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Rien que les faits

Actu, Récit — Article écrit par le 15 avril 2014 à 16 h 25 min

Scorcese a encore frappé un très grand coup avec son dernier film. Dans le petit milieu des sales-floor, le film de référence était depuis longtemps « Boiler Room ». Désormais pour sûr, ce sera « Le loup de Wall Street ».

Au début du film Jordan Belfort déjeune avec son mentor, c’est une scène visible dans la bande-annonce: le type fredonne un refrain en se tapant sur la poitrine. Des années plus tard, on voit le Belfort transmettre à son tour à ses employés ce rituel. C’est la transmission du vice, du mensonge et du culot qui s’opère. Le mentor avait en lui ce vice, il l’a transmis à Belfort, qui l’a transmis à des milliers de gens, puis aux inépuisables masses de populations malléables à merci, désireuses de s’enrichir (le film termine en un travelling sur le naïf public d’une conférence « comment s’enrichir? »).

Cette idée de transmission mimétique, de filiation d’un état d’esprit, d’une vision du monde, d’un style, s’illustre très bien en y regardant d’assez près, sur un type comme celui qui parle à 8 minutes 15. C’est la même intonation, les mêmes modulations, les mêmes ondulations que celles de BHL. En fait c’est bien simple, on dirait que c’est BHL qui parle. Et il utilise la même stratégie pour émouvoir l’assistance: citer distinctement des faits qu’il sait être des faits avérés à charge contre lui et ce qu’il représente, suggérant ainsi qu’il est évident que l’accusation contenue dans ce qu’il cite est fausse. On appelle cela le bluff. En réalité tout est exact dans ce qu’il lit. Que ce soit bien répété jusqu’à la nausée: en ce qui concerne les armateurs de bateaux d’esclave de la traite négrière, les dirigeants de la révolution bolchevique en Russie, ou plus récemment les dirigeants de l’industrie pornographique, ce sont des listes interminables, interminables de Abraham, Cohen, Hirsch, Lévy-Lévy, Glasser, Mordechaï, Aaron etc. Tout le reste, les abstractions, les débats sur l’essence de telle ou telle religion, sur l’histoire réelle ou supposée de tel ou tel peuple, c’est de la merde pour engluer les raisonnements. Il faut des faits précis.

Le même genre de mimétisme est observable sur Jean-Marc Ayrault: les mêmes petits hochements de tête, débuts de phrase hésitants, que Hollande. Et Hortefeux souvenons-nous: c’était la même façon de parler que Sarkozy. Et Jean-Claude Milner, le pacha de la rue d’Ulm, faisait tout comme son maître Jacques Lacan, tout: même baratin conceptuel, mêmes accents toniques, même charlatanerie. On imite parce que l’on veut devenir comme le maître. Ecouter quelqu’un parler dit beaucoup sur la source où il prend ses ordres.

Le Figaro… Les mots manquent pour décrire la porcherie qu’est devenu Le Figaro, journal il y a seulement 20 ans encore qui faisait montre d’une une sorte de maintien français, d’exemple. Eh bien qu’est-ce que c’est aujourd’hui Le Figaro? Mais c’est une sorte de descente aux enfers crantée par le « scroll down » de la souris, une collection révoltante de fausses informations, d’appels tendancieux, de pièges dialectiques, de faits inventés présentés comme acquis. « Sotchi dénoncé par les internautes« , « un maire androgyne fait polémique« … Nous sommes chez les cinglés.

Depuis toutes ces années que l’on s’étonne sur les apologies de mœurs contre-nature par publicité, films et tous supports bombardables on ne s’occupe jamais de savoir qui les émet, ces messages. Or il y a toujours l’explication dans le générique. C’est comme pour tout: la colonisation, l’esclavage, les déclenchements de guerre incompréhensibles, injustifiables. Oui c’est aussi simple, simpliste. Un grand homme, qui avait beaucoup vécu, beaucoup lu et expérimenté de gens et de choses a dit ceci : « Tout ce qui est compliqué est faux et pourri ». Il est insupportable aux gens intelligents et instruits d’admettre que le monde n’est pas compliqué mais désespérément simple.

Et si Dieudonné avait été Blanc? Eh bien personne ne l’aurait suivi, personne. Il croit être persécuté? Mais quelle blague! S’il avait été Blanc, personne étrangement, ne l’aurait trouvé drôle, et les blacks-blancs-beurs se seraient détourné de lui, puis se seraient réconciliés sur le dos des « fachos ». Ceci d’ailleurs, demeure un risque permanent, dans un contexte actuel imprévisible où le pire peut toujours tourner pire encore.

En fait il faut être bien précis. Oui un « dieudonné blanc » a existé. Un type un peu spécial, marginal, chômeur de longue durée après un accident du travail, il s’appelait Gérard Cousin et la station « Fun Radio » s’est servie de lui entre les années 1998 et 2003 comme d’un con de dîner de con en le promouvant « animateur » tard le soir. Le principe était simple: on va tous ensemble bien se fendre la poire aux dépens d’un beauf ridicule qui animera des débats truqués à son insu sur un format « libre antenne », se prendra au sérieux, s’énervera, et qui ne comprendra même pas la raison de son intronisation dans les médias (la raison étant de l’offrir en pâture aux auditeurs). Et voilà ce qui s’est passé: début 2003 le type s’est fendu après une énième engueulade avec un auditeur d’un « heil hitler » sonore à l’antenne, sans raison, pour la blague, en direct vers 1 heure du matin. Il a été immédiatement renvoyé. Depuis 5 années, les perpétuelles prises de bec et échanges d’insultes banales des « débats de Gérard » n’avaient jamais gêné quiconque dans la direction. Mais cette nuit là visiblement le sang des gérants de cette radio n’a fait qu’un tour et plus jamais on a réentendu Gérard à l’antenne. Il est allé s’exiler seul à Montluçon dans l’Allier, ou il est mort d’un cancer 2 ans plus tard alors qu’il avait à peine la quarantaine. Et c’est un hasard mais il se trouve que j’étais allé le rencontrer chez lui dans sa cité, au milieu d’un décor de pays satellite soviétique, c’était en 2004. Et ce type qui avait été un sujet de conversation numéro 1 dans les cours de récréation de collège était en train de crever complètement oublié et banni, ruiné, alcoolique dans un HLM, nourri de boîtes de conserve William Saurin. Les gens de Fun Radio, dont aucun des pontes n’est catholique cela va sans dire, n’ont jamais manifesté le moindre remord, et jamais aucun média n’a écrit une seule ligne sur l’affaire Gérard.

Dieudonné, qui a commencé à avoir des ennuis pour avoir dit   »isra heil », n’a lui pas la moindre idée de ce que c’est que la mort médiatique réelle.

Quelles que soient les origines familiales un peu mystérieuses de Soral, tous les actes qu’il a posé depuis quelques années sont courageux parce qu’il fait le travail que personne ne veut faire: amener des non-blanc à aimer la France comme une mère et à sortir de la haine et de la prédation. En filigrane de ses imprécations irritantes et peut-être, pénibles à entendre (car transparaît au travers la fragilité de cet homme en colère), il y a quelque chose de nous-mêmes qui parle, un petit soupçon de plainte qu’on s’était habitué à taire. Il nous dérange parce qu’il dit ce que l’on ne voulait plus dire, par lâcheté.

Un petit regard alentour… Combien de jeunes, braves types, bien élevés, honnêtes, Français de souche n’ont ni travail, ni voiture ni logement ni argent ni compagne ni rien, que des ennuis au contraire: des amendes, des agressions, des angoisses etc. Tu ne gagneras rien. Il n’y aura rien pour toi. Il n’y a rien à gagner dans ce monde qui est devenu exactement ce que décrit Céline dans des livres aujourd’hui interdits. A chaque étape de la vie un petit piège posé là en conscience attend que tu t’y prennes les pieds, plus qu’hier, moins que demain. Et ça n’a pas toujours été comme ça, loin de là. Plus on pratique le terrain et moins on trouve en fait que le contenu de ces livres soient exagérés. *** C’est une ère de « gestion des effectifs », on attend que les Blancs se réduisent en nombre, on fait durer, c’est su, voulu, prévu. Chômage et drastique taux de suicide (suicides de Blancs ultra-majoritaires) et ils n’en n’ont rien à foutre, parce qu’ils adhèrent à un système de valeurs dont le principe maître est : « le décalogue pour nous, la haine le mensonge et le vol avec tous les autres ». Tout cela se déroule sous leur triomphe croissant à tous les niveaux de commandement de l’Etat.

Pour un seul jeune français ou française de souche qui se lance dans la vie en bricolant, entre études bidons, transports bondés, parents divorcés, pression horizontale et barnum de l’industrie du divertissement, il y a 50 pièges par jour qui attendent de l’enserrer comme des filaments de glue, comme des langues de caméléon surgissant au passage du marcheur solitaire « dans la vallée des larmes ». C’est leur vallée à « eux » gros con de chrétien tu n’as pas compris? Dieu les a choisi pour te persécuter, pour t’éprouver, pour voir ce que tu vas faire devant la vraie incarnation du mal. Il t’a envoyé la vraie Incarnation du bien, tu ne croyais tout de même pas que tu allais t’en tirer comme ça?  Il y a toujours une contrepartie dans ces histoires orientales où la notion de « Justice » est très présente, la justice comme équilibre fragile sur une balance. « Un dieu qui danse »…

Moi j’ai dit que je m’appelais Lounès, c’est par justice, pour rétablir la balance, parce que « doriginialgérienne » et à fond pour la France. J’aime la France parce que c’est ma chance, ma grâce, ma joie, c’est la terre que Dieu m’a donné par Caritas gratuit, pour m’extirper des bourbiers maghrébins, pour me donner la vie en abondance et pas en malédictions sémites rentrées d’incapable haineux qui est jaloux des Blancs comme un sale con et qui ne fiche rien. Cela m’a toujours abasourdi l’ingratitude de beaucoup d’immigrés. Car pour tout ça il n’y a que gratitude à avoir, que « merci » pour ce mouvement étrange d’amélioration contraire à toutes les lois de la pesanteur, de chemin qui monte vers la France au lieu de descendre dans la merde et ce qu’il faut c’est une France toujours plus France, toujours plus verte et bleue et blanche, très resplendissante de chlorophylle et d’iode et de ciel bleu sous jolies tuiles en ardoise « Richelieu ». Certains couillons qui ont honte d’être français parce qu’ils ne connaissent rien au tiers-monde disent qu’il faut métisser, qu’il faut temporiser, nuancer etc. Faut rien nuancer du tout! La France EST nuance déjà, toute nuance, que nuance admirable supra-fine magnifique et bouleversante nuance millénaire. A Lyon, à Reims, à Voiron, à n’importe quelle misérable foire de chef-lieu de canton: tout est nuance, nuances d’un tableau complet de yeux bleus et bruns et beiges et verts et noirs et tout en proportions bien savantes ; tout sur les pommettes, le crâne et l’arête du nez n’exprime que la nuance, la millénaire émue nuance d’un peuple muet qui s’ignore, que moi je vois parce que je n’en suis pas complètement, et que des salopards ricanent de saloper, comme les cancres qui aiment souiller l’eau vive avec la boue du sentier. Ce sont eux, avec leurs tronches de gargouilles de cathédrale, ce sont eux physiquement conformes aux personnages maléfiques des contes et légendes, aux sorcières, aux Gargamel, aux farfadets ricaneurs qui se frottent les mains, ce sont eux dont tes ancêtres parlaient en paraboles! Ils te prévenaient, ils t’avertissaient, ils savaient. Ils savaient qu’il y a des vrais salauds, des salauds protégés, intouchables, des « salauds autorisés », des salauds permis car Dieu permet le diable, et ils te lançaient tes ancêtres paysans dans les Dombes il y a mille ans, une petite bouteille à la mer comme ça, dont le message suffisamment neutre pour échapper aux autodafés politiques était à retrouver par toi dans le fil des successions de l’Histoire.

Et ça me chagrine un peu quand je pense par exemple à la petite qui s’appelait Marion Fraisse et qui s’est suicidée parce que tout le monde la persécutait.  Oui ça ne me fait pas plaisir du tout. Plutôt que de croire dans le remord des coupables et leur conscience douloureuse (les couillons de chrétiens croient que les méchants ont une conscience qui les travaillent après leur forfait) je mettrais bien une balle dans la tête du directeur de cette école parce qu’il était au courant et qu’il a temporisé, qu’il a noyé le poisson, qu’il a laissé le mal se propager.

Mais je pense aussi à la vie qu’elle avait cette petite, et à la vie qu’elle aurait continué à avoir si elle ne s’était pas tuée. Elle était persécutée parce qu’elle était un peu plus intello, un peu plus formelle et « socialement » maladroite que les autres. Un peu plus vraie. Et elle a tout fait pour se faire accepter, parce que ne pas être acceptée lorsqu’on a 13 ans ça remet tout en cause, jusqu’à l’existence même. Ainsi l’ironie de l’histoire, la sublime révélation si l’on sait bien la regarder, c’est la seule photographie d’elle qui a longtemps tourné sur le web au moment de l’affaire: un selfie d’elle en casquette de base-ball, lunettes noires et mimique typique du style bling-bling. Elle avait vraiment tout essayé pour en être, de la cour de récré, pour qu’on l’aime, pour qu’on la valide. C’est dire les contorsions auxquelles doivent se plier les petits Blancs anonymes en ce moment même pour être accepté dans le monde, leur monde, un monde entièrement dirigé à tous les étages par la vulgarité ******, par l’esprit de prédation *******, par la haine immigrée télécommandée, par la honte de soi-même insidieusement suggérée aux adolescents français. Toute cette merde, ce bling-bling, cet esprit de ragotage et de médisance, cet haine des Blancs, cet encouragement de la posture de frime haineuse, cette flatterie aux leaders de cour de récré, ces flux empoisonnés de messages « neutres » suggestifs ça vient à 100% toujours des mêmes sorcières des mêmes gargouilles  qui se tiennent les coudes dans leur haine leur mensonge leur serments atroces, qui sont les maîtres absolus de New-York, de Paris, de Neuilly, de tous les endroits propagateurs de l’esprit du monde.

Je sais de quoi je parle (moi le bâtard):  le premier job que j’ai fait il se passait dans une yeshiva, ça ne s’invente pas. C’était bénévole. J’étais mineur. Comment ne pas remballer son athéisme, son rationalisme républicain lorsque l’on sait regarder le paysage, lorsque l’on lit le journal « avec les lunettes 3-D », les lunettes chrétiennes, les lunettes céliniennes, les lunettes de la rue et de la prise directe, celles où l’on voit les reliefs, les intérieurs au rayons X, celles qui montrent tout, la théorie et la pratique.

