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Grand-mère la mort et sa descendance

Politique — Article écrit par le 3 avril 2012 à 19 h 22 min

A en croire Margot Honecker la révolution à encore un avenir en Allemagne. Au temps de l’Allemagne communiste, cette idéologue intransigeante était surnommée la « sorcière violette » à cause de sa teinture de cheveux. Exilée au Chili et âgée de 82 ans, la veuve d’Erich Honecker, l’ancien patron de la RDA, a renoncé au violet et se souvient du « bon temps » de la RDA. Entourée de « camarades » chiliens, Margot Honecker explique dans une vidéo postée sur You Tube qu’une campagne visant à « discréditer la RDA » a lieu en ce moment en Allemagne.

« Il n’y a pas une émission de débat, un seul film ou un seul programme d’information qui n’essaie pas de discréditer la RDA », dit-elle. Avant de réjouir : « mais cela ne marche pas ». « 50% des Allemands de l’Est disent que leur vie est pire sous le capitalisme, qu’ils avaient une belle vie en RDA, affirme-t-elle. Ils peuvent dire ce qu’ils veulent, mais les gens pensent de plus en plus à ce qu’ils avaient en République Démocratique ».

Margot Honecker s’était enfuie à Moscou avec son mari en 1991 pour éviter des poursuites, avant de se réfugier à Santiago, où Erich Honecker est mort d’un cancer du foie en 1994. « Il y a des forces de gauche » en Allemagne, dit-elle en se référant au score du parti de la gauche radicale, Die Linke, qui a recueilli 11.9% des voix aux élections législatives du 27 septembre. Ces forces « sont toujours actives et reçoivent de plus en plus de votes ». Elle prévient que la coalition de centre droit d’Angela Merkel provoquera une montée du chômage et des coupes dans les budgets sociaux. « Les gens ne le tolèreront pas. Les signes sont mauvais. Je suis optimiste », conclut-elle.
C’est bien connu : avec le temps les mauvais souvenirs s’effacent. Certains cultivent une sorte de nostalgie kitch et se souviennent avec regrets des acquis sociaux de la RDA, de la solidarité entre les gens, des Trabants et des cornichons du Spreewald. Alors pour tous ceux qui ont l’Ostalgie, la nostalgie de l’Allemagne communiste, de son mur, de ses paysages gris et pollués, de son interdiction de voyager, de ses ordres de tirer sur les fugitifs, de ses élections truquées, de sa police secrète, des appartements truffés de micros et des queues interminables devant les magasins aux étals vides, voici un petit clip. Réalisé début octobre, à l’occasion du soixantième anniversaire de la RDA, qui avait déjà disparu officiellement depuis 19 ans, vous y découvrirez quelques souvenirs de ce « monde merveilleux » perdu pour les Allemands de l’Est.

Source

Je ne vois pas pourquoi Margot minimise le travail de la Stasi ou nie le fait que les enfants d’opposants étaient réquisitionnés par les familles du Parti. Au fond, on sait tous qu’ils s’en réjouissent, et qu’ils n’ont rien à craindre à s’en réjouir, de ce passé. Ils n’ont aucun remord. Ils ne craignent aucune poursuite. Beaucoup d’entre eux occupent d’ailleurs toujours des hauts postes dans les institutions allemandes. Lorsqu’elle affirme que les opposants étaient des criminels, et que la torture et l’exécution sommaire étaient donc tout à fait acceptables, elle le fait au premier degré. Pour ces gens, toute opposition est criminelle, tellement leur but est juste. Ce sont des fous, fanatiques morbides jusqu’au bout. Comme tous les fous fanatiques, il leur a manqué du temps pour atteindre le paradis, encore 20 ans, Monsieur le Réel, on y est presque.

Tout cela est tellement convenu que c’en est touchant.

Non, ce qu’il faut retenir, c’est qu’une majorité d’allemands de l’est regrettent la RDA. Il ne faut pas contester ces chiffres, ils sont d’ailleurs probablement en-dessous du vrai. Oui, une majorité des gens qui vivent sous un régime totalitaire aiment ce régime. La solidarité née de la paranoïa de l’ennemi extérieur, le contentement de la chasse effective et de la mise à mort de l’ennemi intérieur, la joie de tirer dans le dos des jeunes qui fuient le régime, tout cela est malheureusement une réalité humaine. On peut bouffer des cornichons immondes, faire la queue des heures devant les magasins pour acheter trois patates, rouler dans des poubelles, fliquer et être fliqué du soir au matin, tout cela est un plaisir à la masse si elle a la certitude que personne ne jouit plus que son voisin. La privation de liberté est un plaisir tout à fait accepté si la masse sait que personne ne peut y échapper.

Ce qu’il faut retenir, de l’ex-RDA comme de tout autre régime, c’est que seule une minorité d’individus est prête à payer le prix de la liberté, de la pensée critique, et du plaisir de vivre sans nuire à autrui, c’est à dire à accepter l’inégalité. La majorité, ou la société, pour aller plus vite, peut même se définir comme cela : la recherche permanente de nuisance à son prochain, pour peu qu’il se distingue par un avantage, fut-il supposé.

NB : il faut regarder la vidéo sur le lien, même si on ne comprend pas l’allemand, quelle meilleure illustration, quelle meilleure incarnation du ressentiment, que ce visage et ce regard ? Zombie maintenu en vie par la haine (si ce mot n’était pas suranné), en quête de persécution, infatigable, électrisé par l’ultime courant de l’affamée jalousie, si égalitaire, si justicier.

céline-figaro

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Votez Hollande

Actu, Politique, Présidentielle, Vidéo — Article écrit par le 28 janvier 2012 à 2 h 17 min

 

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http://conditoralmesiderum.blogspot.fr/

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Bastiat : « Il faut reprivatiser la Sécurité Sociale ! »

Politique — Article écrit par le 23 janvier 2012 à 19 h 49 min

(Une interview réalisée par Georges Kaplan le 23 janvier 2012)

Georges Kaplan : Monsieur Bastiat, bonjour et merci de nous accorder quelques minutes dans votre emploi du temps qui, je le devine, doit être assez chargé ces jours-ci.

Frédéric Bastiat : Mais je vous en prie !

GK : Vous venez donc d’annoncer votre candidature aux élections présidentielles de 2012 afin d’y représenter les idées libérales et le moins que l’on puisse dire c’est que, dans le paysage politique actuel, votre programme dénote.

FB : C’est en effet ce que j’ai cru comprendre.

GK : Vous suiviez l’actualité politique française de là haut ?

FB : Oui, sur mon iPad.

GK : Vous avez des iPad ?

