Archives pour la catégorie ‘Présidentielle’


11 de Septiembre

Présidentielle — Article écrit par le 11 septembre 2013 à 11 h 11 min

Hier la Moneda, demain l’Élysée !

Étiquetté : , ,

Lettre ouverte à Manuel Valls

Présidentielle — Article écrit par le 6 novembre 2012 à 18 h 01 min

Lettre ouverte de Bidou à Manuel Valls :

Cher Monsieur Valls,

Je suis Bidou, c’est en tant que président du Parti doux que je m’adresse à vous, poil au genou.

Vous êtes en effet le seul Manuel de ce gouvernement d’intellectuels que nous subissons : cela vous rend je suppose sensible aux questions pratiques et aux solutions pragmatiques — vous en avez d’ailleurs plusieurs fois fait la preuve.

Le Parti doux ne peut tolérer que la violence se développe dans notre pays. Spécialement la violence lors des contrôles d’identité, comme hier à Montpellier.

Aussi je vous demande de bien vouloir à nouveau considérer la solution que représenterait la délivrance de récépissés.

Chaque fonctionnaire de police devrait avoir la faculté — et plus que la faculté le droit reconnu — de demander un récépissé lorsqu’il se fait tabasser comme c’est arrivé à Montpellier, afin de ne pas se faire agresser deux fois au cours de la même semaine.

Le récépissé pourrait être ainsi conçu :

« Je soussigné [nom de l'agresseur du fonctionnaire de police, du meneur s'ils étaient plusieurs] atteste avoir agressé verbalement ou physiquement [rayer la mention inutile] le fonctionnaire de police [nom, adresse personnelle et matricule du fonctionnaire]. Ce récépissé lui est délivré en application de la loi n°xxxx du xxxx afin d’éviter toute autre agression du même fonctionnaire dans les sept jours suivants. »

Les litiges éventuels seraient portés devant l’imam de la mosquée du coin, dans un souci d’apaisement des tensions communataires et d’intégration de la charia aux lois de notre république indéfectiblement et insubmersiblement laïque.

Cela peut s’étendre facilement aux pompiers, enseignants, et autres représentants de l’État.

Certain que cette proposition ne peut que retenir l’attention de vos services, bien le bisou chez vous.

BIDOU.

Étiquetté : , ,

Bidou vous parle en ces moments flambystoriques

Présidentielle — Article écrit par le 6 mai 2012 à 20 h 51 min

Tout d’abord je tiens à saluer madame Touchée-Coulée, de Saint-Cloud, qui vient de faire élire le deuxième président de gauche de la 5e république : t’es contente, connasse ? hein, dis, tu la sens bien profond là ta politique du pire ? tu peux toujours te brosser pour les législatives, grosse truie. Et j’espère qu’Hollande cédera à l’extrême gauche et fera interdire ton bastringue une fois pour toutes, ça me ferait rigoler.

Non mais sans blague. Trop doux trop con… Salope…

Hum…

Bon, cette mise au point faite, mes chers cajolines, je ne peux que vous donner deux conseils avant la réunion au milieu des édredons des membres du bureau politique du parti doux, qui dégusteront des chamallow en tâchant d’arrêter une position pour les semaines à venir.

D’abord j’enjoins tous les cajolines et même les souplines à la prudence. À cause de l’autre blondasse de gourgandine à la con, nous allons avoir un ministre de l’Intérieur socialiste et un ministre de la Justice du même métal, sinon pis. Toutes nos informations prouvent que déjà depuis plusieurs semaines les habituels groupes d’auxilliaires de basse police politique connus sous le sobriquet de Webstapo, et en particulier les gens qui s’occupent de l’internet au MRAP, se sentent tout légers et ont r’enfilé leurs longs manteaux de cuir ornés de la rose du parti socialiste en brassard et d’une petite main jaune. Madame la procureuse Fontitte Fontanelle Fontaine Fontarabie… bref ceux qui la connaissent l’auront reconnue, affûte sa guillotine. Retrouvez vos réflexes de sous Jospin, soyez prudents les cajolines.

Ensuite j’appelle à la résistance douce. Si vous êtes fonctionnaire, agravez le déficit en vous faisant mettre en arrêt maladie. Si vous êtes artisan, travaillez plus encore au black. Si vous pouvez truander la TVA, cessez d’avoir des scrupules. Si vous avez de l’argent à placer, placez-le en spéculant contre la dette de l’État français. Si vous habitez une mairie de gauche, piquez des fleurs dans les massifs pour les planter chez vous ! Devant le retour au pouvoir de ces guignols de socialistes et, qui sait, des alcooliques communistes, tout ce que vous pourrez gratter d’argent public doit l’être, c’est un devoir patriotique. Cette réapproriation n’a jamais été aussi légitime. L’impôt c’est le vol !

Plus que jamais, alors que la France c’est eux, l’Anti-France c’est nous !

 

[Rappelons qu'Ilys n'a pas de ligne éditoriale et que ce texte n'engage que Bidou. NDLR.]

Étiquetté :

Le PLD, ou la bolossitude en politique réelle

Présidentielle — Article écrit par le 5 mai 2012 à 11 h 41 min

Je voulais n’en faire qu’une brève d’info, mais c’est une trop morale parabole pour passer si vite dessus. Et c’est trop tentant aussi.

Donc le Parti Libéral Démocrate a soutenu Bayrou. En nous expliquant assez filandreusement que c’était le bon choix parce que Bayrou proposait de n’augmenter les impôts qu’en proportion des baisses de dépenses. Imposer plus pour rendre encore moins que les socialistes, c’était une position que des libéraux n’avaient pas encore soutenue, je crois.

Puis le PLD nous a expliqué après le premier tour qu’il fallait voter Sarkozy au 2e tour. Soit voter au 2e tour pour celui sur qui son candidat du premier tour n’avait pas arrêté de taper à tour de bras, sans proportion avec ses critiques de la gauche socialiste ou communiste.

On peut certes faire des choses comme ça en politique. Par exemple quand on s’appelle Staline, qu’on signe le pacte germano-soviétique puis qu’on explique que l’Allemagne, d’alliée est devenue ennemie, le parti suit. Sans broncher. Il faut juste s’appeler Staline et avoir le NKVD pour faire serrer les rangs…

Puis Bayrou, dont j’incline à penser que, vexé de sa petite prestation, il a juste voulu faire parler de lui et être au centre de la vie politique pendant trois jours, choisit Hollande.

Et le PLD nous gratifie donc d’un joli communiqué tout adorné de courbes et de sinuosités :

Le Parti Libéral Démocrate prend acte de la décision de François Bayrou de voter à titre personnel pour François Hollande au second tour de l’élection présidentielle. Bien que ce choix intime ne soit pas une consigne de vote destinée aux électeurs, c’est un signal fort qui aura des conséquences importantes pour le centre de notre échiquier politique. Nous avons défendu la candidature et les thèmes de campagne de François Bayrou jusqu’au premier tour parce que ses thèmes étaient justes. Son choix du second tour nous apparait contradictoire avec sa volonté affichée d’assainir la situation financière de la France et d’engager des réformes de compétitivité.