Le problème de Marion, le problème de milliers de jeunes caucasiens qui grandissent en milieu multiculturel c’est qu’ils sont pris dans une structure qui les dépasse et qui est là pour les désavantager, les déshériter, les dévaloriser, les dé-déraciner les décalciner. Mais ils ne peuvent pas s’en rendre compte, ni eux ni leurs parents. La structure est trop bien verrouillée.

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Je me suis trouvé un jour, c’était en 2001, à Lyon Part-Dieu. Et j’étais seul, et ai sympathisé avec un jeune brouneux de mon âge qui se trouvait là sur le parvis et qui fumait des joints. Et d’un commun accord nous avons décidé d’aller traîner dans les galeries. Pour y accéder il y avait un long couloir avec un tapis roulant automatique. Et le type, ça m’a beaucoup frappé, s’est arrêté sur le tapis roulant et s’est assis sur la rampe pour se laisser porter. Cette manière spontanée qu’il avait d’utiliser l’outil au risque de détruire l’outil, m’a marqué. Et j’y ai souvent repensé depuis, à ce type juché sur le côté avec ses Air Max et son jean beige (il disait « mon jean belge ») qui profitait du système, au risque de casser ce système qu’il n’avait d’ailleurs pas payé, pas construit, auquel il n’avait absolument pas contribué en aucune façon, auquel même il n’était en rien rattaché ni lui ni sa famille car la réalisation de ce truc mécanique avait certainement mobilisé les intelligences de tas d’ingénieurs et techniciens les plus blancs et germanifiants possibles mais certainement pas le génie brouneux.

A cette époque la vie était fort vivante. Comment expliquer? Toutes les conditions étaient réunies. Déjà les filles étaient beaucoup plus belles je crois. Le genre de santé physique presque violente à regarder, comme il s’en trouve beaucoup en Rhône-Alpes, et qui savent se saper, s’arranger, qui savent faire la fi-fille. Ensuite nos logements étaient encore payés par nos parents. Des gars faisaient du graffiti, de la musique électronique, des voyages en camionnette jusqu’au Vietnam. On se racontait des histoires de deal, de bastons, de meufs ultra-bonnes qui sucent et qui avalent (« la meuf à Cyril là, qui est au Rondeau tu vois? ») et on avait des combines pour détourner le système: le passe-partout de La Poste pour ouvrir les allées d’immeuble, la clé triangulaire pour saboter les affiches publicitaires d’arrêt de bus, les tuyaux pour siphonner l’essence, les fausses cartes étudiants pour payer moins cher le Giant et le King Fish à Quick… Il y avait même une machine pour imprimer des faux tickets de train, une autre pour gruger au péage, et encore une autre pour retirer les antivols sur les vêtements dans les magasins. On mangeait des Charal toute l’année, volés. On serrait des meufs qui nous écrivaient des poèmes. On savait retourner dialectiquement les racailles et les embrouilleurs de rue. On avait un très haut niveau de vie. Depuis cette époque je n’ai rien connu d’aussi audacieux, d’aussi fort, d’aussi vrai. Oui c’est de cette manière et pas autrement qu’il convient de vivre dans une société en récession vérolée de gauchisme et de chômage.

Aujourd’hui tout se refroidit, les flux ralentissent, ce n’est plus pareil. Il n’y a plus de steaks Charal dans le congélateur, plus de clé triangulaire, plus tellement de petites garce. Entre l’âge de 16 et 24 ans environ, il vous est donné de vibrer à tant d’émotions si variées, si intense, si abondantes…

Besoin de nouvelles possibilités insoupçonnées, besoin de nouveaux territoires… Se barrer temporairement quelque part a tendance à interrompre nettement la somnolence. Récemment je me suis réveillé au milieu d’une conversation davantage hurlée que parlée à laquelle prenaient part 5 amis particulièrement animés. C’était sur le navire « Pride of York » qui relie la ville de Zeebruges (B) à celle de Hull (A).
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- Et à ce moment là, je tombe sur un rasta, un genre de rasta, un dreadeux sur le dance floor tu vois, qui faisait une danse boulée d’inesthétique qui me dégoûtait énormément…
- Genre en lançant alternativement les pieds en avant, genre?
- Non plutôt en sautant comme un kangourou tu vois? Ah, ce qu’il me dégoûtait!
- Ah…
- Il faisait des sauts boulés de haut en mode Massaï à cheveux longs qui empêchent de voir le concert alors je passe furax je lui attrape la natte comme ça, je l’attrape par ses sales lianes et BAM je le tire en bas fort, fort, fort, au moment où il était le plus haut de son saut j’ai tiré sa natte comme une chasse d’eau! Tu vois les anciennes chasses d’eau là?
- Oui oui je vois.
- Y en avait une comme ça chez mes grands-parents avenue Mozart
- Putain il s’est retrouvé en une seconde de la position « saut en l’air » à la position « couchée », écrasé par terre!
- Et il a pas su que c’était toi?
- Vu le tumulte du concert il pouvait pas…
- Attends mec y a un britte qui dit qu’il faut qu’on dégage
- Oh putain la ganache de pitbull!
- Qu’est-ce qu’il dit ce malatesta? Xav tu peux traduire?
- Il dit qu’on doit barrer d’ici parce que c’est réservé aux clients du bar….

En effet les places étaient réservées. On a fait que foutre la merde pendant 3 jours. Le personnel du bateau nous a pris en grippe dés le début lorsque deux camarades ont escaladé la dunette du bateau pour admirer la vue depuis tout en haut. Or cela, c’est « une attitude qui n’est pas du tout kiffée », sur un ferry il faut demeurer dans des zones restreintes et ne pas en sortir. Et leur fureur sénile a décuplé sous prétexte que nous parlions trop fort et buvions nos bières à nous dans leur bar de l’entrepont et pas leurs bières payantes (leurs bières de merde). Extrêmement pointilleux pour toutes les choses liées à la thune, les britanniques jouissent par-dessus tout de rendre la justice, de signifier la sentence au prévenu, de pouvoir prononcer des phrases comme « you won’t be allowed to travel on the Pride of York in the future » alors qu’ils ne sont que de simples sous-fifres de cinquième zone et non des actionnaires, et conformément à la description de Jules Vallès, ils ont soit des têtes de brute soit des têtes d’hypocrites, tête de cheval ou de poisson. Il faut payer. On leur dit merde. Poussés vers la sortie par un sbire, pendant qu’un second sbire essuie énergiquement la table basse sur laquelle nous avions eu l’outrance de poser nos Rochefort et nos Maes, comme si nous étions porteur d’une maladie. On est diskriminé.

A la poupe du bateau nous avons regardé Zeebruges s’éloigner. Ce n’étaient que des petits points oranges tout là-bas, après le sillage, et plus ces points s’éloignaient et plus la nuit tombait tout autour, sans espoir, englobante, nous laissant complètement seuls au milieu de la mer avec les sbires pour seule présence humaine. Autant le pont glacial ça fiche le cafard, autant la vie sociale du bar cossu lorsqu’on y est regardé de travers et condamné à consommer c’est à se tirer une balle. Alors on a vidé les Rochefort, puis les Maes, puis un affreux whisky qui nous restait. L’air puait nettement moins qu’en ville. Les grands espaces, le froid, la nature inhospitalière, tout cela remettaient les idées à l’endroit, trop à l’endroit. Il fallait boire.
Donc nous étions tous les six complètement pétés lorsque nous avons enfin investi les beaux fauteuils du « Langan’s brasserie » et sa moquette à fleurs. Haine unanime du personnel à notre encontre à cause d’un camarade se plaignant amèrement de l’aspect « peu kiffant » de son « chicken chasseur » et à cause de moi qui poussait à fond le son sur le mp3, évacuant les premières volutes de 92-Izi dans le restaurant néo-victorien. 

https://www.youtube.com/watch?v=THEXt38Y89g

Ouais ouaaaais si si
tout le monde s’écarte je dé-dé-débarque
92 dramatique barque, je distribue des-des-des baffes
contrôle d’identité montre-montre nous tes fafs
VOILA LA CHAAATTE A TA GRAND-MERE LA-LA GROSSE BIATCHE
C’est 92-IZI
On s’en bat les couilles du rap, tiens ta langue man
Take it EASY
y a pas de balances ICI
né-né-négro
Hauts-de-Seine illicite on veut pas voir la police ICI

C’était pour mettre un petit air de fête…

- Sir could you please turn off your device as I believe this is very inappropriate in this place
 
Encore un sbire? Ils nous envoient encore un sbire! Mais enfin alors on ne peut plus souper en paix? I’m trying to have supper here! N’avons-nous pas énormément payé? immensément payé? pour jouir de la traversée? Et non de votre compagnie?
Et là, tous les grenoblois se retournent contre moi.
- Putain mais tu vas l’éteindre ta sale merde!
- C’est horrible ton son là c’est un truc d’horrible caillera!
- Eteins ça! Eteins!
- Eh c’est pas pour dire mais ça ne se fait pas du tout, moi je te connais plus j’ai honte là

- A la rigueur met un autre son mais pas ça!

On s’est ré-embrouillé avec le personnel du resto ensuite, pour de sombres histoires dont le souvenir est enseveli sous l’alcool. En tout cas un gars déclara qu’il refusait de payer l’addition tant que le serveur ne se serait pas excusé. Là, nous aurions du être passé par-dessus bord mais à la surprise générale le type, une sorte de Johnny-la-Banane bronzé aux UV, revint droit comme un soldat « I do apologize Sir for the way I treated you etc ». Incroyable. On s’est tous levés, on lui a tous serré la main, reconnu que nous aussi on s’était mal tenu, et c’était presque émouvant, on lui a proposé de boire un coup… C’était soudain les belles retrouvailles, la grande détente, le grand Royaume de Grande-Bretagne et France à nouveau réuni comme sur le blason, les lys et les lions, le vin et la bière, les bruns et les blonds, comme c’était, comme ça aurait toujours du être. « That’s so chevaleresque mate! I really appreciate!« . Je lui ai dit pardon pour avoir mis Booba, que moi aussi il m’écœure ce type, et on s’est tous excusé et on a payé. Puis on s’est levé de table tous ensemble comme dans Le Port d’Amsterdam, bien regonflés de joie et de communion avec nos prochains. Ce sont des moments qui comptent… Parce que ce n’est pas une vie sinon.

On n’a pas marché longtemps. juste le temps de se vautrer plus loin sur les fauteuils du « show lounge ». Allez allez drinks! Music! Sur la scène un jeune type à guitare gueulait des reprises de Keane, un soudard de service intitulé Mark a braillé qu’il fallait commander au comptoir et qu’on avait intérêt à bien se tenir.
Badaboum, six pintes atterrissent sur la table, déposées par un camarade, et puis six autres, et encore d’autres, et l’on écluse comme ça un petit moment jusqu’à ce que la vision se brouille, que les lumières les gens et les choses se désolidarisent les uns des autres comme lorsqu’on retire le calque de la planche à dessin, de telle sorte que les éléments du décor se mélangent et clignotent en désordre, comme si on était arrimé à une machine à sous.
Tout ça c’était le 1er soir, à l’aller. Le lendemain on apprend qu’un gars de notre équipe a veillé plus tard que nous et a « déclenché une bagarre avec des gros » sous lesquels il a fini enseveli au sol, écrasé et maintenu par trois gros.
Le bateau arrive à Hull. Un camarade se plaint d’avoir mal dormi.
- J’ai mal partout, l’impression d’avoir été séché et puis frit, et puis salé. Je me sens atrophié. Comme si j’étais une chips tu vois?
On monte dans un taxi puis dans une voiture louée. On roule jusqu’à Beverley, typique village tranquille du Yorkshire, une vraie carte-postale. Rues blindées de gens dont pas un seul n’est un étranger. Rien que des mamies, des « chavs », et des vieux darons à cheveux bouclés sosies de Sam Peckinpah. Affamés on est allé au « Queen’s Head » boire des pintes et manger le buffet du jour. Par la fenêtre le soleil perce, bienfaiteur, tout est pacifié, tout est simple.
- Avant nous les céfrans vivaient de façon plutôt linéaires, pas vrai?
- Oui je crois. Désormais on vivra comme en Amérique : dans l’essor ou dans le déclin.
Le buffet n’est pas self-service. Il faut dire au serveur ce que l’on désire et il vous le met dans l’assiette. Une négociation âpre s’engage entre le serveur et un de nos gars au moment de la découpe du rôti si bien que tous deux sont penchés en avant de part et d’autre du comptoir, voûtés sur la pièce de viande que l’un découpe et que l’autre jauge, le premier mégottant pour affiner la tranche et le second faisant pression pour une épaisseur maximale. Une négociation tendue, à la limite du civisme. Lors du retour vers notre table le gars ne desserre les dents que pour lâcher un cinglant « cet enculé a essayé de me puter, j’ai le démon regarde! Et en plus c’est boulé d’overcooked sa semelle. »

Plus tard nous sommes tous les six en voiture. Grand soleil. Traversée du Yorkshire. Le long break de location glisse sur un billard d’autoroute lisse comme une piscine miroir, le paysage défile.

Extraordinaire Leeds

La nuit est tombée, on marche en clique sur « Boar lane » illuminée violet, rouge, bleu, féerie du soir, jusqu’à une sorte de rue creusée, rentrée à l’intérieur d’un pâté de maison et garnie de bars sur les côtés. Voilà la trouvaille des Brittes pour canaliser leurs excès, à l’instar des allemands et leur Oktoberfest contenue dans une dépression de terrain à Munich, couvrant bruits et éclaboussures : cacher, camoufler, tasser le boxon des fêtes derrière d’épais murs en briques. Extraordinaire ambiance, présence vivante dans ce dédale où déjà les filles affluent, habillées en pute c’est le mot. Des dizaines, des centaines de filles tout d’un coup investissent les rues, des défilés d’aberrants blancs culs et cuisses et nichons et gorges et ventres absolument découverts jusqu’à la dernière limite autorisée par la loi. L’anglo-saxonne première du monde maximise le capital. Mais plus encore que cette chair c’est l’esprit des lieux qui prend aux tripes au milieu de toutes ces vieilles bâtisses, de ces vieux semi-donjons et anciennes briques car tout est rénové, c’est d’origine mais c’est poncé et lustré. C’est comme si 15 bars ouvraient dans la Conciergerie ouverte au public, où plutôt à Chenonceau oui voilà: c’est comme si la galerie de Chenonceau qui enjambe le fleuve devenait une ruelle pavée et flanquée de deux alignements de bars. Des beaux bars bien markettés, bien sexy, bien lumineux, bien proprets, pas bohèmes du tout, avec des belles serveuses bien fauves, bien aryennes, tout ce qu’il y a de plus réjouissant pour le regard.