FB : Oui mais c’est récent. Nous suivons la technologie de ce bas monde avec un léger décalage : autant vous dire que l’arrivée récente de Steve n’a pas fait que des malheureux !

GK : Oui, j’imagine. Sauf peut être Karl Marx ?

FB : (rire) Oh, vous savez il a bien changé Karl. De son vivant il disait déjà qu’il n’était pas marxiste ; aujourd’hui il le répète tous les jours.

GK : Ça se comprend en effet… Mais revenons à votre programme et, en particulier, à votre proposition de privatisation de la Sécurité Sociale. Pourriez-vous nous expliquer pourquoi vous défendez cette position ?

FB : Il faut, pour bien comprendre, faire un peu d’histoire : j’ai vu surgir spontanément des sociétés de secours mutuels, il y a plus de 187 ans, parmi les ouvriers et les artisans les plus dénués, dans les villages les plus pauvres du département des Landes.

GK : À l’époque où vous étiez député des Landes n’est-ce-pas ?

FB : Oui, ça ne date pas d’hier. Le but de ces sociétés était évidemment un nivellement général de satisfaction, une répartition sur toutes les époques de la vie des salaires gagnés dans les bons jours. Dans toutes les localités où elles ont existé, elles ont fait un bien immense. Les associés s’y sentaient soutenus par le sentiment de la sécurité, et de plus, ils sentaient tous leur dépendance réciproque, l’utilité dont ils avaient les uns pour les autres ; ils comprenaient à quel point le bien et le mal de chaque individu ou de chaque profession devenaient le bien et le mal communs.

GK : Et c’est selon vous cette dernière particularité qui assurait la pérennité des sociétés de secours mutuels n’est-ce-pas ?

FB : Absolument. Leur écueil naturel est dans le déplacement de la Responsabilité. Ce n’est jamais sans créer pour l’avenir de grands dangers et de grandes difficultés qu’on soustrait l’individu aux conséquences de ses propres actes. Le jour où tous les citoyens diraient : « Nous nous cotisons pour venir en aide à ceux qui ne peuvent travailler ou ne trouvent pas d’ouvrage, » il serait à craindre qu’on ne vît se développer, à un point dangereux, le penchant naturel de l’homme vers l’inertie, et que bientôt les laborieux ne fussent réduits à être les dupes des paresseux. Les secours mutuels impliquent donc une mutuelle surveillance, sans laquelle le fonds des secours serait bientôt épuisé.

GK : Vous attribuez le bon fonctionnement des sociétés de secours mutuels au fait qu’elles étaient issues d’initiatives privée : pourquoi ?

FB : Eh bien c’est très simple : pour que cette surveillance ait lieu et porte ses fruits, il fallait que les sociétés de secours soient libres, circonscrites, maîtresses de leurs statuts comme de leurs fonds. Il fallait qu’elles puissent faire plier leurs règlements aux exigences de chaque localité. A l’époque, c’était le cas.

GK : Mais comment avez-vous pu, près d’un siècle avant la création de notre Sécurité Sociale, prédire ses dysfonctionnement ?

FB : J’ai simplement supposé que le gouvernement interviendrait. Il était aisé de deviner le rôle qu’il s’attribuerait. Comme je l’avais prédit, son premier soin a été de s’emparer de toutes ces caisses sous prétexte de les centraliser; et, pour colorer cette entreprise, il a promit de les grossir avec des ressources prises sur le contribuable. Ensuite, sous prétexte d’unité, de solidarité (je ne pensais pas tomber si juste à l’époque !), il s’est avisé de fondre toutes les associations en une seule soumise a un règlement uniforme.

GK : Quelles conséquences cela a-t-il eut selon vous ?

FB : Posez-vous cette simple question : qu’est devenue la moralité de l’institution quand sa caisse a été alimentée par l’impôt ; quand nul, si ce n’est quelque bureaucrate, n’a plus eut intérêt à défendre le fonds commun; quand chacun, au lieu de se faire un devoir de prévenir les abus, s’est fait un plaisir de les favoriser ; quand a cessé toute surveillance mutuelle, et que feindre une maladie n’a été autre chose que jouer un bon tour au gouvernement ?

GK : Mais les gouvernements successifs ont pourtant mis en place des mécanismes de contrôle…

FB : C’est vrai. Le gouvernement, il faut lui rendre cette justice, est enclin à se défendre ; mais, ne pouvant plus compter sur l’action privée, il a bien fallu qu’il y substitue l’action officielle. Il a nommé des vérificateurs, des contrôleurs, des inspecteurs. On a vu des formalités sans nombre s’interposer entre le besoin et le secours. Bref, une admirable institution a été, dès sa naissance, transformée en une branche de police.

GK : Qu’est-ce qui explique qu’aucun des gouvernements successifs ne ce soit rendu compte des défaillances du système ?

FB : L’État n’a aperçu d’abord que l’avantage d’augmenter la tourbe de ses créatures, de multiplier le nombre des places à donner, d’étendre son patronage et son influence électorale. Il n’a pas remarqué qu’en s’arrogeant une nouvelle attribution, il venait d’assumer sur lui une responsabilité nouvelle, et, j’ose le dire, une responsabilité effrayante.

GK : Et comment faites-vous le lien entre la disparition de cette surveillance mutuelle et l’état actuel de la Sécurité Sociale ?

FB : Voyons, qu’est-il arrivé ? Les ouvriers n’ont plus vu dans la caisse commune une propriété qu’ils administraient, qu’ils alimentaient, et dont les limites bornaient leurs droits. Peu à peu, ils se sont accoutumés à regarder le secours en cas de maladie ou de chômage, non comme provenant d’un fonds limité préparé par leur propre prévoyance, mais comme une dette de la société. Ils n’ont pas admit pour elle l’impossibilité de payer, et n’étaient jamais contents des répartitions. L’État s’est vu contraint de demander sans cesse des subventions au budget. Là, rencontrant l’opposition des commissions de finances, il s’est trouvé engagé dans des difficultés inextricables. Les abus sont allés toujours croissant, et on en a reculé le redressement d’année en année, comme c’est l’usage, jusqu’à ce que vienne le jour d’une explosion.

GK : Vous faites référence à la perte de ce fameux AAA ?

FB : Bien sûr ! Considérez simplement qu’en 2010, les dépenses des administrations de Sécurité Sociale s’élevaient à 513,7 milliards d’euros tandis que les recettes ne s’élevaient qu’à 490,8 milliards : près de 23 milliards de déficit en une seule année !

GK : Mais, maintenant que cette explosion a eut lieu, pourquoi une réforme du système semble t’elle si difficile à mettre en œuvre ?

