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Choix de société ?

Politique — Article écrit par le 17 octobre 2011 à 1 h 02 min

Par Diagoras
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A l’heure ou les convictions de nombreux français vacillent devant les implacables réalités politiques et économiques, le besoin de réforme se fait sentir. Le citoyen commence à voir que le pays va concrètement droit dans le mur. Chute des exportations, chômage irréductible, inflation, dette grandissante, système scolaire aux abois… les sujets de réforme ne manquent pas. Cet état de fait alarmant amène de très nombreuses discussions politico-économiques dont on peut constater régulièrement que la conclusion est « il s’agit d’un choix de société ». Apparemment notre avenir est suspendu à ces choix, et nous ferions bien de pas prendre la mauvaise solution.
Alors comme je suis bête et discipliné, j’ai commencé à étudier ces choix, à farfouiller…

L’impression générale que donnent toutes ces discussions, c’est qu’il faut faire le bon « choix de société » car l’état du pays en serait dépendant. Mais cette expression est vague.

  • Elle semble tantôt dire que les citoyens choisissent le type de société dans la quelle ils vivent.
  • Et tantôt que la société impose des choix aux gens qui vivent en elle.

On ne sait déjà pas si la société est l’acteur du choix ou l’objet du choix. Mais la confusion va au delà. On ne s’accorde pas nécessairement sur le terme « société. » En effet, les débats sur la santé sont souvent intégrés dans les choix de société. Les débats sur l’éducation, sur les contrats de travail, sur l’ouverture des frontières, les normes sanitaires, les lois vestimentaires, les lois environnementales, les lois conjugales, la prohibition de certains stupéfiants, les lois sur la laïcité, l’immigration… C’est fou tout ce qui se rapporte aux choix de société. J’ai donc chercher a savoir ce qui différenciait un choix de société d’un autre choix.

Et c’est la que ça se corse : j’ai du mal a trouver des questions polémiques qui ne soient pas référencées comme des « Choix de société » (on appellera dorénavant les choix de société « CDS » jusqu’à la fin de l’article.). A croire que si ce n’est pas un CDS, on n’en parle pas. Il semblerait pourtant que l’opposition CDS et choix personnel soit pertinente, ce qui pourrait nous aider dans ce travail de définition. Mais étant donné la quantité de CDS, on peut se demander dans quel domaine l’individu est réellement acteur, ou réellement objet du choix. Pourtant les choix personnels devraient être fondamentaux. Ce que chacun choisit pour lui même marque et influence le destin des individus. Ça devrait être ce qui dirige nos vies, ce qui traduit nos valeurs en actes. Discuter de choix personnels et de leur pertinence, devrait être la principale préoccupation des gens qui veulent prendre leur propre destin en main. On devrait se poser des questions en permanence sur les choix qui s’appliquent à nos vies. Pourtant il semble que les « grandes questions » , celles qui vont décider de notre avenir, ce sont des questions de CDS. Ce pour quoi les gens sont prêts à se battre, à militer, à argumenter, discuter, à étudier, ce sont des CDS.

La société a de nombreuses définitions, la somme des interactions humaines, l’organisation d’un groupe d’individus, le résultat des jeux de domination… Il y en a pléthore. Cependant elles ont toutes un point commun, elles traitent de l’environnement social. La société est donc déjà un environnement, une réalité dans laquelle on se trouve, (ou pas). Des lors, un CDS pourrait tout simplement devenir un choix d’environnement. Belle lapalissade me direz vous, et pourtant, choisit t-on réellement son environnement ?

Mon grand père, (paix à ses cendres) disait a qui voulait l’entendre et plus particulièrement a ses petits fils, que « tout choix est un renoncement ». C’est à la fois vrai et faux. Un choix c’est effectivement renoncer, mais c’est renoncer à tout sauf ce que l’on choisit. Ce n’est donc pas un renoncement mais souvent plusieurs et fréquemment même une infinité de renoncements. Finalement, faire un CDS c’est interdire à la société de devenir quoi que ce soit hormis ce qu’on a choisi pour elle, à moins que ce ne soit ce qu’elle a choisi pour nous. D’où ma question : malgré notre sérieux dans ces questions, est-il toujours bien sérieux que pour des choses aussi importantes que notre santé, l’éducation de nos enfants, ou encore notre retraite, nous nous en remettions a l’environnement social ? Ce que j’essaye de montrer ici c’est que lorsqu’on dit d’une question polémique qu’elle procède d’un CDS, on a déjà fait un choix. On a fait le choix de s’en remettre à la collectivité pour se décider sur cette question. On a déjà choisi de transférer notre responsabilité individuelle sur la société, on a déjà fait le choix de vouloir influencer plutôt l’environnement que soi même.

L’interprétation que j’ai tendance a faire de cette observation n’est pas très consensuelle. Certains la trouveront même insultante (tant mieux, si ça les fait réagir un peu). Les CDS sont là pour ordonner, organiser, et construire une société. C’est donc l’expression la plus parfaite du constructivisme politique dans tout ce qu’il a de plus méprisable. Le double sous entendu de l’expression CDS est d’ailleurs révélatrice : Tout le monde a dans l’idée qu’un CDS est une espèce d’action démocratique où chacun exprime ce qu’il veut que la société soit. Dans la réalité, un CDS est plutôt un choix imposé aux individus, par la société, à travers la loi. Quand on dit que la retraite par répartition est un choix de société, c’est faux. Quels individus ont choisi ce système en France a l’heure actuelle ? Ceux qui ont fait ce choix sont la plupart morts ou en passe de l’être. Les cotisants et même la majorité des bénéficiaires se sont contentés de subir un choix qui a été fait pour eux. Nombreux sont ceux qui ont accepté de bon cœur, encore plus nombreux sont ceux qui ont suivi le mouvement sans se poser de questions en croyant que ça avait toujours été comme ça… La société actuelle a-t-elle choisi la répartition ? On peut se le demander. Si elle en sort, ce sera un choix ou une obligation devant l’impossibilité de payer ? Quand on dit que c’est une choix de société, on prend le parti de décider que la retraite est une prérogative de l’Etat. Sinon c’est un choix personnel. Et c‘est cela que je trouve dangereux.

Quand on parle de CDS, on parle d’étatisme. Quand on dit que l’éducation est un CDS, c’est parce que l’éducation nationale est prépondérante, obligatoire et surtout obligatoirement financée par l’impôt. Quand on dit que le système de sante est un choix de société c’est surtout vrai parce que sortir de la sécurité sociale est encore illégal (ou pas d’ailleurs, on sait pas trop) et que donc tout choix personnel est effectivement impossible, à cause de la loi. Quand on dit que la durée du temps de travail est un choix de société c’est vrai également parce que la durée de travail est déterminée elle aussi par la loi et que transiger c’est se mettre en tort vis-à-vis de la loi.

J’en conclue donc que la plupart des CDS sont des escroqueries intellectuelles qui essayent de nous faire croire que l’étatisme nous laisse le choix alors qu’il limite nos choix au strict minimum : Tu es d’accord ou tu affrontes les fusils de la République qui veulent te mettre en taule. Un CDS c’est une négation des choix personnels, un CDS c’est un mensonge qui abrite le despotisme. Aussi quand on me parle de choix de société j’ai pris l’habitude d’entonner l’internationale (en chantant faux, je vous rassure…). La société est un résultat issu des interactions entre individus. Elle n’a donc ni à choisir ni à être l’objet d’un choix sauf a vouloir basculer dans le totalitarisme. En fait c’est un des signes qui ne trompe pas. Toute personne qui vous parle de CDS avec enthousiasme ou résignation est un despote dans l’âme qui pense que ces choix sont légitimes et justifiables. Ce qui est encore plus frappant, le plus effrayant, c’est a quel point cette expression est fédératrice. Quand deux débatteurs ne veulent pas franchir la limite du conflit, souvent ils désamorcent ça en disant que c’est un choix de société, sous entendu démocratique, sous entendu « peu importe la décision elle sera légitime puisque c’est celle de la société ». C’est fédérateur parce que c’est étatiste et donc très français.


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Sénat : du latin senex, vieillard

Politique — Article écrit par le 27 septembre 2011 à 11 h 37 min

Séisme politique, imprévu, première fois… le basculement du sénat à gauche fait s’exclamer tout ce que le journalisme politique compte de garde-chiourme mis en place par la nomenklatura française, ceux-là mêmes qui n’ont pas tout à fait fini leur deuil après la perte de leur candidat DSK.

Les conséquences ne seront pas celles qu’ils disent. Mais ça on a l’habitude ; pour savoir ce qu’il ne faut pas penser il suffit, depuis plusieurs décennies maintenant, d’écouter ce crétin pontifiant de Duhamel. Instantanément vous savez quelle est cette pensée molle, pré-mâché, pré-digérée, ce brouet intellectuel, ce vieux fond de soupe refroidie que servent les médias au bon peuple qu’il s’agit d’éclairer. La pensée éditorialisée.

En gros Nicolas Sarkozy se trouve dans la position d’un François Mitterrand durant ses deux septennats ou d’un de Gaulle quand Gaston Monerville cherchait à le faire enrager. Quel changement cardinal dans la politique française ! quel affaiblissement extraordinaire et inédit pour le pouvoir !

