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Goethe contre Bruxelles

La Deutsche Welle n’a pas de mots assez durs contre les Tories : ils trahiraient l’Europe en s’alliant avec des populistes de droite. On sait que ce genre de classement vaut condamnation sans appel.

J’avoue ne pas bien savoir si, comme le dit Georges Lane, Cameron n’est « jamais dans la ligne de Thatcher » car je ne connais pas assez les propos de Cameron.

Reste que l’euroscepticisme, la méfiance vis-à-vis d’une Europe allemande, la condamnation de la bureaucratie européenne comme idée du passé, voilà autant de thèmes thatchériens qui semblent progresser au sein des Tories, et on ne peut que saluer cette prise de conscience jadis ramassée en une formule par Margaret Thatcher dans son Discours de La Haye :

Notre choix est clair. Soit nous exerçons un contrôle démocratique de l’Europe grâce à la coopération entre les gouvernements et les Parlements nationaux qui disposent d’une légitimité et d’une expérience réelles, et qui sont en outre proches des populations. Soit nous transférons nos pouvoirs de décision à un Parlement polyglotte, n’ayant de compte à rendre à aucune opinion publique européenne véritable et donc appelé à se soumettre toujours davantage à une bureaucratie omnipotente. Aucun propos trompeur sur la souveraineté collective n’y pourra rien changer.


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Social-traître

Il est tout à fait naturel que les industries faiblement productives soient délocalisés vers les pays où le travail est bon marché. Les pays où le travail est plus cher ne pourront conserver un secteur industriel que s’ils innovent, s’ils se concentrent sur des produits de haut de gamme, s’ils font en sorte d’être les meilleurs du monde dans les marchés qu’ils occupent.

Mais si une entreprise n’est pas compétitive, elle ne doit pas survivre. Maintenir des emplois dans des entreprises qui ne sont pas viables ne rend service à personne.

Quel est le salopard ultra-libéral qui ose encore tenir des propos de ce genre, après que la crise financière a démasqué l’arnaque capitaliste ? Alors que tout le monde voit bien qu’il faut mettre en place un gouvernement mondial, dirigé par Obama et Sarkozy, une fois qu’ils auront appris par coeur les Saintes Ecritures de John Maynard Keynes ?

Il s’agit d’Aleksandar Zuza, un responsable du syndicat de gauche suédois IF Metall, qui représente les ouvriers de Saab.

Saab, le constructeur automobile qui faisait la fierté de la Suède avant de passer sous le contrôle de General Motors. Il vient d’être revendu à Koenigsegg, un constructeur suédois de voitures de sport de très grand luxe qui n’emploie que 45 personnes. Dans un climat de septicisme général : comment un repreneur aussi minuscule pourrait-il faire les investissements nécessaires, là où l’énorme General Motors a échoué ?

Nous devons essayer de relancer la marque, dit Aleksandar Zuza. Mais il ajoute : si, dans un an ou deux, Saab ne redevient pas compétitif, il faudra mettre la clé sous la porte.

On dervait leur envoyer Henri Guaino, pour leur expliquer l’économie. Vous savez, celui qui vient de se prendre le réel dans la gueule, sous la forme de caillasses propulsées par quarante enrichisseurs culturels de Montfermeil, destinées à une patrouille de police qu’il avait accompagnée, pour voir.

Hysté-quoi ?

Élections et récompenses de fin d’année dans la réacosphère : Millie découvre qu’elle n’a finalement rien gagné et qu’elle n’aura pas de billet d’avion pour la cérémonie à Santiago-du-Chili-con-carne.


:oD

« Tout de même »

L’hypermarché Leclerc d’Etampes n’a que quatre mois d’existence.

Mercredi, à l’heure de la fermeture, vers 20h 30, une vingtaine d’individus cagoulés ont envahi l’espace culturel du magasin.

En l’espace de quelques secondes, ils ont fait main basse sur les ordinateurs portables, les consoles de jeu, les téléviseurs à écran plat ainsi que les MP3, avant de repartir avec leur butin sous le bras.

