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Après

Sozial — Article écrit par le 14 janvier 2013 à 16 h 37 min

Quand un journaliste fait son travail en se bouchant le nez il dit qu’il s’astreint.

A défaut de l’odorat mais en mobilisant tous ses autres sens, le journaliste de terrain s’astreint alors à aller à la rencontre de l’information nauséabonde dont il raffole même si elle le dégoûte. Il s’astreint à interroger les gens, s’astreint à les écouter et s’astreint même à les observer. Et débusque ainsi le relent nauséabond confirmant son intuition première de se boucher l’appendice nasal dès le départ.

Mais à force de se pincer le nez, celui devient peu à peu douloureux, surtout avec par froid mordant de janvier à Paris. Et devient presque gelé à la fin de son astreinte.

On hésite donc entre applaudir ou appeler une ambulance devant cette performance, que dis-je, ce sacrifice journalistique de haute volée.

Plus dur que la Syrie, plus dur qu’une garde aux urgences d’un hôpital, l’astreinte à la manif pour tous.

Maurice Szafran, puisqu’il s’agit de lui et puisqu’il était effectivement dans la manifestation d’hier (je n’ai pas pu résister à l’idée d’aller la voir), ne peut pas nier le fait qu’elle était importante.

Impressionnante qu’il dit.

Numériquement il s’entend.

Même s’il est bien incapable de trancher entre les chiffres des organisateurs et ceux de la préfecture puisque les médias sont manifestement incapables de dépêcher trois journalistes faire le même travail de haute technicité que la préfecture, c’est à dire dépêcher un couillon qui appuie sur un compteur à main coûtant moins de dix euros. Tout comme, d’ailleurs, ils sont incapables de mettre un hélicoptère dans le ciel pour filmer les manifestations importante dans leur ensemble. C’est qu’en France, que ce soit dans le cinéma ou le journalisme, on met le pognon des contribuables dans les salaires de ceux qui sont en place. Et pour le reste, on a des idées. Comme, ici, donner les deux chiffres, ceux de la préfecture et ceux des organisateurs, puis sous-entendre que la vérité se trouverait entre les deux.

Génie.

Un journaliste se plaignait hier d’avoir été légèrement insulté par un manifestant.

Il devrait pourtant s’estimer heureux de ne pas se faire lyncher par tous.

Les français sont un peuple infiniment tolérant et doux.

Mais revenons à Maurice Szafran.

Car, vous allez le voir, le fait que les manifestants étaient nombreux résonne pour lui comme un caractère aggravant.

Ainsi, le fait pour lui de s’être astreint à couvrir la manifestation ne suffit cependant pas pour écarter d’emblée le dérapage homophobe. Ainsi, même après s’être astreint à écouter, observer et interroger les manifestants, il ne peut écrire autre chose que il « n’y eut apparemment pas de dérapage homophobe ». Apparemment. Certes, il n’en a pas constaté, mais le cortège était si long… Qui sait, si, à voix haute ou peut-être seulement dans le secret de son âme, un manifestant n’a pas une parole, une pensée au moins, homophobe ?

Et puis, comme il le dit, lui-même, s’il n’y a pas eu de paroles homophobes (ce qu’il nomme dérapage homophobe, peut-être parce que certaines paroles homophobes n’en constituent pas…), Maurice Szafran a quand même bien compris qu’il s’agissait hier d’un « malaise envers l’homosexualité ». Mais, ballot comme il est, Maurice Szafran a oublié de préciser que ce malaise, réel, concernait essentiellement la filiation plus que le mariage et en aucun cas ce que font deux hommes ou deux femmes ensemble ce dont tout le monde se fout royalement. Maurice Szafran est homosexuel ? Hétérosexuel ? Transgenre ? Mais qu’est-ce que ça pourrait bien foutre de le savoir ?

Cela dérange beaucoup moins les participants à la manif pour tous que l’existence même des manifestants d’hier ne dérange Maurice Szafran.

Hier Maurice Szafran s’est frotté sous astreinte à une France qui dérange.

On en tremble.

Des catholiques défilant tranquillement pour la famille un dimanche dans Paris et hors vacances scolaires sont donc dérangeants.

Comprenez plus loin qu’en plus de ne pas partager ses réflexions ils ne seraient pas modernes.

Rances quoi.

Certes, les jeunes catholiques sont à mèches, bottes et jean slim. Certes, les sonos diffusaient les dernières musiques aux millions de vues sur youtube. Certes, le record de concentration d’iphones sur le Champ de Mars a été battu. Certes, on divorce aussi allègrement dans les nouveaux couples de catholiques pratiquants. Certes, des jeunes filles catholiques doivent montrer leurs seins comme les autres sur snapshot. Certes, beaucoup de manifestants se moquaient bien de l’ouverture du mariage en lui-même aux homosexuels, ne voyant guère de sens dans la cérémonie administrative à la mairie.

Mais ça, eh, ce n’est pas la modernité. Juste son apparat. Son illusion. Ses oripeaux.

Cette absence terrible de modernité résidant dans cette résilience insupportable à l’adoption de deux ou trois dernières lubies à la mode sur des dizaines intégrées sans souci. Terrible résistance. Foutus catholiques. Dire qu’ils écoutent encore les prescriptions bidons d’un illuminé datant d’il y a plus de mille deux cent ans… Ah non. Merde. Ça c’est les musulmans. Mais c’est encore pire avec les catholiques, leur religion est encore plus vieille. Et je ne parle pas des juifs. Je laisse Maurice Szafran s’en charger.

Elle dérange, répétons-le, mais il n’y a pas d’autre choix que d’en tenir compte ; non pas de lui céder, mais d’être capable de l’écouter, de s’évertuer à un travail pédagogique envers cette France-là, même si elle est refermée sur elle même. Ce travail pédagogique, même Francois Hollande et les siens y sont contraints.

Oui.

Effectuons un travail pédagogique.

Je pense qu’un bon travail pédagogique adapté et mené par Christine Taubira devrait pouvoir balayer sans problème des dizaines et centaines d’années de réflexion théologique sur la question de la famille pour des catholiques. Avec les puissants intellectuels qui nous gouvernent et nos courageux journalistes, l’affaire devrait être réglée en quelques semaines et l’absolue nécessité de permettre aux homosexuels de se marier devant l’adjoint au sport de leur mairie plutôt que de se pacser au greffe, et l’impérieuse urgence d’ouvrir aux homosexuels l’adoption pour que, enfin, deux ou trois enfants puissent être adoptés par eux chaque année, sera enfin reconnue par tous.

Pourquoi se crisper sur des droits qui ne coûtent rien (PMA enlevée) à donner et qui ne concernent personne ou presque ?

Cent mille familles homoparentales ? Allons ! Et pourquoi pas un million ? Tout le monde sait que cela ne concerne que quelques cas.

Assurément, il y a quelques semaines encore, on prétendait que cette réforme était d’une grande ampleur. Mais que voulez-vous. Les temps changent. Faut vous adapter.

Va, si ce n’est pas la preuve que ces gens ne sont pas modernes


Avant

Sozial — Article écrit par le 12 janvier 2013 à 9 h 00 min

Avertissement : ce post contient au moins un point godwin et plusieurs réflexions (si on peut dire) ignobles.

Avant les gens foutaient les cadavres dans les placards maintenant ils les exposent dans l’entrée.

J’y étais, l’autre dimanche, à la manifestation pour le mariage gay. Pour plusieurs raisons.

D’abord j’y étais comme voisin. C’est une raison importante. Essentielle même. Qui explique que je ne rejoindrais sans doute pas celle de demain 13 janvier. Trop loin. A moins qu’il ne fasse beau et que j’en profite pour me promener.

Deuxièmement je n’ai pas été à la foire cette année. Mon quota de foule bigarrée et de piétinage populaire était donc totalement libre.

Enfin, dernière raison, je préfère être désespéré par le peuple de gauche que par le peuple de droite.

Je ne sais pas trop pourquoi. C’est vraiment de l’ordre du ressenti. Pas intellectuel du tout. Bah. Peut-être que le fait d’être né dans un pays où une bonne partie du débat politique se structure dans une opposition (qu’on peut juger comme factice, mais) entre gauche et droite a quelque chose à voir là-dedans. Et que je m’associe presque malgré moi à la droite.

Une sorte de réflexe vraiment franchouillard donc.

Que voulez-vous, je n’ai pas du être élevé en vrai citoyen du monde.

Encore une faillite du système scolaire.

J’ai été assez déçu par cette manifestation. Déjà il n’y avait pas tant de monde que ça. Ensuite les gens n’étaient pas très beaux.

Et ça, ça me dérange.

L’homosexuel parisien vaguement bobo et dans sa trentaine n’est quand même pas folichon la plupart du temps. Je ne sais pas d’où vient le mythe féminin du mec canon qui serait toujours homo, mais en tout ce type d’homosexuel là ne défile pas un dimanche de décembre dans Paris en début d’après-midi. Maintenant, je ne dis pas que tout le monde était moche, non, mais juste que c’était vraiment pas terrible la plupart du temps. Les hétéros n’ont rien à envier. D’autant qu’entre les vieilles féministes, les mecs au physique pour le moins étrange du Front de Gauche et les filles gauchistes à dreads, on ne peut pas dire que le niveau vestimentaire moyen soit très élevé non plus.

