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Rupture

Nous avons souvent évoqué sur ILYS la possibilité d’une île, ou la sécession d’un territoire. Nul ironie là dedans, ce projet n’est pas utopique ; je crois sincèrement qu’en dehors de la fuite comme projet individuel, la sécession est la solution la plus réaliste. En tous cas si la survie demeure un objectif, et si nous nous résolvons pas, dépassés par la nécessité et l’urgence, à disparaître. Mais disparaître n’est pas une solution raisonnable.

Nous sommes à la charnière d’un monde nouveau, celui qui succédera à l’effondrement des États-Nations. Le Léviathan, qui met sûrement en place tous les instruments de sa propre destruction, tombera comme un fruit mûr. Il s’agira de saisir l’occasion, et de ne pas laisser un autre projet encore plus monstrueux prendre la place, celui de cette Europe tyrannique et désincarnée.

A travers ses délires constructivistes ou sa politique ouvertement clientéliste et mercantile, l’État qui prétend répondre au bien être du plus grand nombre, ne sert en fait que lui même, c’est à dire ses zélés serviteurs, qui s’accaparent pour eux-même ou pour quelques privilégiés, leurs clients, les ressources confisquées par les impôts. l’État impose sans cesse de nouvelles taxes sans l’accord de ces citoyens, il s’octroie de plus en plus de prérogatives et s’immisce de plus en plus dans la vie privée, aspirant à contrôler nos consciences et notre mode de vie, nous imposant un bonheur obligatoire et des choix de société malgré l’opinion majoritaire, diffusés par des moyens culturels quasi-monopolistiques ( la culture d’État subventionnée, le cinéma subventionné, l’école et les universités, la télévision et la radio publique, les journaux débiteurs …), créant ou subventionnant des organismes de contrôle non-représentatifs et ratifiant des textes rejetés par la majorité ( l’exemple du mini-traité européen est édifiant). Les satrapes républicains vont même jusqu’à refuser l’éventualité d’un référendum au nom d’un bien supérieur ( clairement, un bien qui objectivement n’est pas le nôtre), ce qui constitue une violation évidente du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Cet État entend même les déposséder de leur propre territoire.

Les gens doivent comprendre que cet État ne les sert pas, mais ne profite qu’à la clique des élites formatées qui sortent tous des mêmes écoles, que l’on retrouve dans tous les rouages de la société civile et privée : ce sont eux les véritables possesseurs du Léviathan. La figure immuable du grand commis d’État en est le propriétaire. Si nous ne sommes plus liés à cet État par notre consentement, il ne faut pas défendre l’idée malsaine derrière ce mot devenu obscène dans leurs bouches, la France. Voilà pourquoi l’Europe n’est pas le seul problème ; le problème est chez nous. L’Europe est pour l’instant concurrente dans sa volonté d’asseoir son pouvoir et elle peut offrir un espace aux régions, aux territoires à inventer ou à ressusciter. Il ne faut pas souhaiter la restauration de l’autorité de l’État dans les consciences (s’il garde son grand projet) qui, on le sent bien, se délite avec son interventionnisme affolé. Il ne faut pas se désoler de ces symboles devenus dérisoires. Il ne faut pas se désoler de notre armée. Une armée au service de qui ? De quelle idée ? Les États-Majors sont devenues des salons de courtisans qui rivalisent dans les projets mortifères. L’armée elle-même, l’armée française, pourrait facilement devenir cette armée étrangère de la “Toussaint Blanche” pour mater les rebelles. Et pour quoi faire ? Défendre les intérêts lointains de ceux qui laissent la gestion des conséquences de leur politique à la communauté ? Se “projeter” sur des théâtres d’opération à l’intérêt douteux et faire joujou avec des engins ruineux au frais des contribuables ? Perpétuer le spectacle grotesque de la Volonté de puissance pour les nuls ?

Voilà pourquoi, la rupture.

137 Réponses à “Rupture”

  1. Le 08/06/08 à 14:18Ivane

    Tous les gens de quelque reflexion en viennent ou en viendront là. Evidemment pour ceux qui sont issus de la tradition maurrassienne, ça risque d’être un peu plus long…
    Nul désespoir là-dedans, ou plutôt un desespoir surmonté. Un article qui prouve qu’on peut parler de la fin de la France en toute quiétude. Sans faux serment ni grandiloquence patriotarde. Et si la France meurt, rein ne nous oblige nous à la suivre. Un avenir pour ceux qui ne veulent pas périr sous les décombres…

  2. Le 08/06/08 à 14:46XP

    Peut-être que la disparition de la France est un passage obligé pour que soit assuré le maintien de la civilisation Française, voire son renouveau… Paut-être.
    Cela dit, envisager sereinement une hypothèse n’équivaut pas à la tenir pour acquise.
    Ce qui est sûr, c’est que JAMAIS elle doit être défendue au côté de ceux qui veulent la maintenir en vie coûte que coûte, jusqu’à se moquer totalement qu’elle devienne une poubelle, jusqu’à la défendre auprès de ceux qui la submerge, jusqu’à sacrifier la civilisation française pour sauver un territoire.
    Si être patriote Français, c’est se sentir du même peuple que Monfils et pas du même que Federer, alors il n’y a plus de patriote, plus personne qui veuille défendre vraiment la France. Dans ce cas il faut prendre acte qu’elle est morte.

  3. Le 08/06/08 à 14:49SK

    Les maurrassiens, oui, le pays réel…même eux évoluent. Les plus avancés se rendent bien compte que tout cela n’est plus possible.

  4. Le 08/06/08 à 14:51Dia

    très bon post (évidemment)

    “Peut-être aurions-nous pu être un peu moins dépourvus de pitié, si nous avions trouvé quelque entreprise déjà formée, qui nous eût paru mériter l’emploi de nos forces ? Mais il n’y avait rien de tel. La seule cause que nous ayons soutenue nous avons du la définir et la mener nous même. Et il n’existait rien au dessus de nous que nous ayons pu considérer comme estimable.

    Pour quelqu’un qui pense et qui agit de la sorte, il est vrai qu’il n’y a pas d’intérêt à écouter un instant de trop ceux qui trouvent quelque chose de bon, ou seulement quelque chose à ménager, dans les conditions existantes; ou ceux qui perdent le chemin qu’ils avaient paru vouloir suivre; ni même, parfois, ceux qui n’ont pas compris assez vite.”

    Guy Debord - In girum imus nocte…

  5. Le 08/06/08 à 14:55Sampieru

    Ce qui peut tomber ne doit pas être soutenu, mais poussé.

  6. Le 08/06/08 à 15:06XP

    “Les plus avancés se rendent bien compte que tout cela n’est plus possible.”
    Lesquels? Où ça?
    Depuis quelques années, j’ai au contraire le sentiment qu’ils font le chemin inverse, à l’instar de tous les “patriotes”. Ceux qui évoluent, comme vous dites, claquent la porte. Ni plus ni moins. Les seuls Maurrassiens qui évoluent ne sont plus Maurrassiens.

  7. Le 08/06/08 à 15:26UnOurs

    Peut importe que nous perdions Moscou, puisque la Sainte-Mère Russie sera partout où nous sommes.

    Général Mikhaïl Illarionovitch Golenichtchev-Koutouzov

  8. Le 08/06/08 à 17:04Ivane

    ““Les plus avancés se rendent bien compte que tout cela n’est plus possible.”
    Lesquels? Où ça?”

    C’est le cas évidemment de ceux qui n’ont jamais donné dans la célébration du pré carré, style TP. Mais les cathos tradis ne sont peut-être plus très éloignés. Le concept de Tradiland, quelque soit le nom qu’on veut lui donner, et qui est déjà plus ou moins vécu par les familles, est bien une conséquence de cette prise de conscience. Ce qui survivra de la France survivra grâce à des familles qui se seront soustraites à l’influence mortifère de l’ex-France. C’est aussi à ce constat qu’en est arrivé Raspail dans sa tribune libre du Figaro. Et j’en suis ravi. Parce qu’il y a encore dix ans, pareil discours vous disqualifiait…

  9. Le 08/06/08 à 17:39Whitby

    En finir avec la France en usant de clonage thérapeutique en quelque sorte? c’est une idée qui devient réaliste dès lors qu’on est capables d’admettre que Paris est perdue à jamais (ce que je crois), et c’est franchement réjouissant.

    Il y a un obstacle quand même: le MUR de la “francophonie”. La france a une progéniture culturelle droite dans ses bottes et prête à tout pour défendre la “négritude” républicaine bleu blanc rouge.
    Cette nation s’est proprement vaporisée et s’est tartinée sur des millions d’hectares à travers le globe, laissant pousser ici et là ses lumineux idéaux de ressentiment misérabiliste et d’insurrection instituée. Autant de retours du bâton de sorcier dans la tronche à prévoir en cas de sécession.
    Et puis il y a ce nom… “France”. Comment voulez vous vous faire entendre sinon par les morts en usant d’un mot devenu creux comme un vase? Pire, vous vous exposeriez à la compassion méprisante des “maurassiens” cités plus haut.

    Bonjour à tous les participants de ce blog.

  10. Le 08/06/08 à 17:56Sartoris

    “Ni l’histoire d’un peuple, ni celle d’un individu ne nous sont intelligibles, si nous n’admettons pas que l’âme de l’individu ou celle d’un peuple peut mourir sans que ne meurent ni le peuple ni l’individu”
    N GOMEZ DAVILA

  11. Le 08/06/08 à 18:33Sébastien

    Jean Raspail avait déjà tout dit dans son article qui fit scandale. Extrait :

    « Sans compter que les “Français de souche”, matraqués par le tam-tam lancinant des droits de l’homme, de “l’accueil à l’autre”, du “partage” cher à nos évêques, etc., encadrés par tout un arsenal répressif de lois dites “antiracistes”, conditionnés dès la petite enfance au “métissage” culturel et comportemental, aux impératifs de la “France plurielle” et à toutes les dérives de l’antique charité chrétienne, n’auront plus d’autre ressource que de baisser les frais et de se fondre sans moufter dans le nouveau moule “citoyen” du Français de 2050. Ne désespérons tout de même pas. Assurément, il subsistera ce qu’on appelle en ethnologie des isolats, de puissantes minorités, peut-être une quinzaine de millions de Français – et pas nécessairement tous de race blanche – qui parleront encore notre langue dans son intégrité à peu près sauvée et s’obstineront à rester imprégnés de notre culture et de notre histoire telles qu’elles nous ont été transmises de génération en génération. Cela ne leur sera pas facile. »

    http://jeanraspail.free.fr/divers18.htm

  12. Le 08/06/08 à 18:38cruella

    L’Union Européenne - Le nouveau soviétisme.