Un butin estimé à plus de 8.000 euros.

Au moment où ils s’enfuyaient avec le matériel, une patrouille de la brigade anticriminalité est arrivée au centre commercial.

Les voleurs se sont alors réfugiés dans le quartier tout proche de Guinette.

Les policiers qui ont tenté de rattraper les voleurs dans le quartier ont été caillassés par ces derniers ainsi que par des jeunes du quartier.

Aucune interpellation n’a eu lieu.

Gaspar Cerqueira, le PDG du Leclerc précise que l’opération « n’a pas duré plus de trente secondes, les vigiles n’ont même pas eu le temps d’intervenir. L’un des jeunes cagoulés a même tenté de briser une vitrine avec une pierre pour voler ce qui s’y trouvait ».

De son côté, Frank Marlin, député-maire (UMP) d’Etampes, s’alarme :

« Cela ressemble à une opération-commando, il y a une notion de territoire dans ces actes graves et inacceptables. Il ne s’agit pas d’un libre-service tout de même… »

La veille, la direction de Leclerc avait découvert que certains de ses caissiers ne comptabilisaient pas certains produits en faveur d’amis ou de membres de leur famille.

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Sympathie

Revue de presse et d\'internet

  • Devant le succès du précédent, un nouveau Picsou magazine

  • Alain Vanier, Lacan | Belles Lettres, coll. Figures du savoir | 2003 | ISBN 225176013X | 118 Pages | French | PDF OCR | 6.8 MB

  • Page 6 du Monde un article sur la remise en cause partielle par la Cour suprême de la discrimination antiblanche, dite « positive ».

  • Conseils et confusion sur L101

  • Un film pour le week-end : les Deux fois cinquante ans de cinéma français de J.-L. G. en 1995.

— Ah Et désolées Grégoire, nous n’avons pas retrouvé le mot de passe du Michel Strogoff, nous ferons plus attention la prochaine fois, hein Zulmé ?
— Oui Toné.
— Promis ?
— Promis. Croix de bois…
— …Croix de fer !
— Enfin plus Croix de fer quand même.
— Oui, quand même.

 

Et enfin pour Bernanotte !


— Oui mais Zulmé, tu sais bien que je préfère la version Bossa Nova.
— Bon, mets la alors. Mais je ne sais pas si ça plaira à Bernanotte.
— Mais c’est cute comme tout !
— Justement, justement.


Vénus

Avec Lazare, nous décidons de nous installer à la terrasse de ce bar de bobos, dans le cinquième.

