Étiquetté ‘aryen’
Pierre Jourde, éleveur de métis depuis une génération
Sozial — Article écrit par Vittorio le 21 septembre 2012 à 18 h 52 minJe croyais avoir tout vu, lu et entendu sur le livre de Richard Millet. Enfin j’exagère, je n’avais pas tout lu, vu et entendu, étant donné que j’aurai pu tout écrire, montrer et dire a priori tant tout cela est prévisible, pénible, ennuyeux et vulgaire. Sauf les articles posts de Blue. Ce qui est rassurant quelque part.
Ce qu’il y a de rigolo alors c’est de trouver la perle (dont je recommande la lecture parce que je vais spoiler méchamment). Le point de vue représentatif et chimiquement pur de toute la connerie ambiante satisfaite d’elle-même, mais qui va un peu plus loin. C’est d’ailleurs drôle comme tout le monde rebondit sur les idées, positions et articles de tout le monde. Avec à chaque fois la petite fantaisie qu’on imagine émoustiller au maximum son auteur. Fantaisie qui consiste, la plupart du temps, à apparaitre un peu plus intelligent ou moins con sur le même thème, selon le degré d’affinité avec le joueur d’en face.
Oooh cette petite fan-tais-ie, aaaah que c’est fém-in-in..uuuuh m’ais où l’avez-vous trou-vée…bref
Aux dernières nouvelles, donc, la palme revient à Pierre Jourde. Qui doit avoir trop souvent perdu à bomberman dans sa jeunesse et c’est donc recyclé dans la popolémique littéraire à un degré critique sinon moral.
Bon inutile de tourner autour du pot, celui-ci nous sort en quatre par trois l’antienne Xyrienne (mais en l’incarnant, pas en l’analysant) selon laquelle le métis est l’aryen du XXieme siècle. On pourrait presque s’arrêter là et faire des trucs de nazis comme ranger ses chaussettes, par exemple, mais ça serait trop facile.
Jourde commence par un coming out. Ce qui est follement original. Révolutionnaire. On est tout de suite scotché, le type nous parle avec ses tripes. Il a conçu, tenez-vous bien, deux enfants, selon ses termes, empruntés à d’autres pour mieux souligner leur teneur en rancité ou en neutralité, colored. Avec une -je cite toujours-négresse-, et donc pas par l’action du saint-esprit, même s’il était probablement là. Il nous fait tout l’arbre généalogique de la smala d’ailleurs. Ce qui est sensé nous -je dis nous, je ne sais pas si ses amis du Morvan le lisent encore- donner la nausée.
Des enfants métis.
Ce type est un ouf.
Il nous connait bien. J’ai immédiatement envoyé une notification à mes potes du Ku Klux Klan pour annuler la soirée alcool de patate, lynchage & feu de bois. La panique. Malgré nos chouettes bonnets, nous sommes démasqués. Il va falloir la jouer fine avec des types comme Jourde.
Car si j’ai bien compris, les nègres ne font pas que violer nos femmes. Des blancs copulent avec leurs femmes. Et avec leur consentement. Aux femmes. Il y a reproduction. Leurs gosses portent peut-être même des lunettes. Tout cela est bien confus, mais, d’instinct, c’est pas du tout Mein Kampf Kawaï.
Et la progéniture, contrairement à tous ces petits français pur desouche (sont tous attardés dans son texte, on est raccord, c’est pas l’innocence des musulmans), jouent du Ravel et connaissent Molière par cœur. On ne sait pas réellement s’ils portent des lunettes. Faut pas s’étonner non plus qu’ils se font lapider après ça (le fin de race pure ne connait pas Ravel pas cœur et ne sait pas jouer Molière au banjo, alors la syntaxe).
Notons tout de même qu’en Auvergne (ou le Cantal sais plus, le fin de race ne sait pas situer Corneille sur une carte, ce con, heureusement qu’il sait réparer la chaudière) on se livre à des lapidations. Avec des pierres. Comme en Bambouli. Alors là je ne comprends plus. D’abord dans la Creuse, on lapide à coup de reblochon. Ensuite, Jourde ayant écrit un livre (je l’ai lu : très émouvant, mais ça n’a pas plu à tata Yvettes qui s’est reconnue dans le personnage de la bigote alcoolique, alors qu’elle n’est que consanguine antisémite, enfin) tirant le portrait de tous ces normands pur jus décrits justement comme des débiles picards qui fument de la choucroute et soutiennent l’AS St-Etienne qu’ils sont (c’est dire s’ils sont cons), un truc comme ça, un livre pointu sur le sujet donc, on s’étonne qu’il soit tombé dans un tel guet-apens endogamique… Or si y’a un truc qu’est bien typiquement basque, c’est la susceptibilité alsacienne. Il serait un peu maso, Jourde ?