FB : Je l’avais prédit aussi : on s’aperçoit qu’on est réduit à compter avec une population qui ne sait plus agir par elle-même, qui attend tout d’un ministre ou d’un préfet même la subsistance, et dont les idées sont perverties au point d’avoir perdu jusqu’à la notion du droit, de la propriété, de la liberté et de la justice.

GK : Ce n’est pas très gai… C’est cette évolution que vous prédisiez dans vos Harmonies Économiques publiées en 1850 ?

FB : Oui, c’est presque mot pour mot ce que j’ai écrit dans le chapitre XIV des Harmonies.

GK : Qu’est-ce qui vous a mis sur la voie ?

FB : J’ai vu qu’une commission de l’assemblée législative était chargée de préparer un projet de loi sur les sociétés de secours mutuels. J’ai cru que l’heure de la destruction avait sonné pour elles, et je m’en affligeais d’autant plus qu’à mes yeux un grand avenir les attendait, pourvu qu’on leur conserve l’air fortifiant de la liberté. Malheureusement, la suite a prouvé que j’avais vu juste…

GK : C’est le moins que l’on puisse dire en effet mais pensez-vous pour autant que votre proposition de privatisation ait une chance d’être entendue de nos jours ?

FB : Eh quoi ! Est-il donc si difficile de laisser les hommes essayer, tâtonner, choisir, se tromper, se rectifier, apprendre, se concerter, gouverner leurs propriétés et leurs intérêts, agir pour eux-mêmes, à leurs périls et risques, sous leur propre responsabilité; et ne voit-on pas que c’est ce qui les fait hommes ? Partira-t-on toujours de cette fatale hypothèse, que tous les gouvernants sont des tuteurs et tous les gouvernés des pupilles ?

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12 piteuses raisons de voter François Hollande

Politique — Article écrit par le 1 janvier 2012 à 7 h 43 min
  • Parce que vous ne pensiez pas que lorsque Sarkozy parlait de « travailler plus pour gagner plus », il s’agissait de travailler plus pour gagner beaucoup plus de monnaie de singe, pour en donner beaucoup plus au fisc.
  • Parce que Sarkozy est capable de nous fâcher en même temps avec la Turquie et Israël. Ce qui n’est que le dernier exploit de sa politique étrangère, où il a entrepris de nous brouiller à mort avec le Mexique, la Colombie, la Syrie, et de nous encercler d’États islamistes.
  • Parce que Carla Bruni à force de se faire tirer la peau ressemble au Joker et que ça fait peur aux enfants.
  • Parce que lorsque Sarkozy parlait de mettre l’écologie sur le devant de la scène, vous ne pensiez pas qu’il entendait que toutes ses réformes seraient biodégradables et décomposées avant la fin même de sa mandature.
  • Parce que Christine Boutin est moins sexy que Susan Boyle.
  • Parce que Dominique de Villepin n’est toujours pas pendu à un crochet de boucher. Même cette promesse n’aura pas été tenue.
  • Parce que même ressuscitée par Marine Le Pen, la lutte des classes c’est toujours moche et populeux.
  • Parce que Marine Le Pen est la délicate synthèse du pire de la gauche et du pire de la droite : étatisme délirant, dirigisme, protectionnisme, autoritarisme, nationalisme ; et qu’elle serait bien capable de ruiner le pays en moins d’un an.
  • Parce que même bourré, même à 3 grammes, c’est impossible de s’imaginer voter François Bayrou.
  • Parce que François Hollande sous la pression va regrossir, qu’il n’osera plus s’afficher à la télé, et ce sera toujours ça de gagné par rapport au Magyar qui trouvait toujours un prétexte pour s’incruster dans l’info.
  • Parce que la plus emmerdée sera Martine Aubry. C’est toujours ça de pris.
  • Parce que tout le monde se demande si Carla Bruni quittera Sarkozy une fois qu’il aura perdu son pouvoir politique. On pourra ainsi le vérifier.
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12 mesures que Bidou ne prendra pas une fois élu

Politique, Présidentielle — Article écrit par le 31 décembre 2011 à 9 h 49 min

Car Bidou ne sera ni élu ni même candidat : nos lecteurs fidèles s’en souviennent, voilà 5 ans, le Conseil constitutionnel avait répondu avec effronterie : « allez vous faire lanlère avec votre peluche trop douce » à nos demandes de non-discrimination des minorités visibles furry. Le portrait de Bidou avait même été diffusé aux policiers avinés de garde rue de Valois afin de ne pas le laisser entrer s’il s’y présentait.

Il y a des moments comme ça où l’on mesure mieux ce que nos institutions ont de comique, par exemple quand on compare le CC avec la Cour de Karlsruhe ou la Cour suprême des États-Unis. Chez nous, c’est une bande de vieux complètement incompétents — dans une discipline d’ailleurs grotesque qui s’appelle le droit constitutionnel — placés là par leurs copains pour avoir une retraite dorée. « Tu parles de sages de mon cul » avait sobrement commenté Bidou à l’époque, avant de partir pour la clandestinité dans le maquis jurassien, traqué par les sbires du calamiteux Jean-Louis Debré qui n’avait pas apprécié qu’on traite ainsi sa haute juridiction, poil au conseil-croupion.

Quelles sont donc les 12 mesures que ne pourra pas prendre Bidou dans les 12 premiers jours de son quinquenat qui n’aura pas lieu ?

1er jour. L’Euro et le monde

Suppression de l’Euro et son remplacement provisoire à 1 pour 1 par le Franc-Bidou, dénonciation des traités européens sur la monnaie unique, retour à l’Acte unique européen, conférence bancaire nationale afin d’adopter le paiement en or pour succéder au Franc-Bidou provisoire. Les prix seront exprimés en poids d’or, chacun ayant en banque un certain poids d’or dont seule la propriété est transférée lors de paiements électroniques. « Comme les démagogues qui me succéderont ne pourront pas imprimer d’or, ils seront bien attrapés » est la conclusion de Bidou lors de son allocution télévisée du premier jour sur l’Euro.
« La France n’a pas d’amis dans le monde, elle n’y a que des intérêts ; en Europe elle ne reconnait que les États, les fonctionnaires européens doivent obéir, un point c’est tout » déclare en outre Bidou au Quai d’Orsay lors d’un grand discours où il annonce aussi que les fonctionnaires européens seront tous soumis à la taxe unique qu’il prévoit d’instaurer, cette taxe étant dans leur cas déduite de la participation française au budget de l’UE. Voyant que tout cela est fort bon, même si ça va prendre un certain temps à se mettre en place, Bidou va ensuite se coucher. Il se relève dans la nuit pour signer un décret qui constate par avance la nullité de toutes dispositions internationales qui seraient contraires aux lois et décrets pris à partir de dorénavant. Na.