Il prend acte ? effectivement on ne voit pas bien ce qu’il pourrait faire d’autre, puisque son soutien n’était si j’ai bien compris qu’un soutien inconditionnel, d’enthousiasme, n’était assorti d’aucune espèce de garantie fondée sur un réel rapport de force — et pour cause.

Le choix intime est un signal fort bien qu’il ne soit pas une consigne de vote ? Bah oui. C’est précisément pour profiter de cette ambiguïté fondamentale qu’on dit qu’on ne donne pas de consigne, mais qu’à titre personnel et patin et couffin…

Puis le PLD se voit acculé à expliquer qu’il a cru à des paroles verbales, en toute sincérité et candeur, et qu’il n’avait visiblement fait aucun calcul réellement politique dans son soutien à Bayrou. Ce qui pour un parti politique, justement, est un peu dommage. Avouer avoir fait un mauvais calcul serait plus honorable que cette espèce de nullité vide.

Car arrivés à ce point d’aveux, on attendrait une sorte de mea culpa. Ou, pour ne pas sortir de la politique froide, une leçon pour l’avenir. Une sorte de conclusion, ne serait-ce que pour éviter aux déjà rares électeurs du PLD de la tirer eux-mêmes, eux qui risquent sans doute de la tirer sévèrement.

Même pas.

Au lieu de cela, on a droit à un deuxième paragraphe de contorsions impuissantes :

Le PLD ne s’est jamais privé de critiquer les errements graves de la politique menée par Nicolas Sarkozy. C’est notamment le cas avec la menace de fermer les frontières, le recul de nos libertés ou la multiplication de nouveaux impôts. Pour autant, nous nous opposons encore plus fermement à la politique économique irresponsable proposée par François Hollande consistant à poursuivre la course effrénée de la dépense publique, sans remise en question et sans réformes structurelles.

Est-ce donc une bonne manière de soutenir un candidat que d’expliquer qu’on vote pour lui en ayant toujours « critiqué [ses] errement graves » ? Nul doute qu’un tel soutien sera efficace, et même vaudra au PLD, en cas de victoire qu’on dit improbable de Nicolas Sarkozy, l’attention du chef de l’État réélu. Nul doute qu’il verrait dans le PLD un soutien si ferme qu’il le favoriserait de quelque manière pour aider à le faire croître.

La menace de fermer les frontières ? Ah oui, ça manquait ça, attaquer précisément l’argument le plus efficace du candidat que l’on soutient. Et au nom de quoi ? au nom de l’éternelle et désespérante petite ritournelle immigrationniste de ces micro-milieux libéraux qui ressentent perpétuellement le besoin de se dédouaner par là. « On veut moins d’impôts, mais attention, hein, on est fréquentables, la preuve on veut plus d’Africains qui nous apportent tant de diversitude bienfaisante et de richesse culturelle. »

« Excusez-nous de nos idées, hein, tenez, on vous donne notre smartphone en échange. S’il vous plaît nous tapez pas. » Les boloss du PLD dans toute leur splendeur.

Et ils finissent en nous expliquant finalement qu’ils renvoient les deux candidats dos à dos, mais qu’ils voteront quand même pour l’un des deux.

Ajoutons pour faire bonne mesure qu’en l’absence semble-t-il de tout accord formel avec le Modem, chaque voix que le PLD aura apportée à Bayrou lui ira sous forme de financement politique pour soutenir Hollande à l’avenir. Et manquera pour soutenir le développement propre du PLD. La somme il est vrai ne doit pas monter bien haut, mais ça reste cocasse pour des libéraux formées en école de commerce de se faire faire comme ça les poches par le matois centriste qui met volontiers en avant son bon sens paysan.

Peut-être nos bons Libéraux-Démocratistes devraient-ils se faire donner quelques leçons de marketing et d’économie de marché.

Donnons-leur trois piste :

  1. vendre un produit dont personne ne veut est problématique ;
  2. prétendre le faire en vantant la concurrence ou en dénigrant son propre produit n’est guère avisé ;
  3. vendre de la lessive en promettant qu’on pourra laisser un flot de boue entrer dans la machine à laver tant elle lave plus blanc avec cette lessive-là ne convaincra jamais personne.
Étiquetté : ,

Pierre Bérégovoy, une homme droit, intègre, honnête et probe

Citations, Présidentielle — Article écrit par le 1 mai 2012 à 17 h 43 min

XP cite Ptolémée via Houellebecq.

Pour ne pas déparer, et dans le même souci d’éclairer nos contemporains oublieux, faisons comme ledit Houellebecq et citons Wikipedia sans y rien changer :

(…) Pierre Bérégovoy est, cependant, bien vite rattrapé par le cas de Samir Traboulsi, un financier libanais, ami de la famille qui, depuis 1989, se débat avec la justice dans l’affaire Pechiney-Triangle, un délit d’initié qui semblait mettre en cause également les milieux politiques. Alain Boublil, son directeur de cabinet, est également impliqué et contraint de démissionner. Dès l’instant où Bérégovoy avait été renommé ministre des Finances en 1991, on sait maintenant que, selon ses propres dires, il avait été littéralement harcelé par l’homme d’affaires qui, ne voulant pas être inculpé par le juge Edith Boizette qui instruisait l’affaire, semblait être en mesure de faire pression sur son ami. Ainsi, au moment où Samir Traboulsi est renvoyé devant un tribunal correctionnel en janvier 1993, il semble qu’il ait averti le Premier ministre qu’il dévoilerait que l’affaire dans laquelle il est incriminé aurait débuté lors du dîner d’anniversaire de mariage du couple Bérégovoy qui s’est tenu le 13 novembre 1988 au restaurant « Chez Edgar » (à Paris).

Dans le même temps, éclate l’affaire du prêt Pelat, révélée par Le Canard enchaîné, en février 1993. Il s’agit d’un prêt d’un million de francs, sans intérêt, que Pierre Bérégovoy avait reçu en 1986 de Roger-Patrice Pelat, ami intime de Mitterrand, pour l’achat d’un appartement dans le 16e arrondissement, à Paris. Or cet ami, lui-même impliqué dans l’affaire Péchiney, se retrouve au centre d’une autre affaire de corruption, concernant l’entreprise de travaux publics Heulin, du Mans, qui constituera elle-même le point de départ de l’affaire Urba.

En outre, pour ce prêt passé devant notaire et qualifié de légal par la Chancellerie, Pierre Bérégovoy n’aurait remboursé que partiellement la somme due, dont une partie prétendument « sous forme d’objets d’art et de meubles dont on ne connaît ni la nature, ni la valeur ».