Alors, s’amener avec sa négresse et ses bougnoules à lunettes « très beaux », faut pas non plus s’étonner de recevoir des morceaux de gratin dauphinois. Heureusement que Pierro le ouf a appris le Krav Maga via un moine chaoline sans papiers qu’il appelle mon frère, c’est dire la branlée qu’il leur a mis à ces corses à chapeaux ronds. Ça doit être ça la richesse venue d’ailleurs dont il parle plus loin.
Mais la vie de Pierre ne ressemble pas qu’à un épisode de Kung Fu avec David Carradine, elle ressemble à la série Kung Fu. En entier. Ça ne s’arrête jamais.
Parce qu’il ne suffit pas de niquer sa race à la pureté congénitale d’un côté, il ne faut pas oublier de lutter contre ceux qui disent que ça n’existe pas. Enfin, que les « problèmes » liés à l’immigration n’existent pas. C’est plus compliqué, même si c’est un peu la même chose, on va le voir. Toutefois son approche diffère avec ces opposants là, il n’a pas essayé le Krav Maga avec le conseiller de Jospin, c’est dommage. Il réserve ça aux trisomiques berrichons à pieds-bots, normal.
Il utilise donc une autre méthode, il leur dit « tu vois Micheline et Jean-René (il les connait par leur prénoms, il ne va pas les taper, encore moins leurs consacrer un livre) vous êtes de bonne foi, je n’en doute pas, vous et moi partageons au moins ça en plus du talent et du tutoiement, donc écoutez : on ne combat pas la pureté par la pureté ».
Vlan !
Je trouve qu’il y va un peu fort quand même, et je dis ça en caressant mon collier d’oreilles d’arabes. C’est ce qui s’appelle recadrer le problème, un peu mon neveu (frère, cousin, papa, je ne sais plus, un peu tout ça).
Bon après, il parle de trucs littéraires, alors j’ai un peu zappé, sauf quand il parle de Céline -ça j’aime bien- « cette ordure », j’ai opiné, il est très bon critique littéraire quand même, ce Jourde.
Et puis il expose son projet, et là, amis à pin’s tête de mort, j’attire votre attention, enlevez un instant votre 45t de chants de la WerMacht (j’aime bien les allemands, mais pas leur orthographe non plus) :
Ma détestation de la pureté mortifère, dans tous les domaines, fait que, pour nous en tenir à la question ethnique, je n’aime rien tant que croiser des couples mixtes. A chaque coup, c’est plus fort que moi, ça m’attendrit. J’aspire à une France avec des Indiens, des Marocains, des Polonais, des Chinois, des Viets, des Colombiens, des Haïtiens, des Maliens, des Egyptiens, des Ethiopiens, des Portugais, des Turcs, se mélangeant joyeusement, avec leurs coutumes, leurs langues, leurs traditions, leurs cuisines, leur histoire, leur hospitalité, leurs vêtements, leurs religions, parce que c’est la vie, la richesse, la joie, la diversité, l’humanité.
Putain mais il veut faire crever Cartman ce con ou quoi ?
Heureusement, il admet ensuite par deux anecdotes dont une encore avec super-métis accompagné cette fois de gay-boy qui mettent une branlée à des arabes desouches que c’est compliqué tout ça.
L’immigration, cette immigration tant redoutée par Millet et Camus, c’est une richesse. Mais c’est aussi parfois un problème.
Et oui. La richesse peut provoquer des problèmes. Demandez à Bernard Arnault. Qui est une chance pour la Belgique aussi, quelque part.
La haine des juifs, des femmes, des homosexuels, de la mixité, cela a un nom, cela s’appelle aussi du fascisme. Et la pauvreté n’est en rien une excuse. Un fasciste pauvre est quand même un fasciste. Et sur beaucoup de gens aussi pauvres que lui, il exerce sa tyrannie. Il y a des libertés que nous avons mis des siècles de luttes à obtenir, mais on a par moments le sentiment d’une régression. Si on se tait, on met en danger les libertés acquises.
