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L’Edition envoie sa grosse Bertha

Technologie — Article écrit par le 27 septembre 2011 à 15 h 01 min

Vous aimez la littérature ? Vous pensez que c’est le seul domaine de liberté qu’il reste en ce bas monde ? Vous ambitionnez  même d’écrire un chef d’œuvre ? Peut-être en avez vous déjà le manuscrit tout chaud entre les doigts ? Juste avant de l’envoyer ou d’acheter celui dont on vous rabâche les oreilles, vous allumez votre écran comme pris d’un doute.

Et là, vous tombez sur Frédéric Beigbeder. Nightclubber, DJ et sniffeur professionnel comme le premier chômeur du sud-ouest venu, cet imposteur certifié est aussi écrivain à succès, critique littéraire et éditeur influent. Sa tournée absolument complète de tous les rades télés qui traitent de près comme de loin de littérature  (et je ne parle pas des feuilles de chou)- afin de nous vendre le « Top 100″ de ses livres préférés, où figure bien entendu en bonne place son cher Bret Eston Ellis, auteur pour adolescent attardé- a moins pour sujet son ouvrage que la question anxieuse du livre électronique. Le livre électronique, pour le DJ-éditeur c’est le Mal. Le voilà qui passe par toutes les simagrées obligées du cool-procureur-sympa pour faire avaler son indigeste plaidoyer anti-livre électronique. Il démarre par une évidente et soporifique diatribe contre la Technique, celle qui nous asservit et fait disparaitre le beau, le vrai et le sentiment du temps qui passe au son des pages qu’on tourne, dans l’ascèse requise par cet acte hautement révolutionnaire qu’est la lecture d’Harry Potter au pays des traders par Bret Easton Rowling. Arguments débilo-mondains auxquels on ne perdra pas une seconde à répondre. Il nous étale ensuite une couche dégoulinante d’ »objet- livre » ce truc de papier qui sent bon l’édition, le syndicat du livre et les arbres qu’on abat et qui eux non plus ne mentent pas. Antimoderne qu’on vous dit ! C’est tendance à mort et ça permet de dire n’importe quoi, à commencer par le fait que la littérature serait menacée par autre chose que par l’absence d’intelligence, ce que DJ Fred a évidemment intérêt à faire oublier. Enfin il s’aventure précautionneusement- c’est que là, on va parler pognon, ce qui le dégoute un peu, hein- dans le domaine des droits d’auteurs, évidemment menacés par le piratage, ce qui fera s’esclaffer n’importe quel vendeur de best-seller, quand on sait ce qu’il lui revient une fois tous que tous les parasites intermédiaires se soient rincés sur son dos. Parasites dont la liste des métiers ressemble fortement au CV de l’autodéclaré épouvantail à modernitude  redécoré par Stark avec relique du majeur de Bernanos Made in China en collier qu’est MC Beigbéder. Mais comment parler de conflit d’intérêt à un type qui cumule les postes comme d’autres cumulent les mandats et dont le cumul est la condition même d’existence et de survie ?

Toutes les perles des maître-chanteurs d’aujourd’hui, nostalgie sous cellophane, pédagogie de caserne, bon sentiments de ménagère engagée, moralisme à chemise ouverte, culpabilisation de curé à dreadlocks, chantage à sourire bright, mensonges et menaces du cabinet Mensonge&Menace, etc enfilées en dix minutes sous les projecteurs ravis des plateaux relookés en toilettes sèches de la sauvegarde de l’écriture bio contre la pieuvre ultralibérale à liseuse électronique.  Bref, le rebelle à barbe des lettres se dévoile comme ce qu’il  est : le représentant de commerce de toute la saloperie de l’édition française, ses patrons, ses esclaves, ses idiots indispensables, ses auteurs superflus, ses groupies périmées et ses désormais avocats à ciseaux et tubes de colle salariés à temps pleins; toutes ces petites gens honnêtes et travailleuses qui sortent les kleenex et les mises en demeure lorsqu’il entendent le mot Internet. Voir cette bande de charlatans en promotion perpétuelle dans tous les sens du terme, ces têtes de gondole à Ray-Ban de l’époque nous faire le coup du petit éditeur et des ouvriers de l’imprimerie aux doigts bleus garants du monde intouchable de la littérature ne manque pas de sel.