Le juge Thierry Jean-Pierre, qui instruit cette affaire complexe, découvre non seulement le prêt Pelat, mais aussi les nombreuses libéralités accordées à la famille Bérégovoy : ainsi la prise en charge financière par Roger-Patrice Pelat de vacances du couple Bérégovoy, entre 1982 et 1989 ; les versements d’argent effectués à Lise Bérégovoy, l’une des filles du Premier ministre, pour qui Pelat se portait également caution auprès des banques pour des emprunts répétés ou encore des billets d’avion gracieusement offerts à la jeune femme. Le juge Jean-Pierre met également en lumière la persistance de découverts bancaires jugés « faramineux » accordés par la SDBO, la filiale du Crédit Lyonnais, aux membres de la famille Bérégovoy. Apparaît ainsi un découvert de 199 737,20 F au mois d’avril 1993. Puis, de nouveau, on trouve la trace de prêts d’argent aux membres de la famille Bérégovoy, notamment à sa fille Lise, de cadeaux à son épouse Gilberte, ainsi que des aides ponctuelles consenties à Pierre Bérégovoy entre 1986 et 1988.

Aucune action judiciaire n’est engagée contre lui et rien ne dit qu’il y avait matière mais, à la veille d’une défaite électorale annoncée, le Premier ministre, qui se voulait exemplaire au point de prendre la tête d’une croisade contre la corruption, apparaît politiquement miné par ces affaires.

Comme vient de dire Najat Vallaud-Belkacem sur BFM, François Hollande est allé en ce riant premier mai rendre hommage à un homme honnête.

Étiquetté : , , , , , , ,

Sermo de abstentione (ou remarques sur les angoisses électorales de Lahire)

Présidentielle — Article écrit par le 25 avril 2012 à 18 h 45 min

« … ‘tain, mais c’est pas vrai ! »

Oups, faites excuse mes frères, ce n’est pas une manière bien correcte de commencer un sermon.

Mais puisque c’est mal parti hein… vous savez tous que Barbarin, cardinal-archevêque de Lyon, est une sorte de truc mou orné de rouge qui à l’occasion aime bien nos frères musulmans, et tout et tout ; on dit même qu’il lui arrive de citer le Coran le doigt en l’air en le donnant en exemple. Bref encore un mitré qui mériterait de violentes piécuteries tout au long des chemins de procession de son diocèse. Ou des coups de bâton de croix pour polir son crâne afin que nul diablotin joufflu, dans quelques années, se s’écorche ses sabots encore tendres en courant sur le pavage des enfers.

Ah oui, précisons : je n’ai aucun respect automatique pour « nos évêques ». Quand on me sort cette vieille rengaine du respect qu’il faudrait avoir pour eux alors qu’il ne sont en rien respectables (à quelques exceptions près) et qu’il sont les vrais, historiques, continuels et endurcis fossoyeurs de l’Église de France — qu’ils ont transformée en une sorte d’annexe du parti socialiste ou d’Amnesty international mâtinée de théologie approximative elle-même faite de bribes d’Évangile mal citées —, je ressors mon Villon : « S’évêque il est, signant les rues… sous lui ne tiens s’il n’est en friche… »

Cette précision apportée, revenons donc à Barbarin d’Aussigny : Le Salon Beige, que j’aime bien parcourir, ressort une citation dudit Barbarin.

« Si les deux candidats soutiennent une mesure contre laquelle ma conscience se révolte, je peux poser l’acte politique de ne pas voter ou de voter blanc. »

Évidemment, pour Barbarin, du moment que les cathos susceptibles de l’écouter, ceux qui ont encore un vague respect pour sa fonction à défaut de sa personne, ne votent pas à droite, c’est tout bénef. Une abstention de catho pratiquant ou convaincu, c’est une demi-voix de gagnée presque à coup sûr pour la gauche, et on sait à quel point sous leurs chattemites nos évêques sont pour la plupart des collaborateurs zélés de l’invasion musulmane et africaine qui fournit de plus en plus ses troupes à la gauche socialiste et d’une manière générale aux idées sociales démocrates pour se maintenir au pouvoir en Europe.

Et Lahire, dont l’anti-sarkozysme poussé jusqu’au tir dans le pied parle ici sans doute, nous enfonce le clou  :

« Citer le Primat des Gaules n’est pas un appel à l’abstention, mais bien un constat que le vote blanc ou l’abstention peuvent être envisagés par des gens cultivés, au nom de la conscience qui est liée à la morale.

Aussi, serait-il souhaitable pour éclairer les consciences, que le débat qui se focalise pour l’instant sur le pragmatisme facile du choix entre les deux candidats – calcul des « plus » et des « moins » – se déplace en amont sur la problématique du droit légal de vote transformé par une opération inconnue en devoir moral.

En effet, tout le monde, clercs compris, s’autorise à démontrer que Nicolas Sarkozy est plus catho-compatible que François Hollande. Pas très compliqué. Mais personne ne se prononce sur ce droit devenu devoir. C’est pourtant de là que tout démarre.

D’où mon agacement liminaire, traduit par ce mouvement d’humeur un peu vif, lié au fait qu’il va encore falloir que je prenne le temps d’écrire ce que vous lisez : « Putain, mais c’est pas vrai, c’est moi qui vais être obligé de leur expliquer saint Bernard ? »

Le blog le plus à fond dans la curaillerie, comme disait de manière colorée une de mes vieilles voisines communiste italienne bouffeuse de curé, citant un cardinal, blog où il existe même de brillants commentateurs, et malgré tout ils ne sont pas foutus que ça fasse tilt quelque part quand on leur sort cet apophtegme barbarinesque et le bredouillis confus qui le commente. Ils n’ont pas le réflexe de tendre le bras (attention, pas trop haut) et de prendre dans les rayons de leur bibliothèque, entre les pleurnicheries ouvriéristes complètes de Simone Weil et les bêtises de je ne sais quel défenseur de la philosophia perennis dont le curseur est resté coincée vers 1325, un texte qui, quand on a lu un peu s’impose face à cette suspecte et malodorante trace pourpre cardinalice : l’Éloge de la nouvelle milice, de saint Bernard.

C’est dans le volume XXXI des œuvres complètes dudit auteur aux Sources chrétiennes ; auteur dont on rappellera au passage à des gens pour qui l’argument d’autorité compte, qu’il est quand même père de l’Église, ultime des pères latins, et docteur de l’Église en prime. Ce que le désolant et fadasse Barbarin tout ornée de rouge qu’il soit, n’est pas encore, malgré la hauteur de son autorité sur trois journalistes de La Croix et approximativement douze chaisières désœuvrées — car pour les suisses d’église à hallebarde, il n’en a plus un seul je crois.

De quoi s’agit il dans L’Éloge de la nouvelle milice ?

De laude novae militiae.

Oui, une autre précision : on ne traduit plus comme on le doit militia par milice depuis la dernière guerre, aussi l’édition dont je parle titre en fait Éloge de la nouvelle chevalerie. Ce qui donne au tout un air peu engageant d’antiquaille poussiéreuse ou d’heroic fantasy pour adolescents. Il est vrai que le texte gêne depuis longtemps tout un tas de clercs trahissants genre démocrates-chrétiens tournés socialistes, et que le faire paraître une sorte d’étrangeté anachronique les arrange bien.

