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Faire le show

Récit — Article écrit par le 11 août 2010 à 2 h 44 min

Depuis ma  tendre jeunesse, je suis travaillé par un regret, celui de ne pas savoir siffler avec mes doigts.

C’est terrifiant à dévoiler comme ça en public, mais à chaque fois qu’ XP s’attable à une terrasse et que l’une de ses connaissances passe sur le trottoir d’en face, il n’a pas le talent qu’il faut pour se faire remarquer d’elle  en se mettant deux doigts dans la bouche pour faire du bruit…. XP dessine mal, aussi, malgré tous ses efforts, et je ne vous parle pas de son niveau lamentable au piano, en dépit des cours qui lui furent prodigués dans sa jeunesse.

Je fais ce constat avec d’autant plus de regret que je suis taraudé par l’intime conviction de ce que le talent est une grâce du  Seigneur et qu’in fine, les bons à rien sont en délicatesse avec le Ciel…. Quand on gratte et que l’on cherche à comprendre, on s’aperçoit toujours que les dons, le charme ou la beauté sont offerts par le Très-Haut, qu’ils témoignent de la  proximité entre les charmants, les talentueux et le Créateur…. C’est la vérité la moins agréable à entendre, mais enfin, les faits sont là : si vous croisez un imbécile qui ne fait jamais rire personne, qui n’a pas d’argent, qui ne sait pas siffler avec ses doigts et si vous sondez son cœur et ses reins, vous verrez qu’à la  source de la disgrâce, il y a une sécheresse des sentiments, une indifférence monstrueuse à l’égard de ce qui l’entoure et que scandaleusement, il tente de la faire passer pour de la modestie.

C’est toujours à la suite d’une lecture littérale, superficielle et tordue des Evangiles, que l’on considère tous les pauvres et les loosers pour des exclus, des gens assignés injustement à la dernière place tandis que le Seigneur leur aurait  réservé la première…. Moi je crois que la parabole évoquait les Grands implicitement reconnus comme tels par tous mais cantonnés à l’arrière par des Médiocres qui se font des clins d’oeil et qui font  masse  pour les gruger de leurs honneurs,  leurs privilèges et leurs épées….
 
A ce propos, Cornette de Saint Cyr, le plus grand commissaire priseur de la place de Paris et donc l’un des historiens de l’Art les plus sûrs qu’il soit donné d’entendre affirme qu’il n’y a jamais eu d’artistes maudits, qu’il s’agit-là d’un mythe, d’une couillonnade abominable.

Selon lui, si Vincent Van Gogh n’a pas vendu une toile de son vivant, c’est qu’il était maboule et qu’il est mort trop tôt, mais que néanmoins, tout ce que Paris comptait de Maîtres dans sa discipline savait qu’il était le plus grand, qu’on le lui disait et qu’il croyait ce qu’on  lui en disait, pour parler comme Corneille.

Je ne sais donc pas siffler avec mes doigts, c’est à dire qu’en partie, à certains moments, je ne sais pas faire le Show, et je confesse qu’elle me ronge, l’idée que peut-être, je ne saurai pas faire le Show…. Moi, je crois dur comme fer à la supériorité de l’Art sur toutes choses ici bas, qu’on ne réussit sa vie et qu’on  laisse une empreinte sur la terre qu’en transformant son existence en œuvre d’art, aussi biscornue soit-elle, et quand bien-même celle-ci ne trouverait pas preneur avant le cercueil…
 
Ce que je pense aussi, c’est que l’Art, tout l’Art, se résume à l’entertainment….Prenez les dans le sens que vous voudrez, et vous verrez que Nietzsche, Céline, Léon Bloy ou Cioran -surtout lui(*) - ne  font que  du spectacle, de l’entertainment, qu’ils divertissent et qu’ils entraînent les prisonniers de la caverne au cirque…. Ce qu’il faut dire avant tout d’eux, c’est qu’ils sont beaux, séduisants au possible et  qu’on aime d’abord se plonger dans leurs lignes pour ces raisons là…  Que ces enfants gâtés dessinent aussi merveilleusement bien, et qu’il n’y a jamais dans leurs pages que des autoportraits ou des encres les représentant sous les flashs et la lumière d’une poursuite. …. Céline sait nous faire voir ce que capture son œil de lynx parce qu’il fait du spectacle, que tout est drôle sous sa plume et que sommes toutes, il est aussi beau que ce monde dont il nous suggère l’existence en creux, quand il  montre la laideur de nos existences.

J’affirme que tous les écrivains sont des peintres frustrés,  condamnés à laisser deviner une toile  au lecteur à défaut de savoir la peindre…. ils ne savent pas dessiner, pas faire surgir le monde de l’extérieur et la Vérité, et c’est pour ça qu’ils se contentent de faire comprendre ce qu’ils auraient fait, s’ils avaient eu  le talent.

C’est étrange, le rapport que la presque totalité des lecteurs de littérature entretiennent avec la littérature…Ils veulent tous comprendre ce que l’auteur a voulu dire en montrant, comme s’il n’était pas suffisant qu’il montre…. Personne ne regarde une toile impressionniste en cherchant quel message a voulu délivrer l’artiste, à quoi sert la toile, si elle se mange et quelles fourchettes il faut sortir du placard,  mais tous les lecteurs cherchent le sens caché d’un roman, comme si l’auteur se mouchait avec l’Art et  s’en servait vulgairement pour exprimer des idées.

Je me console de l’ingratitude subie par  ceux qui prennent la plume en me disant ceci : celui qui ne sait pas de l’écrivain qu’il  est un peintre comme les autres  ne comprend pas l’écrivain, certes, mais il ne comprend pas non plus le peintre….. S’il croit que l’écrivain ne peint pas, il pense forcément que le peintre ne montre rien de l’Essentiel,  que celui-ci se trouve dans les Romans qu’il ne sait pas lire…. Ils portent chacun, pour ainsi dire, un morceau de la Croix…

(*) Le Christ est mort sur la croix parce qu’il avait peur de mourir dans son lit, a écrit Cioran…. S’il ne s’agit pas de notre plus grand humoriste et d’un entertainer à côté duquel Jules Renard avec ses blagues de chiottes apparait comme le triste abruti radical-socialiste qu’il était, alors je ne m’y connais pas…. Rappelons que Jules Renard est le type qui a écrit Nietzche? beaucoup trop de consonnes dans ce nom, ou bien encore Mallarmé? Intraduisible, même en Français…. Quand on entend ça, on imagine toujours Eric Naulleau se taper sur les cuisses avec Yves Calvi…. Je sais bien que les gardiens de vaches diplômés ne sont pas des bêtes et qu’ils ont le droit de rire aussi, mais enfin, on condamnerait à de lourdes peines de  prison  les crétins que ça amuse, si le monde était bien fait…


Le Galérien

Récit — Article écrit par le 18 juillet 2010 à 12 h 31 min

C’est vrai, comme je viens de l’avouer, que j’ai tenté ces derniers jours de tuer ma famille complète en l’espace de quatre heures et que  j’ai raté mon affaire.

Que feriez-vous d’autre à ma place, présentement, si vous étiez face à l’expert-psychiatre et qu’elle  demandait si vous aviez l’intention de leur donner la mort à tous alors que six jours plus tôt, vous auriez pénétré avec une arme de guerre dans la maison où elle aurait été rassemblée, si vous aviez préalablement envoyé une lettre au Procureur de la République pour annoncer que personne ne sortirait vivant de la soirée et  last but no least, si  vous aviez laissé traîner vos envies de Saint-Barthélémy et d’ongles cassés à coups de bocks de 50 cl dans la moitié des brasseries de la Capitale, un peu  comme Bastien-Thierry, celui qui a tiré sur la DS du Général de Gaulle et qui s’est fait arrêter dans un bistrot de Clichy tandis qu’il  se vantait d’être introuvable et qu’il avait encore encore  le temps de fuir au Paraguay?

