The L Word
Le 05/07/08 à 18:41 par Vae Victis
Je prie tout d’abord Rue 89 de nous excuser de ne pas jouer correctement notre rôle d’épouvantail. Je sais - oh combien - vous préféreriez qu’on en appelle aux bûchers, mais je les aime bien ces petites lesbiennes. Pardon.

“L” comme lesbiennes. Selon une habitude américaine d’épeler la première lettre des mots - jugés - inconvenants.
Une série rafraichissante. Une déclinaison de Sex and the City, mais gay et plus sexy. Moins névrosé, plus drôle aussi. Ce n’est plus New-York et ses business-women, incapables de bâtir une relation durable ; prises entre leur travail, leur besoin d’indépendance, leur horloge biologique et la quête de l’amour. C’est Los Angeles, une ambiance plus décontractée. La banlieue de la middle-class liberal, leur terrain de chasse.

De jolies filles. C’est ce qu’on remarque en premier. Elles sont pour la plupart très attirantes. Rien qui ne ressemble aux habituelles tronches de mort du féminisme lesbien. Ce qui confirme mon avis sur le militantisme : de la frustration. Les jolies filles ne militent pas, elles se câlinent.
Les intrigues sont plutôt bien tournées et raisonnablement insolentes. On peut avoir des petites surprises qui renforcent le réalisme des personnages, leur humanité. Les personnages sont faillibles, adoptent des comportements qui peuvent être immoraux. Comme dans la vraie vie. Il n’y a pas à l’exemple de nos séries citoyennes, d’épaisses tranches de moraline qui écrasent les personnages, pour valoriser des comportements. Parfois des facilités, comme la carrière pornographique d’une présidente de ligue de vertu. Mais l’ensemble tient la route. En dépit de petites faiblesses, comme le rôle masculin peu étoffé, qui tient lieu de gentil idiot. Et les scènes sexy ne manquent pas.
Chaque épisode commence par un flashback de l’histoire des personnages principaux, ou de ceux qu’ils seront amenés à rencontrer. Et le plus souvent lié à leur homosexualité. Ce qui donne un côté : l’homosexualité à travers les âges.

Etre gay en 1976, selon The L Word.
Quantité de thèmes sont abordés, comme l’endogamie lesbienne :

“Cite m’en une. Et je la relie à moi en 6 coups.”

Bette qui essaye d’avoir un enfant avec Tina (copie lesbienne du couple hétérosexuel), est directrice d’un centre d’art. Sa collection d’art contemporain : Provocations.
A noter la présence de Pam Grier, icône de la blaxploitation dans les années 70, et qu’on a pu voir dans Jackie Brown de Tarentino.
VV qui apprécie L World, mais où va la réacosphère anarcho-nazie…
Plus sérieusement, si la season 1 reste intéressante, la 2ème aussi si tant est qu’on aime la surenchère de sexe, après c’est l’étalage le plus complet de la série dans le progressisme “gender”.
La saison 1 reste sur un équilibre intéressant entre le côté réaliste impertinent (comme lorsque Tina hésite à prendre le sperme d’un noir) et le côté progressiste, mais distillé sans rentre-dedans. Et presque avec ironie (le discours artistique bobo et l’art mis en scène : cette toile sadomaso avec des hommes en cuir fouettés sur fond rose, c’est d’un mauvais goût…). Vous y ajoutez la sensualité, et des intrigues amoureuses pimentées, et le résultat est plaisant.
Et je trouve Alice craquante. ^^
J’adore l’expression de la personne en train de subir l’extrême onction par la face sud sur la photo… “c’est pas possible ! vous êtes plusieurs !!!”
“(comme lorsque Tina hésite à prendre le sperme d’un noir)”
Oui oui je m’en souviens ^^. Car ils font de grand bébés et qu’ils sont plus durs à sortir :D
“Et je trouve Alice craquante. ^^ ”
Normale, c’est la seule qui ne se prend pas au sérieux (et qui est bi au passage).
J’ai lu qu’elle était lesbienne à la ville.
Ah ça je ne sais pas. Je m’arrête à son personnage dans la série.
@ V. V. : “Blaxploitation”.
Bon, sinon, la tranche de moraline est moins épaisse que dans notre tambouille de terroir. Et après ?
Quant à L. A. “plus décontracté” que N. Y. là j’en reste coi. Ou alors j’ai mal lu.
> @ V. V. : “Blaxploitation”. Je pensais qu’il existait plusieurs orthographes acceptées, en fait non. Je corrige, et je me tape sur les doigts.
“Bon, sinon, la tranche de moraline est moins épaisse que dans notre tambouille de terroir. Et après ?”
Vous ne regardez pas une campagne de sensibilisation gouvernementale, vaguement scénarisée, mais une série avec une vraie histoire. Ca fait une sacrée différence.
“Quant à L. A. “plus décontracté” que N. Y. là j’en reste coi. Ou alors j’ai mal lu.”
Dans le cadre de la série, cela s’entend. Il faut regarder, Denis. ^^
@ V. V. : “je me tape sur les doigts” …
… non non, je vous en prie, laissez-moi faire …
“Il faut regarder, Denis” …
… non non, surtout pas …
(ceci dit, au moins deux rédacteurs qui sont aussi spectateurs de cette chose, la “sécession” est mal partie je trouve, il faudra que l’île d’Ilys soit arrosée par le bon satellite, ça va limiter les choix, forcément)
Et tout ce gâchis sur la photo, ça fend le coeur.
Jamais vu, mais je comprends comment Rue89 sait qu’il y a tant de célibataires chez Ilys.
Des femmes, séduisantes et libres, mais interdites au “dead white male”. Emiettement discret des codes sociétaux éprouvés de notre bloc ethno-civilisationnel, mâtiné d’un peu de métissage subtil, sans oublier évidemment une once de provoc’ anti-chrétienne (le christianisme étant par définition notre strate religieuse).
Donc, je suis sur la plage et je commence à soulever les galets. A la production, Ilene Chaiken, Steve Golin, Larry Kennar. Okayyyyyy!
Quel choc : des Juifs se seraient dissimulés parmi les producteurs d’Hollywood. Merci, UnOurs.
Question n° 1 : Ilene Chaiken est lesbienne militante, et élève deux enfants avec une autre femme. N’est-ce pas plutôt cette facette de sa personnalité - et/ou sa facette gauchiste - que l’on retrouve dans son “oeuvre” “the L word”, plutôt que sa facette “juive” ?
Question n° 2 : Je ne sais rien de LARRY Kennar, mais son patronyme ne me paraît pas spécialement juif, le seul Kennar de ma connaissance (virtuelle) étant prêtre anglican. Mais si le patronyme en général, ou son porteur susnommé en particulier, sont dans vos petites fiches, je m’inclinerai devant votre science, car j’ai beaucoup de respect pour le travail suisse, même catholique.
Question n° 3 : Y avait-il vraiment moins de Juifs à Hollywood lorsqu’on y produisait à longueur d’année des films célébrant les valeurs patriotiques et familiales ?
je vais de ce pas aller regarder çà !
Tout un programme !
A bientôt
Quelle belle photo de groupe !
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