J’ai été déçu, déçu, déçu.

Et je ne parle pas des parents homosexuels ou, en tout cas, à défaut d’avoir consulté le livret de famille amendé de quelques décisions judiciaires, des homosexuels venus avec des enfants. C’est tragique à dire, mais même bien habillés, même s’ils ne sont pas moches par ailleurs, vous avez la même appréhension instinctive que si vous vous retrouviez en face d’une famille du Nord de la France en surpoids généralisé dont la mère vient de sortir de l’adolescence tandis que le père bichonne sa Renault améliorée de plusieurs caissons de basse supplémentaires dans le coffre.

Finalement une famille homoparentale c’est un peu comme une famille à Outreau mais sans les viols.

On n’est pas dans le pénal mais ça fait peur quand même.

D’ailleurs les gamins des familles homoparentales, eux, ferment consciencieusement leur gueules sur ce sujet du primaire au collège.

Eh, pas question de révéler le petit détail croquignolet du j’ai deux papas (ou deux mamans) à ses petits camarades !

La famille homoparentale c’est juste une raison de plus de mentir pour un gamin dans la cour de récréation. Un truc supplémentaire à ne pas révéler pour ne surtout pas être considéré comme différent. Alors bon, si la vie a fait que…

Mais pour l’adoption c’est vraiment salaud, on est au bord de la double peine. Car cela oblige le gamin à non seulement mentir sur le fait qu’il a été adopté mais de le faire avec… des parents homosexuels. Bordel. Ça ne simplifie pas la chose. D’autant que tu dois de surcroît cacher le fait que tes parents sont homosexuels. A mon avis il y a de quoi devenir dingue. Ou un prince de la dissimulation.

Oui, je le reconnais, c’est peut-être formateur pour un enfant d’avoir été adopté par des parents homosexuels. Cela développe sans nul doute certaines compétences chez lui. Maintenant, très sincèrement, j’aimerais pas être à sa place quand même. Il en rigolera peut-être ou il en verra les bons côtés après l’adolescence, mais d’ici-là, il y a quand même quelques longues années de cour de récréation qui risquent d’être un peu difficiles. Mieux vaut alors être un dur et/ou un beau gosse. Sinon, si ce gamin adopté est en plus, au choix, gros, timide, laid, petit, moyennement intelligent, etc. Cela va vite devenir l’enfer.

Sont sympas les profs d’expliquer le nazisme aux enfants comme si c’était un truc limite inconcevable pour eux. Comme si les gamins n’imaginaient pas bien mieux que les adultes, qui ont généralement oublié, ce que ça peut être de vivre dans un lieu fermé, gardé, dont on ne peut pas sortir comme on veut, où on y entre souvent la peur au ventre, où de simili-kapos font la loi et où on discrimine joyeusement sur des critères physiques, raciaux et autres critères héréditaires.

Entre les anciens traumatisés qui veulent oublier, les ex-tortionnaires, honteux, qui ne se souviennent plus et tout le reste qui a navigué prudemment pour éviter les récifs toutes ces années école-collège et dont beaucoup sont aujourd’hui devenus des connards passant leur temps d’adulte à inventer de savants moyens pour se distinguer par leurs fringues ou la couleur de leur portable, il n’y a plus beaucoup de grandes personnes pour se remémorer franchement la douceur légendaire du petit monde scolaire durant l’enfance et l’adolescence et imaginer ce que ça peut être de rajouter à un enfant des parents adoptifs se trouvant être homosexuels.

Eh ben on va le leur dire.

C’est comme si au goulag on t’annonçait que, plutôt que de te retrouver à servir le thé dans le salon du chef de camp, tu allais en fait creuser à la pelle un sol gelé seize heures par jour.


Barrez-vous ou battez-vous ?

Sozial — Article écrit par le 3 octobre 2012 à 10 h 32 min

Nos amis de fdesouche viennent de lancer un débat sur les solutions réalistes à l’immigration.

Cette tribune est signée. Non par l’anonyme « françois », non pas par notre ami indien Tilak dont la sollicitude concernée à l’égard de la situation française a toujours été admirable, mais par Pierre Sautarel. Celui que la justice française considère comme le responsable de fdesouche. Et qui devrait bientôt se retrouver devant les tribunaux. Me semble-t-il pour des commentaires. Ce que je trouve tout à fait ahurissant à titre personnel. Les commentaires devraient être, à mon sens, de la seule responsabilité des commentateurs -sans évoquer la question de la modération a posteriori.

Quoiqu’il en soit, c’est la première fois que Pierre Sautarel, à ma connaissance, s’exprime en tant que tel sur fdesouche. Jusqu’ici le site avait surtout publié des mises au point (une en mars 2012 assez claire, une en juin 2010 un peu plus ouverte). Et des tribunes libres aussi, mais aucune émanant a priori de ceux qui participent à fdesouche.

Je ne sais pas si fdesouche est un pont entre le FN et les identitaires, je ne sais pas si cette tribune est annonciatrice d’un destin personnel plus large que fdesouche pour Pierre Sautarel, je ne sais pas si la photo accompagnant sa tribune nous dit autre chose que le fait qu’il ait pique-niqué ce week-end en plein soleil.

Le problème des identitaires, ce n’est pas leur scepticisme raisonnable vis-à-vis de la Reconquista (théorie dite de « La Thompson d’Holeindre ») ou du processus d’assimilation.

L’hypothèse qui me semble la plus réaliste est une aggravation de la situation. Les frontières ne sont pas près d’être fermées. Le surplus d’immigrés des grandes agglomérations va être dispatché sur l’ensemble du territoire. Pas un bourg, pas un village ne sera épargné. Dans le même temps, le communautarisme allogène va s’accentuer. Et, c’est peut-être précisément là que réside un espoir. [...] Mais surtout, cette communautarisation des allochtones renforcera inéluctablement celle des autochtones.

Ici, nous parlons plus volontiers de zones. Déjà parce qu’elles existent déjà -et existent depuis toujours en vérité. Mais le fait que celles-ci se multiplient et deviennent de plus en plus impénétrables pour leurs étrangers, renforcera-t-il le communautarisme des autochtones ?

Il y a cinquante ans, j’aurais peut-être répondu franchement par l’affirmative.

Mais depuis, comme le dit Pierre Sautarel lui-même, les frontières se sont ouvertes. En grand. C’est ce qu’on nomme la mondialisation. Qui a fait éclater d’anciennes solidarités et qui menace de ne pas faire naître (renaître ?) cette belle solidarité communautaire française ou blanche que les identitaires espèrent connaître un jour prochain. Ou, du moins, une bonne partie de ceux qui seraient a priori concernés, français et blancs, ne s’y résoudront jamais. Pourquoi ? Parce qu’ils peuvent faire autrement.

Parce que les autochtones, il y en aura de moins en moins.

Entre ceux qui arrivent et ceux qui se barrent, les identitaires seront effectivement une communauté, une communauté comme une autre.

Et pas la plus favorisée.

Disons les choses franchement.

Avant d’être les potentiels « cocus de la communautarisation », les identitaires sont les cocus de la mondialisation en ce sens qu’ils ne profitent que marginalement du phénomène et en tout cas bien moins qu’ils ne pourraient le faire.

Fdesouche fait la promo d’un débat entre Éric Zemmour et Félix Marquardt, qui serait le fondateur des très inintéressants Dîners de l’Atlantique et des Submerging Times Dinners. Le bonhomme en lui-même n’est guère passionnant. Leur tribune « Barrez-vous » ne l’est guère plus.

Il existe néanmoins une réalité que les maladresses intellectuelles de l’ego boursouflé de Félix Marquardt ne peuvent masquer. Une bonne part de la jeunesse française peut se barrer, elle le fait de plus en plus et elle ne compte que médiocrement revenir. Cette jeunesse qui n’a pas envie de travailler pour ceux qui la rançonne, ceux qui plombe son futur et qui maintiennent d’ici-là leur niveau de vie grâce à elle.

Rien de bien neuf dans cette attitude de nos aînés d’ailleurs.

C’est aussi pour ça qu’on fait des enfants depuis l’aube de l’humanité.

Au final, la première moitié de vos amis aimerait être fonctionnaire -s’ils ne le sont pas déjà- et l’autre moitié rêve de l’étranger -s’ils n’y sont pas déjà.

J’exagère à peine.

Et l’auteur de la tribune à front renversé, François-Xavier Bellamy, 26 ans, intitulée « Jeunes de France, battez-vous ! », se retrouve tout naturellement être normalien, enseignant et maire adjoint de Versailles.

Le brave jeune homme.

Peut-être aurait-il pu rajouter pour moi après son battez-vous.