Vous auriez fait comme moi, c’est à dire confesser à la dame qu’en effet, vous ne vouliez laisser personne en vie.

Quand je me suis présenté devant la porte de ma mère, celle derrière laquelle j’ai vécu dix-sept ans, c’est elle qui a ouvert. Elle avait les yeux rouges d’avoir pleuré mon absence au début de la fête,  son visage s’est bien sûr illuminé quand elle m’a vu, elle m’a dit  entre, mon grand, avant de pâlir en voyant ce que j’avais entre les mains…. je n’ai jamais su quoi penser de cette bonne femme, s’il s’agit de ma petite maman, une vierge envoyée par la Sainte-Vierge qui est notre mère à tous, ou bien si c’est une étrangère, une femme se mouvant dans un monde parallèle à des siècles d’ici, trois galaxies plus loin, mais que le grand Architecte a forcé par erreur à m’enfanter….
 
Au cours de mes séjours en prison, elle venait me voir, pleurait au parloir et m’envoyait des lettres pour me dire qu’elle se faisait bien du souci pour moi depuis ma naissance… Comme j’avais alors fatalement du temps, j’empruntais Kierkegaard à la bibliothèque du pénitencier, j’ai découvert par lui que l’on n’est pas sincère lorsque l’on prétend vouloir aider quelqu’un sans chercher à savoir d’abord où il se trouve, et force est de constater qu’elle n’a jamais cherché à savoir où je me trouve et qui je suis…. Nous sommes pour faire court étrangers les uns aux autres, nous sommes  des menteurs, des mythomanes, des vendeurs de chaussures, des enculés, des petites frappes déguisées plus ou moins bien, je n’en sors et n’en sortirais pas… Sauf, bien entendu, si ma vision du monde s’avérait ne pas être  la bonne, qu’elle souffrait pour le moins d’une ou deux exceptions, voire même s’il en existait une autre qui  menaçait de lui faire de l’ombre…. 

 Ils étaient en train de faire un karaoké…. Ils en étaient à la chanson du galérien, et plus précisément au couplet dans lequel  le bandit chante J’ai pas tué, j’ai pas volé/Mais j’ai pas cru ma mère/Et je m’souviens qu’elle m’aimait/Pendant que j’rame aux galères/ 

C’est à ce moment précis que m’a traversée l’idée du siècle : les obliger à poursuivre leur concours de chant jusqu’à ce que mort s’ensuive. … Je leur ai fait pousser la chansonnette exactement cinq jours et cinq nuits, et si j’ai laissé la plupart d’entre eux dormir assis deux ou trois heures par nuit, j’ai mis les pires d’entre eux debout pour faire une expérience scientifique qui servira plus tard à l’humanité en les obligeant au bout de 48H à  me chanter Alexandrie Alexandra tout en assurant la chorégraphie (je veillais à ce que le travail soit soigné) , et quand ils s’endormaient , je  tapais dans leurs ventres avec le bout de  mon index pour les réveiller, et  je l’ai fait  jusqu’à ce qu’ils s’écroulent morts sur le parquet….

 La plus grosse tête de nœud d’entre ces gens, je l’ai même obligé après 72 heures sans sommeil à me chanter sans fausse note le Bal Masqué, de la Compagnie Créole debout sur sa jambre droite en faisant coucou à la famille de la main gauche… Le pire, c’est que toute l’assemblée tapait dans ses mains pour accompagner le soliste et que certains se sont levés pour danser…. Mon avocate a gardé les images que j’ai filmé avec mon téléphone, pour le cas où l’on s’aviserait de me traiter de menteur, dans la partie civile….

Ils avaient peur et tellement la volonté de de me séduire pour qu’in fine que je ne me  décide pas à tirer dans le tas que lorsque les flics se sont présentés après deux jours, ils leurs ont tous dit qu’ils s’amusaient bien,…Ils leurs ont même servi du Beaujolais, des côtes d’agneau et des frites que je préparais moi-même, et l’on assurait même le service en leur  racontant des histoires drôles, à ces crétins…Je me souviens en particulier du commandant qui a beaucoup ri à  celle de Toto qui en avait trois dans le slip… Il faut dire que je faisais bien les choses, et qu’on  nous livrait de la ripaille toutes les douze heures…. Fauchon, Pizza Hut, La cave au vin…. Ils ont tous livré, et les convives ont tout mangé… J’y ai tenu, et je peux vous dire que j’ai insisté…. A coup de baffes, quand c’était nécessaire…

Quand la BAC est finalement venue m’arrêter, je somnolais, et c’est sans prendre de risques qu’ils m’ont confisqué mon fusil à pompe et ma barre de fer…. Selon son  procès verbal, quatre des invités chantaient encore - la plaisanterie s’est officiellement  arrêté sur Les allumettes, de Stone et Charden-, et les plus morfales finissaient les restes…. Autour de la table, ils ont décompté quatre morts… Ma mère, dans le doute, je l’avais enfermée dans une chambre…. Elle me soutient, elle a dit à la juge que je ne suis pas un méchant garçon…. Elle va venir me voir en prison, ça me donnera l’occasion de relire Kierkegaard…. Je suis considéré comme dangereux, je vais avoir une cellule pour moi tout seul, et je pense vraiment que les vingt plus belles années de ma vie sont devant moi…. Je vais les consacrer à la méditation.

C’est bien dommage que je sois tout seul en cellule…. En prison, les truands d’un mètre quatre-vingt-quatorze ont peur des psychopathes d’un mètre soixante-quatre, et d’ailleurs, mettez-vous une seconde à leur place : un type qui a tué froidement trois personnes parce qu’ils avaient oublié de dire bonjour ou qu’ils avaient les mains moites, vous êtes gentil avec lui, à fortiori s’il dort au-dessus de vous et qu’il peut donc à tout moment descendre de son  lit pour vous égorger avec son drap en plein milieu de votre sommeil paradoxal. Vous lui servez même un café au claquement de doigt… Le principe de précaution, que ça s’appelle.

C:\Users\hp\Desktop\YouTube – Raphael Le Galerien.mht

http://babord.amures.info/paroles/legalerien.html


Ainsi parlait ma Grand Tata

Récit — Article écrit par le 12 juillet 2010 à 20 h 21 min

Terby, tu dois te surpasser… l’homme est un pont… tu dois tendre vers le meilleur… faire caca dans son lit n’est plus acceptable à compter de quinze ans… Il te faut évoluer…

Ecoute attentivement cette histoire

Partout où je suis allé porter la bonne nouvelle, les gens se sont ri de moi. Je me suis pourtant exprimé par parabole animale: aigle, chameau, lion, etc., mais tous ces fieffés mongoloïdes n’ont rien compris.
Au commencement était le singe Terby, ça, toi et tes amis en êtes la preuve scientifique vivante, puis l’homme s’est redressé, a admiré et étudié longuement l’infinité étoilée s’étalant face à lui. Il doit maintenant la rejoindre.
- Mais qu’y a t-il donc à rejoindre là-haut, Grand Tata?
- Rien Terby, rien – il n’y a pas de là-haut, ni de là-bas, ni d’au-delà où nous allons.
- Euh… et y aura des meufs sinon? parce qu’autrement moi je reste avec les débiles je te ferais dire!

 

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http://conditoralmesiderum.blogspot.fr/

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Une amie m’écrit

Récit — Article écrit par le 17 juin 2010 à 11 h 15 min

L’apéro annulé putain ! Je suis dépassée par tout ça, ulcérée par le manque d’engagement des français. Je nous trouve tellement lâches… Je ne suis pas meilleure que les autres mais ces derniers temps, je ne supporte plus de m’auto-censurer.