Soyons sérieux deux minutes et faisons donc ici un travail minimal de compréhension pour éviter à nos lecteurs d’écouter Duhamel ou autres nuisibles de son espèce.

La majorité a perdu un Sénat déjà rétif — il y a peu d’assemblées autant composées de vieux notables conservateurs privilégiés hostile à tout changement un peu appuyé — c’est entendu. Soulignons d’ailleurs qu’on pourrait ici, après les catholiques à babouches, parler des jeunes à déambulateurs. Ça fonctionne de la même façon : un coréen écologiste pénétré de sa propre importance au point de prendre des airs de mandarin épanoui à double menton, c’est un vieillard qui s’ignore.

Est-ce un bien ou un mal pour la majorité ? Au chapitre des désagréments il faut mettre les commentaires des commentateurs qui commentent, qui glosent, qui nous expliquent que c’était le dernier grand test, etc. Rappelons tout de même que le corps électoral des sénatoriales est un peu particulier, composé de gens qui n’ont pas de problèmes à payer leurs impôts, qui vivent généralement dans les beaux quartiers des circonscriptions dont ils forment le corps électoral, dont le pouvoir d’achat est soutenu par des indemnités d’élus, dont la suffisance sociale est généralement bien replète et qui, pour certains, ne sont électeurs que parce qu’ils ont un beau-frère conseiller général ou parce qu’ils sont permanents politiques (cas des électeurs supplémentaires non élus dans les villes de plus de 30000 habitants). Rien à voir avec une vraie élection, donc, pour ces sénatoriales qui sont le pire reste d’un autre âge et sans doute le legs le plus pourri que nous ait fait la 3e République. Et la surprise dont ils se gargarisent ? voilà des mois qu’ils nous parlaient d’un basculement probable à gauche, sinon des années à la faveur d’élections locales, et maintenant ils nous présentent cela comme une surprise. Difficile de plus nous prendre pour des coings… bref un désagrément passager et une apparence de fragilité que l’ennemi monte en épingle. Est-ce si grave ?

Au chapitre des avantages pour l’UMP maintenant ?

D’abord l’agitation du bocal. L’UMP est mal partie, si tout continue dans l’état, elle va crever. Ce n’est pas le jacobin psychorigide Guaino qui va y changer grand chose en passant à la télé. Quand on se trouve dans cette situation, toute agitation du bocal où l’on meurt lentement est bonne à prendre : au pire le bocal sera assez remué pour qu’on y surnage peut-être, au mieux le bocal tombera par terre et éclatera. Avec une majorité inchangée de sénateurs UMP, d’où serait venue l’agitation ? Peut-être aurait-il fallu la créer en dramatisant je ne sais quoi. Mais retrouver une majorité de gauche dans une assemblée croupion est alors une bénédiction : on reclive la vie politique, on la bipolarise à nouveau — en trompe l’oeil naturellement — avec beaucoup plus de facilité : il suffit d’agiter devant ces sénateurs de gauche des propositions populaires ou simplement indispensables mais dont on sait qu’elles leur sont insupportables. La crise économique, l’immigration, l’insécurité, la justice, l’Europe, l’ours des Pyrénées, l’air en bouteille ou l’eau en boite, n’importe quoi en fonction de l’actualité peut faire l’affaire. Le tout est de jouer à fond la carte d’un Sénat conservateur alors qu’y prend la majorité le vrai parti conservateur de France, cette gauche française qui ne veut rien changer et pour qui, surtout privée de DSK, le monde s’est figé dans un État-providence bien gras vivant à crédit, quelque part entre 1981 et 1985.

Le gouvernment va donc pouvoir paraître à nouveau réformateur, audacieux, allant de l’avant et à peu de frais il va pouvoir rejeter sur les sénateurs ses impuissances. Le premier acte va sans doute être la fameuse règle d’or budgétaire, que le Sénat de gauche va devoir bloquer dans les formes, donc d’une manière politiquement exploitable par l’UMP.

Certes sept mois c’est peu pour enfoncer le clou d’une gauche archaïque, impuissante, conservatrice et qui ronchonne, rotant ses déjeuners de luxe dans les ors au goût quasi-libanais du Luxembourg. Mais sept mois c’est aussi très long face à un forcené de l’activité débordante, qui plus est pas malhabile politiquement, comme l’est Nicolas Sarkozy. Sans compter que les deux candidats qu’on nous présente gagnants au PS sont un ex-gros qui fait quatrième république de notables radicaux comme une caricature de Sennep ou une sectaire excitée qui, si elle gagne, devra sa victoire aux bataillons de Sud-éducation et aux permanents syndicaux qui avaient déjà truqué son élection comme premier secrétaire… dans le genre gauche conservatrice ils sont différents mais très bien tous les deux. Deux grands bourgeois d’ailleurs.

Dans ce dispositif, une pièce serait importante pour l’UMP : conserver la présidence du Sénat à Larcher. Tout est possible au Sénat, on peut très bien imaginer une assemblée faiblement de gauche avec un président franc-mac et qui a sans doute utilisé à bon escient les fonds dont il dispose… Une assemblée où la gauche est majoritaire et où l’ordre du jour reste dicté par l’UMP à travers le gouvernement et la présidence serait idéale pour Nicolas Sarkozy, alors qu’un président de gauche au Sénat pourrait dans une certaine mesure déminer la stratégie de l’UMP. La bataille en coulisse va être rude, et les sénateurs indécis vont pouvoir faire monter les enchères pour financer des tas de trucs utiles dans leur circonscription sans recevoir le moindre argent pour leurs campagnes politiques locales, et encore moins pour s’enrichir personnellement, vous pensez bien…

Comme il n’y a pas de petits profits, cela pourrait définitivement marginaliser les zozos centristes de Borloo en les faisant passer pour ce qu’ils sont : des gauchistes tombés à droite par malentendu, des ambitieux médiatiques sans électorat réel.

Enfin il va de soi que cette stratégie où l’UMP paraîtrait plus « droitière » et politiquement active — pure apparence encore une fois — fonctionnerait bien mieux le moment venu si Marine Le Pen n’avait pas ses 500 signatures.

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Halalgate

Politique — Article écrit par le 9 septembre 2011 à 14 h 03 min

Entre la traque dans les supermarchés de mangues provenant du Golan et une vive indignation à la sortie du week-end du quinze août quant à l’insensibilité des lecteurs du figaro.fr vis-à-vis d’inondations au Pakistan dont personne n’a entendu parler cette année, nos vieux amis d’Al Kanz tente de créer un halalgate. Après avoir déniché de l’ADN de porc dans une saucisse halal, Quick et ses restaurants halal sont encore et toujours dans le collimateur du site où il convient d’être toujours plus pur que pur.

Sauf que cette fois, un député français a décidé de se rallier à leur cause du halal qui-ne-saurait-être-halal-sans-barbus.

Daniel Goldberg a quarante-six ans et se trouve être député socialiste en Seine-Saint-Denis. Circonscription d’Aubervilliers-La Courneuve-Le Bourget) pour être plus précis. Son slogan, visible sur son blog, est celui-ci, On a tous en nous quelque chose de Seine-Saint-Denis ! On notera également que Daniel Goldberg a été militant puis un des responsables de SOS-Racisme. Je ne dis pas un des responsables devant l’histoire hein. Je ne parle que d’une responsabilité quelconque dans l’organigramme de la célèbre association.

Ne lui faisons pas porter un poids trop lourd pour ses épaules.

Dans la première partie d’une lettre disponible sur Al-Kanz et dont on ne trouve étrangement pas mention dans son blog, sans nul doute un malheureux oubli, le député socialiste louvoie entre gages à donner aux musulmans plus purs que purs et laïcité. Ah. C’est terrible d’être député socialiste en Seine-Saint-Denis. Sans doute qu’une formation d’équilibriste aurait complété efficacement celle à SOS-Racisme.

On retiendra après cet étonnant numéro -digne de figurer dans une émission de Patrick Sébastien- les deux propositions concrètes qu’il fait.

Création d’un étiquetage complémentaire normalisé indiquant par un système de code simple et compréhensible pour le consommateur si l’animal est ou non étourdi avant abattage, le degré de mécanisation de l’abattage et éventuellement un nombre limité d’autres points que la discussion pourrait identifier comme important (statut salarié ou non du contrôleur, origine de la carte de sacrificateur parmi les trois mosquées habilitées, pratique de l’électronarcose…).

Mise en place d’un site Internet unique et public géré, par exemple par le CFCM ou un organisme ad hoc, servant de registre obligatoire des organismes de certification incluant une description précise de leur mode d’activité, le nombre de contrôleurs, les abattoirs contrôlés et les quantités de facto «labellisés» ainsi que la date des derniers contrôles subis par un organisme extérieur.

Traduisons.

Il faut des barbus contrôleurs. Parce que les barbus contrôleurs sont plus dignes de confiance que ces impies de non-musulmans qui dirigent des industries agro-alimentaires et à qui des mosquées accordent bêtement leur confiance.

Ces traîtres.

Certes, le caractère halal de la viande est le résultat d’une opération magique, mais il faut que ces barbus contrôlent que cette magie se déroule dans les règles du Grand Livre de la Magie Islamique, sinon… Sinon on ne sait pas trop quoi d’ailleurs.