Alors vient la grande hypocrisie de la lâcheté de ceux qui partent à l’étranger. Et ce serait presque drôle si François-Xavier Bellamy n’était pas aussi mortellement sérieux que Félix Marquardt. Mais il est vrai que quand on est normalien, on n’aborde l’histoire que de façon superficielle. Sinon, il aurait pu constater que des départs en nombre d’un pays pour avoir une vie meilleure ailleurs ne datent pas d’hier et ont même lieu aujourd’hui pour les populations de tas de pays autres que la France.

Ils ne sont pas tous perçus chez eux comme des lâches et des traîtres.

Et s’ils le sont ici par un adorable gros garçon de 26 ans, croyez bien que c’est pour autre chose que ce qu’il écrit.

Maintenant, certes, une bonne partie de la population française ne peut pas se barrer. Pour des tas de raisons. C’est à eux que s’adresse le discours sur la communautarisation. Il a de bonnes chances, à terme, de fonctionner sur cette population. D’ailleurs, disons-le, il fonctionne déjà très bien, les scores du Front National démontrent assez son pouvoir d’attraction.

Mais au Front National on parle beaucoup de la nation. Ce machin qui n’existe plus guère que dans son administration.

Les identitaires, me semble-t-il, en parle nettement moins.

En cela, oui, ils anticipent.

Mais qu’on comprenne bien que question d’anticiper et profiter du phénomène, il y a déjà eu pour eux le raté de la mondialisation. On parle donc bien du fait de ne pas en rater un deuxième, concomitant -ou plutôt découlant de la mondialisation.

Mais encore.

A force de dénoncer le racisme anti-blanc, qui est un racisme que personne ne nie mais dont tout blanc devrait se foutre royalement, on se demande si la réussite est au bout du chemin pour les identitaires.

La discrimination se fait encore majoritairement à l’avantage des blancs aujourd’hui. Il y a donc tout intérêt quand on est blanc à ce que le système perdure. Certes, chacun comprend bien que le racisme anti-blanc est une manière d’attaquer les associations anti-racistes qui sont le véritable ennemi, mais bon, puisque presque tout le monde comprend de quoi il s’agit vraiment, à gauche comme à droite, que personne n’est dupe, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait dire les choses clairement.

On a toujours intérêt, in fine, à l’être.

On peut en penser ce qu’on veut après, mais les identitaires et les libéraux sont des gens qui se définissent par rapport à la mondialisation. Les seconds embrassent -ou tentent de le faire- le phénomène et essaient d’en tirer avantage, les premiers ne pouvant -ou ne voulant- pas le faire tentent de définir une autre voie, qui n’est plus nationale de facto, pour s’en sortir.

Je comprends que certains identitaires comprennent les candidats au départ français et blancs comme des traîtres, mais qu’ils entendent également que la solidarité nationale n’a plus de sens aujourd’hui (ce qu’ils reconnaissent) et que la solidarité raciale est moins forte que la solidarité familiale. Le Pen ne disait pas autre chose quand à la hiérarchie de ses préférences et il me semble que les identitaires ne prétendent pas autre chose non plus. Or, quand vous pouvez assurer un meilleur futur à votre famille et à vos enfants en dehors de la France, pourquoi devriez-vous vous en priver ? Pourquoi se priver d’être nomade dans un monde sans frontière ? Et puis quand on est vaguement futuriste, comment être identitaire ?

Enfin, ce n’est pas nous qui l’avons édifié ce monde là.

Alors…


Pierre Jourde, éleveur de métis depuis une génération

Sozial — Article écrit par le 21 septembre 2012 à 18 h 52 min

Je croyais avoir tout vu, lu et entendu sur le livre de Richard Millet. Enfin j’exagère, je n’avais pas tout lu, vu et entendu, étant donné que j’aurai pu tout écrire, montrer et dire a priori tant tout cela est prévisible, pénible, ennuyeux et vulgaire. Sauf les articles posts de Blue. Ce qui est rassurant quelque part.

Ce qu’il y a de rigolo alors c’est de trouver la perle (dont je recommande la lecture parce que je vais spoiler méchamment). Le point de vue représentatif et chimiquement pur de toute la connerie ambiante satisfaite d’elle-même, mais qui va un peu plus loin. C’est d’ailleurs drôle comme tout le monde rebondit sur les idées, positions et articles de tout le monde. Avec à chaque fois la petite fantaisie qu’on imagine émoustiller au maximum son auteur. Fantaisie qui consiste, la plupart du temps, à apparaitre un peu plus intelligent ou moins con sur le même thème, selon le degré d’affinité avec le joueur d’en face.

Oooh cette petite fan-tais-ie, aaaah que c’est fém-in-in..uuuuh m’ais où l’avez-vous trou-vée…bref

Aux dernières nouvelles, donc, la palme revient à Pierre Jourde. Qui doit avoir trop souvent perdu à bomberman dans sa jeunesse et c’est donc recyclé dans la popolémique littéraire à un degré critique sinon moral.

Bon inutile de tourner autour du pot, celui-ci nous sort en quatre par trois l’antienne Xyrienne (mais en l’incarnant, pas en l’analysant) selon laquelle le métis est l’aryen du XXieme siècle. On pourrait presque s’arrêter là et faire des trucs de nazis comme ranger ses chaussettes, par exemple, mais ça serait trop facile.

Jourde commence par un coming out. Ce qui est follement original. Révolutionnaire. On est tout de suite scotché, le type nous parle avec ses tripes. Il a conçu, tenez-vous bien, deux enfants, selon ses termes, empruntés à d’autres pour mieux souligner leur teneur en rancité ou en neutralité, colored. Avec une -je cite toujours-négresse-, et donc pas par l’action du saint-esprit, même s’il était probablement là. Il nous fait tout l’arbre généalogique de la smala d’ailleurs. Ce qui est sensé nous -je dis nous, je ne sais pas si ses amis du Morvan le lisent encore- donner la nausée.

Des enfants métis.

Ce type est un ouf.

Il nous connait bien. J’ai immédiatement envoyé une notification à mes potes du Ku Klux Klan pour annuler la soirée alcool de patate, lynchage & feu de bois. La panique. Malgré nos chouettes bonnets, nous sommes démasqués. Il va falloir la jouer fine avec des types comme Jourde.

Car si j’ai bien compris, les nègres ne font pas que violer nos femmes. Des blancs copulent avec leurs femmes. Et avec leur consentement. Aux femmes. Il y a reproduction. Leurs gosses portent peut-être même des lunettes. Tout  cela est bien confus, mais, d’instinct, c’est pas du tout Mein Kampf Kawaï.

Et la progéniture, contrairement à tous ces petits français pur desouche (sont tous attardés dans son texte, on est raccord, c’est pas l’innocence des musulmans), jouent du Ravel et connaissent Molière par cœur. On ne sait pas réellement s’ils portent des lunettes. Faut pas s’étonner non plus qu’ils se font lapider après ça (le fin de race pure ne connait pas Ravel pas cœur et ne sait pas jouer Molière au banjo, alors la syntaxe).

Notons tout de même qu’en Auvergne (ou le Cantal sais plus, le fin de race ne sait pas situer Corneille sur une carte, ce con, heureusement qu’il sait réparer la chaudière) on se livre à des lapidations. Avec des pierres. Comme en Bambouli. Alors là je ne comprends plus. D’abord dans la Creuse, on lapide à coup de reblochon. Ensuite, Jourde ayant écrit un livre (je l’ai lu : très émouvant, mais ça n’a pas plu à tata Yvettes qui s’est reconnue dans le personnage de la bigote alcoolique, alors qu’elle n’est que consanguine antisémite, enfin) tirant le portrait de tous ces normands pur jus décrits justement comme des débiles picards qui fument de la choucroute et soutiennent l’AS St-Etienne qu’ils sont (c’est dire s’ils sont cons), un truc comme ça, un livre pointu sur le sujet donc, on s’étonne qu’il soit tombé dans un tel guet-apens endogamique… Or si y’a un truc qu’est bien typiquement basque, c’est la susceptibilité alsacienne. Il serait un peu maso, Jourde ?

Alors, s’amener avec sa négresse et ses bougnoules à lunettes « très beaux », faut pas non plus s’étonner de recevoir des morceaux de gratin dauphinois. Heureusement que Pierro le ouf a appris le Krav Maga via un moine chaoline sans papiers qu’il appelle mon frère, c’est dire la branlée qu’il leur a mis à ces corses à chapeaux ronds. Ça doit être ça la richesse venue d’ailleurs dont il parle plus loin.

Mais la vie de Pierre ne ressemble pas qu’à un épisode de Kung Fu avec David Carradine, elle ressemble à la série Kung Fu. En entier. Ça ne s’arrête jamais.

Parce qu’il ne suffit pas de niquer sa race à la pureté congénitale d’un côté, il ne faut pas oublier de lutter contre ceux qui disent que ça n’existe pas. Enfin, que les « problèmes » liés à l’immigration n’existent pas. C’est plus compliqué, même si c’est un peu la même chose, on va le voir. Toutefois son approche diffère avec ces opposants là, il n’a pas essayé le Krav Maga avec le conseiller de Jospin, c’est dommage. Il réserve ça aux trisomiques berrichons à pieds-bots, normal.