Ce serait en effet scandaleux que le futur Céline décide de se passer de tous ces braves dévoués à la cause pour mettre son œuvre dans les sales pattes d’une plate-forme internet pour la vendre en version électronique en DRM à 4, 50€, dont 4,20 pour sa poche soit plus du double de ce qu’il aurait espéré en passant par l’édition, ses réseaux, ses rétrocommissions. Sans parler du risque garanti d’être refoulé par autocensure communautaro-compatible,  sinon de voire son ouvrage charcuté par des rewriteurs ayant remplacé le Larousse par le code pénal accompagné d’un guide du routard médiatique en territoire associatif avec assurance rapatriement, pour enfin finir par se taper le pèlerinage rédempteur des articles&interviews de copinage à renvois d’ascenseur comme il y a des renvois digestifs.  Sans imaginer les éventuels « passages télés » qui finiront le travail d’épuration à coup de rires hystériques, de procès en carton-pâte, d’analyses livrées avec kit anti-suicide et de louanges fines comme des blacks mamas sortant de chez KFC. Oui :  comment hésiter une seconde entre le forfait all inclusive du pays joyeux des enfants heureux et des monstres gentil de l’édition française et la compromission nauséabonde de l’Internet ?

Des boussoles comme la complainte du VRP à mèche susnommé sont des cadeaux du ciel. Ses craintes sont tout à fait justifiées, mais pas pour les raisons qu’il avance, évidemment. Le livre électronique, c’est l’assurance pour la première fois dans l’histoire de la littérature de ne devoir son succès ou son échec qu’à soi-même, de s’en mettre éventuellement plein les poches, de garder son intégrité et sa dignité. Plus généralement, voir enfin disparaitre à petit feu ce monde des lettres relégué à juste titre dans les rayons de supermarchés ou de libraires de gauche et de contempler ses nuisibles cuistres faire le tapin entre eux pour refourguer péniblement leur dernier navet sans plus avoir l’outrecuidance de déclarer défendre la liberté d’expression parés de la tunique arc-en-ciel de la dérangeance. Quant aux lecteurs, les vrais, ils ne se posent même pas la question tellement c’est évident et ils pourront même retrouver la joie d’avoir un peu l’impression d’acheter un truc sous le manteau comme aux temps bénis de l’Index. Le livre électronique est à l’édition ce qu’Internet est aux journaux, le retour inespéré de la liberté de l’art par la grâce de la technique. On comprend que ça passe mal.

 

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Mais le piratage alors ?

Oui, je sais bien. Alors je vais me contredire. Le piratage on s’en fout. Je pense qu’un écrivain de génie, dans ce monde, c’est déjà quelqu’un qui sait qu’il ne vivra pas de sa plume. Ce n’est pas seulement un constat matérialiste, c’est un également un pré-requi artistique. Un constat a priori froid mais, si on y réfléchit, une formidable force. Totalement libre. Ça fout limite la trouille, et je comprends qu’il y en ait que ça travaille, dans l’Edition. Ça tombe bien, la liberté n’est pas un chemin périlleux ou un but, c’est le carburant de base. Pour la gloire, la postérité, le fun et tout le tremblement. Dans le doute, disons qu’il n’a rien à perdre. Mais il y a tout de même un indice, qui n’est pas de mon fait : je comprends mal pourquoi un éditeur déciderait de passer au livre électronique s’il sait qu’il se fera enfler par le piratage. Parce que, contrairement à la musique  et aux films, il est tout à fait possible qu’il n’y ait aucune version électronique qui traine, et on voit mal un pirate scanner un truc de plus de 10 pages sans se dire qu’il n’à pas que ça à foutre. Non, j’ai beau réfléchir, je ne vois qu’une chose qui retienne l’éditeur : le fait qu’il devienne alors totalement inutile à terme, pour le plus grand bien de la littérature (classiques sur le sujet à l’appui, de Balzac à Bloy, qui ne pourront même pas servir de caution, étant donné que leurs versions modernes si elles existent, n’ont jamais réussies à être pris au sérieux*).

*La preuve que l’édition moderne a triomphé de la littérature, c’est que la critique de la première par la seconde est aujourd’hui inaudible. Cf Postérité de Muray ou La grande poursuite de Tom Sharpe. De toutes manières, la chute de l’Edition est un sujet en soi, et l’entrée de la littérature dans le numérique un autre.