Finalement, le bon musulman, dans un pays saturé d’ADN de porc et dont il a adopté les moeurs consuméristes, ressemble à l’image qu’on peut se faire du chrétien virant protestant lors de la réforme. La parole de la mosquée ne suffit pas, j’irais à la source elle-même d’autant que désormais je sais lire. Les autorités religieuses musulmanes s’engraissent et sont corrompues. Etc.

Toujours ces fichues centaines d’années de retard.

Pas facile à rattraper 610 ans de retard.

Quoique, ils commencent déjà de petites Saint-Barthélémy à l’envers quand certains musulmans plus purs que purs attrapent des musulmans traîtres qui, par exemple, en plein ramadan, bouffent un panini alors que le soleil n’est même pas couché. Et, bientôt, si les propositions de notre ami député étaient adoptées, le type qui achèterait son halal avec les mauvais pictogrammes pourrait connaitre des problèmes. Mais ce ne sera pas forcément le cas. Car rares seront les industriels à prendre le risque de ne pas avoir les pictogrammes les plus fondamentalistes. Et plus rares seront les consommateurs qui oseront prendre du halal avec les mauvais pictogrammes au risque de passer pour un mauvais musulman alors même qu’il achète déjà halal.

Tout cela pour le plus grand profit des barbus.

Ainsi, appliquer un tel étiquetage revenant bel et bien à prendre parti de manière pratique sur ce que doit être un process correctement halal et quoiqu’en dise notre ami député.

Maintenant je comprends aisément que des gens comme ceux tenant Al Kanz soient sur ce créneau, mais un député français n’a-t-il pas mieux à faire sans pour autant perdre le vote musulman ? Hmmm ?

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La fin du monde ? Pour demain après-midi 15H30 – volet biologique

Politique — Article écrit par le 5 septembre 2011 à 11 h 46 min

Fin d’été 2004, la France est en état de choc, un chiot atteint par la rage importé illégalement du Maroc est détecté sur le territoire national. La machinerie étatique et médiatique se met en branle, on imagine déjà le pire, des dizaines de chiens, ainsi que des enfants, des adultes mordus ou ayant été en contact avec l’animal, sont suspectés d’être contaminés. L’épidémie est presque hors de contrôle, si rien n’est fait une hécatombe endeuillera la France, les autorités sont inquiètent et se mobilisent. L’image du chien écumant de bave, les crocs sortis, déambulant dans les rues à la recherche d’un délicieux bambin à mordre se propagent. Les annonces alarmantes se multiplient, la presse en fait ses gros titres, la télé y consacre des émissions, le plus souvent en empruntant un ton d’épouvante. Un climat de peur se met en place, de cette peur qui pousse à tous les excès, la psychose est en marche, les solutions radicales sont à portée de main.

Le 4 septembre ministère de l’Agriculture prend des mesures de lutte contre la rage, les départements de la Dordogne, de la Gironde et du Lot-et-Garonne, où se trouverait le chiot sont en état de siège. Le massacre des chiens plus ou moins errants est avalisé, sous prétexte qu’ils pourraient avoir la rage (notez l’emploi du conditionnel), les chasseurs ont interdiction de sortir leurs bêtes. « Des patrouilles municipales équipées de lassos, de fusils hypodermiques et de voitures dotées de cages font la chasse aux animaux errants. Tout propriétaire de chien doit présenter un carnet de vaccination en règle. « On ne laisse qu’une seule chance. S’il se retrouve à nouveau en infraction, l’animal est conduit à la SPA et euthanasié au bout de huit jours », précise Pascal Landes, responsable de la police municipale de Périgueux. Un fichier centralise l’identité de toutes les personnes contrôlées. »* L’élimination de tous les chiens non-vaccinés, pour préserver la population est même envisagée dans la presse par quelques politiciens. Les numéros d’urgence mis en place par les préfectures sont rapidement débordés. Dans ces zones un couvre-feu canin est appliqué, sous l’office des forces de l’ordre massivement mobilisées. « A Léognan, ville de 8 000 habitants, le maire trouve raisonnable de demander à ses services techniques de nettoyer les abords du lac Bleu. Avec ordre de ramasser tous les objets ayant pu être mordus par le chien : balles, bouteilles en plastique, jouets… L’accès au lac par mesure de précaution est interdit. »

Une brèche infinitésimale dans le principe de précaution donne lieu à une déploiement de force ahurissant, à une froide réplique où les sentiments n’ont pas leur place. On se souvient de cette vielle dame prenant le maquis pour sauver son chien, et de sa famille morte d’inquiétude. Un cas parmi d’autre. Il faut dire que la perspective d’imaginer le cerveau de son compagnon à quatre pattes réduit en bouillie, n’est pas de nature à susciter l’apaisement. Ce procédé un rien barbare étant le seul moyen de détecter la maladie avant l’apparition des symptômes. Et tout cela pour un chien enragé… Sans doute que nos ancêtres, confrontés régulièrement à cette maladie, auraient ri devant l’agitation provoqué par si peu de chose. Mais nous qui possédons le vaccin, qui sommes éduqués, qui avons la science à nos côtés, sommes effrayés par la simple évocation d’une maladie presque disparue de nos contrées, qui réveille dans l’inconscient collectif une inquiétude qui nous est devenue difficilement gérable. Même si beaucoup ont pensés que les choses allaient un peu loin, l’inquiétude n’en n’était pas moins réelle, ce qui démontre si cela est encore nécessaire le pouvoir de la suggestion. Les esprits étaient globalement rassurés par le fait que le pouvoir politique prenne les choses en mains. Il en faisait peut-être un peu trop, mais au moins la population se sentait en sécurité. C’est la même logique qui est à l’œuvre, quand des gens se disent rassurés d’être filmés et fouillés à tous les coins de rue.

Cela démontre à l’envie, que la moindre attaque terroriste de nature biologique sur le pays, même si le nombre de victimes se comptent sur les doigts d’une main, aurait des conséquences ravageuses sur le moral de la population. Il ne faudrait pas grand chose pour mettre un pays développé à genoux, la peur suffit. Cela ouvre de grandes possibilités à des terroristes disposant de très peu de moyens. Les conséquences économiques et morales sur nos populations, de l’introduction de quelques animaux enragés en Europe, dépasseraient de beaucoup le coût modique de l’opération.

L’affaire en elle-même prendra fin dans un silence presque assourdissant, en définitif après plusieurs mois de rechercher le chiot est retrouvé, aucune contamination n’est à déplorer. Fin de l’histoire. De tout façon elle est déjà oubliée. Vous croyez qu’elle aura servi de leçon ? Que nenni, le SRAS, puis la grippe aviaire permettront des remakes avec un scénario légèrement retravaillé et un plus gros budget.


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Evergétisme et Humanité

Politique — Article écrit par le 15 août 2011 à 20 h 16 min

Si la conquête martienne est réellement importante, si elle est comme certains le prétendent porteuse de sens pour l’Humanité, qui aurait-il de plus naturel qu’elle soit l’œuvre collective de toute l’Humanité ? Il est vrai qu’au cours de l’histoire les communautés humaines n’ont cessés de s’affronter, de chercher à se détruire, à dominer leurs rivales ; l’Humanité fut sans cesse soumise à un état de compétition meurtrier. Ne serait-il pas tant de passer à l’étape de la coopération pacifique ? Ne pourrait-on pas imaginer pour une œuvre aussi symbolique, qui porte en elle les espérances de tous les hommes, qui transcende tous les clivages qu’ils soient politiques, ethniques, nationaux, culturels, religieux, une union de tous les hommes, main dans la main ?

Effectivement on pourrait facilement imaginer une vaste coopération internationale, une grande union de tous les pays du monde œuvrant vers le même objectif. L’Humanité au grand complet concentrant ses savoirs, ses compétences diverses, sa volonté, son énergie, mais aussi son argent dans un but commun, et non plus dans dans quelques égoïsmes narcissiques. Évidemment dans le cadre d’une telle union, tout à chacun contribuerait à son échelle, selon ses propres moyens, mais tout le monde apporterait sa pierre à l’édifice. On ne peut négliger une telle charge symbolique, pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité un objectif pourrait fédérer tous les hommes, canaliser les énergies vers un but véritablement positif qui permettrait d’exorciser les tensions internes.

J’aimerai dire que c’est un beau rêve, mais malheureusement non. Ce genre de foutaises ne peuvent que germer dans l’esprit d’hommes malades, qui cultivent avec acharnement l’auto dénigrement, qu’ils ont troqués à toute forme de fierté. Des hommes qui ont fait un dogme de tout ce qui dégage l’idée de « multi »-tude : multipolaire, multiculturel, multiprise, etc…, qui leur permet de se fondre dans un brouet leur rappelant le moins possible ce qu’ils sont.

Interrogeons-nous sur ce qui motive les hommes à entreprendre de si grandes aventures, à dépenser tant en ressources humaines et financières, à tendre leur volonté et leur énergie. Non, ce n’est pas simplement par soucis de faire avancer la recherche scientifique et l’étendue de nos connaissances sur l’univers, pas plus que l’idée de faire progresser gracieusement l’espèce humaine.

