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Le programme d’Hystérix pour 2012
Politique — Article écrit par Vittorio le 14 avril 2011 à 17 h 08 minPeluches, peluches,
comme vous le savez, ce pays va droit dans le mur. De ma retraite dorée à Pattaya, j’ai toujours conservé un regard attentif sur l’Etat de la Nation dans le Monde, sans m’interdire de commenter le JT de mon ami David Pujadas à haute voix devant mon bruyant harem tout en sirotant des vodka-fraise-tagada. Un nombre incalculable de mes anciens conseillers m’appelle depuis des semaines afin de me convaincre de poser ma candidature pour l’Élection Présidentielle de la France 2012 (rayer les majuscules inutiles). J’ai donc décidé de sortir de mon silence et de reprendre la France en mains, car ça fait longtemps qu’on ne lui a pas fait la brouette pékinoise et que ça la démange grave du sous-sol. Malgré les mises en garde, j’ai tout de même concocté un programme entre deux Sudokus, arguant qu’il fallait quand même faire un peu le show.
Voilà le programme, perso, je le trouve méchamment chié, il sera de plus imprimé en prologue de mon prochain recueil de poésie en alexandrins « La cigale et la morue-Eloge des voleurs prométhéens » :
-Mise en place d’une rente républicaine pour toute personne sur la planète maitrisant le première personne du singulier présent et à venir des verbes en -er, rente s’élevant à 1000-oui je dis bien 1000- EuroZgloubs par mois sur 13 mois. Comme le dit un conseiller bruxellois sous lexomyl « une monnaie stable pour une rente stable ». Elle sera financée par les 90% des contribuables les plus aisés, avec saisie sur biens-s’il en reste- en cas de tentative désespérée de fuite dans un pseudo-paradis hypernéolibéralobanquaire.
-Favoriser l’emploi des peluches de quartier. Pour une peluche de quartier embauchée, une peluche de quartier offerte. Au bout de 15 peluches, attribution d’un label éco-banlieue-compatible et attribution de la Grand Croix du Mérite d’Honneur de la Diversité au pdg-s’il n’a pas foutu le camp dans un immonde pays transalpin. Comme chez les légionnaires, cette Grand Croix sera agrafée à même la peau, des couilles pour un homme, de son mari pour une femme.
-Création d’un Grand Impôt Citoyen Premium et d’un Giga Impôt Citoyen Platinium avec des s’miles offerts sur les lignes tgv-trams-ratp pour les plus gros contribuables. Des s’miles seront aussi offerts à ceux qui ne payent que dalle, y’a pas de raisons.
-Création d’une TVA CCC+ (validée par Moody’s) comme Contribution au Commerce Capitaliste, à 36,314 %, sauf pour les produits de très grande nécessitée comme les enfants de mères porteuses ou les militants LGBT qui ne sont pas des marchandises comme les autres.
-Le vote obligatoire à partir de douze ans. Nouvelle carte d’électeur à puce implantée dans le cou avec géo-localisation et capsule explosive d’eau de Javel afin de mobiliser les consciences citoyennes dès le plus jeune âge citoyen. La délation demeurera tout de même la procédure principale en cas de manquement au devoir phrygien-vous savez comme j’aime la tradition-ainsi les parents qui ne votent pas pourront être dénoncés par leurs enfants. Les voisins aussi.
-Un gouvernement limité à une ministre- qui ne pourra embaucher plus de 33 890 conseillères, que des femmes également donc- afin de faciliter les émissions de débat politique, les unes des magazines féminins et le travail des nègres politiques.
-Une réduction du nombre de région à 4 afin de faciliter les parties de bridge et de concurrencer la Chine. Pour éviter les problèmes de transfert de compétence, les anciens effectifs et émoluments seront maintenus à titre symbolique.
-Mise en place d’un poste de Grand Condor de la Truelle, afin de garantir l’indépendance de la justice. Tous ceux qui diront « dekoi » seront lapidés. Il sera nommé selon un processus secret afin de garantir son indépendance. Il nommera lui-aussi comme bon lui semblera procureurs, huissiers et femmes de ménages à mi-temps, selon des critères eux aussi secrets. Afin de garantir l’indépendance.
-L’abrogation de la constitution. Elle sera remplacée par un service Tweet. Le premier Tweet concernera cette affaire de carte d’électeur obligatoire.
-Mis en place d’un grand service citoyen d’initiation à la net-vigilance de 7 à 77 ans. Le blogage sera soumis à autorisation. Les webcams seront équipées d’un système de reconaissance rétinienne relié au fichier de fichage écocitoyen Edwygeplenel.
