Archives pour la catégorie ‘Politique’


Ségolène Royal

Actu, Politique — Article écrit par le 25 janvier 2011 à 0 h 33 min

And the winneuse is…

Politique — Article écrit par le 15 janvier 2011 à 2 h 32 min

C’est une jeune femme de sa génération. Enfant de la télé, Marine Le Pen connaît par cœur plusieurs répliques des Bronzés. L’enfant inattendue de 68 – elle est née quelques semaines après la fin des barricades du Quartier latin – est incollable sur les lauréats de la Star Academy.

Guillaume Perrot, Le Figamonde du matin.

Elle s’agrandit démesurément et devint un EGM, un ONNI. Un être généré médiatiquement, un objet numérique non identifié. (…) Elle secouait les pluies étoilées et les fumants blackholes, elle célébrait le vide, nuit de l’esprit.

N. Bonnal, Les Territoires protocolaires, p. 31.

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Vous avez dit Cotelec ?

Politique — Article écrit par le 11 décembre 2010 à 19 h 12 min

Le président du Front national restera à la tête d’un microparti indispensable à la survie du parti.

Jean-Marie Le Pen n’a pas dit son dernier mot. Même s’il ne sera plus président du Front national le 16 janvier, l’ancien candidat à l’Élysée vient de se réserver les moyens de peser lourdement sur les épaules de son successeur. Dans un courrier à ses donateurs en date du 1er décembre, que révèle Le Figaro, Le Pen, au détour d’une phrase et sur le ton de l’évidence, annonce son intention de rester «bien sûr» président du microparti qu’il a fondé en marge du FN voilà plus de vingt ans.

Or, ce microparti totalement inconnu du grand public, appelé Cotelec, collecte tous les prêts et les dons que des sympathisants accordent à Le Pen. Selon la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) pour la seule année 2008 – annus horribilis pour le FN -, ces sympathisants ont accordé à Cotelec des prêts d’un montant de 2.238.897 € et des dons s’élevant à 235.481 €. Ce microparti a aussi perçu 42.208 € de revenus financiers dus à des placements judicieux. Un procédé légal, puisque plus de 250 micropartis sont actuellement déclarés auprès de la CNCCFP.

Mais Cotelec, que ses statuts présentent comme «un parti politique chargé de promouvoir l’image et l’action de Jean-Marie Le Pen» et dont le siège se trouve à son domicile de Saint-Cloud, est indispensable à la survie du FN, financièrement exsangue. (…)

Le Figaro en parle, Ilys vous montre la lettre, reçue par l’un de nos aimables correspondants.

Notez que M. Le Pen n’explique nulle part dans cette lettre ce qu’est la COTELEC, pourquoi il faudrait donner de l’argent à cette structure plutôt qu’au FN directement, ni même ce à quoi elle sert. Or cette lettre a été envoyée à un nombre considérable de gens qui n’ont jamais eu de rapports qu’avec le FN, et ne savent pour la plupart même pas que la COTELEC existe.

On imagine ce qui arriverait à Bruno Gollnisch s’il lui prenait la fantaisie de signer des lettres pour demander à ses soutiens de financer une structure personnelle et opaque en marge du Front national, qui plus est évidemment destinée à faire pression sur son adversaire s’il n’était pas, lui, élu…

Et comme nous sommes bons, nous allons orienter les journalistes du Figaro afin qu’il tirent un peu le fil, pour peu qu’ils le veuillent : qu’en est-il des fichiers d’adhérents et de prospects du Front ? la COTELEC y a-t-elle accès ? en aurait-elle des copies ? ou pire : seraient-ils, de fait ou de droit, en sa possession exclusive ?

Le Pen lettre COTELEC décembre 2010

voir en pleine pagetélécharger en pdf.

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Le district et le territoire

Politique — Article écrit par le 30 novembre 2010 à 17 h 15 min

L’inévitable peur, l’irrationnel, le simplisme, l’Autre choisi comme bouc émissaire, la faillite de la démocratie directe, le populisme, l’abîme entre les francophones et les germanophones, etc. Presque un an après l’UDC a décidé de nous fournir le même grand spectacle que pour l’interdiction des minarets.

D’ailleurs les résultats de cette votation sont assez semblables à celle sur les minarets. Comme l’année dernière, plutôt que regarder les cantons, il faut descendre au niveau du district et observer que les plus grandes villes de Suisse, Zurich, Genève, Berne, Lausanne ou Bâle ont décidé de s’opposer à la proposition de l’UDC. Il est là, le véritable enseignement de ces votations. Tandis que le reste du pays, lui, s’y est montré globalement favorable, les francophones moins que les germanophones, certes, mais on trouve quand même quelques districts favorables à l’initiative dans les cantons majoritairement francophones. Si on observe attentivement, la proposition de l’UDC a même été rejetée plus largement dans le district de la ville de Zurich que dans le canton Genevois.

Le même phénomène s’était produit pour les minarets.

Qu’est-ce que cela signifie ? Que le découpage de la Suisse entre francophones et germanophones a sans doute sa part de réalité, mais qu’il n’est pas le bon facteur explicatif ici.

De manière logique, comme presque partout ailleurs, ce sont les grandes villes du pays qui concentrent le plus les étrangers. Certains y voient la solution pour comprendre ces votations.

Et, étonnamment, ce sont les cantons qui ont le plus d’étrangers, comme Genève, qui ont rejeté le projet de l’UDC, alors que la propagande xénophobe a convaincu les cantons qui comptent le moins d’étrangers, comme Uri.

Tout comme les journalistes avaient sorti les cartes routières et s’étaient filmés quittant le périphérique parisien en 2002 pour partir à la rencontre de ces campagnes où le vote pour le FN était inexplicablement fort alors qu’ils n’avaient pas ou peu de délinquance, les journalistes français devaient bientôt se ruer dans les campagnes suisses afin de tenter de comprendre cet autre phénomène paranormal. A moins que les puissantes réponses apportées en 2002 suffisent. Qu’il existe aussi bien une vieille Suisse moisie qu’une vieille France moisie. Une Suisse qui a peur derrière ses persiennes tout comme en France.

Tandis que dans les grandes villes, c’est bien connu, on a de frêles rideaux en étoffe précieuse qui nous permettraient de voir directement dans l’appartement du voisin si on le souhaitait mais, justement, on ne le veut pas. Personne ne se connait. Personne ne se regarde. On ne se dénonce pas. Enfin, tant qu’on ne fait pas trop de bruit après onze heures. On a une grande indifférence pour son voisin, on ne saurait être attaché à un territoire alors qu’on change peut-être chaque année d’appartement, de quartier, de ville, de pays. Non, on préfère raconter des ragots sur les membres de sa tribu d’élection et passer sa journée sur facebook. Mais on est très loin, n’est-ce pas, des persiennes. Les gens des grandes villes, par leur immense ouverture d’esprit non pas innée, mais liée à la présence d’un restaurant japonais tenus par des chinois près de chez eux et d’un collègue réunionnais à leur boulot, n’ont pas peur de l’Autre.