Je m’assois au fond, calé contre les vérandas, et Lazare sur la terrasse, en face. La serveuse arrive, blonde, menue avec un air pincé d’importance comme une stagiaire appliquée, et prend notre commande. Elle demande à Lazare de se reculer, un peu. C’est vrai qu’il prend de la place, Lazare. Il ne se ramasse pas, Lazare, il trône, il s’étale, il fait comme chez lui. C’est son côté oriental. Alors, raisonnable, car Lazare sait être raisonnable, il se rapproche de la petite table. Nous savourons nos bière, bien tranquillement, il fait nuit, il fait bon, tout est paisible. La serveuse revient, mécontente. Elle a maintenant ce petit air mauvais de celle qui veut en découdre. Elle demande à Lazare de se reculer encore. Veut-elle qu’il se glisse sous la table ? EIle n’en démord pas : il doit se rapprocher de la table. Je fais remarquer à la serveuse que Lazare est derrière la ligne des autres personnes installées de ce côté là, mais elle ne veut rien savoir, car là où nous sommes, “ce n’est pas pareil”. Ah. Plus étroit. Bon. Je regarde attentivement l’espace. Je ne vois aucun goulet d’étranglement, je n’observe rien de significatif. Lazare s’exécute docilement, sans rien dire, et se serre encore contre la table, les genoux un peu entravés dans un espace réduit à des proportions d’enfant. Car Lazare, ce soir, est bien aimable. Moi, je commence à bouillir. C’est mon côté aryen. Nous décidons de savourer notre bière, sans accorder plus d’importance à cet acharnement étrange. Mais la serveuse rapplique furibarde et nous dit que “cela ne va pas être possible”. Nous restons interloqués. Je me dis que nous avons dû basculer dans une faille spatio-temporelle, la même faille qui faisait disparaître inexplicablement mes chaussettes dans le tambour muet du sèche-linge automatique de la rue Juge, je pense salopards de Vénusiens, je pense à ce vin espagnol au goût un peu étrange du petit restaurant tenu par un juif séfarade où Lazare et moi avons dîné d’une énorme entrecôte, et d’ailleurs quand j’y pense, cette viande avait un goût étrange, elle aussi, un goût de persil un peu fort, et pourquoi ? pour dissimuler l’amertume d’une drogue qui nous ferait percevoir un monde parallèle imperméable à la logique ordinaire ? Et tout me paraît suspect, d’un coup. Lazare, cette fois-ci, conteste. Et lui demande ce qu’elle a, à la fin, à s’acharner ainsi, mais toujours poliment, en détachant bien les syllabes. Mais moi, je connais les Vénusiens. Alors j’explose. Je crois bien avoir été vulgaire. Des clients se lèvent, indignés, et font mine de vouloir intervenir. Je dis à l’autre, tout à côté, de se rasseoir s’il ne veut pas que je lui arrange sa gueule de petit pédé. Ca marche, il se rassoit. Je suis soulagé, j’éviterai de tâcher ma jolie chemise oxford Kitsuné de son sang, ou du mien si cela avait dû mal tourner. Un serveur arrive à la rescousse. Pour nous calmer, et nous faire comprendre. Je me rassois, un peu las, un peu résolu, mais je m’aperçois alors que nos bières ont disparu. Je suis sidéré. Je ne comprends pas. Où diable sont passées nos bières ? Je suis désormais convaincu du complot et je tente de le faire comprendre à Lazare, mais il ne ne m’entend pas, il discute et palabre avec les gens du bar, je continue à lui faire des signes en roulant des yeux, mais il s’obstine à vouloir débattre. Finalement, ils nous demandent de partir. Que peut-on faire ? rester en terrasse sans alcool et défier cette bande de zombies ? Non, résignés et abasourdis par cette tragique incohérence, nous nous levons pour partir, et tandis que nous nous éloignons, les épaules basses privés de nos bières,  j’aperçois en me retournant le sourire vicieux et satisfait de la serveuse qui nous observe : à cet instant, elle avait les yeux rouges.

Appel à la résistance

Honteux!

Dans le cadre d’une élection parfaitement démocratique, le peuple de la réacosphère est en train d’élire XP blogueur le plus con, loin devant ses deux principaux rivaux Xyr et Blueberry (alias Mike Steve Donovan), deux jeunes gens certes très cons mais qui ont encore bien du chemin à faire.

Pourtant, le conseil des gardiens de la réacosphère, le Cultural Gang Bang, a décidé de faire fi du suffrage universel et proclamer contre toute vraisemblance la victoire du candidat officiel du régime, à savoir le dénommé Blueberry.

Le peuple ne doit pas se laisser voler sa victoire!

Il doit marcher en masse sur le Cultural Gang Bang et pour faire entendre sa colère, aller voter massivement pour XP!

No pasaran!

(Leur sondage est en fin de page).

La France d’après

Celle où l’on commence à parler — oh pour en écarter l’idée bien évidemment — d’un emprunt obligatoire.

Le complot

Comment croire en la psychomorphologie après ça ?

Autrefois on haïssait le Juif parce qu’il incarnait le nomade éternel, celui qui allait de nation en nation en ignorant les frontières de ce monde, le vagabond sans attache ici-bas, incapable d’aimer une patrie définie géographiquement, incapable de ressentir une terre dans sa chair. Ce parasite qui s’immisçait dans les affaires des autres pour faire fructifier les siennes, en douce, et qui une fois démasqué s’empressait de jouer les victimes pour essayer de sauver les meubles.