10 trucs qui font que tu es un looser web 2.0

Technologie — Article écrit par le 22 février 2011 à 14 h 54 min

La vie virtuelle, web 2.0, tout le bordel…bref tout plein de nouveaux usages. Tout comme dans la vraie vie, il y a des signes qui ne trompent pas et qui font que tu es un looser comme vivre chez tes parents à 35 ans, porter des chaussettes blanches avec des chaussures noires, bref ce genre de trucs…reste à déterminer les signes qui ne trompent pas et qui font que tu es un looser web 2.0:

1. Tu as plus de 800 amis sur Facebook et pourtant tu n’as jamais réussi à planter le drapeau avec un seul de tes contacts féminins.

2. Tu aimerais bien faire tes courses sur venteprivée.com, et comme c’est privé, on ne t’a jamais invité, malgré tes 800 copains sur facebook.

3. Pour aller sur un site comme ilikeyourstyle.net, tu tapes i like your style dans ton moteur de recherche préféré.

4. Ton adresse mail, c’est hotmail.fr ou wanadoo.fr ou bien laposte.net, avec ton surnom et le numéro de ton département du style gossbo27@laposte.net

5. Avant tu lisais Lemonde, Libé, Lefigaro maintenant tu lis lemonde.fr, liberation.fr et lefigaro.fr.

6. Tu télécharges sur Kazaa, emule, tu as déjà attrapé plus de virus qu’une pute syphilitique de Soweto et en plus tu t’es fait attraper par Hadopi.

7. Tu mates en boucle des documentaires sur dailymotion ou youtube sur les illuminatis, le 11 septembre…

8. Tu t’es fait gauler à ton boulot par ton chef pour des vidéos de cul car tu ne sais pas gérer l’historique de ton navigateur.

9. Tu trouves les points de vue des blogs de gauche intéressants car il y a une incroyable diversité d’opinions.

10. Tu as un smartphone et tu en as eu pour 2000 euros les trois premiers mois d’abonnement, et maintenant tu connais le sens du mot roaming.


Du Piratage (I)

Technologie — Article écrit par le 27 novembre 2010 à 12 h 00 min

Depuis bientôt une dizaine d’années, une armée d’experts es nouvelles technologies – aidée de plumitifs se réclamant «journalistes» qui sont aussi ignares sur le sujet que sur les principes de base de la mécanique quantique – nous expliquent comment le téléchargement illégal est en train de tuer la création (bien qu’étrangement la production n’ait jamais été aussi importante quantitativement).

A grands coup d’enquêtes, de sondages auprès des internautes et autres joyeusetés, on apprend que le fléau semble sans fin ; Ginette 69 ans télécharge un tube de Frank Micheal sur eMule grâce à son petit fils Kevin qui lui à montré comment faire…tandis que ce jeune vandale de la création est lui déjà passé au «streaming» et au «direct download».

Le piratage serait donc de masse, totalement incontrôlable…ce qui expliquerait le déclin d’Universal et quelques autres (le succès d’une entreprise comme Apple dans la même période avec son iTunes Store ou plus récemment avec celui de l’AppStore est apparemment sans importance.).

Mais personne n’explique jamais concrètement comment cela fonctionne ; on se contente de balancer quelques anglicismes et quelques mots de jargon technique (toujours parler d’IP à un moment donné lorsque l’on évoque Internet…cela fait savant) histoire de résumer cela, avant de conclure que c’est aussi accessible qu’une recherche sur Google.

La vérité, elle, diffère quelques peu…

Tout d’abord, il convient de définir ce qu’est le téléchargement ; techniquement il s’agit d’un transfert de données d’une machine vers une autre au sein d’un réseau informatique (typiquement Internet mais partager des fichiers sur un réseau local cela revient aussi à faire du téléchargement au final).

Il y a donc une machine émettrice et une autre réceptrice, c’est ce l’on appel l’architecture client/serveur ; l’intérêt de la chose étant qu’à la fin du téléchargement les deux machines disposent du même fichier…qui aura été dupliqué lors de l’opération.

Ce transfert de données entre machines, peut s’effectuer de différentes manières suivant les protocoles usités.