Hmmm…

Encore une fois, le facteur le plus explicatif de cette votation pourrait être la mondialisation.

Il y a ceux qui ont des intérêts communs à celle-ci. C’est à dire, d’une part, les immigrés du Sud ou, plus largement, de pays sans avenir à court ou même moyen terme et au niveau de vie beaucoup plus bas (dont des européens de l’Est bénéficiant de la libre circulation). Et, d’autre part, toute une classe de la population qui a soit les moyens financiers, soit le métier, soit la culture pour profiter au mieux de la mondialisation. Et ces deux faces là de la mondialisation, ces deux types de nomades, se retrouvent où ? Dans les grandes villes des pays du Nord. Londres, Berlin, Paris, Zurich, cela n’a pas beaucoup d’importance. Cela reste l’Europe. Et puis ils sont citoyens du monde.

Et face à ces gens-là, il y a tous ceux qui, par nécessité, par culture, par tradition, restent attachés à un territoire et à ses anciennes solidarités. Anciennes solidarités mises à mal par la mondialisation et sa diversité chantante. Vous pouvez ainsi, ici, parce que cet article a des couilles, introduire un peu de Soral en pensant à ses propos sur les banlieues ouvrières brisées par les banlieues beurs. Sans mentionner, bien entendu, le fait évident que ces gens-là, des ouvriers ou des employés en grande partie, sont ceux qui sont les plus menacés dans leurs emplois par la mondialisation et la concurrence accrue que celle-ci entraine.

L’UDC fait partie de ces rares organisations politiques qui a décidé ouvertement de reconnaitre que la mondialisation ce n’est pas seulement ces désignés traders fous que les formations d’extrême-gauche veulent pendre, mais aussi l’immigré. Que les nomades, surnommés les « bien-pensants » parce qu’ils ont réussi à s’approprier la morale, sont double. Que ce n’est pas seulement par humanisme que les uns défendent les autres, mais également par intérêt bien compris. D’ailleurs, ce n’est pas parce que les premiers soutiennent les seconds qu’ils vont mettre leurs enfants dans les mêmes écoles.

Bref, ce positionnement de l’UDC paye aujourd’hui.

Il n’y avait aucune raison qu’il en soit autrement dans un pays comme la Suisse.

Tenez, l’extrême-droite française, malgré le fait qu’elle est représentée par un FN diabolisé et ostracisé depuis trente ans dans un pays qu’on culpabilise depuis quarante ans, obtient de meilleurs scores que l’extrême-gauche aux différentes élections. Imaginez-vous qu’après vingt ans d’accusations sans cesse renouvelées d’être un nouveau parti nazi, le FN est quand même parvenu, en 2002, a accéder au second tour de la présidentielle avec un type dont les jeux de mots on fait le tour du monde. C’est ahurissant.

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Amis pédophiles, à demain!

Mutation, Politique — Article écrit par le 23 novembre 2010 à 10 h 29 min
Après le « casse-toi pov’con«  adressé à un anonyme au Salon de l’Agriculture ou le « Toi, t »as qu’à descendre! », envoyé à un pêcheur du Guilvinec un peu trop virulent, Nicolas Sarkozy s’est une nouvelle fois illustré par l’outrance de ses propos. Cette fois face à une assemblée de journalistes.
Il est 21 heures vendredi dernier quand Nicolas Sarkozy débarque dans la salle de presse de la Foire internationale de Lisbonne où se tient le sommet de l’Otan. Le chef de l’Etat a la tête des mauvais jours. Il sait qu’à Paris, Dominique de Villepin vient de lancer la charge contre le clan balladurien. Depuis quelques jours, la campagne d’Edouard Balladur, dont il était le porte-parole en 1995, est au cœur de la polémique. C’est sans ses nouveaux ministres de la Défense (Alain Juppé) et des Affaires étrangères (Michèle Alliot-Marie) qu’il se présente devant les journalistes. Après quelques récriminations, le président devient plus féroce

 Il ne supporte pas qu’un journaliste lui demande si, en tant que ministre de Budget, il a donné son aval en 1994 à la création de deux sociétés au Luxembourg par lesquelles seraient passées des rétrocommissions. Nicolas Sarkozy rétorque alors:

- »Jamais mon pauvre. J’ai donné mon aval… »
- »Mais la pièce est dans le dossier du juge… », relance le journaliste.
- »Qui dit ça? Mais enfin écoutez, jamais. Je n’en ai aucun souvenir. Vous voyez le ministre du Budget qui va signer un document pour donner son aval à une société luxembourgeoise? Pendant deux ans, on m’a poursuivi pour l’affaire Clearstream au Luxembourg. Tiens, c’était Van Ruymbeke aussi; tiens, c’était le même; alors c’est curieux, tiens… (…). »

 Un autre journaliste relance le président. Nicolas Sarkozy s’énerve:

 - »Mais écoutez, on est dans un monde de fous. Il n’y en a pas un seul parmi vous qui croit que je vais organiser des commissions et des rétro-commissions sur des sous-marins au Pakistan? C’est incroyable et ça devient un sujet à la télévision. Et vous, j’ai rien du tout contre vous. Il semblerait que vous soyez pédophile… Qui me l’a dit? J’en ai l’intime conviction. Les services. De source orale. Pouvez-vous vous justifier? Et ça devient  »je ne suis pas pédophile’. Mais attends. Faut être sérieux quand même. Soit vous avez quelque chose et dans ce cas là j’y réponds bien volontiers. Soit vous avez rien et parlez-moi de choses intéressantes… « 

« C’est sans rancune, hein, le pédophile »

Franck Louvrier, son conseiller presse, interpelle alors le président pour lui rappeler qu’il doit partir dîner. Mais Nicolas Sarkozy n’a pas fini sa virulente mise au point. Autour du président, certains collaborateurs (son sherpa Jean-David Levitte notamment) sont, selon certains témoins, choqués. « J’espère qu’on vous a pas coupé l’appétît », lui signifie un journaliste. « Mais non. C’est sans rancune, hein, le pédophile », répond le président qui enchaîne avec une question sur l’Irlande.

