis aux mêmes besoins naturels inhérents à la digestion.

Bite, couilles, baise, pipi, caca. Les plus petits dénominateurs communs qui obsèdent et dont la preuve rassure les insatisfaits de l’insatisfaction.

C’est au fond la même question qui a hanté les primitifs de l’esprit lorsqu’ils se demandaient si Jésus faisait caca. Même Céline tombe dedans, dans ses pamphlets, entre autres obsessions de  sodomie, chair molle contre muscle, etc…

Nous en sommes régulièrement témoins ici. Il arrive en effet que nos contradicteurs en viennent à utiliser le vocabulaire salace lorsqu’ils n’ont plus rien à objecter, comme XP l’a relevé. Et encore, lorsqu’ils font l’effort d’objecter en préambule. C’est aussi une coutume de langage propre aux souverainistes,  on pensera à son incarnation moderne, Dominique Vilpin, lui qui voulait prendre la France parce que ça la démangeait des hanches.

Le salace c’est le langage du collectiviste qui tente de ramener l’individualiste dans le groupe, dans la société comme groupe et groupe comme société. Le collectivisme, mouvement puritain et asexué, a toujours été pris d’une défiance d’ordre sexuelle envers l’individualisme, et il n’a pas tort. Séparation claire et nette du privé et du public, importance de la vie privée, du libre arbitre, de la responsabilité, de la liberté, acceptation de l’inégalité innée (à commencer par les rôles sexués), l’individualisme donne vraiment le bâton pour se faire battre. A l’érotisme symbolique de l’individualisme conséquent de toutes ses séparations, le collectivisme ne trouve comme moyen de défense que le salace. Bite, couille, pipi, caca. Il veut rétrograder l’individualiste à ces plus petits dénominateurs communs.

Lorsqu’un collectiviste vous insulte ou parle de sa bite, ce qui arrive souvent, il ne cherche pas le désaccord, mais l’accord. Il veut vous faire tomber dans le groupe, par sa voie la plus commune. Il veut que vous lui répondiez sur le même mode. L’über-collectiviste, c’est à dire le chef de meute, ou celui qui l’imite, lui se doit d’incarner le phallus comme tout bon chef à plume-seule exception logique à la règle- il se met à bramer et à sortir son engin en vous mettant au défi de faire de même. Ses serviteurs eux vous suivent dans la brousse, avec leurs peintures de camouflage, pour voir si vous faites caca.

Tout ce langage codifié, par définition, ne se résume pas à un retour à l’animalité, en effet, le retournement du langage contre lui-même par son asservissement au biologique et au commun, bref à la chair-comprendre ici au sens de viande- est bien la négation de l’incarnation, son opposition non dans le silence, mais dans la viande qui parle. Incarnement disait d’ailleurs Céline*.  Obsession du biologique comme origine voulant contredire le Verbe premier.

 

 

 

 

NB1 : à la question légitime de Kundera, pour ne pas dire l’intuition, j’ai trouvé logique de donner également les mensonges factuels d’Onfray en exemple, qui, pour son traité d’athéologie ne s’est donné la peine de lire ni les évangiles (où il est écrit que Jésus a faim, qu’il mange et qu’il dort) ni la théologie de base (St Thomas d’Aquin) et qui en conclut l’inverse de ce qui est dit…Ça s’appelle un philosophe rationnel et rigoureux, parait-il.

NB2 : Jean Clair, critique d’Art, a aussi souligné dans ses ouvrages la place grandissante donnée aux thèmes du fécale, de la putridité et des sécrétions dans l’art contemporain, c’est à dire que ces artistes plastiques n’ont plus que ces plus petits dénominateurs comme outils conceptuels, sans évidemment comprendre une seconde ce qu’ils révèlent malgré eux et évidemment sans le moindre talent.

 

*D’un château l’autre. Jeu :  saurez-vous retrouver tout les thèmes souverainistes ?  : )

Prenez n’importe quel bigorneau, dites-lui dans les yeux qu’il incarne!…vous le voyez fol!…vous l’avez à l’âme! il se sent plus!…Pétain qu’il incarnait la France, il a godé à plus savoir si c’était du lard ou cochon, gibet Paradis ou Haute-Cour, Douaumont, l’Enfer, ou Thorez…il incarnait!…le seul vrai bonheur de bonheur l’incarnement!…la tête serait partie toute seule, bien contente, aux anges!…mettez que demain ils se remettent à nous rationner…qu’on arrive à manquer de tout…vous grattez pas!…le truc d’incarner vous sauvera!…vous prenez n’importe quel bizut, n’importe quel auteur provincial, et vous y allez! vous l’empoignez, vous le pétrissez là, devant vous… »Oh, Dieu de Dieu, mais il y a que vous!…y a que vous pour incarner le Poitou! » Vous lui hurlez! « Vos chères 32 pages ? Tout le Poitou!  » Ca y est!…vous manquez plus de rien! à vous les colis agricoles!…vous recommencez en Normandie!…puis les Deux-Sèvres! et le Finistère! vous êtes paré pour cinq, six guerres et douze famines!…vous savez plus où les mettre vos dix! douze tonnes de colis! les Incarnateurs donnent, renchérissent, se lassent jamais!

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Encore un musulman fou

Actu, Mutation — Article écrit par le 3 juin 2010 à 17 h 49 min

Encore un assassinat qui n’a rien de politique ni de religieux, perpétré par un dément, nous dit-on. Certainement que Monseigneur l’avait violé, très certainement. Comme Terre’Blanche ses malheureux employés. Je ne vois que ça pour expliquer cette mystérieuse « affaire privée ».

Monseigneur Luigi Padovese, le représentant de l’Eglise catholique en Turquie, a été poignardé à mort jeudi par son chauffeur dans le sud du pays, dernière attaque en date contre les chrétiens dans ce pays presqu’exclusivement musulman.

Le prélat de nationalité italienne, né en 1947 à Milan (nord de l’Italie), vicaire apostolique d’Anatolie et président de la conférence épiscopale turque (CET), a été tué au couteau par son chauffeur dans sa maison d’Iskenderun, a annoncé le gouverneur local. Selon la chaîne d’information NTV, le tueur présumé, qui se serait converti au catholicisme, a tranché la gorge de sa victime, qui gisait dans une mare de sang dans le jardin de sa maison d’été.

Mehmet Celalettin Lekesiz, gouverneur de la province de Hatay, dont dépend Iskenderun, a exclu un « acte politique », affirmant à l’agence Anatolie que le suspect, traité pour des désordres psychologiques, avait immédiatement été arrêté avec l’arme du crime.

« Nous menons notre enquête mais il semble qu’il s’agisse d’une affaire privée sans motivation politique », a dit le gouverneur, qui s’est déclaré « consterné » par cet assassinat.

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