Il utilise donc une autre méthode, il leur dit « tu vois Micheline et Jean-René (il les connait par leur prénoms, il ne va pas les taper, encore moins leurs consacrer un livre) vous êtes de bonne foi, je n’en doute pas, vous et moi partageons au moins ça en plus du talent et du tutoiement, donc écoutez : on ne combat pas la pureté par la pureté ».

Vlan !

Je trouve qu’il y va un peu fort quand même, et je dis ça en caressant mon collier d’oreilles d’arabes. C’est ce qui s’appelle recadrer le problème, un peu mon neveu (frère, cousin, papa, je ne sais plus, un peu tout ça).

Bon après, il parle de trucs littéraires, alors j’ai un peu zappé, sauf quand il parle de Céline -ça j’aime bien- « cette ordure », j’ai opiné, il est très bon critique littéraire quand même, ce Jourde.

Et puis il expose son projet, et là, amis à pin’s tête de mort, j’attire votre attention, enlevez un instant votre 45t de chants de la WerMacht (j’aime bien les allemands, mais pas leur orthographe non plus) :

Ma détestation de la pureté mortifère, dans tous les domaines, fait que, pour nous en tenir à la question ethnique, je n’aime rien tant que croiser des couples mixtes. A chaque coup, c’est plus fort que moi, ça m’attendrit. J’aspire à une France avec des Indiens, des Marocains, des Polonais, des Chinois, des Viets, des Colombiens, des Haïtiens, des Maliens, des Egyptiens, des Ethiopiens, des Portugais, des Turcs, se mélangeant joyeusement, avec leurs coutumes, leurs langues, leurs traditions, leurs cuisines, leur histoire, leur hospitalité, leurs vêtements, leurs religions, parce que c’est la vie, la richesse, la joie, la diversité, l’humanité.

Putain mais il veut faire crever Cartman ce con ou quoi ?

Heureusement, il admet ensuite par deux anecdotes dont une encore avec super-métis accompagné cette fois de  gay-boy qui mettent une branlée à des arabes desouches que c’est compliqué tout ça.

L’immigration, cette immigration tant redoutée par Millet et Camus, c’est une richesse. Mais c’est aussi parfois un problème.

Et oui. La richesse peut provoquer des problèmes. Demandez à Bernard Arnault. Qui est une chance pour la Belgique aussi, quelque part.

La haine des juifs, des femmes, des homosexuels, de la mixité, cela a un nom, cela s’appelle aussi du fascisme. Et la pauvreté n’est en rien une excuse. Un fasciste pauvre est quand même un fasciste. Et sur beaucoup de gens aussi pauvres que lui, il exerce sa tyrannie. Il y a des libertés que nous avons mis des siècles de luttes à obtenir, mais on a par moments le sentiment d’une régression. Si on se tait, on met en danger les libertés acquises.

Car c’est se taire qui met en danger les libertés acquises. On peut braire à qui mieux mieux sur la richesse, et on ne va pas se gêner,  mais il ne faut pas se taire sur le fascisme des immigrés, y’a pas de raisons que qu’y'ait qu’les savoyards qui soient futuristes italiens, les camerounais aussi. Et c’est dangereux, un camerounais qui récite du Ezra Pound, Malcolm X a dit un truc là-dessus aussi il me semble. Et il portait des lunettes.

Le bon côté, et je vais de suite le notifier à mes amis du KKK, c’est qu’il y a un potentiel de développement  de notre organisation dans l’immigration assez démentiel. Avec toutes ces nouvelles cotisations, on va pouvoir rééditer « Je suis partout » en papier glacé couleur.

Bref, pour en revenir à Jourde, donc, il ne faut pas fermer sa gueule face au fascisme black-blanc-beur (Benetton est italien, ça ne vous a pas mis la puce à l’oreille ? ). Et ne pas répondre à la pureté par la pureté. Et donc, il faut se concentrer sur des cibles de choix, avec tact et intelligence. Des cibles ciblées, qui sont, contrairement à ce que pensent ses amis Micheline et Jean-René :

Richard Millet, avec tout son immense talent, est l’enfant monstrueux de ce problème, l’enfant pervers qui nous entraîne, depuis des semaines, dans la spirale de sa perversité. Nous avons, comme écrivains, comme intellectuels, à dénoncer le racisme, la xénophobie, l’esprit d’exclusion, la violence. A dénoncer Millet, donc.

Bon là j’avoue que je ne comprends pas comment ce mec a pu apprendre le Krav-Maga, parce que j’ai essayé , ça demande quand même d’arrêter de sniffer de l’éther. Pur. Qu’il ne faut pourtant pas utiliser pour répondre à la pureté.

J’hésite à vous donner ici les deux derniers paragraphes de son truc antifa, vous avez le lien, parce qu’on tombe dans l’énorme tout de même. Je ne sais pas si notre serveur tiendrait le coup devant tant d’audace impure. Par delà le pur et l’impur. En gros il nous dit que pour niquer les purs fins de race comme Millet, il faut obliger les nouveaux arrivants qui nous enrichissent de leur diversité pas du tout consanguine et rétrograde mais peut-être un peu quand même, à accepter la liberté.

Mir Jourde, lave plus blanc que blanc, même la couleur. Mais c’est pas pareil.

Bon sang de bois, ce type ne sombre décidément pas dans la facilité. Moi, toute cette richesse qui n’empiète pas du tout ma liberté, je ne vois pas ça comme Bernard Arnault, c’est trop lourd à gérer. Et puis la Belgique quoi. Ça me donne des aigreurs d’estomac. Je fais vœu de pauvreté. Mais aux desouches  d’ici et d’ailleurs qui ne disent pas non à Darwin et qui ne veulent pas renoncer à cette manne, Jourde oublie de donner la recette du spasfon. A moins qu’elle ne soit contenue dans sa précédente anecdote qui consiste à éduquer des petits desouches blancs et cons qui se font tabasser pas des arabes par un arabe fin et lettré (et à lunettes ?) plutôt que ceux qui les emmerdent.

Voilà.

La liberté. Qui respecte la liberté des autres. Qui peuvent en retour vous enrichir à coup de liberté. Et de lunettes.

Ce type est un génie. Normal, sa femme est noire.

Mais on peut se demander si la fantaisie débile méthode de Jourde n’est peu un peu trop parfaite. Si elle ne repose pas sur des élans, disons, un peu trop élevés. Hors-sol. Si elle n’est pas un peu trop pure. Il ne signe pas la pétition, parce qu’elle trop sale de pureté. Il préfère de loin la pureté du métis colored. Et on sait où ça mène ça.

Toujours ces mêmes ornières. Finalement c’est bien un con de blanc desouche ce Jourde. Il a beau en faire des tonnes, il a décidément les stigmates de sa race. Je lui trouve d’ailleurs un air à la Richard Millet. Qui, lui, porte des lunettes, au moins.

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Avant de reprivatiser, évitons de nationaliser d’abord

Sozial — Article écrit par le 20 septembre 2012 à 8 h 00 min

Il me semble que Georges Kaplan a posté quelques fois sur ILYS. Peut-être même qu’il le peut encore. Il faudrait que je vérifie pour ça s’il a encore un compte. Mais je suis feignant de nature. Quoiqu’il en soit, Georges Kaplan publie aussi -surtout- sur Causeur.

Eh oui.

Sur ILYS on poste.

Sur Causeur on publie.

J’aurais bien envie de partir en digression sur le sujet mais l’article de Georges Kaplan publié par Causeur ne saurait attendre. C’est qu’il y a un libéralisme qui me désespère. J’en avais déjà un peu parlé ici. Et Georges Kaplan semble être de l’école qui, face à un sujet de société, va d’abord, en premier lieu, se demander ce qui est libéralement correct d’en penser. Fichtre, à force de publications, il va bientôt pouvoir éditer un Être un bon libéral pour les nuls. Sorte de petit livre rouge bleu du libéral sans doute.

Reprivatiser nos vies.

Voilà l’objectif.

Or, quoi de mieux pour le remplir que de passer d’abord par la légalisation par l’État ?

Il n’y a rien de tel.

Certes, nous dit notre libéral pur sucre de canne, l’homosexualité est un fait. Mieux encore, un fait depuis toujours. Un peu comme la prostitution quoi, ce plus vieux métier du monde. Mais, malgré cette ancienneté remarquable, cet état de fait depuis toujours n’est pas encore reconnu. Or, c’est important la reconnaissance. Il ne faudrait quand même pas qu’une de nos pratiques, notamment les plus anciennes, échappe à la puissance publique. Ce serait… Hmmm… Je ne sais pas… Heu…

Je ne sais vraiment pas.

Ah si.

C’est une question de logique et de cohérence.

Dans ce cas.

Georges Kaplan estime que face à la question du mariage homosexuel (et par là de l’adoption par un couple homosexuel), il y a trois attitudes à avoir. Le statu quo. La pénalisation. La légalisation.

