Je sens que je vais de moins en moins écrire sur ILYS. Il Sorpasso le fait avant moi et mieux. Il est temps de passer la main. Maintenant, moi, je vais aussi m’intéresser, parce que ça m’interpelle également un peu, à la fin d’un commentaire du grand charles.
On peut toujours préférer la clandestinité du groupuscule, c’est underground et c’est baroque, mais concrètement ça ne mène à rien si ce n’est la satisfaction d’un égo surdimensionné. Soral ou Le Pen sur certains propos ne sont pas des sentinelles de la liberté d’expression, ce sont des clowns plus ou moins vulgaires. Il y a une nette propension avérée chez certains à jouer des caricatures et à ensuite venir pleurnicher sur leur mauvais traitement médiatique. Du nihilisme de bas-étage et de la grandiloquence déplacée, ni plus ni moins. Une espèce de réminiscence de catéchisme qui consiste à voir une figure christique dans chaque grande gueule plus ou moins droitarde mais surtout crétine. Le chemin de croix était un acte d’humilité et de foi, pas une opération coup de poing sur n’importe quelle thématique bancale.
Donc, moi je préfère avoir été entendu par un journaliste qui certes n’a pas retranscrit mes propos mais qui a eu l’honnêteté de les mentionner que d’entrer dans une espèce d’indifférence romancée ou que de correspondre à la plus grotesque des caricatures qui est faite de nos milieux.
Donc, oui, le journaliste de Libé a commis des erreurs et des approximations. What else ? Il a pris le temps d’aborder le sujet, après professionnellement il n’a pas forcément brillé mais un court instant une cloche dissonante (caricaturée certes) a perturbé la parade des bonnes consciences. Il a plus rapporté que reporté mais c’est un début de discussion. Ca me suffit.
Que Le Pen ou Soral ne soient pas des sentinelles de la liberté d’expression, certes. J’ai cependant envie de rajouter quelle liberté d’expression ? Chacun sait dans le petit milieu de la réacosphère que la liberté d’expression, dans notre pays, est limité par la loi. Autrement dit, soumise aux diverses et changeantes passions des hommes. Autrement dit inexistante.
Mais venons-en gentiment à une de ces nombreuses lignes de tranchée de la réacosphère. Doit-on mener à quelque chose -ou pas ? Et, si oui, peut-on y parvenir en citant Maurras ?
Je plaisante à peine.
Bon, je ne m’arrêterais pas de nouveau sur l’article de Libération qui parle moins de la réacosphère que de vilains catholiques sur internet qui ne vont pas acheter -et dissuader d’autres de le faire- des matelas d’une petite entreprise française qui emploie. Tout cela parce que, rétrogrades comme ils sont, ils ne supportent pas que 10% d’affiches publicitaires consacrent un brave petit couple gay. Alors on peut toujours intituler nos posts Libération et la réacosphère, je ne suis pas certain que ce soit vraiment le sujet, même si notre ami journaliste a bien du, selon son petit bréviaire, s’occuper du Qui, dans le Qui/Quoi/Où/Quand/Comment/Pourquoi.
La parade des bonnes consciences ne s’en porte pas plus mal, au contraire.
Moi, ce qui m’interpelle un peu plus, c’est que j’observe qu’on parle de la réacosphère lorsque justement elle y rentre. On fait une pétition ? On envoie des mails à Matelsom ? Oui, là, le journaliste a un sujet. Qu’il peut traiter avec tout le dérisoire qui convient alors. L’underground fait sa mue. Encore un peu et cette réacosphère distribuera des tracts à la sortie du métro. Organisera des meetings et des évènements en ‘n’oubliant surtout pas le petit communiqué de presse. Et finira par s’allier avec Liberté Chérie tiens. Et, tranquillement avalée et digérée finira dans une des cases dont parle Il Sorpasso, avec une belle étiquette en prime. C’est ça ce qui guette inéluctablement ceux qui veulent mener quelque part. Ou alors c’est la répression judiciaire.
Au choix.
Même si ça menait ni à “liberté chérie”, ni à la répression, mais à une révolution parfaite, un monde meilleur, un accés au pouvoir de chefs comme je pourrais les aimer le mieux, etc, ça ne m’intéresserait pas du tout. Ce serait toujours du militantisme, et rien n’est plus contraire, me semble-t-il, au militantisme qu’à ce qui se fait ici.
Je déteste l’idée de “défendre des idée”, pour la simple raison que je n’ai pas d’idée et que je ne cherche pas à en avoir.
“Je sens que je vais de moins en moins écrire sur ILYS”
alors là mon vieux, pas question. Déjà, vous ne pourrez satisfaire toute votre libido avec petite mort, d’une, ensuite Bidou, laché par les derniers pinochétistes, serait inévitablement évincé par Hystérix et son armada punko-kouchnérienne et Ilys OPAé par “liberté chérie” ou Eric Lemeurt ou n’importe quoi tout chaud.
Enfin je me mettrai immédiatement en grève pour être régularisé et…mais putain qu’est ce que je raconte ?
J’apprécie beaucoup le Grand Charles, mais pour le coup je suis plutôt d’accord avec Blueberry ou XP. Nous ne formons pas une sphère homogène, et encore moins une entité avec un but précis et concret. En tout cas je pense. Avant de lire ce texte, j’ai écrit un truc qui je pense allait dans le même sens, au sujet de la quête de respectabilité, et du vivrensemble avec les journalistes de Libé et d’ailleurs.
http://aucentredugrandrien.blogspot.com/2008/05/pieuvre-gloutonne.html
Je vote pour la répression judiciaire.
Ca m’inspire une remarque : cocu et content.
BlueBerry, tout le monde y perdrait si vous arrêtiez d’écrire.
> “Soral ou Le Pen sur certains propos ne sont pas des sentinelles de la liberté d’expression, ce sont des clowns plus ou moins vulgaires.”
J’exclus de suite Soral, parce qu’il m’ennuie. Et l’ennui est de gauche.
Le Pen. Regardez cette grande bouche, faite pour déchiqueter. Cet air de gros chat espiègle. Cette verve, cette truculence qui détonne en ces temps de discours technocratique normalisé. Railleur, badin. Qui a jamais cru Le Pen sérieux ? S’il avait voulu l’être, il aurait faire carrière à l’UDR. Comme Marchais à la SFIO.
Le Pen il s’amuse. Le “détail” qui récidive. Il a dû jouir.
En même temps, tous ces ébouriffements pour un petit machin dans un petit canard qui n’est plus lu que par de petits profs - saupoudré d’un petit échange de quartes et quintes avec le trop fameux Paul Moreira - apprenti clown sur la toile…
Allons, ne nous emballons pas… Parce que sinon on pourrait croire à des bleusailles qui s’agitent dans tous les sens au son d’un canon qui tonne dans le lointain…
Non non, continuez ainsi, c’est très bien.
“Donc, oui, le journaliste de Libé a commis des erreurs et des approximations. What else ? Il a pris le temps d’aborder le sujet […]”
Le journaliste n’a abordé le sujet à aucun moment. Le papier était déjà pré-formaté avant l’interview, et le pisse-copie n’avait pour objectif que d’y trouver de la matière à diffamer.
Devant l’échec de la méthode et le panache du Grand Charles, le pauvre type s’est rattrapé en rédigeant un texte hors sujet, en totale contradiction avec l’éthique journalistique, qui n’a généralement pas pour fonction d’établir la conclusion avant l’enquête.
Rien à rajouter mon cher Blue!
Analyse juste et objective. Nothing else to say!
[...] Au choix (ILYS) [...]