 - »Mais ne vous trompez pas c’est un sujet sérieux. On va pas courir en permanence après la dernière boule puante comme ça, dit Nicolas Sarkozy. Ecoutez vous êtes des professionnels sérieux. Je dis: ‘Faites votre travail, c’est à vous de voir si c’est sérieux.’ »

 Nicolas Sarkozy énumère alors la liste des affaires qui viennent de se succéder et dans lesquelles certains médias ont tenté de le mêler. Il conclut cette douzaine de minutes de off par un « Amis pédophiles, à demain ! »

 Quelque chose me dit que quelques patrons de rédaction aux idées très avancées en matière de moeurs vont se calmer avec l’affaire Karachi…

Je n’ai pas de preuve, c’est juste une intuition, comme on dit justement dans les salles de rédaction..


Ramasse-tout ou Ma repentance sur le Front d’après

Mutation, Politique — Article écrit par le 22 novembre 2010 à 3 h 01 min

Oui, la corde au cou comme un bourgeois de Calais ou d’ailleurs, je me repens d’avoir un instant douté de cette vérité : il faut voter Marine Le Pen, non Bruno Gollnisch.

Fou que j’étais. Quel égarement coupable ! quelle tragique méprise, quel manque de sens !

L’un de mes griefs malhabiles, fruits de ma méchanceté et de mon manque de sens national (on aura décidément tout dit ici), ce qui m’a égaré et m’a empêché de réagir en vrai national-lepéniste, c’est que j’avais vu quelque incohérence dans des propos vagues, qui pouvaient dire tout aussi bien que l’inverse.

Mais là où je ne voyais qu’incohérence et vague, les yeux bleus de Marine qui brillent d’une bonté nécessaire envers tout ce qu’elle peut accueillir de concours et de bonnes volontés voyaient plus loin que ma pauvre jugeotte. Comment en eût-il été autrement ?

Ainsi l’on voit aujourd’hui VoxNR et la LDJ se ranger ensemble — ensemble ! mesure-t-on bien le sens de ce mot et ce qu’il porte d’espoir ? — sous la bannière de la nouvelle sainte de la Patrie. Oh j’entends bien les quelques incrédules, les quelques mécréants, les quelques traitres, en un mot, qui soulignent que Marine n’aurait peut-être pas, réunies en sa personne, toutes les qualités pour prétendre être la nouvelle Jeanne d’Arc. Basse et vile attaque. Qui d’autre depuis la Pucelle a réussi ce tour de force d’enrôler sous sa bannière tout ce que le patriotisme compte, depuis les ligue communautaires jusqu’aux nationaux-révolutionnaires pro-palestiniens ?

Oh ironie ! c’est précisément là où, myope que je suis, je ne voyais que vague et brumes, c’est là que se révèle le génie clair de Marine et de ses partisans. Car ce n’est pas une simple rencontre qui fait voter Marine à la LDJ et à VoxNR — même si les premiers voteront dans les faits un peu moins, étant, j’imagine, moins fréquemment membres du Front national à jour de cotisation.

En effet : c’est avec des arguments semblables que la Ligue de Défense Juive et M. Bouchet invitent à voter pour la meilleure des candidates. Rencontre merveilleuse, que dis-je ? miraculeuse ! Quel Français, entre ces deux extrêmes, pourra rester insensible à une telle rencontre d’hommes et d’arguments ? Certes, on verra ça et là quelques différences de présentation, on croira même lire dans le texte publié par la LDJ un appel discret à Marine pour qu’elle épure M. Bouchet. Et dans la prose de VoxNR, il suffit de remplacer « compagnies transnationales » par finance juive ou « libéralisme » par banque israélite pour retrouver des accents qui pourraient légitimement inquiéter la LDJ. Vétilles… Dans un même mouvement montant des tréfonds du pays, dans un même appel à Marine comme dernier recours (M. Bouchet nous en presse assez, à la manière d’un vendeur d’immobilier qui vous explique qu’il faut vous dépêcher), dans ce mouvement d’espérances et de ferveurs marinistes, ce que j’aurais naïvement cru des incohérences comiques ou des symptômes de creux sont traités avec raison, avec raison nationale, avec raison patriotique, avec raison politique comme des points de détail qui ne doivent pas obscurcir l’espoir d’un Front rénové.

Et dans le texte même de M. Bouchet c’est M. de Benoist qui nous donne la formule finale de cette rénovation :

L’alternative à laquelle [le FN] se trouve confronté aujourd’hui de manière aiguë est toujours la même : vouloir encore incarner la “ droite de la droite ” ou se radicaliser dans la défense des couches populaires pour représenter le peuple de France dans sa diversité.

Votez, oui, votez Marine. Votez pour l’entrée de la diversité au Front National. Elle est NR, voyez son keffier, elle est LDJ, voyez sa kippa.

Votez pour la candidate officielle et omnibus.

Marine candidate officielle


Bruno Gollnisch ou Marine Le Pen ?

Mutation, Politique — Article écrit par le 22 novembre 2010 à 3 h 01 min

Pour moi c’est Bruno et pas Marine.

Je m’empresse de dire que c’est une affirmation purement gratuite : je n’ai jamais été membre du FN, n’ai pas l’intention de le devenir, je ne voterai donc ni pour l’un ni pour l’autre dans cet affrontement pour le contrôle de l’appareil du parti.

Un détour : les deux maladies

Qu’on me permette un premier détour dans ce billet. J’écris bien : affrontement pour le contrôle de l’appareil du parti, avec une sorte de délectation. Car la première leçon de ce scrutin c’est qu’enfin le FN devient un parti politique, non plus un machin folklorique rempli d’une abominable quincaille de vagues idées patriotiques ou dévotes. Anecdote : lors de la scission FN-MNR, il y eut une réunion déterminante où les mégrétistes allaient l’emporter. Il fallait gagner du temps, celui de convaincre quelques caciques et autres personnages de retourner au bercail lepéniste avec leurs troupes. C’est Roger Holeindre qui a eu l’idée géniale qui sauva Jean-Marie Le Pen : il s’est levé et a commencé à entonner La Marseillaise. Par le premier couplet. Jusqu’au dernier. Il doit être l’un des derniers Français à savoir tous les couplets, hors peut-être les chorales militaires. Pendant ce temps, en coulisse, on mit à profit ces longues minutes pour promettre aux uns, conseiller amicalement les autres, flatter les derniers. Les mégrétistes avaient perdu. À quoi cela tient-il, hein ? Cette fois le trait était un peu gros, mais ce genre d’affligeante manipulation fondée sur le folklore tricolore a eu ses grandes heures, dans tous les domaines, au FN. À bien des égards elle a servi de cohésion artificielle, de pauvre ersatz aux idées manquantes et, finalement, de méthode de gouvernement du Front. Mais on peut espérer que l’institutionnalisation de la compétition pour la tête du parti va permettre d’en finir avec ce genre de grotesques manipulations pour comices nationalistes.