Moi, bêtement, probablement parce que je ne suis pas un vrai libéral, j’ai le réflexe de me dire que si l’État ne reconnait pas et n’interdit pas plus, c’est quand même la solution libérale idéale. Ne serais-ce que parce que cela signifie que l’État ne s’en mêle pas. Et puis d’un côté on évite le ridicule de la fable du deux papas ou deux mamans et de l’autre rien n’empêche des couples homosexuels d’adopter (certes pas comme tels). Quant aux menues difficultés liées à la séparation, on pourrait passer alors par la case du tribunal qui décidera selon l’intérêt de l’enfant. Il y a sans nul doute des aménagements à opérer dans le droit pour cela, mais le principe est déjà là. A la limite, je me demande d’ailleurs si une évolution de la jurisprudence ne suffirait pas. Évolution qui se fera de surcroit naturellement, ainsi va la jurisprudence ou les coutumes, sans besoin de brusquer les choses par une loi -il me semble qu’on en a déjà assez.

Mais le 100% libéral est-il favorable à la coutume ? Je n’en ai pas toujours l’impression.

Il faudrait que je demande à un libéral pur jus.

Remarquez, quand j’observe certains libéraux applaudir à l’idée de légaliser les drogues ou la prostitution, je ne comprends déjà pas très bien ce qui les anime. A la limite, encore une fois, la pénalisation me semble une meilleure chose. Ce n’est pas que la société du contrat m’ennuie mais, avant son avènement prochain, quitte à avoir un État transitoire, autant qu’il laisse la possibilité d’avoir un comportement en dehors de son contrôle et de son approbation. Moi ça me réconforte. A cette aune là, je ne regrette d’ailleurs pas vraiment que notre liberté d’expression soit limitée par la loi en France, parce que c’est quand même vachement plus rigolo de s’exprimer comme ça.

Mais, à la limite, la question n’est pas là. Parce que le mariage gay ce n’est rien du tout. Son interdiction actuelle comme sa légalisation future. La mariage gay c’est votre conseiller municipal adjoint en charge des sports plutôt que votre notaire pour tamponner votre union. Moi je préfèrerais le notaire pour vous dire la vérité. Et la rupture de contrat facilité du PACS. Quant à l’adoption, encore une fois, le mariage gay vise juste à établir la grosse blague du deux papas et deux mamans pour résoudre des problèmes qui pourraient très bien être résolus autrement avec un petit peu d’imagination.

Maintenant, qu’on valide la fable du deux papas ou deux mamans, c’est comme si on reconnaissait les unions zoophiles ou pédophiles, qu’est-ce que ça peut me foutre ? Je comprends que Barbarin fasse la gueule, mais moi ? Attendez, je ne compare pas l’homosexualité à la zoophilie ou à la pédophilie. Je dis juste que ça ne me concerne pas.

Et que cela fait un petit moment que j’ai tiré un trait sur l’ambition de ne me retrouver qu’entre blancs hétérosexuels à la gare RER du Châtelet.

Ce qui ne m’empêche pas d’être dubitatif quand je vois un libéral écrire ça sans sourire,

Alors, comme moi, vous demanderez à l’État de reconnaître ces mariages et ces familles et nous aurons fait ensemble un premier pas sur la longue route qui nous reste à parcourir pour reprivatiser nos vies.

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Mariage gay, l’apocalypse à venir

Sozial — Article écrit par le 17 septembre 2012 à 19 h 54 min

Sur ILYS nous avons une mission. Enfin. J’ai une mission. De la plus haute importance. Du genre type qui vous fait lever le matin et vous empêche de dormir le soir.

Celle de rassurer nos compatriotes inquiets face à l’affaissement ou le relativisme des valeurs.

Cette mission ne m’empêche pas de perdre mon temps à en rajouter sur le sujet. Oui, les propos du cardinal Barbarin ne sont pas choquants mais d’une banalité affligeante. On pourrait dire de même de bien des propos de Richard Millet. Et je pourrais aligner les petites phrases, plus ou moins sorties de leur contexte, cataloguées comme des dérapages et pour lesquelles on ne comprend guère ce qui a pu choquer le quidam. Enfin. J’écris quidam mais je pense journaliste.

Nos autoproclamées élites se révèlent généralement beaucoup plus choquées que ceux qu’ils cherchent à instruire et édifier.

Cela ne les empêche pas de parler en leur nom.

Et, surtout, de vouloir les protéger.

La multiplication des dérapages et autres points godwin étant d’ailleurs le signe le plus sûr qu’il faut, de nos jours, en faire de plus en plus des tonnes pour arriver à choquer le français. N’en doutez pas, faire appel presque chaque jour à la seconde guerre mondiale et ses heures les plus sombres révèle la grande faiblesse actuelle de nos maîtres à penser plus que leur force. L’atonie les guette quand bien même ils continuent d’occuper sans relâche le terrain médiatique par leurs chroniques, éditoriaux et autres bloc-notes.

Mais je veux en revenir à l’affaissement ou le relativisme des valeurs en évoquant le mariage homosexuel et le droit à l’adoption ou à la parentalité (ce mot barbare signifiant spontanément plus usurpation que parenté dans mon esprit étriqué, mais bon) qui y serait rattaché.

Eh bien le mariage gay, en soi, on s’en fout.

Parce que le mariage gay c’est le mariage civil. Et que le mariage civil c’est la récitation d’articles du code civil. Le mariage civil est une chambre d’enregistrement.

Attendez, je vois bien l’idée qui présidait à la base au mariage civil. Mais, aujourd’hui, il faut bien avouer que cela n’a plus aucun sens. Le cérémonial n’y réside plus. C’est à peine si les mariés convient tout le monde à la mairie de nos jours. Au point qu’un élu en charge d’officier un de ces mariages m’a, il y a quelques années, proposé de faire la lecture administrative à sa place. Ce qui laisse la place à quelques blagues. Tout le monde est content. L’histoire est torchée en quinze à vingt minutes et on passe ensuite aux choses sérieuses.

Et je n’évoque pas les cas où le mariage civil et le mariage religieux ne se déroulent pas le même jour ou le même week-end. Dans ce cas-là on se rend à la marie avec ses témoins, on est quatre ou six et la fête est remise lors du jour de la cérémonie religieuse.

Le mariage civil est une coquille vide de sens depuis longtemps. La multiplication des divorces, l’adultère comme raison insuffisante, le PACS, etc. Cela fait également longtemps que cette institution est désertée et n’est que le lieu où un agent administratif tamponne. Et ce manque de sens, tout le monde le ressent. Les homosexuels veulent d’une institution qui ennuie ou fait rire depuis longtemps chez les hétérosexuels.

Ainsi de ces cérémonies laïques, qu’on en dise le nom ou pas, qui pullulent de nos jours et qui surgissent quand aucun des deux époux n’est baptisé. Et dont vous observez qu’elles ne se déroulent pas à la mairie. En tout cas, je n’en ai jamais vu là-bas. Je n’ai jamais participé à un mariage sans cérémonie religieuse ou laïque. Et quand je dis laïque… Il faut voir que celles-ci apparaîtraient aux yeux des progressistes comme tout aussi réactionnaire que la cérémonie religieuse. Même si les participants n’en ont pas toujours pas conscience.

De toute façon cette cérémonie laïque là, en dehors de la mairie, le PACS ne l’empêchait justement pas. Disons le même plus directement encore, la différence entre le PACS et le mariage civil ne m’a jamais sauté aux yeux. Le lieu d’enregistrement n’est pas le même. Pfffiou. La belle affaire.

Alors se battre pour que le mariage civil ne soit pas ouvert aux homosexuels est une chimère.

La seule chose qui différencie véritablement le mariage civil du PACS, me dit-on, c’est l’adoption.

Je comprends. Je ne vois d’ailleurs aucun intérêt pour un couple gay de se marier s’ils n’ont aucune envie d’avoir des enfants. Si ce n’est, peut-être, une forme de respectabilité supérieure du mariage dans le domaine social. Mariage ça fait plus solide que PACS pour votre boulangère. Et ne n’est pas entièrement du au fait qu’il est un peu plus simple de rompre un PACS qu’un mariage. Bien. Dont acte.

Chacun accordera à cela l’importance qu’il veut lui donner.

Quant à l’adoption, un couple pacsé ne peut en faire la demande en tant que tel, mais, que je sache, rien n’empêche l’un des partenaires de le faire à titre individuel. Certes, le conjoint du même sexe ne sera pas légalement le deuxième papa ou la deuxième maman. Mais je ne vois pas très bien quel est le problème. Si ce n’est lors du décès du père légal ou de la mère légale. Mais, là encore, à défaut de tutelle testamentaire, le conjoint pourra faire valoir en justice de l’intérêt de l’enfant à rester avec lui. Le cas d’une séparation douloureuse entre les conjoints ? Eh oui. Cela arrive aussi chez les couples hétérosexuels remarquez. Mais le conjoint homosexuel n’aura pas la « garantie » (parfois virtuelle pour les couples hétérosexuels également) d’un droit de visite ou de garde.

Certes.