    « Il est étonnant qu’après avoir enterré un monstre l’URSS on en construise un autre tout semblable, l’Union Européenne. Qu’est-ce au juste l’UE ?
    Nous le saurons peut-être en examinant sa version Soviétique. L’URSS était gouvernée par quinze personnes non élues qui se cooptaient mutuellement et n’avaient à répondre à personne. L’UE est gouvernée par deux dizaines de gens cooptés qui se réunissent à huit clos, ne répondent à personne et ne sont pas limogeables. On pourrait dire que l’UE a un parlement élu. L’URSS aussi avait une espèce de parlement, le Soviet Suprême. Nous avalisions sans discussion les décisions de Politburo tout comme le Parlement Européen, où le temps de parole de chaque groupe est rationné et souvent se limite à une minute par intervenant.
    A l’UE, il y a de centaines de milliers d’eurocrates avec leurs émoluments énormes, leurs personnel, leurs larbins, leurs bonus, leurs privilèges, leurs immunité judiciaire à vie, simplement transférés d’un poste à un autre quoi qu’ils fassent bien ou mal.
    N’est-ce pas l’URSS tout crachée ? L’URSS fut créée par la contrainte, très souvent avec occupation armée. On est en train de créer l’UE pas par la force armée, non, mais par la contrainte et la terreur économique.
    Pour continuer d’exister, l’URSS s’est étendue toujours plus loin. Dès qu’elle a cessée de s’étendre elle a commencé à s’écrouler.
    Je soupçonne qu’il en sera de même pour l’UE.
    On nous avait dit que le but de l’URSS était de créer une nouvelle entité historique, le peuple soviétique. Il fallait oublier nos nationalités, nos traditions et nos coutumes.
    Même chose avec l’UE, semble-t-il. Ils ne veulent pas que vous soyez anglais ou français.
    Ils veulent faire de vous tous une nouvelle entité, des Européens, réprimer vos sentiments nationaux et vous forcer à vivre en communauté multinationale.
    73 ans de ce système en URSS se sont soldés par plus de conflits ethniques que nulle par ailleurs au monde.
    Un des buts grandioses de l’URSS était de détruire les états nations. C’est exactement ce que nous voyons en Europe aujourd’hui. Bruxelles a l’intention de phagocyter les états nations pour qu’ils cessent d’exister.
    Le système soviétique était corrompu du haut jusqu’en bas. C’est la même chose pour l’UE
    Les activités antidémocratiques que nous voyions en URSS fleurissent en UE. Ceux qui s’y opposent ou les dénoncent sont bâillonnés ou punis. Rien n’a changé.
    En URSS nous avions le goulag, je crois qu’on l’a aussi dans UE. Un goulag intellectuel nommé « politiquement correct ». Essayez de dire ce que vous pensez sur des questions de race ou de sexualité, et si vos opinions ne sont pas les bonnes, vous serez ostracisé. C’est le commencement du goulag. C’est le commencement de la perte de votre liberté.
    En URSS on pensait que seul un état fédéral éviterait la guerre. On vous raconte exactement la même chose dans l’UE. Bref, c’est la même idéologie dans les deux systèmes. L’UE est le vieux modèle soviétique habillé à l’occidentale. Mais comme l’URSS, l’UE porte en elle les germes de sa propre perte. Hélas, quand elle s’écroulera, car elle s’écroulera, elle laissera derrière elle une immense destruction et de gigantesques problèmes économiques et ethniques.
    L’ancien système soviétique était irréformable, de même l’UE.
    Mais il y a une alternative à être gouverné par deux dizaines de ronds-de-cuir à Bruxelles L’indépendance.
    Vous n’êtes pas forcé d’accepter ce qu’ils vous réservent.
    On ne vous a jamais demandé si vous vouliez vous joindre à eux.
    J’ai vécu dans votre futur et ça n’a pas marché. »
    Vladimir Bukovski , écrivain et conférencier

  13. Le 08/06/08 à 18:50Villebois

    Alors qu’attendons-nous pour mutualiser nos moyens et acheter d’immenses parcelles de terrains reclus ou des îles de plusieurs hectares ?

  14. Le 08/06/08 à 18:54Vae Victis

    Et contrairement à ce qu’on pourrait croire ça ne coûte pas si cher, pas plus qu’un appartement parisien, pour une jolie île de plusieurs hectares.

  15. Le 08/06/08 à 19:01xyr

    XP a dit :

    “Si être patriote Français, c’est se sentir du même peuple que Monfils et pas du même que Federer, alors il n’y a plus de patriote”

    J’adore, et puis ça illustre totalement mon dernier billet. Je vous l’emprunte ;)

  16. Le 08/06/08 à 20:42Il Popolo d'Italia

    “Alors qu’attendons-nous pour mutualiser nos moyens et acheter d’immenses parcelles de terrains reclus ou des îles de plusieurs hectares ?”

    vu comment ont été traités les problèmes Waco ou plus récemment la secte ménnonite au Québec… un secession ne pourrait se faire que dans l’ombre d’une puissance ennemie façon Chine ou Iran et pour la durée que cela l’arrangerait !

  17. Le 08/06/08 à 20:57denis l.

    @ cruellova : Pour ne réfuter qu’un point parmi tant d’erronés dans votre propos, ou celui de votre idole : l’UE emploie fort peu de monde par rapport aux sommes qu’elle brasse, ces gens sont décemment payés, peut-être un peu trop, mais en tout cas ont le bon goût de demeurer peu nombreux, de ne pas se constituer en grands corps, et de ne pas faire grève. Au fait, à propos de votre référence, qui a dit que les hôpitaux psychiatriques soviétiques n’internaient QUE des gens en parfaite santé mentale ? Enfin, si vous l’aimiez et le respectiez tant que ça, il fallait convaincre vos amis ou compatriotes (je ne sais) de Russie de voter un peu plus pour lui, car à ma connaissance son score a été ridiculement faible à la dernière présidentielle. Encore un génie incompris, qui ferait mieux de se consacrer au pays qu’il connait le mieux, et dont il a parfaitement compris la nature de ceux qui le dirigent.

  18. Le 08/06/08 à 21:14Vae Victis

    > “Pour ne réfuter qu’un point parmi tant d’erronés dans votre propos, ou celui de votre idole : l’UE emploie fort peu de monde par rapport aux sommes qu’elle brasse, ces gens sont décemment payés, peut-être un peu trop, mais en tout cas ont le bon goût de demeurer peu nombreux, de ne pas se constituer en grands corps, et de ne pas faire grève.”

    Pas encore. De toute façon c’est la dynamique engagée qui compte. L’UE est une bureaucratie. L’évolution normale d’une bureaucratie est de s’étendre encore et encore, et de se scléroser. Vous devez connaître ces jolis petits schémas circulaires sur le système bureaucratique.

  19. Le 08/06/08 à 22:25denis l.

    @ V. V. : Sur le plan théorique vous avez raison. En revanche il ne faut pas perdre de vue, dans l’équation, la présence de plusieurs pays de sensibilité libérale au sein de l’UE. Bruxelles subit donc une pression à laquelle Paris n’est pas soumis (hormis par Bruxelles).

  20. Le 08/06/08 à 22:57cruella

    @ denis l.
    pourquoi “cruellova”, vous avez des problèmes de vue?
    CRUELLA s’il vous plaît!
    Les propos ne sont pas de moi, mais de V.Bukovski qui n’est ni mon idole ni compatriote, simplement, je trouve cette analyse plutôt intéressante…

  21. Le 08/06/08 à 23:03denis l.

    @ cruellova : Il me semble me souvenir que vous faisiez dans le commentaire milopoutinien, il y a quelque temps… Le démontrer risquerait de prendre pas mal de temps, le moteur de recherche d’Ilys étant accablant de nullité.

    Par ailleurs, je n’obéis pas plus aux femmes qu’aux hommes, et certainement pas à une dominatrix.

  22. Le 08/06/08 à 23:09XP

    @ Denis I
    “pression à laquelle Paris n’est pas soumis (hormis par Bruxelles).”

    On peut se demander comment l’experience se 1981 aurait tourné si la france avait encore été un pays souverain.

    A propos des maurrassiens et des souverainistes, la question est: Peut-on défendre cette position-là sans faire le sacrifice de la civilisation française et de l’appartenance de la france à son aire de civilisation?
    Peut-on défendre cette position-là tout en prenant en compte les vrais dangers qui menace la France et l’Europe et en étant prêt à s’opposer aux ennemis qui les menacent?
    Peut-on être pour la survie de l’état-nation en défandant autre chose qu’une France qui n’est plus la France?
    La réponse est très clairement non.
    Un Maurrassien NE PEUT PAS prendre acte de ce que l’Islam et l’immigration menacent la France, car il serait obligé d’en tirer des concéquences et de faire sa révolution culturelle. Il peut dire en privé “oui, c’est inquietant”, pas plus.
    C’est impressionnant d’ailleurs comme toute référence à l’Islam disparaissent de leurs gazettes… Parler de l’Islam, ca conduit tout droit à parler de choc des civilisation, de la politique étrangère qu’il faut adapter à cette donne…. Et au final, il faut TOUT remettre en question.

  23. Le 08/06/08 à 23:45Vae Victis

    Dire que l’Islam et l’immigration menacent la France, c’est comme de dire qu’un hibou qui se fait un nid dans un arbre creux menace l’arbre. C’est inexact, puisque l’arbre était déjà pourri de l’intérieur. L’Islam et l’immigration ne menacent pas, ils s’installent sans trouver le moindre obstacle. Comme si leurs nouvelles terres d’accueil était vierges d’habitants, de pays, de civilisation. S’en est surprenant, car c’est la première fois que cela arrive dans l’histoire.

    Avant que l’Islam et l’immigration n’arrivent, pressantes après les échecs des indépendances, les habitants de ces pays européens s’étaient déjà convaincus qu’ils étaient mauvais, qu’ils n’avaient plus le droit d’exister. Idée que n’a pas peu contribué à développer le lobby dont on ne parlera pas. Cette idée faisant suite à un univers mental chrétien en pleine décadence, sécularisé par les courants politiques, dont le socialisme est un des fers de lance. Reprenant l’ancienne religion en omettant Dieu, remplacé par les Droits de l’Homme ; une religion devenue folle sans le divin qui lui servait de frein.

    Nous en sommes à peu près là. Il faudra nous défaire de l’idée d’Etat-Nation, de “France”, de pré carré ; nous libérer du passé pour ne pas le trahir. Etre l’inverse des momificateurs de la Tradition prêts à toutes les compromissions pour le souvenir d’un nom : France.

  24. Le 08/06/08 à 23:55SK

    Oui, VV. Voilà pourquoi nous sommes Modernes.

  25. Le 08/06/08 à 23:55denis l.

    @ XP : Oui, c’est à croire que leur devise est devenue “Politique étrangère d’abord”. Or on sait quel camp ils ont choisi (pour certains), quel camp les attire irrésistiblement (pour les autres). En revanche, je pense que toutes les personnes quittant ce milieu (pour d’autres raisons que de reniement opportuniste afin de sauver une carrière potentielle en danger) sont des gens spécialement intéressants, puisqu’ayant été sensibilisés à certaines choses - notamment à l’égard de l’idéal républicain et autres balivernes - mais ayant eu la lucidité et le courage de se détacher d’un microcosme à la dérive. Même si ceux ayant compris il y a quelques années sont plus lucides que ceux comprenant aujourd’hui, lesquels sont plus lucides que ceux qui comprendront dans quelques années.

  26. Le 08/06/08 à 23:57denis l.

    @ V. V. : Sur l’absence de précédents, il faudrait tout de même s’interroger sur la facilité avec laquelle de grands empires se sont créés en un clin d’oeil ou presque. D’Alexandre le Grand à Cortès, certaines conquêtes si faciles qu’elles confinent à la non-conquête.

  27. Le 09/06/08 à 0:09XP

    @ VV:
    Oui, oui. disons que c’est le cigarette qui tue, pas la tumeur. Il n’en demeure pas moins que lorsque la tumeur est là, il faut la combattre. Eux disent: Il n’y a pas de tumeur.

    @ Denis I:
    J’ai fait un tour par che eux, pour tout vous dire:)

  28. Le 09/06/08 à 0:10Vae Victis

    Les conquêtes d’Alexandre le Grand ne furent pas faciles, elles furent géniales. Et le résultat d’une longue série de massacres. Les fondateurs d’Empire sont très souvent des hommes d’exception. Omettre cela peut faire croire que leurs réalisations furent faciles, presque des non-conquêtes. Mais c’est faire erreur.