La plus belle du comice

Un parti donc avec des courants, des gens qui s’affrontent, des visions différentes de l’avenir. On semble bien par le fait même en avoir fini avec cette calamité qui était la couche la plus profonde et la condition des phénomènes que je viens d’évoquer : l’idée grotesque qu’il suffit de tous s’unir pour gagner, cette désespérante ritournelle de l’union, cet avatar handicapant du mythe de la volonté unanime que nous ressortent encore quelques militants, pour déplorer que tout le monde ne s’embrasse pas dans les plis du drapeau, Bruno président et Marine candidate ou l’inverse. L’effacement de Jean-Marie Le Pen – dont on ne dira jamais assez combien il fut un personnage déterminant en agrégeant autour de lui des tendances disparates à un moment où l’extrême droite française était devenue quasi-inexistante à force de divisions et de faiblesse — cet effacement aura eu le mérite de porter des coups aux deux pires bêtises qui ont empoisonné la droite dite nationale : le mythe de l’union et celui de l’homme providentiel. Fin du détour

Deux visions

Deux visions s’affrontent donc dans ce scrutin et c’est en soi une bonne chose. Quelles sont-elles ? Ouvrons les gazettes : d’un côté Marine, qui voudrait dépoussiérer le Front, en faire « une machine de conquête du pouvoir », qui semble aussi avoir une ligne plus sociale. Bref une sorte de jeunesse, de changement, yes she can et tout ça. On a bien compris que cela séduisait, de Libération jusqu’à l’hebdomadaire people gaulliste Paris-Match. Certains précisent qu’elle serait favorable au sionisme ou hostile à l’abrogation de la loi Veil. De l’autre côté Bruno, censé représenter la vieille garde, sorte de réunion à mi-chemin entre un congrès d’anciens combattants et des gardiens du temple en procession, un peu grognons, un peu réacs. Bruno qui séduit moins la presse, qu’on pense plus vieille France : catho, royco, poussière des siècles. Moisi diraient certains.

Bien plus : les soutiens des uns et des autres à l’intérieur de la famille nationale semblent ouvertement accréditer ces idées toutes faites forgées par une presse dont on a toutes les raisons de se méfier quand on veut bien se souvenir du traitement infligé par elle dans le passé au Front national. Par exemple, Nation Presse Info soutient Marine en expliquant à quel point ce sera chouette de faire du FN une machine à gagner. Ainsi Jérome Bourbon, du fond de son sectarisme borné, explique non sans humour que Bruno est le seul digne de confiance si on ne veut pas voir un char du FN à la Gay Pride.

J’avoue être, dans un premier temps, assez peu attentif à leurs arguments : d’une part ils recoupent trop pour être honnêtes les visions sommaires et niaises de la presse française pour laquelle nous n’avons ici qu’un compact mépris, d’autre part ces déclarations idéologiques m’intéressent peu. Comme les labels des poulets fermiers, elles sont là pour attirer le chaland et provoquer une fausse impression qui recouvrira la compulsion d’achat, il faut regarder ce qu’elles masquent comme pratiques. Et à défaut de pratique du pouvoir dans les cas qui nous occupent, il faut faire le tri dans les déclarations politiques précises des deux candidats.

Pour y voir clair, parlons politique, pas convictions affichées ou prêtées.

Nouveau détour : la troisième maladie

Car, qu’on me permette ici un nouveau détour, s’il est une troisième maladie de la droite dite nationale, après l’homme providentiel et l’union, c’est celle d’une certaine vertu de la sincérité et de la volonté. Ceux qui se souviennent de Barthes… oui j’entends pouffer les réacs professionnels qui font conviction de ne lire que Bloy et Bernanos ; laissons les pouffer, ils sont si verbeux qu’ils nous retarderaient trop — ceux qui se souviennent de Barthes donc, évoqueront ici la mythologie sur Poujade et l’équivalence ; appelons donc ça la maladie de l’équivalence. Dans le monde simple de la droite nationale, les éléments politiques et moraux se correspondent symétriquement, et sont donc susceptibles de compensation symétrique à fin d’annulation pour retrouver un ordre dit normal ou naturel, y compris ordre des choses politiques. À la volonté mauvaise des comploteurs juifs ou franc-maçons, il faudrait opposer une volonté droite. À la dissimulation qu’on prête à l’ennemi, il faudrait opposer une claire sincérité. Ils sont pourris ? alors tête haute mains propres. Ils ont pour arme la combine électorale et la tractation politique ? alors il faut refuser tout compromis et l’appeler compromission. Le père de tout cela c’est un peu Maistre, qui n’a pas compris que, si : il faut de toute évidence une révolution en sens inverse, et pas l’inverse d’une révolution, impasse éthérée où depuis si longtemps se complaisent des gens qui passent leur temps à faire remarquer combien ils ont les mains propres alors qu’ils n’ont simplement pas de mains (ironie supplémentaire, la formule fut inventée pour parler des kantiens qu’ils haïssent tant…)

La conséquence de ce déplorable état des mentalités à droite est évident : chaque fois qu’il y a quelque chose d’essentiellement politique à faire, chaque fois que c’est précisément la transaction et la négociation qui sont en jeu, ils trouvent un truc pur et candide pour se draper dedans et ne rien faire. Les autres, « le système » réussirait par un mal qu’il faut annuler ainsi, par une duplicité qu’il faut combattre en claquant son étendard au vent, par de mauvaises intentions dissimulées qui doivent inciter à en avoir de bonnes hautement proclamées, même au prix de toute efficacité prévisible.

Évidemment, ça foire depuis vilaine lurette et cela se résume surtout à une manière de n’arriver à rien de politique puisqu’on ne fait rien de politique, ayant récusé les conditions mêmes de l’action politique au profit d’une supériorité morale — qui peut-être réelle d’ailleurs — mais qui ne conduit qu’à sa propre célébration, qui plus est chantée entre soi.

Qu’on me permette un court détour dans le détour : de là vient aussi l’invraisemblable haine envers Nicolas Sarkozy que l’on constate de plus en plus parmi les idéologues du Front National, haine absurde qui les ferait bien un jour voter Aubry, haine fondée sur l’idée que Nicolas Sarkozy aurait « volé » des voix (comprenez qu’il a su en faire une majorité, lui, qu’il a su être politique, précisément).