2e jour. Réforme fiscale

Suppression immédiate de tous les impôts et taxes nationaux au profit d’une taxe unique de 6,66% sur tous les revenus et plus-values, sans exception ni niches fiscales. « Le fisc c’est le diable, c’est comme ça que j’ai décidé en prenant conseil d’un rabbin expert en guematria, vous pouvez donc avoir confiance, mes chers compatriotes » précise Bidou au JT de Jean-Pierre Pernaut qui est confirmé dans ses fonctions. Le taux d’imposition est inscrit dans la constitution et quiconque propose de l’augmenter est passible de 5 ans de prison au moins.

3e jour. Réforme des collectivités locales

Les communes et les provinces d’ancien régime reconstituées seront les seules collectivités locales. Tout le reste est supprimé au profit de conseils intercommunaux d’élus municipaux se tenant le soir à partir de 19 heures, les indemnités d’élu local sont supprimées : « S’ils ont un métier, qu’ils le fassent la journée et en vivent » déclare Bidou devant l’Association des maires de France. (La Loire-Atlantique est rattachée à la Bretagne.) Le taux des impôts locaux sera réduit de moitié par rapport au taux actuel, le droit de voter des impôts locaux ou leur augmentation est soumis à référendum municipal ou régional avec un seuil de 80% d’approbation. Le référendum local peut aussi être engagé sur demande de 10% des électeurs pour virer à la majorité simple n’importe quel élu local séance tenante. Voyant que décidément tout cela est bien engagé, Bidou va se coucher en notant dans son carnet de penser à régler le sort des fonctionnaires, il y a un soir, il y a un matin.

4e jour. Réforme de la justice

La peine de mort par guillotine sera rétablie ; Robert Badinter est placé en résidence surveillée à Saint-Pierre-et-Miquelon, ses biens personnels sont confisqués pour être symboliquement redistribués aux familles des gens assassinés depuis 1981. Tout crime accompagné de violences devient passible de la peine de mort. Des peines plancher pour tous les crimes et délits encadreront désormais la capacité d’appréciation des magistrats, qui ne pourra plus s’exercer qu’en aggravant les peines plancher. Le parquet est définitivement déclaré à la botte du gouvernement. « Vous comprenez, sinon, ces gens de justice, on leur donne ça, ils vous prennent ça… » déclare Bidou avec sagesse en présentant ces mesures sur Twitter, ce que le CSM flétrit comme un manque de considération pour la dignité de l’autorité judiciaire. « Ranafout ! », répond Bidou sur Twitter.

5e jour. Lois du rétablissement des libertés et petits plaisirs

Par modification de la constitution où sera inscrit le principe de la liberté d’opinion complète et entière, les lois Pleven-Gayssot-Fabius-Aubry-Lellouche sont de fait vidées de toute force. « On les garde quand même pour faire honte à leurs auteurs » déclare Bidou. Les lois contre le tabac, l’alcool, les sucres, les graisses, les putes et toutes ces bêtises prohibitionnistes sont abrogées. Les maisons closes sont rouvertes. « Faut bien occuper le peuple sinon ils vont gueuler et on va perdre du temps » déclare laconiquement Bidou en faisant un clin d’œil à son ami D.S.K. qu’il a nommé Secrétaire général de l’Élysée.

6e jour. Loi sur les armes

Tout citoyen honnête doit pouvoir posséder autant d’armes à feu qu’il veut, sans aucune restriction autre que pour les armes de destruction massive. Toutes les lois et règlements limitatifs dans ce domaine sont abrogés. Seuls les auteurs de crimes violents peuvent se voir retirer ce droit après une procédure longue et susceptible de multiples appels, toutefois non suspensifs. Le maniement de base des armes sera enseigné à l’école pour éviter les accidents et parce qu’un peuple libre, etc.

7e jour.

Comme Bidou prend son rôle à cœur, il ne se repose pas le 7e jour. Sans désemparer, il supprime le statut de la fonction publique : les fonctionnaires, tant nationaux que territoriaux, retombent dans le droit commun des contrats, qui est par ailleurs largement libéralisé. Seules exceptions provisoires : les policiers, gendarmes, militaires et magistrats. L’éducation nationale sera démantelée et progressivement supprimée par privatisation : « Ce qui est gratuit ne vaut rien, s’ils veulent avoir des enfants, qu’ils payent leur éducation » déclare Bidou avec un bon sens tout confucéen. Les allocations familiales – fort réduites – sont renversées : on n’en touche que pour les deux premiers enfants, « après c’est un choix qu’on doit assumer » explique Bidou devant la fédération des familles catholiques réunie à Bordeaux, où son discours est sifflé. « Ah les cons ! » déclare Bidou en atterrissant au Bourget.

8e jour. Suppression de la sécurité sociale

Une assurance maladie a minima est imposée pour que personne ne soit à la charge des autres en cas d’urgence ou de maladie grave, mais le choix de l’assureur et des garanties supplémentaires est libre. L’assurance vieillesse sera elle aussi privatisée sur le modèle chilien. Bidou l’annonce au siège d’Axa, qui offre le champagne. Pendant ce temps, la police ferme l’URSSAF de Seine-Saint-Denis à coups de gaz lacrymogènes car François Hollande s’y est enfermé en appelant à la résistance et a fait apposer un grand portrait de Salvador Allende sur la façade.

9e jour. Droit du travail

Bidou annonce la réforme du code du travail, qui devra désormais tenir en cinq feuillets. « Le SMIC, qui n’est qu’une interdiction de travailler en dessous d’un certain tarif arbitraire, est supprimé » déclare en particulier Bidou. Les inspecteurs du travail sont licenciés sans indemnité ni retraite et sont privés de dessert pour le restant de leurs jours.

10e jour : L’immigration

L’ensemble de la politique d’immigration est revue : presque aucune naturalisation ne sera plus accordée, le droit d’asile ne sera plus accordé qu’exceptionnellement, le droit du sang interprété de façon très restrictive remplace le droit du sol. Chaque TGI doit réunir en permanence une commission de dénaturalisation qui aura à connaître de tous les délinquants et criminels dont les ascendants sont entrés en France après le 1er juillet 1950. Les inexpulsables sont parqués dans le Massif central dans des camps de rétention où ils n’ont que le minimum de nourriture et de soins jusqu’à ce qu’ils avouent d’où ils viennent pour y être expulsés de leur plein gré. Les clandestins n’ont plus aucun droit, ils ne seront soignés qu’en cas d’urgence vitale et avant expulsion, les frais seront réclamés à leur pays d’origine ou une fois par an soustraits des budgets par lesquels la France contribue aux différents organismes internationaux. (Par décret présidentiel les jeunes femmes asiatiques et d’Europe de l’est venues travailler ne sont pas concernées par ces limitations, car elles sont assimilées à des biens d’importation en vertu des décisions du 5e jour.)