    Je vous conseillerai “Alexandre le Grand - Histoire et Dictionnaire”, dans la collection Bouquins, par l’équipe d’Olivier Battistini, pour mesurer l’étendue de votre erreur. ^^

    Il n’est jamais arrivé auparavant que, les nations les plus puissantes de la Terre s’ouvrent sans combattre à des culs terreux du Tiers-monde et s’effacent devant eux.

  29. Le 09/06/08 à 0:17Vae Victis

    XP > “J’ai fait un tour par che eux, pour tout vous dire:)”

    Certains doivent imaginer que vous avez été le nègre de Lapaque pour lui en vouloir autant.

  30. Le 09/06/08 à 0:18denis l.

    @ V. V. : Merci bien, ma culture historique se porte fort honorablement. Mieux que mon expression écrite, en tout cas. Je ne voulais pas parler de l’ensemble de l’épopée, mais de certains épisodes où les chroniqueurs (pourtant si portés à exagérer les exploits militaires) mentionnent, en substance, qu’ils sont entrés comme dans du beurre, sans combattre, parfois même sans menacer.

    Là où vous avez raison, c’est qu’il y ait effacement devant des inférieurs. CELA est sans précédent.

  31. Le 09/06/08 à 0:22denis l.

    @ XP : Il faudrait étudier (peut-être pourriez-vous le faire) la façon dont certains modes de raisonnement typiques de l’extrême-gauche sont devenus tellement dominants qu’ils ont été repris comme naturellement par l’extrême-droite. Si l’on ne fait pas de l’Invasion une priorité dans ces milieux, c’est parce que cela “ferait le jeu” des partisans du “Choc des Civilisations” (concept on ne peut plus d’extrême-droite pourtant). On ne voudrait pas être des “alliés objectifs” des Atlanto-sionistes cosmopolites apatrides. Vous voyez ce que je veux dire ? Je sais qu’à une certaine époque, ce vocabulaire insupportait aux gens de l’extrême-droite. Quand et pourquoi la digue a cédé chez ces gens qui se veulent tellement “dernier carré”, “purs et durs”, “fidèles à eux-mêmes” etc, il serait intéressant de l’étudier.

  32. Le 09/06/08 à 0:27Vae Victis

    Oui effectivement les chroniqueurs mentionnent souvent que des peuples se replient devant une armée régulière, fort nombreuse, et bien armée, pour rejoindre les montagnes ou des endroits difficilement accessibles. Comme des réfugiés échappant à une crue. Mais il ne faut pas y voir un esprit de soumission. C’est le fait de peuples ruraux ou pastoraux, sans cités fortifiées, d’après ce qu’on en comprend. D’ailleurs nombre de ces peuples mal soumis reprendront leurs territoires, se jetant sur les maigres contingents abandonnés pour leur défense, dès que le gros de l’armée macédonienne se sera repliée.

  33. Le 09/06/08 à 0:31XP

    @ VV
    Mais je n’en veut pas à Lapaque! Seulement à ceux qui vont nous emmerder avec ses livres à la con pendant encore 30 ans.
    Surtout, je déteste qu’on attaque Sarkozy pour son coté beauf avec de parfaits arguments de beaufs (ah ah, c’est un type qui préfère les rollex aux livres et à la méditation, mdame Michu…).

    Denis:
    S’il y a bien des conquêtes qui me parraissent extrèmement faciles, ce sont bien celles des Arabes au temps des Omeyades.
    D’ailleurs, en comparaison, les Empires d’Alexandre ou de César n’étaient pas très grands.

  34. Le 09/06/08 à 0:48denis l.

    @ X P : Oui, merci, j’avais oublié cet exemple, meilleur que celui d’Alexandre que je veux bien retirer, en revanche je maintiens celui de Cortès.

  35. Le 09/06/08 à 1:23Whitby

    “Il faudrait étudier (peut-être pourriez-vous le faire) la façon dont certains modes de raisonnement typiques de l’extrême-gauche sont devenus tellement dominants qu’ils ont été repris comme naturellement par l’extrême-droite.”

    … et en particulier la question du “prolétariat”, ou plutôt la lutte politique pour le définir aujourd’hui: “immigrés des 6t” pour la gauche, petites gens qui triment pour l’ump, patriotes révoltés pour le FN, etc… alors que toute notion de “prolétaire” fut annihilée par le duo moderniste positiviste Giscard/Miterrand. Un achèvement de l’idéal républicain en somme: la nation ne tiendrait que sur des valeurs, non sur un peuple…
    En entrainant le reste des politiques dans cette quête du graal qu’est le prolétariat Français, l’extrême gauche a décidé du champ de bataille; elle livre donc bataille en terrain familier… “Tu proposes quoi? Une mère célibataire en temps partiel? moi j’ai quatorze sénégalais dans un placard qui font 64h au bistrot romain pour des tickets resto…” Il suffit de regarder un stade de foot: une tribune de “patriotes” remontés et sur le terrain, 22 cpf qui ont réussi.

    Ces deux mondes sont en guerre pour la tétine de maman Marianne.

  36. Le 09/06/08 à 6:34Gloups

    “Pour continuer d’exister, l’URSS s’est étendue toujours plus loin. Dès qu’elle a cessée de s’étendre elle a commencé à s’écrouler.
    Je soupçonne qu’il en sera de même pour l’UE.”

    Seule idée un peu intéressante dans ce texte bukovskien, par ailleurs d’une rare bêtise. Toutes les sociétés et tous les pouvoirs ont une idéologie, et répriment ceux qui pensent différemment. C’est consubstantiel à la société. Condamner l’Europe pour son “goulag intellectuel”, c’est comme emprisonner un enfant pour cause de meurtre symbolique du père.

    L’espèce de romantisme mal digéré qui se dégage du texte de SK est ce qui m’agace le plus sur ce site. On est en pleine conceptualisation gauchiste, on ne part plus du réel, mais d’une espèce de monde d’idées socratiques désincarnées qui flottent et se croisent dans un plasma translucide.

    L’Etat et les systèmes de mutualisation qui poussent dans nos contrées sont le corollaire de la complexification extraordinaire de nos systèmes de production. Ils vont avec, ils en font partie. Tous les pays qui se développent s’en dotent. Les Etats-Unis n’y font absolument pas exception: les prélèvements obligatoires y progressent comme ailleurs, et même quand Bush essaie de les faire reculer, ils progressent: les assurances privées sont des systèmes de mutualisation tout aussi contraignants que les systèmes de sécu; elles sont de même nature, avec d’autres avantages et d’autres inconvénients; et aucun Américain qui en a les moyens ne songe à s’en passer.

    Se battre contre l’Etat et les systèmes sociaux, c’est d’une puérilité touchante. C’est vraiment n’avoir rien compris au génie de notre civilisation, qui a su échafauder des organisations à la fois aussi tentaculaires et aussi peu liberticides (la vie en société est consubstantiellement liberticide).

    En revanche, la diversité ethnique et culturelle est une vraie menace pour les systèmes de mutualisation, dans la mesure où ils reposent sur un sentiment d’appartenance commun. Dans le discours officiel, ça n’est plus compris: on fait comme si ces systèmes produisaient de la solidarité, alors que c’est la solidarité qui les produit.

  37. Le 09/06/08 à 10:33UnOurs

    “Oui, oui. disons que c’est le cigarette qui tue, pas la tumeur.”

    Il faut être méthodique: éradiquer la tumeur, bannir la cigarette, corriger le fumeur, napalmer les champs de tabac, fusiller les industriels de la branche. Ne s’attarder que sur un aspect du paradigme, en ignorant la chaîne des conséquences, est au mieux de la stupidité, au pire de la sournoiserie intéressée.

    “Ni l’histoire d’un peuple, ni celle d’un individu ne nous sont intelligibles, si nous n’admettons pas que l’âme de l’individu ou celle d’un peuple peut mourir sans que ne meurent ni le peuple ni l’individu.”

    Pas faux, mais incomplet. Quand l’âme d’un peuple n’est plus reconnaissable dans le peuple censé l’incarner, alors ce peuple est, à court ou moyen terme, PHYSIQUEMENT en danger de mort. Mais tant que ce peuple n’a pas été physiquement dilué au-delà d’une certaine masse critique, alors l’âme de ce peuple reste susceptible de réactuer son corpus charnel, notamment en présence de chocs extérieurs massifs.

    Il est ainsi clair, pour certaines nations, que cette masse critique n’existe plus, obligeant de fait à réorienter les stratégies de survie identitaires à un niveau plus large. De la sorte, nous vivons probablement la fin de certains nationalismes “nationaux” (essentiellement pour les entités intermédiaires), nous obligeant de fait à penser en nationalistes européens, AVANT que d’être forcés, au prorata de l’effacement du monde blanc, au “white nationalism”.

  38. Le 09/06/08 à 10:44UnOurs

    “Oui, VV. Voilà pourquoi nous sommes Modernes.”

    Archéofuturistes, nous sommes.
    Car le réactionnaire authentique n’est pas celui qui souhaite préserver des choses mortes, mais au contraire réensemancer le futur avec ce qu’il y a d’éternellement jeune dans le monde ancien.

  39. Le 09/06/08 à 10:49SK

    Gloups>Romantisme, vraiment ? Je crois au contraire que c’est une position qui peut paraître radicale au début, mais c’est la seule logique, la seule tenable. Et comme le rappelle fort justement Ivane, cela a déjà commencé, sous des formes discrètes. Vos arguments me rappellent le fil d’une discussion sur les allocations familiales, où des natios momifiés se crispaient sur le principe, plutôt que d’admettre l’impasse, et la solution logique. La nécessité, quoi. Je pense comme Badiou( ^^), il n’y a qu’un seul monde. Je prends acte du réel, alors que vous débattez encore des principes. La fin de votre commentaire est assez édifiante…

    Whitby> la question du terrain sémantique, du champ de bataille, est fondamental en effet; Madiran en parlait il y a longtemps…

  40. Le 09/06/08 à 10:52Vae Victis

    > “L’espèce de romantisme mal digéré qui se dégage du texte de SK est ce qui m’agace le plus sur ce site. On est en pleine conceptualisation gauchiste, on ne part plus du réel, mais d’une espèce de monde d’idées socratiques désincarnées qui flottent et se croisent dans un plasma translucide. L’Etat et les systèmes de mutualisation qui poussent dans nos contrées sont le corollaire de la complexification extraordinaire de nos systèmes de production.”

    Moi ce qui m’ennuie c’est qu’un suisse vienne nous donner des leçons, alors qu’il habite un état d’exception en Europe, qui a bâti une très belle prospérité en échappant largement à ces “corollaires de la complexification extraordinaire de nos systèmes de production”.

    PS : Oups pardon je me suis mélangé avec la suite de commentaires d’UnOurs. Mais l’argumentation reste valable. La Suisse montre qu’on peut faire bien mieux que, ne le fait la France et ses consoeurs socialistes.

  41. Le 09/06/08 à 10:55UnOurs

    “…..dont certains modes de raisonnement typiques de l’extrême-gauche sont devenus tellement dominants qu’ils ont été repris comme naturellement par l’extrême-droite. Si l’on ne fait pas de l’Invasion une priorité dans ces milieux…”

    C’est dramatiquement simple à expliquer, le positionnement façon Soral/VoxNR.

    1: nous n’aimons pas les juifs.
    2: les musulmans n’aiment pas les juifs.
    3. donc, nous aimons les musulmans.