La question importante

Les deux premières maladies de la droite dite nationale, l’homme providentiel et le mythe incantatoire de l’union, on l’a vu, sont à peu près éliminées du fait de l’effacement de Jean-Marie Le Pen et du fait même d’un processus de désignation de son successeur où deux candidats s’affrontent. L’un de ces deux candidats est-il à même de faire tant soit peu reculer cette troisième grande maladie de la droite nationale, la maladie de l’équivalence, que je viens d’évoquer ?

C’est à mon sens la seule question importante de cette élection.

Donc, en la traduisant de manière politique, de manière politicienne, quelles sont les stratégies possibles ? Et l’une d’entre elle nous ferait-elle avancer dans cette voie ?

À Marine Le Pen, on prête généralement dans la presse l’intention de s’allier avec l’UMP. Fort bien. Mais cette intention est-elle vraisemblable et l’a-t-elle elle-même proclamée ? Un premier indice est qu’elle se présente comme l’héritière de son père. Ce point pourrait être débattu si Jean-Marie Le Pen avait tenu une sourcilleuse neutralité entre les deux candidats. Son parti pris pour Marine, assez transparent, ne laisse place à aucune ambiguité, même s’il est bien évident que Bruno Gollnisch doit lui aussi de quelque manière, aussi bien tactiquement que par conviction, s’en dire héritier. Or quelle a été la stratégie constante de Jean-Marie Le Pen ? celle de « l’assèchement du marigot », du refus constant de toute alliance, ou du moins de la solliciter clairement et régulièrement faute, il est vrai, qu’elle lui ait été proposée… avec le succès que l’on sait : 20% en 2002, score inespéré réalisé au pire du discrédit de Jacques Chirac. Score insuffisant. De plus, Marine a récemment répondu sans nuance à la proposition, sans doute intéressée, mais c’est la loi du genre, du député UMP Vanneste : « pas d’alliance » a-t-elle redit de manière qui plus est assez désagréable pour ledit député, qui n’est pourtant pas le pire de la bande.

Inversement, on prête à Bruno Gollnisch une raideur toute catonienne, on prophétise qu’avec lui toute alliance sera impossible. Je ne sais pas si cette raideur est dans son caractère. C’est un homme qui paraît urbain et usé aux jeux d’assemblée du Parlement européen. Surtout, il a récemment répété à plusieurs reprises qu’il pourrait tout à fait envisager une alliance avec l’UMP sur la base négociée de la réalisation d’une partie du programme de Front. Pour du changement en voilà. Et pas du côté où les gazettes nous le promettaient.

La rupture avec notre troisième maladie de la droite nationale, ce mélange d’arrogance morale qui croit suffire à tout et d’intransigeance impolitique, elle semble bien être du côté où la presse ennemie qui prend parti pour Marine se garde bien de la souligner.

Il ne suffit pas de dire qu’on veut faire du Front une machine à gagner les élections. Il faut encore dire comment. Avec des alliances négociées pour transcrire dans les textes et les pratiques une partie du programme du FN, dit Gollnisch. On peut en discuter, on peut apporter des réserves, peut-être. Reste qu’il y a là une stratégie cohérente, vraisemblable et qui a le mérite de rompre dans une certaine mesure avec ce qui a constamment failli depuis trente ans.

Je ne vois rien d’aussi cohérent, d’aussi vraisemblable, d’aussi précis chez Marine, dont la volonté de rupture avec ce qui a failli paraît moins nette, malgré quelques formules vagues ou toutes teintées d’un volontarisme d’autant plus suspect qu’il participe à notre maladie de l’équivalence et l’entretient dans l’esprit des militants (en face ils seraient pourris et ne diraient pas ce qu’ils veulent faire, il suffirait d’être honnête et de déclarer volontairement ses intentions en face d’eux pour gagner naturellement).

Les questions secondaires

Et cette question centrale, telle qu’elle est et telle qu’on nous la présente au rebours de ce qui est, me semble aussi commander aux questions secondaires, celles que l’on agite constamment.

  • L’avortement et la loi Veil. D’abord je ne suis pas sûr que le sujet intéresse tant de monde que cela dans la population générale (et je m’empresse de dire que personnellement il m’est indifférent tant qu’on ne pose pas la question de quelles populations sont avortées ou non — c’est un débat qui déborde ce billet). Mais c’est l’un de ces sujets pièges que l’on agite facilement dans une élection interne. Il est bien évident que personne ne peut parvenir au pouvoir en proposant d’interdire l’avortement, quoi que prétendent quelques maniaques qui ne mesurent pas à quel point cette exigence est devenue un repoussoir absolu pour la plus grande partie de l’électorat. En revanche, dans un cadre politique de participation au pouvoir, il serait possible de poser des jalons qui, dans l’avenir, permettraient sans doute que la question puisse redevenir simplement audible et débattue. C’est donc plutôt la candidature Gollnisch qui me semble susceptible de faire progresser ce point, car sans pied dans la porte des institutions, comment poser ces jalons ? Et sans poser ces jalons comment poser la question sans être ipso facto disqualifié pour prétendre la résoudre un jour ? À moins que le ciel ne s’entr’ouvre je ne vois pas…

  • L’antisémitisme. Marine serait sioniste, ouverte aux juifs, trop disent certains. Bruno serait le contraire. Il est vrai que là plus qu’ailleurs certains soutiens de l’une et de l’autre illustrent caricaturalement ce que l’on dit dans la presse, laquelle n’est jamais désintéressée. Car il faudrait nuancer : ainsi met-on peu en avant le soutien apporté à Marine Le Pen par de furieux antisémites comme Bouchet, ou le soutien apporté à Bruno Gollnisch par des élus pondérés qu’on serait bien en peine de taxer d’antisémitisme. Au total, nos amis juifs (et ce n’est pas une formule, nous le reproche-t-on assez régulièrement !), puisqu’ils sont les premiers concernés, devraient se demander lequel des deux devra donner des gages à qui ? et de quelle nature seront ces gages ? Marine Le Pen devra, après une campagne où elle aura paru « philosémite » de l’avis unanime, donner quelques gages à l’aile la plus droitière où l’antisémitisme de droite, ce bon vieil antisémitisme à la con, a encore quelques partisans — bien plus clairsemés et inoffensifs dans les faits que ne sont les partisans du nouvel antisémitisme de gauche et pro-palestinien, remarquons-le en passant. Elle le fera avec la même facilité à promettre, à frapper des formules ou à rester dans le vague qu’elle met aujourd’hui à promettre le contraire, à frapper ses formules dans l’autre sens, avec le même vague. Si son but n’est pas de faire alliance, mais de perpétuer le FN « à papa » tout cela n’aura d’autre importance qu’interne et tout s’équivaudra. Gollnisch devra, lui, se dédouaner de certaines positions de ses partisans les plus encombrants. Ne le fera-t-il pas d’autant plus substantiellement qu’il voudra laisser la porte ouverte à une véritable alliance de gouvernement qui permettrait de réaliser une partie du programme du Front ? Cantonner ce vieil antisémitisme de droite dans son rôle de folklore auquel une minorité est névrotiquement attachée en lui concédant le moins de place possible ne sera-t-il pas une condition même de sa stratégie qui n’exclura plus a priori une alliance sur des objectifs politiques précis ?