-Une sortie de l’Otan par la grande porte de service, et sans dire au-revoir aux secrétaires, et sans pot de départ, afin de bien faire comprendre aux puissances étrangères qui c’est qui fait la Loi dans la Galaxie.
Voilà, je crois que j’ai fait le tour. De toutes façon je serai forcément plagié. Quoi ? Déjà ?
Programme du PS
Politique — Article écrit par Cherea le 7 avril 2011 à 11 h 29 minPremière fois de ma vie que je vais sur le site du PS, vous savez ce parti de professeurs à la retraite… et conseillers généraux, pour aller examiner d’un peu plus près leur programme. Franchement, c’est pas bandant du tout, alors quelques mesures pour rire:
- Pour encourager les comportements écologiques: une TVA éco-modulable.
- Pour les retraites, nous rétablirons l’âge légal à 60 ans et nous engagerons la réforme des retraites promise aux Français, fondée sur des garanties collectives, permettant des choix individuels et assurant l’avenir des régimes par un financement du premier au dernier euro. Pour organiser sa vie, chaque Français disposera d’un compte temps-formation.
- Pour une plus juste répartition des richesses: Nous limiterons les rémunérations abusives : rémunérations variables n’excédant pas la part fixe, écarts de rémunérations de 1 à 20 maximum dans les entreprises à participation publique, présence des salariés dans les conseils d’administration ou de surveillance et les comités des rémunérations.
Alors là je m’interroge. La Gauche et le PS ont crié au scandale au moment de la loi sur la Burka répétant à l’envi que c’était une folie de faire une loi pour 2000 burka en France. Donc cette loi, le rapport de salaire de 1 à 20 pour les entreprises à participation publique concerne combien de patrons: 5, 10, 15, 20, 100 maximum.
Bon, en fait, c’est très chiant leur programme, pas rock’n roll du tout…aucune mesure forte, du charabia de bac+5 en sciences économiques et humaines avec du langage de modernoeud pour faire des appels du pied à bobo, modulable, écolo-tva, facture énergétique, superprofits, 300 000 emplois jeunes d’avenir…c’est ici.
Bon revenons à des choses sérieuses. Je lance comme idée pour les primaires socialistes que chaque candidat fasse montre de son patrimoine personnel avant les élections, le vainqueur devra le faire pour l’élection présidentielle, alors autant le faire lors des primaires. Si tel est le cas, je donne pas cher des chances de DSK, connue la jalousie et la haine crasse des adhérents du PS envers l’argent, tradition héritée de Mitterrand « l’argent qui corrompt…. ».
Rap Français
Politique — Article écrit par Cherea le 5 avril 2011 à 18 h 13 minComme beaucoup, j’ai eu une période durant laquelle, je me suis intéressé au rap, d’abord américain et ensuite français. Avec le recul nécessaire, j’ai compris deux-trois choses…La première est que le rap français est au rap ce que le rock français est au rock. Trois quatre groupes valables, pour chaque genre musical, en Français. Le reste n’était que de la mauvaise imitation de ce qui pouvait se faire aux États-Unis. En effet, qui en France à part NTM et IAM, peut essayer de tenir la comparaison avec ce qui se fait outre-atlantique. L’âge d’or du rap français commence en 93-94 et s’arrête vers 1998. On peut se demander pourquoi une telle période, relativement courte au final. Tout simplement, du fait du législateur. En effet, prenez le début des annés 90, Gainsbourg est mort, rien de génial au niveau musical en France…l’industrie se meurt…la loi Toubon qui impose 40% de musique en langue française en diffusion sur les radios. Il fallait donc deux choses pour nos maisons de disques: de la nouveauté et des chanteurs français…le rap avait cet aspect novateur, on a été cherché ceux qui représentaient cette musique en France si bien qu’entre 94 et 98, n’importe quel type qui arrivait de banlieue avec une maquette se faisait produire. Assez savoureux de constater que 99% des rappeurs Français doivent leur carrière à des types comme Lang et Toubon, doivent les quelques argents qu’ils ont gagnés à ceux qu’ils insultent à longueur de journée…De plus, l’idéologie du rap est assez libérale, du moins aiment-ils le croire, lorsqu’ils doivent leur succès à une distorsion de marché propre à la France. Évidemment, l’aspect de fraîcheur du rap s’est vite atténué dû à une trop grande production de trop mauvaise qualité…ils ont juste été remplacés par la nouvelle scène française, Delerme, Benabar et autres chansonniers.
Ces connards de rappeurs pourraient au moins avoir la reconnaissance du ventre, mais ils passent leur temps à insulter les politiques qui ont fait leur carrière. Pathétique mais tellement prévisible.