    Ce qui aboutit au résultat éminemment paradoxal pour des “droitistes” de ne pas lutter efficacement contre l’immigration de substitution (le sang), de ne pas maintenir les équilibres territoriaux (le sol) et surtout de contribuer incidemment à l’instauration EFFECTIVE de la société intégrée et diverse, les rendant ainsi “idiots utiles” objectifs du “lobby” qu’ils détestent tant.

    Je ne détaillerai pas ici les comportements également paradoxaux du camp adverse philosémite, je dirai seulement que ma position se limite au très simple: “est-ce bon ou non pour ma pomme et peu importe les contingences annexes.”

  42. Le 09/06/08 à 11:00SK

    Et vous avez raison. Et Vive la Suisse. La Suisse, elle est pour sa pomme.

  43. Le 09/06/08 à 11:03UnOurs

    “En revanche, la diversité ethnique et culturelle est une vraie menace pour les systèmes de mutualisation, dans la mesure où ils reposent sur un sentiment d’appartenance commun. ”

    Milton Friedman disait à ce sujet: “un état social n’est pas possible au sein d’une nation qui ne contrôle pas son immigration.”

    C’est d’une telle évidence. Si j’accepte de payer des impôts, c’est parce que je sais que cet argent ira non seulement à l’état issu de la nation qui m’a également fait, mais aussi à l’ensemble de la population de cette nation, que je conçois, si elle reste homogène, comme une sorte de famille étendue implicite.

    En revanche, dans une nation diverse, je n’aurais plus aucun scrupule à frouiller le fisc, puisque j’aurais l’impression que mon argent est pris pour être donné, non pas à des autres “moi”, mais à des “tout autres.”

  44. Le 09/06/08 à 11:04Sampieru

    Bon eh bien nous avons les réponses à nos questions:

    -évacuer la mentalité évangélique de nos cerveaux et de notre culture (pas chrétienne, évangélique histoire de garder nos pagano-catholiques)
    -pratiquer l’ethnocentrisme, c’est à dire préférer un blanc étranger à un allogène “national”, et sa conséquence:
    -pratiquer le communautarisme blanc
    -faire des gosses.

    Au boulot :)

  45. Le 09/06/08 à 11:07UnOurs

    “…alors qu’il habite un état d’exception en Europe…”

    Je suis au regret de vous dire que l’ombre du Mordor s’étend de plus en plus sur la petite Comté helvétique. Que ce soit ethniquement, dans le fonctionnement de nos institutions ou encore dans nos représentations symboliques.

  46. Le 09/06/08 à 11:08Sampieru

    «En revanche, dans une nation diverse, je n’aurais plus aucun scrupule à frouiller le fisc, puisque j’aurais l’impression que mon argent est pris pour être donné, non pas à des autres “moi”, mais à des “tout autres.”»

    Tout à fait. C’est pour cela qu’il ne faut avoir aucun scrupule à être (A) plutôt économiquement à gauche dans un état ethniquement homogène ou (B) économiquement à droite dans un état hétérogène, afin que l’argent des Blancs soit aille à d’autres Blancs (cas A), ce qui est un moindre mal, soit qu’il ne soit pas gaspillé dans un tonneau des Danaïdes multiethnique (B).

  47. Le 09/06/08 à 11:10Vae Victis

    UnOurs > Je le sais parfaitement. Mais pour fréquenter des suisses et des forum suisses, je sais aussi que rapport à nous vous êtes une bouffée d’oxygène. Vraiment.

    Vous n’avez peut-être pas idée de la chance que vous avez.

  48. Le 09/06/08 à 11:18Vae Victis

    Sampieru > “Tout à fait. C’est pour cela qu’il ne faut avoir aucun scrupule à être (A) plutôt économiquement à gauche dans un état ethniquement homogène”

    Oui bien-sûr, si on n’aime pas cet état homogène. Le problème du socialisme, avant même ces histoires d’immigration, c’est que ça ne marche pas. Alors la soupe au cochon des allocs étendues à tous les leucodermes, au prétexte que ce sont des crevards mais leucodermes, non merci.

  49. Le 09/06/08 à 11:18UnOurs

    Excellente définition, Sampieru.
    Et c’est là tout le drame de la seconde guerre mondiale, qu’aujourd’hui la droite ne puisse plus être sociale et la gauche nationale.

    “…économiquement à droite dans un état hétérogène…”

    Il y a encore quelques années, je considérais les libertariens au mieux comme de fieffés égoïstes, au pire comme des crétins ne voyant pas la nécessité des grands équilibres. Mais, aujourd’hui, comme ces grands équilibres sont en passe d’être balayés, la position libertarienne du “rien que pour ma pomme” me paraît devenue parfaitement cohérente, en l’élargissant simplement de l’individu au groupe ethnique, sur le mode de “rien que pour mon verger.”

  50. Le 09/06/08 à 11:24UnOurs

    “Alors la soupe au cochon des allocs étendues à tous les leucodermes, au prétexte que ce sont des crevards mais leucodermes, non merci.”

    Il faut penser en terme de blocs.

    Libre entreprise, initiative et responsabilité individuelles au sein du bloc blanc. Sinon, la solidarité conçu non pas dans une perspective socialiste, mais distributiste.

    Mais “rien que pour notre pomme”, vis à vis des autres blocs.

  51. Le 09/06/08 à 11:27Vae Victis

    Le 2ème problème c’est que l’égoïsme ça fonctionne. Le capitalisme permet la meilleure allocation des ressources, le système productif le plus efficace. A titre individuel il vaut mieux pouvoir investir ses gains dans une boite, que de les laisser avaler par la machine à redistribution sociale, pour financer la came, l’alcoolisme, l’oisiveté, ect… de nos concitoyens les moins travailleurs, au prétexte que ce sont d’éternelles victimes de la société. Et que soi même on pourra jamais s’élever car tout le système social est bloqué par la charge que représentent ces gens et le système bureaucratique qui les gère lourdement, organisé en grands corps aux privilèges âprement défendus.

  52. Le 09/06/08 à 11:27Gloups

    La Suisse, “un état d’exception en Europe, qui a bâti une très belle prospérité en échappant largement à ces “corollaires de la complexification extraordinaire de nos systèmes de production”.”

    Non, absolument pas, je ne sais pas d’où vous tirez cette idée. La Suisse a un taux de prélèvements obligatoires de 35% du PIB, ce qui est 10 points de moins que chez nous, mais tout de même relativement élevé, plus qu’aux Etats-Unis (29%). Ca fait un bon tiers de la richesse qui est mutualisée et redistribuée. En regardant d’un peu loin, la différence entre les systèmes sociaux des pays développés n’est pas très élevée. Et la distinction entre “socialiste” ou pas n’a pas grand sens. Ce qui caractérise la France, c’est la centralisation, pas le socialisme.

    Je ne vois pas où vous voyez que je parle de principes. Je parle de l’organisation du monde développé tel qu’il est. Sur le long terme, le développement économique et la complexification des structures sociales vont de pair, et c’est parfaitement logique. Ces structures ne sont pas parfaites, et génèrent des effets pervers, c’est évident. Mais appeler à leur destruction revient à souhaiter la prolétarisation de l’occident.

  53. Le 09/06/08 à 11:32SK

    Un Ours> Un bloc blanc….mmmh. Même cela , cette idée d’une homogénéité, il faut l’abandonner. Il n’y a pas de “bloc”.

  54. Le 09/06/08 à 11:34XP

    Il faut refuser le socialisme tout simplement parce que le libéralisme économique est une résultante du génie de notre civilisation.

  55. Le 09/06/08 à 11:38SK

    “Je ne vois pas où vous voyez que je parle de principes”: c’est dommage. “Mais appeler à leur destruction revient à souhaiter la prolétarisation de l’occident.” Voilà le point d’achoppement, encore une fois. A remplacer par, ” supprimer les allocations familiales revient à génocider les familles leucodermes”.

  56. Le 09/06/08 à 11:39UnOurs

    “Le 2ème problème c’est que l’égoïsme ça fonctionne.”

    Mais la solidarité organique est aussi une forme d’égoïsme ou plutôt d’auto-protection d’un ensemble cohérent. De la sorte, une redistribution raisonnable, dans un ensemble cohérent, permet à la communauté entière de prospérer de façon globalement harmonieuse. Evidemment, cela n’est possible que pour les petites entités ou pour les grandes entités, en présence d’un système confédéral décentralisé.

    “Mais appeler à leur destruction revient à souhaiter la prolétarisation de l’occident.”

    Remarque capitale. On peut déplorer les formes d’expressions actuelles du système, mais il ne faut jamais oublier qu’un bloc ethno-civilisationnel, pour perdurer, a besoin de puissance, donc d’un système. J’en dirai de même quant au bourgeois: on peut quelquefois le mépriser, railler la petitesse de ses ambitions, mais une société cohérente et fonctionnelle a besoin, pas seulement de corps-francs ou d’avant-gardes, mais aussi de ceux qui savent faire tourner quotidiennement la machine.

  57. Le 09/06/08 à 11:42Vae Victis

    Gloups > “Non, absolument pas, je ne sais pas d’où vous tirez cette idée. La Suisse a un taux de prélèvements obligatoires de 35% du PIB, ce qui est 10 points de moins que chez nous,”

    C’est déjà important. Sans dire que la base de prélèvement n’est pas la même, quand en Suisse les salaires sont fois 2 par rapport à l’hexagone. C’est aussi important lorsqu’il faut faire ses comptes.

  58. Le 09/06/08 à 11:42UnOurs

    “Un Ours> Un bloc blanc….mmmh. Même cela , cette idée d’une homogénéité, il faut l’abandonner. Il n’y a pas de “bloc”.”

    Je lisais tantôt un discours du président Medvedev appelant à “une meilleure unité de la Russie, de l’Europe et de l’Amérique, les trois éléments constitutifs de l’Occident.” —-> de fait, le monde blanc ou qui l’est encore.

  59. Le 09/06/08 à 11:45Sampieru

    «Alors la soupe au cochon des allocs étendues à tous les leucodermes, au prétexte que ce sont des crevards mais leucodermes, non merci.»

    Si j’ai à choisir entre donner mon argent à des “crevards” (comme vous dites si élégamment) leucos ou des crevards mélanos, je n’hésiterai pas une seconde. Mais si je sais que 90% des crevards de mon pays sont des mélanos alors je préfère garder cet argent pour moi. C’est parce que, contrairement à vous Vae Victis, je déteste moins mes semblables que je n’aime un système économique abstrait. In fine je me fiche de la beauté ou même de la justesse (idée fondée sur des raisonnements purement théoriques) des idées ou des notions, elles sont seulement là en tant qu’outils pour nous servir et pas l’inverse.

  60. Le 09/06/08 à 11:47Sampieru

    «Je lisais tantôt un discours du président Medvedev appelant à “une meilleure unité de la Russie, de l’Europe et de l’Amérique, les trois éléments constitutifs de l’Occident»

    @ UnOurs: je l’avais vu et suis d’ailleurs extrêmement surpris que personne n’en ait fait cas. L’Empire du Septentrion est de moins en moins un fantasme, grâce notamment à la pression démographique chinoise en Sibérie orientale…

  61. Le 09/06/08 à 11:48SK

    Les Corps-Francs ? Certains d’entre eux ne se posaient pas la question de savoir quelle partie du système il fallait préserver ou sauver, pour leur objectif. Détruire le corps rassis, puis reconstruire sur les ruines. Abattre la possibilité du recommencement sur des principes “raisonnables”, parce que sachant pertinemment vers quoi cela allait encore conduire. Il faut lire Les Réprouvés de Von Salomon.
    Quant aux petits bourgeois, qu’ils crèvent.