Aujourd’hui, l’antisémitisme s’est retourné sur lui-même. Je parle des antisionistes, ces gens dont toute la rhétorique n’est qu’une resucée du complot judéo-capitaliste, à l’image de ce monsieur Gouasmi qui voit un sioniste derrière chaque divorce, ce sionisme donc qui serait la source de tous les maux du monde, la cause de tous les troubles, directement ou indirectement, le grand Satan qui empecherait les peuples de vivre en paix. Grille de lecture monolithique pour une pensée lourde comme du plomb : le sioniste est la vermine, le grain de sable dans la machine.

Ils prétendent combattre les sionistes et non les Juifs. Mais les Juifs qui ne se sentent pas mal à l’aise face au discours antisioniste sont des fous. Des aveugles ou des fous. Parce que de toute façon tout Juif qui n’est pas sioniste en 2009 est bon pour la chambre à gaz. Après l’épisode hitlérien et la haine découlant directement de la nature youpine décrite comme fondamentalement apatride - et ceux qui ont lu Mein Kampf le savent - tout Juif qui refuse l’existence d’un Etat pour son peuple se met une corde au cou, à l’image de ce rabbin antisioniste sur la liste de Dieudonné ou de tous ces Neturei Karta qui ne sont rien d’autre que des suicidaires.

Soral et ses amis partent en guerre contre le nouveau Juif, le sioniste. Et il faut écouter les arguments qui reviennent à chaque conférence de la liste antisioniste : Israël est un pays raciste, communautaire, il sépare les êtres humains, il est violent et nationaliste, etc. Toujours la même accusation dans leur bouche : celle de diviser les hommes qui ne rêvent en réalité que de vivre ensemble en bonne intelligence. Dieudonné a même été jusqu’à dire, face à l’affreuse sioniste Elizabeth Lévy, qu’Israël était un obstacle à l’avènement d’un monde sans frontières, un monde de mélange, de tolérance et d’amitié entre les peuples. D’ailleurs ces militants antisionistes ne militent pas pour la création d’un Etat palestinien à côté de l’Etat juif mais pour la mise en place dans cette région d’un Etat unique pour tous, multiconfessionnel et multiracial.

Là, d’un coup, tout s’éclaire. Tout bascule de façon incroyablement cohérente. Le refrain antisioniste reprend exactement la structure du refrain antisémite classique, avec la même cible, mais pour les raisons totalement inverses. Les nouveaux panzers sont la diversité, la tolérance et le métissage. Aujourd’hui les attaques les plus virulentes qui sont faites contre les Juifs le sont au nom de la moraline universaliste, soit à l’opposé du ton du pauvre Adolf qui doit se retourner dans son bunker. Hier on en voulait au Juif de ne jamais se défendre, de passer au-delà des frontières, d’habiter trop près de nous, aujourd’hui on lui en veut parce qu’il attaque trop violemment, parce qu’il construit des murs à ses frontières et parce qu’il ne veut pas qu’on vive trop près de lui.

Qu’est-ce qu’un bon Juif pour Alain Soral ? Ben un Juif comme avant, à l’époque où tout allait bien. Un Juif qui vive dans les autres nations sans avoir la sienne, qui ne cherche pas à se défendre quand on veut sa peau, qui ne soit pas trop paranoïque. Un Juif européen des années 30 quoi. Et vouloir que les Juifs se comportent comme ceux des années 30 en Europe, si c’est pas de l’antisémitisme je sais pas ce que c’est.

Vite, vite, vite

— Oh là là Zulmé il est tard.
— Oui, vite Toné, que nous allions nous coucher.

Revue de presse et d\'internet

— Il n’y a pas de journaux ?
— Si, mais les mahorais noyés on s’en fout.
— Oui, au moins autant que de Jackson mort.
— Même plus.
— Tu exagères !
— Ah ?
— Non, je veux dire que tu exagères de le dire. Pas que c’est exagéré.
— Ah, oui, peut-être.