Rappelons-nous du jour où l’Homme (où plus précisément l’homo americanus) a marché sur la lune, il n’a pas déployé le drapeau onusien, celui de la communauté internationale, mais la bannière étoilée. Les américains n’ont pourtant pas négligés dans le même temps de revendiquer cette victoire comme étant celle de l’Humanité, on se souvient de ce mot resté à la postérité : « Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’Humanité » qui avait été minutieusement composé à l’avance. Le message dégagé se veut une exaltation de l’Amérique et de sa réussite, qu’elle porte à travers elle pour toute l’Humanité ; vanité suprême.

D’ailleurs si nous examinons la période où la conquête spatiale a accompli ses plus grandes avancées, c’est-à-dire entre 1957 et la mise sur orbite de Spounik et le début des années 1970, avec l’année 1969 qui marque la conquête de l’astre lunaire, et l’apothéose de cette aventure spatiale, on ne peut en conclure qu’une chose, la rivalité est plus facteur de progrès techniques, et de développement de nos capacités qu’une entente qui se veut cordiale. Le moins que l’on puisse dire c’est que ces années d’intenses progrès furent loin d’être pacifiques, elles furent au contraire le point culminant de la guerre froide. La conquête spatiale devint le symbole de la lutte entre l’Union soviétique et les Etats-Unis, chacun voulant démontrer par ce moyen de prestige la supériorité de son modèle sur son rival. Ce qui donna lieu à un déploiement de force disproportionné, dont l’enjeu était plus que jamais terrestre et politique. Ce qui dans un contexte apaisé n’aurait jamais pu avoir lieu. Cette période d’émulation pris fin, par l’éclatante victoire américaine, l’Union soviétique échouant dans ses tentatives d’envoyer des sondes robotisées sur la lune. L’envoi d’hommes sur la lune se trouvant hors de sa portée, elle se rabattit sur le programme MIR, et les américains sur le projet de navette spatiale. Plus aucune avancée significatif n’eut lieu dans le domaine de l’exploration spatiale humaine, les budgets étant décidément trop démesurés au vu de la réalité des nouveaux enjeux furent revus drastiquement à la baisse.

Ce fut le même esprit qui domina au Moyen-Age lors de la construction des cathédrales, en même temps qu’on affirmait sa foi, on faisait démonstration de l’opulence et de l’importance de sa ville qui envoyait par ce biais un message à ses rivales. Ce climat était propice à une véritable compétition, où l’exploit technique était recherché, ce qui permit de s’affranchir dans un élan de prospérité retrouvée des règles architecturales alors de mises, et de développer de nouvelles techniques pour donner la plus grande élévation possible à ces édifices, qui devaient absolument surclasser les précédents. Les cathédrales étaient à la fois sujet d’admiration, de prestige, de gloire et symbole de puissance pour ses constructeurs. On parle aussi dans le même registre d’esprit de clocher.

Ce qui fait le sens d’un engagement ce n’est pas seulement la réussite d’un projet qui se veut important, c’est aussi et surtout la victoire que cette réussite procure. Une victoire de l’Humanité est trop abstraite, elle n’a pas de visage, elle est impersonnelle. Personne ne se reconnait, c’est-à-dire s’identifie avec l’Organisation des Nations Unies. Pour qu’une victoire suscite l’intérêt, pour qu’elle soulève l’enthousiasme elle doit s’exercer contre quelque chose et surtout contre quelqu’un, ce doit être une affirmation de puissance. Il n’y a réellement rien d’exaltant à ce que plus de 200 pays, ensemble, permettent à l’Homme d’aller sur Mars. En réalité en raison des limitations techniques, seuls quelques hommes, sans doute de la nationalité des plus gros contributeurs, pourraient faire ce voyage, mais ce serait une bien piètre consolation. Imaginer le contraire, c’est comme imaginer un jeu où quelque soit les performances et les mérites des candidats, à la fin tout le monde serait désigné vainqueur, cela revient à dire qu’il n’y a ni vaincus ni vainqueurs, donc aucun intérêt ; la beauté du jeu ne pouvant pas combler le déficit d’enjeu. Une victoire n’est bonne que quand elle permet au vainqueur de démontrer sa supériorité sur ses adversaires.

Prenons un exemple, celui d’un alpiniste, il grimpe parce qu’il aime ce sport, la montagne, le sentiment de liberté ainsi que le danger omniprésent, l’ivresse des cimes, mais il grimpe aussi pour le sentiment de puissance que lui procure le fait de vaincre la montagne, de surmonter les difficultés tendues sur son chemin. Et plus ces difficultés seront nombreuses, plus l’exploit sera difficile à accomplir, meilleure sera la victoire. La victoire s’exerce bien entendu sur les éléments, ainsi que sur soi même pour avoir le sentiment de se surpasser, mais pas seulement, elle se fait aussi, et peut-être surtout sur les autres, sur les absents, sur tous ces hommes qui n’ont pas pu, qui ne peuvent pas, et qui ne pourront pas reproduire cette action. Personne ne se félicitera d’avoir gravit une colline que tout à chacun gravit régulièrement, il n’y a là aucun exploit, la victoire prend toute sa dimension dans la rareté, sinon dans l’unicité, dans la démonstration de ses performances qui se doivent d’être inatteignables. De même qu’aujourd’hui l’ascension du Mont-Blanc ou de l’Everest a perdu de son aura, du fait de la massification des alpinistes qui l’accomplissent.

Vient alors la notion d’évergétisme. Et plus particulièrement son rapport avec la conquête martienne.

L’évergétisme était une pratique qui avait cours dans l’Antiquité, à l’époque hellénistique et romaine. A une époque où l’imposition telle qu’on la connait aujourd’hui n’existait pas, les revenus de la Cité n’étaient pas issus des contributions obligatoires qu’on aurait fait peser sur les citoyens la composant, ce qui aurait été perçu comme la pire marque de despotisme, mais de l’exploitation des terres, des mines… que possédait la cité en son nom propre, et qu’elle mettait en valeur comme un agent économique, comme un individu qui doit lui même subvenir à ses besoins. D’autres revenus étaient apportés par les tribus des cités soumises qui devaient payer le prix de leur sujétion d’où l’intérêt d’une politique expansionniste, les citoyens qui enfreignaient la loi pouvaient être soumis à des amendes, ces sources de revenus étant complétées par la procédure de la leitourgia, où les citoyens fortunés supportaient les dépenses publiques sur leurs cassettes personnelles à tour de rôle. Exceptionnellement, par exemple en cas de guerre des impôts pouvaient être votés annuellement, ceux-ci étant toujours temporaires.
Vous aurez compris que dans ces sociétés ce sont les riches qui exercent le pouvoir, ceux qui ont les moyens d’user de financement privé au profit de la communauté. Une forte pression sociale s’exerçait donc sur ces riches, largement acceptée par eux-mêmes, afin qu’ils fassent bénéficier le corps social tout entier de leur fortune. La hiérarchie sociale, la richesse, et le pouvoir des notables n’étaient pas contestés, étant entendu que ces derniers devaient faire preuve de générosité et faire participer la cité et/ou leurs partisans à leur fortune. Les évergésies étaient des dons que ces notables faisaient à la communauté (spectacles, banquets, distributions, construction d’édifices publics…), soit librement hors de toutes contraintes, pour se mettre en valeur, soit offertes à l’occasion de leur élection à un honneur public, c’est-à-dire à une magistrature qui était des charges politiques qui donnaient accès au gouvernement de la cité, dans ce cadre l’évergétisme était légalement et moralement obligatoire. Mais les notables pour montrer leur magnificence dépassaient fréquemment le montant des sommes fixées.

Pour la conquête martienne, c’est le même principe qui domine. Personne n’aime payer ses impôts, on a d’ailleurs fortement tendance à frauder si cela est possible pour payer moins qu’on devrait, car l’impôt consiste à prendre autoritairement de l’argent à des individus, à le placer anonymement dans une ou plusieurs grandes caisses, dont l’attribution budgétaire dépendra des dirigeants politiques qui ont la charge du budget de l’Etat. Personne ne peut décider à quoi serviront exactement ses contributions obligatoires, on peut tout au plus espérer un peu naïvement que cet argent servira à construire des routes, des écoles, des hôpitaux, enfin des choses utiles.

