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Pas du même monde

Récit — Article écrit par le 20 juin 2011 à 23 h 00 min

L’autre fois j’étais de sortie sur Paris. Une fête, on était une bonne vingtaine, essentiellement des blancs, quelques arabes bcbg et beaucoup de filles plutôt jolies. On s’est retrouvé à un moment en train d’attendre, tous plus ou moins éméchés, devant un bar de Bastille à trois heure du mat au milieu de groupes de noirs de banlieue. Ça puait l’embrouille, ambiance de bolossage à venir, regards hostiles des noirs autour de nous. On en était tous conscient mais personne n’a rien dit, très vite on s’est donné le mot d’ordre à bas mot de se regrouper, les mecs à l’extérieur, les filles à l’intérieur sans regarder les autres, en faisant comme s’ils n’existaient pas. Il ne s’est rien passé, on a attendu comme ça quelques minutes et on est rentré dans le bar.
A la fin de la soirée dans les escaliers du métro, un groupe de trois noirs qui embrouille un blanc : « Quoi ? Tu m’as insulté ? Je vais te niquer ta race sale fils de pute » tout en le poussant. On s’est retournés pour aller vers eux, le blanc s’est retourné et a marché dans notre direction et nous avons continué à marcher dans le métro avec ce blanc sans rien dire en faisant semblant de ne pas remarquer la présence de ces noirs derrière nous qui étaient en train d’insulter le blanc. Au bout d’un moment ils se sont arrêtés. Sur le quai du métro ils étaient calmes, nous d’un côté, eux de l’autre.

On sait tous comment ça se passe. J’étais peut-être le seul à oser penser que l’attitude de tous les noirs qu’on a croisé pendant cette soirée, même ceux qui étaient avec des blanches dans le bar, agissaient comme s’ils menaient une guerre raciale. Les blancs se comportaient comme s’ils en étaient profondément conscients mais faisaient juste semblant de ne rien voir tout en essayant d’éviter le plus possible la bagarre.
Et pourquoi la chercherait-ils la bagarre ? Pour défendre le territoire? Ils ont tous vécus au moins un an dans un autre pays et partiront tous étudier ou travailler dans un autre pays dans un futur proche. Pour montrer qu’ils sont des hommes ? Ces noirs-là les envient car eux fréquentent des jolies nanas tout les jours, parce qu’ils ont fait les bonnes études, parce qu’ils savent se tenir et qu’ils ont un « cercle d’amis » parisien. Alors pourquoi est-ce qu’ils s’amuseraient à jouer les mâles alpha ? Ils sont déjà entourés des jolies parisiennes bourgeoises qui même ultra-gauchistes, ultra-pro-cpf ne sortiront quasiment qu’avec des gens de leur classe sociale. Même le noir/arabe alpha ghetto-ubermensch n’arrivera jamais qu’à devenir autre chose qu’un jouet temporaire pour bourgeoise qui veut faire semblant de sortir de sa classe sociale s’il ne possède pas le bagage culturel, les études nécessaires pour acquérir le statut social qui permet de sortir avec de la bourgeoise.

Il ne peut pas y avoir de guerre entre les deux parce qu’ils ne font pas partie du même monde. La racaille est enfermée dans sa ville, le bobo vit déjà entre plusieurs pays. La France est déjà morte parce la classe sociale qui fait les révolutions et créent les courants de pensée vit dans un monde où elle n’a plus besoin de territoire. Vu de cette manière la gauchisme et la fafitude réactionnaire ne sont qu’une manière pour cette classe sociale d’envisager le rapport qu’elle entretient avec les banlieusards basanés dont la présence n’est en rien une menace mais juste un coût inutile du à un excédent de population par rapport aux nombre d’actifs nécessaire pour faire tourner le pays.

La combinaison de l’abrutissement général produit par la société de consommation associé au fait que grâce à internet l’accès à la culture devient presque complètement gratuit et universel fait qu’aujourd’hui apparaît une fracture de plus en plus grande entre les cons et ceux qui « savent » et que cette division s’opère plus sur la base des prédispositions naturelles de chacun que sur l’argent.
Donc le problème majeur de notre époque est que des pauvres intelligents et cultivés ne peuvent pas accéder à la classe supérieur car la surpopulation s’ajoutant à une crise économique durable il n’y a pas assez de place. Ils se retrouvent donc à être traités quasiment comme des cpf par la société, à rêver comme les cpf de pouvoir baiser les nanas que les bobos se tapent.
C’est pas comme si c’était la première fois que ça arrivait dans l’histoire, hein, mais à côté savoir si la France va disparaitre ou pas, c’est une question d’esthétique.

Brz


Vladimiro Montesinos

Récit — Article écrit par le 1 juin 2011 à 12 h 05 min

Toute une mythologie du cinéma et de la littérature met en scène un super-méchant, un type à la jointure de tous les trafics, de tous les centres de pouvoir, mi-bandit mi-bureaucrate, voilà le portrait d’un docteur No. en puissance. Qui a-t-on comme super méchant dans l’histoire, comme type qui pourrait occuper la place de Numéro 1 dans l’organigramme du spectre? On pourrait penser à quelques chefs de guerre nazis, Goering pillait les collections d’art européennes pour son profit? On n’est pas convaincu. Ben Laden? Pourquoi pas, on imagine un réseau tentaculaire, avec des leviers de pouvoir ici et là, des relais dans l’armée. On peut aussi penser à des colonels ou à des généraux de l’armée turque, membres du réseau Ergenekon, au centre de mouvements extrémistes, avec un pouvoir militaire et des relais parmi le crime organisé. Voilà on commence à toucher de près le portrait du super-méchant. Il faut également que la soif de profit l’emporte sur les intérêts généraux et idéalistes qu’aurait pu avoir notre homme. Ainsi, le colonel ou le général turc agit-il, le croit-il, dans l’intérêt de la Turquie…refaire la grande Turquie sur un modèle ultra-nationaliste. Le colonel North n’entre pas dans cette catégorie, ces deals plus ou improbables iran-contra, il ne les a faits que dans l’intérêt des Etats-Unis, désormais, le brave colonel à la retraite, qui n’a jamais effectué sa peine, présente maintenant une émission d’histoire sur le réseau FOX. J’aurai pu prendre comme super-méchant, Manuel Noriega. Mais il est connu de tous; pas de doute que si un film lui était consacré, il remplacerait Tony Montana dans l’imaginaire de nos petites pépites. Si vous souhaitez en savoir plus Noriega, je ne peux que vous conseiller Les Aigles Noirs de Larry Collins, qui décrit par le menu l’itinéraire du Panaméen le plus célèbre. J’évite de parler des Khadafi et des Amin Dada, dont la bouffonnerie intrinsèque leur interdit le statut de super-méchant.

On commence à affiner le portrait de notre vrai méchant. Aujourd’hui, on pourrait imaginer un général de brigade mexicain oeuvrant dans les États du Nord de mèche avec les cartels tout en profitant du matériel de pointe dévolu aux militaires. Avec de longues recherches, j’imagine que je pourrai trouver un nom et broder dessus.

J’ai donc décidé de vous parler de Vladimiro Montesinos.

Ses parents l’ont nommé Vladimiro Ilyich – Ilyich comme Carlos – et il nait en 1945 de parents d’origines grecques et communistes. Ensuite parcours classique pour cette époque et ces territoires. Il fait son entrée dans l’armée, intègre la célèbre École des Amériques au Panama, puis l’académie militaire de Chorillos, Lima – Pérou. Notre homme est donc péruvien. RAS au début des années 1970, sinon qu’il monte en grade et rencontre les gens d’influence. En 1976, il est accusé d’espionnage au profit d’une puissance étrangère, à savoir les États-Unis, auxquels il a livré des documents ultra-secrets comme la liste des armes achetées par son pays, alors dirigé par une junte militaire disons d’inspiration marxiste pour aller vite, à l’URSS. Les preuves de sa trahison sont apportées sans trop de difficulté, et il est renvoyé de l’armée et fait un an de prison. Peine légère en comparaison des crimes commis. Après cela, il s’inscrit à la faculté de droit de Lima et obtient son diplôme d’avocat trois mois après son inscription…Il se met au barreau de Lima, en devient un membre influent. Il devient vraiment célèbre en défendant pléthore de barons de la drogue colombiens et péruviens. Accessoirement, il leur sert de prête-noms pour que ceux-ci puissent continuer leurs affaires tranquillement en louant des entrepôts…

Donc notre bon Vladimiro aurait pu continuer ses activités en toute quiétude, mais non, il a un compte à régler avec l’armée, alors il balance encore des informations sensibles à un journal. il est poursuivi, il fuit en Équateur à qui il livre encore des informations secrètes sur l’armement péruvien. Afin d’éviter tout scandale, l’Armée abandonne les poursuites et il peut retourner vivre à Lima.