On vide quelques pintes en se gueulant des trucs par-dessus de l’électro assourdissante, et plutôt bonne en qualité au demeurant, et puis les images se mélangent. On sort fumer, on rentre boire, on sort à nouveau… L’air est froid et nous avons chauds, ce soir c’est la joie n’est-ce pas les gadjios? Wouhouhou bah fumons du crack alors! Tout au bout de la ruelle, comme au bout d’un tunnel, on aperçoit la rue, la cité normale là-bas, les voitures qui passent, le train qui croise haut sur son pont en briques, les marquages au sol bien nets, blancs, législatifs. Les bandes de filles passent et repassent sur les pavés de la ruelle, quinze centimètre de talons sous minijupes sans manteau par moins zéro. Elles rigolent, elles se tordent la cheville, chutent, s’agrippent les unes aux autres effarées: « Heeey Hannah what haaaappened? ». Leurs piaillements se mêlent au son craché par les bars, propulsé plus fort à chaque fois que des portes s’ouvrent pour laisser entrer un groupe de taureaux, sortir un groupe de biches. Ici une noble grande meuf magnifique, époustouflante de santé raciale britannique grande et fière et droite sur voûtes plantaires convexes, des jambes comme des colonnes de temple. Que bella! Mais quelle superbe Britte! Là une escouade de cinquantenaires mis comme les jeunes, crânes rasés et polos, à croire que tous les brittes gardent à vie ces têtes de spadassin, de soudard du moyen-âge. Qu’ils soient jeunes, âgés, livreur de journaux ou ingénieurs « Oil & Gas » le crâne est rasé, le regard sourcilleux et la mâchoire bien saillante. C’est presque lassant. C’est sûr que ces types, jusqu’à l’âge de 60 ans, doivent se maraver au moins une fois par mois. A Munich en 2005 nous avions observé depuis notre voiture un daron anglais qui se battait avec son fils sur le trottoir. C’était une scène affreuse, le daron écrasait le fils par terre en gueulait des choses « you fuckin have you? you fuckin have you? You won’ mess the fuck up again! » et la mère désespérée, blonde frisée à tête rouge, essayait de tirer en arrière le type inamovible…

Mon équipe est en grande discussion au milieu de « Call Lane »
- Tu te rends compte que chacune de ces meufs a passé au moins une heure a seulement se maquiller?
- Ça prend tant que ça de se maquiller?
- C’est vrai qu’elles sont sacrément mises, j’avais pas pensé à ça. Mais qu’est-ce qu’elles cherchent, quel est leur paradigme?
- Eh bien j’ai parlé avec certaines, et elles ont dit qu’elles venaient de loin juste pour la soirée à Leeds… Qu’elles avaient fait 60 « miles » cet aprème, ça fait combien 60 « miles »?
- Ça fait 100 kilomètres.
- Alors qu’elles sont profs de maternelle, dis toi!
- Oui mais ça paie bien, prof de maternelle, dans le Commonwealth. Elle gagne plus que toi la meuf qui t’a dit ça.
- Sérieux?
- Sérieux.
- Quand même j’ai l’impression qu’on a passé l’âge pour tout ça… On aurait du faire ça y a 10 ans…
- Eh les mecs vous avez vu que y a des caméras partout dans les hauteurs?
- Oh putain! On est en train d’être vidéo-surveillés…
- Vidéo-protégés mec! Tu as pas vu comment Valls il répond « vidéo-protection » pour retourner le couillon qui l’interroge sur la « vidéo-surveillance »?
- Exact! C’est de la dialectique ça, le premier des combats c’est est un combat dialectique, qui se mène debout sur scène, et en « impro », or peu de gens se le tapent, ce boulot là…
- Et quand y a un Soral qui se tape le job tout le monde se fout de sa gueule…
- Quel enculé ce Valls quand même…
- Oh ça… Ils mettent de la vidéo, soi-disant « protection », de partout maintenant!
- Ski veut dire que si tu es avec ta meuf et que tu lui mets une pounche romantique au fond d’une rue, en mode à l’aise, en fait il y a un agent de sécu’ dans un bureau qui regarde et qui se guinnsse dessus et à la fin tu retrouves ta vidéo au tribunal!
- Ou sur vidéo gag mec…
- Ou sur youporn mec…

Des dizaines, des centaines, peut-être des milliers de filles en mini-jupes emplissent les rues ce soir. Jamais on ne voit ça en France, même en France de souche pourquoi? J’ai une théorie: c’est parce qu’elles ont la trouille à la fois pour leur image de marque et pour leur sécurité. Dans le monde anglo-saxon cette trouille n’existe pas. Car toute la société est tournée dans un seul sens: l’épanouissement des bonnes femmes. C’est à cela que servent toutes les caméras, la concurrence commerciale, les règles ultra-coercitives (« it is against the law!« ), c’est pour qu’au bout du compte la jeune femme puisse faire son choix absolument librement et objectivement, et jamais ne risque quoi que ce soit physiquement. Et concernant l’image de marque la chose est entendue: dés le lendemain toutes ces filles changeront de tenue. C’est une sorte de « déguisement pute », ce qu’elles portent. C’est cette culture là qui influence le reste de l’Occident. Tout semble effectivement partir de ces Mandy, Heather, Laura, Hannah (les anglaises s’appellent toutes Laura ou Hannah) des working class, émouvantes et dures, grandies au gravy, aux briques rouges, au brouillard et à la pluie irrémédiable.

- Tu as vu comment ça se passe ici? C’est les meufs qui viennent nous parler! C’est complètement taré…
- Bah ouais elles se sentent en totale sécurité…
- Mais est-ce que tu as vu le ratio de filles qu’il y a ici? Il y a 4 filles pour un type! La France c’est le contraire c’est 4 connards pour une pauvre meuf, voire 8 pour une à Paris!
- On est tombé chez les cinglés… Comme je suis content de connaître cette putain de ville oh putain!
- Mais tu te rends compte ici quand tu as la THUNE mec? Le PLAISIR? Comment tu dois toutes les pounches, ces working-poors?
- Ouais peut-être mais les gars qui sont exempts de ça ils meurent tous à quarante ans dis-toi…
- Putain s’teu chance!

Un camarade engage une conversation avec la copine gouine d’une sorte de déesse à carré plongeant. Cette dernière soudain pète un câble et le pousse des deux mains, en mode racaille, BAM! Genre « aya kess tu dragues ma meuf! » Dans le bar la musique s’arrête presque, tout le monde nous regarde. Est-ce que va y avoir un fight? 

On se barre gentiment, faut surtout pas qu’on se marave ici sinon on est fichu je crois. En sortant je remarque que la table la plus proche de la porte est occupée par une escouade de meufs qui boivent leurs cocktails dans des pailles-bites et des pailles-tonfa, des pailles « fantaisie ». On quitte le bar, on quitte la ruelle, on cherche un casse-dalle. Le Macdo! Il est très exactement une heure du matin. Le Macdo est bondé. Buée sur les vitres, néon sur-éclairant, barouf de hall de gare à l’intérieur, filles déchaussées assises dans tous les coins à même le sol, vautrées, vomissantes, s’épaulant les unes les autres, la tête dans les mains et la tignasse teinte en noir corbeau couvrant leur face, mecs en baggy qui brandissent des gobelets de coca-cola, employés de Macdo qui lutent contre des monceaux de sacs poubelles… Et derrière le comptoir! Des grappes de caissiers et de « grill-men » affairés sur leurs machines, leurs bippers, scrutant des écrans, secouant des paniers, livrant des sacs en papier brun… Ils sont peut-être cent marmitons frénétiques à s’agiter pour trois cents clients et la moyenne d’âge de l’ensemble ne dépasse pas vingt-cinq ans. On fait une queue de 15 clients qui s’épuise en une minute tellement ils sont efficaces. C’est pas du tout la gabegie banlieusarde. Une nuée de serveurs dépose une platrée de choses sur des plateaux et ça y est nous voilà déjà attablés. Un couple à côté, la vingtaine pas plus, nous remarquent et nous vendent un sombre plan cul incompréhensible. On les laisse parler, puis on leur dit que faut pas nous prendre pour des cons. Ils s’en l’air vont très choqués. Ils jouent vraiment bien la comédie.

Que s’est-il passé encore? Je ne sais plus. On oublie tellement de choses. Que reste-t-il de notre soirée célébrant la fin du bac par exemple? On ne sait plus ni où ni avec qui c’était, ni la musique qui passait ni la météo qu’il faisait ni rien… On oublie tout alors que sur le moment la sensation est tellement présente, tellement forte qu’on devrait pouvoir la conserver intacte pour toute la vie.

Beaucoup plus tard nous avons rendu la voiture et nous sommes présenté à l’heure à l’embarcadère pour le trajet retour en bateau. Un grand type chauve (c’est à dire un britannique) avec un uniforme nous a barré la route. Il nous a dit de le suivre, a stoppé devant un portique de sécurité, a sorti une feuile A4 de sa poche intérieure et a commencé à parler en nous regardant dans les yeux alternativement tous les 6, en passant bien deux secondes par ganache. Il a dit qu’il est responsable de la sécurité du bateau et qu’il est au courant du bordel qu’on a fait à l’aller., qu’on a déclenché des « troubles majeurs ».

- I have here in this report a detailed track record of the different problems that occured during your way on!
Il brandissait la feuille.
On a demandé à la lire mais il a refusé parce que ce serait d’ordre confidentiel. Cependant en se penchant un peu lorsqu’il regardait un tiers, on distinguait parmi les lignes écrites très serrées en caractères d’imprimerie régulièrement le mot « DRUNK » surgissant en majuscule.
Il a exigé de nous un comportement exemplaire. On a promis.

Beaucoup plus tard, au cours d’une soirée sur le continent un chauffeur de taxi racaille (un « taxirax »), conte ses anecdotes professionnelles. « Et stuveux le gadjio je le dépose devant chez lui, y me paie… Et y voulait pas sortir. Sur le perron y avait son compagnon gay habillé EN CUISSARDE qui était là et le gadjio y voulait m’sucer il insistait, y s’est mis à pleurer, y PLEURAIT POUR M’SUCER, et j’étais là je le poussais dehors, je poussais je poussais, et y pleurait y pleurait, et quand j’ai démarré y courait encore derrière le taxi… ».

Enfin voilà.

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Périurbanisation tranquille

Récit — Article écrit par le 13 novembre 2013 à 8 h 13 min

Au sommet de l’église mais dans un recoin sombre afin de ne pas pouvoir être aperçu et reconnu, Pierre ********* observait la petite ville paisible de ****** qui se vivait comme un village depuis toujours.

Ses habitants n’auraient guère aimé être considérés comme faisant partie d’une aire urbaine selon l’INSEE. Mais, à cause de l’arrivée à l’Est de la commune de deux entreprises gigantesques de redistribution de colis chinois pour toute la France, créant une continuité urbaine avec la Grande Ville d’à côté, tout était remis en cause. Cette continuité n’était pourtant qu’un mince corridor bétonné dans la campagne, mais suffisant pour que leur village rejoigne désormais le statut de ville périurbaine.

Le maire apparenté socialiste soupira.

Cela signifiait également à coup presque sûr que le Front National ne tarderait pas à s’y implanter aussi.

Il essaierait alors de négocier avec le parti central une place dans la communauté de commune, ou le conseil département. Voire régional. Au besoin il menacerait de passer ouvertement au Front National afin d’obtenir son strapontin.

Ou bien il ferait comme tous les autres.

La politique, il l’avait compris depuis bien longtemps, était l’art de se laisser remplir par ses administrés. A l’électeur devait pouvoir déverser en lui ses préoccupations et ses marottes quand il le croisait. Son rôle de bon politique étant de se laisser remplir sans la moindre réticence apparente quelque soit le contenu. Ce ne sont pas que des mots. Chirac démontrait ça très bien en bouffant toute la nourriture qu’on lui présentait sur les marchés. Ou bien on pouvait aussi parler d’une écoute attentive -comme on disait dans les séminaires de formation de son parti.

Alors, si la sociologie de son village en voie de périurbanisation devait changer, il faudrait simplement écouter attentivement les récriminations xénophobes et racistes des petits blancs ayant fui la Grande Ville et son cortège de violences dites urbaines et ressemblant à s’y méprendre à des violences raciales. Il écouterait. Prêterait une oreille attentive. Et expliquerait ensuite qu’il avait bien compris le message et qu’il ferait ce qu’il faut pour que ce problème soit réglé ou, plutôt, qu’il n’arrive jamais jusqu’ici.

Au pire, pour crédibiliser, il se ferait photographier un jour avec Chevènement -ou sa dépouille momifiée.

Une réputation de crypto-fasciste honteux se bâtissait plus rapidement de nos jours qu’une bretelle d’accès à une nationale.

Cela devrait plaire également à son électorat de droite traditionnelle.

Qui ne voyait toutefois pas d’un bon œil l’arrivée de ces employés primo-accédants.

Il faut comprendre se disait-il intérieurement alors qu’il quittait discrètement l’église. Jusqu’ici, c’était la campagne. On pouvait presque imaginer des résidences secondaires au bord du petit étang. Ou une maison de famille avec la grand-mère à l’année, accueillant à chaque vacances scolaires ses enfants et petits-enfants.

Or, désormais, cela devenait un lieu de relégation sociale pour une population chassée par des bobos et des immigrés.

Des gens qui n’ont même pas été foutus de conserver leur chez-eux…

Tout ceci n’augurait rien de bon.

Si ces cocus éternels de l’histoire, employés de bureau aujourd’hui et ouvriers hier, débarquaient chez lui c’est que le bordel n’allait pas tarder à arriver. Il avait même attrapé deux ou trois adolescents de cette immigration de-souche mais récente dans le village en train de faire des « quenelles » épaulées sous l’abribus de ramassage scolaire.

La nuit semblait plus noire aussi.

Il fallait se rendre à l’évidence.

Les heures les plus sombres de notre histoire s’abattaient sur la commune.