  62. Le 09/06/08 à 11:48Vae Victis

    Que vous vouliez donner votre argent à des clochards leucodermes, c’est votre liberté, c’est ce qu’on appelle faire la charité.

  63. Le 09/06/08 à 11:55Gloups

    Ciel, je suis d’accord avec UnOurs, il va se passer des trucs terribles. Et pourtant sur le “bloc blanc”, je suis en total désaccord. Non que je ne voie pas la logique du truc. Mais un racisme blanc ne me paraît pas une réponse réaliste et souhaitable au racisme des autres (même s’il est bien clair qu’aujourd’hui, le racisme vient plutôt d’ailleurs). Je doute qu’on échappe à la société multiethnique, on y est, même. Il faut poursuivre l’oeuvre de la colonisation, mais chez nous. Armé de nos bibles, religieuses ou séculières. A choisir la violence, je crains qu’on ne finisse avec la guerre et le déshonneur.

    @SK: ” supprimer les allocations familiales revient à génocider les familles leucodermes”.

    Non, vous ne comprenez pas. Il ne s’agit pas d’une question sociale, mais économique. Il n’y a pas de pays qui se soit développé durablement sans mettre en place un système de solidarité. C’est une chose que nos contemporains ont du mal à comprendre, ils pensent que l’économie est de droite et le social de gauche. En réalité la Sécu est au service du libéralisme (notamment en créant un environnement social stable, essentiel à la prise de risque entrepreneuriale), tout autant que l’inverse. Pas de grande puissance économique sans niveau élevé de mutualisation. Publique ou privée, qu’importe. C’est une donnée de l’histoire économique.

  64. Le 09/06/08 à 12:02UnOurs

    “Il faut refuser le socialisme tout simplement parce que le libéralisme économique est une résultante du génie de notre civilisation.”

    L’esprit de libre-entreprise et l’initiative individuelle oui, pas le “libéralisme” intégral, sans contrôle, qui tend toujours à tout ramener à la marchandise et à créer, in fine, des situations implicitement oligarchiques ou monopolistiques.

    “…..que je n’aime un système économique abstrait.”

    En fait, peu importe le système tant que le germen reste intouché. Un mauvais système, ça s’amende, un germen abîmé, c’est souvent irrémédiable.

    @Sampieru: avez-vous l’intégralité du discours? Je recherche aussi l’interview de Putin au Monde du 1 juin :-)

  65. Le 09/06/08 à 12:03Vae Victis

    Pour autant on peut souhaiter déplacer le curseur de la mutualisation qui a pris une place excessive dans nos sociétés. Presque tout le monde devrait en convenir. On pourrait aisément réduire le rôle de la Sécu, tout en en préservant les effets positifs. Par exemple en ne mutualisant que les maladies graves et chroniques, les accidents aux frais d’hospitalisation coûteux. Laisser la bobologie aux soins des familles. Après tout si on est prêt à payer sa place de cinéma, on doit pouvoir se payer un traitement pour soigner son angine. Personnellement c’est ce que je fais. Je ne me fais jamais rembourser ces petits frais que je prends à ma charge, car la paperasserie ça m’emmerde.

  66. Le 09/06/08 à 12:04aquinus

    La position classique maurrassienne rejoint finalement la position nationale-républicaine; en appeler au clacissime et à l’Eglise Catholique comme tenants de l’ordre reste une coquille vide sans le moteur essentiel qui fait la différence: la foi. Elle est morte, cette vision. On imagine aisément un empire romain islamisé, un Napoléon musulman, une république laïque façon turque, régnant en France sur un peuple métissé. C’est compatible.
    On n’imagine pas les cités grecques, la féodalité moyen-âgeuse, les monastères, la non-soumission de l’Eglise à l’empire/Etat - comme musulmanes. C’est impossible. Notre monde repose sur la dichotomie raison/foi, leur non-inclusion mais leur nécessaire synthèse. C’est un équilibre précaire, une corde raide dont nous savons qu’il ne faut jamais s’éloigner.

    Le communisme est une formidable machine à pré-islamiser les consciences. L’ensemble des débats intellectuels de notre pays sont orientés par une vision gauchiste; l’islamisation s’y fait donc comme dans du beurre parce que les esprits y ont été préparés, ils ont abdiqué leur foi dans le Mystère, l’inexplicable, le Révélé qui se contemple et se respecte mais ne se met pas en équations.

    La France est probablement morte - mais en fait on se fout de connaître la réponse à cette question. Je suis d’accord qu’aujourd’hui tout ce qui a rapport avec la Nation ou la francophonie travaille contre notre civilisation. Le basculement a déjà eu lieu, nous sommes déjà non plus seulement des étrangers, mais des traîtres, à l’intérieur de la société républicaine actuelle. Nos regards se portent vers l’extérieur, vers les forces vives et souveraines occidentales (USA, Italie, Royaume-Uni, Russie semblant être les poles d’espoir). C’est dans ces pays-là que se joue notre avenir, et l’issue est incertaine. Individuellement nous n’existons pas et la seule sphère familiale ne nous suffit pas; d’où notre obession à échanger, même virtuellement, sur le net. Nous devons exister socialement et il n’y a qu’une question fondamentale: s’exiler ou rester. Pour ceux qui ont choisi de rester - c’est mon cas - il faut soutenir, puis fortifier la constitution d’une société sécessioniste mais sans visée politique; c’est très dur en ce moment, mais ce sera une victoire éclatante lorsque l’Etat cèdera sous les déboires à venir et où un vide sociétal immense sera révélé. L’exemple à suivre est effectivement l’exemple “tradi”, qui est en réalité bien plus futuriste que traditionnel au sens maurrassien ou nationaliste.

  67. Le 09/06/08 à 12:09stephane

    Très intéressant article et très réaliste en fin de compte, puisque un pays comme la Pologne ont disparu de la carte du monde pendant longtemps. Il a survécu grâce à sa diaspora qui continuait à utiliser la langue, à entretenir les arts, etc…
    Je crois d’ailleurs que le même phénomène s’est produit avec la Grèce. On peut sans doute étendre cette idée à l’Espagne et à sa reconquista, etc…

  68. Le 09/06/08 à 12:12XP

    “Personnellement c’est ce que je fais. Je ne me fais jamais rembourser ces petits frais que je prends à ma charge, car la paperasserie ça m’emmerde.”

    Je me sens moins seul, tout d’un coup:)

  69. Le 09/06/08 à 12:34SK

    aquinus> Brillante synthèse. “Tous les gens de quelque réflexion en viennent ou en viendront là”, résume Ivane. J’en suis convaincu.

  70. Le 09/06/08 à 14:11Vae Victis

    Sinon, une autre différence : “Le chômage a reculé le mois dernier en Suisse, passant de 2,6% en mars et avril à 2,4% en mai.”

  71. Le 09/06/08 à 14:45Gloups

    “Pour autant on peut souhaiter déplacer le curseur de la mutualisation qui a pris une place excessive dans nos sociétés.”

    Oui. C’est un débat technique, mais je suis plutôt de cette opinion.

    “Personnellement c’est ce que je fais. Je ne me fais jamais rembourser ces petits frais que je prends à ma charge, car la paperasserie ça m’emmerde.”

    Idem. Par flemme. Parfois je le fais quand j’ai le courage. Mais je pense que cette attitude, loin d’être isolée, participe d’une forme de progressivité officieuse du système.

  72. Le 09/06/08 à 15:03stéphane

    En attendant, un nouveau site est ouvert sur le front culturel : http://www.laconquetedelespace.com/

  73. Le 09/06/08 à 15:48denis l.

    “un pays comme la Pologne ont disparu de la carte du monde pendant longtemps. Il a survécu grâce à sa diaspora qui continuait à utiliser la langue, à entretenir les arts, etc… Je crois d’ailleurs que le même phénomène s’est produit avec la Grèce. On peut sans doute étendre cette idée à l’Espagne et à sa reconquista, etc…” …

    … Hmoui… La Pologne d’accord, mais il ne faut pas oublier que la population rurale et une bonne partie de la population urbaine était restée inchangée dans sa substance et continuait à pratiquer sa langue, sa religion et ses coutumes. Nous ne pouvons que rêver à un tel sort. Concernant la Grèce et l’Espagne, même remarque, à ce “détail” près qu’il a fallu virer pas mal de monde une fois l’indépendance recouvrée.

  74. Le 09/06/08 à 16:02denis l.

    @ sampieru : “-évacuer la mentalité évangélique de nos cerveaux et de notre culture (pas chrétienne, évangélique histoire de garder nos pagano-catholiques) // -pratiquer l’ethnocentrisme, c’est à dire préférer un blanc étranger à un allogène “national”, et sa conséquence: // -pratiquer le communautarisme blanc”

    Merci de réviser votre vocabulaire - ainsi que votre histoire et votre géographie humaine :-) …

    … Vous pourriez peut-être parler de perversion égalitariste du christianisme, parce que parler de “mentalité évangélique” pour décrire ce qui vous pose problème dans le Christianisme, présente deux inconvénients. D’une part l’Evangile n’est absolument pas égalitariste (sauf à le “tirer” dans ce sens, c’est donc l’interprétation de certains qui pose problème, non l’Evangile) et est fort peu pacifique (même remarque sur l’interprétation). D’autre part le mot “évangélique” a une autre acception, et là aussi votre vocabulaire pose problème puisque …

    … c’est au sein du monde protestant que le différencialisme ethnique s’est le mieux porté hier, et se porte le moins mal aujourd’hui…

    … comme nous le rappellent … aujourd’hui l’existence d’Eglises ethno-différenciées aux USA (chose difficilement concevable côté romain) … dans un passé récent l’apartheid (fruit de cerveaux profondément calvinistes) … et dans un passé plus ancien le comportement très différent, aux Amériques, des Anglais ou des Néerlandais en matière de métissage avec autochtones ou esclaves, par comparaison avec les Espagnols ou les Portugais.

  75. Le 09/06/08 à 16:10Gloups

    A moins de le lire à l’envers, l’Evangile est évidemment égalitariste et pacifiste.

  76. Le 09/06/08 à 16:27Sampieru

    @ Denis l: ne prenez donc pas la mouche! Je sais que de toute façon vous vous seriez vexé si je vous avais associé aux “pagano-catholiques” ;)

    Bien entendu que l’on observe (en règle générale) moins de métissage dans l’Amérique du nord que dans celle du sud (ou centrale). L’église catholique, très rapide à convertir les Indiennes et Congoïdes n’a aucunement rechigné à les marier à des Blancs. C’est d’ailleurs presque toujours le cas des religions centralisées et universalistes. Ce qui a préservé le protestantisme (et l’Orthodoxie dans une moindre mesure) est, je crois, son absence de centralisation et la liberté laissée aux paroissiens. Bref, une approche plus bottom-up que top-down.
    Cependant, vous ne pouvez pas nier que la mentalité évangélique est, en règle générale, profondément pacifiste. Non seulement la conversion par la force y est découragée mais on demande également de ne pas résister au méchant.
    Enfin, plutôt que d’égalitarisme du christianisme (après tout Paul nous dit bien que chacun doit rester à sa place, maître et esclave), je parlerai plutôt d’indifférentialisme. Le christianisme est quand même la seule religion monothéiste qui soit totalement débarrassée d’un substrat culturel (par opposition à l’islam) ou ethno-culturel (/judaïsme).