Selon toi, une révolte efficace doit être emprunte de respect et de réflexion mais face à des comportements si violents, faisons-nous vraiment le poids avec notre « diplomatie » ? 

 

Bon… Ce serait bien déplacé de ma part de donner des conseils hautains, à la façon de ces bourgeois du style Stéphane Guillon et Gérard Miller qui méprisent les Céfrans qui se tapent toute la violence de l’immigration.

En effet je suis à Bruxelles dans un quartier sympa, dans un logement sympa… Mais voilà ce que je peux dire. J’ai vécu 1 an à Paris dans des conditions abominables de violence, de vide relationnel, spirituel, de vide « humain ». Il y a une pression très forte de l’immigration, qui est déjà très nombreuse, et qui continue, qui continue… Les « natifs » (comme toi et moi) sont souvent désemparés et ont le sentiment (justifié largement) d’être abandonné, que personne ne les comprend, alors que pourtant eux respectent toutes les règles et se conduisent modestement et respectueusement.

A terme il risque d’y avoir une catastrophe si ça continue. Je ne sais pas comment, mais ça risque. Je ne suis pas sûr. J’en parle souvent avec des gens ici. On pense que plusieurs chemins peuvent se tracer comme l’avait expliqué un blogueur (Vertumme): soit « Alger »: fuite massive des Blancs vers d’autres lieux, soit « Beyrouth »: démographie très forte chez les Muslims et très basse chez les Chrétiens ou assimilés Chrétiens, soit « Johannesburg »: les Blancs se replient dans des zones sécurisées, soit « Rio de Janeiro »: les Blancs vivent plutôt entre eux et les Favellas se démerdent, soit… Autre chose.

Ce qui est sûr c’est que s’il y a un affrontement physique (comme ce qui risquait d’arriver avec cet apéro saucisson-pinard), les Blancs ne sont pas préparés du tout à le gagner parce qu’ils ne sont pas solidaires, sur aucune base: ni raciale ni religieuse, ni territoriale, alors qu’en face les racailles sont solidaires sur ces 3 critères là. De plus, quand bien même les Blancs remporteraient des victoires brutales sur la racaille (racaille au sens large: racaille + sos racisme + haineux anti-France + putes a racailles etc…) eh bien cela se retourneraient contre eux parce que les médias filmeraient tout ça et dans le monde entier on accuserait les Blancs français de nazisme ou ce genre de chose.

Quoi qu’il en soit, ce qui semble le plus dangereux dans ces rapports, c’est la possibilité que quelques Blancs imbéciles jettent l’opprobre sur tous les Blancs par des actions inconsidérées… Je parle des petits cons qui font les warriors en pensant à la pétoire cachée dans la cave de leur maison de campagne, et qui se frottent les mains les intrépides, pas peur de la guerre civile moi, et qu’on va voir ce qu’on va voir… Les cons. Sait-on qu’en Algérie en 1962, sur le million d’Européens qui résidaient, pas un seul n’a pris le maquis pour entamer une guerre civile? Pas un! Alors qu’ils avaient en Algérie tout ce qu’ils possédaient. C’est pourquoi il n’y aura sans doute PAS de guerre civile, au sens ou on l’entend. Et que cette guerre civile sera en réalité une guerre des forces de l’ordre, contre toute la racaille de France, ces « forces du chaos ».

Cependant les racailles eux, s’en foutent. Que les sales Gouères se battent ou qu’ils ne se battent pas, ils sont les racailles, sur une logique de provocation permanente, de dégueulassement du territoire, de pourrissement des relations humaines, de salissement des femmes autant que faire se peut… Ils maximisent leur pouvoir de nuisance, c’est ça leur vocation. Et plus ils le font, plus la ligne de front, matérialisée par les forces de l’ordre, recule, et doute, et semble capituler… Parce qu’il faut bien comprendre leur mode de pensée. Pour eux, dans leur conception culturelle, dans leur rapport au monde, s’ils cognent un innocent et que celui ci ne réplique pas c’est que c’est une « victime » et que donc cette « hagra » est légitime. Et s’ils cognent un innocent et que celui ci réplique, alors c’est que celui ci fait le « warrior » et qu’alors sortir un couteau et planter est légitime. Et pourquoi ? Pourquoi pensent-ils comme ça ? Parce dans leur petite musique à eux, le mot « respect » n’a pas le même sens que chez nous, et c’est ici que se trouve le nerf, la base de tous les conflits depuis 30 ans avec les immigrés. Résumons le fossé crucial ici : POUR NOUS LE MOT RESPECT SIGNIFIE « LAISSER L’AUTRE EN PAIX ». POUR EUX LE MOT RESPECT SIGNIFIE « TENIR L’AUTRE EN RESPECT ». C’est alors qu’on comprend mieux les récriminations des petits cancrelats interviewés par le JT et Zone Interdite: « oué mé aussi la police y nous respectent pas tu vois… Si y a pas de réspé, peut pas y avoir de paix ».

Il me semble que ce problème d’apparence très simple recèle un soubassement étrange. Il semble que les racailles agissent de façon purement « objective », comme un programme informatique qui accomplit une opération. Je m’explique: les racailles viennent en majorité de familles nombreuses. Leurs parents, souvent honnêtes travailleurs, ne s’occupent pas bien d’eux. Et ainsi lâchés dans la nature, ils accomplissent ce que la nature fait toujours : remplir le vide, car la nature a horreur du vide. Est-ce que l’on me suit ? Imaginons que la France soit une personne douée d’intelligence. Et qu’elle exige que son peuple croit en Dieu et fasse de nombreux enfants… En effet cela a bien fonctionné depuis les Gaulois à peu près… Pendant 2000 ans on a toujours eu au moins 5 enfants par femme chez nous. D’ailleurs la France jusqu’en 1850 je crois était le pays le plus peuplé d’Europe. Pourquoi ? Parce que la mentalité Catholique exige que chaque enfant qui « arrive » suite aux ébats d’un couple marié, soit gardé. Ainsi les Catholiques Français ont peuplés leur pays. Les Cathos Irlandais, Italiens ont peuplés les Etats-Unis à partir de peu d’immigrés il ne faut pas l’oublier. Et les Français du Canada ? Au début ils étaient à peine 5000 là bas, et n’ont presque pas reçu d’apport de l’immigration métropolitaine. On leur a juste envoyés 800 filles d’un couvent au 17ème siècle, les fameuses « Filles du Roy ». Et ainsi ils se sont mariés et ont eu de nombreux enfants, jusqu’à constituer une nation de plusieurs millions d’individus quelques dizaines d’années plus tard.

De quoi crevez-vous ? Pourquoi étouffez-vous à Paris ? Peut être, je dis bien peut être, parce que ce que je pense moi n’est pas forcément valable pour les autres… Eh bien peut être étouffe-t-on d’avoir adopté un mode de vie qui n’est pas le bon. Les sorties, l’espoir de la « grande vie parisienne », le shopping, l’argent dépensé en pure perte dans des inepties… Tout cela laisse peu de place à deux questions primordiales : Que fais-je sur Terre, et que vais-je laisser après moi ?

Ces questions là, les racailles se les posent. Même inconsciemment, ils se les posent. Ainsi en découle tout leur comportement. Ils sont dans l’instinct de survie, alors que les Blancs de centre-ville sont dans l’instinct de mort. Mais… Il y a une petite différence entre les Blancs « hommes » et les Blancs « femmes »… Ces dernières, génétiquement, hormonalement, acceptent beaucoup moins facilement une résignation teintée de romantisme. Au bout d’un moment, la mélancolie ça va deux secondes… Elles doivent se reproduire, et si les Blancs s’y refusent, alors elles iront voir les immigrés. Ce qu’elles font. Et ça s’appelle le métissage. Ainsi les natives constituent souvent le « débouché » objectif de l’immigration. Une immigration massifiée, qui tourne vite « racaille » ou alors « immigration haineuse » peu de temps après son arrivée.