C’est cela
Politique — Article écrit par Nicolas le 25 mars 2011 à 12 h 23 minHenri Guaino, conseiller spécial de l’Elysée, a indiqué vendredi, à titre « personnel », qu’il ne voterait pas pour un candidat du FN aux cantonales et qu’il « pourrait voter pour le Parti socialiste » en fonction « des cas ». « Il y a des candidats du Parti socialiste pour lesquels je ne voterai jamais, et puis il y a des candidats du Parti socialiste pour lesquels je voterai sans états d’âme, ça dépend des situations », a-t-il déclaré sur i-TELE et Radio Classique. (source : LCI)

Cedant arma
Politique — Article écrit par Nicolas le 20 mars 2011 à 0 h 49 minDécidément je ne comprendrai jamais cette abolition du jugement personnel qui caractérise les militaires. Mettre son honneur à obéir, à faire ce que d’autres vous disent alors même que vous trouvez ça contestable ou même stupide. À obéir à Juppé, qui pis est. Alain Juppé. Le meilleur d’entre eux qui nous a infligé la dissolution raté et le gouvernement Jospin, le chiraquien pris la main dans le pot de confiture de la mairie de Paris, condamné pour s’en être goinfré au delà de toute décence, parti se faire oublier quelques semestres au Canada, rentré, réélu, remaire, reparlementaire, reministre et aujourd’hui bricolant une coalition contre la Libye, tout infatué de parler au nom de la France. Il a même changé de lunettes. Juppé qui est revenu d’Égypte en disant que finalement les Frères musulmans étaient des gens très fréquentables, et qui aujourd’hui envoie l’armée française aider des insurgés dont le cri de ralliement est Allah u akbar.
Et nos bons militaires obéissent ?
Desproges avait raison, les militaires sont d’incurables cons. Et Daudet avait raison aussi qui trouvait incompréhensible la déférence attentive de Foch auréolé de sa victoire envers quelques politiciens de la IIIe république au moins aussi pourris et corrompus que Juppé.
Mais le pire ce sont les commentaires. Il suffit d’aller sur TF1.fr ou LCI : il y a d’abord les sensibleries humanitaires déclinées sous forme de poncifs pour concierges « aider le peuple libyen à se libérer », « éliminer un dictateur sanguinaire », « ne pas laisser des innocents se faire massacrer »… Puis le nationalisme à deux balles, la fiéroterie de café du commerce pour soutien des troupes qui rote son verre de mauvais blanc : « bravo à notre président qui reprend une stature internationale », « soutient à l’armée française »…
Les impôts, le chômage, l’insécurité, la désindustrialisation, l’invasion migratoire, la planche à billets qui tourne, la dette qui s’accumule… instantanément la réalité est oubliée au profit de conneries vaguement émotives.
L’humanité est décidément une saleté désespérante. Qu’est-ce que vous voulez faire avec une bande de débiles pareille ? On leur fait le plus vieux coup de pute du monde, le truc d’incarner le patriotisme ou la « conscience universelle » — de préférence les deux réunis — et ils marchent. Ils courent. « La conscience universelle » : j’ai réellement entendu Sarkozy le dire. Une guerre justifiée par un slogan de Bernard-Henri Lévy. On a beau savoir que cette saloperie de république démocratique d’opinion est la pire des choses, elle arrive encore à nous surprendre et à nous faire rire.
Alors ?
Alors regardons un peu à quoi elle ressemble, la conscience universelle. Quelle gueule elle a, pour voir. Pour qui s’agit-il de risquer la vie de soldats français, cette fois ?

↑ Libyan volunteer prays on the outskirts of the eastern town of Ras Lanouf, Libya, Thursday, March 10, 2011.

↑ Libyan volunteers pray on the outskirts of the eastern town of Ras Lanouf, Libya, Thursday, March 10, 2011.

↑ Libyan rebel fighter shouts ‘God is great’ moments after two shells fell in the vicinity of the hospital of this oil port town of Ras Lanuf in eastern Libya on March 10, 2011.

↑ Libyan rebels pause to pray before a battle with government troops on the frontline on March 9, 2011 near Ras Lanuf, Libya.
Vous je sais pas. Moi je ne verrais pas vraiment d’inconvénient à ce que Khadafi, pas très sympathique mais finalement assez pratique, lui défonce la gueule à la conscience universelle quant elle ressemble à ça…
Images : Cryptome ici et là (et Otto Dix, pour complicité).