 

Aurélien en chirurgien-boucher

Je vais avouer une faiblesse : j’ai failli, voilà quelques jours, ayant consulté le site du Parti libéral démocrate d’Aurélien Véron, en dire du bien.

Ce n’était pas un instant d’égarement : après des débuts modestes et pour tout dire un peu ridicules, trouvant toujours aussi laid cet abominable tangram vert vitaminé qui semble sorti d’une pub pour un énergisant extra-terrestre, il me semblait pourtant qu’il s’améliorait. Non seulement formellement mais aussi quant au ton et au contenu.

Heureusement je n’en fis rien. Un dieu bienveillant retint mon doigt sur le clavier et m’épargna un grave ridicule — encore plus que d’habitude veux-je dire.

Car aujourd’hui, n’ayant point déjeuné ce midi, j’entrepris pour quatre-heures de me gaver de muffins sauvagement écartelés et trempés dans du darjeeling chaud. Je mis la radio : allais-je tomber sur Radio courtoisie ou France culture ? qu’avais-je entendu en dernier des suaves pets culturels d’Arnaud Laporte tout à son onctuosité cultureuse ou de l’insupportable Fouquereau, éternel crétinoïde mongaulliste avec son anglophobie d’amiral d’eau de vaisselle ?

J’entendis Aurélien Véron — c’était donc probablement Radio courtoisie — s’entretenir agréablement avec Nicolas Lecaussin, et disant des choses plutôt sensées. Jusqu’à ce qu’arrive l’éternel message sur l’immigration. Ce fut alors un feu d’artifice des pires lieux commun du libéralisme politique éthéré. L’immigration c’est enrichissant, merveilleux et vachement profitable aux pays qui l’accueillent. Toutes conneries que nous avait déjà servies Alternative libérale avec ses affiches mauves où figurait un rasta à dreadlocks, prototype du libéral, comme on sait.

Tant que les libéraux s’en tiendront à ce discours, tant qu’ils n’auront pas clarifié leur position sur l’immigration dans le sens d’une franche hostilité peut-être tempérée de l’acceptation d’une immigration très qualifiée avec droit d’entrée en monnaie sonnante et trébuchante, ils n’auront aucune audience. D’abord parce que ceux qui sont convaincus que l’immigration est un bien par elle-même, ils sont de gauche, étatistes, syndiqués et membres de RESF. C’est dire si Aurélien Véron les attire. Ensuite, et c’est plus grave, parce que les gens susceptibles de voter pour les libéraux ne partagent absolument pas ces vues absurdement idéalistes.

Sans doute dans un monde parfait, où il n’y aurait pas de musulmans, ou alors très modérés, où les rapports entre les peuples ne souffriraient d’aucune irrationalité, où ces abrutis de sales cons de muzs ne nous verraient pas encore comme des « croisés », où les noirs ne geindraient pas sur l’esclavage à longueur de temps pour nous en culpabiliser, bref entre bisounours et à condition que les bisounours roses n’aient pas considérablement plus d’enfants en moyenne que les bisounours bleus et que tout ce monde passe son temps à faire, au pire, des farces à Grododo ou Grocalin, ce serait très bien : l’immigration de travail, pour peu qu’on décourage l’autre avec un système privé de protection sociale, serait effectivement très acceptable et même à encourager comme source de richesse.

Simplement nous ne vivons pas dans ce monde là, où les gentils petits bisounours seraient interchangeables et mus seulement par une rationalité parfaite afin de remplir avec un sage et vertueux égoïsme leurs désirs individuels, sans autres ambitions collectives que celles propres à concourir à ces buts individuels. Et je suis le premier à le regretter. Mais c’est comme ça.