Au-delà de ces situations juridiques, qui peuvent être douloureuses et qu’on pourrait aider à résoudre sans passer par le mariage homosexuel mais plus simplement par la prise en considération de l’intérêt de l’enfant, il faut donc constater que tout cela ressemble à la vraie vie où on a un papa et une maman. Et même que c’est de la rencontre des deux dans un lit (ou sur une table, etc. Je ne suis pas si réactionnaire que ça) qu’on est né. On apprend officiellement ça à l’école d’ailleurs. En SVT. En quatrième si mes souvenirs sont bons.

D’où le fait que les associations militantes gays promeuvent non seulement l’éducation sexuelle à l’école, certes, mais aussi, dans le même temps, l’étude du genre.

Les gros malins.

D’où aussi, sans doute, l’invention du terme de parentalité.

Qui sonne -chez moi- comme un état non seulement supérieur de la parenté (la parentalité comme l’état du parent investi dans son rôle de parent) mais aussi comme un état déconnecté de la parenté, c’est à dire du sang. On me dira qu’un couple d’hétérosexuels ayant adopté n’ont également pas ce lien du sang. Mais ils en ont au moins la fiction sociale, ils pourraient l’être. Là, avec la parentalité, me semble-t-il, on peut même se priver de cette fiction là.

Moi je l’aime bien cette fiction.

Elle évite de se faire traiter de bâtard et de le prendre réellement à coeur par exemple.

Dans un intéressant article intitulé « Homoparentalité : la pénible guerre des évidences« , Matthieu Grimpret me semble illustrer avec talent ce qui cloche dans l’homoparentalité. Parce que sinon, il y a des couples gays qui élèvent déjà des enfants, les circonstances de la vie ayant fait que, et, franchement, on s’en moque.

Le premier problème, à mon sens, c’est qu’on veut remplacer une semi-fiction par une autre qui est totalement fictive. La semi-fiction de la parenté -je dis semi simplement parce que parfois elle en est une- par celle de la parentalité -qui elle est une pure construction.

On revient là à la théorie du genre et à ce qu’elle implique.

Et, qui sait, aux propos sur l’inceste ou la polygamie.

Ce serait peut-être ça la rupture de société dont on parle…

Matthieu Grimpret distingue l’adoption de la conception (par mère porteuse ou que-sais-je encore).

Il a raison.

Mais il conviendrait peut-être aussi de distinguer l’adoption de la parentalité.

Il me semble qu’on peut très bien éduquer un enfant sans être son père non seulement biologique, mais aussi son père légal. Cela arrive déjà d’ailleurs… Quant aux difficultés qui peuvent en découdre, il n’y a pas besoin du mariage pour les résoudre ou pour apporter une sécurité juridique.

Mais, aujourd’hui, tout le monde veut son petit statut.

Ou sa petite mission…


Idées reçues et validées sur le meurtre aux Etats-Unis

Sozial — Article écrit par le 23 août 2012 à 17 h 54 min

Comme chacun sait les États-Unis ont droit à ces fichues statistiques ethniques auxquelles nous n’avons pas droit en France.

Ainsi, concernant les meurtres aux États-Unis, le Wall Street Journal a publié une petite infographie. Où à défaut d’apprendre beaucoup, on confirme un peu. C’est vaguement instructif même si cela présente bien entendu le défaut de se concentrer essentiellement sur un crime, le meurtre, qui n’est pas forcément représentatif de l’ensemble des crimes (mais qui peut donner des indications plus générales quand même).

Le Maître, c’est à dire Eolas, suggère que cette banque de donnée démonte les « idées reçues des racistes« .

Ce serait une révolution en la matière.

Voyons donc ça.

Si les blancs (non hispaniques) représentent encore un peu moins de 70% de la population et les noirs aux alentours de 12%, la période 2000-2010 compte plus de tueurs noirs (54 914) que de tueurs blancs (44 241).

D’entrée, c’est ce qu’on appelle une sur-représentation flagrante.

Sans parler de ces tueurs dont on ne sait rien formellement mais dont, statistiquement, vous allez voir, on peut estimer qu’ils pourraient être majoritairement de couleur noire.

Quoiqu’il en soit, on constatera également que les noirs tuent majoritairement des noirs et les blancs des blancs. On compte toutefois un peu plus de noirs tuant de blancs que de blancs tuant des noirs. Ce sont les statistiques brutes. Et si on redresse ces dernières, on compte encore un peu plus de noirs tuant des blancs.

Vous allez comprendre pourquoi.

Il est toutefois dommage que ces statistiques ne fassent pas de différence entre un tueur tout juste majeur et un autre dans sa quarantaine. De même pour les victimes. Une catégorie 18-25, un peu comme à la SNCF disons, n’aurait pas été inintéressante à mon avis. Néanmoins, malgré ce manque, on constate qu’il y a nettement plus de tueurs mineurs parmi la population noire que parmi la population blanche.

Ce qu’on constate rapidement, c’est que les noirs tuent souvent lors de la commission d’autres crimes (vols, drogue, bagarre entre gangs dits juvéniles).

Parmi les tueurs dont la race est inconnue, on retrouve justement aussi beaucoup, surprise, de cas d’histoires de gang, de vols et d’histoires de trafic de drogue. Cela laisse supposer que les auteurs pourraient être majoritairement noirs. Les victimes de ces meurtres étant également majoritairement des noirs, voilà qui laisse également supposer (selon la statistique qui veut qu’aux E-U on se tue avant tout dans sa propre communauté raciale) que les auteurs le sont majoritairement aussi.

Par ailleurs, la première raison pour laquelle des blancs sont victimes de ces meurtres pour lesquels la race de l’auteur est inconnu est… Le vol.

Or le vol est majoritairement le fait de jeunes hommes noirs.

On peut donc postuler qu’on sous-estime le nombre de meurtres commis par des noirs sur des blancs.

Voilà pourquoi le nombre de crimes commis par des noirs est sans doute minoré dans cette étude par rapport à la réalité et pourquoi le nombre de blancs tué par des noirs doit être aussi minoré.

Bon, c’est ce qu’on appelle un redressement pifométrique -mais qui peut raisonnablement être énoncé.

Subsiste sinon une incertitude qu’on retrouve également dans les relations qu’entretenait le tueur avec sa victime et qui ne permet pas de développer plus loin dans ce secteur sans une trop grande marge d’erreur. Cette incertitude liée aux relations entre le tueur et sa victime, on la retrouve notamment pour la population noire, avec un score de Unknown très élevé qui laisse supposer qu’il n’y en avait quand même pas beaucoup. Car les cas de différents familiaux sont bien sûr mieux renseignés.

Bref.

Qu’est-ce que tout cela signifie grossièrement ?

Que l’image idéale-typique du meurtrier comme un jeune noir qui tue lors d’autres activité criminelles (vols, etc.) se retrouve pleinement dans les statistiques.

Ainsi, si vous êtes tué lors d’un vol, vous avez de grandes chances qu’il s’agisse d’un jeune noir qui en soit l’auteur, et vous êtes vous-même, en tant que victime soit blanc, soit noir, à égalité de chance cette fois.

Vous avez même plus de 75% de chance d’avoir été tué lors d’un vol par un jeune noir si vous êtes noir.

Et une victime blanche d’un vol a plus de chance (avec les chiffres redressés) de l’avoir été par un noir. Ou, si on ne redresse pas les chiffres, autant de chance d’avoir été tué par un noir que par un blanc.

Et j’évoque tout cela en rappelant que les blancs représentent statistiquement 70% de la population pour 12% pour les noirs.

Ce qui laisse rêveur en matière de surreprésentation raciale…

De même si vous êtes victimes d’un viol avec meurtre, vous êtes majoritairement une femme blanche tuée soit par un blanc, soit par un noir, à égalité de chance. Tandis qu’une femme noire violée et tuée le sera ultra-majoritairement par un tueur et violeur noir.

Cette sur-représentation de la population noire dans les meurtres issus de la délinquance ou autres crimes se retrouve bien entendu dans les prisons américaines. Elle n’est que le reflet de la sur-représentation des noirs dans la criminalité et la délinquance en général.

En 2009, 40% des détenus étaient noirs pour une représentativité générale dans la population de 12%. Et ce qu’on s’aperçoit ici c’est le chiffre n’est pas moins élevé pour les meurtres.

On ne parle pas de stéréotype ou de préjugé ici, on parle d’une réalité statistique.

Si cette base de donnée ne démonte aucune « idée reçue des racistes » malgré les rêves du Maître, bien au contraire, elle ne dit rien des raisons expliquant cette sur-représentation.

Sans vouloir extrapoler ces statistiques à la France, ce qui n’aurait aucun sens, on peut toutefois se demander si les propos d’Eric Zemmour sur les trafiquants pour la plupart noirs et arabes ne seraient pas également validés si on pouvait effectuer de telles statistiques en France.

Maintenant, encore une fois, cela ne dit rien du pourquoi.