11e jour. Droit opposable à l’orgasme

Conformément à ses promesses de campagne de 2007, Bidou institue le droit opposable à l’orgasme. « Je tiens les promesses, même celles des autres » déclare-t-il à cette occasion, au grand effroi des derniers gauchistes bien pensants qui hurlent au pétainisme et expriment cet effroi dans leur fanzine polycopié, Libération (les aides à la presse ont été supprimées dès le premier jour avec la majorité des autres subventions, par décret, comme trop dispendieuses).

12e jour.

La flat tax de 6,66% n’est pas applicable aux investissements ou dépôts faits par des étrangers non-résidents, qui sont exemptés d’impôts, peuvent créer comptes bancaires et sociétés offshore de manière très libérale. Tracfin n’a plus à connaître des sommes qui rentrent dans notre pays. « Je n’ai jamais compris pourquoi personne n’y a pensé avant, à faire de notre beau pays un paradis fiscal » déclare Bidou lors d’une visite à la chambre de commerce franco-monégasque où il est applaudi avec ferveur.

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G comme Grotesques

Politique — Article écrit par le 15 décembre 2011 à 21 h 45 min

À l’époque hellénistique, certains artistes réalisent des figurines en terre cuite aux physiques volontiers caricaturés et aux traits accusés. On appelle ces oeuvres des « grotesques » : des êtres difformes, pourvus de têtes démesurées, de ventres proéminents, de nez immondes, de gros seins tombants, bossus ou chauves. C’est une spécialité de la cité de Smyrne, mais les grotesques sont produits dans tout le monde grec, par exemple à Tarse et Alexandrie.

 

 

Mélenchon

Mélenchon croit qu’il est le continuateur d’une épopée jaurésienne et qu’il écrit en direct une légende sous nos yeux ébahis. C’est le frisson républicain au perchoir du Sénat lorsqu’ainsi « à la barre », l’admirable avocat des peuples plaide et accuse et fais tout plein de moulinets avec les bras.

Vas-y Mélenchon, écris en lettres d’or la légende républicaine sur le marbre froid des cynismes délavés des consciences populaires, de ta voix de stentor, interrompt la monotone litanie des « à quoi bon » doux-amers, de ta bouche qui rit jaune aux provocations fachisto-capitalistes, fais sortir ta beauté intérieure !

Enfin Mélenchon, sérieusement. Tes petits simagrées de gonzesse quand tu es en interview, tout ça, enfin! Quand au début tu fais l’inoffensif, grand sourire, et puis que tu vires tout femelle d’un coup tu sais ? Tu fais l’acide et puis juste après l’indigné « comment ? Me dire ça à moi ? Un élu monsieur je suis ! Un élu du peuple ! là na ! Vous vous êtes seul, moi je représente 400 000 ganaches, parfaitement ! » en descendant dans les graves. Vilain petit enfoiré, petit truqueur tu nous prends pour des cons ? Ta double arnaque là, ton jeu « en danseuse » c’est l’école des lâches, des provocateurs de baston, et c’est gros comme une maison bleue accrochée à la colline France. On y vient à pied, on ne frappe pas, ceux qui vivent là ont jeté la clé n’est-ce pas ? Et tu l’as ramassé la clé, et en a fait des doubles pour tous les saccageurs de foyer.

Mélenchon tu ne comprends rien au monde dans lequel nous vivons. Tu n’en as pas saisi toute la dimension « extreme bondage ». Laisse moi t’en parler de la banlieue « tendre et douce » ce sont tes mots exacts, prononcés dans une interview une fois. Je n’ai pas le lien mais tu as dit exactement cela. Etrangement « tendre banlieue » est aussi le titre d’une série de BD sur la banlieue à se pisser dessus de rire, œuvre d’un certain « Tito ». Elle célèbre en couleurs toute la naïveté de ces profs et éducateurs gauchistes issus des diverses formes du communisme bien rouge avec ou sans collier de barbe des années 70-80. Les absolus cocus qu’ont jamais rien compris à rien, les emmanchés rouges de douleur qui n’ont jamais compris d’où qu’elle venait la douleur.

Ah Mélenchon…Tendre banlieue…Les années Malakoff, les années j’te parie mon jambon-beurre que j’te mets une tannée au flippeur, les années Renaud en mobylette en bas d’une barre d’immeuble de Montrouge forçant sur le « ouais » à la fin de chaque phrase, bandana rouge autour du cou, dignes continuateurs des apaches du canal de l’Ourcq (des fils du peuple en « lutte » c’est ça ?).

Plus loin dans l’interview j’avale de travers. « Besancenot est un révolutionnaire, il croit à la forme révolutionnaire de l’action moi je crois à la forme institutionnelle »… Putain mais vous en êtes encore là et avec cette épistémologie-là? Dans vos ateliers de réflexion certainement en train de vous triturer le ciboulot, en train de « bâtir du concept », de « produire de l’analyse », de rédiger des « appels du 7 Juillet » et de signer des « manifeste de Montauban » de lancer des appels solennels et de « répondre présent à la demande du peuple de la Saintonge » mais quand même avec un bémol par rapport au parti « Gauche et Hébertisme » en tout cas à sa tendance dure, et que ce bémol il doit figurer dans la réponse à l’appel mais en bas de page pas en annexe parce que faut envoyer un message fort, parce que chaque chose a un sens en politique tu comprends… Tes concepts, tes « luttes » tes machins ils sont vitrifiés depuis des plombes t’avais pas vu ? Mais réveille-toi gros nigaud ! Tout plein d’idées foutraques publiées sur maints supports et diffusées aux quatre vents, du vent, lu relu, même pas lu, tout de suite gueulé par-dessus par les adhérents les sympathisants les hurlelevents, à en remplir quatre blogs de commentaires déchaînés qui eux même produisent des commentaires de commentaires, des « réactions indignées »… des paroles envolées, qu’on se souvient même plus de quoi ça parlait le lendemain. La démocratie en marche frère ! La participative ! L’indiscutable et objective situation de progrès des déjà bedonnants trentenaires blancs accaparés de « débats d’idées », tous piles électriques alimentées au nouveau courant alternatif celui là même que tu as su saisir, synthétiser et chier en concepts toi l’admirable débiteur de crottes chacune plus républicaines que la précédente. « Prenez et bouffez en tous… ». Mais enfin, ça, ces débats-là, ces mots-là cette sémantique-là cet attirail, cette merde là c’est bon pour les maigrelets de terminal qui pounchent pas et qui s’inventent une prolongation de cow-boy/indien « on dirait que je serai le socialiste proudhonien et toi le Bakounine en train de traduire Tolstoï dans une yourte ». C’est ta gloire de maîtriser cette rhétorique là sans doute. Ah misère ! Et d’y croire. Tu chantais moins haut vieux barbon busqué du nez rapiat du dentifrice sur le plateau du méchant Ruquier. Sûr que tu « riais jaune » alors, et de toutes tes dents.