Dans l’évergétisme rien de tel, c’est une action volontaire, le don émane de la volonté du notable qui peut ainsi affirmer son statut social. L’obligation n’est que formelle dans une certaine partie, le notable souhaitant avoir accès aux magistratures municipales doit montrer sa générosité, faire la démonstration de son « désintéressement », utiliser sa fortune dans l’intérêt général de la communauté. Entre ces notables se met en place une véritable compétition, poussant chacun à faire étalage de sa richesse, à dépenser plus que ces rivaux, pour acquérir plus de respectabilité, agrandir la masse de leurs partisans, citoyens qui continuent d’élire les magistrats sous un suffrage censitaire. Pour le notable plus que le rôle politique de ses évergésies, celles-ci lui permettaient de marquer l’urbanisme de sa cité, d’inscrire son nom dans le patrimoine architecturale qu’il laisse à la postérité, d’honorer sa famille et ses illustres ancêtres. Contrairement à l’impôt où les fonds sont administrés par autrui sans qu’on est aucun contrôle sur eux, là c’est lui qui décide de leur application, il peut ainsi agir à sa guise et offrir ce qu’il souhaite à la cité, même si sa contribution de prestige ne répond pas nécessairement aux besoins les plus urgents, au contraire il privilégie la magnificence. Dans un tel contexte les sacrifices consentis paraissent bien moindres, surtout que d’eux dépendent sa carrière politique. C’est pourquoi ces villes de l’antiquité se couvrent de temples, de portiques, de basiliques, de cirques, d’amphithéâtres, de stades, de bibliothèques, de colonnes, de statues et d’ex-voto…

Ce qu’il faut bien voir c’est qu’un voyage habité jusqu’à Mars demande la mise en œuvre de moyens humains et financiers assez colossaux, un engagement politique long et durable. Ce qui signifie des sacrifices budgétaires, des privations, parce que les fonds investis dans un tel programme ne le seront pas ailleurs, tout cela pèse sur la communauté. Pour qu’elle accepte une participation aussi lourde, il faut que quelque part sous une forme ou une autre elle trouve une contrepartie qui justifie les privations qu’elle endure.

Une communauté ne peut que rechigner à l’idée de faire des efforts importants dont les gains qu’ils soient financiers, politiques et dans le cas qui nous occupe moraux ne lui reviendraient pas directement, mais se perdraient dans les dédales de la redistribution de parcelles de gloire. On ressent une fierté à être le peuple (et le seul) qui a envoyé un homme sur la lune, la gloire de la communauté rejaillit sur chacun de ses membres, parce que ces membres se reconnaissent dans la communauté dans laquelle ils vivent. Un tel projet qui exalte la grandeur nationale en même temps qu’il flatte leur égo, ne peut que les enthousiasmer en même temps qu’on s’identifie à lui, de la même façon qu’une grande victoire sportive déclenche l’allégresse. Il ne faut pas négliger les gratifications morales dans l’attachement que l’on a pour son pays ou sa nation, qui devient alors un prolongement de soi même. On se souvient par exemple de Neil Amstrong paradant en cortège que les rues de New-York à bord d’une décapotable sous la liesse populaire après la réussite de la mission Apollo. Quand on est seulement un contributeur parmi tant d’autres nations à avoir participé anonymement à l’accomplissement d’une œuvre dans un cadre flou, on ne ressent pas ce niveau d’implication, et on tente de s’extraire de ses obligations, ou on s’en acquitte en trainant les pieds.

De la même façon que ces notables de l’antiquité, une population en vie est prête à s’investir dans une grande œuvre qui symbolise sa réussite, et qui constitue une affirmation de sa puissance, et pour cela elle n’hésitera pas à déployer de vastes ressources. Être les seuls à effleurer le rêve de toute l’Humanité est un excellent moyen de se mettre en valeur. Par contre comme ces riches Français qui préfèrent s’expatrier vers des cieux à la fiscalité plus clémente, lorsque les prélèvements de richesse ne rejaillissent pas sur ses propriétaires, lorsque que cet argent est noyé dans la masse anonyme, et qu’on ne tire aucun honneur et peu d’avantage de sa contribution, on a tendance à rejeter un fardeau pesant qu’on juge inutile, ou tout simplement à ne pas l’accepter. La conquête spatiale comme bien des entreprises humaines ne peut que être l’œuvre d’une partie de cette humanité, qui implicitement exercera sa domination symbolique sur l’autre partie ; ce qui ne manquera pas de créer de nouvelles tensions et de nouveaux affrontements. Voilà pourquoi un tel projet de conquête spatiale liant l’ensemble de l’humanité n’est pas concevable, il manquera toujours une extériorité humaine, un autrui sur qui exercer sa victoire pour qu’elle en vaille la peine.


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Mon épicier explique la démographie

Politique — Article écrit par le 28 juillet 2011 à 19 h 27 min

Récemment en abordant le sujet sensible pour ne pas dire tabou de la démographie, de l’immigration, et des changements de population que cela induit avec un collègue, on en est venu à parler de son épicier maghrébin. Homme besogneux, ne craignant pas au contraire de beaucoup de ses contemporains de travailler durement, celui-ci ouvrant son épicerie tous les jours de la semaine de 7h00 à 22h00 sans interruption, ne fermant que rarement son magasin même en période de fête. Il est toujours agréable et souriant. Pour résumer il est bon commerçant. Il est marié, on peut sans doute dire de lui qu’il est bon père de famille. Il a toujours veillé à l’éducation de ses quatre enfants, dont trois ont faits des études supérieures, pour lui le travail et la réussite sociale sont des valeurs importantes, et il a donc pris soin à ce que ses enfants ne manquent de rien pour mettre toutes les chances de leur côté.

Il paye ses impôts. Enfin comme beaucoup de français il fraude un peu. Mais cela ne fait pas de lui un homme malhonnête, il considère simplement que le fruit de son travail doit lui revenir, et que les impôts sont trop élevés. On aurait mauvais jeu de lui en vouloir de penser ainsi.

Il est musulman, il a une foi sincère. Cela ne fait pas lui un extrémiste, un de ces dangereux islamistes prônant un régime islamique. Non, mais il est homme à être touché par les choses de la religion, et il aime à se voir comme un bon croyant ; il aimerait d’ailleurs aller plus souvent à la mosquée, mais ses longues heures de travail l’en empêchent. Il se sent aussi peiner qu’aujourd’hui on associe l’islam au terrorisme, lui comme la majorité des maghrébins ou français d’origine maghrébine ne demande qu’à vivre en paix, sans être pris à parti pour ses croyances religieuses. Il a de même été contrarié par le caractère oppressif de l’interdiction du voile dans les établissements scolaires, et ressent cela comme une atteinte à l’islam et plus largement contre sa liberté religieuse. Ce qu’on doit bien reconnaître.

Il aime à s’informer de l’actualité du monde arabe, à être à l’écoute des débats qui l’agite, et à profiter d’un point de vue non occidental, d’une analyse de l’information passablement différente des chaînes françaises ; les chaînes satellitaires lui rendent ce service. Il se sent naturellement proche, en quelque sorte solidaire, de ce monde arabe de par sa culture et sa religion, la guerre en Irak lui a par exemple semblé une agression inadmissible contre un pays arabe et musulman qui ne menaçait aucunement la paix. Et il ne croit globalement pas aux bonnes intentions des américains. Il s’identifie de même facilement aux Palestiniens et à leurs revendications dans le conflit proche-oriental. Il aimerait que les palestiniens puissent aussi avoir leur Etat, avec des frontières sûres, qu’il soient libres et indépendants. Il juge souvent sévèrement les politiques israéliennes et les Israéliens eux mêmes.

Il aime aussi à ne pas se couper de ses racines, de son Algérie natale qu’il a quitté il y a plus de 30 ans avec une pointe d’amertume pour venir en France. Non pas avec de mauvaises intentions, mais pour pouvoir mener une vie meilleure pour lui et sa famille, espérant en immigrant et en travaillant dur pouvoir se mettre à l’abri du besoin ; les opportunités se faisant rares en Algérie. C’est pourquoi tous les ans, il passait un mois en Algérie avec ses enfants quand ceux-ci étaient plus jeunes, pour garder un lien avec la famille, mais aussi avec le pays, avec qui il entretient une certaine nostalgie. Il pense que c’est une bonne chose que ses enfants sachent d’où ils viennent, qu’elle est leur histoire, qu’elles sont leurs traditions, ce qui fait d’eux ce qu’ils sont. Qu’ils n’aient pas honte d’où ils viennent, il pense même qu’ils peuvent en être fiers.

Notre épicier est donc quelqu’un de tout à fait respectable, en tout cas pour ma part je ne vois rien de significatif à lui reprocher, même si je ne partage pas ses vues politiques. Alors d’où vient le problème ?

Le problème ne vient pas de notre épicier, du fait qu’on l’apprécie ou pas, ou qu’il soit charmant ou pas. Le problème provient de la multitude, des millions d’individus qui tout comme lui partagent un héritage culturel qui n’est ni français ni européen, et qu’ils comptent bien préserver, conserver. Après tout c’est leur droit le plus strict, tout à chacun a le droit d’être ce qu’il a envie d’être, mais cela crée une situation ou deux cultures majeures cohabitent tant bien que mal sur un même territoire. Elie Barnavi (entre autre ancien ambassadeur d’Israël en France) en parlant du conflit israélo-palestien aime rappeler que ce sont deux droits qui s’opposent, c’est à dire le droit des Palestiniens et le droits des Israéliens à habiter sur la même terre. A terme nous pourrions nous retrouver dans une telle situation. Il n’est d’ailleurs pas ici question de juger de ces cultures, mais simplement de faire remarquer qu’on assiste à un changement de population, ce qui implique que les références culturelles changent. D’une société judéo-chrétienne d’héritage gréco-romain, nous sommes passés à une société double à laquelle s’ajoute la culture islamique. Si cela se poursuit les transformations n’en deviendront que plus visibles.