Car figurez-vous, public d’élite du meilleur blog du réaco-patatoïde, qu’Aurélien ne semble pas s’être avisé de ce qu’à partir d’un certain nombre d’immigrés revanchards, particularistes, et animés de l’intention de détruire tout ce qui n’est pas comme eux, à commencer par nous, le libéralisme marcherait beaucoup moins bien. Imaginons par exemple qu’une majorité de musulmans s’installent rapidement en France. Que la majorité d’entre eux soient inexplicablement favorables à un état islamique, ou du moins à des lois islamiques. Que ces lois soient appliquées, conformément au Coran. Et imaginons qu’entre temps la France se soit miraculeusement dotée d’un fonctionnement impeccablement libéral. Eh bien Aurélien imagine que tout continuera comme avant, que la France libérale sera ainsi peuplée de musulmans sans aucun inconvénient, et que somme toute, tout ira très bien. Bien sûr, vous, moi et Aurélien aurons sans doute été décapités ou chassés (mais pas obligés de nous convertir à coups d’impôts spéciaux réservés aux non-musulmans, puisque la société serait libérale, soyez un peu attentifs, bordel !) Que ne ferait-on pas pour défendre l’idée pure du libéralisme ? même nombre dans une ratonade anti-française !

L’ennui c’est qu’on ne voit dès lors pas bien ce qui resterait de libéralisme réel, factuel, palpable, une fois tout cela réalisé. Il y aurait juste un état islamique, c’est à dire ce qui est le plus contraire au monde à tout libéralisme, un contrôle religieux tous azimuts de tous les aspects de la société, à commencer par l’économie. Tout l’acquiescement formel à tous les principes libéraux du monde n’y fera rien.

Je caricature évidemment les propos de ce bon Aurélien. Mais la caricature a aussi ses vertus grossissantes. Et après tout je ne caricature pas tant que cela : je viens d’entendre Aurélien se chagriner du sort d’une femme qui a été inquiétée par la police pour avoir, dans sa paroisse, avec son bon curé, rechargé des cartes de téléphone portable pour des immigrés clandestins. Il avait l’air vraiment ému et indigné, ce bon Aurélien. Peut-être pourrait-il simplement être indigné à meilleur escient et se rassurer : Libé, Le Monde, le PS, le PC, la Halde, la Cimade et quantité d’autorités très favorables au libéralisme vont se charger de la défendre, cette digne femme.

Pourquoi donc Aurélien ne veut-il pas voir que sa position est absurde et condamne sa démarche politique à stagner autour de 0,5% les bonnes années d’élections ? Je crois que c’est parce qu’il faudrait alors poser la question en terme de race, qu’on donne à ce mot un sens étroitement génétique ou plus culturel. Le libéralisme peut sans doute s’adresser à tout être raisonnable : comprendre que l’individu a une dignité propre, et même qu’il est le seul fondement de toute dignité, que la collectivité doit lui être subordonnée, que l’idée de régulation est absurde en soi en ce qu’elle se propose de mieux savoir que les individus ce qui est bon pour eux, remarquer que le collectivisme se réduit en pratique toujours au vol des uns par les autres… tout cela est accessible à la seule raison. Mais historiquement, empiriquement, le libéralisme est né dans certains sociétés. Ces sociétés étaient chrétiennes et occidentales. Imaginer qu’il puisse subsister dans ces sociétés une fois rendues entièrement autres par des migrations violentes et leurs conséquences n’a aucun sens, sauf à croire que c’est la pure raison qui mène le monde. Surtout quand la principale composante de ces migrations est consituée de peuples encore violemment attachés à une religion qui est bâtie sur des principes entièrement opposés à ceux du libéralisme.