 

Villepin

Mon bon Villepin, mon bon Galouzeau, nous ne pouvons pas croire que vous crûtes que l’on allait croire à ce que vous dîtes. Un bon redeudeu comme vous enfin ! Raconter des craques aussi grossiers ! De quelle « branche aînée » êtes-vous ? Quelles sont vos armoiries ? Ou sont vos « gens » ? Noblesse d’épée ou de robe ?

De gueule à trois têtes d’âne en trépied surmontées d’une feuille de cannabis d’or.

Admirable intervention, ce moment apogée de république lorsque vous avez débattu à la radio avec Abd-el-Malik, cet alter ego nubien. Ah, votre Manitou c’était fameux, on se tolérait à ne plus savoir ou se mettre, on s’époussetait mutuellement les souliers, on en avait les jarrets si fléchis qu’ils touchaient la te’ me’ Af’ique et l’on se confondait en révérence, c’était à celui qui dirait le plus de fois dans une phrase les mots « république », « tolérance » et « solidaire »… A un moment souvenez-vous grand sachem vous avez proposé au numide souffrant (il toussotait, le mandingue) un verre d’eau. Mais c’est le génie français ! Là où les scribes et les docteurs passaient leur chemin vous seul demeuriez bon Samaritain. Ô Pieux Villepin, ô Saint Villepin ! Autoriserez-vous la postérité à vous vouer un culte de « Dulie » ?

Il ne faut jamais parler sèchement à un numide.

Ah Grand Villepin ! Vous « incarnez » tellement bien la nation ! Surtout sa frange « viktchime » bien naïve et bien bonne et docile. Villepin patron des whiggers. Pascal le grand-frère, Villepin le grand-père.

 

Delanoë

Homme de belle allure « avec situation », bien élevé, rigoureuse rectitude morale, impeccable maintien et éducation, cherche jeune homme vigoureux, rustique, de préférence TBM pour partager moments de tendresse en toute discrétion, calibres moyens s’abstenir. 

Dis-donc Bertrand c’est toi qui a écrit ça ? C’était dans « Paris Boum-Boum » là. Mec mais tu te rends compte de l’image que tu donnes ?

Bertrand D. au Champ de Mars célèbre la diversité. L’empressé maire, le voilà debout sur le pont, « femme debout » délaissant le quatre-pattes pour entonner la complainte des humanistes qui ont la sensibilité à fleur de peau et à feuille de rose. Adepte en politique comme en gymnastique d’une certaine souplesse, le bourgmestre révèle au magazine Têtu que sa position préférée c’est pieds joints par-dessus tête bien offert cul-nu à un TBM de passage et « passionné par la politique » comme on dit en 1ère année de Sciences-Po. C’est bien là son quotidien échafaud : successeur d’Etienne Marcel montez les jambes*! Là dans le bureau, sous les boiseries, sous le portrait de Mendès-France! L’injure au socialisme! Sacrilège.

Ah Delanoë! Emmène nous sur ton nuage blanc raconte nous la grande histoire de la diversité. La tolérance, l’accueil et les « migrants », les magnifiques oiseaux migrateurs… Persuade nous qu’ils sont mignonnes hirondelles et mésanges bleues, que c’est nous qui les voyons pies voleuses et croassant corbeaux, que l’on fait une erreur mais que toi non. Éduque-nous. Fais rêver ton peuple Delanoë, ravi conteur pédophile à la bibliothèque, passe nous la main dans les cheveux peignés, dis-nous « c’est très bien mon petit » que ta secrète érection soit complète! Dessine nous le vivre-ensemble métissé père maire, prince des nuées, muse sublime, castrat du chevalet… Refais nous l’école anglaise, et tout le quattrocento. Crée donc! « Déconstruit »! Sur ta palette antichambre du chef-d’œuvre, mélange les pigments, ici une touche d’indigo, là un soupçon de vermillon, mixité! Mélange allègrement petit marmiton de la merde, tourne-tourne ton pinceau! Que sur la toile vierge territoire tout offert à tes désirs citoyens il en surgisse le post-humain le tant attendu accompli homme vert-maronnasse bien définitif bien égoïste imbuvable connard à l’image de la société que NOUS VOULONS.

Encore une chose. On a vu que la ville, tu t’en occupais comme un chef, n’est-ce pas, successeur de Philippe le Bel, gardien du bateau qui flotte mais ne coule pas, Grand Timonier? Gestionnaire à l’impeccable probité, consciencieux artisan du progrès, infatigable ensableur des quais quel bâtisseur tu fais! Paris plage! Ces cathédrales festives! Ces pâtés de sable! Ah Bertrand, ces pâtés… Allez chante nous donc un peu des nourritures spirituelles maintenant. Pour sûr que tu sauras élever les cœurs aussi haut que les pâtés. Pour sûr que le peuple de Paris en fidèle héritier des communards va vibrer au son de ta voix virile, assurée, virile surtout. Allez Tran-ber, réinvente nous Paris, réveille la jeunesse. Ton discours au Champ de Mars… Toi aux champs dans ta robe d’été, sublime Marianne champêtre, raie publique personnifiée, coq gaulois incarné, chapon métissé. Ralliez-vous à ma collerette rouge est ta devise, car Paris vaut bien tes fesses.

*A Louis XVI devant la guillotine place de la Concorde, le prêtre bénissant une dernière fois  le roi innocent lui avait dit : « Fils de Saint Louis montez au ciel ». (Paris c’était mieux avant).


Films de Q

Actu, Education, Journalisme, Politique, Sozial — Article écrit par le 10 décembre 2011 à 9 h 30 min

Paris porte de Choisy un dimanche gris et froid de fin novembre, le kiosque à journaux affiche les titres de plusieurs magazines ennuyeux du moment. Seul le fond rose fluo du « Chobix » du mois attire le regard, même à trente mètres de distance. On nous promet cette fois « 11 scènes, 15 filles  » pas moins.