Étiquetté : armée, Juppé, Khadafi, Libye, SarkozyAu coeur de l’ivresse occulte du pouvoir
Politique — Article écrit par Nicolas le 10 mars 2011 à 11 h 40 minCe titre un peu laborieux parce qu’il y a deux références cinématographiques qui me viennent à l’esprit pour mentionner ici le nouveau livre publié par Emmanuel Ratier, Au Cœur du pouvoir.
La première est évidemment la scène de L’Ivresse du pouvoir, de Chabrol, où l’on voit se réunir « ceux qui tirent les ficelles », comme disait Coston. Souvenez-vous : Isabelle Huppert en Eva Joly insupportable et féministe, Berléand en Le Floch-Prigent déchu, et ces vrais détenteurs du pouvoir qui se réunissent on ne sait où, peut-être dans une vaste propriété à l’ouest de Paris, peut-être en Sologne, peut-être en Touraine. Assez près, mais assez loin, pas tant parce qu’ils craignent quelque chose que pour arriver, d’un seul coup d’œil, à tout considérer.
L’autre référence joue d’une curieuse symétrie quand on regarde cette image prise lors d’une manifestation récente contre Le Siècle :
Derrière des fenêtres donnant sur la place de la Concorde, des gens fort importants regardent l’affrontement des manifestants et des policiers. La scène, cette fois, est évidemment celle de Forces occultes où, de l’autre côté de la place, depuis des fenêtres qui sont sans doute celles du Palais-Bourbon ou d’un bâtiment annexe, les politiciens regardent avec surprise et frayeur l’émeute du 6 février 34. Sinon qu’il n’y a pas de caméra à l’intérieur de l’Automobile Club ; on en imagine d’autant mieux la scène, même si l’affrontement fut de courte durée et les manifestants embarqués aux seuls motifs de leur présence en groupe sur l’auguste trottoir et de leurs bruyantes et joyeuses interpellations à l’adresse des dîneurs.
Dans les deux cas, la comparaison s’arrête là, à une sorte de raccourci saisissant d’une scène contemporaine à une scène cinématographique plus ou moins ancienne.
Le film de Chabrol, il l’a toujours soutenu, n’avait rien de politique. Or le Siècle est bien la principale centrale de pouvoir en France, le cœur de l’oligarchie qui dirige le pays.
Le peuple qui a raté le 6 février 34 pourrait-il se retourner — ce qui reviendrait à faire une révolution sur lui-même — et se retrouver non pas à regarder le Palais-Bourbon et son ignoble jeu de faux-semblants faits pour amuser l’électeur, mais à regarder vers les salons de l’Automobile Club, où, dix fois par an, se réunit cette centrale de pouvoir regroupant l’immense majorité des financiers importants, des patrons qui comptent, de la haute-administration et la moitié environ de chaque gouvernement français depuis des décennies ? ce club qui a réussi à faire cela en secret de 1946 à ces dernières années, sans qu’aucun article de journal n’évoque jamais (à deux exceptions près je crois en un demi-siècle) ces réunions.
Il suffit de feuilleter, au hasard, quelques pages d’une liste des invités à un dîner du début 2010 récemment publiée par Cryptome pour se rendre compte du concentré de pouvoir que représente ce club.
Complotisme ? c’est bien entendu ce à quoi crie Le Siècle. Et d’évoquer, à coups d’articles de commande dans des revues universitaires ou dans la presse respectable, une nécessaire « sociabilité des élites », bien anodine, entre club de bridge et association de (beaux) quartiers.
Reste qu’il ne faut pas confondre complotisme et une histoire politique contemporaine qui refuserait de ne considérer que des abstractions sociales ou économiques pour expliquer les faits, mais considérerait aussi la place des hommes, hommes de l’État, hommes de la banque, hommes d’entreprise, du ministre à l’inspecteur des finances en passant par les associés gérants d’une des plus grandes banques d’affaire au monde ; qui soutiendra que leurs rapports ne sont d’aucun poids dans la marche des choses ? Reste aussi que ces gens se sont remarquablement organisés pour rester entre eux, sans qu’on les évoque jamais, pendant des décennies. Reste que les membres du Siècle, qui ont bien du mal à dégager une heure dans leur emploi du temps, vont, dix soirées par an, dîner avec leurs pairs, pour y manger plutôt mal au regard de leurs habitudes.