Fofana, élève de Michéa

Sozial — Article écrit par le 20 juin 2012 à 23 h 12 min
Les contempteurs de Michéa tapent toujours plus ou moins à côté de leur cible. Finkielkraut essaye bien de lui porter la contradiction dans un des derniers « Répliques » mais il est lui aussi englué dans les textes et les références abstraites. Il y a une raison à cela : Michéa gagne les manches du match parce qu’il donne systématiquement des exemples concrets lorsque sa dialectique arrive à une impasse, ou rebondit sur la dialectique lorsque le réel, et ce n’est rien de le dire, le contredit manifestement. Je laisse pour le moment la dialectique aux dialecticiens. Revenons sur les deux exemples clés qu’il cite lors de cette émission, et que tout le monde aura retenu, et qui à mon avis illustrent la perversité, la bêtise et la démagogie malsaine du bonhomme :

- une employée US, Debbie Stevens, donne son rein à sa patronne puis se fait licencier pour absentéisme (c’est beaucoup, beaucoup plus subtil que ça* en réalité, mais basons-nous sur la « version officielle ») : « morale libérale en application » selon l’ex-prof montpelliérain ! Pourtant rien de libéral là-dedans, l’employée est juste naïve, et sa patronne une salope (en attendant ledit procès, mais d’ici là, n’est-ce pas). Toute l’Amérique « libérale » en a été scandalisée ?  Rien n’y fait pour Michéa. Et d’ailleurs, dans un pays de régime socialiste, il n’y a plus de naïfs et d’enculés, c’est bien connu, ni de faits divers.  Cet exemple qu’il sort littéralement de la manche courte de son tee-shirt Che Guevara avait pour but d’expliciter la logique de « don et contre-don », et donc son absence aux Etats-Unis, très largement fumeuse. Là où-aux USA- le don d’organe est ce qu’il y a de plus libre et gratuit, Michéa ne trouve rien de mieux à répondre que cet exemple, et donc d’affirmer que le socialisme, c’est à dire la solidarité forcée par l’impôt (et donc la force), ou la sécu, ou les machins administratifs tentaculaires, c’est vachement mieux. Et ça inciterait énormément à se sentir redevable vis à vis des autres. C’est évidemment l’inverse (soit le « dû et contre-dû »). En pays socialiste personne ne donne de rein. Mais tout le monde en attend un de l’Etat.

- L’affaire Fofana. S’appuyant sur le néantissime Morgan Sportès, et son « Tout, tout de suite » Michéa y voit là encore la morale du « business » et Fofana n’est rien d’autre qu’un trader. Il vaut même mieux être un Fofana qu’un trader dans le monde dialectique de Michéa. Or Fofana et ses sbires n’ont fait que mettre en pratique (Finkielkraut le remarque sans plus) l’argument MORAL et SOCIALISTE « d’oppresseurs-opprimés, privilégiés-défavorisés ». Dans un pays libéral, ou au moins non-socialiste, un Fofana nourrit au libéralisme se serait dit : « je suis né pauvre, pour réussir je dois travailler, en respectant les Lois ». Lois fondées dans le libéralisme sur la notion de propriété privée. Lois qui font qu’un trader ne fait qu’acheter et vendre des actions à qui veut en vendre et en acheter. Un trader triche, il va en taule. Sauf s’il a des appuis publics. Ce qui n’est pas vraiment libéral. Mais oligarchique, c’est à dire étatiste. Donc de fondement socialiste. Rien n’y fait.
Nullissime. Et pervers. Car je suis sûr qu’un avocat de Fofana dira qu’il a été, s’appuyant sur Michéa, influencé par le libéralisme. Qui oppresse les opprimés. Et sauve les oppresseurs. Morale d’assistés socialistes. Irresponsabilité. Matrice du socialisme.C’est la faute à. Cestlafautà étant le fondement du socialisme. Si on va au bout. Fofana n’a pas lu Hayek, il a lu Michéa. Ou Morgan Sportès. C’est à dire qu’il a vécu en France. C’est parce qu’il y a du Michéa qui accuse du trader, qu’il y a du Fofana. Pour Michéa, à tous les coups l’on gagne.
Désirer un bien est une chose qui n’a pas attendu le monde publicitaire pour exister. Vouloir se l’approprier par la force n’a pas attendu « le libéralisme » non plus. Mon Dieu, je crois que la Bible est pleine de ces exactions, et de l’Ancien Testament, époque pourtant très morale et partageuse, quoiqu’on en pense (parce que justement non socialiste : donne qui veut).  L’accumulation d’objets désirables, permis par la technique et la société de consommation, n’a jamais forcé qui que ce soit à s’en emparer de force. Mais, selon Michéa, le libéralisme possède une force intrinsèque qui expliquerait et donc excuserait et donc déresponsabiliserait le voleur. Or c’est justement cet argument de déresponsabilisation issu du gauchisme et de rien d’autre qui a permis et encouragé les comportements de plus en plus prédateurs. Et le trader n’y est pour rien. Le trader, voyez-vous, gagne beaucoup d’argent. C’est insoutenable pour Michéa.  Ça l’est donc aussi pour le voleur. Dire que le trader respecte les lois, ne vole personne (disons pas plus que dans un autre secteur d’activités, peut-être même bien moins) ne convient pas à Michéa : il ne veut pas que l’on gagne « trop » d’argent : c’est inciter (quasi-moralement pour lui) au vol (alors que c’est de dire cela qui est inciter au vol).
Oh je suis sûr que Michéa dira qu’il condamne le vol. Mais si on déroule son argumentaire : il ne le condamne réellement que lorsqu’il n’y a rien plus à voler (or ce sera probablement à se moment là ou le vol sera généralisé, ah, pardon, Michéa sort sa carte Magic « Don et Contre-Don libre mais un peu forcé quand même »).
Oh je sais bien que les plus farouches des libéraux ont en apparence une morale toute relative. Avec laquelle on peut ne pas être d’accord. Mais si on a l’honnêteté de les lire (c’est l’honnêteté qui fait plus souvent défaut que l’effort), il faut leur reconnaitre une chose : tout chez eux a pour fondement la protection de la propriété privée. Et Fofana, en pays libertarien, aurait été condamné à la chaise électrique pour n’avoir pas, c’est rien de le dire, respecté la propriété privée fondamentale de l’individu : la disposition de son propre corps (en l’occurrence de celui d’Ilan Halimi par lui-même). Dans un pays SOCIALISTE, un avocat baserait la défense de son client sur ses frustrations diverses et variées, la morale de l’excuse de l’opprimé frustré, etc, etc, et l’avocat citerait non du Hayek , mais du Michéa. Mais rien n’y fait. Le libéralisme fait la distinction entre ce qui est à soi et ce qui ne l’est pas. C’est le socialisme qui mélange les deux. Certes, le libéralisme promeut la publicité, qui peut être pernicieuse et contradictoire par rapport à ses fondements (mais c’est une autre affaire),
Mais le socialisme lui, EST la publicité.
Il promet l’acquisition de ce qui a été produit par autrui, par la force, c’est à dire le vol (soit l’opposé du don et la Common Decency, fondamentalement. ). Mais rien n’y fait. Le trader est pour Michéa ce que le juif est à Fofana.
Ouais, tu vois, c’est légal, mais bon hein, c’est des enculés, tout le monde le sait ils l’ont forcément volé, comme toi t’es pauvre, ben c’est qu’il te l’a volé, t’en déduit ce que tu veux sur ce qu’il te reste à faire, hein, tu diras que c’est la faute au libéralisme et à la pub, hein, pas à tes éducateurs post-communistes et au Coran**. Oui, oui, ça marche, regarde-moi.
Nous avons Michéa, et nous avons Fofana.
A-t-on déjà dit que Michéa était le Grand Penseur Moral de tous les réacs et antilibéraux du moment, de France Culture à Causeur en passant par Soral ?
*Elle n’a pas donné son rein à sa patronne et ex-amie, mais à un type en attente de greffe, ce qui a libéré la place dont a bénéficiée sa patronne, elle n’a pas été licenciée pour absentéisme, mais après qu’elle ait intenté un procès pour harcèlement et discrimination dûe au handicap, etc, etc.. Mais ne doutons pas que si par magie il se trouve que c’est l’employée qui a été manipulatrice, Michéa y verra encore là, la morale du business, alors que c’est peut-être-mais ne soyons pas trop compliqué, hein- justement toute l’ambiguïté que peut recouvrir la notion très vague de don, ou de relation humaine concrète (la posture et les propos de sainte auto-proclamée, mais procédurière, de Stevens sentent tout de même un peu le poisson d’une semaine abandonné en plein soleil; et la fantastique récupération médiatique de cette affaire, par ces médias eux-mêmes saints-procureurs, est tout ce qu’il y a de plus répugnant, mais qui s’étonnera de voir Michéa dans la même équipe de winners composée des lawyers et présentateurs télé à brushing et main sur le coeur), qui plus est en dehors de toute forme de croyance transcendante, cette grande absente qu’on ne fait plus que voir dans toute l’oeuvre michéèsque et qu’il borde sagement à coups de common decency, à vos souhaits.

**livres saints de l’Islam, où lorsqu’il est dit que Mahomet a fait torturer un juif pour qu’il dise l’endroit où un trésor était caché, et bien…c’est un passage non sourcé, et probablement dû aux juifs. Des savants que ça s’appelle. Que des muzzs crient Khaybar ! Khaybar ! lorsqu’ils croisent de la Kippa est tout à fait innocent. Ou c’est de la faute des traders.