Ainsi que se passe-t-il ? Les immigrés, de leur point de vue, immigrent chez nous parce qu’ils viennent chercher plus ou moins l’eldorado. Mais en réalité, d’un point de vue « Objectif », d’un point de vue ou la France serait une personne douée d’intelligence, eh bien alors on peut dire que les immigrés viennent pour accomplir en France le comportement que cette dernière exige : avoir la Foi, et faire des enfants.

Il se passe une guerre des berceaux. Mais pas une guerre ou les gens sont opposés entre eux. Une guerre ou les gens sont opposés à eux-mêmes. Leur fibre « je suis sur Terre pour m’éclater », s’oppose à leur fibre « Avec l’aide de Dieu faut que je gagne de la thune, et élève une famille unie, nombreuse et heureuse »… Et bien sûr chez les Blancs c’est souvent la première fibre qui gagne. Chez les non-Blancs immigrés c’est le contraire.

En conclusion : chaque enfant que les Blancs se refusent à faire avec leur femme, ce sera un Immigré qui le fera avec sa femme à lui. Peut être avec une Blanche, même.

Alors pour te répondre… Aime ton homme et quitte Paris. C’est mon avis. Je peux me tromper. J’espère avoir répondu à ta question.


Journée de printemps

Récit — Article écrit par le 16 juin 2010 à 9 h 15 min

Samedi, je suis allé au neuvième anniversaire de ma filleule.

Je  lui ai donné cent euros enveloppés dans du papier à fleurs… je sais qu’une personne  délicate et nantie d’un radar peut mal prendre le cadeau qui  reflète d’abord  les goûts de celui qui offre, qu’il pourrait  être l’occasion pour elle d’affiner sa sensibilité jusqu’à mûrir dans la solitude la conviction qu’elle n’est rien, à ses yeux, qu’il se moque, qu’il n’a jamais fait un cadeau qu’à  une chimère sortie de son imagination, qu’il a rayé son visage  pour afficher celui de la bête… Ce sont les petites saloperies dans ce genre, qui font les psychopathes et les meurtres en série… 

Moi qui vous parle, je me suis fâché à mort avec un imbécile qui m’avait offert un album des photos de Doisneau à Noël, alors que je hais de toutes mes fibres le noir et blanc,  la France moisie et les crétins qui peignent à Montmartre…Comme j’ai l’esprit d’escalier, j’ai dit merci le 24 décembre au soir, mais j’ai déchiré le cadeau en mille morceaux le 26, avant de le mettre dans un colis de la poste le 27.

Je n’aime pas qu’on se foute de ma gueule et que l’on prétende aimer ma personne alors qu’il s’agit en vérité d’un autre type… Quand j’étais petit, c’est de l’argent, que j’aurais voulu recevoir, plutôt que des panoplies de cow-boy que j’avais déjà ou des masques d’indiens d’autant plus ridicules que j’avais déjà compris combien cette race à poux méritait d’avoir été confinée dans des réserves et pourquoi la République française aurait dû  faire la même chose en  Algérie, histoire de reconstituer l’Empire romain et la mare nostrum.

La petite E, je ne la connais pas vraiment, encore. J’ai gagné d’être son parrain en allant voir son père en prison, bien avant sa naissance, et parce que je suis devenu copain avec ses camarades  de cellule…. C’est ainsi que la marraine est une fille issue d’une famille très liée au souvenir  du grand Spaggiari, mais naturellement, je ne ne vous en dirais pas plus.

J’aime bien la campagne, le beau temps, l’odeur des merguez, le rosé de Provence, les enfants des copains qui jouent dans le parc de la propriété, les vieux qui les regardent avec un chapeau sur la tête en tirant sur une paille, les souvenirs qui reviennent en cascade et l’intense bonheur que l’on tire alors  d’être toujours en vie, simplement…. Le Bonheur n’existe pas, mais en revanche nos vies sont coupées  sans arrêts d’ instants de bonheur indescriptibles de beauté qu’il suffit juste de laisser passer sur nos corps sans tenter de comprendre ou d’expliquer…. Dieu paye toujours, mais quand il veut, où il veut et comme il veut… Carpe Diem.

En fin d’après-midi, j’ai reçu des SMS de mes copains A et G….. ils voulaient que je les rejoigne dans la soirée, car ils avaient des gens à me présenter…. Je les aime décidément beaucoup A et G,  plus encore que je le croyais, et l’amitié est la chose qu’après mûre réflexion je place au sommet de toutes ces choses dont nous devons  sous-peser la valeur ici bas… Je suis certain que la vie d’un homme se juge à la liste de ceux qui défilent devant son cercueil ou qui auraient dû le faire…. Nous n’emporterons dans la tombe que les âmes que nous avons collectionnées, les cœurs que nous avons donnés ou pris et les larmes de ceux qui regretteront vraiment de nous voir partir avant eux…. C’est ça que je dirais à E., quand elle aura quinze ans… Fais-toi des amis et des amants, ma fille, collecte, et prépare toi un  enterrement de Reine.

A était avec E, sa nouvelle copine, une petite  jolie comme un cœur…Celui que les copains voulaient me présenter, c’était R, un garçon de 25 ans qui est arrivé au bras d’une blonde d’1m80, et les deux tenaient à me faire savoir qu’ils lisaient XP dans les coins…. Cela confirme mon hypothèse selon laquelle mes lecteurs sont tous en bonne santé, en bon terme avec le Ciel, que je suis un auteur du rire et de la bonne santé, alors que mes contempteurs puent la mort et le ressentiment sans qu’aucun d’eux ne fasse exception.

Je me réjouis vraiment que les gens aillent bien autour de moi,  il n’y a pas  à cela une  raison cachée dans les méandres de mon arrière monde, et d’ailleurs, j’ambitionne de ne plus avoir d’arrière monde…  Si je me fous de mon lointain, le bonheur et les victoires de mon prochain me remplissent…. Il font mes journées, comme on dit.

Je n’aime pas les gens complexes,  et  je suis sûr que c’est une marque de superficialité, cette manière de s’engoncer dans des personnalités successives… La profondeur,  un homme la trouve dans le le depouillement, en cultivant une simplicité  nietzschéenne, quand il sait voir la lettre  volée qui  crève les yeux et perd la vilaine habitude d’aller la chercher dans les faux plafonds.


La main coupée

Récit — Article écrit par le 7 juin 2010 à 22 h 17 min

L’année dernière, en novembre, je suis sorti d’une boîte de nuit vers les trois heures du matin.
J’ai tapé la tête de ma copine contre le pare-brise d’une voiture parce que je ne supportais pas qu’elle me quitte, et je ne comprends décidemment rien au ballet qui met en représentation toutes ces âmes qui se touchent, se donnent des coups de ventre et s’éloignent, avant de se tenir la main pour saluer le public.

Pour le dire d’un mot, je ne comprends rien du commerce qui lie les hommes entre eux, fait les couples, tisse des liens sacrés entre le père et le fils, le camarade et le camarade.
Je n’arrive pas à concevoir qu’à certains moments choisis par le ciel, je peux ressentir un amour intense, en faire part, et découvrir dans la foulée que l’autre ne fût pas touché, qu’il s’est forcé, que nous n’étions alors que deux solitaires faisant dans la comédie.
C’est un drame épouvantable, une tragédie Shakespearienne que cette histoire, ces millions d’hommes lancés sur terre et doués chacun du don d’aimer mais tous enfermés dans leur paquet de viande, élevés dans l’ombre d’une horloge personnelle qui les empêchent d’aller vers leurs frères et les croiser vaiment.