Holiday jam

Récit — Article écrit par le 9 juillet 2013 à 2 h 58 min

Il ne se passe tellement rien dans ce paysage intellectuel FR que le moindre billet un tout petit peu pertinent peut se retrouver vite sous le feu des projecteurs ou plutôt sous le halo des bougies, par défaut. L’autre jour j’avais la surprise d’entendre un très éminent bonhomme sur une radio dire que son blog préféré était celui-ci. Je parie que certains gros porcs à tête de porc viennent aussi par là avec « ces yeux qui épient ». Il n’y a plus « Subversiv », Costes est muet, les gars de Cancer! et Tsim-Tsoum idem, Surlering calme plat bref y a plus tchi du tout c’est simple. Comme on se fait chier c’est pas Dieu possible. Moi je rêvais de cent Edouard Baer pour remplacer un seul Jacques François mort, lui même légion pour remplacer un Léon Daudet ou Edmond Rostand. On se fait CHIER quoi à moins d’être assez épais pour trouver bonne la merde mainstream. Fins esprits où êtes-vous? Allez y a bien comme ça des Luchini, Gaspard Noé vite fait qui font plaisir une fois tous les dix ans. Mais pas de quoi renvoyer les cloportes d’ESC à ce qu’ils sont et propager cette impulsion d’esprit impétueux, fort, qui danse en équilibre, ce truc insaisissable.

 

Quand ma grand-mère Jeanne est morte il a fallu prendre le train pour Paris. Décès + Paris c’était une combinaison de choses très énervantes. Trajet donc passé à boire des bières et à faire chier le monde et notamment un genre de fonctionnaire moisi à qui je voulais particulièrement faire comprendre cétékilboss et lui racketter son fric. Souvenirs alcoolisés embrouillés cependant à la gare j’ai le souvenir d’un pédé arabe jeune alpagué de force : « mec tu connais CITEBEUR dis? ». D’abord il a nié, à la troisième fois il a avoué, oui il connaissait. Ah l’infâme. Et puis il a barré de trouille dans les escaliers parce que j’étais bien taré je crois. J’ai coursé le fonctionnaire jusque dehors la gare, jusqu’à un arrêt de bus. Il faisait nuit, tous les éclairages me semblaient multicolores pleins d’appels palpitants et de promesses comme quand j’avais 17 ans. Le type il faisait le bonhomme quand même il faut reconnaître, parfois il se retournait excédé il essayait un coup de pied dans le tibia. Son bus est arrivé à la volée, de mon souvenir il est monté sans payer dedans en marche comme les GI’s au Vietnam dans les hélicoptères comme ça d’un saut et la porte automatique s’est refermé sur mes tambourinages, le moteur a vrombit la machine a pris de la vitesse, impossible de la rattraper bientôt j’étais plus qu’au niveau de la porte arrière j’ai balancé la canette de Jupiler dans la vitre. Suis retourné dans la gare mais y avait plus rien à gratter. Le lendemain à l’office une hystérique mariée à escrochu a dit au micro que Jeanne, « femme de gauche » était ceci et puis cela, enfin n’importe quoi.

 

Ferme ta gueule sale grosse putain

 

Bouche pincée tu ne sais pas tu ne randonnes pas à pied comme moi sur un faux-plat tu n’as pas reçu en cheval de troie dans le sang la haine raciste à mort de ce monde contre le gène blanc répandu dans le monde non-blanc et son amour éperdu pour le gène non-blanc répandu dans le monde blanc. Viré de tous les jobs et de tous les pays, jamais aucun avocat aucun défenseur toi aussi tu deviendrais fou. Tu te mettrais à crier tu perdrais toute ta bouche pincée tu retournerais tous les bouquins tous les fourrés tous les arrières-magasins pour trouver la solution. Tu aurais comme perdu la peau, les muqueuses à vif et hurlement au moindre frôlement, tu serais comme ces chevreuils pris dans la glace qui ne comprennent pas que le pompier vient pour les sauver et qui essaient de l’encorner, tu ferais du mal à ceux qui te veulent du bien tu répondrais à dessein à la minauderie par la haine comme les tarés qui ne veulent pas qu’on les touche.

 

J’aurai ces fils de putes à l’usure

 

Une mignonne à la gare d’Austerlitz, regard une fois deux fois trois fois, quatre secondes droits dans les yeux c’est elle qui les baisse la première et rien moyen de faire trop de nerfs trop de nerfs c’est une malédiction. On a barré par le parking taxis. Cette fois encore il n’y aurait rien. Déjà 16h. Encore quelques minutes et l’on rentrerait sans avoir touché cette vie mille fois promise et tous ces mondes qu’on n’auraient pas pu découvrir iraient un chemin qu’on ne connaîtrait jamais.

 

For fuckk sake

 

Les genres merdeux d’ESC. Ils ont des joies, ne savent pas les goûter, caviar aux cochons. Leur vocabulaire correspond bien à leur sensibilité grossière. En vrai ils ont peur ils savent qu’ils sont des nuls et des lâches et demeurent secrètement interloqués de chacun de leurs succès. Ils sont comme les Hongkongais en voyage d’affaire à qui l’on fait glouglouter du Nuits-Saint-Georges dans les restaurants. N’est pas qu’il a un bon goût de vin ce vin?

 

Mieux vaut être camelot du Roy que voyou de la Gueuse gros

 

Alcool = poison. Fille jolie sans foulard = occasion de guerre. Les faits divers et l’expérience de rue valident le projet taliban afghan. C’est moi qui aie raison c’est pas toi.

 

J’aurais voulu avoir un grand frère, un premier de cordée qui défriche le passage qui prenne les coups et en rende quelques-uns pour pouvoir me faufiler à sa suite sans trop de dommages ayant retenu la leçon apprise par un autre.

 

Vulnérabilité du nombre. Immense troupeau bavard où chacun sait extrêmement bien raisonner, développer, accuser le voisin, se justifier mais où chacun a peur. La plus magnifique preuve de cette chose réside dans ces reportages animaliers lorsque les buffles barrent tous comme des cons à la première hyène venue alors qu’ils peuvent l’encorner mille fois.

 

Monde de métis-fils-de-putes et de Blancs honteux, donc Lounès qui n’est ni l’un ni l’autre est haïssable à la fois par le bled (sale bâtard!), par les immigrés (sale traître!) et par les Blancs anti-blanc (sale facho!). Dans le même temps le même monde produit en série des milliers de Enzo Bendaoud et de Franz-Noah N’diaye unanimement sur-favorisés sur-aimés surprotégés.

 

Et maintenant monsieur vous allez me remettre l’intégralité du contenu de votre portefeuille.

 

Donne tes bijoux le drôôôle! (Les Visiteurs)

 

Comment t’as fait pour en arriver là? Pourtant t’étais au top mec avant. (Jackie Brown)

 

Ces mots qui sonnent comme des pétards, comme des échappements de rectum en travail. Ecoutez plutôt: « schrameck », « herkowitz », « yiszraahck », ces consonances gutturales, ces borborygmes qui jurent comme des tâches de merde sur la nappe ce sont des avertissements pour tester l’anesthésie du « patient » (!). Des jurons pareils devraient faire sursauter d’horreur la part encore authentiquement vivante de l’être du même nom mais nenni. Ce n’est qu’une fois passé la barre des schramerdovitz qu’ensuite on peut vous donner toute la mesure, toute l’amplitude du coup de rein qui pistonne, lâcher complètement la bride et envoyer du lourd, du puissance mille shrapnell explosif par millions d’immigrés tous plus Ben Bastoufah-Bombala les uns que les autres. Les mignonnes bien soumises lorsque « Pontarlier » nom de jeune fille tourne Sadoune, Merguezaza, Kessoufy comme le lait tourne fromage, les immondes maçons des ministères trois cent fois corrompus, les commentaires dithyrambiques sur l’admirable Abiker l’admirable Fitoussi, sur « ce fameux jeune prodige surdoué qui a inventé une application révolutionnaire », toute la flagornerie ordinaire en forme d’autoroute sur ton jardin peut à l’aise se faire voir en plein jour en pleine lumière sans aucun risque et le pauvre cochon de payant ne comprend même pas.

 

« Au dessus d’une foule de fils de putes qui ne peuvent rien mon but est atteint »

 

En Novembre dernier à la manif nationale de la Casapound il y avait tous ces jeunes types issus du peuple et peuple n’était pas un vain mot. Cuistots de pizzerias, interdits bancaires, Ray-Ban Vespa et Stone Island et patriotes jusqu’aux os, des bonhommes. Ah comme on aimerait la même jeunesse pour la France. Les seuls mouvements d’extrême-droite valables sont ceux qui commencent d’abord par loger des familles de souche pauvres c’est ça qu’il faut faire et ça qu’ils ont fait dans plusieurs villes d’Italie. Il y a des pages magnifiques dans Les Beaux Draps sur la famille et les enfants. C’est là que le bavardage peut cesser et l’action commencer, par la charité vécue avec « des papas mamans partout » et des locaux dont on enfonce les portes et change les serrures pour loger les gentils Pontarlier-Véssières-Dutheil-Langlémont. C’est cela qu’on peut faire et on le sait très bien.

 

Grenoble et tout le sud-est c’est déjà le début de l’Italie et ça se sent ça se voit dans les cadastres, sur les tronches et les toilettes des gens. Notamment sur ces meufs pas trop brunes pas trop châtain à bras imberbes et museaux rassérénés de pectine et bêta-carotène. Visages qui prennent admirablement la lumière.

 

Gare de Grenoble, Gare de la Part-Dieu, Gare de Termini. Les plus belles meufs du monde je les ai vu dans des gares.

 

Pauvre daron français si humble si bon si gêné aux entournures dans une société atrocement déboutonnée, ricaneuse, brutale, le tout sous un soleil de plomb sous une crise de plomb mais full of crâneurs et bonasses, Z4 et tablées en terrasse, full of shit.

 

Si les gauchistes étaient des bonhommes ils brûleraient les écoles de commerce

 

« Mais comment ça « non »?? Moi y a aucun garçon qui me dit non! » Comme elle était mignonne…

 

I don’t wanna die but I ain’t keen on living either. Coucher de soleil, vue dégagée, vent dans les arbres. Au feu rouge 2 loufiats de souche dans une Polo avec Robbie Williams Feel poussé fort, ils me miment l’extase acappella, on se regarde, sourires pacifiques. Cause I’ve got to much life running through my veines going to waste. Ils démarrent en trombe.

 

 

 

 

 

 

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Grenoble 1997-2006

Récit — Article écrit par le 7 janvier 2013 à 23 h 10 min


S’il fallait décrire rapidement l’ambiance de cette époque et de ce lieu je proposerais cette vidéo. Elle n’a pourtant rien à voir : il s’agit des émeutes de Vancouver en 2011 lorsque les fans de l’équipe de hockey locale déçus d’une défaite en finale face à Boston s’en sont pris non pas aux fans de Boston traînant dans les rues mais au mobilier de leur propre ville, détruisant des véhicules et pillant les magasins.

Grenoble c’était exactement comme ça les soirs de fête. Or il y avait des fêtes tout le temps: les soirs de fête de la musique, de Beaujolais nouveau, de manifestations, de nouvel an, de fin d’année scolaire, de fête de fin des examens, de brocante, de retour du printemps, les soirs de concert en plein air… A toute occasion c’était ces rues noires de monde avec des gens qui se battent puis qui courent pour leur vie là-bas dans les grappes nimbées de rayons de soleil rasants, cet inamovible fond sonore de tam-tam (ça s’appelle du « djembé », Chocapic « joue » du djembé) on a entendu du tam-tam toute notre jeunesse, des happenings de gallo-romaines complètement magnifiques avec des museaux allongés et des tenues impossibles, des vieux moisis populaires à barbe mêlés aux jeunes on ne sait pourquoi, des cohortes de fils de riches habillés en skater et en « big bang squad », la petite avant-garde du graffiti (« tain là-bas c’est Sonick du VSK il a peint 100 trains l’année de son bac t’imagines 100 trains ») et les zikosses de 40 ans à bouc et barbiche et casquettes de Marine che Guevarra qui pontifiaient en roulant des cigarettes roulées, et nous on avait 17 ans on prenait ça en pleine tronche lorsqu’on quittait nos parents divorcés le soir pour aller mater un film chez un ami soi disant tu parles : on allait voir la vie pleine de promesses dont on aurait sûrement une part, les vapeurs de 8-6 et d’Amsterdam Maximator, les fumées de shit très boisés (« tain il est bon ce tamia », nez bouché de celui qui recrache la fumée), les zoulettes bénies de toutes les grâces avec des mouvements qui exprimaient l’au-delà, le sous-sol de la gare à l’époque ou il était ouvert au public et qu’il y avait des battles de break qui duraient des aprèmes entières… C’était nul et pourtant ça vrombissait de vie vivante tout ça, à t’en remplir toutes les voiles jusqu’à la fin de tes jours.

C’était ce mélange, cette coïncidence, cette conjonction de plusieurs évènements très intenses tressés ensemble et il fallait danser sur cette corde, sur ce fil d’Ariane qui devait ne jamais s’interrompre. Comment après ça tu voulais t’intéresser aux études et à cette légende débile qui disait qu’il faudrait bientôt choisir une voie, « se construire un avenir » se faire chier dans un travail écrit avec des chiffres et pas de bruit, dans les déglutitions du voisin. Mais c’était le combat de la vie contre la mort tu comprends. C’était de cet ordre là. 

Le niveau de vie, l’intensité de vie qui t’était proposée  était tout simplement pas refusable. 

Aujourd’hui? Aujourd’hui c’est tellement calme. 

Mais dikave le sourire qu’elle fait, comme elle a l’air heureuse…



En passant.

Récit — Article écrit par le 13 juin 2012 à 10 h 53 min

Madrid. Dimanche 10 juin 2012, réveil 7h10. Les travelos et les fêtards finissent leur nuit en bas de chez moi. Je n’ai presque pas dormi. je me lève, passe sur la balance, 6-7 kg au-dessus de mon poids de forme. Enterrement de vie de garçon (fois 2) plus mariage + voyage de noces…en l’espace de trois mois. J’enfile mon short du PSG, un maillot et part arpenter la rue. À peine sorti de mon immeuble, un premier travelo brésilien fait péter ses talons sur le bitume et me fixe, je commence mon footing. Un peu plus loin, un second travelo absolument ignoble, probablement d’Amérique centrale, avec un unique sourcil comme un minautore, ou comme Emmanuel Chain, s’arrête, il est complètement défoncé, me dit « Vamos ». Rien que de le voir, j’ai la gerbe. J’ai envie de vomir toute ma bile…je continue mon jogging, un autre couple de pédales, tout muscle bandé, les pupilles plus dilatées que les miennes lors de mon dernier fond de l’oeil chez l’occuliste…J’arrive enfin à m’extraire de cette faune et file vers le Retiro. C’est absolument vide, magnifique, rien ne peut m’atteindre.