(Bon allez, on arrête de rire, si vous n’en avez rien à faire de mon sermon vous pouvez arrêter votre lecture ici, ça va devenir moins léger et ça va être un peu longuet.)

***

De quoi est-il donc question dans le De laude, au delà de la dimension historique et documentaire qu’on veut seule retenir pour y enfermer commodément le texte ?

Le prologue identifie l’œuvre : un écrit d’exhortation qui avait été demandé à Saint Bernard par le fondateur du Temple, l’histoire est connue, et ce n’est pas ce qui nous intéresse ici, puisque je vais précisément essayer de montrer qu’on peut y trouver une interprétation autre que celle liée aux seules conditions historiques de la production de cet écrit, et qui peut apporter une certaine correction à l’affligeante citation de Barbarin faite par Lahire sur Le Salon Beige. Et apaiser les angoisses électorales du même.

Saint Bernard explique dans ce prologue qu’il a différé d’écrire le De laude, mais qu’il a fini par le faire pour une raison précise : il aurait paru manifester de la mauvaise volonté plus que de l’incapacité. Le point est important : ne pas se prononcer dans la mesure où on le peut, c’est donc faillir du côté de la volonté. Et de fait il aurait été très facile pour saint Bernard de considérer que tout cela ne le regardait pas, au nom d’une condamnation générale de la violence ou d’un prudent retrait.

Ce prologue est suivi de ce qu’on appelle l’exhortation aux chevaliers du Temple (pages 214 et 215 de l’édition d’Horstius, vieille numérotation qui a perduré à travers les autres éditions plus récentes). Le passage, assez connu, constate la naissance d’une nouvelle forme de combattants qui tiennent à la fois du chevalier et du moine, et salue cette naissance comme très opportune et morale dans les circonstances du temps. Mais, se demande saint Bernard, ces combattants peuvent-ils combattre en ayant la conscience bien pure ? car s’ils meurent, perdants ou victorieux d’ailleurs, ils meurent en situation d’homicide.

Suit, page 216, une critique de la chevalerie mondaine, de son vain honneur et de son luxe. « De tels enjeux ne donnent d’assurance ni pour tuer ni pour se faire tuer » : comprenez, ne donne aucunement l’assurance de bien mourir et de ne pas être damné.

Mine de rien nous avons une première bribe de réponse aux interrogations de Lahire : les fins mondaines ne justifient pas pour le chrétien qu’il s’expose au péché. Ainsi il serait fort légitime de s’abstenir — puisque c’est la question de Lahire et que Lahire voit du péché à voter Sarkozy, même s’il accorde pour le dire vite qu’il y en a moins qu’à voter Hollande —, il serait donc légitime de s’abstenir s’il s’agissait de voter pour obtenir un avantage quelconque, par simple passion politique déraisonnable, ou en pensant envoyer une lettre de félicitations dithyrambique à Sarkozy le soir de sa réélection afin d’obtenir par cette flatterie je ne sais quoi, ou encore si le vote n’était porté que par volonté de participer au bruit ambiant.

Mais voilà ; il existe une autre chevalerie, comprenez une autre sorte de combat et de combattants qui ne sont pas exposés à de tels reproches de mondanité (« sans avoir le moins du monde à redouter de commettre un péché en tuant des ennemis, ou d’affronter le risque d’en être eux-mêmes tués »), combattants dont saint Bernard parle aux pages 217-220.

La différence ? eux ne meurent pas pour des raisons mondaines, mais pour le Christ : « mors pro Christo ».

Arrivés à ce point rassurons Lahire, on ne lui demandera pas de mourir. Mais ont peut penser que ce qui s’applique à la vie et à la mort s’applique a fortiori à une action aussi peu périlleuse que d’aller déposer un bulletin dans une urne dimanche en huit.

Qu’est que c’est, s’exposer à tuer ou à mourir « pro Christo » ? Pour l’expliciter saint Bernard fait une citation où, parce qu’il la fait de mémoire sans doute, il amalgame un passage de l’épître aux Romain et un passage de la première épître de Pierre :

« Non enim sine causa gladium portat : Dei enim minister est ad vindictam malefactorum, laudem vero bonorum. » Ce n’est en effet pas sans raison qu’il porte le glaive :il est serviteur de Dieu pour châtier ceux qui font le mal et féliciter ceux qui font le bien.

Point d’abstention là-dedans ni dans ce que dit saint Bernard autour. On ne s’en lave pas les mains : il y a le bien, il y a le mal. Et si l’on veut agir en chrétien, il faut prendre parti en ayant juste soin de ne pas le faire pour des motifs mondains, nous dirions pour un avantage personnel, mais pro Christo, c’est à dire au regard du bien et du mal seuls.

Incise : faut-il donc tuer tous les électeurs socialistes ? non, quelque déception que certains de nos lecteurs pourront en avoir : saint Bernard précise bien à la fin de la page 218 que s’il y a d’autres moyens, il faut les employer.

Toute une partie de la page 218 se passe au petit jeu des citations bibliques, saint Bernard opposant passage à passage aux citations les plus pacifistes qu’il puisse trouver. Poursuivant ce jeu un peu vain des citations pro et contra, où il semble lui-même s’amuser un peu en se renvoyant tout seul la balle, saint Bernard arrive à une considération qu’il faudra garder en mémoire, et à laquelle il est amené par les promesses de domination sur les nations et de puissance de Dieu manifestée ouvertement qu’il vient de tirer de l’Ancien Testament :

Il ne faut pas que ce qu’on voit vienne dissiper ce qu’on croit, ni que la réalité présente, dans sa pauvreté, rétrécisse l’ampleur de notre espérance ni que le témoignage des réalisations actuelles évacue celles de l’avenir. (219)

L’avenir, ce sont ici les espérance célestes, l’avenir de tout croyant dans lequel il met son espérance. Dieu ne peut avoir condamné ici bas le chrétien à une sorte de déchéance impuissante proche du désespoir qui ferait passer ses espoirs futurs pour une consolation presque chimérique de toutes les avanies. Le salut de chacun n’est pas une sorte de conte pour enfants où l’on se rassasierait de l’avenir en ayant pour le présent le nez plongé dans la boue et en s’en consolant dans un quiétisme merveilleux mais si aisé à démontrer vain.

Bien plus :

Non, la gloire présente et temporaire de la cité terrestre ne ruine pas le bonheur du ciel, elle l’édifie au contraire, si du moins nous ne doutons absolument pas de tenir, en cette cité, la figure de celle qui dans le ciel est notre mère. (219, le dernier membre de phrase étant une citation approximative du Siracide.)