Il faut bien admettre que c’est un sujet particulièrement difficile à discuter, les accusations les plus répugnantes ne sont jamais loin, les garants du politiquement correct veillent à tous les étages. On ne saurait selon eux parler d’immigration, de démographie sans voir les Maghrébins ou les Français d’origine maghrébine comme des voleurs, des délinquants, des terroristes, des djihadistes en puissance. En vérité des gens foncièrement malhonnêtes qui mèneraient consciemment une conquête. Cela est évidemment comme je l’ai précédemment expliqué totalement faux. L’erreur c’est de raisonner en terme de « bien » ou de « mal », de « gentils » ou de « méchants », alors que la démographie n’est pas affaire de jugement de valeur. La démographie a la froideur des chiffres. Les seuls critères pertinents sont les taux de fécondité, les tendances, les flux de populations. Ce n’est pas un problème de moralité individuelle ou collective de telle population donnée. C’est un problème de physique ; des forces sont à l’œuvre, on peut en mesurer les puissances et les conséquences qu’elles occasionnent.

Cette vision des choses heurte sans aucun doute nos propres valeurs, on aime à penser que les gens ne sont pas définis selon une appartenance ethnique mais selon leur mode de pensée. Pour ma part j’y souscris aussi, je considère qu’il existe certes un déterminisme qui nous pousse à reproduire les modes de vie de nos parents, amis, et plus largement ceux admis comme « normaux » au sein de nos sociétés, mais aussi que chacun peut se construire, et adopter les idées et l’identité qu’il souhaite si on le lui permet, s’il en a la volonté.
Dans les faits c’est possible. Les immigrés connaissent une multitude de situations différentes, allant de la totale assimilation au rejet le plus strict de toute influence occidentale. Mais dans cet écheveau de situations on peut tout de même discerner des tendances.

Globalement les immigrés de ces dernières décennies adoptent que plus ou moins superficiellement notre mode de vie avec tout ce que cela implique. Ce phénomène qui tranche avec les immigrations passées des Polonais ou des Italiens peut s’expliquer par le fait que la France et plus largement l’Europe a renoncé à sa politique d’assimilation, qui consistait à fondre dans le moule les immigrés étrangers, pour qu’ils deviennent des français comme les autres, bâtit sur le même modèle. Il faut préciser que ces flux migratoires sans précédents par leur importance ont empêché cette assimilation. Ainsi que l’origine des immigrés en question qui l’a rendu plus difficile. Car il est toujours plus aisé d’assimiler dans une société occidentale des Occidentaux, que des individus issus d’une civilisation qui diffère par les mentalités collectives, la religion, l’histoire… La technologie, les nouveaux moyens de communication (téléphone, mail, Skype, Google+, Facebook, presse en ligne, etc…), sont un autre obstacle à ce dessein. Il est beaucoup plus simple aujourd’hui de garder le contact avec sa famille, ses amis, son pays, et de leur rendre visite, ce qui complique l’immersion dans la société d’accueil.
Un autre élément a joué un rôle en défaveur de l’assimilation, ces immigrés Algériens – pour prendre cet exemple en particulier – étaient issus d’un Etat né de la lutte anti-française. D’où un double sentiment plus ou moins conscient, qui est à la fois le mépris pour les vaincus, et la rancœur due à l’échec de l’indépendance que leur immigration révèle, ce qui débouche, dans les deux cas, sur une certaine haine de la France qui n’a fait que s’accroître avec les générations suivantes ne trouvant pas leur place dans cette société.

Les immigrés ne sont pas des pages blanches sur lesquelles on peut impunément écrire, ils portent une culture, une identité, dont on tient d’autant plus qu’on vit à l’étranger. On se sent plus Français à Pékin qu’à Paris. Les Français sont aussi sensibles aux apports étrangers, soit par la séduction qu’ils exercent, soit parce qu’en démocratie on ne peut ignorer la culture d’électeurs nombreux. Aujourd’hui il ne faut pas voir l’intégration comme un phénomène univoque, elle a lieu dans les deux sens, les français de « souche » sont presque autant influencés culturellement par ces immigrés, que ces immigrés ne s’occidentalisent.

Ce renoncement à l’assimilation signifie implicitement que maintenant plusieurs populations de cultures différentes vivent dans le pays, c’est ce qu’on nomme avec emphase le multiculturalisme. C’est à dire ce que l’on appelle « intégration » à la française, dont il est vrai qu’on ne sait pas exactement ce que recouvre ce terme. Une sorte de mélange inconsistant entre le communautarisme à l’anglo-saxonne et les anciens objectifs d’assimilation, qui s’est à vrai dire globalement révélée un échec. Un déchirement entre deux tendances : syncrétisme et apartheid volontaire.
Avec le temps si ces tendances se poursuivent, avec des taux de natalité des nouveaux arrivants bien supérieurs à ceux qui sont traditionnellement les habitants de ce continent qui n’atteignent pas le taux de renouvellement, et surtout si la pression démographique se poursuit, si l’Afrique continue de se déverser sur l’Europe, il se pourrait bien que l’Europe devienne une extension de ce continent, inclut dans une nouvelle aire civilisationnelle. Actuellement un changement massif de population se produit dans le silence général, presque personne ne voulant prendre conscience des transformations profondes en cours et à venir, le politiquement correct poussant les autres à tenir leur langue. Le jour où la réalité se révélera au grand jour, où l’on ne pourra plus nier ce qui se passe, il se pourrait bien que cela aboutisse à une situation nous rappelant de tristes événements se passant dans les Balkans ou dans quelques lointains pays africains. Plus les les événements tarderont plus il se pourrait qu’ils soient terribles. A moins que la tendance actuelle se poursuivant, cet apport étranger globalement accepté sans heurts par les autochtones, continue d’infuser comme nous infusons en son sein.

Pour l’heure, c’est la première fois dans l’histoire que des peuples acceptent volontairement, et par idéologie, que d’autres peuples s’installent dans leurs Etats et les remplacent. C’est la pulsion de mort d’une société qui a mal vieilli et qui a force de se haïr finit par s’autodétruire.


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De l’exploitation des crises humanitaires et du dilemme des gouvernants

Politique — Article écrit par le 20 juillet 2011 à 19 h 13 min

Il est toujours difficile pour un pays touché par une crise réelle ou supposée telle, comme une famine, des troubles intérieurs, des catastrophes naturelles : raz de marée, tremblement de terre, ouragan, incendie de forêt… de réagir face à l’extérieur de manière appropriée. Il s’offre à ce pays deux opportunités, ce qui ressemble à un véritable dilemme, soit accepter l’aide internationale que la communauté éponyme ne manquera généralement pas de proposer, soit en connaissance de cause refuser cette aide. De toute façon quelque soit l’alternative choisie, dans les deux cas c’est jouer perdant – perdant. En cas d’acceptation de cette aide internationale, le pays touché fera démonstration de sa faiblesse, qu’il est incapable de répondre par lui même aux besoins de sa population, qu’il est débordé, et qu’une aide extérieure d’urgence s’impose pour lui venir en aide ; interprétation qui peut être légèrement problématique quand on est par exemple la première puissance mondiale, et qu’on tente de maintenir son leadership et son prestige. Il reste toujours la possibilité à ce pays, de refuser cette aide internationale, peut-être même souvent n’en a-t-il pas réellement besoin, celle-ci se révélant peu appropriée et superflue. Oui c’est une possibilité, mais dans ce cas il s’expose à subir les reproches voire plus de la communauté internationale dans son ensemble, et des pays qui lui sont déjà hostiles en particulier qui profiteront de l’occasion. On ne manquera pas de mettre en parallèle les souffrances des victimes, des populations démunies, la désorganisation des secours qui est inhérente aux catastrophes imprévues de plus ou moins grande ampleur, et le refus de l’aide internationale, comme si celle-ci la plupart du temps aurait changer quelque chose. Mais la question n’est pas là, nous sommes déjà dans la récupération politique mêlée à une atmosphère d’humanisme huileux, avec comme motifs d’indignation le désespoir de ces gens qui seraient abandonnés à eux-mêmes, le gouvernement du pays unanimement vilipendé se retrouve taxés de tous les maux ; par égoïsme, peur de perdre la face en avouant son incompétence, par nationalisme mal placé, celui-ci préfèrerait laisser souffrir sa population. Pour éviter ce type d’attaques il est généralement plus prudent de mettre son amour propre de côté, et d’accepter les tentes, les couvertures, les vivres, les sacs de riz, et les humanitaires encombrants, quelque soit l’usage qu’on compte en faire et l’utilité de tout ce bric-à-vrac.