Je rentre. J’ai perdu 400 calories et 700 grammes. L’après-midi, je vais me promener en plein centre ville, là où j’habite, les rues sont vides, comme les magasins. C’est inhabituel. Nadal joue à 15 heures, la Roja à 18 heures…ceci explique cela, les types qui habitent las urbanizaciones, certaines désertes, ne sont pas venus. La veille au soir, les banques espagnoles ont obtenu 100 milliards d’on ne sait pas trop qui, soit disant sans conditions…ils se doutent bien qu’ils devront payer, ils épargnent déjà pour plus tard. Un des thèmes de Don de Lillo, est la foule, et plus précisément, l’inconscient des foules. Lors de l’incipit (mot que j’ai appris l’année de préparation du bac français et qui est resté) d’Outremonde, il y a une scène assez ébouriffante (est-ce le mot). Ce sont les finales des world series, dans les années 50, le match de l’année, je crois, avec des actions légendaires. Souci, les tribunes ne sont pas pleines, alors que ce genre de match se joue à guichets fermés, Don de Lillo relie cette absence de foule au fait que les Soviétiques ont fait péter leur plus grosse bombe à hydrogène ou atomique le jour même ou la veille. Les gens ont eu peur et ne sont pas sortis. J’ai assisté à quelque chose d’assez semblable dimanche 10 juin 2012 dans les rues de Madrid.

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Il y a peu, j’ai visité pour la 3ème fois l’Escorial. C’est à 50-60 kms de Madrid, à 1000 m d’altitude et ça a été fait par Philippe II, fils de Charles Quint. De mon impression, c’est un bâtiment qui allie la foi  catholique la plus mystique et l’esprit de conquête militaire le plus vaillant, c’est vraiment la croix et le glaive…on y sent vraiment une atmosphère particulière, guerrière et mystique…c’est étrange, beau, fascinant. On a envie de s’abandonner à Dieu tout en déclarant des guerres à la Terre entière. C’est aussi la sépulture des rois d’Espagne. Deux anecdotes. D’un côté les hommes, de l’autre les femmes. Exception faite d’un homme qui repose avec les femmes, et de sa femme qui repose avec les rois. On savait être cruel à l’époque.

La seconde anecdote relève plus du mystère. Voici la tombe de Philippe IV. Pourquoi 4 en chiffres romains est-il écrit IIII plutôt que IV? Je n’ai pas trouvé d’explication, je pense que j’aurai pu l’avoir si j’avais suivi un guide, mais je refuse par principe de me mêler à un groupe qui ne fait que rire, qui n’a aucune capacité de concentration et dont le guide ne fait que boutades et autres blagues. Si quelqu’un a la réponse.

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Après l’élection du 6 mai dernier, j’avais décidé de plus trop me mêler de politique, de ne pas critiquer inlassablement le nouveau président. Je ne voulais pas qu’il y ait un déchaînement de haine envers Hollande semblable à celui qu’a enduré Sarkozy pendant cinq ans. Mais la dernière de Trierweller est trop belle et Hollande trop faible. Trierweller a de la haine envers Royal, parce qu’elle est, cette dernière, tout ce que l’autre n’est pas. Une journaliste politique, c’est tout comme un critique de cinéma. La première aurait voulu faire de la politique tout comme le second aurait voulu être réalisateur…si tant de journalistes se mettent avec des hommes politiques, c’est tout simplement parce qu’elles ont l’illusion de détenir du pouvoir et de faire de la politique…Ensuite Hollande, lors de ses premiers ébats avec  Valérie, il a dû lui dire à quel point Ségo était horrible avec lui, qu’il était malheureux, rabroué, que c’était une Thénardier et lui un pauvre Gavroche…c’est la technique des mecs qui savent pas séduire, se faire passer pour une victime, en appeler au côté Madonne des bonnes femmes…à leur instinct maternel, d’ailleurs Trierweller a bien plus de la mère que de la concubine…elle dit à François comment s’habiller, quoi manger, qui nommer…et comme toute mère, elle cherche nuire à ceux qui ont fait mal à leur enfant…on a eu des faits divers sanglants pour moins que cela.


Plus ou moins 12 accouchements avant 2012

Récit — Article écrit par le 24 décembre 2011 à 16 h 30 min

Pour remonter les audiences d’Ilys, Il Sorpasso a décidé de frapper un grand coup à Noël et de faire dans le tabloïd d’élite en publiant tout et n’importe quoi : JMM et ses filles nues, par exemple! Sollicitée par Il Sorpasso pour un « mes douze machins trucs » je suis tombée dans des abîmes d’angoisse et d’interrogations et j’ai décidé –Noël= naissance dans une crèche =bonheur=esprit de la Nativité respecté !-  de vous livrer l’histoire de mes neufs accouchements, je me suis dit que ça vaudrait bien douze gerbes de la part de lecteurs. Ou bien douze paragraphes. Et que cela complèterait quelques virils articles à la sauce survivaliste. Quoi de plus « survival » qu’un poupon au milieu des ruines après tout??  Vous allez voir que ces histoires d’accouchement frisent très souvent la survie la plus basique et l’improvisation la plus totale. C’est un des moments dans la vie d’une femme et d’un homme où toute maîtrise nous échappe et c’est intéressant de se confronter dans sa vie à ces risques « ultimes ». Il y a des façons plus classes de le faire, certes, mais une Miss Potts n’est pas classieuse, simplement pondeuse. Quoi qu’il en soit, je pense que vous aurez l’amabilité de comprendre que s’il faut attendre que j’accouche VRAIMENT douze fois, hé bien ça risque de ne pas arriver. Oui, je sais : vous êtes déçus-déçus-déçus. L’Occident passera à cause de ces chrétiens qui veulent pas faire de mouflets, heureusement certains vous ont expliqué  que tout passe, même le Chrétien. Et que c’est pas trop grave a priori.  C’est fou, je sais. Allez vomir.

La naissance de mon aîné a été charmante et gracieuse en tout points ; depuis la nuit où nous nous sommes réveillés mon mari et moi dans une mare de flotte, en passant par le moment où, pliée en deux par « les douleurs de l’enfantement », j’observais passablement ahurie mon mari en train de faire son nœud de cravate. –« Mais tu fais quoi ?-Ben je me fais beau pardi! Tu voudrais quand même pas que le bébé ait une mauvaise image de son paternel dès le départ !! » Abasourdie par la logique imparable du raisonnement, je me traînais en bas des 7 étages sans ascenseur du studio parisien dans lequel nous logions, et m’affalais dans notre 4L. Qui ne voulut pas démarrer. Pendant un temps très long. Finalement tout rentra dans l’ordre et nous arrivâmes dans une clinique privée très huppée et, au bout de la nuit qui n’en finissait pas, mon mari sortit son saucisson dans la salle d’accouchement et se mit à dévorer benoîtement ses rondelles pendant que j’agonisais. « L’image paternelle » avait-il dit ?

Ici, je me permettrais une petite incise, un peu plus grave, mais les récits de Noël se doivent d’alterner la bonne humeur et une forme d’émotion plus profonde : c’est le moment de cette alternative. Ceux d’entre vous qui souhaitent continuer dans le bien lourd sauteront sans complexe ce passage, bien évidemment.

Deux jours  après la naissance du fiston, j’étais avec mon père dans ma chambre et le bébé avait été emmené pour des examens médicaux de routine. Soudain, une infirmière-religieuse (clinique privée tenue par des sœurs) arrive et me dit brutalement : « l’enfant a de la fièvre, il nous faut le transférer dans tel hôpital, mieux équipé pour les soins aux nourrissons ». La foudre m’est tombée dessus à ces paroles, la foudre et la Mort parce que j’ai vraiment cru un instant (et mon père aussi) que l’enfant était au plus mal. Je me suis tournée vers mon père, sans lui dire un mot (je ne pouvais pas parler) mais avec un regard qui a du être des plus explicites car ce dernier s’est immédiatement tourné vers l’infirmière en lui disant d’une voix décidée : « Ma sœur, il y a ici un verre d’eau, s’il faut baptiser l’enfant, nous le ferons immédiatement ». Il vous faut comprendre, chers lecteurs,  que mon Néerlandais de père avait envoyé aux orties à l’âge de 18 ans sa foi catholique et qu’il ne pratiquait plus. C’était un sujet tabou à la maison .D’où l’émotion qui m’étreint encore aujourd’hui en écrivant ces lignes et qui provient de l’incroyable compréhension qui s’est opéré en deux secondes chrono,  en un regard, le mien, qui voulait dire mais sans oser (baptiser l’enfant signifiait qu’il était mourant et je ne pouvais pas l’admettre et donc  l’exprimer) et celui de mon père qui a tout compris de mon désir immédiat et qui a fait fi de ses doutes et refus personnels. L’infirmière a réagi alors en expliquant que le bébé n’était pas à l’article de la mort, que le baptême urgent n’était donc pas utile et mon père a emmené lui-même dans sa voiture  son premier petit-fils se faire soigner dans un hôpital voisin. Je n’ai jamais oublié cet instant, l’émotion est toujours aussi vive et puissante. Le souffle de la mort et le souffle de Dieu s’étaient croisés au-dessus de nos têtes, tout simplement.

Reprenons cette chronique d’un genre particulier…

Pour mon E., c’est l’image maternelle qui en prit un coup. J’avais terminé un dîner avec quelques amis, j’avais rangé ma cuisine, mis en route mon lave-vaisselle lorsqu’il me fallut partir ; toujours avec la fameuse 4L… Nous sommes tombés un soir de pleine lune, au milieu d’une demi-douzaine de parturientes (le mot peut faire vomir, chers lecteurs, ne vous gênez pas) et nous dûmes témoigner de l’urgence de mon accouchement en prouvant que ma pauvre petite fille s’étranglait avec son cordon. Oui, il faut se battre parfois pour accéder à une salle d’accouchement ! Tous les coups sont permis ! Trop tard évidemment pour une quelconque péridurale, mes nerfs lâchaient et je traitai la sage femme débordée de  « pétasse ». Mon mari, choqué et toujours très gentleman, même au milieu de l’apocalypse (lecteurs d’élite, retenez cette leçon : on ne perd pas ses bonnes manières même en plein  Chaos), me reprit immédiatement avec un solennel  et définitif: « Mais enfin voyons ! Tais-toi donc et accouche ! » J’obéis, mortifiée et honteuse. Une ravissante crevette naissait alors, minuscule, et la sage femme, perfide, me glissait : « vu son poids ridicule, vous l’avez certainement laissé mourir de faim pendant neuf mois  à cause d’un problème de cordon atrophié ! » je crois que je ne me suis jamais remise de cette réflexion abominable et les quantités astronomiques de nourriture que je prépare tout le temps trouvent leur origine en ce soir de septembre.

ML : aucun souvenir d’accouchement (lecteurs, profitez-en pour vous rafraichir  et boire un verre d’eau)…  Elle était parfaite mais gloutonne  et prenait tellement de lait qu’une sage femme décidait dès le deuxième jour de la mettre à la diète en la privant du sein maternel pendant trois-quatre heures. Epuisée par les hurlements de ma dévoreuse, j’obtenais un billet de sortie du médecin pour aller cuver ma déprime dans le bar d’en face de la clinique. Tout ceci en short et t-shirt des plus élégants (lecteurs, autre leçon du survivaliste d’élite : une accouchée se doit de retrouver sa ligne de jeune fille dès la maternité et éviter les cheveux gras, la paupière lourde, le teint blafard et les peignoirs en tissu éponge).  Il faut dire que je partageais ma chambre avec une espèce de gauchiste mariée à un vieillard divorcé et déjà père. Ce dernier avait accepté de faire un mouflet à sa jeune épouse mais ne voulait guère en entendre parler et ne rendait pas visite à sa pauvre femme qui découvrait, seule, les affres… heu les joies d’une maternité. L’ambiance était glauque et entre deux tétées, je témoignais de mon expérience auprès de la pauvre fille esseulée prête à se flinguer et à vendre le petit au plus offrant.

F. : joie des accouchements en province ! Lors d’une dernière visite médicale, dans son cabinet, le médecin me poussait à intégrer directement la maternité en ville (30km de chez moi) parce que le cordon, là encore, s’invitait un peu trop autour du cou de mon bébé. Je repris comme une grande la BX rouge pétante (avec aileron arrière pour faire plus beauf ou sport à votre convenance) avec ML  sous le bras (trop petite à l’époque pour aller à l’école comme les deux aînés). Sur le lit d’accouchement, ML, assise quasiment sur mon ventre, grignotait des biscuits en attendant que mon mari arrive et l’emmène ailleurs pour que je puisse accoucher tranquillement. Du suivant.

P. : arrivé dans l’après midi, je téléphonais sur le lit d’accouchement à mon mari pendant que la sage femme me récitait  mécaniquement le rituel « poussez madame, vous y êtes presque ». Je livrais mes instructions : « va chercher les enfants à l’école, tu trouveras le goûter dans le tiroir du buffet, n’oublie pas les devoirs, il faut donner le sirop à F. … » La conversation s’éternisait et l’accouchement aussi il faut bien l’avouer.

R. : partie au milieu de la nuit, j’arrivais au bord de l’accouchement à la maternité  grâce aux dos d’âne qui fleurissaient la route (30km encore) et la sage femme qui  recevait dans ses mains le poupon tout cyanosé  (cordon une fois de plus) s’écriait avec un air pincé : « Je n’ai même pas eu le temps de passer ma blouse ». L’enfant était un peu sonné mais se remettait assez vite de cet accouchement express. Moi aussi d’ailleurs. Mais je gardais une  plus importante fatigue que pour les précédents ou plutôt, à cause des précédents, et je me souviens d’un début de baby blues… J’avais fini par mettre R. dans un coin reculé de la maison, au bout de dix jours seulement, et lui avoir dit un soir : « Tu sais, R., Maman t’aime très fort, mais là je crois que cette nuit, si tu pleures, je ne viendrais pas te voir, je suis trop trop fatiguée. » Une amie compatissante m’avait conseillé de parler à l’enfant. Je crois personnellement que cela servait surtout à me déculpabiliser…  mais bon. Quoiqu’il en soit, mon Rémi a du comprendre quelque chose ou accepter bêtement l’inévitable, car il a fait ses nuits très vite.