Conversation du futur, brève de comptoir de l’an 2030 entre potes d’ESC qui ont appris l’anglais sur des sites de cul : « ouais chui davantage long-lasting en doggy… Dis toi que sans cockring j’arrive à performer 40 minutes easy jusqu’au cumshot. C’est vachement gratifiant pour le self-esteem »

« ooooh mâ gooo’d… » (chuchotement de pervers ébahi, accent français nasal)« ooooh bèbè zat’s so beautiful… show mi dat asshôle… yè dou zate… show mi… ».

Manuel Ferrara, Big Tits Anal Whores #3

 

1/ Une machine d’avilissement des masses 

La manifestation visible de principes invisibles

 

Détruire et frustrer

Il s’agit de mettre en scène la dégradation, le cochonnage systématique de toute beauté de toute innocence, une pulsion de destruction, l’envers de l’eros, l’eros transformé en pulsion de mort, en pouvoir extatique de dégueulasser, de dénaturer, de pourrir ce qui est frais, d’empoisonner ce qui est pur. On te met des nanas qu’on sélectionne les plus innocentes et pures possible, on les fait ressembler à des petites filles et on les livre nues aux énormes bites. Voilà bien le schéma. La pornographie c’est l’organisation de tout cela en contenus, en supports et en structures et en entreprises bref, en irruptions légales et imparables dans la sphère grand public. L’irruption impunie, légale et même applaudie de l’immonde dans le monde.

Ce que veut le diable c’est entraîner les gens dans la merde, mais qu’ils y aillent de leur plein gré. Y a pas plus immonde abaissement, plus répugnante dégringolade quand on y réfléchit deux secondes, que de rentrer chez soi se branler. A ce titre, la pornographie est une machine qui démolit l’image de la femme certes, mais aussi et surtout la dignité de l’homme, aspect que l’on oublie souvent de mentionner. On parle bien de « l’industrie du porno ». Or comment produit une industrie sinon avec des machines précisément ? Et quel est le travail qu’accomplit cette machine en définitive ? Réponse : elle écréme les hommes. Ecrémer, ranger les reproducteurs d’un côté et les cocus les vaincus de l’autre. La pornographie annihile les velléités dans le réel du « branleur » en captant ses désirs, en l’habituant à se satisfaire de cet ersatz, en l’habituant à moins souffrir du rejet… Mais le contrecoup de ce travail d’écrémage c’est ?… c’est qu’il filtre, sélectionne et élimine les « branleurs » du champ de la relation sexuelle possible et réelle. La pornographie endort la frustration mais ne la traite en rien : en fin de compte, tout « branleur » s’élimine de fait du combat, et de son plein gré. Son envie de baiser, cette énergie vitale étant détournée et endormie, il sera moins motivé pour sortir et rencontrer vraiment les femmes, pour trouver une femme, pour vivre réellement la chose. Mécanisme d’évitement : « ça vaut autant le coup de se branler que d’aller sur le terrain ».

Et pour bien aller au bout des choses réfléchissons sur l’absurdité de la branlette devant un film de cul. Si l’on est honnête on arrive certainement à cette conclusion : c’est se branler en regardant un autre type baiser la meuf qu’on aimerait avoir, et lui faire gagner du fric en consommant sa production pornographique, celle-là même par laquelle lui continue à être payé et « aimé », et celle-là même par laquelle on est en train de dépenser temps, énergie et parfois argent, qui tous trois sont reversés à l’immonde enculeur de ta vie live and direct sur l’écran.

Les imbéciles se guinnsent tous devant l’homme leur ennemi objectif, ils se guinnsent pour lui, de lui, par lui. Ils jouissent de leur propre défaite. A chaque seconde dans tous les foyers du monde, à Salvador à Manille à Lubumbashi à Burgos leurs faces absorbées, passionnée par le trailer intitulé « bitch takes it deep anal + facial » donne à réfléchir sur la capacité de l’homme à sombrer sans honte dans la fange en pleine connaissance de cause. Ils apprennent l’anglais grâce aux films de cul.

Mais une question comme ça, gratos : en dernière instance qui jouit ? Qui jouit dans les films de cul ? Les mecs ? Ils sont tous gavés de viagra ! Et ils répètent les scènes, augmentent les doses, un simple missionnaire ne les fait plus bander, trop classique, la plupart ne regardent même pas les filles qu’ils baisent… Les branleurs ? Ils ne jouissent pas autant qu’ils voudraient : ils voudraient que ce soit REEL. Conclusion, tout le monde est frustré dans cette affaire. Et pendant ce temps le diable, qui lui ne perd pas le nord, tisse sa toile : détournement de la libido, nocivité des images, désirs détraqués, incapacité à vivre une sexualité de mari responsable, impossibilité de procréer. Pas de femme, pas d’enfant. CQFD.

Docilité des masses et impunité de « l’industrie »

Pierre Woodman. Quintessence de vieux gros porc immonde dont la gloire consiste à visiter les pays pauvres d’Europe de l’est à la recherche de jeunes vierges désargentées pour les enculer devant caméra en les insultant copieusement en français pour enfin se finir dessus en hurlant effroyablement pour bien exprimer l’idée de soulagement maximal. Woodman c’est le triomphe de Baalzéboul. Ancien policier reconverti dans les castings pornos, il a initié par enculage plus de 3500 filles de familles pauvres dans ses « castings » avant de les envoyer converties en putes sur le circuit de l’industrie X. [Cette phrase a été supprimée sur demande de l'intéressé. - VV] Woodman est millionnaire et roule en Ferrari. Voilà l’heure qu’il est. Passant, contemple la morale de ton temps, gravée au burin sur le frontispice des écoles de Sodome elle dirait ceci : « Pervertit des jeunes filles, encule les devant caméra et fais en des films que tu vendras pour t’acheter une FERRARI ».

En l’espace d’une demi-heure Woodman aura traité la petite Ilanna quarante-sept fois de « salope », dix-neuf fois de « sale petite pute » et huit fois de « sale petite putain ». Lorsqu’elle est entrée dans la pièce elle ne savait pas vraiment de quoi il s’agissait. Elle n’en est ressortie qu’une fois copieusement insultée, déflorée, salopée, enculée, dénaturée de toutes les manières possibles et foutrée dans la gueule. Et lui en est ressorti plus reconnu encore, « reconnu dans le business » et très respecté, admiré pour les admirables nouveaux talents qu’il a déniché et apporté à la profession, invité chez Cauet (véridique), accepté comme personnage parfaitement fréquentable. La seule chose qui puisse rendre quelqu’un infréquentable en ce monde, c’est le racisme. En dehors de ça on a le droit de tout faire, absolument tout.