Sans doute ne verra-t-on pas le peuple se retourner vers le vrai pouvoir et bousculer les cordons de CRS par lesquels le préfet de police de Paris protège le club dont il est — lui aussi — membre. De fait, la plupart des gens auxquels on parle du Siècle, après un bref moment où ils sont ébranlés, retournent à leur éternelle servitude volontaire : « Après tout, n’est-ce pas plutôt rassurant que les puissants se rencontrent ? n’est-ce pas dans notre intérêt ? l’État ne fonctionnerait-il pas moins bien si ce n’était pas le cas ? l’État qui est là pour nous protéger et veiller sur nous ? et finalement ne vaut-il pas mieux ne pas tout savoir ? »
Justement : la lucidité et la compréhension est ce qui nous reste ; lisez l’ouvrage de Ratier, il est ce qui a été écrit de plus éclairant depuis longtemps sur le fonctionnement des élites bourgeoises de l’État français en régime républicain.
Étiquetté : élites, Gueuse, SiècleChoses dont l’affectation amuse (1)
Actu, Culture, Journalisme, Politique — Article écrit par Alex le 23 février 2011 à 22 h 56 minEtant d’une nature des plus dilettante et croyant à la grandeur de la futilité, je me permets – avec une dose suffisante de honte – d’emprunter à Dame Sei Shônagon son aimable stratagème pour satisfaire à la fois ma paresse et ma prétention à écrire.
Les révolutions dans le monde arabe
Lorsque l’on vous explique à longueur de colonnes avec solennité que les fiers peuples musulmans se battent avec courage contre la tyrannie afin de pouvoir jouir de la démocratie et de la liberté dans leur pays, jusqu’à là sans cesse exploités par des forces malveillantes à leur insu ; et qu’apparemment le seul objectif de ces braves – surdiplômés à en faire rougir un major de Centrale – soit de rejoindre la méprisante et vile Europe, au sein de laquelle règne racisme et islamophobie…en plus d’un triste climat pour ces enfants du soleil.
Le procès Zemmour
Plus encore que l’extraordinaire capacité des juge Français à pouvoir quantifier l’impact d’une déclaration – et se faisant permettre de la qualifier de « provocation à la discrimination raciale » – il n’est de spectacle plus drôle que d’observer la meute des belles âmes exiger qu’en plus de sa condamnation, Eric Zemmour soit également mis à la porte par l’ensemble de ses employeurs ; car si on ne saurait tolérer une double peine pour un gentil sans papier qu’on expulserait comme un malpropre après qu’il se soit adapté en prison ou qu’il ne fait aucun doute que violeurs et assassins peuvent tout à fait devenir des citoyens modèles si l’on se donne les moyens de soigner ces victimes d’une société inique…il est inenvisageable de prendre un quelconque risque devant un potentiel raciste, ces gens là sont irrécupérables et la seule solution pour le bien commun est de les faire taire.
De l’ozace, de l’ozace, toujours de l’ozace !
Politique — Article écrit par Nicolas le 14 février 2011 à 12 h 54 minQuand je dis que ces marinistes sont des étatistes fous, des débiles mentaux régulateurs, des saloperies de collectivistes, d’ignobles barbus mentaux, des grands méchants lons, et que la gourgandine est une tricoteuse jacobine de la pire espèce…
Sous-titre : Remettre l’économie au service de la politique et du peuple
(Plan de mon intervention à la prochaine formation des Secrétaires Départementaux du FN.)
En résumé :
L’économie prétend être le mètre-étalon du bonheur de nos sociétés. Historiquement, elle n’est pourtant qu’un moyen de la satisfaction des besoins ordinaires. Devenue idéologie mondiale au service des intérêts des puissants, elle a prétendue s’affranchir des allégeances sociales et politiques pour finir par mettre le social et le politique à son service. Seul le retournement de l’Etat vers son rôle de régulateur et protecteur de la communauté nationale peut remettre l’économie à sa place. (…)
Mention spéciale pour le point 8 : « la légitimité dans le contrôle social », tout un programme on vous dit.
(Merci à J.-F. pour ce lien consternant.)
Étiquetté : collectivisme, étatisme, nationalisme, OzonDolce Vita en Tunisie
Politique — Article écrit par Nicolas le 5 février 2011 à 16 h 47 minJe n’aime ni Michèle Alliot-Marie ni Dominique Strauss-Kahn. Mais la manière dont on leur tombe dessus à bras raccourcis pour reprocher à l’une un voyage et à l’autre des propos malheureux à l’emphase légèrement ridicule prend tout son relief quand on mesure l’extraordinaire hypocrisie de la classe politico-médiatique, où en croquer aux frais de la Tunisie était devenu, ces dernières années, une sorte de sport national-républicain payé en louanges du régime de Ben Ali.
Mention spéciale à ce gros enfoiré de Philippe Séguin, qui n’était pas le dernier à aller se faire masser les adiposités dans les hammams des grands hôtels tunisiens.
Le texte est extrait de La régente de Carthage — main basse sur la Tunisie par Nicolas Beau et Catherine Graciet.