Citons quelques exemples qui ont ces dernières années marqués l’actualité mondiale :

En 2002 une famine était censée menacer la Zambie, les agences de l’ONU prévoyaient déjà des millions de morts, en réalité cette famine effroyable n’était rien de plus qu’une disette localisée, que les autorités nationales étaient tout à fait capable de résorber, ce qu’elles firent d’ailleurs par la suite avec succès. Mais le mal était fait, l’aide internationale était en branle, les journalistes en mal d’enfants squelettiques arpentaient déjà le pays, les humanitaires débordant de solidarité pan-africaine ne demandaient qu’à suivre. Le gouvernement zambien pour ne pas déséquilibrer ses marchés agricoles par l’arrivée massive d’une aide alimentaire gratuite, risquant de mettre en faillite de nombreux agriculteurs, pris la décision controversée de repousser les propositions américaines, généreuses autant qu’intéressées puisque c’est pour eux une façon d’exporter leurs surplus agricoles. L’humanitarisme étant une attitude tellement établie dans les esprits, que le gouvernement ne prit pas le risque d’exposer ses véritables inquiétudes, et argua pour se justifier, et plaire aux européens qu’il refusait les céréales américaines parce qu’elles contenaient des OGM, ce qui pourrait nuire à la santé de la population. La Zambie fut alors alors prise à partie de manière très virulente en particulier par les autorités américaines, celles-ci allant jusqu’à la menacer. L’ambassadeur des États-Unis en Zambie n’hésita pas à déclarer avec la dignité qui lui est échu, de cette voix qui porte en soi la responsabilité du monde : « Les dirigeants qui refusent à leur peuple l’accès à l’aide alimentaire doivent être poursuivis pour les crimes contre l’humanité les plus graves. » Le tribunal de Nuremberg n’était pas loin.

Fin 2004 c’était au tour de l’Inde frappée par le tsunami de subir une campagne de dénigrement, après avoir refusé l’aide que presque tous les autres pays du Sud-Est asiatique avaient acceptés. Malgré le choc initial, l’Inde pays à l’échelle d’un sous-continent, de par sa profondeur géographique pu surmonter par ses seuls moyens cette épreuve ; les destructions s’étendant seulement sur quelques centaines de mètres ou quelques kilomètres à l’intérieur des terres selon la topographie du terrain sur la côte Est du pays, ce qui présentait il est vrai une double difficulté, de fortes densités de population, et des zones littorales jouant un rôle vital pour les économies locales et nationales. Mais une fois les moyens transférés et une organisation mise sur pied, le gouvernement s’en tira de façon honorable, une intervention extérieure disparate et bien souvent inappropriée n’aurait de toute façon pas améliorer la qualité des secours. Les médias et les professionnels de l’humanitaire toujours à l’affût de chair fraîche ne manquèrent pas de pousser des cris d’orfraies, et d’instrumentaliser les victimes, reprochant son irresponsabilité au gouvernement indien, qui sacrifiait sur l’autel de ses ambitions régionales le sort des malheureux. Foutaise, mais il ne fait pas bon s’élever contre la machine humanitaire, qui a pour elle le monopole du cœur.

Et pour finir le type même du pays qu’il ne pensait sans doute jamais se retrouver en situation d’avoir recours à l’aide internationale, d’avoir à déplacer et héberger autant de réfugiés, de se retrouver ainsi débordé tel un pays du Tiers-monde. Pourtant avec une ville d’un million et demi d’habitants submergée par les eaux, auquel s’ajoute une bande côtière s’étendant de la Floride à la Louisiane ravagée, les Etats-Unis furent la victime totalement inattendue. Les Etats-Unis ont il est vrai bien plus l’habitude d’aller secourir des population menacées au quatre coins du globe, que d’être eux mêmes secourus. Une fois n’est pas coutume, la solidarité internationale joua cette fois en leur faveur, bien que le seul réel besoin exprimé par l’Administration Bush fut celui de l’approvisionnement pétrolier, les installations du golfe du Mexique assurant 15% de la consommation américaine étant inutilisables sur le moment. Mais le gouvernement déjà fragilisé pour sa gestion de la crise, opta pour la solution susceptible de faire le moins de vague possible, Condie annonça que les Etats-Unis accepteraient toute aide, d’où qu’elle vienne. Il semble pourtant que cette annonce fut contrariée à deux reprises, celles de Cuba et du Venezuela un rien provocatrices restèrent lettre morte. Les offres d’aide venant du monde entier ont afflué, la France a mis à la disposition des Etats-Unis notamment huit avions, deux navires, 600 tentes et 1.000 lits de camp. L’Union européenne a renouvelé ses propositions d’aide, y compris en puisant si nécessaire dans ses réserves pétrolières. Le Japon pays de tolérance et générosité, tout en restant digne s’est engagé à offrir 55 millions de yens aux régions touchées par le cyclone Katrina. Ect…
Sur la scène internationale, et tout particulièrement en France on ne manqua pas d’interpréter la situation de la Nouvelle-Orléans et l’acceptation de l’aide comme le symbole de l’Amérique, ce « géant aux pieds d’argile », qui à la moindre difficulté plonge dans l’anarchie, démonstration de l’échec de son système social, de cette Amérique raciste, délaissant ses pauvres, noirs, abandonnés par l’Etat américain. Les Etats-Unis victimes à leur tour du réchauffement climatique qui dévaste déjà le reste de la planète ; pays fracturé qui n’a que l’apparence de la puissance, qui gaspille ses maigres forces en Irak. Dans bien des cas les commentaires furent l’expression d’une haine anti-américaine, n’offrant que peu de retenue une fois la surprise passée. N’imaginons même pas ce qu’il serait arrivé, et à quels extrêmes nous serions arrivés dans l’exploitation hystérique et démagogique de ce désastre si l’Administration Bush avait refusé l’aide étrangère, ce refus devenant directement responsable de la situation de la ville et de ses habitants, le nationaliste va-t-en guerre Bush assoiffant, affamant, noyant, tuant, pillant lui même la population, au lieu de chercher à la sauver.


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Le vide juridique comme espace de liberté

Politique — Article écrit par le 13 juin 2011 à 11 h 16 min

Dans nos démocraties modernes le vide juridique est le peu d’espace de liberté préservé de l’enchevêtrement des conventions internationales, lois, codes, réglementations et autres normes juridiques intrusives. Il forme une petite cavité dans laquelle peut se nicher le semblant de liberté individuelle qui échappe encore à la boulimie du législateur. C’est une zone franche qui n’est encore gouvernée par aucun texte spécifique et laissée à la libre appréciation des individus.

L’Occident n’avait jamais connu que par éclipses, et encore jamais à un point aussi poussé, ces législations tatillonnes qui marquent le despotisme oriental. Et qu’on retrouve dans nombre de civilisations hydrauliques, telles que l’Égypte ancienne, la Mésopotamie, la Chine légiste et ses cohortes de mandarins ou encore le monde arabo-musulman et sa Charia. Ces civilisations gouvernées par un fleuve ont dû développer une autorité centrale forte pour organiser l’irrigation des terres, qui au fil du temps est allé en s’accroissant. Ce sont des législations totalitaires – dans le sens où elles ont vocation à encadrer l’ensemble de la vie humaine dans ses moindres détails – organisées autour d’un réseau bureaucratique dense. Il forme une domination absolue sur l’individu qui ne laisse place à aucune improvisation. Ces législations se fondent en un système rigide qui ne permet pas l’émancipation, et en une culture figée dans un éternel recommencement.

Héritage de la Grèce, mais aussi du droit franc qui s’est épanoui dans une société féodale où régnaient les liens interpersonnels, du christianisme qui favorise le rapport individuel à Dieu, de l’esprit humaniste qui a fait de la réappropriation de l’Antiquité et de la connaissance son idéal, de la philosophie libérale qui se donne pour tâche la limitation du pouvoir ; les influences qui ont permis l’éclosion d’une civilisation de libertés sont nombreuses. L’activité juridique du législateur se bornait pour l’essentiel à une sorte de pointillé, où quelques règles isolées dans un grand vide juridique – comme autant de jalons sur un chemin – organisaient la vie en société, établissaient les hiérarchies sociales, punissaient les crimes, dictaient les usages et les tabous unanimement acceptés. De la Loi des Douze Tables au Code Napoléon la logique était restée la même.

Dans nos sociétés contemporaines la situation s’est dégradée, le lacis des normes forme un filet aux mailles serrées où seuls subsistent quelques espaces affranchis de servitudes. La liberté a changé de camp, là où les premières lois protégeaient de l’arbitraire, aujourd’hui elles font de chacun un hors-la-loi permanent. Chaque individu étant dans ses actes quotidiens, soumis à quantité de règlements contraignants, qu’il ne peut qu’ignorer involontairement ou parfois volontairement, pour s’aménager quelques havres de liberté toujours menacés par un fonctionnaire obtus.

Pierre Lemieux

C’est la conclusion que tire Pierre Lemieux de son expérience de coureur des bois (Confessions d’un coureur des bois hors la loi). Où comment en quelques années une liberté dont les québécois jouissaient depuis quatre siècles, fait d’eux des criminels susceptibles de lourdes peines. Simplement pour posséder des armes que leurs pères possédaient et pour ne pas en faire un plus mauvais usage qu’eux. Ces lois despotiques forment une législation tellement touffue et épineuse que la population ne peut qu’en ignorer le sens, mise en illégalité sans le vouloir, ou étant incapable de comprendre des textes soumis à l’interprétation d’une administration toute puissante tirant profit de leur complexité.