Nous allons revenir à cela, mais suivons le texte avec un développement sur la vie que mènent les chevaliers du Temple (219-221) : toutes leurs actions sont empruntes de leur idéal, c’est l’idée essentielle que développe saint Bernard. Rien qui dans leur vie ne soit pro Christo justement. Reprenons la question qui turlupine Lahire : rien qui puisse laisser penser que la possibilité, même incertaine et défaillante, de choisir un candidat meilleur qu’un autre par un déplacement de quelques minutes à deux pas de chez soi les trouverait abstentionnistes, bien au contraire.

Pour parler de leur manière de combattre encore, les citations sont nombreuses à propos de l’Israël ancien et une mention explicite à Judas Maccabée ne surprend pas. Certes ils se confient dans le Dieu des armées, mais ils préparent minutieusement leurs opérations, « s’organisent avec réflexion, vigilance et prévoyance ». Sans doute cela ne dit pas pour qui ils voteraient, mais s’abstiendraient-ils de soutenir un bien, si faible ou ambigu soit-il, contre un mal ? C’est peu probable dans l’esprit de saint Bernard.

Je passe sur le passage qui les lie explicitement au Temple de Jérusalem, bien qu’il pourrait encore fournir des arguments ; sur la ruse de Dieu qui consiste à utiliser la chevalerie mondaine pour en faire une chevalerie chrétienne, même si ce passage aussi me fournirait encore facilement quelques arguments.

Passons aussi sur la description des lieux saints que cette « nouvelle milice » se donne pour mission de protéger, description assez longue, et passons à la presque fin, la page 236. Parce que c’est là que ça se noue et que Lahire va trouver une réponse définitive — pour peu qu’il veuille bien sortir de ses ratiocinations sur un droit naturel que personne n’a jamais vu codifié nulle part et où il cherche des réponses introuvables à ses angoisses électorales dans un juridisme étroit autant que vain.

La formule est connue : voir de ses yeux le Saint-Sépulcre. C’est dans l’évocation des lieux saints qui est la plus importante en étendue, celle du Saint-Sépulcre précisément. Et celle où d’évidence saint Bernard fait culminer sa réflexion. Le but de ces chevaliers, de leur activité, ce qui justifie même l’appui que leur donne saint Bernard, dont on aurait peine à se figurer l’autorité qu’il représentait en son temps tant les points de comparaison nous manqueraient, ce à quoi tout ça rime, qu’est-ce ?

Les pèlerins qui vont en terre sainte voient, grâce à l’action de ces chevaliers, le Saint-Sépulcre.

Que ça ?

Que ça. Mais c’est immense dans la pensée de saint Bernard.

Car il n’écrit pas simplement voir.

« … nec parum proficitur cernendo, etiam corporalibus occulis, corporalem locum dominicae quietis. » Ce n’est pas un faible avantage que de voir avec les yeux du corps les lieux où le Seigneur a reposé corporellement.

Il faudrait presque commenter chaque mot du paragraphe dont ces lignes sont tirées avant de revenir à ce qui nous occupe. On peut même dire que cette formule, « voir de ses propres yeux corporels » consacre dans la pensée européenne un tournant essentiel. Giotto va inventer la peinture à la chapelle des Scrovegni de Padoue en ayant cette formule de saint Bernard dans un coin de la tête et en la déroulant sur les murs, on peut démontrer rigoureusement que sa peinture est impossible sans l’influence à distance et transmise jusqu’à lui de saint Bernard, Podgorny faisait ça en Sorbonne voilà vingt ans. À partir de là on va effectivement en Europe « voir avec ses yeux corporels » et tout suivra : des poutres clairement dénombrables dans la clarté problématique du plafond au-dessus du saint Jérôme de Dürer jusqu’aux contestations justement de cette claire dénombrabilité, bien plus tard, sur quoi nous vivons encore.

Mais pour notre propos, revenons à ce qu’il fallait garder en mémoire ci-dessus à la page 219, vous savez ; que la cité terrestre et la cité céleste n’étaient pas dans une opposition qui justifierait un quiétisme idiot lui-même volontiers abstentionniste d’action, mais qu’il fallait en somme coopérer ici bas et par avance à l’édification de la cité céleste en perfectionnant la cité terrestre.

Pourquoi et comment en arrive-t-on là ? pas seulement par le jeu de citations auquel saint Bernard s’amusait un peu stérilement — c’était une figure de la littérature chrétienne du temps —, mais aussi parce que voir de ses propres yeux corporels un lieu physique, le locus dominicae quietis, qui nous montre, imparfaitement, en creux, la victoire du Christ sur la mort, c’est pour saint Bernard la meilleure manière d’avoir un aperçu de notre salut, et donc un puissant aliment de la foi.

Bien plus : ce mot de « repos du Seigneur », de quiétée — reprenons ce mot du vieux français — dominicale (dominus, le maître), inverse en quelque sorte le rapport : ce n’est pas à nous d’attendre dans le repos que Dieu veuille bien intervenir pour régler les problèmes du monde en nous contentant de rêver, dans l’attente de son intervention, au royaume de Dieu et en laissant aller les choses, même au pire : après tout, Dieu saura bien arranger tout ça ? Non.

La quiétée corporelle du Seigneur, qui a tant de prix pour saint Bernard quand on en contemple le lieu de nos yeux mortels mêmes, c’est rigoureusement le contraire : on ne peut se reposer à son image qu’une fois le chemin parcouru — chemin que vient d’égrener saint Bernard devant nous et que j’ai signalé plus haut seulement pour dire que j’omettais son détail : Bethléem, Nazareth, le Mont des Oliviers, la vallée de Josaphat, le Jourdain, le Calvaire…

Pro Christo, cette formule que nous avons rencontrée au début, finalement, dans la pensée de saint Bernard, c’est ça : à l’image du Christ, autant que possible, faire ce qu’il faut. Parcourir son chemin dans le monde en cherchant le bien et en empêchant le mal. La quiétée de ne plus avoir rien à faire (qui est aussi la quiétée dominicale après la création, et après seulement) la quiétée de laisser les choses aller, cette quiétée, ce repos n’arrive qu’après avoir fait ce que l’on peut faire pour le bien et contre le mal, chronologiquement ou logiquement.

Alors oui, si on est chrétien et si on reconnaît qu’un mal est moindre qu’un autre, cela emporte de favoriser relativement le moindre mal, surtout si c’est par une action aussi simple que mettre un bulletin dans une urne, même si c’est une action aussi incertaine que de mettre un bulletin dans une urne, et même si le choix est tel qu’il en paraît désolant entre deux maux.

***

Alors je n’ai aucune espèce d’illusions, Lahire va me répondre que tout ça c’est bien joli, mais, en gros, que le ciel ne s’est pas entr’ouvert pour dire aux catholiques de voter Nicolas Sarkozy et qu’il n’y a non plus aucune « obligation » fondée sur le droit naturel, quoi que j’aie dit. Il fait le coup à longueur de temps.