Les jumeaux : nous étions alors de retour en région parisienne et l’accouchement devait se faire au bloc opératoire pour prévenir toute complication. Sans mon mari. Mon mari n’a pas assisté à tous les accouchements, loin de là,  et je crois pouvoir dire que ce fut pour son plus grand soulagement (et le mien aussi d’une certaine façon, on ne peut pas dire qu’on soit vraiment sous son meilleur jour à ce moment là ! Lecteurs, vous pouvez vomir encore…). B. arrivait assez vite sans péridurale évidemment et G., au contraire,  n’était pas résolu du tout à sortir… coincé bien haut au chaud dans mon ventre, il se présentait par le siège comme tous les jumeaux et l’on finit par m’endormir pour le déloger, ce rebelle. Lorsque je me réveillai quelques minutes après, les deux poupons étaient là, tous mignons et je m’exclamai d’une voix pâteuse : « pourquoi ne m’a-t-on jamais endormie pour les autres ??!! C’est le plus chouette accouchement que j’aurais vécu… » Les suites ou plutôt les débuts avec ces deux lardons furent épiques : il nous est arrivé, le premier mois, de donner au milieu de la nuit deux biberons d’affilé au même bébé et de laisser crever de faim l’autre. Mon mari, mort d’épuisement, prenait les trains pour aller travailler et ne se réveillait qu’au bout de la ligne, parfois grâce à la main compatissante d’un voisin assis en face.

G., mignonette et pressée est arrivée sans bruit –déjà fort bien élevée- sous le drap du lit pendant que la sage femme cherchait un stylo pour me faire signer des papiers…Je vous livre pour cette petite dernière un récit plus détaillé, même si vous êtes au bout du rouleau, chers courageux lecteurs… Adhonc, oui, les papiers et l’accouchement…. Nous sommes aujourd’hui  à l’ère Administrative et du moment que les règles sont respectées on peut vous expliquer sans mentir : «Tout Va Bien,  il n’y a pas de dysfonctionnements ! » Je ne disais rien, occupée à mon affaire, mais je sentais bien qu’elle pointait le bout de son nez… Mais comment expliquer au médecin que le bébé arrivait alors qu’il FALLAIT SIGNER LES PAPIERS ?? Autant parler à une autiste… j’ai donc gardé mes forces pour accoucher de la petiote.  Mon mari avait demandé en m’emmenant plus tôt dans la soirée s’il n’y avait pas moyen que le liquide amniotique perdu  (mare de flotte dans la bétaillère qui en a vu d’autres rassurez-vous et non, je ne détaillerais pas aujourd’hui ces « autres » !) se reconstitue ? Vraiment pas ?? . Une façon absurde, il faut en convenir,  de repousser l’accouchement  comme nous repoussons le problème de la dette aux calendes grecques. Lecteurs, retenez encore cette dernière leçon : on a beau être un philosophe forgé au réalisme le plus forcené, il arrive que le délire vous prenne par surprise car l’homme n’est pas que raison.

Une fois l’accouchement passé  ainsi que la visite de toute la horde, la journée s’était déroulée tranquillement et j’avais retrouvé quelques gestes oubliés auprès de ma fille. Le soir, changement de service, changement d’ambiance. Vers dix heures, une sage-femme revêche faisait son entrée, me demandait si tout allait bien, me recommandait froidement de ne pas l’appeler (« nous sommes débordées ! ») et me disait enfin du bout des lèvres qu’on allait se charger de ma fille pour la nuit (la première nuit, les bébés sont généralement pris en charge par les sages-femmes ce qui permet à la mère de récupérer un peu de forces) dans une heure. J’acquiesçais timidement. A deux heures du matin, le bébé pleurait plein pot, toute à la joie de la découverte de ses talents de vocalises et, prise de vertiges, je verdissais pendant qu’à l’horizon rien ne poudroyait ni ne venait. Je finis par sonner : « Ah, on vous avait oublié… » Bon. Les soirs suivants furent semblables, je demeurais seule dans ma chambre avec le poupon et connaissais à nouveau la joie des nuits blanches. La télé devint ma compagne la plus fidèle et la plus aimable, je passais par tous les programmes télé ; j’apprenais tout,  par exemple, sur le brame du cerf. Un autre soir, rediffusion de reportages sur les sites de rencontres et sur le problème des prostituées. Plusieurs hommes témoignaient : « Ma femme vient d’accoucher, alors vous comprenez… Je vais aux putes ! ». Avec ma fille dans les bras, je m’indignai : « Bande de connards !! ». Là, la télé comme soutien, c’était vraiment foireux… Je passai alors aux architectes de l’extrême : beau métier… Pour un de mes enfants, par exemple, plus tard peut-être, dans le monde en ruines post apocalyptique, il y aura tout à reconstruire après tout.

Voilà, maintenant que tout est démystifié, même un accouchement,  c’est pile ou face désormais : soit vous serez désireux et tout bouillants de vous lancer dans la grande aventure de la vie, soit vous jetterez l’éponge que vous avez passée tout au long de cette lecture et vous déciderez que, hum, tout ceci n’est pas pour vous. Et que le monde ne vaut pas le coup qu’on s’y attache. En tout cas, pas de cette façon. Mais il y en plein d’autres… Chantal Delsol dit que « la vie est aventure » et que  « les peuples capables de durer seront forcément des aventuriers », « des êtres spirituels plus que rationnels car la raison ne court jamais l’aventure », des êtres « nourris par l’espoir, lequel n’a rien de rationnel » et espoir qui suppose que « toutes les joies du monde n’ont pas encore été répertoriées. »

Je vous souhaite,  chers aventuriers-lecteurs, de tout cœur, d’être tout à fait déraisonnables comme nous l’avons été, mon mari et moi, et avec  votre sang, votre sueur et vos larmes de traquer et  de trouver  de nouvelles joies dans vos vies.

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mes plus jolis coups de fric [2]

Récit — Article écrit par le 2 décembre 2011 à 22 h 34 min

Madame Mouchard

Maître B, c’est mon avocate.

Elle et moi, nous sommes allés six ou sept fois en justice, nous avons tout le temps gagné, et c’est vous dire si ce n’est pas la moitié d’une conne.

Je vais d’ailleurs confesser un vice: j’aime l’odeur des prétoires, et je ne me sens rarement aussi à l’aise que devant une barre…. C’est bien simple, je crois toujours revivre, lorsque j’envoie du papier bleu aux imbéciles, aux sophistes et aux menteurs, car alors, je ressens l’agréable impression de les prendre par la cravate et de les traîner dans ma cave pour leur faire passer l’envie de mentir à coups de pied… Le métier d’avocat est le plus beau du monde, et contrairement à ce qu’affirme la rumeur publique, on ne gagne pas en justice grâce au mensonge, mais en forçant ceux d’en face à ne plus mentir, en contraignant la justice bourgeoise à s’en tenir aux faits.

J’ai lu Platon dans les coins, et j’ai toujours fermé ses livres avec une certitude: Socrate est un avocat, la pensée occidentale est sortie du crâne d’un avocat. S’il coince tous les sophistes contre un mur, c’est parce qu’il impose aux démagogues un code, qu’il leur interdit les approximations, les subjectivités, les opinions ni faites ni à faire, les couillonnades qui passent à peu près quand l’orateur fait des moulinets avec ses bras et qu’il fait circuler sa main dans ses cheveux en parlant pour impressionner les abrutis, à l’instar des imbéciles Chevènement et Villepin.

La plus belle affaire que nous avons mené à bien, Maître B et moi, c’est la mise en coupe réglée de Madame Mouchard, laquelle, d’ailleurs, ne s’appelle pas Madame Mouchard…. Si vous n’aurez pas le nom véritable de Madame Mouchard, c’est que d’une part, je suis tenu au secret professionnel, et que d’autre part, ce pseudonyme va bien au teint de cette salope, vous pouvez me faire confiance… Il s’agit d’une femme de soixante ans nantie de l’épouvantable accent de Saint-Etienne, qui enfile des blousons en faux cuir sur des tailleurs qu’elle achète à Carrefour, qui a un fils handicapé moteur, ce dont personne ne pourrait lui faire grief si cette connasse n’envoyait pas sa souffrance de mère à la gueule de quiconque s’avise de la contredire.

La salope de Saint-Etienne m’a téléphoné un jour à midi pour me dire qu’elle acceptait l’offre de mon client, qu’elle était bien d’accord pour vendre son bien au prix de 90 000 € et qu’elle serait bien dans mes murs à 18 heures.

Malheureusement pour elle, la salope de Saint-Etienne s’est autorisée à me rappeler vers les 17 heures pour me dire qu’elle ne viendrait pas, que l’un de mes confrères lui offrait 2000 € de plus que moi, qu’elle chiait la honte et que pour du pognon, elle ne se contenterait pas de vendre sa mère, mais qu’au besoin, elle pouvait livrer.

A 17 heures, j’ai tenté d’expliquer à la conne qu’elle nous avait donné sa parole, que je hais les parjures de toutes mes forces et que par-dessus tout, je maudis cette nouvelle race de salauds charriée par l’époque, celle des enfoirés droits dans leurs bottes qui vous mentent parce qu’ils croient vraiment qu’ils en ont le droit…

J’ai tenté de raisonner cette arrière petite fille de serf émancipé, mais tout ce que j’obtenu, c’est la phrase suivante: j’ai rien signé, moi, Monsieur XP, tout cela dit et redit naturellement avec le monstrueux accent de la France profonde dont je vous ai parlé…

Le soir, j’ai diné avec Maître B. Elle m’a alors fait toucher du doigt que la salope de Saint-Etienne allait nous servir son fils handicapé moteur à toutes les sauces, qu’elle allait gémir, se rouler par terre, faire chier la bite au procureur de la République en lâchant des petits cris de femelle outragée, et ça n’a pas manqué de se passer comme ça.

Sur les minutes du procès, cette conne évoque son fils handicapé six fois. Rien de moins. Bien entendu, elle nous a raconté aussi qu’elle ne dormait plus la nuit, qu’elle prenait des cachets pour trouver le sommeil à sept heures du matin, ce à quoi Maître B. a répondu de la seule manière qui vaille: Madame Mouchard, avez-vous oui ou non donné votre parole à midi pour la reprendre à 17 heures?

En cumulant le fric que j’ai obtenu pour mon client acheteur, les honoraires de Maître B. et naturellement, mon pognon à moi, nous avons pris 14 000 € à Madame Mouchard…. Maintenant, grâce à moi, elle sait pourquoi elle couine, la descendante de serf.

Je l’aime bien, Maître B. Non contente d’être intelligente, de bien faire son travail et de tenir la bière et la mer, elle est à tomber par terre.

je ne vous ai pas dit le plus beau: après l’audience, en ouvrant discrètement une porte, j’ai surpris son avocat en train d’essayer d’expliquer à la salope habillée d’un faux cuir pourquoi elle avait perdu, il ne faisait jamais que lui répéter ce que venait de dire le juge, mais il n’obtenait qu’une réponse qu’elle recrachait boucle, en s’essuyant le nez: Mais j’ai rien signé!

La barre de rire, je vous jure…


That was only that

Actu, Citations, Récit — Article écrit par le 29 novembre 2011 à 12 h 30 min

[Je me permets de rediffuser de ce texte, dont cette chère Crevette vient de me rappeler l'existence... Je le trouve pas trop mal, et le Radotage fait partie des droits de l'homme imprescriptibles, que je sache... Et puis c'est très bien, les vieilleries. Ce qui est très vilain, ce sont les nouveautés qui ressemblent à des vieilleries... Rien de plus beau que Barbey d'Aurevilly, rien de plus vilain qu'un auteur du XXIème siècle qui écrit comme Barbey d'Aurevilly. Ces gens-là, on devrait les arrêter en douane et les pendre, mais c'est une autre histoire.]

Je suis mort ce dimanche.

Je n’ai pas le sentiment d’avoir beaucoup souffert, les derniers jours, en tous cas beaucoup moins que le pensaient mes proches quand ils me voyaient suer comme un cochon dans mes draps…. La veille, on m’a fait sortir de mon lit pour que je marche autour de ma chambre, j’étais courbé et diminué comme une allumette calcinée mais je n’avais mal nulle part, ce qui n’a pas empêché mon petit neveu de se mettre à pleurer en imaginant la souffrance dont il me croyait frappé à cet instant-là…. Il faut dire que le matin, j’avais pissé dans mon lit et que la bonne m’avait en catastrophe enfilé un pyjama bariolé avec des carreaux jaunes et violets qui devait ajouter une touche pathétique au tableau…

Qui a raison et qui a tort, dans cette affaire? Est-ce que j’ai souffert autant qu’ils l’ont cru, ou bien aussi peu que j’ai cru le ressentir? La vérité doit se trouver entre les deux… Il y a quelques années, j’avais survolé les mémoires d’un soldat sudiste assez insipides, mais j’avais retenu qu’il comparait la décharge de chevrotine qu’il avait reçu dans la cuisse aux   gros coups de sabot que lui donnait le cheval de trait dont il s’occupait à la ferme, avant la guerre…. la mort et la vie, les amis jurés et les ennemis mortels, la souffrance et la joie, quand on se retourne et qu’on ne peut plus que se retourner, ce sont autant de choses qui nous nous font dire Mon Dieu, ça n’était que ça? Quand est-ce que ça commence vraiment? Oh, metteur en scène, qu’est-ce que tu fais?…Quand est-ce, le vrai bonheur ou les vraies flammes?…  C’est bien cette idée qui nous traverse la tête, quand on va mourir… Faites-moi confiance, je sais de quoi je parle, je viens d’y passer.

C’est étrange à dire comme ça, mais les six ou sept semaines de mon agonie n’ont pas été les plus désagréables de mon existence… Dans ma petite enfance, j’étais malheureux comme une pierre, je recevais des gifles, je n’étais ensemble avec personne et je me traînais comme si j’étais déjà vieux… On m’envoyait chez des orthophonistes et des psychologues, on me parlait tout doucement en tête à tête ou l’on m’envoyait des coups de pieds au cul, mais rien n’y faisait et personne ne pouvait entamer la montagne de spleen que j’avais dans le ventre et ne pouvait rien contre ce malheur qui n’était le fruit d’aucune circonstance, qui est ce qu’il convient d’appeler un état…. Cependant, même au dessous de cette chute fantastique de larmes, je connaissais des joies indescriptibles quand je me couchais le soir et que je frottais mon nez sur mon oreiller, gagné par une conviction qui ne m’a plus jamais quitté selon laquelle rien n’est grave et tout va bien.