  77. Le 09/06/08 à 16:33Sampieru

    Bon alors disons “évangéliste” :)

  78. Le 09/06/08 à 18:04pan

    @Gloups

    Ce que vous dites sur les 35% de prélèvements obligatoire est vrai, mais vous oubliez que ces 35% ne sont pas pour tous les monde. Les cantons et les communes ont des taux d’imposition sensiblement différents.
    La deuxième chose, très importante, c’est que la tendance qui nous a amené à ces 35% est finalement assez récentes comme le montrent les nombreux graphiques de l’étude suivante : http://www.institutconstant.ch/pdf/IC-Poids_de_l_Etat_et_prosperite.pdf

    Ce sont surtout les années 1990 qui auront vu progresser monstrueusement les taux de prélèvement, jusqu’à ce que la montée en puissance de l’UDC stoppe cette tendance catastrophique en 2000.

    Donc d’une part la différence entre les pays socialistes de l’europe reste très conséquente, et d’autre part la Suisse profite de la force d’inertie de la prospérité qu’elle doit au temps où les taux de prélèvement se situaient en-dessous des 20%.

  79. Le 09/06/08 à 19:00sanpiero

    Fonctionnaire européen
    Revenus. De 3 810 à 14 820 euros brut par mois pour un administrateur en début de carrière, hors allocations, indemnités et primes. Cette rémunération est défiscalisée.
    Métier. Plusieurs milliers de Français travaillent dans les cinq grandes institutions européennes : Commission européenne, Conseil de l’Union européenne, Parlement européen, Cour de justice et Cour des comptes. En poste à Bruxelles, Luxembourg ou Stras­bourg, ils sont traducteurs, juristes, gestionnaires financiers, économistes, vétérinaires, chercheurs, etc. Qu’ils participent à des travaux sur l’environnement, la concurrence, le développement ou la culture, ils évoluent dans un environnement multiculturel stimulant et, surtout, gagnent très bien leur vie. Certes, ils n’accèdent pas d’emblée au poste de leurs rêves, mais la mobilité interne leur permet d’évoluer vite et d’affiner leur parcours. Malgré tous ces avantages, les fonctionnaires européens sont descendus dans la rue fin 2007 pour protester contre la baisse de leur pouvoir d’achat, les réductions d’effectifs et la dégradation des services publics. Jamais contents…
    Formations. Les concours de recrutement des administrateurs sont ouverts aux titulaires d’une licence ou d’un master. Pour y participer, il faut maîtriser au moins une des langues de l’Union européenne en plus de sa langue maternelle.

    Géraldine Dauvergne, Patricia Holl, Sylvie Lecherbonnier
    Si la présence française est jugée insuffisante aux Nations Unies à New York, elle apparaît satisfaisante au sein des institutions de l’Union Européenne puisque la France y compte 3 460 représentants. Au total, la Communauté emploie
    30 000 fonctionnaires.
    Avant de détailler les procédures d’embauche, il faut préciser que le recrutement dans les institutions communautaires est plus limité qu’à l’ONU. Mais des possibilités existent à la Commission, au Conseil, au Parlement, au Comité Économique et Social, à la Cour de Justice et à la Cour des Comptes. Même chose pour les organisations à vocation communautaire comme la Banque Européenne d’Investissement, l’Institut Universitaire de Florence…
    Parmi toutes ces institutions, le Secrétariat Général du Parlement Européen et la Commission offrent le plus de possibilités puisqu’ils recrutent 550 fonctionnaires par an. Les cas d’embauche au Conseil, au Comité Économique et Social, à la Cour des Comptes et à la Cour de Justice sont moins fréquents.

    Et puis il y a des vedettes à l’Union quand même!
    les cohn-bendit, désir et consorts.
    Non, c’est un bon truc.
    il manquerait plus qu’ils fassent la grève!!!
    Mais c’est les maquereaux, les macs ça grève pas! ça ramasse…

  80. Le 09/06/08 à 20:32sanpiero

    Un député européen est un député élu au parlement européen. Les députés européens sont des équivalents européens des députés nationaux. Le terme eurodéputé est également utilisé.
    Pour la première séance du parlement, les députés ont été désignés par les États membres (délégation). La première élection directe a eu lieu en 1979, 410 députés ont été élus dans les neuf États membres. Lors de l’élargissement de l’Union européenne du 1er mai 2004 à 25 États-membres, le nombre des eurodéputés a été porté temporairement à 788. Cependant, depuis les élections de 2004, ce nombre a été ramené à 732 députés.

    Le travail d’un député
    En principe, être un député est un travail à temps complet. Une semaine de chaque mois est normalement passée aux sessions du Parlement à Strasbourg, et durant les trois semaines restantes dans des comités, groupes, ou des rassemblements parlementaires à Bruxelles.
    Les députés passent du temps dans leur circonscription pour rencontrer leur commentants. Le problème d’avoir à voyager fréquemment entre le parlement et les sections locales du parti est familier à la plupart des députés nationaux, pour les eurodéputés le problème n’est pas différent, ils voyagent en avion.
    Les affaires parlementaires ne laissent aux eurodéputés que peu de jours chaque semaine à passer dans leur circonscription. Durant ce temps, ils vont s’occuper des organisations locales, des politiciens locaux et nationaux, des affaires, des syndicats. En raison de tout ce travail, les eurodéputés disposent d’une équipe de collaborateurs pour les aider (cf. assistant parlementaire). Chaque député a un budget prévu à cet effet (15 222 Euros par mois en 2007) .
    Certains députés choisissent d’établir leur domicile familial à Bruxelles plutôt que dans leur propre pays, afin d’éviter d’avoir des contraintes familiales en plus des autres contraintes pour le peu de temps que les députés passent dans leur circonscription.
    Parce que les députés européens siègent à un Parlement qui a beaucoup moins de pouvoirs que les parlements nationaux, leur notoriété publique dans leur propre pays est
    généralement moindre que celle des parlementaires nationaux

    Immunités
    D’après le protocole sur les privilèges et les immunités de l’Union européenne, les eurodéputés sont protégés de la même manière que les députés de la nation pour laquelle ils siègent. Dans les autres États membres, les euro-députés bénéficient d’une immunité vis à vis de la détention et de procédures légales, excepté s’ils sont pris sur le fait. Cette immunité peut-être levée par ‘recours’ auprès du Parlement européen de la part des autorités du pays en question.

    .Salaire
    Les eurodéputés gagnent exactement le même salaire que les députés nationaux du pays dans lequel ils ont été élus. En conséquence, des eurodéputés de pays différents n’ont pas le même salaire. En 2004, les députés élus en Italie gagnaient 11 779 euros, quand les eurodéputés élus en Espagne gagnaient moins du quart, avec 2 540 euros. Avec l’élargissement, les écarts sont encore plus prononcés (760 euros mensuels pour les députés hongrois). Pour les prochaines législatives européennes de 2009 tous les eurodéputés de l’union européenne gagneront le même salaire qui sera d’environ 7000 euros.
    dépenses.
    Des commentateurs dans plusieurs États membre (en particulier la Danemark, la Suède et le Royaume-Uni) ont souvent accusé les députés européens de prendre avantage des frais pour leurs profits personnels. Ces critiques sont focalisées sur deux aspects:
    les montants des frais remboursés et
    la manière dont ils sont payés.
    En ce qui concerne le montant total des prestations, selon les règles de procédure du Parlement, les députés européens reçoivent des indemnités à peu près équivalentes à celles payées aux membres du parlement britannique. Comme pour 2002 :
    Les députés européens britanniques ont reçu une indemnité pour leurs voyages dans leur circonscription électorale, mais pas les députés européens, bien que leur circonscription soient plus grandes.
    Une somme forfaitaire d’un peu moins de £19 500 (£ = Livre sterling), a été payée aux députés européens britanniques pour leurs frais au siège du parlement, quel que soit le temps qu’ils y ont réellement passé. Les députés européens ont reçu £150 par jour de présence et devaient prouver leur présence par une signature.
    Les dépenses des députés et des députés européens pour les trajets entre leur circonscription et le parlement ont été payées. Contrairement à une rumeur répandue, une facture « classe économique » a été remboursée aux députés, et pas une première classe, plus une indemnité par kilomètre pour le trajet de leur résidence jusqu’à l’aéroport. Seulement un voyage par semaine était accordé.
    Des billets de train première classe pour Westminster ont été donnés aux députés britanniques pour leurs épouse et enfants jusqu’à trente fois par an. Les députés européens n’ont pas eu ce privilège.
    Les députés britanniques ont reçu deux billets aller-retour par an pour chaque parlement européen ou le Parlement Européen lui-même. Pas les députés européens.
    Les députés britanniques ont eu droit à des dépenses de transport illimitées à travers le Royaume Uni pour les affaires parlementaires. Les députés européens ont eu droit à des indemnités similaires, mais cette fois limitées à £2 170 par an plus des extras s’ils avaient besoins de rentrer chez eux en milieu de semaine.
    Les députés britanniques et les députés européens ont tous les deux reçu des indemnités pour leur bureau. Les députés européens ont reçu 44% plus que les députés, mais cela incluait les frais postaux et tous les équipements, tandis que les députés étaient exonérés de frais postaux et avaient des ordinateurs gratuits.
    Les députés britanniques et les députés européens ont tous les deux reçu des allocations pour l’embauche d’assistants. Les députés européens ont reçu 30% plus que les députés, mais leur équipe sont typiquement plus grandes, et cette somme devait couvrir les pensions, les remplacements temporaires pour arrêt maladie, les indemnités de licenciement à la fin des mandats, les voyages des assistants, les assurances, la gestion et les responsabilités patronales. Ces dernières étaient fournies gratuitement aux députés.
    À la fin de leur mandat, les députés britanniques reçoivent quatre mois d’indemnités de bureau, lorsque les députés européens en reçoivent trois.
    Quant à la manière dont ils sont payés, des plaintes sont souvent levées au sujet des voyages aériens des eurodéputés entre Bruxelles et leur pays d’origine, remboursés sensiblement plus que le prix réel du vol.
    Un autre problème est le fait que les comptes des députés européens sont souvent vérifiés sur la base de contrôles à l’improviste, et non un contrôle systématique. Sentant que cela est insuffisant, certains membres soumettent volontairement leurs comptes à un contrôle annuel complet et indépendant.

    Réforme des salaires et des dépenses
    Le parlement a exprimé de façon régulière sa volonté de réformer son système de rémunération et de dépense, notamment dans une récente résolution du 22 avril 2004. Cependant puisque cette réforme a besoin non seulement de l’accord du Parlement mais aussi de celui du Conseil des ministres, aucun changement notable n’a eu lieu. Les pays dont les eurodéputés bénéficieraient d’une augmentation si l’harmonisation des salaires était mise en place (l’Allemagne en fait partie) ont voté continuellement pour de telles propositions [3]
    Le système actuel grâce auquel chaque eurodéputé reçoit le même salaire que les députés de son pays était à l’origine une mesure temporaire mise en place en attendant un accord sur un salaire unique : le débat est resté bloqué au parlement. La loi indique que les eurodéputés doivent recevoir le même salaire, mais politiquement cela semble difficile à mettre en œuvre. Quel que soit le montant du salaire décidé (par exemple la moyenne des salaires actuels), certains eurodéputés verraient leurs salaires augmenter fortement alors que d’autres au contraire le verraient diminuer de façon non négligeable : tout ceci étant alors difficile à justifier.
    Une proposition récente proposait de fixer le salaire d’un eurodéputé à la moitié de celui d’un juge de la Cour de justice européenne. Quand ceci avait été proposé il y a deux ans, c’était, en moyenne, une faible augmentation pour les eurodéputés; mais la mesure n’a pas encore été acceptée, et l’augmentation de salaire serait bien plus importante si cette réforme était votée aujourd’hui.
    Un salaire homogène de 90 000 euros a été proposé récemment, mais a été rejeté. Toutefois, en juin 2005 le Parlement européen et le Conseil sont tombés d’accord pour une indemnité mensuelle de 7000 euros. Elle doit s’appliquer pour la prochaine législature 2009-2014.