Après, j’ai fait de l’auto-stop.
Il m’a fallu, pour rentrer chez moi, parcourir une route de trois kilomètres qui vous fait passer de 500 degrés d’altitude à 1500.
J’ai cru à la première tentative que je serais pris, mais si la voiture a bien freiné devant moi, ce fût pour me cogner l’épaule…. J’ai vu le sang couler, et je me suis dit qu’il vaudrait que je marche et n’attende le secours de personne.

Quand je suis enfin arrivé à la maison, ma mère a retiré mon blouson, et c’est alors qu’elle s’est aperçue que je n’avais plus de bras gauche…Les pompiers l’on retrouvé le matin suivant dans un fossé, on me l’a recousu, mais depuis, je n’arrive pas à le bouger…

Je suis un handicapé…Je ne parle plus à personne, et je retourne mon histoire dans tous les sens.
Je voudrais comprendre comment j’ai pu perdre un bras sans me rendre compte de rien, et les raisons de la fantastique propension des hommes à se mentir et faire par exemple trois kilomètres sans leur bras gauche et sans rien savoir du drame qui vient de les frapper, en se mentant très fort, en faisant tourner dans leurs têtes le récit grâce auquel la race humaine ne s’est toujours pas jetée la tête contre un mur.


Un ivrogne communiste

Récit — Article écrit par le 30 mai 2010 à 3 h 51 min

On sait depuis  quelques semaines qu’une jeune femme enceinte peut mourir calcinée dans une banque et devant une procession de marxistes hilares, que ces gens-là ont assez de purin dans leurs têtes pour que cette  chose soit possible.

On ne sera donc pas surpris d’apprendre que ça lui en touche sans faire bouger l’autre, à l’ivrogne communiste ordinaire, qu’une flic de 27 ans se fasse  abattre par la racaille en pleine rue….. Qu’on ne lève pas son gros cul de stal pour si peu, lorsque on est une puanteur marxiste-léniniste.

Regardez bien la tête de cet individu, et dites moi si vous croyez vraiment à la fable selon laquelle parfois, des gens ne seraient pas  devenus communistes pour  assouvir leurs pulsions de mort et caresser des rêves de camps de concentration, de miradors et d’employés de banques immolés au cours de manif anti-capitalistes, comme on dit chez Mélenchon…. Fermez les yeux, et imaginez cet affreux jailli du pinceau de Jérôme Bosch quelque part en Sibérie, à côté d’une cabane en planche, avec une barre de fer dans la main… Vous voyez ce que je vois? Alors tant que vous y êtes, essayez  avec Mélenchon, ça marche aussi.


Le crime parfait

Récit — Article écrit par le 28 mai 2010 à 19 h 58 min

Comment commettre un meurtre ou un crime parfait ?

Éternelle question…

Ainsi se pourrait-il qu’il y a un plus de trente mille ans, l’homme de Cro-Magnon ait commencé à y répondre avec son ami l’homme de Néandertal.

Éternel fantasme aussi…

Cependant, par définition, il est aussi probable d’entendre parler d’un meurtre parfait que de voir s’ébrouer devant vous une créature mythologique.

Même si les historiens, parfois, débusquent des assassins des centaines d’années après leur forfait. Mais ces meurtres là peuvent-ils toujours être considérés comme parfaits alors qu’ils sont résolus après la mort de tous leurs protagonistes ?

De même, à partir du moment où la police considère qu’il y a eu meurtre dans une affaire et qu’un criminel est recherché, est-il possible de continuer à parler de meurtre parfait ? Et ce même si le meurtrier n’est jamais identifié -du moins de son vivant ?

Et lorsqu’on est suspecté (même si on n’est pas inculpé) peut-on parler de crime parfait là aussi ?

Enfin, se renseigner sur internet sur comment commettre un crime parfait (et laisser des traces numériques) ne signifie-t-il pas qu’on s’est déjà raté ?…

Toute personne ayant déjà réfléchi dans le secret de son âme à commettre un tel crime n’a en tête qu’une seule question.

Comment limiter le risque de se faire prendre au maximum ?

Réduire l’incertitude à chaque étape de son meurtre, voilà le véritable enjeu.

Mais commençons par le commencement.

Et, à force de repousser des hypothèses, nous parviendrons bien à définir ce qu’est un crime parfait -et comment le commettre.

 

De la préméditation

 

Avant même d’étudier le choix de la cible, demandons-nous si le meurtre doit être prémédité ou pas. Ceci n’est pas une interrogation anodine. Car si, dans l’idée usuelle qu’on s’en fait, le meurtre parfait doit être méticuleusement étudié et le fruit de longues semaines de travail et de gestion des risques, le meurtre non prémédité a ses partisans.

Je ne suis pas de cette école.

Je ne dis pas qu’un meurtre non prémédité ne puisse pas devenir un meurtre parfait. Mais je suis persuadé que commettre tel crime revient à jouer sa vie au casino en pariant sur sa seule bonne étoile.

Maintenant je tiens à rassurer les jaloux, les meurtriers qui ont agi sur une impulsion, un coup de tête, un moment de folie. Si vous êtes capable de retrouver rapidement votre sang-froid, vous avez une chance de pouvoir vous en tirer.

L’avantage d’ailleurs, avec un tel meurtre, c’est que vous n’avez plus à vous soucier que de l’après.

Comment faire disparaitre le corps, comment nettoyer la scène de crime, etc. Si la victime est un proche, il faudra peut-être songer à vous constituer un alibi crédible. D’autant plus si vous étiez notoirement en mauvais terme avec ce qui n’est plus, à ce moment là, qu’un petit corps sanguinolent et se rigidifiant à vos pieds.

Comprenez qu’il vous faudra réagir vite.

Avec le risque d’oublier des éléments importants. Par exemple une inscription sanguinolente vous désignant comme coupable dans la cave. Ou le couple de personnes âgées vous ayant vu, quelques instants avant le meurtre, en pleine discussion animée avec la future victime.

Ce genre de petits détails quoi.

Je n’ai pas envie de m’adresser aux meurtriers passionnels.

Ils ne représentent pas un public conséquent. Et puis, si on est capable d’improviser un meurtre, comme un vulgaire amateur, eh bien, ma foi, on reste dans ce registre. Je ne peux pas décemment décliner tous les cas de figure possible. D’autant que, même avec un outil de recherche performant comme google, il y a peu de chance que ce genre de meurtrier prenne le temps d’effectuer une recherche approfondie sur le sujet alors qu’un corps embarrasse le plancher.

Bref, amis impulsifs, débrouillez-vous.

Et bonne chance.

Je ne considérerais donc ici que les assassins qui prennent le temps de réfléchir avant d’agir.

On a beaucoup glosé récemment, à l’occasion du procès de Jacques Viguier, sur le fait que s’étant retrouvé devant les assises, ce professeur de droit n’aurait pas été l’auteur d’un crime parfait. C’était avant qu’il soit acquitté. Mais je reconnais à ses détracteurs que se retrouver devant une cour d’assise, avec l’incertitude inhérente à ce genre de procès, n’est pas acceptable pour quelqu’un ayant pour ambition de réaliser un meurtre parfait.

Le meurtre parfait, c’est donc le meurtre pour lequel vous pouvez vous trouver sur la liste des suspects, pour lequel on peut faire des recherches sur vous, voire vous placer en garde à vue à la limite.