Lors de la campagne de 1990, Fujimori alors, obscur candidat est poursuivi pour fraudes lors de différents deals immobiliers. C’est Montesinos qui le défend. Les preuves apportées contre le candidat d’ascendance japonaise disparaissent mystérieusement du bureau du greffe. Les poursuites tombent d’elles-mêmes. Fujimori est élu, Montesinos, devient son plus proche collaborateur, conseiller, ainsi que le chef des services secrets péruvien, le SIN (Servicio de Inteligencia nacional – bel acronyme pour un service secret…). On peut dire qu’il est à Fujimori ce que Kissinger a été à Nixon. On l’a aussi surnommé le »Raspoutine Péruvien », ce qui montre son pouvoir sur l’ensemble du pays. Il nomme à la tête de l’armée ses anciens compagnons de classes et institue un véritable réseau de corruption à tous les échelons du pays: médias, partis politiques…tout en multipliant les écoutes illégales de toute personne d’influence.

Parmi ses faits d’armes, on peut distinguer la création d’un escadron de la mort qui traquait et tuait quiconque apportait aide ou sympathie au Sentier Lumineux. On raconte aussi qu’il participait lui-même aux séances de torture. Pour cacher tout cela, il faut bien exercer un contrôle total des médias, ce qu’il fait bien entendu. L’armée , des entreprises prête-noms…rachètent tout ce qui est possible en sous-main si bien qu’il ne reste qu’un network indépendant et qui ne touche que 5% de la population.

Question trafic de drogue, sa postion était assez ambigue puisque sans tremper dedans directement, il laissait les trafiquants faire leur métier sans trop les emmerder, un peu comme Jed Hoover laissa le crime organisé prospérer pour ne réprimer que la menace communiste. Bien sûr, Montesinos touchait quelques pots-de-vins pour ses non-interventions. De plus, son organisation était payée 1 million de dollars par an par le DEA pour accroître la lutte contre le narco-traffic.

Cela aurait pu continuer longtemps. Mais il ya évidemment le faux-pas qu’aucune administration ne peut tolérer, surtout américaine. Donc notre brave Montesinos officialise un deal d’armes entre la Jordanie et le Pérou. La Jordanie doit livrer 10 000 AK-47 au Pérou. Montesinos est en charge de l’opération. En fait, il réalise une opération en sous-main pour le compte des…FARC. pas bon d’armer les ennemis des États-Unis.

Montesinos avait l’habitude de se filmer lorsqu’il remettait des pots-de-vins à des élus, journalistes, pour soutenir Fujimori. Peu après l’affaire des AK, une vidéo montrant Montesinos donnant une valise pleine d’argent à un élu du congrès pour qu’il fasse défection et rejoigne Fujimori. Après cela, c’est la boite de Pandore, tout sort. Fujimori a beau virer son affidé, dissoudre le SIN, rien n’y fera…Il a  beau fuir au Venezuela, il est extradé manu militari vers Lima. On parle aussi de l’achat de trois MIG-29 russes pour une somme de 300 millions de dollars alors que ce serait plutôt autour de 100 millons, on cherche encore les 200 millions.

Il est inculpé de 63 chefs d’accusation, trafic de drogues, assassinats, corruption…Il a déjà pris 20 ans pour l’histoire des Kalachs, et enchaine les procés, encore aujourd’hui et est emprisonné dans une prison de haute sécurité qu’il a lui-même faite construire.

Enfin, je voudrais parler d’un personnage assez atypique qui a participé à la chute de Montesinons. Il s’agit de Baruch Iver, un Israélien qui s’installe à Lima dans au début des années 70. Il reprend une usine de matelas et devient vite le premier marchand de lits du pays. Il rachète d’autres entreprises. Il acquiert la nationalité péruvienne ce qui lui permet de racheter une télévision. Il est le premier à rendre compte et à montrer les exactions du SIN de Montesinos à la télévision. Ce dernier essaye de le corrompre et lui propose 19 millions de dollars pour adoucir son programme (alors que certains directeurs de TV étaient payés jusqu’à 2 millions de dollars mensuels pour ne rien dire de l’opposition et des crimes du SIN). La nationalité péruvienne est retirée à Iver. Il doit s’exiler et perd sa télévision. Finalement, il récupère tout au début de la chute de Montesinos.

Le 5 juin prochain, il y a le second tour de l’élection présidentielle qui opposera Ollanta Humala à Keiko Fujimori, fille de l’ex-président et ancienne First Lady péruvienne, lorsque son père a répudié sa mère…

Avec Vladimiro Montesinos, nous avons une bonne synthèse d’un super-méchant tel que fantasmé dans la fiction: militaire, traître, avocat véreux de trafiquants de drogues, marchands d’armes, chefs des services secrets, chef d’un escadron de la mort, blanchiment d’argent, corruption de journalistes et de politiques….


« J’en veux »: communiqué d’Hystérix

Peluche — Article écrit par le 17 mai 2011 à 17 h 15 min

Edit : l’attaché de presse d’Hystérix avait jugé ce texte trop prématuré et léger pour qu’il soit publié, mais devant les propos des amis décomplexés de DSK, sa valeur n’en est que sublimée…

Lundi matin.

Je ne veux pas savoir ce qui c’est réellement passé avant-hier, samedi, dans la suite nuptiale 2806 du magnifique hotel Sofitel de New-York, New-York, USA.

Je ne voudrai toujours rien savoir tant que mon ami DSK n’aura rien dit, mais d’ici là, je vais quand même dire ce qu’il faut en penser; les amis, ça sert à ça.

D’abord, les femmes de ménage n’arrivent jamais seules, et ne rentrent jamais sans frapper, il n’y a que les call-girls qui font ça, nous le savons tous dans le milieu. Alors faut pas s’étonner. Et oui, moi je vis dans le réel on va pas me la faire, mais le bouseux moyen il sait pas ça, il faut tout lui expliquer. En tout cas, si ce genre de quiproquo ce reproduit, je ne retournerai pas au Sofitel, et toc.

Je ne ferai pas non plus de basse astrologie en observant que le numéro de la chambre ne correspond à rien et qu’il faudrait donc en déduire qu’il ne c’est rien passé, et patin et couffin. (mais bordel, qu’est-ce que je raconte ? )

Ce que je sais c’est que rien n’autorise qu’on jette Domi aux chiens, il a les moyens de payer, qu’elle soit une prostituée ou pas, consentante ou pas, il va pas nous emmerder le petit personnel, même qu’elle est laide parait-il et qu’elle a une enfant à charge, alors elle prend la l’argent et elle se tait poliment, non mais on rêve ou quoi, c’est QUOI CE MONDE DE FOUS ?

Ce que je sais c’est que mon ami Domi, même mal rasé, il en reste très digne, mais que ce n’est pas une raison pour passer les images en boucle, même si il fait tout de même très bad boy sexy avec ses menottes.

Ce que je sais aussi ( j’en sais des trucs alors que rien n’a filtré, hein !) c’est que la femme à Domi est merveilleuse, jolie, bien née, excellllllente journaliste, et que tout ça la salit et que c’est dégueulasse de salir les femmes de mes amis, surtout si c’est pour faire plaisir aux gueux qui ont des femmes moches et pauvres et pas courageuses et même pas journalistes.