Plus tard, disons trois ou quatre décennies après, j’ai réussi socialement dans des proportions dégoûtantes, j’ai fait entourer d’un mur trois hectares dans le Massif Central et j’ai même engagé un garde du corps Yougoslave pour qu’il tourne autour de la propriété en Jeep, avec une Kalachnikov posée à l’arrière… Dans le village, on m’appelait le fou, on s’écartait de mon passage quand j’allais à la supérette pour acheter mes conserves au volant de ma Porsche, cette défiance n’ayant entre parenthèses jamais empêché les bouseux du coin d’essayer de caser leurs filles ou leurs fils chez moi, dans le cas où j’aurais eu besoin d’un jardinier ou d’une femme de ménage… Je faisais enterrer mes chiens et mes oiseaux sous le grand chêne, je passais mes journées à jouer avec mes pieds, et je vous jure que j’étais alors aussi heureux que l’enfant à l’oreiller.

Sur la fin, donc, j’ai  connu ma troisième phase de plénitude  et de nouveau l’incroyable certitude que le bonheur existe mais qu’il ne repose sur rien, qu’on ne va jamais le chercher mais qu’il vient…. Comme une hirondelle qui se pose à la fenêtre un instant, si vite que vous avez l’impression d’avoir rêvé à l’hirondelle et qu’elle vous a dit à bientôt.

Je ne sais pas pourquoi la famille m’a envoyé au funérarium… Selon mon avis, ma chambre à coucher aurait parfaitement fait l’affaire, mais enfin ce n’est qu’un détail… Je m’éloigne petit à petit, je les vois maintenant d’en haut, comme lorsque je prenais de la cocaïne… Bon Dieu, mais alors, ça n’était que ça…. L’Existence, ce n’est donc que la répétition générale de quelque chose de plus important…

J’entends quelqu’un qui vient, je vous laisse….


Darbois (commune de)

Images, Récit — Article écrit par le 19 octobre 2011 à 20 h 57 min


Digressions impudiques et prétentieuses

Récit — Article écrit par le 3 octobre 2011 à 23 h 47 min

Continuer à écrire sur un blog alors que de nombreux lecteurs vous connaissent est une activité un peu gênante. Ca donne l’impression de se désaper en public en sachant que l’on est regardé. Cependant je continue, n’étant pas de nature très pudique. D’ailleurs tous les potes que j’héberge me le reprochent lorsque je sors de la salle de bains. Je ne prends pas de serviette moi (ni de gants). Connaître ses lecteurs à mon avis est la raison pour laquelle tant de blogs s’arrêtent. « Quand on parle trop on est vite réduit au silence ».

En italien il paraît qu’il existe une façon de se présenter qui, traduite en français, correspond à « je fais ». C’est-à-dire que les gens ne disent pas « je suis Chirurgien » mais « je fais le Chirurgien. Je fais le commercial » etc… Quelle belle façon de se présenter. Belle et honnête et humble : « je fais » et pas « je suis ».

Or partout depuis 2004 aux quatre coins du monde il n’y avait presque que des caricatures de gens, et pas des gens. C’est-à-dire des gens qui SONT « commercial », « journaliste », enculeur de mouches etc… Ils sont fatigants ces types, et tous ces petits pédés qui ont fait des ESC. Bon je l’ai déjà dit. Mais voilà c’est mon honneur je ne rêve pas d’être un petit chef des ventes qui fait des réunions le matin tenaillé entre la « culture du résultat » de son entreprise et son poster de DDHC sur fond de drapeau rastafari dans ses toilettes, ultime relique de ses principes d’étudiant gauchiste. En fait je suis resté un vrai bon gauchiste conséquent et intègre quelque part.

Le Pélagien me dit que ses copines aiment qu’il les baise comme des chiennes. Que ça le choque même, qu’elles soient aussi salopes et se mettent à dire des insanités, mais qu’il n’y a que comme ça qu’elles le respectent et l’aiment. Je lui dis que ce paradoxe bien connu est le problème numéro un de toute relation. Les filles ne sont jamais autant respectueuses et aimantes que lorsque l’on se moque d’elles, les baisant en les insultant de pute ce qu’elles sont bien, et c’est comme ça, c’est le jeu. Et elles ne sont jamais autant méprisantes que lorsqu’elles sont aimées et chéries et mises sur un piédestal par le « garçon gentil ». Mon meilleur ami lorsqu’il baise avec une fille il l’insulte de tous les noms et il lui mets des coups de poings dans les côtes : des coups de poings dans les côtes en levrette et la fille presque à chaque fois elle kiffe et gueule sa mère (la pute). Et d’après ce que je sais il l’encule aussi systématiquement et lui crache dans la gueule. Et la fille le trouve « tellement formidable ». Or ça c’est exactement l’étrange accomplissement de vie sexuelle unaniment souhaité par toute fille urbaine libérée, paradoxe vérifié en personne sur le terrain, mains dans le cambouis, oui le cambouis. Or je ne peux pas me comporter comme ça si j’aime la fille ou bien si elle a une beauté un peu noble, un peu nordique avec une belle ligne d’arcade sourcillière et des pomettes hautes et entre les deux des grandes billes un peu tristes. Ca m’incline à l’admiration la noblesse de la tronche, jamais au cochonnage. Une fille tu la tripotes un tout petit peu et elle se met à délirer, à vouloir être démolie et salie et cochonnée et elle l’exprime clairement, ça tout le monde le sait et peut l’expérimenter. Et à mon avis n’en déplaise à l’admirable peuple noir qui a tant à nous apprendre, mais c’est précisément pour cela que les Noirs sont kiffés. Ce n’est pas du tout pour ces conneries de « les femmes au vainqueur » tout ça, mais pour la promesse de cochonnage. Parce qu’ils représentent précisément pour les femmes des autres races  la possibilité la plus certaine de dégringolade dans la merde, dans le délice merdeux de l’abandon à la déchéance (contrairement aux Chinois qui représentent l’échelon le plus besogneux, sérieux et chiant disponible, et qui sont comme par hasard les moins kiffés par les femmes des autres races) et donc détiennent la plus grande charge de dégueulassage possible. C’est plus fort que tout ce tropisme là, ce raffolage pour la salissure et ça explique tout : les guerres la pornographie la chute de l’empire romain, tout. C’était pour décrire ça, ce texte un peu brutal qui s’appelait « Ce qu’elles veulent ».

Autre chose. Récemment il y avait dans une cour de récréation de maternelle une petite fille autiste d’origine lituanienne qui d’habitude ne parle pas et reste isolée dans son coin, et qui a essayé d’aller vers les autres, en l’occurrence ses petits camarades. Eh bien elle est allée s’accroupir sous une table de ping-pong qui se trouvait dans la cour, y a retrouvé d’autres petits enfants qui jouaient aux billes là-dessous et là elle s’est mise simplement à crier « aaaaaah » comme ça, avec un sourire, à crier de toutes ses forces comme ça juste pour crier, pour rire. Et sous la table de ping-pong tous les autres enfants qui étaient massés ont repris ce cri par jeu, spontanément. Et tous les enfants criaient sous la table en chœur et ça réverbérait le son très fort dans toute la cour, et ça produisait une puissance de décibel incroyable. « AAAAAAAAAAAH » comme ça en continu, tous les enfants, tous jubilatoires, tous criants de concert de toutes leurs petites forces, absolument ravis du bruit qu’ils étaient capable de produire. Et cette image-là observée par hasard un matin restera gravée dans ma mémoire, au même titre que certains souvenirs du Japon lorsque j’avais 4 ans, l’effroyable victoire du FIS en 1991, les mains parcheminées de ma grand-mère Jeanne pointant sur la frise chronologique l’année 1989 pour figurer l’année présente, et nos vacances à Avoriaz en famille lorsque nous étions une famille unie. Vraiment cette image de la petite fille autiste et blonde et toute fragile qui avait réussi à entraîner tous les gamins dans son jeu… Un jeu gratuit, simple ferveur gratuite et joie pure, crier comme ça, crier avec le sourire. Tous, sous la table de ping-pong, c’était comme s’ils touchaient à la vérité et au nerf de la vie comme ça dans leur petit monde à eux, et le monde des adultes continuait autour, un monde stupide et brutal, répétitif et déconnecté de toute notion du « gratuit » justement. C’était magnifique.

Or il n’y a que ça le gratuit. Rien à foutre même en me forçant, d’une carrière et de monter en grade c’est-à-dire devenir manager d’un bureau de force de vente. Mais vraiment rien du tout à foutre et ce ne sont pas des paroles en l’air de conversation de fin de repas, j’en ai donné toutes les preuves, traitant ce genre de travail avec sérieux, mais faisant tout foirer exprès au dernier moment par des bouffonneries et des foutages de gueule bien ostensibles, juste pour délirer. Mes collègues ont toujours dit que j’étais « une erreur de recrutement » et ça c’est le plus beau compliment qu’on m’ait fait. D’ailleurs je n’ai pas fait d’études, ai toujours pénétré des tas de milieux « business » en me conformant du mieux possible (c’est-à-dire très mal) aux codes en vigueur parce que je n’ai que mépris pour ces codes et que je suis très con et primaire, mépris pour toute cette merde, pour tous ces « merci, oh de rien » pour ces gens qui se tiennent les portes, qui s’essaient à la vie d’honnête homme alors qu’ils sont incorrigiblement des mufles et que la muflerie suinte par tous les pores de leur peau (de porc) et qu’il n’y a aucune vraie récompense dans ces modes de vie mi-tiède. J’ai déjà décrit le truc on ne va pas le refaire.

Se dire de gauche et jouer au poker et écouter Black Eyed Peas pour moi c’est comme de manger hallal ou casher mais de parler sur les culs des filles qui passent. Or il n’y a que ça partout, je ne vois que ça. La mosquée et la syna’, la tradition comme habitude, jamais comme vraie questionnement moral honnête. A vous dégouter de la religion ils sont, tous ces types. C’est là que je comprends un tout petit peu tous ces Français blancs qui ne veulent plus aller à l’église. Cela dit, non, je ne les comprends pas, ce n’est pas une raison. Ils n’ont qu’à chercher, s’intéresser, se faire humble devant ce qui les dépasse, persévérer. La bêtise c’est de la flemme disait Brel plus ou moins. Oui voilà c’est de la flemme. Idem tous ces merdeux d’ESC, ces marketings ces commerciaux à la merde. Lorsque tu es invité chez eux il n’y a aucun livre nulle part, par contre il y a une énorme télé. Et ils se disent de gauche, tous les ESC aujourd’hui se disent de gauche. Et les senior partners de Sherman & Sterling c’est des gauchistes jusqu’à la garde aussi et ils ont tous voté Obama. Plus d’élite, plus rien. L’élite américaine lit Closer, oui monsieur I swear on my Honor je l’ai vu je l’ai vécu, je connais toute cette merde j’ai bouffé avec eux je suis allé chez eux, je les ai vu ivres, je les ai vu face à des racailles (se chier dessus), je les ai vu dans presque toutes les situations humaines possibles : Soral a raison ce sont des « tapettes intégrales ».

Le Pélagien me raconte ses histoires de baston. Contrairement aux miennes lui s’acharne sur le fâcheux jusqu’à fracasser le crâne contre un support, ce genre de choses. Il ne se contrôle plus, n’a plus aucune pitié notamment lorsque l’embrouille touche à sa sœur ou à sa meuf, les vrais nerfs de toute guerre depuis cent mille ans. Honnêtement je ne vois pas les choses comme ça. Dans une bagarre il ne faut pas détruire l’autre car c’est très laid le sang, les dommages graves, la peine, la réparation de la peine etc. Il ne faut cogner que s’il y a une attaque vraiment très exagérée, et encore si cela est possible il faut éviter. Ce que je préfère lorsque quelqu’un manque vraiment de respect c’est le choper en face à face (il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas) et sans le frapper le confronter non pas à ses poings mais à sa propre lâcheté. Sans intermédiaire, sans pote, sans couteau, sans police. Alors mon gars, bah ? Y a plus rien ? A chaque fois ils chient dans leur froc, et à chaque fois que j’ai un contentieux je fais ça et ça prend le temps qu’il faut pour que ça arrive mais ça arrive. C’est peut être mes origines orientales ce truc de « l’honneur à tout prix» que je trouve si débile chez les racailles, mais que j’ai. Mon père qui est FDS dit que ça ne vient pas de lui « en tout cas ». L’honneur, ce truc que les gauchistes appellent « dignité » est extrêmement important. Par exemple je trouve que toutes les filles blanches surtout les jolies devraient être voilées (juste un foulard opaque qui cache les cheveux) afin que leur beauté supérieure n’attire pas d’ombre à l’honneur de leurs frères et de leurs pères. Quelques caucasiennes mettent un voile pour passer dans certains quartiers sans être emmerdées, alors qu’elles ne sont pas muslims du tout. Voilà des initiatives encourageantes. Digression : écouter le magnifique morceau « honour » de Eric Durbet (c’est la BO de « Seul contre tous » au générique de début et de fin).  

De nombreuses femmes contredisent sans pitié leurs hommes dans des dîners entre amis et ainsi attentent à « l’honneur » de leur bonhomme. Je connais comme ça certains couples ou la fille est extrêmement dure et martelante (façon Lio en interview un peu) et castratrice et le type complètement soumis et effacé. Il parait qu’il y en de plus en plus des couples comme ça. Le mec ne peut pas en placer une, la fille avorte sans demander au type, exige des tas de trucs alors qu’elle ne sait même pas bien sucer ni correctement jouer à la pute lorsque la porte de la chambre est fermée. J’ai mal pour ces types. Ai un peu envie de les tarter mais ai surtout mal qu’on accepte de descendre aussi bas pour pouvoir encore baiser. A la façon de Ordell Robbie dans « Jackie Brown » il faudrait les attraper par le paletot en leur demandant « Mais comment t’as fait pour en arriver là ? Pourtant t’étais au top mec avant ».