Toutefois, quand on commet un meurtre parfait, jamais on ne se voit renvoyé devant les assises.

Jamais.

Mais définissons ensemble comment commettre un crime parfait avec préméditation.

Tout d’abord, et c’est une règle de base, ne jamais avoir de complices. Ou s’en débarrasser dès qu’ils vous ont servi. Mais ce serait se rajouter des difficultés. Autant commencer simplement au début. Et si vous n’êtes pas capable de tuer vous-même, mon dieu, ne songez pas à tuer. Ce n’est pas pour vous. Tout simplement.

Pour parvenir au meurtre parfait, il faut donc agir seul et en avoir l’envie et la capacité.

C’est un premier point.

 

Du mobile

 

Nous en arrivons au choix de la victime. Là encore plusieurs écoles s’affrontent. Faut-il prendre un inconnu ou pas ? L’inconnu présente des avantages certains. La police comme la justice sont toujours en quête de mobile. Si vous n’en avez pas, comme Mr Brooks dans le film éponyme avec Kevin Costner par exemple, il sera plus ardu de remonter jusqu’à vous.

Cependant, si la justice et la police sont friands de mobiles lorsqu’il y a meurtre, c’est qu’il y a une raison.

Il n’y a aucun intérêt à tuer quelqu’un choisi de manière aléatoire.

Ou bien vous êtes un pervers, un fou ou un malade. Mais là, vous vous ferez coincer un jour ou l’autre.

Désolé.

Ainsi, il faut un mobile. Attention, celui-ci peut-être futile. Et vous pouvez ne presque pas connaitre votre victime. Par exemple celle-ci vous a doublé de manière cavalière sur la route. Vous n’avez pas aimé. Vous vous êtes senti diminué ou que sais-je encore. Bref, vous avez un mobile. Mince. Mais il existe.

Ou alors vous flashez sur les jeunes femmes blondes avec une forte poitrine, un petit nez busqué et de fines lunettes noires. Vous ne résistez pas à l’envie de leur faire l’amour et de le leur déclarer tout de go.

Mais ces filles-là sont des difficiles.

Elles minaudent.

Se prennent pour des princesses.

Vous repoussent sans égard.

Voilà.

Vous avez un mobile.

L’avantage du mobile futile c’est que, là encore, il sera très compliqué d’établir le lien entre votre victime et vous. Le lien existe. Mais il est ténu. Il est même possible, dans certaines situations, que les seules personnes capables de faire ce lien soit vous et votre victime -et encore. Ce qui est, bien sûr, l’idéal.

A priori.

Car les personnalités capables de tuer parce quelqu’un les a bousculé sans faire exprès dans une foule se révèlent généralement, il faut bien le reconnaitre, comme étant des fous dangereux et instables. On pourrait dire que ces personnes manquent peut-être d’un peu de sang-froid et adoptent des comportements obsessionnels peu compatibles avec une démarche raisonnée et discrète.

Nous sommes donc très loin du profil du meurtrier parfait.

Il y a donc fort à parier que pour commettre un crime parfait il faut avoir un mobile solide.

Ce qui expliquerait, d’ailleurs, pourquoi vous être prêt à passer des heures et des heures à préparer minutieusement votre coup et à aller jusqu’au meurtre.

Et toutes ces heures de travail sont également justifiées par le fait qu’ayant un mobile solide, et sans doute connu par plusieurs personnes, vous risquez fortement d’être suspecté.

Mon troisième conseil est celui-ci, oubliez la psychologie. Je pourrais vous dire de préparer votre coup dans le plus grand secret et sans rien changer dans votre rapport à votre victime. Vous ne vous parlez plus ? Continuez comme ça. Vous vous engueulez chaque soir ? Continuez aussi. De toute manière, en règle générale, ne changez rien à vos habitudes. Et si vous avez besoin, pour le meurtre, d’en changer. Changez-en plusieurs mois avant la date où vous pensez commettre le meurtre.

Mais tout ceci est superficiel.

Parce qu’en matière de psychologie, on peut justifier tout et son contraire si on est un peu habile.

Préparez-vous y.

C’est tout.

Certes, les policiers seront plus enclins à vous suspecter si, par exemple, vous vous réjouissez ouvertement de la mort de votre victime.

Cependant leurs intuitions resteront des intuitions s’ils n’ont aucune preuve matérielle pour appuyer leur sentiment. Et puis, de toute manière, à moins que vous soyez un comédien très doué, si vous jouez un rôle (veuve éplorée, mari tordu de douleur, etc.) vous risquez de paraitre atrocement faux.

Vous aviez un mobile pour le tuer.

Un bon mobile.

Vous le savez.

Les policiers le savent.

Cela ne sert à rien d’en faire trop.

Restez sobre.

 

De l’alibi

 

Comme je viens de le dire, l’important ne se niche pas là. Mais dans les preuves matérielles. A la limite, vous pouvez même vous passer d’un alibi en béton si votre coup est assez bien préparé. D’autant que le problème majeur de l’alibi, c’est, je vous le rappelle, que vous ne pouvez pas avoir de complices. Il faut donc que la personne ou les personnes qui vous fourniront un alibi disent la vérité, ce qu’ils ont vraiment vu et vécu.

Or, vous n’avez pas le don d’ubiquité.

Certes, on peut toujours ruser. Préparer le coup pour réaliser son meurtre dans un temps très limité. Sans bouger le cadavre. Et dans un endroit très proche de celui que vous donnerez comme étant le lieu de votre alibi. Si vous jouez avec un timing très serré, il est probable qu’on déclare que vous n’avez pas eu le temps matériel d’accomplir votre meurtre. Enfin, vous pouvez toujours tenter d’induire en erreur ceux qui vous fourniront votre alibi. Le temps est une chose capricieuse. Il s’écoule de manière variable selon les situations.

De même, les grandes réunions, mariage, anniversaire et autres fêtes permettent, c’est entendu, à beaucoup de gens de déclarer de bonne foi que vous y étiez tout du long parce qu’ils vous ont vu à plusieurs reprises en six heures de temps, mais vous prenez aussi le risque qu’un convive témoigne vous avoir vu vous éclipser durablement pendant un moment.

Non, partons de l’idée que l’alibi solide est un coup de chance. Mieux vaut dire que vous étiez seul, chez vous, toute la soirée. Que vous n’avez reçu aucun appel. Aucune visite. Rien. Vous avez regardé la télé. Une chaine. Toute la soirée. (choisissez dans le programme un film que vous avez déjà vu par exemple).

Cela ne vous innocente pas ?

Cela ne vous accuse pas non plus.

Parvenus jusqu’ici vous me direz que le cocktail mobile/pas d’alibi ne respire pas très fort le crime parfait…

 

De la ruse

 

Tout cela n’a pourtant aucune importance si le meurtre ne passe pas pour tel. Mais comme un accident. Ou un suicide.

Pour ma part, je préfère privilégier l’accident. On se pose moins de question que pour le suicide. Il n’y a pas de pourquoi. C’est la fatalité. L’accident bête. La tragédie.Tandis que le suicide, vous aurez toujours quelqu’un, quand bien même votre victime serait largement reconnue comme dépressive, pour ne pas y croire.

Tandis qu’on se résigne humblement devant l’accident.

Si on veut faire passer son meurtre pour un accident le tout est de ne pas être vu sur les lieux et de proposer un scénario accidentel crédible. Les blessures qui seront relevées a posteriori doivent correspondre avec le scénario de l’accident. Vous pouvez tenter toujours de les imiter. Mais je n’y crois pas.

Le mieux étant donc que l’accident ait réellement lieu.