Ce que je sais encore et surtout c’est que mon ami Domi est un vrai ami, et depuis 25 ans que c’est un vrai ami pour la vie, et qu’avoir un bon bon copain il n’y a rien de plus beau au monde. Donc Domi il est clean, il est fidèle, il est humble, il trompe pas sa femme sans son autorisation, c’est un grand séducteur dans la lignée des Don Juan Casanova, que les femmes le lui rendent bien, sinon, c’est des coincées qui ne savent pas reconnaitre les vrais Don Juan. Ça je le sais.

J’en veux au juge américain. D’être juge. D’être américain. En France ça se passerait pas comme ça. On est civilisé en France. Mes amis n’ont jamais de problèmes avec la sainte justice français ou avec la sainte presse française. A laquelle j’appartiens. C’est dire. Car non, DSK n’est pas un justiciable comme les autres. Il appartient à la catégories des non-justiciables. C’est subtile, j’en ai conscience, mais faites un effort je vous en prie, vous n’êtes pas américains quand même ? C’est absurde de devoir répéter des évidences comme celles-ci.

J’en veux à ce système, où une bête femme de chambre, de couleur en plus, et même pas sans-papiers, peut trainer dans la boue un homme comme mon ami Domi, alors qu’elle n’a aucune relation, ni diplôme, ni carte VIP. C’est sidérant.

J’en veux à cette presse de caniveau qui ose relater les faits, j’espère qu’elle a honte d’elle-même et qu’elle s’excusera devant la sainte presse française qui sait se tenir, elle, et qui, même lorsque tout le monde est au courant de trucs même pas vrais, n’a jamais écrit une ligne sur mon ami Domi autrement que pour le vendre comme le futur président du groupe France. Ça c’est de la presse ! La preuve, j’en fait parti.

J’en veux en France aux opportuns qui se jettent là dessus comme des chiens, ils n’écoutent pas ce que je dis, c’est moi qui dit qui sur qui il faut se jeter. Je suis déçu. Je leur en veux, beaucoup. Et ils n’essayent même pas de rentrer dans l’Histoire avec des textes de Zola de bistrot étudiant.

J’en veux aux sous-fifres à ceux qui osent écrire que le système politique français doit rebattre ses cartes. C’est absurde. C’est indécent. Même coupable, je ne vois pas pourquoi Domi ne deviendrait pas Maitre du Monde France comme c’est écrit dans mes éditos. C’est n’importe quoi. Il faut changer la presse. Mais pas comme les américains. Enfin vous voyez.

J’en veux à Bernard Debré d’oser écrire des éditos nuls sans me demander mon autorisation. C’est mon idée les éditos nuls.

J’en veux à cette autre fille de petite vertu qui ressort un vieux dossier. On n’a pas le droit de ressortir des dossiers, ce n’est pas comme ça que l’on fait en France. On me demande d’abord.

Et puis je suis tout chamboulé que cette affaire suscite des commentaires d’ordre politique. C’est absurde. Ça n’a rien à voir.

La gauche na rien à gagner à perdre Domi, mais tout à perdre si elle ne gagne pas..(heu ..?)

La Fraônce qui lui doit tout à mon ami Domi ! Son sourire, son charme, sa prestance, ses sacrifices, son avenir, même (oui, je sais cette syntaxe est absurde, mais j’aime quand c’est lourd et incohérent, je trouve que ça en jette). Salope ! Mal baisée !

Et puis surtout l’Univers Intergalactique, menacé de faillite, et qui ne doit sa survie qu’à mon ami Domi et ses idées géniales de crédit revolving à l’échelle sidérale, il fallait y penser quand même ! Tant pis pour vous si vous ratez le coche.

C’est simple, d’un côté vous aviez les méchants, de l’autre, Domi. D’un côté, les riches arrogants et de l’autre, Domi, l’ami des pauvres, qui confond, peut-être je dis bien peut-être, une femme de chambre avec une prostituée à 3000€. Moi j’y voit un signe de son amour des pauvres. Oui, c’est comme ça que je le vois. C’est logique. Il vous faut quoi comme autre signe ? Êtes-vous donc aveuglés par des récits de tabloïds ?

Alors moi je vous le dis, si il y a une crise mondiale et que les pauvre deviennent plus pauvres, il ne faudra pas venir pleurer, ce sera terrible. Il ne fallait pas embêter Domi avec des histoires ridicules et inintéressantes.

PS : Je n’aime pas la presse américaine mais si le Jury du Pulitzer s’honore à me récompenser pour ce papier je passe l’éponge pour cette fois.

J’en veux à mon ami BHL de ne pas s’être mis d’accord avec moi sur les papiers à faire. On demandera à Domi celui qu’il préfère. Na !

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Vieille nouvelle

Récit — Article écrit par le 28 avril 2011 à 13 h 10 min

Mettant de l’ordre dans mon disque dur, je suis tombé sur une nouvelle policière que j’avais écrite à l’occasion d’un concours sur ce thème. Cela fait bien six-sept ans. Je vous la livre telle quelle. J’ai simplement changé le nom du nom héros pour qu’il colle à mon pseudo. Cette nouvelle s’appelle Venger son ennemi.

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J’avais passé une nuit agitée, une bonne dizaine de vodka dans le sang, une strip-teaseuse qui m’avait coûté les yeux de la tête pour deux lap dance de merde et en plus j’avais été viré du club de la rue de Ponthieu par le videur pour avoir touché la poitrine (refaite) de la jeune pute de l’est. En plus d’avoir été vidé par un type taillé comme goldorak, j’avais récolté une droite pleine face. Mon pif avait triplé de volume et mon œil droit était salement poché. Bref tout cela pour dire que je nourrissais des sentiments de haine farouche envers celui qui tentait de me joindre sur mon portable depuis 10 minutes. Mon Nokia, enfoui je ne sais où, faisait retentir une mélodie stridente qui déglinguait encore plus mon système nerveux. Le numéro était inconnu et cela ajoutait à mon irritation. Finalement je décrochai avec l’intention d’insulter le connard qui me traquait.
- Allo, baragouinai-je d’un ton qui aurait fait raccrocher n’importe quel type normalement constitué.
- Oui, bonjour, Cherea, c’est Philippe Chavoul à l’appareil, le père de Jérôme.
- Oui ??? dis-je très intrigué, qu’est-ce que vous me voulez ?
- Vous voir pour discuter.
- Discuter de quoi ?
- Discuter, venez, vous n’avez rien à perdre et je vous paye le petit-déjeuner. Je vous attends en bas de chez vous dans une demie-heure.
45 minutes plus tard, je rentrais dans sa mercedes 500 SL et il nous amena au Georges V pour le petit-déjeuner. C’était la première bonne surprise de la journée.
- Alors qu’est ce que vous me voulez ?
- Voila Jérôme est mort, il y a une semaine, il a été assassiné.
C’était la deuxième bonne nouvelle de la journée. Jérôme et moi, ça remontait à plus de 15 ans. On avait été très potes et on s’était associé pour une affaire. Quand il avait été question d’argent et des 8000 euros qu’il me devait pour mon boulot, il avait argué qu’il n’y avait rien de signer, ce qui était vrai, et que c’était parole contre parole si je comptais aller en justice. On avait un accord verbal, je n’avais pas jugé utile de formaliser la chose par écrit, mal m’en avait pris. Suite à cette histoire, il n’avait plus donné signe de vie. J’avais hésité à le passer à tabac, mais bon, j’avais décidé d’adopter une ligne de conduite de gentleman, mépriser les gens méprisables et donc depuis plus d’un an je n’avais aucune nouvelle et je m’en portais plutôt bien.
- Mes condoléances, même si je n’en pensais pas un traître mot. Et on a des pistes pour savoir ceux qui ont fait le coup.
- Non, dit-il et là, des larmes coulèrent sur ses joues de type fracassé par le chagrin.
- J’avais rencontré plusieurs fois ce monsieur, du temps où Jérôme et moi étions potes, c’était un type sympathique. Et ce qui me paraissait bizarre fut qu’un type sympathique comme lui ait engendré une ordure comme Jérôme.
- Et qu’est-ce que j’ai affaire là-dedans, si vous me croyez responsable, je peux facilement apporter la preuve du contraire.
Mon côté paranoïaque reprenait le dessus.
- Non, rassurez-vous, je sais que vous n’y êtes pour rien et je sais également que vous ne vous fréquentiez plus depuis un an.
- Exact, et de plus ce que je vais vous dire ne vous fera pas plaisir mais pour moi Jérôme est mort depuis un an alors l’annonce de son décès ne me fait ni chaud ni froid. Je sais bien que quand une personne meurt, on est censé en dire du bien mais là ce n’est pas possible. Votre fils était une sale ordure, raciste, un parasite, inculte sans aucune valeur morale sans aucune espèce de notion de gratitude. Bref, c’était une sale raclure égoïste qui ne pensait qu’à sa gueule, au fric et aux femmes. Enfin, bon, si vous aviez toujours des illusions sur votre gamin, désolé de vous les enlever mais c’est la vérité.
- Je suis au courant de ce que vous dites et même si ça ne me fait pas plaisir, je sais que c’est la vérité. Néanmoins c’était mon fils.
- Certes mais qu’attendez-vous de moi ?
- Voilà , je vous paye pour que vous retrouviez la trace de ceux qui ont fait cela.
- Vous savez, si vous payez des impôts, c’est pour que la police fasse son boulot et pourquoi moi ?
- La police s’en branle, et ne mettra pas la main sur les coupables avant plusieurs mois et puis ils feront 12 ans de prison avec un gouvernement de gauche et 15 avec un gouvernement de droite.
- Écoutez, je ne suis pas votre homme et qu’est ce que je peux faire de plus que de les retrouver, les tuer ? dis-je en riant.
Là, il abaissa ses lunettes fumées de maquereau sur le retour, sortit une enveloppe en papier kraft de la poche intérieure de sa veste et me la tendit.
- Je sais que Jérôme vous deviez 8000 euros, vous pouvez les compter ils sont là. Je solde ses dettes. Maintenant vous avez 50 000 euros pour consacrer un mois à rechercher les fils de pute qui ont fait cela, 50 000 de plus si vous les trouvez et 100 000 euros en plus si vous leur faites la peau.
D’un coup, tout se chamboula dans mon crâne encore embué des vapeurs d’Absolut. 58 000 euros d’un coup, et peut-être 150 000 de plus. J’avais des dettes de jeu qui couraient avec des marlous à qui il ne fallait pas la faire à l’envers, une ardoise chez mon dealer, diverses factures et une banquière pas très compréhensive quant à ma situation actuelle.
- Très bien, j’accepte et pourquoi moi ?
- C’est très simple, Jérôme n’avait pas d’amis et c’est avec vous qu’il a le plus d’expériences communes, je me disais que vous étiez le mieux placé pour rechercher les salauds qui ont fait le coup.
Je lui tendis la main, il la prit. Le marché était conclu.
- Attention et pas d’entourloupe.
- Aucun problème.
Il régla l’addition. On alla à sa voiture et il me tendit un attaché-case Vuitton avec 50 000 euros et un dossier concernant la mort de son enculé de fils.
Je rentrais chez moi apaisé, assez ravi de la situation. L’enculé de Jérôme, une vraie barre de fer de son vivant, allait enfin me rendre ce qui m’appartenait et bien plus encore.