Or poser les questions en terme de race n’est pas seulement interdit, ce qui rend l’antiracisme et l’angélisme migratoire un moyen de se dédouaner des accusations de la gauche. « Accorde moi que la sécu est mauvaise, je te laisse tes immigrés chéris. » Il y a de cela, ficelle à peine politique qui échoue d’ailleurs avec constance, mais ce serait avant tout prendre en compte la réalité, ses aléas, ses finesses. C’est que la théorie libérale pure, du moins telle que professée par ceux qui prétendent la représenter en France, qui ne le cède pas en universalisme idiot aux pires théoriciens stipendiés de la gauche collectiviste, n’y arrive pas, ne le veut pas. Refusant de descendre dans les articulations les plus fines des concepts, elle procède grossièrement, en tirant de quelques postulats des conséquences. Or il lui faudrait des concepts fins, applicables à la réalité présente, pas de grossières conséquences logiques.

Aurélien se présente un peu comme un chirurgien qui opérerait à la hache d’abordage. Forcément, le patient a peu de chances d’en réchapper si on laisse un jour ce dangereux maniaque entrer dans une salle d’opérations, même nanti d’un diplôme de médecine et les mains bien aseptisées.

Heureusement cela a aussi une autre conséquence : aucun de ces libéraux politiques n’est vraiment d’accord avec l’autre. C’est un fouillis de chapelles, d’associations aigries et de courants qui se détestent, ce qui est très normal, mais qui précisément parce que la plupart de leurs représentants procèdent comme j’ai dit, sont incapables de se mettre d’accord en considérant leur propre intérêt à le faire. Procéder par déductions grossières, c’est avoir une chaîne de raisonnement solidaire, dont on ne peut accorder qu’un maillon serait cassé. De là ces oukases, ces discussions infinies sur des points très secondaires, ces excommunications croisées à l’infini. Et cette tragique impuissance.

Sans compter que cela entretient l’idée que le libéralisme serait responsable de l’immigration, alors qu’il faut parler pour trouver les responsables du « libéralisme » au sens que dénonce Robert Marchenoir.

(Faut-il préciser que ce texte fait partie de notre grande série : « apprenons à mieux connaître l’àbaboucherie », et vous présente une facette des L. A. B., sous-secticule peu dangereux, mais plein d’intérêt ?)

Starálfur


Starálfur - Sigur Rós

Ethnic movers

Revue de presse et d\'internet

  • Art actuel de l’été

  • Art absolument, HS spécial Palestine.
    — Ça ne casse pas trois pattes à un canard, Toné.
    — Mais c’est bien de le savoir, Zulmé.

  • White reference

  • Exemple de carte ethnique de Detroit, pour savoir où déménager et où ne pas déménager.
    Pour affiner par code postal : Détroit c’est quand même très nègre.
    — Pour aller plus loin et Schoolbug qui compte les élèves par école selon leur origine ethnique.
    — Pourquoi n’a-t-on rien de tout ça en France, Toné ?
    — Je ne sais pas Zulmé. Je ne sais vraiment pas.

  • 22es rencontres de la Charte de Fontevrault

  • Dans Jeune Afrique, Denis Sassou Nguesso nous explique qu’il est immortel, ou quasi

  • Le Monde éco du 30 nous explique que les financiers ne devraient pas prendre de risque. Ce qui est contraire à toute idée économique. Sont cons au Monde éco. Mais ils font quand même un article intéressant sur le cabinet Mazars.

  • En page 11 du Monde du 30, Merkel s’engage à baisser les impôts de 15 milliards d’euros. Et en France ?

  • Capital découvre (p.  92) que la formation professionnelle coûte la peau des fesses pour une efficacité proche de zéro.
    — Mieux vaut tard que jamais.
    — Pas doués quand même chez Capital.

  • En page 4 du Monde du 1er, la crise fait chuter les flux migratoires dans le monde : quand on vous disait que c’était une bonne nouvelle !

  • Dans Point de vue on se rend compte que l’ex-Shatte de Perse cultive des tomates sur son balcon comme une prolo, et on apprend que ces vieux cons de l’académie des beaux-arts ont reçu comme membre étranger une vague épouse d’émir en lui prodiguant des flagorneries ahurissantes, sans doute pour mieux vendre leurs croutes à son mari.