Certes. Car à un juridisme divaguant pollué de théologie de comptoir où chacun donne son petit avis à l’emporte-pièce, parfois avec trois ligne de citation-béquille issues de catéchismes incertains, on ne peut pas répondre grand chose de toute façon…

Reste qu’il semble bien qu’il y ait deux manières d’être chrétien quant à la question posée : en lisant saint Bernard ou en écoutant les bruits de bouche émis par Mgr Barbarin et des mitrés groupés en troupeau épiscopal. Le rénovateur de Clairvaux ou les fossoyeurs décorés du titre d’évêque qui ont vidé les églises de France depuis cinquante ans, lointains descendants endurcis du Sillon de Sangnier ? Choisis ton camp, Lahire. Arrête de te prendre la tête à deux mains en cherchant du droit naturel qui n’existe nulle part sous la forme d’un code Napoléon où tu cherches à le trouver — c’est très simple comme choix.

PS : comme le texte de Lahire précisait qu’il n’était pas une manière d’appeler les catholiques à l’abstention, j’espère qu’on me fera le plaisir de croire que ce texte n’est pas une manière d’appeler les catholiques à voter Sarkozy.

PS2 : oui, oui, les Templiers c’est aussi la marotte de Breivik, ça ne m’a pas échappé. Comme quoi, hein…

Étiquetté : , , , ,

Marine entre deux tours

Présidentielle — Article écrit par le 24 avril 2012 à 14 h 09 min

Au delà des interrogations sur son programme national-jacobin-républicain, on ne peut que se réjouir du bon résultat fait par Marine Le Pen. Comme toutes les évidences, celle-là va mieux en la proférant clairement.

Mais s’il y a une chose désespérante dans la droite dite « nationale » c’est sa capacité à s’auto-intoxiquer sur le mode de la congratulation. « Ça y est, cette fois bon sang de bois, on va casser la baraque. Faisons perde Sarkozy et tout va se recomposer autour de nous. » D’autant que la pensée éditorialisée y va de son antienne habituelle sur la menace que représente une percée du Front national. Combien de fois nous ont-ils fait le coup, ces vieux matois appointés qui squattent les rédactions assis sur leurs couilles taries depuis 1983 ? à peu près autant qu’il y a eu d’élections.

Essayons d’y voir plus clair, en quantifiant d’abord les choses.

Combien ?

Marine le Pen pèse donc, non 20% mais 17,9%.

Combien cela représente-t-il de voix ? 6,4 millions.

Autrement dit, Marine Le Pen retrouve un peu plus en voix que la mouvance nationale des élections de 1995, où le total Le Pen + Villiers faisait 6,1 millions de voix.

En pourcentage, c’est même moins que le total Mégret + Le Pen en 2002 (19,2%).

Où est le succès ?

Succès donc. Progrès considérable non. Pourquoi succès ?

Je vois trois raisons d’applaudir Marine Le Pen.

  1. D’abord la dédiabolisation semble fonctionner. Un bon marqueur de cela : les résultats du FN en outre-mer qui restent modestes mais en progression considérable par rapport à ceux de Jean-Marie Le Pen.
  2. Ensuite, à peu près stable en nombre comme en pourcentage, l’électorat du FN semble avoir évolué : il ne peut être que bon pour l’avenir de troquer des nostalgiques de l’Algérie française pour des jeunes qui mesurent chaque jour combien la coexistence entre Français et musulmans rêvée par les nostalgiques sur le forum d’Alger un soir de mai était une sale blague.
  3. Enfin, le principal succès est de faire le plein des voix de son camp : les dissidents sont réduits à rien, et il ne semble pas y avoir de rancœurs dans l’électorat, ce qui n’était pas gagné vu l’histoire récente du FN.

La nature du changement ?

Le Front national nouvelle mouture semble donc plutôt bien fonctionner. Jusqu’à une esquisse de changement de nom pour les législatives, qui permettrait enfin de se défaire du haine qu’on y entend depuis 30 ans. Et qui aurait aussi l’avantage de forcer les représentations graphiques à adopter le bleu marine plutôt que le noir-SS ou le brun-SA. Toutes choses qui ne sont pas si anecdotiques qu’on croit.

Les limites de ce changement ? On les voit bien, sans savoir encore si elles sont le fait de la nouvelle direction ou du calendrier : la volonté persiste-t-elle ou non au FN de tout axer sur les élections présidentielles, sur une personne et son résultat personnel ?

Car ce qui continue à manquer cruellement ce sont les mairies, les collectivités locales, voire les alliances de circonstance pour obtenir des fiefs locaux, ces endroits où un parti se replie pour repartir en avant quand il lui arrive un mauvais coup. Ces bases aussi qui permettent à tous les partis de faire suivre l’intendance en confondant quelques emplois administratifs avec des emplois partisans, en ayant des imprimeurs amis bien disposés, etc. Qui permettent aussi l’accès plus large aux financements politiques publics, véritable verrou du système partisan français.

Un pari risqué

Beaucoup mettent pour cela un espoir démesuré dans les législatives. Mais on ne gagne pas une circonscription législative en arrivant premier au premier tour, qui plus est au premier tour d’une autre élection… Il ne faut pas se faire d’illusions : s’il pourra y avoir des triangulaires gagnées, le mode de scrutin majoritaire uninominal à deux tours fera en grande partie son effet habituel, empêchant et de loin le FN d’avoir autant de députés que son poids électoral lui permettrait d’en avoir dans un système proportionnel ou dans un scrutin à l’anglaise.

Ces mêmes optimistes éternels ne nient pas la difficulté. Ils promettent qu’elle disparaîtra par magie, la défaite de Sarkozy devant recomposer la droite autour du FN. Il y a à cela trois difficultés principales je crois :

  1. D’abord l’UMP a bien vu le péril. Même si Juppé a été publiquement un peu tancé par Sarkozy, que le maire de Bordeaux (et repris de justice, condamné pour prise illégale d’intérêt) monte au créneau pour resserrer les rangs veut dire quelque chose pour qui se souvient de ses méthodes et fonctions réelles au sein du RPR de la grande époque : en clair, Juppé vient de dire que le premier qui fera mine d’avoir un demi-regard pour le FN perdra son étiquette UMP, tout soutien du parti, et que tout sera fait pour le faire battre, y compris faire voter pour la gauche dans sa circonscription. Si quelqu’un sait tenir ses troupes à la schlague, c’est Juppé.
  2. Ensuite c’est reproduire presque à l’identique le calcul de Chirac contre Gicard en 1981. On sait ce que cela nous a valu sous les gouvernements socialistes.
  3. Enfin ce n’est pas vrai, la vie politique ne se recomposera pas autour d’un parti qui n’a pour élus que quelques députés européens et une poignée de conseillers régionaux. Là aussi il lui faudrait une force réelle, positive, des villes, des communautés de communes, un poids réel dans les agglomérations, et la capacité à peser sur des majorités régionales ou départementales. Sans cela, espérer une telle recomposition et imaginer qu’elle serait autre chose qu’un nombre anecdotique de ralliements personnels équivaut à attendre un miracle.

Après la dédiabolisation la normalisation ?