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Genèse de la racaille

Histoire, Mutation, Sozial — Article écrit par le 12 juin 2012 à 20 h 22 min

Un long reportage trouvé sur Zentropa dont on pourra se borner à ne regarder que les 30 premières minutes ainsi que les 10 dernières, et encore, en vacant à ses occupations ménagères (le son seul suffit largement).

40 petites minutes pour comprendre le terreau idéologique de la racaille, sa légitimité, sa dimension avant-gardiste en 1985 et sa dimension de cocu de l’Histoire depuis la fin des années 90. La fin du reportage donne à réfléchir sur l’authentique ressentiment qui peut légitimement animer un racailleux devenu véritablement adulte. Ou comment de gros muscles qui voulaient casser du Blanc se sont fait manipuler par de petits cerveaux jaloux des GUDards d’Assas. 20 ans après, morale de l’histoire : les gros muscles ont fini taulards et chômeurs, les cerveaux ont fini patrons de radio. On notera que dés 1992, lorsqu’il n’y avait plus de Blancs soi-disant skins à dérouiller, les bandes se sont immédiatement retournées les unes contre les autres, sur un exact modèle de tectonique des plaques. C’est cette observation là qui nous permet de dire que la police sauve la racaille : retirez la police des zones de non-droit, et immédiatement ils se massacreraient les uns les autres, et l’expression « quartier sensible » prendrait à posteriori tout son sens.
Un vrai documentaire historique, qui a en plus le mérite d’être très bien réalisé.

 


Pays réel

Sozial — Article écrit par le 4 juin 2012 à 23 h 44 min

 

Sa place est au tribunal, dans le box des accusés.

C’est en ces termes que l’un des jeunes de ma famille avec lequel je m’entends le moins mal – et auquel j’ai par ailleurs porté assistance en de nombreuses circonstances –  s’entretenait récemment de mon cas en petit comité. Si on se prépare aisément aux vomissures et aux menaces de l’ennemi, celles qui émanent des nôtres ont tendance à surprendre, particulièrement lorsqu’on s’illusionne au sujet du fameux « bon sens » supposé caractériser les petites gens.

C’est qu’il m’arrive encore, en dépit de la lassitude, de tenter d’avertir gentiment les moins lobotomisés parmi mes proches. Je constate que l’annonce d’évidences tranquilles telles que la future mise en minorité des Européens sur leur sol historique ne suscite le plus souvent aucune protestation, tant sur le fond que sur la forme. Chacun peut en faire l’expérience : la plupart des gens reconnaissent même volontiers que vous avez très probablement raison.

Puis ils réclament immanquablement, dans la foulée, que vous vous taisiez. Ou encore mieux, qu’ « on » vous fasse taire. Il leur est insupportable de pénétrer plus après dans la réflexion.

Je m’interrogeais au sujet de cette curiosité quand m’est revenue une autre anecdote du même tonneau. Un ami mien a occupé pendant plusieurs mois un poste de standardiste téléphonique au sein d’une  agence de voyage ; à raison de 50 ou 60 clients par jour, il était amené à traiter avec des gens du monde entier, s’exprimant autant en français qu’en anglais ou en italien. Cet ami – fils d’un ouvrier du bâtiment décédé, sans le sou, et qui travaillait ainsi pour payer ses études – a reçu un matin une convocation au commissariat du coin : SOS Baleines envisageait de porter plainte contre sa personne suite à un « testing » effectué dans le cadre d’un « partenariat avec la police » (ça ne s’invente pas). Il avait soit-disant « moins bien répondu » à un client « doté d’un accent maghrébin » par rapport à un client n’ayant aucun accent ; l’histoire ne dit pas s’il en était alors à son 38ème casse-pieds de la matinée (du genre qui loue une semaine à Rome et qui vous appelle pour vous insulter parce qu’il n’y a pas assez de chaînes sur la télévision dans la chambre de l’hôtel), si son chef venait de lui hurler dessus ou si sa pause clope avait été supprimée… Bref. À ce jour et à ma connaissance, l’affaire n’a pas été beaucoup plus loin, mais ça n’est pas ici mon problème.

Mon problème est que lorsque je me suis ouvert de cette anecdote à l’une de mes vieilles tantes, de celles qui votent très très à droite depuis 30ans, qui n’ont que mépris pour les politiques et les journalistes surtout s’ils s’affichent à gauche, qui vantent sans discontinuer les valeurs d’antan, la famille, la patrie et tout le bataclan, je me suis vu répondre ceci – sur un ton à la fois doucereux et désapprobateur, lourd d’ironie triomphante – :

« Ah, c’est sûrement parce qu’il tient un blog, comme toi ! »

J’ai tiré une grande leçon de cette petite expérience : la culpabilité réelle ou supposée de mon ami, la malhonnêteté foncière que constitue le « testing » (surtout dans ces circonstances), l’association entre l’exécutif et les milices idéologique, tout ça et le reste n’avait aucune importance ; en dépit de l’absence totale de lien logique entre cette histoire et mon vieux blog, dans l’esprit de cette dame, qui s’est pourtant forgé bien avant l’avènement du mitterandisme, mon ami était coupable parce qu’il était mon ami, parce que je tenais un blog « nauséabond » (dont elle avait vaguement entendu parler), que mon ami devait donc en tenir un aussi, et que c’était par conséquent bien fait pour lui, bien fait pour moi, bien fait pour nous. Il n’y a pas de fumée sans feu et nous l’avions bien cherché.

Car ce sont les mêmes qui sont supposés vous aimer et vous soutenir, ces gens qui sur le papier semblent partager 95% de vos opinions, qui finiront tôt ou tard par vous laisser tomber, par vous désavouer et même par vous balancer en toute bonne conscience dès lors que la police, l’État ou ses supplétifs se seront engagés à faire tomber votre tête pour cause de délit d’opinion.

Parce qu’aussi véridique que soit votre discours, aussi légitimes que soient vos indignations, les gens auxquels vous êtes prêts à tout donner préfèreront en fin de compte vous voir passer votre existence en prison plutôt que de vous laisser simplement exposer les contrecoups pourtant évidents de leurs propres observations. C’est ça, le pays réel. Le bon sens ne pousse pas le peuple à se rebeller contre la trahison des élites : il le pousse à vendre ses propres gosses contre un diminution des coups de fouet. Et ça lui convient très bien.

« Sa place est au tribunal, dans le box des accusés. »

Le môme qui sort ça le plus naturellement du monde dans la conversation a le profil typique de l’électeur FN tel que dépeint par le monde médiatique ; chômeur, bac -4, n’a jamais ouvert le moindre livre, a du offrir un berger allemand à sa compagne suite à sa cinquième agression diversitaire, n’a aucun goût, écoute de la musique de beauf et/ou de racaille.

Eh bien je ne serais pas étonné qu’il vote effectivement FN dans quelques années. Je crois qu’on peut très bien voter FN et trouver normal qu’un homme qui déclare croire davantage à la nature humaine, aux affrontements, aux rapports de force et aux conflits plutôt qu’au « vivre-ensemble » soit traîné en justice. Je crois qu’on peut voter FN en toute bonne conscience et trouver insupportable qu’un Blanc appelle les Blancs « les Blancs » et souhaite de préférence vivre dans un coin où ces derniers demeurent majoritaires. Je ne serais même pas étonné qu’un jour le FN (ou son successeur) s’en prenne à tous ceux qui refuseront de jouer « l’unité et la réconciliation nationale ». C’est même cousu de fil blanc. La République, la Nation, le Peuple…

Un flic m’a dit un jour qu’il était en accord total avec la gauche en termes de vision du monde, au sujet du métissage et de l’amitié entre les peuples, mais qu’il votait quand même Le Pen parce que le « vivre-ensemble », d’après lui, c’étaient les Arabes qui n’en voulaient pas. J’avais trouvé ça très éclairant, de même que je trouve très éclairants les gens qui accusent les Juifs de semer la discorde entre les communautés, comme si cette dernière n’existait pas sans eux, comme si la discorde n’était pas fort heureusement à la racine de l’humanité, source de sa vitalité guerrière, artistique et politique.

Tout ça prouve simplement que les visions du monde de ces gens-là se recoupent : ils s’agit de forcer l’unification du monde, de tout mêler dans l’indistinct, de fondre le divers dans l’unique, d’araser toute différence, de porter l’humain au stade définitif de son évolution ; en somme, de l’achever. Chacun se contente simplement d’imputer aux uns ou aux autres telle ou telle entrave au processus. Mais tous s’accordent sur la nécessité dudit processus.

La modernité ne pense pas contre les religions, les races ou les peuples sous prétexte qu’elle s’en prendrait plus spécifiquement aux uns plutôt qu’aux autres ; elle pense contre l’humanité entière car elle essaye à toute force de faire disparaître ce qui demeure en elle de spécifiquement humain : le conflit qui nait du principe de différence. Le plus amusant étant qu’elle procède à cette destruction au nom de l’humanité elle-même.

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