Au sens que nous donnions au terme « loi », il ne peut s’agir de véritables lois que ces textes qui criminalisent des individus pacifiques. Clairement, ce ne sont que de prétendues lois. [...] Tous les « crimes » que j’ai commis dans ma vie furent des crimes pacifiques, artificiels, des crimes de papier en vertu de prétendues lois qui n’existaient pas quelques décennies plus tôt. – Confessions d’un coureur des bois

Dans le discours public le vide juridique est un argument régulièrement utilisé pour faire ressentir la nécessité de légiférer. Nécessité qui ne peut qu’être absolue et pressante. Souvent dans des domaines abscons ou déjà largement pourvus en réglementations de toute sorte. Ces nouveaux textes iront rejoindre quantité de lois sans décrets d’application, inappliquées ou inapplicables, oubliées, ou n’ayant pas atteint des buts que la loi est bien incapable d’atteindre. Ainsi se mêlent textes incantatoires, déclarations d’intention, bonnes résolutions jamais suivies d’effet, mesures sans lendemain, lois qui destinées au particulier finissent par corrompre la totalité. Couches sédimentaires que viendront recouvrir d’autres couches sédimentaires. Fatras juridique qui finit par menacer l’exigence de bonne justice que tout individu est en droit d’attendre.

Comme si le vide était l’ennemi du bien, et qu’il convenait de mal remplir plutôt que de laisser ne serait-ce qu’une terre vierge. Comme si un interstice sans loi était un affront insupportable à la souveraineté sans faille du législateur qui ne se fixe dorénavant plus aucune limite. De la nécessité du Parlement de (ré)écrire l’histoire, de mettre en garde contre les méfaits des lipides, de nationaliser les lieux recevant du public, ou de faire passer 6 ou 7 examens complets à sa maison pour pouvoir légalement la vendre, en passant par le pourcentage d’œuvre européenne que chaque individu doit consommer. La sécurité sanitaire, en plus de l’exception culturelle et du patriotisme économique, permettent enfin à l’État de s’immiscer dans tous les aspects de la vie.

C’est dans la logique de la démocratie de multiplier les procédures législatives, pour répondre à tous les problèmes de la vie en société, car la population – l’électeur – le demande. Trop de chômage ? Légiférons ! Trop de criminalité ? Légiférons ! Au lieu de faire appliquer la loi. Trop de charges pour les entreprises ? Accordons des subventions ! On se souvient du sort réservé à Lionel Jospin pour avoir déclaré que la politique ne pouvait pas tout. Pourtant l’électeur demande ce tout, et le politicien est toujours prêt à se présenter comme la solution. Et on légifère d’autant plus quand on est incapable de régler un problème qui trouve son origine dans un surcroît d’administration. Plutôt que de réformer – ce qui fait toujours des mécontents – il est tellement plus facile de rajouter une couche de réglementation tout aussi impuissante que les précédentes. Et puis il est toujours grisant pour un élu de s’accaparer une parcelle de célébrité autour d’une mesure phare, quand ce n’est pas pour satisfaire un lobby en manque de symbolique.

N’oublions pas également l’Union européenne, qui est devenue notre plus grosse pourvoyeuse de législation, et la première tueuse de vides juridiques. Une Europe qui charrie des règlements ubuesques sur l’essence de la salade, sur la taille réglementaire d’une courge ou le densité d’une pelouse. Ensemble de normes qui finissent par former une Charia pour les Européens de souche.


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A comme Algérie

Politique, Sozial — Article écrit par le 10 juin 2011 à 11 h 54 min

Bon ça y est, ton grand-père est né en Algérie alors faut que tu sois arabe encore trois siècles après ?! Ouais moi c’est vrai mon grand-père est arménien alors faut que je porte une grosse moustache ! Moi j’ai une grosse moustache et toi tu te mets en déguisement du GIA devant Carrefour cool, et l’Islam est ta religion, comme Papa, vachement original! L’arabe est musulman et le juif est juif. Comme ca tout est propre, tout est bien rangé, chacun dans son tiroir et bientot chacun son territoire ? A toi Sarcelles, à toi Saint-Denis et à moi le blanc-bec un dernier bastion dans l’Aveyron ? Ouais parce que ya blanc, blanc blanc blanc et noir noir noir noir.

 Déchiqueté part une bombe a Tel-Aviv, égorgé à Alger, décapité à Kinshasa, t’as le choix. Alors logiquement tu choisis la belle vie à Paris. Enfin, la belle vie les mecs tant que vous ramenez pas ici vos bombes et vos machettes ! Donc on vit en France, fils d’immigrés, arménien, algérien, haïtien, juif marocain. On vit en France mais on porte pas la casquette France non, on porte la casquette Algérie Israël Black Power. Bon si c’était des casquettes folkloriques sympas, des t-shirts marqués « Viens bouffer le couscous chez moi », on s’éclaterait. A midi je bouffe arabe, le soir je bouffe juif. Cool! Ça me fait voyager sans bouger ! Mais non, sur la casquette ya marqué : je suis le fils de l’arabe donc j’emmerde le juif, je suis le fils du juif donc j’emmerde l’arabe. Et donc je suis le fils du blanc, beauf raciste colonialiste esclavagiste nazi puisque forcement mon père était beauf raciste colonialiste esclavagiste nazi, et je finis par me tatouer la croix gammée sur le front national ! En fonction du coït de Papa Mama, marquez blanc juif arabe noir sur la casquette…

Jean-Louis Costes

 

L’Algérie c’est politiquement le bled qui a le plus tout foiré tout vendangé tout gaspillé. Du gâchis du gâchis dont on n’a pas idée et il n’y a guère que les très vieux blédards et pieds-noirs pour savoir à quel dernier cran de gâchis ce pays a été rendu en quelques décennies.

Voilà une province qui aurait pu devenir la Californie de l’Afrique mais qui, sans cesse attirée par un tropisme mortifère un irrésistible goût pour la merdification, est devenue une sorte de machin brejnevien grotesque, encroûté dans une fierté stérile et dans la dénégation de ses responsabilités.

Pays ruiné, pays dont on a honte de faire partie (honte souvent retournée en « fierté » disproportionnée), pays qui se coule lui-même par l’épuration systématique de tout apport occidental, par la persécution systématique des minorités chrétiennes et kabyles, jamais assez repu d’uniformisation et de nivellement vers le bas, à savoir vers l’arabisation et l’islamisation, garanties à toute épreuve  d’immobilisme intellectuel et de stagnation économique.

Je sais bien que l’on est à une époque où « on ne peut rien dire », une époque où c’est raciste de dire la vérité sur ce pays à commencer par celle-ci : les Algériens n’ont rien foutu de bon ni rien construit de beau depuis l’indépendance. Allez-y voir à Alger. Il n’y a rien là bas qui fonctionne qui ne soit pas français ou chinois. L’énergie, le BTP, le transport tout… A côté de ça, il y a ce tintamarre permanent pour les « martyrs ». Il y a le monument des martyrs le cimetière des martyrs la rue des martyrs l’esplanade des martyrs… Martyrs tués par les méchants blancs cela va sans dire. Pourtant, cela reste à prouver. Lorsqu’on sait qu’à l’indépendance la première initiative du FLN, le parti encore au pouvoir aujourd’hui,  fut de massacrer dans des conditions abominables plus de 100 000 « harkis », c’est à ne plus comprendre qui sont les bourreaux et qui sont les martyrs.

S’il y a bien une raison pour laquelle je n’ai à priori aucune sympathie pour les CPF c’est parce que je hais d’instinct leur lâcheté sur les questions relatives à leur identité ethnoculturelle.  Il n’y en a pas un seul pour inventer son propre parcours. Tous ils copient, ils suivent. Pourtant ils se la jouent rebelles hein… C’est là leur défouloir : appliquer à la France la rage vengeresse qu’ils n’on pas les couilles d’appliquer à leur pays d’origine, pourtant le vrai responsable de tous leurs maux.

S’il y a une révolte là bas souhaitons qu’elle soit brève et non sanglante. Souhaitons que la clique du FLN se fasse dégager avec des coups de pied au cul et se trisse par avion vers un désert bien infâme peuplé de scorpions et de serpents, univers à la mesure de leur capacité d’innovation prouvée et éprouvée, car il faut the right man at the right place.

Un pays uniformisé au point que la population se compose à 98% de muslims n’a aucune leçon de tolérance à donner au monde. Un pays dont l’histoire est jalonnée de massacres de masse, de corruption  et d’immobilisme n’a que le droit de fermer se gueule et de demander humblement de l’aide.

Le « bled » je m’en souviens très bien. C’est très laid et très anxiogène. Cela se sent lorsqu’on y est : il y a là un truc qui déconne, et les « mystères de l’orient » n’ont en réalité rien de mystérieux et ne sauraient faire oublier un diffus mais constant sentiment de malaise. Le bled en été, lorsque 40% de chômage astreignent à résidence presque toute la population masculine de moins de trente ans, le climat brûlant catalyse ensemble les derniers éléments tangibles du paysage, goudron, ordures, et chats errants maintenant ainsi en état de perpétuelle ébullition une population pourrie par les ragots de palier et jalousies et terrorisée par un islam obscurantiste qu’il convient surtout de ne jamais offenser, population qui surnage en promiscuité étroite dans des HLM qui feraient passer les barres de Grigny pour des résidences de luxe. Oui parfaitement, la France même en HLM c’est un luxe. C’est à croire qu’ils ont oublié d’où ils viennent.


A bas Sarkozy!

Actu, Politique, Vidéo — Article écrit par le 8 juin 2011 à 18 h 55 min

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