Lorsqu’on grandit on s’épaissit, on pue davantage j’ai remarqué (haleine, sueur, tout), on se muflise, on s’intéresse à des trucs chiants, on se raidit bref, on n’est plus du tout apte à crier « aaaah » sous une table de ping-pong avec des camarades. Tiens c’est pour ça que j’ai apprécié la chasse à l’homme nocturne avec des potes dans les bois (à Darbois mon petit domaine en France) récemment : quelque chose de vraiment drôle, vraiment débile et vraiment gratuit. Mais ne digressons pas trop. On s’épaissit, on grandit et on se merdifie c’est une chose acquise. Et peu à peu ne vous passe plus dans les veines au lieu d’un feu de joie qu’un tout petit entrefilet, un tout petit ruisselet rance de ferveur ancienne délayée dans un gros torrent de fioul lourd bien lourd, bien ralentissant et épais. Attendez, voilà la citation originale : « La France est à refaire. Là où il nous faudrait un lyrisme de feu on nous propose des jus de pandectes. Misère ! » signé Céline. Ce que j’ai ri en lisant ça la première fois. Eh bien tous ces endormis tous ces raccourcis tous ces diminués je les vois chaque jour depuis le bon temps de Grenoble. Et je les vois et je parle avec eux pour être poli et prends bien garde à adopter une posture un maintien et une retenue impeccable. Quelques contacts brefs et écourtés le plus possible avec des gens pas trop bêtes mais chiants à mourir qui parlent d’un air soucieux, se frottent l’œil puis l’oreille puis croisent les bras puis les jambes puis regardent leurs pieds puis s’en vont en toussant. « merci beaucoup, oh de rien ». C’est simple j’ai envie de leur mettre deux tartes dans la gueule. Et ils font ça pas qu’avec moi, c’est avec tout le monde que leurs relations sont à ce point coincées du cul, embourbées. Franchement c’est fou comme les gens vivent peu, comme ils se détestent, comme ils ne peuvent pas vivre ensemble, comme chacun de leurs gestes instinctifs trahit une irrévocable haine du prochain, haine jamais passée au tamis de la tô-lé-rance alors qu’ils n’ont que ce sale mot à la bouche. Ce que la vie a pu être belle, et simple, avant. Enfin bref.

Ce qui me mine avec ces histoires de métissage depuis que je suis petit c’est que moi de par ma filiation je sois considéré comme une sorte de mamzer mais que les autres en face, tous les fils de putablaks ils soient considérés comme les admirables enfants bénis de toutes les semences de la terre. Que moi je n’aurais pas le droit de vivre et qu’eux auraient davantage le droit de vivre que la moyenne.

Vendredi soir, verre en terrasse au parvis de St Gilles qui est l’équivalent des quais à Paris: un truc sur-bobo blindé de monde partout  composé de quarantenaires ventripotents à barbes qui bossent dans l’évènementiel et de petites nanas très salopes qui jouent à la berlinoise sophistiquée, de nombreux gayz, de « zikosses », de dreadeux, de tout. C’est dans ce genre de lieux « carrefour des mondes » que se déroule LE combat. C’est là le paradis pour des petites populations mâles très prédatrices et secrètement hostiles à la majorité silencieuse. C’est du 100% furtif et efficace et adéquat avec la demande.  Ceux qui ont tout pigé ce ne sont pas les gros racailleux dans le cliché de la racaille que l’on voit débarquer à 100 mètres mais toute cette récente génération habillée en chemises à petits carreaux, avec des jeans serrés et des trucs multicolores, « fun ». Tout sympa à l’extérieur mais tout méchant bien brutal haineux bourreur de cul de ta sœur à l’intérieur. La génération Batofar, la génération vernissage dans le Marais. Là c’est imparable. C’est là qu’il y a toutes les petites connes trop bonnes complètement déracinées et bien abruties de propagande pro-enculage par les fils de Cham. Ces derniers ils sont très tolérants : pour sûr que ça ne les dérange pas d’être en minorité face au pédé blanc, au quarantenaire ventripotent blanc à barbe, au dreadeux blanc, au « zikosse » blanc, toute cette inoffensive merde bien châtrée. Ca ne les dérange pas du tout. Ce qui pourrait les déranger c’est le beau gosse blanc genre Nekfeu mais souvent ils se mettent pote avec lui (le gros con de beau gosse blanc ne demande que ça) et ça leur fait un sauf-conduit qui permet d’accéder aux petites connes trop bonnes lors des sessions dragues à plusieurs. Ce qui peut vraiment les déranger ce ne sont pas les hommes, jamais, mais ça peut être les meufs trop bonnes qui sont un peu xénophobes et claniques. Quand c’est la fille et non le mec qui a des solides principes de vie, alors c’est imparable. « Celui qui tient les femmes tient toute la société ». Lénine. « Pour nos sœurs qui seront les mères de demain, ouesh ouesh cousin ». Mafia K1 Fry.

Ce soir-là, un verre avec une meuf qui avait du vernis à ongle rose fluo mat et se mettait une rince d’enfer à base de 6 pichets de rosé et devenait de plus en plus castratrice façon voix rauque et œil torve à mesure qu’elle était pilo, le genre « mademoiselle chante le blues » ratée. Son meilleur copain (qui est bien sûr de la TATA) n’était pas là mais une de ses copines est passée, elle avait une bague au deuxième orteil de chaque pied, des Havaiannas et était âgée de 40 ans sans enfants. Elle nous a dit qu’elle a un nouveau mec , que « c’est le black là-bas avec le turban et les tresses » (on va dire que je fais des fixettes mais non c’était vraiment comme ça), et puis la meuf aux rosés a commencé à être vraiment trop pilo défraîchie et à dire de la merde et à un moment elle est partie aux toilettes et j’en ai profité pour me BARRER chez moi.

Le lendemain réveil à 6 h du mat direction la ville de Spa à côté de Liège pour une sorte de randonnée toute la journée dans la campagne sous un cagnard de plomb avec que des gens très comme il faut. Retour 22h, sommeil.

Dimanche matin j’essaie d’aller à mon rendez-vous secret mais tout BXL est bloqué en raison d’un putain de marathon et je tourne en bagnole impuissant sans pouvoir franchir le cordon alors je pète un câble et arrête la voiture et descends et insulte tous les coureurs qui passent à base de « ah t’as pas l’air tarte toi mon gros en train de suer ta graisse, t’as qu’à faire des jeûnes si t’es un bonhomme », « kess t’as toi kess tu veux regarde devant toi » « magnez-vous tas de merdes vous bloquez toute la ville bande d’enculés »… Et dans les coureurs à un moment y a Mickaël Youn qui est passé. Bref et puis impossible de bouffer à midi, trajet direct place Flagey pour se mettre complètement pilo à jeûn avec deux mecs tradis fort sympathiques. On a bu des bières tout l’aprème dans des parcs en squattant les pelouses et en mimant des embrouilles de racailles avec d’autres types, et ils se sont battus contre un chauffeur de bus parce qu’ils gueulaient « allah wakbar » au milieu d’un boulevard et le mec (ostensiblement barbu et muslim) a arrêté son bus au milieu du boulevard avec tous ses passagers pour se battre contre eux. Ils m’ont racontés, moi j’étais allé acheter des bières. Partout des centaines de bobos avec leurs belles épouses bien fraîches et bien vivifiées, j’ai demandé à un zouf qui jouait de la clarinette dans un parc de « venir me jouer un petit air de flûte » en lui montrant mon sarce mais il ne s’est pas exécuté. On était complètement secs et les autres ils m’ont cassés les couilles pour que j’aille à la church parce que j’étais le seul à pas y être allé ce dimanche. Alors à 18h30 j’y suis allé dans une petite chapelle ultra-tradi ou tout est exclusivement en latin et en étant complètement pété je calculais tchi. En y allant avec le tram y a eu embrouille parce que le chauffeur du tram habillé tout en racaille avec des fausses wayfarers aux verres fumés argentés (véridique) ne s’est pas arrêté à « Stéphanie ».

-          Monsieur pourquoi on va à « Louise » ? Vous ne vous êtes pas arrêté à « Stéphanie » ?

-          (accent de racaille) Bah nan personne a appuyé

-          Mais enfin c’est l’heure de pointe vous auriez pu vous arrêter non ?

-          (accent de racaille) Bah nan personne il a appuyé

-          (il m’énerve alors je fais aussi un horrible accent de racaille, celui de Rohff je le fais très bien, avec les « t » et les « p » prononcés avec juste le rebord des lèvres, comme si on crachait chaque mot) Wâ wâ mâââ… Tâ d’vâs t’arrêter t’sâ kwâ.

-          (surpris) Vas-y retourne derrière me soûle pas, t’as bu me soûle pas

-          Ah wâ ? Ah bah tsékoi pârle même pâs avek moi. Tsékoi t’as fait genre zarma t’allais t’arrêter et tu t’es pas arrêté s’pas bon tsékoi.

-          Vas-y lâche moi sinon j’appelle la sécurité et ils t’embarquent au prochain arrêt takompri

-          Aya s’pas bon comment t’as fât. Faut pas faire comme ça. T’sais quoi moi ? Moi, mwâ… mwâ tu vois moi, mwâ… c’pas comme twâ. C’pas la même. Twâ, voilà twâ. Mais mwâ, par’hrapport à twâ…

Comme ça tout du long jusqu’à « Louise » pour bien lui casser les couilles.

Ressorti, retrouvé les autres, re-pilos et y a Mickaël Youn qui est passé rue Vleurgat dans un 4×4 allemand avec une nana sur le siège passager. On lui a parlé vite fait, ou plutôt on lui a gueulé « aaaah eeeeeh aaaah Mickaëëëël Youuun », des trucs d’ivrogne, et puis on est allé à l’étang et il y avait plein de putablaks c’était le festival des putablaks incroyable, la fin du monde. On a encore failli se battre mais je les ai bien guidé j’étais le moins ivre et on a chanté « à bas la république » et on est bien rentrés vers 22h, dormi direct et puis lundi matin debout. Voilà.

En bonus-track pour ceux qui ont pris la peine de lire jusqu’ici voici 4 extraits de conversations entendues récemment dans des bus, des parcs ou des bars, de mémoire ça disait ceci :

1)      C’est sympa de te voir ici tiens… Oui c’est du rosé, tiens d’ailleurs je vais en recommander. Oh oui c’est très sympa ici, très village comme ambiance ici. Tous les gens se connaissent, on ne se prend pas la tête, c’est pas vraiment la ville, c’est une vie très cool, une autre philosophie quoi. On profite quoi. Tu vois moi personnellement je m’en fiche d’être à découvert le 5 du mois, tout ce qui compte c’est de vivre moi je vois ça comme ça. Et là ce vernis fluo bah j’ai flashé j’ai acheté quoi. Et quand j’ai de l’argent bah ça part mais c’est comme ça, je partage je paie des verres, on me paie des verres… J’habite dans un trois pièces toute seule et ça coûte que 500 euros par mois. Et sinon t’as vu le pape là, la capote tout ça ? L’avortement tout ça ? J’ai vu un reportage sur les évangélistes aux USA sur Arte, ça fait flipper ! Sérieux l’église catholique là ça fait flipper ! Moi c’est clair je veux pas de gamin pour l’instant, d’abord je veux m’éclater et puis après on verra. Je vois ça comme ça moi, j’ai pas envie d’entrer dans un carcan un truc chiant, je me forge mes propres idées moi-même, moi. Et je suis très indépendante et je changerai pas pour qui que ce soit et je suis comme je suis et je sais ce que je vaux. T’as compris ???

2)      Le culte marial prend beaucoup trop de place je trouve, il me semble qu’il pousse à une sorte de fusion maternelle très improductive, un truc de retour à la mère bon pour les ecclésiastiques efféminés mais pas bon pour les derniers mâles blancs en quête d’une femme à qui ils feront des gosses. Or c’est une dévotion féminine et féminisante qui incline l’homme à se féminiser, qui arrête le cheminement de la réflexion, qui accapare, qui prend du temps et de l’énergie et qui finalement nous abêtit nous affaiblit nous fait nous complaire dans l’affaiblissement et c’est obscène ça, surtout à une époque comme la nôtre ou les jeunes filles se convertissent à l’islam et les jeunes hommes sont partout sauf dans les églises. Ca ne les a pas interrogé ça, dans les sacristies ? Ca ne leur a pas fait se poser des questions ? Les gens recherchent dans la religion des principes virils, pas une deuxième mère. Et puis toutes ces statues franchement c’est donner le bâton aux protestants pour se faire battre tu ne trouves pas ? Des fois on dirait avec toutes ces initiatives mariales exagérées depuis Léon XIII, que l’Eglise fait tout pour prendre à contrepied les protestants rien que pour les faire chier. Tu trouves que je blasphème ? Sérieux ?

3)      On dirait que personne n’a vraiment compris le bouleversement qui s’est opéré chez les jeunes femmes WASP aux USA depuis l’an 2000 environ. Tu connais l’affaire Amanda Knox ? Tu sais avec quel genre de mecs elle était et ce qu’elle faisait le soir ou ça a eu lieu ? Quand tu vois par exemple cette putain de dégueulasse raclure de Jean-Claude Batiste qui ne sait parler ni anglais ni français juste un vague sabir à mi-chemin entre Faustin Soulouque et Tintin au congo et que ça débarque aux USA comme avatar du kiff ultime et que c’est porté aux nues tu comprends que c’est vraiment la fin de tout.

4)      Tu les vois les autres là-bas ? Ceux qui sont près des transats ? Les bobos châtains en tongs avec leurs meufs surtout le bien crasseux étalé comme une merde avec un marcel ? Eh bien eux ils ont les belles épouses toutes en santé, les bien juvéniles bien manucurées bien chattes et très caresseuses très flatteuses qui sentent bon, qui connaissent toutes les caresses et tous les comportements qui font plaisir. C’est ça l’histoire. Et nous on ramasse tous les fonds de tiroir, les fatiguées les hystéros, les vénères du clito phallique qui savent pas fermer leur gueule, qui ont les sourcils broussailleux et les jambes râpeuses, qui ne baisent que dans le noir, qui sucent mal, qui sont toutes froissées à l’intérieur, qui n’ont aucune notion du comportement amoureux ni de la coquetterie intime. Et pourtant on a tout bien fait comme il fallait. Toi t’as bac plus 9, et puis toi t’as un appart une voiture des thunes et un taf, tous on a souscrit à tout. On respecte les règles, on se tient humblement, chastement, pleins de galanterie et de bonté du garçon gentil. Mais voilà le résultat là ici tout de suite, devant toi. Regarde les bien ces gros tas de merde près des transats, regarde les bien. On appelle ça un démenti.

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