Je feuilletai le dossier, un vrai roman d’Ellroy ces pages. On l’avait retrouvé en bordure d’une route départementale, mutilé et la queue coupée dans la bouche. De plus il y a plusieurs impacts de balles dans son corps. Une bastos dans le cul et une dans le bide. Il avait dû sacrément souffrir l’enfoiré. Les analyses toxicologiques montraient qu’il avait un taux d’alcool de 3g/l de sang et des traces conséquentes de cocaïne.
J’en déduisis qu’il s’était fait alpaguer en sortant d’un bouge ou dans une boite et que le monde de la nuit allait être ma piste à suivre pendant ce mois.
Jérôme était un fêtard compulsif. Une fois, il m’avait dit qu’il était sorti 32 soirs de suite à Paris. C’était une vraie performance, car trouver des endroits intéressants un lundi soir n’est pas chose aisée.
Je commençais par les endroits que nous avions l’habitude de fréquenter. Ainsi le premier week-end de mon activité, je fis tous les bars de Saint-germain et interrogeait l’air de rien les serveurs de ma connaissance. Rien d’intéressant n’en sortit. On n’avait pas vu Jérôme depuis deux semaines. Néanmoins Gaétan, le gérant d’un bar salsa situé rue Monsieur le Prince et appelé L’escale me confirma l’avoir croisé le soir où il avait disparu et il s’étonna même que nous n’étions pas ensemble. Effectivement, avant notre embrouille on allait souvent boire des mojitos là-bas. Gaétan m’apprit également qu’il était en compagnie d’une jeune fille brune d’une vingtaine d’années typée méditerranéenne. J’en conclus qu’il avait dû rencontrer la poule au bar du marché, rue de Buci, et qu’il l’avait emmenée ici. Le gérant du bar me confirma aussi qu’elle n’était pas française car il les avait entendu parler Anglais. J’optai donc pour une italienne ou une espagnole, Jérôme détestait ouvertement les Arabes et n’aurait pu concevoir de coucher avec une beurette aussi belle qu’elle fut et bien qu’il aima la chatte, c’était dire son aversion envers les musulmans qu’il appelait en privé les mahométans mais rarement en ma présence car il savait que je combattais toute réflexion raciste. Non pas que j’étais politiquement correct, mais je ne comprenais rien au racisme et ça me paraissait stupide, c’est tout, c’était dans mon éducation, refuser la bêtise la combattre et pour moi le racisme était une ânerie au même titre que le protectionnisme économique ou l’altermondialisme.
Donc j’avais une piste, mince mais j’allais la remonter. Afin d’imaginer le parcours de Jérôme, il fallait me mettre à sa place. Facile, la seule chose qui l’intéressait était le cul de la jeune fille et pour niquer il fallait qu’il la fasse boire et qu’il lui en mette plein la vue. La conclusion me semblait évidente, il avait emmené la poule au CAB, une boite située rue de Rivoli, vaguement people, mais franchement beauf. Enfin bon, il était connu là-bas alors il avait ses entrées, et c’était sûr qu’il voulait jouer de cela pour conquérir la belle brune.
Gaétan m’offrit un mojito et j’embarquai une jolie argentine et son amie vers le Cab. Je serrai la pince du physionomiste qui me demandait si j’avais vu Jérôme ces derniers temps, je lui répondis que non. Il me confirma alors ce que je pensais, Jérôme était venu ici il y a une semaine, et il devait sûrement faire profil bas car il s’était embrouillé avec des gitans qui étaient tout le temps là. Je notai l’information.
En bas, je commandai un magnum de champagne réglé rubis sur l’ongle grâce à l’avance du père de Jérôme. Lâchant, un gros pourboire au serveur, je lui demandai de m’installer à une belle table. Il m’assit à côté de trois types à la mine patibulaire. Ils étaient complètement défoncés à la coke. Je leur offris une coupe de champagne chacun et ils me remercièrent.
- Merci, gadjo, c’est sympa, il y a tellement de connards qui essaient de taper des verres.
- Oui, dis-je, mais ce n’est pas mon genre.
- La semaine dernière, il y un enculé qui nous a piqué notre bouteille sans nous demander, mais ce con ne savait pas sur qui il est tombé.
- Ah ouais, criai-je pour couvrir le bruit de la musique, sans pour autant paraître m’intéresser à ce qu’il venait de dire.
- D’ailleurs on l’a bien dérouillé cet enculé.
Son pote lui donna un coup de coude lui intimant de se taire. D’ailleurs après ce rappel à l’ordre, il changea de sujet, se rendant compte que l’alcool lui avait délié la langue et qu’il en avait dit plus qu’il n’aurait voulu.
Maintenant, j’en étais persuadé, je tenais mes lascars.
Au moment de partir, je les saluai et leur dis à bientôt. Ils me répondirent qu’ils étaient à cette table tous les jeudis, vendredis et samedis soirs.
Après avoir plus qu’entamé le magnum de champagne, je ramenais les deux argentines chez moi qui partagèrent bien plus que mon lit. Au réveil, l’une avait préparé le café et me l’apporta et se glissa à nouveau sous la couette. Nous sortîmes du lit à 17 heures, elles m’embrassèrent me firent promettre de venir les voir à Buenos Aires, je leur promis mais leur dis qu’avant cela j’avais une affaire urgente à régler.