Le FN sera autre chose qu’un parti qui fait un coup dont on se félicite tous les 5 ans quand il aura conquis des bases locales, en partie par lui-même en partie en faisant des alliances régionales, chose que Jean-Marie Le Pen a toujours sans doute désiré, mais a semblé aussi regarder avec une certaine défiance, sans doute par peur de voir des barons bien assis le contester jusque dans le parti — il faut dire à sa décharge qu’il avait raison de se méfier, l’histoire du FN l’a prouvé.

La suite nous dira si c’est un malheureux calendrier qui a contraint Marine Le Pen a aborder les choses dans le pire ordre possible, présidentielles d’abord, ou si elle a une volonté claire de transformer le FN pour le mieux en allant au bout du processus, en en faisant une vraie machine de guerre politique et plus ce que certains ont appelé « une PME familiale ». L’existence d’une vraie campagne entre elle et Gollnish semblait aller dans ce sens, nos lecteurs attentifs se souviendront sans doute qu’on l’avait saluée ici.

Étiquetté : , , , ,

Mon discours du premier tour

Présidentielle — Article écrit par le 22 avril 2012 à 21 h 12 min

Bidoliens, Bidoliennes,
Cajolins, Cajolines,
Souplins, Souplines,

Le résultat inespéré fait par Jacques Cheminade n’aurait pu être atteint sans vous.

Merci à tous.

En ce soir d’élection où ils ont tous gagné comme d’habitude, où un peu moins de deux pour cent — ou peut être trois — séparent « la vague rose irrésistible » de « la sanction sans précédent infligée au sortant », bref en cette soirée de printemps un peu frisquette où ils vous prennent tous pour des cons sans désemparer, j’annonce que je n’appellerai pas à faire battre Nicolas Sarkozy. Pas plus que je n’appellerai à faire barrage à la vague de gelée rose que personnifie François Hollande. Je n’appellerai même pas à voter blanc. Même pas à s’abstenir.

Néanmoins nous ne pouvons laisser revenir Aubry, Moscovici, Fabius et peut-être même Jack Lang.

Aussi je vous appelle à voter massivement pour M. Alexandre Millerand, homme d’expérience depuis trop longtemps tombé dans un oubli injuste ou il croupit.

(Ou à la rigueur pour Armand Fallières, si vous préférez, car je sais qu’il y a parmi vous des dissidents de principe. Ce dont je ne les félicite pas.)

Vive la IIIe République, Vive la France ! en avant vers le passé ! Millerand président !

Votez Millerand

Étiquetté : ,

Marine

Présidentielle — Article écrit par le 21 avril 2012 à 13 h 50 min

On va mettre les choses au point sur Marine Le Pen, car ça me vaut des courriers. Même si c’est contraire aux règles de temps de parole de le faire aujourd’hui, car nous sommes des anarchistes sans foi ni loi qui ne respectons même pas les saintes règles de la belle démocratie franchouille que-le-monde-entier-nous envie™ comme tant d’autres choses.

L’argument selon lequel ils sont tous aussi étatistes, mais que Marine serait contre l’invasion, elle au moins, me paraît absurde. Et plus absurde encore à invoquer ici.

Sur quoi est fondé Ilys ? quels sont nos fondamentaux, comme dirait une journaliste de Rue 89 ? Vous le savez, il n’y a pas de ligne éditoriale. Chacun a le droit de dire ce qu’il veut, et peut-être d’ailleurs qu’un autre contributeur me contredira, et ce sera très bien.

Reste qu’il y a diverses choses qui sont ici importantes. D’abord ne pas dire du mal du général Pinochet. Ensuite nous ne sommes pas étatistes.

Pourquoi ne le sommes nous pas ?

Sommes-nous tous si riches que nous voyions notre seul intérêt ? Si c’était le cas, pensez-bien que nous serions tous au bord de piscines céruléennes en des pays exotiques corrompus, buvant des cocktails compliqués en compagnie de jeunes chavéziennes à rééduquer et postant des choses si outrageuses que les moins sévères procureurs de Bobigny en feraient des apoplexies soudaines autant que fatales.

Notre raisonnement, dans la mesure où je peux dire que c’est « le nôtre » compte tenu de la pluralité rappelée ci-dessus, est fort simple : la police ou l’armée qui nous empêchent de virer manu militari vous-savez-qui, n’est-ce pas celle de l’État ? La justice qui menace de nous condamner, et qui le ferait si elle le pouvait facilement, pour ce que nous disons, n’est-ce pas celle de l’État ? L’impôt – sous ses diverses formes, taxes, cotisations, etc. — qui nous prive d’une partie de notre argent qui pourrait servir à nous organiser efficacement entre nous contre l’invasion migratoire que nous subissons, n’est-ce pas l’État qui nous le prend ? Et ne nous le prend-il pas précisément en grande partie pour faciliter cette invasion même ?

Ce dernier point étant bien entendu le plus important tant l’argent est ici le nerf, etc (voyez pages roses).

Or que propose Marine Le Pen ? elle ne parle que services publics à maintenir et à multiplier, allocations à distribuer généreusement, taxations supplémentaires, haro sur le capital (encore détenu majoritairement par des français de souche via en particulier le capital foncier et immobilier), maintien acharné jusqu’à la ruine s’il le faut des systèmes sociaux monopolistes qui profitent de plus en plus aux envahisseurs, puisque l’ensemble de ces avantages est attribué sur des critères sociaux qui les font passer presque partout avant les autres.

On pourrait comprendre, me semble-t-il, ses propositions dans deux cas :

1° Si tout cela n’était qu’un vaste écran de fumée destiné à être, comme le programme du NSDAP de 33, oublié après l’élection, enfermé à jamais dans un tiroir, avec en prime l’élimination de ceux qui y auraient cru trop sincèrement. Je ne vois aucune indication en ce sens, même discrète ou minime.

2° Si ces propositions s’assortissaient d’un certain nombre de garde-fous pour réserver les avantages sociaux maintenus aux Français. Il faudrait pour cela que la définition même de qui est Français change, tant l’inflation des Français de papier a été immense dans les dernières décennies. Or on ne voit rien de tel dans son programme ; bien pis : des souverainistes aussi suspects que Coûteaux – grâce à Dieu il n’a pas séjourné à New-York durant la campagne — ne cessent de nous le répéter en bramant leur soutien à Marine Le Pen : tous les Français, quelle que soit la couleur de leur peau ont leur place dans les plis du drapaud drapeau ; en plus ça rime en eau. Enfin même si le FN voulait mettre en place de telles mesures, il y a à craindre que le maintien des structures de l’État-nation ne s’y oppose tant c’est précisément cet État-nation républicain qui a toujours donné son sous-bassement idéologique aux théories universalistes dont nous crevons. Je leur souhaite bien du plaisir ne serait-ce que pour réunir une seule commission de dénaturalisation, là où il en faudrait des dizaines siégeant nuit et jour pendant des mois.