Soyons clair, l’accident qu’on met en scène doit être forcément mortel. On ne peut pas se contenter de pousser quelqu’un des escaliers en espérant qu’il n’en réchappe pas. Parce que si tel est le cas et que votre victime ne meurt pas sur le coup, que pouvez-vous faire ? Le taper sur le crâne à un endroit où celui-ci a déjà été touché pendant la chute ? Oui, mais les traces de sang que votre instrument ne manquera de projeter seront incompatibles avec le scénario de l’accident. Vous me direz qu’il est possible que les enquêteurs ne remarquent pas cela devant l’évidence de la chute et l’assurance que la victime était seule chez elle. Peut-être.

Mais peut-être pas.

Encore une fois, le principe du crime parfait est de limiter au maximum l’incertitude.

De surcroît, l’avantage de l’accident tient précisément dans la tentative de ne pas susciter les investigations policières poussées que le meurtre ou la suspicion de meurtre entraînent inévitablement. En conséquence, encore une fois, créez les conditions de l’accident, aidez un peu s’il faut un petit coup de pouce, mais une fois que l’accident survient n’intervenez plus. Rien. Nada. Ce n’est pas le moment de fouiller le corps de votre victime et autres actions a posteriori.

Il faut que la présence d’un tiers ne soit jamais soupçonnée.

Ou, si vous ne pouvez pas faire autrement ou que votre absence soit, a contrario, suspecte, il convient d’autant plus que les conditions de l’accident soient les plus vraies possibles. Vu que vous en êtes à l’origine, ne cherchez pas quelque chose de trop compliqué. Encore une fois, l’accident doit être bête et simple et vous ne devez jamais intervenir dans celui-ci.

Dans le cas où vous taisez votre présence, je disais que vous pouviez donner le coup de pouce. Dans le cas où votre présence ne sera jamais masquée, il faut adopter la précaution supplémentaire de ne pas donner de coup de pouce. Et de ne pas laisser de traces dans la création de l’accident. Pourquoi ? Je me répète, vous ne devez pas intervenir sur la scène d’accident une fois que celui-ci est survenu.

Appelez les secours et restez prostré, sous le choc.

Encore une fois, soyez sobre.

Quant au suicide, si vous en êtes partisan, je privilégierais la défenestration ou l’absorption de médicaments. Cependant, les deux cas présupposent que vous pouvez entrer en contact avec votre victime aisément. Que vous n’êtes pas en conflit trop ouvert. Sinon, la victime ne vous ouvrira sans doute pas la porte. Et si vous vous faites passer pour quelqu’un d’autre, il y a de fortes chances pour que la victime, lorsqu’elle ouvrira sa porte, fasse de la résistance. Bref, votre victime doit être confiante ou, tout du moins, pas trop en froid avec vous. L’autre point ennuyeux avec la défenestration, c’est que cela attire très rapidement l’attention. Il faut donc envisager une défenestration dans un endroit discret. La question étant alors d’être en capacité d’attirer sa victime à un tel endroit sans qu’elle ait de soupçons.

 

Du cadavre

 

L’autre moyen de faire passer un meurtre en autre chose, c’est la disparition.

Ce qui nous amène à un autre point essentiel, que faire du corps après le meurtre ? En cas de mise en scène d’accident ou de suicide la réponse est simple. On ne touche à rien. Mais sinon ?

Deux choix s’offrent à vous. Cacher ou non le cadavre.

Ma solution est simple.

Privilégier les scénarios où vous pourrez faire disparaitre le cadavre.

Je sais que cela pose des problèmes supplémentaires mais n’oubliez pas qu’un cadavre, c’est une somme d’indices considérables pour les enquêteurs. Grâce à celui-ci ils pourront par exemple dater l’heure de la mort.

Ainsi, sans cadavre, ils ne pourront plus qu’évaluer un temps pendant lequel la personne aurait pu disparaitre. Souvent plusieurs heures si vous agissez en pleine nuit. Cela vous laisse le temps de vous constituer un alibi si vous le souhaitez. Et personne ne vous reprochera de déclarer être dans votre lit après minuit. D’autant que vous ne serez pas le seul dans ce cas. Grâce au cadavre, ils pourront également déterminer comment la personne est morte et l’arme du crime, ils pourront tenter de déceler des traces ADN sur le corps, etc.

Sans compter qu’en cas de disparition et si le domicile du disparu n’est pas retrouvé badigeonné de sang et que certaines affaires importantes manquent (passeport, carte bleue, argent, valise et vêtements) la police pourrait conclure un peu rapidement à ce que la personne a tout simplement fichu le camp.

Comme elle en a le droit.

En tout état de cause, l’enquête sera considérablement retardée, les gens perdront la mémoire des détails qu’ils auraient pu peut-être observer, etc.

Pour faire disparaitre un corps il faut penser principalement à deux éléments. Le transport. Et la disparition en elle-même. Concernant le transport, il faudra vous munir d’une bâche solidement fixée et résistante qui tapissera de manière parfaitement étanche votre coffre de voiture et que vous brûlerez séparément plus tard. Bien entendu, il y a la possibilité de voler une voiture préalablement. Voiture dont vous vous séparerez également après, soit en tâchant de vous la faire voler vous-même, soit en la faisant brûler dans un endroit discret.

Si vous gardez votre propre voiture il conviendra que celle-ci soit d’un modèle commun et d’une couleur parfaitement banale. Un modèle français datant de quatre ou cinq ans dans un coloris gris est adapté.

Demeure la question des plaques. Mettre de fausses plaques n’est pas forcément une bonne idée si vous croisez par inadvertance un contrôle de police. C’est un moyen idiot de se faire prendre. Tandis qu’un contrôle nocturne n’ira a priori pas plus loin que votre permis, votre carte grise, votre papier d’assurance et la vérification de votre taux d’alcoolémie. Qui sera, autant le préciser, à zéro.

Après tout dépendra de l’endroit du meurtre. Si c’est au domicile de la victime, au centre d’un petit village, mieux vaut éviter de prendre sa propre voiture, que vous soyez connu ou pas. Pareil si c’est en pleine campagne. Sauf si vous avez repéré un endroit sûr où la garer à proximité sans être vu. L’idée étant d’être le plus proche possible du lieu du meurtre pour ne pas avoir à transporter le corps à découvert trop longtemps.

Si votre cible est un père de famille, l’idée peut être de l’éliminer à la sortie d’un loisir ou d’une habitude quelconque à laquelle il se rend seul.

Bref, pour être très clair, l’objectif doit être de trouver l’endroit le plus discret possible pour faire votre coup, l’endroit où vous avez le moins de chance d’être repéré par un quidam.

Rassurez-vous, à force d’observer votre future victime, vous trouverez un tel emplacement.

Le transport du corps n’est pas forcément une mince affaire. Si l’homme ou la femme est corpulent par exemple. Maintenant si vous n’êtes pas capable physiquement de le faire, oubliez cette idée de disparition du corps. A moins de vous mettre dans une situation où cette question du transport jusqu’à la voiture n’est pas un problème. Par exemple si vous l’éliminez dans sa voiture même et que vous la brûlez ensuite dans un endroit reculé après avoir retiré ses plaques d’immatriculation. Sinon, pour transporter le corps, prenez une autre bâche dans laquelle vous mettrez le corps. N’oubliez pas qu’un corps se rigidifie assez rapidement.

Commencez donc par le transport si vous pouvez sans crainte faire un aller-retour supplémentaire du lieu du crime jusqu’à votre moyen de transport.

Pour le nettoyage et autres mises en scène éventuelles, cela attendra bien. Sinon, emballer directement le cadavre dans la bâche de la manière la plus repliée possible pour vous aider quand il s’agira de le bouger.