J’appelai Philippe Chevoul et l’invitai au restaurant. Je lui racontai que j’avais retrouvé les probables assassins de son fils et il me demanda quel était leur mobile et comment cela s’était passé. Je répondis assez froidement pour un mec qui venait de m’allonger encore 50 000 euros. Je lui racontai l’histoire par le menu détail puis une fois qu’il avait bien ingurgité la chose, je résumai « Votre fils est mort comme il a vécu, il a volé de l’alcool aux types à qu’il ne fallait pas chercher d’embrouilles, à des types qui tuent gratuit et qui volent des poules depuis la nuit des temps, voila c’est tout. Je pensais bien qu’il finirait dans un caniveau mais pas pour une malheureuse bouteille de vodka, mais pour une arnaque avec des enjeux financiers plus importants ». Une fois que j’eus fini ce court monologue, il me fixa d’un regard haineux mais il savait bien que je lui avais dit la vérité.
- Très bien, répliqua-t-il, encore 100 000 euros pour la peau des trois gitans, vous êtes partant .
- Oui, mais c’est 50 000 d’avance et vous venez avec moi quand je ferai le coup. Il faut que nous soyons tous les deux mouillés, je ne peux me permettre de vous faire confiance sur une chose de cette importance »
- Très bien, ça aura lieu quand, et vous allez procéder comment ?
- Ça, c’est mon affaire, et je vous appellerai quand ce sera ok .

J’avais mon plan en tête, super simple et au-dessus de tout soupçon.
J’allais au Cab seul et commandai une bouteille de champagne, on m’installa à la même table que précédemment, les gitans étaient à mes côtés et me reconnurent puis m’offrir un verre d’Absolut que je ne refusai point. J’allai sur la piste de danse, j’essayai d’attirer l’attention de quelques bimbos et réussis à ramener à ma table une blonde décolorée sans intérêt. Sur le coup de cinq heures, la boite se vida et mes amis gitans furent sur le point de mettre les bouts. Ils m’interpellèrent :
- Gadjo, à bientôt,
- Oui, on se voit la semaine prochaine.
Et alors qu’ils se levèrent, je pris le bras de l’un d’eux.
- Et les mecs, vous n’allez pas me laisser seul avec le reste de la bouteille.
Je servis à chacun une coupe, qui contenait du GHB a.k.a « drogue du viol ». Les effets sont assez immédiats et font pénétrer celui qui l’ingurgite dans un état d’inconscience avancé et la beauté de la chose est qu’il ne souvient plus de rien.
Chacun la but en tendant la coupe à mon endroit et me remercia chaleureusement. Je me levai et les suivis au vestiaire. Le voiturier leur amena leur Porsche 944, je continuai mon chemin leur faisant un signe de la main et Philippe vint me chercher avec une vieille Saab 900. Je pris le volant et nous les suivions de loin, puis une fois en dehors de Paris, alors qu’ils conduisaient à plus de 120 km/h, je me positionnai sur leur droite, toux feux éteints et donnai un coup de volant les percutant de côté, ce qui les envoya contre un arbre.

Nous rentrâmes gentiment sur Paris comme si rien ne s’était passé et Philipe m’invita à boire un verre chez lui, il me remercia et me remit encore 50 000 euros.

Je passai une bonne nuit pleine de bons rêves et sans remords. Dans ma douche, j’entendis à la radio, « Trois jeunes gens sont morts dans un accident de voiture en sortant d’un célèbre établissement de nuit de la capitale, l’alcool et la vitesse excessive sont la raison de ce drame selon un gendarme ».
Enfin, je m’habillai, préparai ma valise et filai à l’aéroport direction Buenos Aires.
Dans mon siège première classe, je réfléchis à la suite à donner à ma vie et hésitai entre tueurs à gages et détective privé.
Je lançai la pièce en l’air, ce fut face.

***************************************************************

Je n’ai bien sûr pas remporté ce concours.


Eric Foncini

Récit — Article écrit par le 19 avril 2011 à 12 h 33 min

Vous lisez les journaux, vous recevez la télévision, et vous savez donc que je m’appelle  Eric Foncini.

Vous n’ignorez pas non plus que je suis entré en enfer le 26 février 2009, quand avec ma Renault Twingo, j’ai raté un feu de circulation dans le quartier du Marais, plus précisément celui qui coupe la rue des Rosiers et la rue Pavée… J’ai grillé le rouge, certes, mais le chauffeur de Nicolas Sarkozy roulait très vite, lui qui venait de conduire le Président de la République à une rencontre  avec le chef du consistoire juif de France et qui avait déjà vingt minutes en retard, quant il a envoyé mon auto dans les vitrines alentours…. Ma Twingo, il l’a balancée dans la boutique  d’un petit pédé qui proposait des statuettes africaines à sa clientèle, et l’on on a tué quatre personnes dans l’accident, dont le petit pédé  et la mère de celui-ci, laquelle finançait l’entreprise et venait tous les jours au magasin pour surveiller… C’est Maître Collard, l’avocat de ces gens-là, qui a donné tous ces renseignements à la presse.

Pour me sortir de ma Twingo, les pompiers ont fait un travail d’orfèvre… Je fais 147 kilos, et ces jeunes gens ont dû faire preuve d’une délicatesse hors du commun, croyez-moi, pour découper la tôle et me sortir de là sans toucher une seule fois mon cul avec leurs chalumeaux… Après, ils m’ont traîné en garde à vue, et j’ai dû m’expliquer devant le juge d’instruction.

Il a donc fallu que je reprenne tout du début…. Quand j’étais jeune, en 1973, j’ai déposé pas moins de quatre brevets au concours Lépine, dont celui de la machine à tirer à pile ou face…. C’est à cette époque que j’ai tenté pour la première fois de tuer ma mère dans son sommeil, cette vieille indécrottable qui n’a jamais compris qu’elle avait accouché d’un génie de la science et que le Bon Dieu, s’il existe, lui avait fait ainsi  une offrande inespérée… En 1978, j’ai été placé par un juge d’application des peines dans une ferme, chez des paysans du Loiret, et j’ai fait là-bas des expériences sur des cochons qui sont étudiés pas les étudiants en neurosciences de Stanford… Je me suis aperçu qu’ils attendaient une récompense de moi, à l’heure où je devais les nourrir, j’ai trouvé où se trouvait dans leurs cerveaux le lobe de la récompense, et je les ai manipulés jusqu’à ce qu’ils me suivent dans le village sur mes seuls claquements de doigts…. J’allais même à la Messe avec mes porcs, à cette époque.

Après, je me suis appuyé sur ces travaux pour mettre au point le brevet de l’avion de ligne qui se pilote en toute sécurité même quand le commandant de bord est ivre mort, simplement parce qu’il pense manette de gauche, et que ça suffit pour activer la dite-manette de gauche si une onde relie la manette au cerveau du pilote… Puis j’ai inventé la carte à puce, dans la foulée, et je me suis marié avec une fille croisée sur les bancs de la fac de science qui m’a pris tout mon argent dans les cinq années qui ont suivi… Je n’ai plus rien, depuis que j’ai été retenu coupable d’avoir tenté de l’étrangler, cette femme, et que ma mère s’est portée partie civile contre moi… Toutes les deux, elles ont réussi à bloquer les royalties qui me reviennent depuis que tout le monde se sert de la carte à puce, et c’est pour ça que je me casse la gueule en Twingo dans le Marais plutôt que dans une Rolls…

Si vous ne m’avez pas encore vu à la télévision, représentez-vous pour m’imaginer une tête de cochon, une langue qui s’échappe de sa bouche comme si j’étais un varan et  de la déception barbouillée partout sur les traits de mon visage … Dans mon regard, vous verrez passer la colère qui est la mienne, quand je pense au scandale de ma naissance, mais si vous me fixez avec un peu d’attention, vous verrez que mon œil frise tout de même de temps à autre: je suis l’inventeur de la carte à puce, c’est grâce à moi que les manchots ivres pourront dans dix ans piloter les avions, et je vous emmerde…

Ce sont les gens comme moi qui font tourner votre humanité, et je vous le dis en toute sincérité, je  pisse sur vos gueules en couvrant une surface que vous ne pouvez pas soupçonner, tous… Dans me tête, je monte tous les jours sur le toit de Notre Dame et j’inonde un million de passants, sans compter les femmes et les petits enfants…. Voilà ce que j’ai dit à l’inspecteur d’abord, au commissaire ensuite et au juge d’instruction après.