  • Troisième thème agité ces temps-ci : la réintégration des exclus. Si la qualité de certains est évidente, la perspective de me voir asséner les bredouillis confus et répétitifs de l’Ayatollah Cassoulet par exemple ne m’enchante guère. Pas plus que les leçons de morale de sa Jeanneton qui ne trouve rien de mieux à dire que régulièrement confier en transe à un public dont une partie notable est issu de familles recomposées que ça fait de manière immanquable des délinquants drogués et vicieux… Mais ceux-mêmes dont l’étroitesse d’esprit est affligeante ne seront pas de trop pour faire nombre. On comprend mal comment Marine prétend à la fois rejeter toute idée d’alliance et refuser le retour de troupes indispensables. À moins qu’elle ne pense prendre un virage tel qu’elle disputera leurs électeurs à Besancenot et Mélenchon ? La nécessité une fois reconnue de les réintégrer, et donc de faire de quelque manière droit dans le programme à leurs idées pénibles et farfelues, le mieux ne sera-t-il pas d’utiliser ce lest idéologique pour en faire ce qu’on fait de tout lest le moment venu : le jeter par dessus bord, en paraissant le sacrifier, pour faire aboutir dans une négociation des points programmatiques plus sérieux ?

Ainsi quand l’on considère ces questions secondaires si violemment agitées, le choix apparaît aussi clair que lorsqu’on s’attache à la question principale.

Conclusion un brin sentencieuse

Marine Le Pen ce serait, sous des dehors de modernisation volontairement mis en avant par la presse ennemie pour peser sur ce vote, la continuation dans la même ornière : un Front National isolé, une droite qui restera absurdement coupée en deux et où aucun des points programmatiques du Front ne verra les conditions où il serait réalisable ; bref : la suite récidivée de ce que certains appellent irrévérencieusement la boutique familiale.

Bruno Gollnisch, sous des dehors de rigidité idéologique tout aussi volontairement entretenus par la presse ennemie pour peser sur le vote, ce serait au contraire la réalisation d’une condition nécessaire pour sortir de cette ornière : faire tomber le tabou que constitue au FN la possibilité d’une alliance avec la droite parlementaire sur des points précis issus du programme du Front afin de les réaliser, donnant-donnant, en sortant de l’absurde alternative entre le tout-tout-de-suite et le rien, alternative qui, à chaque élection, débouche sur le rien.

Condition nécessaire, pas suffisante, c’est entendu. Mais si l’on veut atteindre au suffisant, il faut en passer par le nécessaire : Gollnisch président.

Bruno Gollnish

P.S. : il est bien évident que tout commentaire qui au lieu de parler de la succession viendrait me casser les… pieds, disons, avec des bêtises déjà cent fois réfutées sur l’avortement ou l’antisémitisme sera impitoyablement éradiqué.

P.P.S. Merci à M. pour la photo de Marine.


Dîner chez Beauvivier

Mutation, Politique — Article écrit par le 22 novembre 2010 à 2 h 56 min

En France lorsque l’on parle de menace terroriste ou d’islamisation, que ce soit à la télévision ou dans un dîner, on vous rétorque- des gens de gauche en général, c’est à dire presque tout le monde, de Mélanchon à Le Pen inclus- que cette menace n’existe pas ou, qu’elle existe mais qu’elle est minime, ou bien encore que de plus graves choses menacent le pays telles que les retraites des cheminots, les comptes en Suisse de Mme Bettencourt, les places en crèches qui manquent et la recherche d’une nounou trilingue pour le petit dernier, manifestement attardé mais on ne dit rien, de l’hôte; et qu’il n’est pas question de faire diversion ou de noyer le poisson avec des enfantillages d’idiot utile à relents racistes et xénophobes. On vous le fera payer. Mais, si vous avez encore le courage d’insister, on vous dira que de toutes façons c’est l’Empire américain et ses satellites occidentaux qui font du mal aux peuples opprimés et qu’il est normal qu’ils se défendent.

Notre ami Robert Marchenoir fournit quelques réponses clé en main à ressortir dans ce genre de situation avec des gens de gauches. Vous me direz : quelle idée de dîner avec des gens de gauche ? Je n’en sais rien. Peut-être qu’ils sont de droite en secret ? Peut-être faut-il absolument qu’un dîner ressemble à ces émissions de télé où il faut absolument débattre ? Tout cela est un mystère, mais en tout cas, vous admettrez que le rôle de mec de droite (le vrai : néo-conservateur libéral) est toujours bancal, ingrat; c’est celui qui rappelle quelques réalités peu ragoutantes. Bref celui qui pourrit la soirée. Le vôtre, donc, naturellement. C’est même pour ça qu’on vous invite. Le temps est donc venu de ne plus se faire inviter en débitant quelques vérités. Marchenoir n’a pas volé son pseudo.

Robert Marchenoir, donc , à propos du terrorisme islamiste chez Bouteille à l’Amer,dans Les Etats-Unis prêtent Ben Laden à l’UMP, les lumières baissent, les rideaux s’ouvrent, intérieur : salle à manger d’appartement haussmanien ou jardin de maison de campagne, un soir d’été, une huitaine de convives apprêtés, il y a même un pétard qui tourne, c’est dire si on est resté jeune et cool, mais aussi des bébés ce qui veut dire qu’on est quelque part concerné par les problèmes de la planète :

Un mec de gauche, gouailleux à souhait (il est venu accompagné) :

“Comment des abrutis pareils peuvent-ils constituer une menace quelconque ?”

Bob, assommé par les énormes conneries entendues depuis 45 minutes :

« Abrutis ? Pouvez-vous préciser votre pensée ? Abruti dans le sens de connard, salopard, enculé, vermine malfaisante à écraser d’un coup de ranger ? Ou abruti dans le sens de connard, imbécile, mongolien, personne en situation de handicap au niveau des facultés intellectuelles ?