    L’expérience des députés
    Environ un tiers des eurodéputés ont auparavant eu un mandat dans un parlement national, et plus de 10% ont une expérience ministérielle à un niveau national. Parmi les 177 députés avec une telle expérience élus en 1999 six étaient premier ministres et trois anciens membres de la Commission européenne. Beaucoup d’autres députés ont eu des responsabilités au niveau régional.
    Parmi les députés de la législature 1999-2004, on trouvait également des anciens juges, leaders de syndicat, personnalités médiatiques, acteurs, soldats, chanteurs, athlètes, et activistes politiques.
    Beaucoup des eurodéputés sortants vont exercer d’autres pouvoirs politiques. Une proportion remarquablement importante des têtes politiques gouvernementales des pays européens ont précédemment servis le Parlement européen.

    Vous voyez, comme ce n’est absolument pas les mêmes gens, que les passerelles sont inéxistantes, qu’il est impossible de faire des petits jeux d’écritures et que les privilèges sont une vue de l’esprit, il est du domaine du délire d’émettre un doute sur cette vérole.

  81. Le 10/06/08 à 0:19Gaston Phébus

    UnOurs a dit (Monday 9 June 2008 at 12:02) :

    “L’esprit de libre-entreprise et l’initiative individuelle oui, pas le “libéralisme” intégral, sans contrôle, qui tend toujours à tout ramener à la marchandise et à créer, in fine, des situations implicitement oligarchiques ou monopolistiques.”

    Le libéralisme intégral, c’est le respect parfait du droit de propriété. Ça ne tend pas à toujours ramener tout à la marchandise, parce que vous êtes libre de faire exactement ce que vous voulez avec votre propriété privée : la donner à un clochard, vous asseoir dessus pour composer des sonnets, ou y inviter une personne de l’autre sexe pour lui faire des enfants.

    Quant à l’argument sur les monopoles : c’est l’État, et lui seul, qui peut créer des monopoles en empêchant (sous un fallacieux prétexte de protection du public) la libre entrée de nouveaux concurrents sur un marché donné. Le libéralisme intégral, au contraire, cherche à éliminer tout interventionnisme étatique, et donc à abolir les barrières à l’entrée d’origine réglementaire.

  82. Le 10/06/08 à 10:54UnOurs

    “Le libéralisme intégral, c’est le respect parfait du droit de propriété.”

    Non, le libéralisme intégral, c’est comme dans la “La Porte du Paradis” de Cimino. Sans aucun contre-pouvoir, c’est la loi du plus fort, avec, à la fin, la constitution d’oligarchies dominantes, ce qui est l’antithèse de la libre-entreprise offerte à tout individu entreprenant.

    “Le libéralisme intégral, au contraire, cherche à éliminer tout interventionnisme étatique, et donc à abolir les barrières à l’entrée d’origine réglementaire.”

    Non, par exemple, dans les années trente aux USA, c’est l’état fédéral qui dut intervenir, par le biais des lois anti-trusts, pour empêcher que se constitue un monopole de fait dans le transport aérien, alors complètement dérégulé.

  83. Le 10/06/08 à 11:19aquinus

    Bien entendu Un Ours a raison: la seule façon de portéger la libre-entreprise et le libre-marché créateur de richesses, c’est de toujours couper le capital en petits morceaux. Small is beautiful.

  84. Le 10/06/08 à 11:54Nicolas

    L’ennui c’est que quand on régule ça ne marche pas mieux : sinon pourquoi les monopoles de fait de l’industrie du disque, qui refusent de faire bouger leurs absurdes galettes de plastique de 80 minutes, voudraient-ils tant que l’État régulât à leur profit ?

    Dans un marché libre il n’y a pas de monopole possible : quelqu’un trouvera toujours un moyen de fournir un service ou un bien mieux, meilleur marché, ou de manière plus plaisante ou plus astucieuse.

    S’il se constitue des monopoles durables c’est que le marché n’est pas libre. Le plus souvent en raison de collusions entre la classe dirigeante étatique (l’Etat n’existe pas, c’est une fiction juridique, il n’existe que des hommes de l’État) et celle des entreprises monopolistiques, les derniers payant les premiers pour que le monopole étatique de la violence empêche la concurrence.

    Le problème ce n’est pas le marché : c’est l’ambition absurde de le réguler en prétendant savoir mieux que les gens concernés ce qui serait leur bien, que la prétention soit sincère ou pas.

    La condition pour qu’un marché fonctionne c’est la suppression de l’instance derrière laquelle se cachent les voleurs légaux, instance étatique qui dérègle le marché en prétendant le réguler.

    L’argument de la loi du plus fort est absurde : le plus fort trouve toujours plus fort que lui. S’il reste le plus fort durablement, c’est parce qu’il y a un guignol à la con qui s’est mis une écharpe tricolore ou un képi et qui au nom de l’intérêt général a prétendu devoir se réserver le monopole de la violence, qu’il exerce au profit de celui qui le paye alors pour rester “le plus fort”.

    Essayez donc de créer une banque en France pour voir si le souci des hommes de l’Etat quand il se réservent le droit de délivrer des autorisations de banque est une vertueuse régulation du marché. Dans les faits c’est exactement le contraire : ils protègent le monopole de leurs copains.

  85. Le 10/06/08 à 12:11Sébastien

    “Dans un marché libre il n’y a pas de monopole possible : quelqu’un trouvera toujours un moyen de fournir un service ou un bien mieux, meilleur marché, ou de manière plus plaisante ou plus astucieuse.”

    Pourquoi ces oligopoles que l’on constate dans tous les secteurs soumis à la concurrence ? Banques, assurances, téléphonie mobile, fournisseurs d’accès à internet, grande distribution, médias, etc, etc. Quand le nombre des acteurs est réduit, ce qui finit toujours par arriver, ils s’entendent sur les prix, pour ne pas se faire concurrence, et pour tuer dans l’oeuf l’irruption d’un nouvel arrivant dans leur pré carré. Et cela n’a rien à voir avec une quelconque régulation extérieure au marché. Marx n’avait pas tort quand il parlait de l’illusion de la concurrence.

  86. Le 10/06/08 à 12:21Nicolas

    @ Sébastien : Précisément parce que ce que vous appelez “la concurrence” n’est pas un marché libre. Ces entreprises se font voler une partie de leurs profits par l’impôt et les charges sociales, elles ont à subir des réglementations alors même que ne pas les suivre ne causerait bien souvent de dommage à personne, elles n’ont aps le droit de signer avec leur personnel des contrats vraiment libres soumis seulement à la justice et pas à la réglementation : autant de contraintes qui distordent le marché.

    Reste à savoir si un marché réellement libre est possible. En attendant que l’un de ces états qui se déclarent indispensable en ait fait la démonstration en proposant un territoire libre à des libertariens pour y créer une société réellement libérale — qui échouera misérablement si ces états ont raison de se dire indispensables — personne ne le sait. Là aussi, curieusement, tous les territoires sont sous monopole étatique…
    Reste que certaines conditions sont plus proches que d’autres du marché libre. Et que le pays le plus régulé parmi les nations européennes, la France, est aussi celui où il est le plus difficile de s’enrichir à partir de rien, simplement par le jeu du marché. Mieux vaut si vous voulez devenir riche faire de la politique qu’inventer un produit en France : un exemple ? l’inventeur du micro-ordinateur, alors appelé Micral, vous le donnerait. L’État l’a empêché de le commercialiser au prétexte planiste que personne n’avait besoin chez soi d’une telle puissance de calcul — qu’en savaient-ils ? mais ils avaient réussi une fois dans leur vie un concours, à l’X ou à l’ENA, c’est une raison ça pour prétendre diriger la vie des autres ! Puis l’État a fièrement inventé… le minitel, dont tant d’hommes politiques français sont encore si fiers.

    Donc quand on vient me dire que l’Etat serait le garant d’un marché fonctionnant bien et vertueusement à coups de régulation, je pouffe.

    P.S. : si, Marx avait entièrement tort. Toutes les expériences marxistes qui ont été menées se sont abîmées dans la misère et l’oppression. Toutes sans aucune exception. Parce qu’on ne peut pas déterminer à priori un optimum économique valable pour tous et chacun. Le prétendre est simplement faux, c’est un délire de calculateur, un fantasme d’ingénierie sociale.

  87. Le 10/06/08 à 12:57Bobophobe

    “[...]Quand le nombre des acteurs est réduit, ce qui finit toujours par arriver, ils s’entendent sur les prix, pour ne pas se faire concurrence, et pour tuer dans l’oeuf l’irruption d’un nouvel arrivant dans leur pré carré.[...]”

    Ce qui est vrai en fRance ne l’est pas forcément ailleurs. Vous citez la grande distribution en exemple, mais Aldi e Lidl assurent en Allemagne un nivellement des prix par le bas, et la concurrence suit sans broncher. Dans le domaine des télécoms, la concurrence fonctionne aussi. Bizarrement, sur le marché de l’énergie, régulé par vous devinez qui, ça ressemble beaucoup plus au modèle francaouis…

  88. Le 10/06/08 à 13:13Vae Victis

    Sébastien > “Banques, assurances, téléphonie mobile, fournisseurs d’accès à internet, grande distribution, médias, etc, etc.”

    Tous ces secteurs sont soumis à autorisation pour une nouvelle entrée sur le marché, une autorisation politique ou para-politique via le jeu des Autorités administratives soit-disant indépendantes. Dans aucun de vos exemples le marché n’est libre. Il est régulé par des autorités qui autorisent l’acteur à entrer sur le marché, d’autres autorités qui réglementent le marché, et encore d’autres qui sanctionnent les infractions. Comme par exemple Canal Jimmy pour ne pas avoir respecté les quotas de diffusions de programmes européens. Quand ce n’est pas le ministère qui donne son aval directement comme pour le secteur bancaire.

  89. Le 10/06/08 à 13:32Sébastien

    L’illusion de la concurrence, illustration avec le cas de la voiture électrique :

    http://ev1fr.unblog.fr/2008/06/07/scandales-etouffes/

    Et ça ne se passe pas en France !

  90. Le 10/06/08 à 15:54Bobophobe

    Très mauvais exemple, illustré par une vidéo qui pourrait être la promotion du prochain livre de Meyssan: pour qu’il y ait concurrence dans ce secteur, il faudrait déjà qu’il y ait une offre valable.
    Le jour où une voiture électrique me permettra de rouler comme je le fais avec mon gros turbo-diesel, je ne dirai pas non. Ça viendra sans doute (des boites comme eestor y travaillent), mais ce n’est tout simplement pas encore le cas.

  91. Le 10/06/08 à 16:34Gaston Phébus

    @ Nicolas :

    C’est très bien expliqué, je n’aurais pas pu mieux dire, ni même aussi bien dire.