Alors non, chers amis qui nous reprochez plus ou moins amèrement de trahir en ne soutenant pas à fond Marine à un moment qu’ils imaginent critique. La voie qu’elle dessine sera peut-être payante, ou même gagnante à terme électoralement. Mais politiquement, quant à l’avenir de quelque chose qui ne serait pas la France que dans une continuation purement nominale, c’est une impasse. On peut préférer celle-là à d’autres, mais ce n’en est pas moins une.

Ce dont nous crevons, c’est justement la Nation, la République et l’État dont Marine a plein la bouche. Cela même sans parler d’autres problèmes, comme cette idée stupide de sortir de l’Euro non pour avoir une monnaie meilleure et qui échapperait définitivement aux politiques, mais une monnaie pire que l’Euro, que nos bons marchands d’illusions pourront dévaluer tous les trois ou cinq ans…

En politique, disait Bainville, il faut vouloir les conditions et les conséquences de ce que l’on veut. La condition d’une France qui ne meure pas sous l’immigration massive, y compris celle à papiers français qui est déjà installée, peut-être même surtout celle-là, c’est le double démantèlement de l’État providence et de la République en tant que modèle universaliste et assimilateur. Mieux : en tant que modèle messianique.

Ici, nous sommes déjà dans le monde d’après. Avec une avance qui peut déconcerter certains sans doute. Ce monde est celui où c’est soustraire de l’argent à l’État et à sa folle machine égalitaire qui permettra de vivre mieux, entre nous. Pour nous, tous les Français, tous ceux qui ont un papier sale où un préfet à casquette a mis un tampon pour dire qu’ils sont Français, ne sont pas égaux dans les plis du drapeau. Ce que nous pourront soustraire à l’argent-bwagette de Mamadou nous permettra justement de reprendre en partie la main en ayant demain nos banques, nos assurances, qui à leur tour achèteront des journaux ou des chaînes de télé. Sans même parler de telles perspectives, imaginez que brusquement on rende à tous 40% de leur salaire, ces 40% que l’État vole en cotisations sociales salariales et patronales (qui pour ces dernières sont payées sur quoi sinon sur le travail du salarié ?) Certains s’achèteront des méga-écrans plats et ne pourront plus se faire soigner efficacement. D’autres prendront une assurance santé et vieillesse avec la moitié de ce qu’on leur volait avant et s’installeront, avec la moitié qui reste, dans un meilleur quartier. Nous savons tous ce que veut dire un meilleur quartier. Comme il n’est pas besoin d’expliquer qui achète des écrans plats ou des jeans de marque taille extra-basse avant d’avoir de quoi manger sainement. Comme on sait bien, statistiquement, qui fait l’effort financier de mettre ses enfants dans de bonnes écoles quand cela coûte cher et qui se contente pour sa marmaille de l’école publique du coin.

***

Tout cela n’empêche bien entendu pas de voter pour la candidate qui, de manière évidente, est encore celle qui pose le plus de problèmes à l’establishment. Mais sans illusions, et sans fausses bonnes raisons. Et surtout sans niais enthousiasme.

Et la politique du pire n’étant la pire des politiques que chez Maurras – c’est à dire avec ce présupposé qu’il fait toujours que le fonds de « la race » comme on disait à l’époque est resté très majoritairement « sain », ce qui n’est plus vrai – il va sans doute être intéressant de voir la gauche, si le vote confirme les sondages, faire faillite et se retrouver dans la position que les pieds lui glissent, non dans le sang, mais moins romantiquement dans la merde.

Ca tombera bien parce que pour le sang on chercherait vainement un Cavaignac…

Étiquetté :

Pour qui voter quand on est un traître ?

Présidentielle — Article écrit par le 18 avril 2012 à 18 h 57 min

Figurez-vous, chers lecteurs, que même dans l’élite il y a des moutons noirs.

Moralement du moins, car génétiquement le troupeau a été bien tenu.

Or donc certains se refusent à la discipline bidolienne et refusent mordicus de voter pour Jacques Cheminade.

Les coups de polochons sur ces tristes traîtres contestataires déviants droitiers ou gauchistes n’ayant été d’aucun secours — un seul à promis de voter Cheminade, qui était allergique au duvet d’oie — nous en sommes fort marris. Et personnellement mon cœur de kapok se serre à l’idée de tels égarements contraires et au fourrure-prinzip et au centralisme doucement démocratique, je ne vais pas y revenir.

Néanmoins, la douceur n’étant pas douce en vain, nous allons quand même leur donner quelques conseils tant il est vrai que : « Sans la douceur, l’homme s’étiole et la femme encore plus. » (Petit Livre doux, 15, 54)

Sur quoi donc vous décider, si vous êtes malfaisant au point de ne pas voter d’enthousiasme pour Jacques Cheminade ?

D’abord, chers adeptes du peluchisme, ne vous décidez pas sur les programmes économiques des uns et des autres. Deux raisons à cela. D’une part tous les candidats ne rêvent que d’une chose sous des formes à peine déguisées : une monnaie faible qu’ils pourront dévaluer tous les trois ou cinq ans, ruinant les épargants, petits et gros. Or la douceur est amie de l’épargne, comme l’affirme le Bidou-tö-King, chapitre 3 (traduction Duyvendak) : « Sois Picsou, pas Rapetou. » D’autre part, aucun ne pourra tenir ses promesses économiques au delà de quelques mesures symboliques tant nous sommes dans la mouise et tant ça ne va pas s’arranger.

Ensuite, mes chers cajolines qui bien à tort pensez ne pas mériter que J.-C. fasse ascension sur Mars pour votre édification, justification & salvation, ne prêtez pas l’oreille aux cathos durs et à leurs points non négociables. Pour ne pas négocier, il faut être en position de force. Ils rêvent de se retirer sur l’Aventin et ils ne feront que donner l’impression d’enfants qui boudent. Et comme chacun sait les peluches n’aiment que les bons enfants, les turbulents, les joyeux, ceux qui tuent tout ce qui bouge dans les RPG dès 8 ans, et qui à l’occasion boutent le feu aux tas de foin ou aux roulottes de romanichels. Les peluches n’aiment pas les enfants chouineurs, chougneurs ou boudeurs.

Enfin ne vous laissez pas prendre aux arguments du vote utile. Les petits candidats sont plus rigolos que les autres, et au moins à ce titre ils méritent bien qu’on vote pour eux.

Il sera temps de se demander entre les deux tours si un vote est utile ou pas.

Bref, si vous vous refusez à voter Cheminade, votez au premier tour pour celui qui vous plaît, en donnant une prime à ceux qui emmernuient le plus les grands partis (sauf Bayrou, parce qu’il ne faut pas déconner quand même).

Bien doucement à tous, en attendant les résultats que nous vous invitons à disséminer au mépris de la loi dès qu’ils seront connus, pour faire enrager d’impuissance les petits énarques en costume gris.

Étiquetté : , , ,
Titre :

Lien :

Description :

Fermer