Ce que l’on nomme «direct download» avec le téléchargement via des services comme Rapidshare ou Megaupload n’est ni plus ni moins que le protocole le plus élémentaire du web le http ; concrètement un fichier se trouvant sur une machine serveur est accessible via une adresse définie…par exemple http://ilys.net/kate.jpg il vous suffit alors de faire enregistrer le lien sous pour que le serveur envoi une copie du dit fichier vers votre ordinateur. Là il s’agissait d’une photo mais le principe est le même pour un fichier audio ou video. Le transfert par protocole FTP est également du téléchargement direct, on retrouve toujours une machine serveur qui transfert des données vers une machine client.

Le «streaming» est un peu différent, on ne télécharge pas à proprement parler le fichier ; mais on retrouve toujours la logique client/serveur, une machine envoie un flux (audio ou video) vers votre ordinateur qui se retrouve lu en direct…c’est le principe de youtube par exemple. Une fois la lecture terminée, vous n’obtenez pas votre propre copie du fichier.

Enfin le fameux «peer-to-peer», est ce qu’on pourrait qualifier de version plus intelligente du téléchargement direct ; mettons qu’un fichier lambda se trouve sur le serveur C, il s’agit d’une vidéo faisant 1Go. Si 1000 personnes veulent le récupérer en même temps via direct download, le serveur C se retrouve seul pour envoyer à chacun des  1000 téléchargeurs une copie de la vidéo…pour effectuer cela, il devra non seulement être capable de gérer autant de requêtes en simultané mais surtout disposer d’une excellente connexion ; car faute de bande passante suffisante, le téléchargement sera extrêmement long pour tous le monde.

Le principe du téléchargement via un système de pair-à-pair, c’est d’interconnecter toutes les machines cherchant à récupérer un même fichier. Ainsi si l’on reprend l’exemple de la vidéo sur le serveur C – mais cette fois-ci avec avec un téléchargement via P2P – il enverra toujours la vidéo à tout ceux la lui réclament…mais il le fera par petites briques distribuées aléatoirement, tandis que les 1000 téléchargeurs seront connectés également les uns aux autres, s’échangeant dans le même temps les briques de vidéo qu’ils ont déjà récupéré.

Avec ce modèle, le serveur C sera donc aidé par 1000 connexions supplémentaires qui l’aideront dans sa tache ; il n’y a plus un serveur pour 1000 clients mais 1001 serveurs pour 1000 clients…la diffusion des différentes copies se fera donc bien plus rapidement.

A noter que ces trois grands principes de transferts de données peuvent être utilisés aussi bien pour distribuer des fichiers légaux qu’illégaux ; ces protocoles ne sont pour rien dans l’usage qui en est fait.

Le gros avantage du P2P sur les deux autres étant bien attendu le prix ; car si la reproduction d’un fichier numérique ne coûte absolument rien (vous pouvez reproduire à l’infini filmdemerde.avi sur votre disque dur, sur des disques externes etc…il suffit qu’il y ait de la place), le transfert sur le réseau Internet lui ne l’est pas.

L’hébergement de fichiers sur des serveurs, la bande passante de ces derniers…tout cela à un coût. Et celui-ci est colossal si vous voulez assurer la diffusion de Terraoctets de données (les mises à jours de certains logiciels par exemple) ou d’un streaming de qualité télé à plusieurs centaines de milliers de personnes (genre les live des keynotes de Steve Jobs).

Le transfert via un système de pair-à-pair limite forcément grandement ces coûts vu que le fichier est distribué non pas seulement par quelques serveurs…mais également par tous ceux qui téléchargent et qui font également office de serveurs avec leur connexion internet.

Partant de cette simple problématique pécuniaire, toutes les solutions d’échanges de fichiers illégaux en masse via direct download ou streaming sont forcément médiocres. Il n’y en effet pas de petite fée ou de Père Noël Russe qui va prendre en charge le coût des serveurs histoire que des centaines de millions de couillons puissent télécharger gratuitement des films etc…et la pub est très loin d’être suffisante pour rentabiliser pareil modèle.

Sachez donc que lorsque l’on vous explique que le piratage se propage dans des proportions ahurissantes via le streaming et le direct download, c’est absolument faux. Ou du moins il faut voir ce qu’il se propage exactement.

Essayez de regarder en streaming un film comme Inception ou de télécharger via des liens Rapidshare (y compris avec un compte premium…payant) un logiciel d’une dizaine de Go comme la Suite Créative Adobe, vous aurez tôt fait d’abandonner devant la piètre qualité ou l’idée de devoir cliquer sur 150 liens (et encore faut-il qu’ils fonctionnent encore tous) avant de récupérer au moins Photoshop.