Car c’est se taire qui met en danger les libertés acquises. On peut braire à qui mieux mieux sur la richesse, et on ne va pas se gêner, mais il ne faut pas se taire sur le fascisme des immigrés, y’a pas de raisons que qu’y'ait qu’les savoyards qui soient futuristes italiens, les camerounais aussi. Et c’est dangereux, un camerounais qui récite du Ezra Pound, Malcolm X a dit un truc là-dessus aussi il me semble. Et il portait des lunettes.
Le bon côté, et je vais de suite le notifier à mes amis du KKK, c’est qu’il y a un potentiel de développement de notre organisation dans l’immigration assez démentiel. Avec toutes ces nouvelles cotisations, on va pouvoir rééditer « Je suis partout » en papier glacé couleur.
Bref, pour en revenir à Jourde, donc, il ne faut pas fermer sa gueule face au fascisme black-blanc-beur (Benetton est italien, ça ne vous a pas mis la puce à l’oreille ? ). Et ne pas répondre à la pureté par la pureté. Et donc, il faut se concentrer sur des cibles de choix, avec tact et intelligence. Des cibles ciblées, qui sont, contrairement à ce que pensent ses amis Micheline et Jean-René :
Richard Millet, avec tout son immense talent, est l’enfant monstrueux de ce problème, l’enfant pervers qui nous entraîne, depuis des semaines, dans la spirale de sa perversité. Nous avons, comme écrivains, comme intellectuels, à dénoncer le racisme, la xénophobie, l’esprit d’exclusion, la violence. A dénoncer Millet, donc.
Bon là j’avoue que je ne comprends pas comment ce mec a pu apprendre le Krav-Maga, parce que j’ai essayé , ça demande quand même d’arrêter de sniffer de l’éther. Pur. Qu’il ne faut pourtant pas utiliser pour répondre à la pureté.
J’hésite à vous donner ici les deux derniers paragraphes de son truc antifa, vous avez le lien, parce qu’on tombe dans l’énorme tout de même. Je ne sais pas si notre serveur tiendrait le coup devant tant d’audace impure. Par delà le pur et l’impur. En gros il nous dit que pour niquer les purs fins de race comme Millet, il faut obliger les nouveaux arrivants qui nous enrichissent de leur diversité pas du tout consanguine et rétrograde mais peut-être un peu quand même, à accepter la liberté.
Mir Jourde, lave plus blanc que blanc, même la couleur. Mais c’est pas pareil.
Bon sang de bois, ce type ne sombre décidément pas dans la facilité. Moi, toute cette richesse qui n’empiète pas du tout ma liberté, je ne vois pas ça comme Bernard Arnault, c’est trop lourd à gérer. Et puis la Belgique quoi. Ça me donne des aigreurs d’estomac. Je fais vœu de pauvreté. Mais aux desouches d’ici et d’ailleurs qui ne disent pas non à Darwin et qui ne veulent pas renoncer à cette manne, Jourde oublie de donner la recette du spasfon. A moins qu’elle ne soit contenue dans sa précédente anecdote qui consiste à éduquer des petits desouches blancs et cons qui se font tabasser pas des arabes par un arabe fin et lettré (et à lunettes ?) plutôt que ceux qui les emmerdent.
Voilà.
La liberté. Qui respecte la liberté des autres. Qui peuvent en retour vous enrichir à coup de liberté. Et de lunettes.
Ce type est un génie. Normal, sa femme est noire.
Mais on peut se demander si la fantaisie débile méthode de Jourde n’est peu un peu trop parfaite. Si elle ne repose pas sur des élans, disons, un peu trop élevés. Hors-sol. Si elle n’est pas un peu trop pure. Il ne signe pas la pétition, parce qu’elle trop sale de pureté. Il préfère de loin la pureté du métis colored. Et on sait où ça mène ça.
Toujours ces mêmes ornières. Finalement c’est bien un con de blanc desouche ce Jourde. Il a beau en faire des tonnes, il a décidément les stigmates de sa race. Je lui trouve d’ailleurs un air à la Richard Millet. Qui, lui, porte des lunettes, au moins.
Étiquetté : aryen, fascisme, Jourde, métis, Millet
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