  • Diapason sur Toscanini

  • Page 36 des Inrocks un entretien avec Woody Allen

  • Et un livre sceptique quant au réchauffement climatique : Serge Galam - Les Scientifiques ont perdu le Nord | Plon | ISBN : 2259207340 | 2008-09 | djvu | 212 pages | 3 Mb

 

« C’est de plein gré que je suis venue vivre il y a quatre ans dans ce quartier. Je croyais aux vertus de l’enrichissement par d’autres cultures et je voulais participer à l’éclosion d’une société multiculturelle », explique Anna Vagena, comédienne qui reconnaît maintenant que « la situation n’est plus tenable ». Les commerçants grecs ont déserté le quartier, les écoles fonctionnent désormais avec une minorité d’enfants grecs, les gens veulent partir et vendent leur maison au rabais.

« Ce qui nous fait le plus mal pour nous qui étions imprégnés de l’idéal d’une société ouverte, laïque, et combattions l’influence de l’Eglise orthodoxe, c’est de voir l’emprise de la religion musulmane sur notre quotidien », explique cette femme de gauche : « Faute de lieu de prières, la plupart de ces hommes, car ce sont des hommes en majorité, se réunissent dans n’importe quel lieu. Il m’arrive le matin de ne pas pouvoir sortir de chez moi, bloquée par des centaines de personnes agenouillées devant ma porte, en pleine prière. Pour nous les femmes, cela devient de plus en plus difficile de circuler et je ne parle pas de tout ce qui se passe : drogue, vols, prostitution. »

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Le blog de l’Aube dorée.

Et sa traduction automatique (so-so) en français.

Extrait d’une brochure commerciale de Gaz de France :

Vous avez le choix entre :

- Le tarif réglementé (notre tarif historique). [...]

- Le prix fixe de marché: c’est GDF Suez qui fixe le prix de marché. Pour aller plus loin, pour que vous ayez plus de visibilité sur votre budget, nous avons voulu que ce prix soit fixe pendant un ou deux ans selon l’offre choisie. Pendant ces durées, vous êtes à l’abri des hausses.

Voilà voilà. Partout dans le monde, les prix de marché sont fixés par le marché. Dans la France stato-gauchiste, membre de l’Union européenne des républiques socialistes soviétiques, “c’est GDF Suez qui fixe le prix de marché.”

Trop forts, les mecs. Au-delà de cette limite, vous entrez sur le territoire hexagonal, les lois de l’économie sont suspendues. Par décret royal, 2 + 2 est différent de 4.

Certes, il s’agit d’indiquer que la fixation du “prix de marché” relève du fournisseur, alors que celle du “prix réglementé” relève de… tiens, ils ne disent pas qu’elle est décidée par l’Etat : simplement qu’il s’agit du “tarif historique” (ce qui ne veut rien dire).

Chacun sait bien, cependant, que l’histoire, c’est vieux, c’est poussiéreux, c’est ringard, c’est facho. On ne va tout de même pas prendre un “tarif historique”. On n’est pas des pédés, nous (*). On veut le dernier modèle de tarif, celui qui vient de sortir, celui avec le GPS, la peinture métallisée et toutes les options.

Ecrire que le tarif réglementé est fixé par l’Etat, cela risquerait trop d’inciter le client à y rester (ce qu’il a, bien entendu, intérêt à faire), vu qu’en France, tout ce qui vient de l’Etat est bien.

On notera aussi cette délicieuse contradiction: “prix fixe de marché”. Ben, banane, si c’est un prix de marché, c’est pas un prix fixe…

Ah, pardon : “Pendant un ou deux ans, vous êtes à l’abri des hausses”.

Donc c’est un prix de marché (mais c’est nous qui le fixons), et s’il varie, cela ne saurait jamais être qu’à la hausse.

Pile tu te fais baiser, face je t’encule.

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(*) Je veux dire : on n’est pas des beaufs homophobes arc-boutés sur leurs préjugés moisis d’un autre temps, fermés à l’Autre et à ses richesses multi-culturelles. Mais le lecteur aura rectifié de lui-même.

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