Un soir après ça, mais très tard.

Récit — Article écrit par le 24 février 2011 à 16 h 28 min

Conformément à mes habitudes, après le boulot, je suis bourré.

Un mien ami maîtrise à merveille le concept jolies filles/bière médiocre, ce qui me permet de supporter dans de bonnes conditions ma misérable condition d’exilé au Borlistan.

J’avance donc sur ce trottoir jamais sec puisqu’on est dans le Nord et quand il ne pleut pas et qu’il ne neige pas, il reste encore du dégueulis. Les rues sont désertes comme d’habitude puisque les rares bars encore en activité dans cette zone sinistre ont baissé le rideau à cette heure là.

Mon taux d’alcoolémie me permet encore d’avancer d’un bon pas mais ma vision périphérique est en congé, ce qui ne me permet de remarquer une forme sombre dans une encoignure qu’un poil trop tard. Je suis ceinturé, une main grassouillette sur le visage, et dans mon dos je sens la pression de ce que j’identifie comme une paire de loches de calibre 110F, et de bourrelets plus bas de même circonférence. Ayant à l’esprit les mésaventures récentes de mes camarades d’ILYS, je me dis qu’ils se sont enfin trouvé des copines, au CPPP, mais qu’ils ont dû boxer dans leur catégorie et que le bandeau risque d’être un soulagement.

Une sensation soudaine de piqûre dans le cul m’annonce l’inconscience prochaine, qui ne tarde pas trop à venir, comme de juste.

FADE TO BLACK.

POWER ON

Je reviens à moi les mains liées dans le dos avec ce qui semble de la ficelle à ballots de paille. Je sens sur ma tête un sac en toile de jute, si j’en crois l’odeur. A vue de nez, je suis dans une grange quelconque. Je me risque à un « y’a quelqu’un ? » d’introduction.

Un verre d’eau en pleine tête confirme qu’il y a effectivement quelqu’un, et achève de me réveiller.

« - Merci pour la douche. S’il y a des toilettes, je suis preneur, j’ai la vessie comme un gant de boxe. »

« Ca va devoir attendre, ça, mon gros panda. » fait une voix majoritairement féminine soudain à mon oreille. Si j’en juge par l’air qu’elle déplace en passant près de moi pour aller s’installer en face, c’est ma ravisseuse d’avant ou alors le CPPP a confondu sauver et sauter les baleines.

« Ca va sûrement vous paraître banal, mais je ne connais pas l’adresse d’XP, donc on pourrait peut être sauter les préliminaires ?

- Ne me tente pas, gros, mais on n’est pas là pour ça. En tout cas pas pour l’instant.

- Ah parce que après y’aura moyen ?

- Tout dépendra de ce que tu peux m’apprendre. Pourquoi forcément se faire du mal quand on pourrait se faire du bien ? Il doit bien y en avoir un qui sait baiser autrement qu’en photo dans votre club de nazis de carnaval.

- Voilà qui est musique à mes oreilles, mais je crains que l’un d’entre nous au moins n’y trouve pas son compte : je ne peux strictement rien vous apprendre sur I like your style pour la simple raison que personne ne m’en a jamais rien dit. Je ne sais même pas pourquoi ils m’ont recruté, à part pour les photos de chinoises que je livre au compte-gouttes.

- Je n’en crois rien.

- Croyez ce que vous voulez, ça n’y change rien. Je ne peux rien vous apprendre pour la simple raison que je ne sais rien. Et de toutes façons ce serait de mauvais goût de balancer ses petits camarades. ».

Je l’entends se lever et s’approcher. Je sens une chevelure cascader sur ma tête tandis qu’un nichon de grande ampleur manque de me renverser de mon siège et qu’elle murmure : « Si tu te montrais plus raisonnable tu n’aurais pas à le regretter. » Je sens de gros doigts malhabiles descendre et constater la présence incontestable d’une érection en bonne et due forme.

« C’est une offre que je décline à regret, comme vous pouvez le constater, d’autant plus qu’à mon âge je dois saisir chaque occasion comme si c’était la dernière. Mais là, y’a vraiment pas moyen de moyenner.

- C’est ce qu’on va voir. »

Mon siège grince de douleur tandis qu’elle s’installe à califourchon sur moi, et qu’elle s’essaie maladroitement au lapdance pour me rendre plus malléable. A moitié assommé par les coups de nibards, je n’ai pas le temps de la prévenir alors que la chaise craque et que nous nous retrouvons tous deux au sol. Mes bras me font un mal de chien. « C’est bon, arrête, je ne sais vraiment rien ! »

Elle tente de défaire tant bien que mal ma ceinture quand retentit une sonnerie de portable et ça ne doit pas être pour moi. Elle décroche : « Je n’ai pas encore fini, tu peux rappeler plus tard ?

- …

- Non, je n’en ai encore rien tiré, mais j’ai pas l’intention de m’arrêter maintenant.

- ….

- Tu fais chier, tu crois que je suis du genre à me contenter de promesses encore longtemps ? Pour une fois que j’ai du tangible sous la main, je vais en profiter.

- ….

- Que de la gueule, comme d’habitude !

-  ….

- Merde, merde, merde !!!!

J’entends des pas furieux qui s’éloignent et une porte qui claque, puis le silence revient. J’attends un moment, puis roule précautionneusement sur le côté pour ménager ma vessie à l’agonie et mes bras écrasés par l’exercice précédent. J’arrive au passage à faire tomber le sac qui gêne ma vue, et mon intuition nasale est confirmée, il s’agit bien d’une grange, et il y a suffisamment de merdes en ferraille qui traînent pour que je puisse me défaire de mes liens sans devoir jouer les MacGyver. Après une pause urinaire en extrême urgence, je me glisse prudemment hors de la grange et ne vois personne. On est en pleine cambrousse et je crois qu’il va y avoir de la marche jusqu’au prochain bar. Tout ceci m’a prodigieusement agacé et je crois que la seule façon de m’apaiser sera de passer la prochaine soirée à flageller des prostituées de couleur habillées en employées de la Poste.

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Le susurlendemain

Récit — Article écrit par le 24 février 2011 à 7 h 27 min

La nuit. Entre les tours de La Défense. Le ring. Enfin, le boulevard circulaire quoi. Les voitures ne font pas de bruit. Nul moyen de parvenir à distinguer la lumière des bureaux encore allumés de celle des phares, un même halo sans chaleur qui vous suit jusqu’à la sortie de l’autoroute. Je ne suis pas bourré pourtant. Pas de bouteille à 14.5°. Et puis c’est quoi 14.5° ? Du gros rouge. De la licence 3. Du truc pour petit étudiant justement. Ce n’est pas avec ça qu’on va faire la révol… Ah non. Rien en fait. Mais bon, quitte à rire doucement avec un cigare et un verre d’alcool de notre monde qui s’écroule, autant claquer un vrai alcool. Le genre qui fait des ronds dans le verre. Le genre où quand tu y mets un glaçon t’es au Cap Horn.

Je sors de la caisse.

CSP s’est déjà attaqué au fou et au petit jeune. Normalement, il devrait pas tarder à me rendre visite. Je dois être le prochain sur la liste. Faut que je fasse gaffe.  Que je commence à jeter des petits coups d’œil par-dessus l’épaule. C’est que je ne suis pas sûr qu’il m’aime autant que je l’aime. Il y en a qui disent que c’est le drame de ma vie. Moi ça me va bien.

Je claque la portière quand un souffle chaud traverse ma nuque.

Une femme ?

Une forte odeur d’ail.

Jérôme Leroy alors ?

- Te retourne pas connard.

- D’accord.

- Tu vas me suivre gentiment, ok ?

- Oh, si vous voulez, oui.