Dans le premier cas, eh bien c’est précisément parce qu’ils sont des abrutis qu’ils constituent une menace.

Et dans le deuxième, heu… aussi. Depuis quand faut-il être intelligent pour constituer une menace pour ses semblables ? Pensez-vous que le pote à Ali, arbitre des élégances avec son port altier du collier de bites, ait sa carte du club Mensa dans sa, euh, poche (ou étui pénien, je ne sais) ?

Enfin, si “menace” signifie exclusivement “complot remarquablement compliqué exigeant de déjouer les défenses de l’ennemi grâce à une intelligence supérieure” (et à l’évidence cela n’est pas le cas), eh bien, dans le cas qui nous occupe, les complots de ce niveau sont légion, et les intelligences exceptionnelles qui les mettent point aussi.

Les preuves abondent :
- L’attentat au suppositoire explosif que je viens de citer*.
- Les attentats à l’imprimante piégée qui viennent d’être déjoués.
- L’attentat au slip piégé.
- L’attentat aux baskets piégées.
- L’attentat au shampoing piégé.
- L’attaque de Bombay.
- Un certain 11 Septembre.
- Le détournement d’Alger qui devait se terminer par la destruction de la Tour Eiffel.
- Les attentats de Londres.
- Les attentats de Madrid.
- Le mode opératoire qui consiste à violer des femmes, puis à les persuader de laver leur honneur en se transformant en bombes vivantes.

Etc, etc, etc. Ça, c’est un aperçu extrêmement restreint du rayon terrorisme.

Au rayon du djihad politique, qui est au moins aussi dangereux sinon plus, vous avez, entre autres :
- Arriver à persuader les Anglais, inventeurs de la démocratie et des droits de l’homme, de légaliser quasi-clandestinement les tribunaux islamiques jugeant selon la charia, pratiquement sans opposition politique.
- Réussir à créer une association des policiers britanniques musulmans, ayant pignon sur rue, qui soutient le djihad.
- Arriver à se faire nommer ambassadeur auprès de l’islam mondial par le président des Etats-Unis, tout en imposant un projet de mosquée sur les lieux du 11 Septembre (on aura reconnu l’imam Rauf).
- Être Tariq Ramadan.
- Arriver à financer massivement la subversion islamique en Europe et aux Etats-Unis, tout en étant sollicité (avec succès) par les Etats-Unis comme allié de pointe contre le terrorisme islamique (on aura reconnu l’Arabie saoudite).
- Réussir à se faire passer pour une victime des islamistes, tout en affirmant sa conviction que “l’islam de France” ne peut que reposer sur un Coran qu’il est absolument exclu d’amender (on aura reconnu l’imam Chalghoumi).
- Faire figure d’autorité musulmane “modérée” tout en dirigeant l’un des plus importants mouvements de subversion islamique en Europe (on aura reconnu Youssouf al-Qaradawi).
- Réussir à convaincre l’opinion occidentale que le Hamas représente un peuple palestinien opprimé, alors que l’un de ses dirigeants déclare publiquement que le but des musulmans est de devenir les maîtres du monde.
- Réussir à imposer, dans le droit fiscal français, des lois rédigées en arabe, faisant appel à des concepts musulmans, totalement incompréhensibles à la quasi-totalité des Français (y compris ceux qui se croient supérieurement intelligents, et qui le sont officiellement) ; et obtenir que la ministre des Finances elle-même s’en fasse la propagandiste.
- Arriver à rendre tout discours anti-musulman, à un niveau de responsabilité politique ou intellectuel significatif, extrêmement dangereux et coûteux, en obligeant ceux qui le tiennent à se faire accompagner 24 h sur 24 par des gardes du corps armés.
- Rédiger ça :
http://www.txnd.uscourts.gov/judges/hlf2/09-25-08/Elbarasse%20Search%203.pdf
(C’est le plan stratégique des Frères musulmans pour prendre le pouvoir aux Etats-Unis par la subversion politique, également appelée djihad civilisationnel.)
Etc, etc, etc.

Les esprits supérieurs qui pensent, en Occident, que les islamistes sont des enculeurs de chèvres crasseux et analphabètes, et que par conséquent, nous n’avons rien à en craindre, font une faute politique majeure. Si elle prévaut, leur arrogance les — et nous — perdra.

Cette arrogance, particulièrement en France, est un héritage de la mentalité coloniale. Elle pouvait être pertinente tant que les musulmans étaient contenus chez eux par le fusil, et que les Occidentaux n’avaient aucun état d’âme à employer la force la plus brutale pour défendre leurs intérêts et leur suprématie.
Dès lors qu’ils ont ouvert les portes à l’immigration de masse et se sont lié les mains par la chochotterie bisounoursique et droit-de-l’hommiste, prendre le musulman pour un con devient suicidaire.

Certes, pour une part, les musulmans sont des enculeurs de chèvres analphabètes, etc. Pour une bonne part, si vous voulez. Je ne discuterai pas des proportions, car cela n’a aucune importance, en l’occurrence.

Iadéconpartou.

Mais il y a des intelligents, aussi.

Il suffit qu’il y ait une poignée de chefs suffisamment intelligents, retors et résolus pour manipuler la masse, et ce genre de ricanement supérieur perd toute pertinence.
D’autant que les chefs ne manipulent pas que des enculeurs de chèvres, très loin de là.

Anjem Choudary, qui est un foux furieux en liberté en Angleterre et en Europe, et tient à peu près le discours d’Hitler, a fait des études de droit (en Angleterre, pas chez les Indiens Bororo). Les types qui ont foncé en 4×4 rempli de bouteilles de gaz piégées dans l’aéroport de Glasgow étaient médecins des hôpitaux (en Angleterre, pas au Waziristan).

Pouvez-vous me citer un seul parti politique français qui ait réussi à mettre en œuvre ses objectifs aussi bien que les islamistes ? La plupart disent un truc, et font le contraire.