Étiquetté : Ben Ali, corruption, France, Mitterrand, révolution du Jasmin, Séguin Fenech, TunisieDolce vita en Tunisie
Il faut dire aussi que le Tout-Paris politique, médiatique et financier se presse en Tunisie pour y passer de douces vacances. Et pas chères, avec ça ! Certes, on est loin des fastes des Mille et Une Nuits déployés par le royaume du Maroc pour attirer les mêmes « élites » françaises – les généraux d’Alger, quant à eux rigoureusement nuls sur ce registre, sont experts dans bien d’autres, plus tordus, pour se les aliéner tout aussi efficacement. Mais la Tunisie possède tout de même quelques atouts… Comme par exemple le groupe hôtelier Sangho, dirigé par le riche homme d’affaires Hosni Djemmali. Lequel n’est pas n’importe qui : élément clé du lobbying tunisien en France, il est proche du puissant ministre des Affaires étrangères Abdelwaheb Abdallah, qui a pendant des années officié comme porte-parole de la présidence et, de facto, dirigé la communication du régime (voir supra, chapitre 3) – ce qu’il continue d’ailleurs à faire en sous-main, fort d’un impressionnant carnet d’adresses. À Paris, Hosni Djemmali tient table ouverte dans les meilleurs restaurants du quartier de la Bourse, en particulier pour les journalistes héritant du dossier Tunisie. Au dessert, cet homme hospitalier les invite à passer des vacances dans l’un de ses clubs. Avec leur famille et aux frais de la princesse… Alors, lorsque son groupe Sangho fête ses trente ans en novembre 2008, c’est tout naturellement qu’il reçoit ses nombreux « amis » français pour une mémorable soirée au Sangho Club Zarzis, « véritable petit village enfoui dans un jardin palmeraie de 14 hectares, [qui] étale ses bungalows blancs au bord de l’eau », comme le proclame son site Web. Que du beau linge ! Hervé Novelli, alors secrétaire d’État en charge du Commerce, de l’Artisanat, des PME, du Tourisme et des Services — qui en profitera pour épingler une Légion d’honneur sur le costume d’Hosni Djemmali. Mais aussi Jean Louis Debré, président du Conseil constitutionnel et, plus surprenant encore, Marie-Cécile Levitte, l’épouse du conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy. Sans surprise en revanche, le monde des médias est quant à lui représenté en force : Dominique de Montvallon, directeur adjoint de la rédaction du Parisien ; Michel Schifres, président du comité éditorial du Figaro ; Noël Couëdel, directeur éditorial du quotidien L’Équipe ; Etienne Mougeotte, ancien vice-président de TF1 et directeur des rédactions du Figaro ; Christian de Villeneuve, directeur de la rédaction du Journal du dimanche ; Nicolas Charbonneau, ex-Europe 1 parti à I-Télé ; et Valérie Expert, journaliste sur la chaîne d’information LCI.
Tout ce beau monde n’a pas hésité à prendre la pose et s’est retrouvé tout sourires dans les pages people de Tunisie Plus, le magazine du groupe Sangho, qui se pique aussi de faire dans la presse. À la gloire du régime de Ben Ali, il va de soi. Un détail qui ne semble guère gêner outre mesure certains plumitifs français. Ainsi, Nicolas Charbonneau et Michel Schifres appartiennent au comité éditorial de ce support de communication, tandis que Jérôme Béglé ancien de Paris-Match parti au Figaro Magazine, y interviewe le chanteur Dany Brillant, né à Tunis.
Hosni Djemmali et son magazine Tunisie Plus ne sont pas les seuls à permettre aux « pipoles » français de la politique et des médias de se la couler douce. Le bimensuel L’Économiste maghrébin, proche du président Ben Ali, s’est aussi lancé sur le créneau. Ce n’est pas Jean-Pierre Raffarin qui dira le contraire. Comme l’a révélé Le Canard enchaîné au printemps 2009, l’ancien Premier ministre devenu sénateur a bénéficié d’un joli cadeau : un week-end au Tamerza Palace de Tozeur, réputé pour « sa piscine avec vue saisissante sur le désert, son restaurant gastronomique », dans une suite « à plus de 700 euros ». En contrepartie, Jean-Pierre Raffarin a pris la parole lors d’un colloque organisé par l’aimable magazine, où il s’est livré à quelques raffarinades pro-Ben Ali : « D’une certaine manière, la Tunisie est mieux protégée [contre la crise] que d’autres pays », car Ben Ali cultive cette « valeur fondamentale » qui permet de fonder une « nouvelle conception de la vie » : la sécurité.