On me place un bandeau sur les yeux.  Le mec me tire un bras en arrière. Clic. Puis l’autre bras. Il y a de la fourrure sur les menottes on dirait. Ça ne fait pas trop mal. Il a de grosses mains. Ce doit être CSP en fait. Il me met une sorte de grosse boule dans la bouche, maintenue par une ceinture en cuir qui enserre le bas de mon visage.

Ma foi.

Peut-être que ce ne sera pas si horrible que ça.

Peut-être que finalement, à sa manière, il m’aime aussi. Je sais pour suivre épisodiquement son blog que ce n’est pas sa première fois avec un homme. Il saura sans doute y faire.

Je commence à être excité.

Environ vingt minutes, une voie rapide, un passage à niveau et une érection douloureuse plus tard, je me retrouve assis dans ce que j’imagine être un hangar. Je ne demandais pas l’hôtel mais bon. Il fait froid quand même. Et puis cette simple chaise, d’un bois que je devine très grossier, et sur laquelle on m’a installé… Quel manque d’imagination ! De créativité !

On me retire le bâillon.

- Alors comme ça t’es cette petite tapette de Blueberry…

- Oh oui.

Il m’a échappé le oh oui. Je ne sais pas si c’est à cause de sa grosse voix virile ou alors parce que je sais qu’il vaut mieux ne pas contredire son ravisseur.

- Tu sais ce que je veux petite merde infâme, raclure de fond d’égout de l’extrême-droite moisie ?

- Oui Maître.

- Ah bon libéral couille molle ? Et qu’est-ce que je veux ?

- Me punir ?

- Je veux l’adresse de XP. Et vite sioniste dégénéré.

- Je ne la connais pas.

- Tu te fous de ma gueule l’ethnodifférencialiste puceau ?

- Peut-être… Je ne sais pas….

- Tu te prends pour un dur avec ton mètre soixante et tes cinquante kilos de trouille et d’urine pourrie ?

Je commence à haleter.

- Oui ! Oui ! Je suis un très mauvais, un très méchant garçon !

Avec le bandeau, je ne suis pas sûr que mes œillades concomitantes soient visibles. Quoiqu’il en soit, il faut établir un lien de connivence avec son ravisseur, c’est la leçon numéro deux quand on est retenu en otage. Et j’aime faire les choses bien.

- Écoute moi bien ducon. Je me fous de toi. T’existes pas. T’écris rien d’intéressant. T’as aucun style. T’es un zéro, une sous-merde, un souchien…

Merde. Il m’a cerné.

- … Mais ton pote XP, lui, c’est un vrai salopard. Il a l’âme d’un théoricien. C’est lui qu’on veut et je te jure qu’on va lui faire sa fête.

- Vous êtes plusieurs ?

- Nous sommes le CPPP. Tu sais ce que c’est le CPPP, pauvre demeuré à petite bite ?

- Vous formez une coalition avec les gars du CGB ? Vous êtes plusieurs hommes à me retenir en otage là, en ce moment, ici ?

- T’auras aucune indication connard.

- Bon…

- Alors maintenant tu vas commencer à causer, tu comprends, sinon les choses pourraient prendre une mauvaise tournure pour ta sale gueule putride.

- Ne comptez pas sur moi pour lâcher mes copains aussi facilement.

- Tu sais ce qu’on va te faire chien de réactionnaire débile ?

- Me mettre nu ?

- Non.

- Me mettre nu et me violer ?

- Non.

- Me mettre nu et me violer à plusieurs ?

- Non.

- Me mettre nu et me violer à plusieurs avec des objets ?

- Fermes ta putain de gueule ! Ta gueule ! C’est moi qui pose les questions ici ! Tu vas me dire tout ce que tu sais sur tous les mecs d’ILYS ! Les noms. Les adresses. Je veux tout sinon tu vas t’en prendre plein la gueule ! Ta gueule de petit merdeux capitaliste !

- Je ne parlerais que sous la torture !

Silence.

Pendant de longues minutes je ne sais pas ce qui se passe. Puis je distingue deux types parler de la guerre d’Algérie, là-bas, très loin. Une sorte de débat historique. J’attrape au vol les noms de Bigeard, Aussaresses et de Le Pen. Tiens, celui de Vidal-Naquet aussi. Sûrement un comité de rédaction du CGB…

Puis les portes du hangar semblent se refermer et j’attends.

Peut-être qu’ils reviendra.

Pour moi.

Mais rien.

J’ai soif, j’ai faim. Je n’ai plus envie de ricaner sur sur le monde qui s’écroule. Au prix d’une incroyable acrobatie de fin de récit, je parviens à me dégager de la chaise et à passer mes mains devant. Je retire mon bandeau.

Puis je ronge un moment la fourrure rose des menottes avant de me rendre compte que je peux très bien m’enfuir sans ça.

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Le surlendemain soir

Récit — Article écrit par le 23 février 2011 à 13 h 20 min

Il était pas loin d’une heure ou deux du matin. Je rentrais chez moi, cahin-caha, suivant une trajectoire oblique, due à la bouteille de Ribera del Duero qui allait chercher dans les 14.5º. Je commençais à me sentir mal. Je n’étais plus très loin; quelques putes essayaient de michetonner. La porte du bas de mon immeuble déconnait; il n’y avait même plus besoin d’y foutre sa clé pour entrer. Je montais les quatre étages à pieds; l’ascenseur était en panne. Enfin j’étais devant ma porte, j’y introduisis la clé, fis trois fois le tour pour ouvrir. Enfin la chaleur du domicile.

Je sentis un objet froid et contondant heurter ma nuque.

Un type avec une cagoule m’aspergea d’eau gelée. Je retrouvai un peu mes esprits. Il était accompagné d’un type au corps mal musclé, au menton fuyant de fouine avec un l’oeil torve d’un pédophile de l’Yonne.

- Mets-lui une claque CSP, dit le cagoulé.

Une beigne du revers de la main vint s’écraser sur ma joue gauche.

- Putain, qu’est-ce que vous voulez? fis-je. J’ai 200 euros dans mon portefeuille, prenez-les et barrez vous.

- Oui, on va les prendre mais on veut autre chose.

- Accouche, qu’est-ce que tu veux?

- C’est bien toi, Cherea du site d’extrême droite I like your style…

- Oui, fis.je, assez perturbé. Comment connaissait-il ma véritable identité? Je m’étais pourtant trouvé une bonne planque. J’habitais dans l’équivalent madrilène du Marais, pas vraiment un repère d’affreux réacs. J’avais mis les bouts depuis ce qui était tombé sur Terby.

- Tu n’as pas honte de ce que tu écris?

- Non, c’est surtout des trucs sans importance, deux ou trois trucs littéraires, très peu d’opinions politiques, répliquai-je.

- Peu importe, en fait, fit le cagoulé, ton appartenance à ce site te désigne déjà comme coupable aux yeux du CPPP,  commando pour la paix entre les peuples. Le CPPP. Ca te dit quelque chose?

- Non rien.

- Bon on veut l’adresse de XP, nom, prénom, adresse, ddn…tout ce que tu sais de lui…

- Mais je ne sais rien, moi. Je ne les connais pas. C’est très cloisonné comme organisation, il y a des pseudos, des mots de passe, ça change tout le temps… je ne connais personne. J’ai juste reçu un mail une fois, sans adresse d’expéditeur, des codes et une démarche à suivre…Comment vous m’avez trouvé?

- Dis-nous quelque chose, n’importe quoi sur XP, on le veut…et pour ta question, on a des relais dans la justice, on peut savoir beaucoup de choses…mais crache-nous un nom…sinon…laissa-t-il tomber sur le ton de la menace.

- Putain, mais je ne sais rien.

- Donne-nous au moins Il Sorpasso alors, on va lui faire sa fête, qu’est-ce que tu peux nous dire sur lui?

- Pas grand-chose,  je ne sais rien moi…

Il me remit une claque…vas-y accouche…

- Ok, ok, ok… il habite Rome, il s’appelle Vittorio, c’est un fanfaron…je ne sais rien de plus.

- Tu as noté CSP, beugla la cagoule.

- Oui, oui.