Le niveau de réflexion stratégique des islamistes est très, très supérieur à celui des Occidentaux qu’ils cherchent à conquérir et à détruire. Et, pour l’instant, ça marche. Ils accumulent succès sur succès.
 »

[*'un attentat-suicide au suppositoire piégé contre le prince Mohammed ben Nayef, le ministre adjoint de l'Intérieur de l'Arabie Saoudite, chargé de la rééducation des terroristes repentis. C'est ce dont faisaient état les premiers compte-rendus de l'attentat. En fait, des informations plus récentes indiquent que le terroriste, Abdullah Hassan al Asiri, a rejoint un monde meilleur au moyen d'un slip piégé. Le frère du terroriste, qui a conçu cet ingénieux dispositif, est aussi celui qui a fourni son cale-burnes, conçu sur le même modèle, à Umar Farouk Abdulmutallab, qui a failli faire sauter l'avion dans lequel il se trouvait à destination de Detroit. Donc l'historiette islamique perd un peu en pittoresque, mais on reste dans l'obsession pipi-caca si caractéristique de nos amis musulmans. Et puis le lien entre les deux attentats est avéré. NDRM]

A l’audition de tant d’horreurs, les rares convives qui n’ont pas encore vomi préparent leur contre-attaque; ils se redressent nerveusement, se râclent la gorge avant de hausser le ton tout en restant dans des graves maitrisés afin de garder l’attention de leurs femelles, qui, malgré l’égalité en tout qu’elles on su affirmer avec brio, n’en demeurent pas moins sensibles et désarmées face aux arguments qui laissent poindre une menace un tant soit peu crédible, ces connes…

(Lire la suite…)


Week-End

Mutation, Politique — Article écrit par le 22 novembre 2010 à 2 h 55 min

De Villepin crache sur le camp auquel il appartient, au coeur d’une bataille politique. Les éditorialistes de gauche adoubent la révolte d’un haut fonctionnaire contre sa famille politique, les mêmes nommaient Besson traître. Une situation absolument identique, deux traitements différents. Qu’on vienne me dire que la presse n’est pas de gauche après cela.

Entre la France et l’Allemagne, des gredins tentent d’empêcher un train transportant des matières radioactives de circuler.Leur présence nombreuse met la sécurité du convoi en péril.Le fait de ralentir ce convoi a comme conséquence d’exposer encore plus longuement les populations à des doses radioactives supérieures à la norme. Il y a quelques années, un jeune militant de Greenpeace est mort suite à une opération blocage qui a mal tourné sur un convoi de ce genre. Quelques jours plus tard, dans le quartier latin, un rabatteur de cette organisation me demande de signer un papier pour soutenir…je ne sais quelle cause. Je refuse et lui rétorque la bavure de son organisation suite à la mort du jeune homme. Il prend un air grave, les yeux sont illuminés d’une lueur de fous et et il me répond très sérieusement « Chaque cause a ses martyrs ». C’est là que j’ai compris que les verts étaient les mêmes tarés que les rouges…les mêmes idéaux…les mêmes méthodes…les mêmes résultats. Ces gens-là sont dangereux, fondamentalement.
La presse se perd en conjectures et hypothèses quant au futur premier ministre. Tous les mots sont décortiqués et analysés ad nauseam…beaucoup de raisons sont invoquées ici et là…Cherchez la femme, écrivait James Ellroy dans Le Dahlia Noir, pour arriver au coupable. Cherchons la femme donc, on aura sûrement le futur premier ministre. Le couple Borloo-Schönberg est médiatique, presque glamour…tout comme le couple Baroin-Laroque…ces couples pourraient prendre un peu de la lumière qui éclaire Sarko-Bruni.Pour cette raison, Fillon restera à Matignon.
Mélenchon insulte les journalistes à tour de bras, pour leur soi-disant, manque d’indépendance en rapport avec le gouvernement et vient se vautrer dans le canapé rouge de Drucker…Le même Drucker invité chez Ruquier, les deux quels, se battant pour la liberté d’expression affirmèrent qu’ils avaient toujours refusé de recevoir Le Pen, père et/ou fille…drôle de conception de la liberté d’expression.
Le Paris Saint-Germain a gagné contre l’Olympique de Marseille. Les journalistes s’évertuent à appeler ce match le Clasico…contresens footballistique absolu, vulgaire importation d’un concept hispanophone en France, mauvaise greffe, c’est un peu comme la fête Halloween en France. Victoire du Paris SG, l’essentiel est préservé.


Raphaël, sa chansonnette, le coran…

Mutation, Politique — Article écrit par le 22 novembre 2010 à 2 h 50 min

Je pourrai reprendre toute la terminologie de P. Muray pour démonter la petite gueule d’ange de Raphaël, ce brailleur qui a commis la chanson le patriote, dont les paroles sont ni plus ni moins une insulte envers la France, son drapeau ses symboles. Les temps changent, sa chanson reçut un accueil plutôt mitigé alors qu’il y a encore sept-huit ans, elle aurait été acclamée. Est-ce là le début d’un frémissement de l’opinion en France? Je reprends, dans son clip à la con, il joue la subvertion la plus tenace, en montant sur la statue de Jeanne d’Arc, se posant derrière elle et la touchant ostensiblement. La subvertion autorisée par la mairie de Paris, on repassera mais bon là n’est pas le point.

Tout d’abord, je voudrais rapprocher sa chansonnette à un fait d’actualité récent. Il y a quelques semaines, un obscur révérend voulait cramer le Coran pour des raisons qui m’échappent encore. Finalement, il renonça à son projet, sous la pression. Nombreux furent ceux qui critiquèrent les positions du Révérend. Parmi les critiques, on pouvait entendre les suivantes, pourquoi provoquer les extrémistes? et aussi pourquoi provoquer de paisibles gens qui n’ont jamais fait chier personne et qui considèrent le Coran comme un livre sacré et dont la profanation pourrait heurter les sentiments de ces paisibles gens. Argument que je comprends tout à fait. Pourquoi aller faire chier et énerver des gens, calmes, en brûlant la seule chose qu’ils considèrent sacrée…

Il se passe exactement la même chose avec la chanson de Raphaël. Je connais des gens vraiment charmants, très attachés au drapeau, à la Marseillaise, à Jeanne d’Arc…des gens paisibles, qui bossent, hospitaliers, qui donnent de leurs temps dans des associations et qui sont choqués par les paroles de Raphaël…tout comme certains musulmans sont heurtés par le fait que certains brûlent le Coran. Quand le rebelle de mes deux hurle qu »il siffle la Marseillaise avec les Beurs », lorsqu’il dit cela, il pourrait très bien dire  » Je pisse sur le Coran avec des Américains ».

Le second point est le suivant, le révérend américain n’a pas réalisé son projet. Il a cédé aux pressions. Il a reçu des bonnes centaines de menaces de morts…Pour Raphaël, que dalle…je ne sais quoi penser de cette absence de réactions violentes à son encontre…plutôt bien car on s’en branle de sa gueule et il est aussi insignifiant que les exportations vinicoles marocaines le sont pour la stratégie nucléaire du comité central nord-coréen. Ou bien est-ce parce que, nous sommes si tolérants que l’on accepte de se faire cracher sur la gueule en trouvant cela très normal?

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