Plutôt que de célébrer béatement l’amitié franco-tunisienne, d’autres préfèrent la promouvoir activement. C’est le cas de Georges Fenech, natif de Sousse, un magistrat au curriculum foisonnant : mis en examen en juillet 2001 dans l’affaire de vente d’armes de l’Angolagate, ex-président de l’Association professionnelle des magistrats, ex-député UMP du Rhône — dont l’élection a été invalidée en mars 2008 par le Conseil constitutionnel en raison d’infractions au droit électoral liées à ses comptes de campagne — et grand patron depuis septembre 2008 (merci Sarkozy) de la Miviludes, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. Et enfin président de l’association Échanges franco-tunisiens (EFT). Déjà lorsqu’il siégeait au Palais-Bourbon et était le vice-président du groupe d’amitié France-Tunisie, ce dernier accouchait de communiqués prenant farouchement la défense du président Ben Ali. Ce fut par exemple le cas en novembre 2005, quand lesparlementaires amis de la Tunisie saluaient Ben Ali comme un « véritable homme d’État », louant les avancées d’une « Tunisie qui va dans le bon sens » et fustigeant les tentatives de « désinformation contre la Tunisie », qu’ils jugeaient « injustes » et « inamicales ». C’est donc tout naturellement que Fenech a créé deux ans plus tard, avec l’aide de son épouse Christine Goguet, journaliste, l’association Échanges franco-tunisiens. Monsieur en est le président et Madame la chargée de communication. La vocation d’EFT ? Favoriser le développement des relations économiques entre la France et la Tunisie. Comme par hasard, le siège de cette nouvelle association est sis à la même adresse — le 28 bis rue de Richelieu dans le Ier arrondissement parisien — que ceux du groupe hôtelier Sangho et des Éditions Sangho, qui publient le magazine Tunisie Plus.
Au fil des années et des opérations de relations publiques de MM. Abdallah et Djemmali, la tribu des amis de la Tunisie n’a cessé de s’élargir. Sans pour autant perdre ses piliers fondateurs. Le premier d’entre eux reste incontestablement Philippe Séguin, qui a grandi à Tunis et aime comparer Ben Ali à de Gaulle. À l’époque où Jacques Chirac était à l’Elysée, Séguin, aujourd’hui premier président de la Cour des comptes, ne rechignait pas à jouer les Messieurs bons offices entre Paris et Carthage. Tantôt pour raisonner Ben Ali qui, lors de la crise du Golfe de 1991, avait pris le parti de Saddam Hussein pour des raisons de politique intérieure. Tantôt pour apaiser la colère présidentielle lorsque le frère de Ben Ali fut condamné par contumace à dix ans de prison par la justice française dans l’affaire de la « couscous connection ».
Même si le régime tunisien penche nettement en faveur de la droite française, il peut compter aussi sur quelques solides soutiens « à gauche ». Comme par exemple le nouveau ministre de la Culture de Nicolas Sarkozy depuis juin 2009, Frédéric Mitterrand. Un vrai compagnon de route ! Ce dernier possède une belle villa à Hammamet et n’a même pas tenu rigueur au pouvoir de lui avoir fait subir quelques mesquineries immobilières dans les années 1990 : les pouvoirs publics ayant autorisé le déversement de milliers de tonnes de gravats sur le site, le paysage autour de la villa de Frédéric Mitterrand a été défiguré, à sa grande fureur. Officiellement, il s’agissait de consolider les remblais tenant les plages de sable mais, en pratique, ces travaux permettaient à un industriel proche du pouvoir, propriétaire de grandes carrières, de liquider ses surplus de pierrailles. Autre fervent supporter de gauche : le maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui, au motif d’une enfance émouvante passée à Bizerte, est plus prompt à dénoncer les crimes commis par les Chinois contre les Tibétains que ceux de Ben Ali contre les opposants politiques.
Valérie Boyer, charcutière hallal et casher ?