- Bon, ça devrait nous suffire pour le retrouver.

Avant de partir, CSP déféqua sur mon tapis. La cagoule m’infligea une nouvelle gifle et tout redevint normal.

J’allais devoir me trouver une nouvelle planque…et vite.

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Engagez-vous !

Récit — Article écrit par le 15 février 2011 à 21 h 57 min

-Mais puisqu’on vous dit que vous êtes libre ! Sortez ! Allez-y ! Levez-vous !
-Libre ? Vrai de vrai ?
-Vrai de vrai, il n’y a qu’à signer là, garçon !
-Mmm…Oh mais ça à l’air chiant ça..
-Quoi ?
-La clause là…
-Vous n’allez pas chipoter ? Réveillez-vous mon garçon ! Regardez ce qui nous menace ! Vous n’aimeriez tout de même pas les avoir pour nouveaux matons, hein ?
-Ah ça c’est vrai qu’ils ont une sale gueule. Oulala oui. Mais ils me disent vaguement quelque chose…J’y suis ! Je ne leur avais pas serré la pogne à l’époque, c’est pour ça qu’on m’a mis là !
-Oh mais c’est vieux tout ça. Le monde a changé dehors.
-Et après, on me laissera vivre comme je veux ? Sûr ? Comme avant avant ? Comme toujours ?
-Oui, oui…On discutera de ça plus tard. Tenez, changez-vous, vous puez !
-Et vos collègues ils sont d’accord ?
-Pas tous, mais ça avance.
-Et le gnouf, qu’est ce qu’il va devenir, le gnouf ?
-Ah ça on y touche pas. C’est même pour lui que vous vous…Ne posez pas trop de questions, vous ne comprendriez pas. L’heure est grave. Mais qu’est-ce que vous puez, c’est pas possible !
-Mais vous, vous faites quoi ?
-Oh et bien moi je discute de la stratégie, j’organise les troupes, je fais des réunions, des meeting, tout ça. Ça vous dépasse de toute façon.
-Ah ça oui.
-Bon alors ? Vous sortez ?
-Non.
-Comment ça non ?
-Ben je vais attendre un peu, quand même.
-Comment ? Vous ne vous voulez donc pas sauver votre honneur ? Et le nôtre ? Être réhabilité ? Blanchi ? Vous avez pensé à vos enfants ? A vos parents ? A ce que la société a fait pour vous ? Pour vous rendre meilleur ! Tous ces sacrifices ! Toutes ces attentions ! Tous ces conseils ! Tout cela qui est aujourd’hui menacé !
-Je sais plus trop. Je me rappelle plus.
-Mais vous êtes répugnant ! Répugnant comme un rat !
-Ben faut dire que j’ai pris de sales habitudes, là où vous m’avez mis…
- Rat ! Rat, rat, rat !
-Quand est-ce qu’on mange, au fait ?


La tocante des Balkans

Actu, Récit — Article écrit par le 2 février 2011 à 12 h 45 min

C’était l’été 2007, juillet. Le défilé n’avait pas encore eu lieu. Je m’en souviens bien car laissant Paris derrière nous, direction Dubrovnik, j’avais bien vu les chars qui défonçaient la voirie des Champs-Élysées, à la charge de l’autre édile. Paris-Dubrovnik, c’est 2000 bornes, faut compter une vingtaine d’heures. La route est belle, tu passes par la Bourgogne, tu peux aussi faire un crochet par la Suisse mais de toute façon faut que tu traverses le nord de l’Italie. Si tu pars tôt le matin, tu peux t’arrêter manger des pâtes dans un village lombard. L’expérience mérite toujours d’être mentionnée. Tu dors un peu et puis tu remets les bouts direction Trieste et puis après la Slovénie…Et puis ça y est tu es dans les Balkans. Une vingtaine d’heures de route, 300 euros pour les divers frais et ça y est tu peux sentir le frisson. Tu files vers le Sud, vers la Croatie, car tu en as marre des Boches, des Engliches  et de la racaille sur tes plages…sur la côte d’azur où ce putain de commerçant ne cherche qu’à t’entuber, et puis tu en as marre du béton de la Costa Brava…alors tu te dis que tu files vers les Balkans, là où tu peux encore croiser des criminels de guerre pas grabataires…même si tu n’en sais rien. T’as des jolies villes en Croatie et des plages pas dégueulasses, et pour les gonzesses ça vaut le détour, tu peux encore tirer ton coup sans passer par la case resto-cocktail-séduction - »on dit qu’on va pas niquer et qu’il y a peut-ètre un avenir, mais toi et moi on sait que c’est que pour le cul, mais on garde les apparences… » – à croire qu’elles ne connaissent pas leur droit et n’ont jamais maté Sex and the City…Puis ça te saoule vite de voir les popovs se foutre des bitures dès 10.00 du matin, au bord de la piscine avec les mioches qui hurlent partout…et tu comprends que le tourisme de masse c’est le même partout, Croatie, Espagne, République Dominicaine, que c’est une bande de gros cons ventripotents qui lâchent toute leur frustration de l’année sur 15 jours, en général Juillet-août, et puis toi tu te la racontes, mais t’es pas mieux parce que tu partages les mêmes espace et le temps que ces gros cons que tu peux pas sentir. Alors tu reprends la bagnole et tu files encore plus vers les terres du Sud…tu traverses même la Bosnie-Herzégovine, territoire des snipers et de BHL. Il n’y a rien de particulier, c’est pareil que plus au nord. Et enfin tu débarques sur le Montenegro, direction Podgorica, c’est la capitale du Montenegro. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est là où on a tourné le James Bond Casino Royale avec Daniel Craig. C’est grand comme deux départements français et ça veut faire du tourisme haut de gamme. Pourquoi pas? remarque, vaut mieux quelques riches pour ramener des devises qu’une masse de pauvres…Y a des beaux monastères dans le coin, des belles constructions, puis moins de monde qu’en Croatie. Tu visites deux ou trois saloperies locales tu files vers Budva, c’est la station balnéaire, c’est pareil qu’en Croatie, pareil que Dubrovnik, Saint-Trop’ où n’importe quel autre truc du même style. Voilà où on avait échoué après des jours d’errance dans ces lieux mythiques des années 90, comme toute ma génération, on arrivait après la bataille, véritable chien de guerre qui n’avait même pas fait son service militaire, quand bien même l’avais-je demandé…. Ils avaient tout reconstruit, refait, pas un impact de balle, sauf si ça peut servir d’animation touristique comme le pont de Mostar…j’imagine.

Bref, tout ça pour arriver au coeur de l’aventure qui vaut titre de l’article…Donc je picolais sévère au zinc d’un troquet , un peu mode tout de même, de Budva… avec mes potes…un yougo faisait de même à ma droite…il était dans un sale état, tout dans sa dégaine était de traviole à part sa montre, elle n’était pas géniale mais elle avait l’air de tenir le coup…il parlait un peu l’Anglais…on a réussi à causer…Il était Albanais, Kossovar, Monténégrin, un mélange du genre, tout le drame de la région réuni dans un même corps…sa gueule en portait les stigmates…le type était au bout du rouleau…il voulait encore picoler…mais il avait plus un rond…Il me demanda de lui avancer de l’argent…je n’en avais aucune intention…je lui dis que je lui filerai 50 euros pour sa montre…il me raconta que c’était celle d’un grand bonhomme et qu’elle valait des milliers d’euros…qu’elle n’avait même pas de prix car il y un bon paquet de types sur cette terre qui serait prêt à débourser un max pour le truc qu’il portait au poignet…je lui répondis que j’étais le seul ici et maintenant…Il la défit de son poignet et me la tendi pour que je l’examinasse. Elle faisait le poids. C’était une Timex. Je la retournai et vis graver G. W. B. XLIII. J’en écarquillai les yeux, il me confirma que c’était bien ce que je croyais que c’était. Il me raconta qu’il la tenait de son beau-frère. Et que c’était son beauf qui l’avait piquée du poignet de W. Je lui filai 100 euros…et mis la montre à ma poigne, que je porte toujours. J’imagine qu’il existe les moyens de l’authentifier… je me suis probablement fait arnaquer…ça me fait une histoire…

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