Cette opération réalisée, il conviendra si vous souhaitez faire croire à une disparition de nettoyer les traces éventuelles d’un meurtre. Tout en sachant que vous ne parviendrez que difficilement à faire disparaître le sang. Il en restera toujours des traces. Il s’agit juste de nettoyer au maximum donc.

Voilà l’occasion de vous parler du meurtre en lui-même.

 

Du meurtre

 

Avec quel instrument le commettre ?

Là encore, tout dépendra de votre force physique, de votre habilité et de tant d’autres paramètres que je ne pourrais tous prendre en compte. Cependant, il y a quelques règles en la matière qui ont une portée générale.

Choisissez l’instrument avec lequel vous vous sentez le mieux. Il est bien entendu tentant de rêver d’une arme à feu -avec ou sans silencieux- comme les professionnels, mais avez-vous les moyens ou l’opportunité de vous en procurer une sans en avertir chaque petit délinquant et indics du coin ? Si tel est le cas, allez-y.

Songez, et cela vaut pour l’arme du crime comme pour toute chose, à espacer vos achats relatifs au meurtre et à les payer en liquide. De préférence dans des hypermarchés ou des magasins ayant beaucoup de trafics. Et de préférence éloignés de votre domicile pour éviter d’y croiser une connaissance pouvant se montrer curieux quant au contenu de votre caddie.

L’arme à feu n’est cependant pas très discrète. Des projections de sang sont presque inévitables. De même que le couteau ou que la batte de baseball.

Tout dépend bien sûr de l’endroit du crime. Mais je ne vous cache pas ma préférence pour le lieu d’habitation de la victime lorsque celle-ci y est seule et si vous le pouvez.

Si vous n’avez pas peur du corps à corps, l’étranglement avec une cordelette fine et coupante est une solution de choix.

N’oubliez d’ailleurs pas de porter des gants et, au mieux, une combinaison intégrale, des pieds à la tête. Sinon des vêtements dédiés à cela, que personne n’a jamais vu et dont vous vous débarrasserez ensuite. Ainsi qu’une cagoule à placer au moment d’entrer dans les lieux. Moins pour ne pas être reconnu, ce qui n’a guère d’intérêt puisque seule la victime pourrait vous voir normalement, que pour éviter de déposer du matériel ADN.

De même la méthode Dexter, injection d’un produit à l’aide d’une seringue pour endormir sa proie me semble très au point et à privilégier. Il suffit d’ajouter un peu de cyanure ou de préparer un mélange différent pour endormir cette fois indéfiniment. Encore faut-il, me direz-vous, avoir des connaissances en la matière et un accès au produit. Rassurez-vous. Les hôpitaux sont assez mal gardés pour que vous puissiez vous fournir. Et vous trouverez toujours un médecin capable de répondre à vos questions. Sans parler d’un petit voyage de recherche en Suisse chez nos amis de Dignitas qui sauront sans nul doute vous renseigner.

Enfin, en dernier lieu, vous pouvez vous contenter, si les produits sont plus faciles à trouver, d’endormir. On pense à l’étorphine. Puis de tuer sur, par exemple, le lieu même où vous vous débarrasserez du cadavre. Cette méthode est vraiment très pratique. On peut même disposer le  corps endormi à l’avant du véhicule, comme si votre proie dormait profondément. L’angoisse du trajet en voiture en est naturellement réduite.  Ensuite, en tuant ailleurs, on limite les traces ADN disponibles ainsi que les traces évidentes d’un meurtre. Le scénario de la disparition s’étoffe et le temps avant que le meurtre devienne l’option privilégiée peut être long. Tout à votre bénéfice donc.

 

Bon débarras

 

Mais parlons un peu de ce lieu et de la méthode retenue pour que le cadavre ne remonte jamais à la surface.

Si vous le pouvez, brûlez-le. Il n’y a rien de plus efficace qu’un bon gros feu dans une forêt. Dans l’affaire Flactif, on remarquera ainsi que la seule chose que les meurtriers ont réussi c’est cela. Il ne restait rien. Rien que des cendres. Et encore, la pluie s’était chargée de bien nettoyer la scène.

On oubliera l’acide et les produits corrosifs. Tout cela est très dangereux. Pas très efficace. Peu pratique.

Autre solution, l’enterrer. Il faut alors faire ça proprement. A une profondeur de plus d’un mètre. De la chaux vive. Recouvrir la tombe (on aura pris soin de la creuser avant) ou la camoufler, comme s’il ne s’était  rien passé. Il existe en France une foultitude d’endroits discrets où cela est encore possible. Cela peut nécessiter de faire un peu de chemin en voiture mais il y va de votre intérêt.

On n’enterre pas dans son jardin ou dans celui de la victime.

C’est une règle de base.

On oubliera également le cadavre ligoté avec de la corde, le tout rattaché à un poids, et jeté dans un lac ou un fleuve. Cela peut marcher. Comme cela peut rater lamentablement. Trop risqué en définitive. Ou alors il faut particulièrement bosser son coup. Par exemple envoyer par le fond le cadavre contenu dans une malle en acier. Mais cela se révélera très lourd à porter, quasiment impossible sans aide. Ou bien arracher les boyaux. Mais cela peut se révéler, là, un peu éprouvant psychologiquement.

Quoiqu’il en soit, nous voilà enfin débarrassé du cadavre ainsi que, ensuite et évidemment, des différents instruments qui nous aurons été nécessaire à la commission du crime.

Les enquêteurs n’ont pas de cadavres. Pas de traces dans l’appartement de la victime. Pas d’heure précise de la mort donc. S’il y a bien eu meurtre ! En cas de perquisitions chez vous il n’y a aucun indice. Il n’y a pas de témoignages. Aucun indice matériel. Pas d’ADN.

Rien.

Ça y est, vous venez de réaliser un meurtre parfait.

Bien entendu, annoncé comme cela, tout parait facile. Dans la réalité, tout est beaucoup plus compliqué.

Notamment sur un point.

Limiter le risque d’être vu.

 

De l’improvisation

 

Soyons clair, c’est là que tout plan de meurtre parfait faiblit. Il y a toujours un risque. On peut le limiter au maximum, mais il existe toujours. Irrémédiablement. Pour réaliser un crime parfait, il y a donc une part de chance. Ou, tout du moins, si vous avez bien bossé, une part de non-malchance.

Pour le reste, gardez en tête d’agir avec discrétion à tout moment. Soyez paranoïaque. Tâchez de voir le mal partout. Et n’hésitez pas à reporter votre plan si jamais vous avez un doute.Ne soyez jamais pressé d’en finir.

Jamais.

Enfin, il y aura peut-être une part d’improvisation. Préparez-les. Pensez aux moments où votre plan est susceptible de ne pas se dérouler comme prévu et réagissez selon des procédures que vous aurez déjà validées en amont.

Exemple, vous avez été contrôlé en pleine nuit, en voiture, à proximité de l’endroit où vous pensiez enterrer le corps et alors que celui-ci est dans votre coffre ? Pensez à l’avance à une raison objective que vous pourriez donner sur votre présence à ce moment là et cet endroit là aux policiers qui viendront vous poser des questions. Tâchez de vous couvrir à chaque moment. Autre exemple, votre meurtre se passe mal, vous devez utiliser un couteau, du sang jaillit sur vous. Vous ne pouvez plus conduire dans cet état là en risquant de tâcher de trop votre voiture ? Eh bien prévoyez des vêtements de rechange.

La victime vit dans un endroit accessible par un chemin de terre ? Pensez à acheter des pneus parfaitement communs. Et pensez à ce que ces achats puissent être justifiés rationnellement. Au besoin crevez d’un pneu avant un mois avant la date prévue du meurtre s’ils sont d’une marque exotique.

Bien.

Maintenant, c’est à vous de jouer.

Et bonne chance.

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