Politique — Article écrit par Nicolas le 3 février 2011 à 13 h 04 min
L’élue UMP du moment c’est Valérie Boyer (8e circonscription des Bouches-du-Rhône, adjoint au maire à l’inénarrable Jean-Claude Gaudin), qui, sous un langage plein de neutralité et d’égalité et de laïcité proposerait, ni plus ni moins, que l’Assurance maladie rembourse officiellement la circoncision rituelle :
Mme Valérie Boyer attire l’attention de Mme la ministre de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative sur le cadre juridique de la circoncision pratiquée dans les règles de l’art par un chirurgien. Lorsque son indication est posée pour des raisons médicales (diagnostic phimosis), la circoncision est prise en charge par l’assurance maladie et fait l’objet d’une codification CCAM sous le titre posthectomie code JHFA009. Lorsque son indication est rituelle (signe d’appartenance religieuse pour les juifs et musulmans), la circoncision n’est pas prise en charge par l’assurance maladie puisqu’elle n’est dictée par aucune considération médicale. Elle revient entre 500 et 1000 euros à la famille qui la sollicite pour son enfant. Compte tenu de cet état de fait, nombre de circoncisions rituelles sont effectuées sous couvert d’une indication médicale car les familles ont tendance à beaucoup insister auprès du médecin voire même à ne pas décalotter l’enfant pour qu’il développe un vrai phimosis impliquant la prise en charge par l’assurance maladie. Le moindre coût financier de l’acte et la garantie qu’il soit effectué dans les règles de l’art, donc sans risque de complication en comparaison avec les méthodes artisanales, constituent les principaux arguments qui conduisent à ces détournements et aux fraudes à l’assurance maladie. Car la pratique ancestrale de la circoncision implique un taux important de complications (hémorragies, surinfections, plaies et mutilations du gland) nécessairement prises en charge par la sécurité sociale et générant un surcoût pour l’assurance maladie. L’évolution démographique et sociologique de notre pays pose la question de la place de cet acte chirurgical en termes de santé publique, de coût pour l’assurance maladie et de laïcité. En effet, en 2006, lors du congrès annuel de l’association française des urologues, un médecin de la CNAM avait évalué à 9 millions d’euros par an la couverture de cet acte pour l’ensemble du pays. Entre la prise en charge complète par l’assurance maladie ou par les familles de cet acte, une troisième voie serait envisageable impliquant la création d’un contrat d’assurance circoncision proposé à la naissance des enfants mâles et destiné à prendre en charge les frais de réalisation de l’acte chirurgical. Il pourrait être, en outre, envisagé sous certaines conditions préservant le principe de laïcité, une participation limitée de l’assurance maladie. Elle la remercie de lui faire connaître son avis sur le sujet et sur la possibilité de mettre en place un groupe de réflexion intégrant les différents partenaires (assurance maladie, professionnels de santé, associations d’usagers) afin d’élaborer un protocole clair et applicable à tous qui préserve la neutralité et l’égalité républicaine.
Le texte est abondamment cité et circule ici et là.
On notera que Valérie Boyer n’a rien pour m’être sympathique : avant de devenir homme de l’État et de vivre grassement sur nos impôts, Valérie Boyer ne faisait pas un métier bien avouable non plus, puisqu’elle travailla pour le monopole étatique de la Sécurité sociale, puis pour une agence régionale d’hospitalisation. Comme on le voit toute personne tant soit peu libérale ne peut que la trouver louche, puisqu’elle a fait toute sa carrière professionnelle et politique (elle est secrétaire de l’UMP à la santé) dans une administration qui est la principale source de nos maux et l’une des causes de plus en plus de privations de liberté, le coût aberrant de l’assurance maladie vendue de manière obligatoire par le para-État monopolistique servant de prétexte à ces privations. Si l’on considère que l’État, au delà de son illégitimité radicale, ne devrait à tout le moins pas s’occuper de santé du tout, cette femme est donc une sorte de cauchemar.
Néanmoins il semble bien que les laïcs qui s’offusquent se tirent une balle dans le pied. Valérie Boyer s’explique d’ailleurs assez longuement sur son site.
Au total, elle a permis que soit posée à l’Assemblée nationale la question des circoncisions rituelles frauduleusement remboursées car déclarées médicales. En soi c’est un progrès notable sur la situation antérieure, même si on ne se fera pas trop d’illusions sur le devenir de sa question et les effets qu’elle pourrait avoir.
On peut même lui reconnaître quelque courage d’avoir abordé ce sujet miné.
Reste à savoir qui s’en est pris ainsi à Valérie Boyer, instrumentalisant la « réacosphère » et ses annexes pour diffuser une information mensongère qui la présente comme voulant faire rembourser les circoncisions rituelles.
Le fil n’est pas bien compliqué à tirer. C’est le même qui fait que certains mouvements se présentant comme des champions de la laïcité contre l’islam se révèlent d’une discrétion remarquable quand il est question de l’abattage rituel. Pour eux, la limite de leur laïcité revendiquée est claire : quand les prescriptions de rituel hallal rencontrent celles du Lévitique, ils semblent être très moyennement combattifs. De même à propos de la circoncision et des fraudes importantes auxquelles elle conduit ; ainsi la tentative de discréditer Valérie Boyer quand elle aborde ce sujet s’explique aisément.
Étiquetté : Boyer, circoncision, UMP
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