  92. Le 10/06/08 à 16:37aquinus

    Pour que le libéralisme soit autre chose qu’un mythe, il faudrait que les ressources soient infinies. Or ça n’est pas le cas, à commencer par le CAPITAL. Y avoir accès, lorsqu’un géant a phagocyté un marché, est bien souvent impossible. En outre les préteurs de capital eux-mêmes finissent par se conglomérer et in fine, banques et surtout compagnies d’assurance possèderont le monde entier. Le processus est diabolique par finitude du système dans lequel il évolue. Certes, les sauts technologiques réguliers redistribuent les cartes régulièrement et repoussent toujours ladite finitude, mais c’est trop peu et surtout trop lent pour sauvegarder les bienfaits du libre marché.

    L’Etat ne doit pas réguler, ni détruire: il doit casser, en mille petits morceaux dès que l’ENFLURE apparaît. Pour que le dynamisme du libre marché puisse toujours renaître.

  93. Le 10/06/08 à 16:42aquinus

    Marx dans son analyse du capitalisme avait raison; il avait tort sur ce qu’était un être humain mais c’est une autre histoire. Il avait bien vu que les guerres étaient les purges nécessaires au capitalisme pour toujours renaître de ses cendres; en revanche il n’avait pas prévu que les systèmes juridiques démocratiques iraient jusqu’à casser des monopoles et remettre du dynamisme dans le libre marché en passe d’être étouffé. Ils l’ont trop peu fait, mais cet exemple doit nous inciter à recommencer.

    On pourrait par exemple s’abstenir de toute régulation façon libertaire, tout en plafonnant le nombre de salariés et surtout le capital travaillant pour une entité donnée. Max 2,000 employés et $2,000M de capitalisation par emple. Au-delà: on casse en morceaux par vente aux enchères.

  94. Le 10/06/08 à 16:50Nicolas

    @ Aquinus : L’Etat devrait surtout se casser. « En petits morceaux. Dès que l’ENFLURE apparaît. » Venir parler d’absence de concurrence dans le privé quand les hommes de l’Etat se sont réservé par la loi des morceaux entiers de l’activité économique pour en garder les profits (qu’ils ont d’ailleurs dilapidés quand ils n’ont pas tout volé directement ou indirectement) a quelque chose d’incroyablement irréel. L’éducation, le transport par rail, le transport d’électricité, l’assurance chômage, l’assurance maladie, etc. Et ce qui serait urgent ce serait quoi ? de fragmenter des entreprises privées ? alors que l’ed nat est la plus grande administration au monde après l’APL chinoise ?

    C’est absurde. Croire que l’Etat est quelque chose qui voudrait agir pour un bien abstrait — qui peut, à la limite, être contraire à la somme de tous les biens particuliers — est d’une naïveté confondante. La réalité ce sont des voleurs qui comme disait Bastiat ont compris qu’il y avait moins de risques à voler quand on avait pris soin de se déguiser en État au préalable, puisqu’ainsi ils volent au nom du même principe qui punit les voleurs moins malins et plus visibles.

    Quant au mythe de la bancindustrie toute puissante, il fut précisément inventé par un énarque fabiusien, Haberer, personnage singulièrement imbu de sa petite personne et de ses petits diplômes, qui se trouvait alors à la tête du Crédit Lyonnais nationalisé… On sait comment cela a fini. C’était tout sauf de l’économie de marché.

    @ Sébastien : oui. Le marché n’est pas libre. Ce ne sont pas les pétroliers chiliens sous Pinochet qui ont inventé le syndicat des utilisateurs de moteurs à explosion pour, entre autres, empêcher toute recherche efficace sur des énergies autres que le pétrole. Ni les traders qui ont poignardé Giscard dans le dos après qu’il eut soutenu Messmer pour lancer coûte que coûte la construction de centrales nucléaires à grande échelle. Ce que vous prenez pour une imperfection du marché c’est au contraire un marché imparfait et truqué. Truqué par l’Etat et les ambitions régulatrices. Il n’y a pas besoin de régulation. Le marché est sa propre régulation et la seule possible. La preuve : quand on veut réguler autrement, on perd de la richesse au lieu d’en créer.

    Reste que je doute que la voiturette électrique rencontrerait un grand succès. Les acheteurs n’en veulent simplement pas. J’en suis désolé, je rêve de villes où il n’y aurait que des voiturettes de golf roulant sur des rues en pelouse, je l’ai déjà dit ici. Mais c’est un fait : la plupart des gens n’en veulent simplement pas.

    Permettez-moi juste de remarquer que dans un monde vraiment libéral, vous pourriez vivre au même endroit que les gens qui veulent des voiturettes électriques et interdire l’accès à tout autre transport, puisque vous auriez le droit de faire ce que vous voulez de votre propriété, par exemple d’une route que vous posséderiez en commun avec d’autres personnes. En revanche, dans le monde de l’Etat, vous ne pouvez pas et vous devez subir les gros beaufs en Scénic, puisque les rues n’appartiennent à personne. Bien que tout le monde les paye via l’impôt. Et que l’Etat fait ce qu’il veut de ce qu’il fait payer à tous. Ce qui revient à dire que vous y êtes esclave des hommes de l’Etat et de ceux à qui ils redistribuent les impôts qu’on vous extorque légalement.

  95. Le 10/06/08 à 16:55SK

    “Il avait bien vu que les guerres étaient les purges nécessaires au capitalisme pour toujours renaître de ses cendres;” je ne vois pas bien, là.

  96. Le 10/06/08 à 17:01Nicolas

    @ aquinus : “On pourrait par exemple s’abstenir de toute régulation façon libertaire, tout en plafonnant le nombre de salariés et surtout le capital travaillant pour une entité donnée. Max 2,000 employés et $2,000M de capitalisation par emple. Au-delà: on casse en morceaux par vente aux enchères.”

    Donc vous voulez voler à quelqu’un ce qui lui appartient en le vendant aux enchères ? simplement parce que vous croyez que c’est mieux ? plus vertueux ?

    D’abord ça sent son petit Robespierre.

    Ensuite, jusqu’où irez-vous ? Moi je crois que c’est à partir de 500$ qu’on doit voler quelqu’un est lui vendre aux enchères ce qu’il possède de trop, car j’estime que personne n’a à posséder plus de 500$ de patrimoine.. Comment nous départage-t-on ? :oD

  97. Le 10/06/08 à 17:08XP

    @Nicolas

    “Ni les traders qui ont poignardé Giscard dans le dos après qu’il eut soutenu Messmer pour lancer coûte que coûte la construction de centrales nucléaires à grande échelle.”

    Pas compris.

  98. Le 10/06/08 à 17:11Gaston Phébus

    Aquinus a dit :
    “Pour que le libéralisme soit autre chose qu’un mythe, il faudrait que les ressources soient infinies. Or ça n’est pas le cas, à commencer par le CAPITAL.”
    Absolument pas. L’économie est très précisément la science de l’allocation des ressources rares. Et il est possible de démontrer logiquement que le seul moyen de le faire sans conflit est de respecter scrupuleusement le droit de propriété (ce qui est, je le redis, le principe fondamental du libéralisme - il n’y a qu’à lire le livre de Pascal Salin sur ce sujet). En effet, si chaque ressource rare appartient à une personne et à une seule, cette personne est libre d’en faire ce qu’elle veut. Personne d’autre n’a le droit de s’interposer. C’est uniquement quand les ressources sont détenues “en commun” que le conflit politique pour leur contrôle effectif se généralise.

  99. Le 10/06/08 à 17:12aquinus

    @Nicolas: le marché est contraint par la finitude de ses ressources, il ne peut jamais être libre. Les sauts technologique lui redonnent un peu de liberté à chaque fois, mais pas aussi vite que l’accumulation du capital le demanderait. L’accès au capital est un immense problème, et y ont accès en priorité ceux qui en ont déjà accumulé beaucoup.

    Je ne parle pas de l’Etat ici mais de la justice, d’une règle mécanique où le jugement de l’Etat n’a aucun impact: au-delà d’un certain seuil, on casse le capital et on le vend à de nouveaux investisseurs qui vont devoir tels Sysiphe faire preuve d’inventivité et de dynamisme pour remonter la pente.

    @SK: Marx avait très bien analysé le principe d’accumulation sans fin du capital par des entités appelées à devenir monopolistiques - des entreprises au sein des Nations, les plus puissantes Nations au sein de la planète. Il en avait conclu que pour survivre, c’est-à-dire reventiler le capital, le capitalisme serait porteur de guerres. Il avait raison, je crois. Mais il n’avait pas vu qu’au lieu de se priver du formidable atout qu’est le libre-marché et de s’adonner à l’Etat-Léviathan, il suffisait d’anticiper les guerres en cassant le capital dès qu’il commençait à trop s’accumuler. Si la justice américaine avait permis la destruction de Microsoft en 10 petites entités et bien nous aurions technologiquement dix ans d’avance aujourdh’ui, et serions globalement beaucoup plus riches. Casser “librement” le monopole de fait de Microsoft? mais comment? qui peut accumuler une telle armée de porgrammeurs travaillant ensemble depuis si longtemps? qui peut atteindre une masse critique de logiciels utilisés dans le monde en perdant de l’argent, avant de commencer à pouvoir en gagner? personne n’a le muscle financier nécessaire, les capitaux préfèrent prêter toujours plus à Microsoft qui reste l’une des grandes entreprises les plus rentables de la planète.

  100. Le 10/06/08 à 17:21aquinus

    @Gaston Phébus: le CAPITAL - qui le crée? comment? en quelle quantité? qui le prête? Le problème ici est celui de l’accumulation, du fait que “plus on accumule, plus on accumule” dans un système fini.

    @Nicolas: je n’ai pas de réponse à votre question.

  101. Le 10/06/08 à 17:21Bobophobe

    “[...]Si la justice américaine avait permis la destruction de Microsoft en 10 petites entités et bien nous aurions technologiquement dix ans d’avance[...]”
    Pourquoi ça? Le manque de réussite, du point de vue technologique, du logiciel dit “libre” tendrait à prouver le contraire, ne pensez-vous pas?

  102. Le 10/06/08 à 17:27aquinus

    Le logiciel libre n’a pas manqué de réussite mais il est toujours bridé par la matrice ms à laquelle il doit toujours revenir. Je pense en particulier que cela ralentit prodigieusement l’amélioration des langages-machine.

  103. Le 10/06/08 à 17:45Gaston Phébus

    Aquinus a dit :
    “Le problème ici est celui de l’accumulation, du fait que “plus on accumule, plus on accumule” dans un système fini.”

    Ce n’est pas vrai, à moins d’avoir recours à la violence, et en particulier à la violence d’État. Dans un marché libre, plus on accumule, plus c’est difficile d’accumuler.

    Plus une entreprise est grosse, plus le calcul économique au sein de l’entreprise devient difficile voire impossible. Pour parler simple, quand une branche de l’entreprise traite avec une autre, elle ne sait pas combien facturer. Cela empêche l’entreprise de savoir quelles divisions sont profitables et lesquelles sont déficitaires. Et donc elle stagne. C’est exactement le même phénomène qui a fait sombrer l’Union Soviétique : dès que le calcul économique des profits et des pertes est impossible, l’allocation optimale du capital ne peut être trouvée, même avec la meilleur volonté du monde.

    Une deuxième limite, c’est que plus tu as de capital à investir, plus tu as du mal à obtenir un bon rendement. Si j’achète 300 actions L’Oréal, je peux les avoir à 74,77 euros l’unité. Mais si j’achète 300 millions d’actions, ça me coûtera plus de 100 euros l’unité. Alors forcément ça réduira le rendement futur.

    Les gens qui fréquentent ce blog ont fait l’effort de rejeter la vulgate multi-culturaliste colport