Seuls les plus cons des gamins de 14 ans s’acharneront à la tache en en étant satisfait ; les autres finiront vite de s’en lasser devant la manque de qualité et/ou de praticité.

Reste donc le P2P qui lui semble sur la papier parfait pour diffuser le plus rapidement possible un fichier à de nombreuses personnes ; à cela près que…si mon exemple de tout à l’heure est pertinent avec un serveur source diffusant à 1000 personnes, si l’on passe à 10 000 personnes pour une seule source, même avec une très bonne connexion la diffusion d’une copie complète entre tous les pairs commence à prendre du temps.

Sans compter que pour que le P2P fonctionne, il faut que tous le monde joue le jeu ; comprendre qu’une fois qu’on a terminé de télécharger un fichier, il faut le conserver et continuer de le distribuer afin que d’autres puisse le télécharger à leur tour. Inutile de dire que dans un système ouvert à tous vents sans la moindre contrainte, le ratio de ceux qui partagent activement est relativement faible…ce qui à pour premier corollaire de rendre les téléchargements particulièrement longs dès que l’on parle d’un fichier de quelques Go, la demande étant bien supérieur à l’offre.

Le second corollaire de cela est que n’importe qui peut poster n’importe quoi sur un réseau de P2P ouvert; et donc inévitablement, certains posteront de mauvais fichiers, soit pour essayer de distribuer des virus, soit pour s’amuser de tous les imbéciles qui penseront récupérer le dernier Harry Potter en qualité Blue-Ray.

Evidemment, certains sites aident à faire le tri…je me souviens qu’au début des années 2000, le forum share-reactor répertoriait les liens edonkey, puis d’autres ont suivi pour eMule et d’autres encore pour les torrents (avec par exemple le site eztv pour les séries télé) ; c’est pourquoi ceux qui sont un peu plus dégourdis que la moyenne vous expliqueront qu’ils arrivent sans problème à télécharger les derniers Dexter ou Fringe.

Et ils ont raison, cela fonctionne relativement bien avec un minimum de maîtrise ; enfin cela fonctionne relativement bien pour des fichiers récents…par exemple ils n’auront aucun problème à vous télécharger les derniers épisodes de grosses séries américaines ou l’édition deluxe de l’album de Ke$ha.

Mais demandez à ces «fins téléchargeurs» (qui sont déjà une petite minorité) de vous récupérer la saison 1 de Dexter, ils auront déjà plus de mal ; ils vous diront que c’est déjà vieux, qu’il n’y a pas ou plus beaucoup de sources pour télécharger et si ils y arrivent cela prendra bien un ou deux jours minimum.

Demandez leur ensuite de vous procurer une copie de Il Protiere di notte ou un enregistrement particulier des Nocturnes de Gabriel Fauré…et là on vous fera savoir gentiment que la production de poupées qui toussent a été stoppée, avant de cordialement vous inviter à aller vous faire foutre avec vos demandes.

Le fameux piratage de masse, le voilà, c’est beaucoup de déchets, des fichiers bien souvent de piètre qualité (essayez de regarder un film de 2H20 qui pèse 700Mo…), une disponibilité très aléatoire dès que l’on cherche quelque chose qui n’est pas récent et/ou ultra mainstream, une vitesse de téléchargement globalement médiocre…et par dessus le marché ce n’est même pas maîtrisé correctement ne serait-ce que le quart de ceux qui en font usage.

Bref l’image de la horde d’internautes qui auraient des disques dur blindés de films, MP3 et autres logiciels crackés est une pure fabrication ; la réalité c’est que la très grande majorité télécharge finalement relativement peu de fichiers illégaux, non pas parce qu’elle est honnête…mais parce qu’elle ne sait pas faire.

Car contrairement à la fable vendue avec succès (la taxe sur les supports de stockage…vive la République), télécharger des fichiers illégaux de qualité et dans de bonnes conditions est réservé à une petite minorité d’initiés…et le restera.

Pourquoi ? Comment ? Où ?

Les réponses dans Du Piratage (II) bientôt sur Ilys…qui vous montera que le piratage c’est en fait un truc de droite dans le fond.

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