Pierre Woodman est la preuve vivante qu’il n’existe pas d’extrême droite, nulle part. Il est la preuve vivante qu’il n’existe aucun véritable défenseur de la race blanche ni aucun véritable gardien de ses frères ou de quelconque morale religieuse ni en France ni dans tous ces pays d’Europe de l’est. Lui et toutes les raclures planquées à Los Angeles qui depuis leurs villas protégées déversent dans le monde des torrents gigantesques de concentré de poison ultra-dissolvant anti-race blanche intitulés « entertainment for adults » n’ont jamais été inquiété depuis toutes ces années. D’ailleurs il est assez instructif de se renseigner sur ces gens-là. Qui sont-ils ? Ces réalisateurs, producteurs, « agents d’actrice », gérants de salon du porno… Pour putifier la femme blanche avec autant de rage, d’assiduité et de raffinement pervers il fallait peut-être détester secrètement la race blanche tout en prétendant en faire partie. Qui sont-ils ces maîtres du porno ?

Mutation des pratiques sexuelles

Comment la sodomie qui était, il y a peu de temps encore, la honte et l’interdit absolu aux Etats-Unis est-elle devenue une pratique aussi banale que dans les autres pays ? Comment ce dernier verrou a-t-il sauté ?

Voilà comment : la concurrence a fait s’aligner toutes les filles. Au début des années 2000 de nombreuses actrices d’Europe de l’Est débarquent aux US, « invitées », tournent dans des films dans lesquels elles passent pour de pures WASP (beauté physique similaire, pseudonymes anglais au générique, doublage des voix…), et prennent systématiquement dans le cul, ringardisant les actrices US conséquemment forcées de s’aligner pour rester dans la course. 10 ans après c’est anal pour tout le monde, systématiquement. C’est comme ça que le diable avance, se battant sur les bordures extérieurs, aux confins de la civilisation, tout là-bas bien après les frontières du convenable, là ou l’on ne veut pas voir, il gagne de petites batailles chez les populations les plus dépravées, pendant que les gens comme-il-faut croient que cela ne les concerne pas. Au IVème siècle le citoyen romain avait-il compris que les victoires des Huns sur les Goths étaient le début d’un processus d’effondrement par effet de domino ? Peut-être que la généralisation de l’anal dans les films de cul américains est l’évènement le plus grave des dix dernières années, sans rire.

Laissons David Wynders consultant pour les « AVN awards » nous parler de ce phénomène :

« Tout s’est joué au tout début des années 2000. L’arrivée sur le marché américain de toutes ces actrices d’Europe de l’est a complètement changé la donne. La plupart étaient d’origines gitanes comme Sandra Romain, Angel Dark, Monica Sweetheart, Nikita Denise etc, et elles arrivaient de tout en bas de l’échelle et découvraient le rêve américain et n’avaient pas les mêmes tabous que les américaines blanches en matière de sodomie et de relation interraciale par exemple. La généralisation de ces pratiques à l’écran par des actrices étrangères mais vues comme blanches a permis d’en faire accepter l’idée à la « girl next door » américaine et a permis une évolution des mentalités ».

On n’a sans doute pas mesuré les dégâts que peuvent produire ce genre de tout petit changement qui pourrait paraître négligeable et simplement cantonné à un secteur marginal de la société.

Dans la société américaine les interdits sautent les uns après les autres à une vitesse hallucinante et viennent grossir le rang des « catégories » : Facial puis Anal puis Interracial puis Interracial Anal jusqu’à finalement obtenir l’accomplissement factuel de la pire insulte de gamin de cour de récré qui disait souvenons-nous : « va te faire enculer par une bite de noir ». En quelques années la situation s’est retournée d’une façon incroyable. Nous sommes prêts à parier très cher que l’évolution récente de la pornographie a contribué à préparer la génération Obama, ce dernier étant carrément l’incarnation d’un glissement de terrain initié précisément à l’époque de sa naissance.

Video numérique + petit budget = gonzo

Gonzo + internet haut débit = énorme influence sur la société

Quatre preuves de la forte influence du porno sur la société

Un tiers de tous les téléchargements qui ont lieu sur le web sont des téléchargements de contenu pornographique. Voilà qui laisse augurer de l’importance du torrent d’images qui se déverse, mais aussi peut-être de leur sournoise influence dans la vie privée de tout un chacun. On citera au moins quatre éléments qui semblent être les « fruits » de la pornographie sur les mentalités :

-          1/ Le string : le port du string à grande échelle remonte sauf erreur de notre part, à l’année 2000 (toujours cette année 2000, année charnière pour le nombre de connections à internet).

-          2/ Le ticket de métro : épilation minimale du maillot certes très esthétique mais qui ne saurait faire oublier l’origine de cette mode (les films pornos) qui remonte vraisemblablement au tout début des années 2000.

-          3/ D’étranges MST : un article du Figaro aujourd’hui malheurseusement introuvable notait la récente recrudescence de maladies aux noms compliquées dont le mode de transmission consiste tout simplement en une infiltration de merde étrangère par capilarité dans les muqueuses du gland par exemple. Cela signifie en clair qu’il y a une augmentation de la sodomie dans notre société.

-          4/ Le vocabulaire : Le jargon du porno fait irruption dans les conversations que l’on peut avoir en société. Ainsi on se vantera d’avoir « serré une milf » ou encore une « cougar ». Telle actrice interviewée en prime time sur une chaîne grand public (exemple : émission de Cauet ou de Morandini) déclarera être prête pour le « bondage » mais pas encore pour le « extreme bondage ».

 

2/ La pornographie comme cadre d’expression objectif de l’extension du domaine de la lutte

Les films de cul sont-ils des films dans lesquels il y a du cul, ou sont-ils du cul filmé ?

 

Donnée socio-démographique

Pour évoquer ce sujet de façon exhaustive on commencera par affirmer de façon péremptoire la chose suivante : contrairement à ce que l’on croit il y a en France beaucoup plus d’hommes que de femmes dans la population totale, notamment du fait de l’immigration. Cette donnée devrait au niveau mondial s’aggraver puisqu’il semble que dans certains pays très peuplés il y ait des avortements nombreux lorsque l’échographie montre que l’enfant attendu est une fille. Ainsi faudrait-il envisager un futur particulièrement affreux dans lequel il y aurait (aura ?) un déficit de femmes. Imaginons les retentissements désastreux qu’un tel phénomène pourrait avoir sur des hommes déjà rendus naturellement agressifs dans le partage de femelles numériquement en léger surnombre… Quelles peuvent être les conséquences? Nous en voyons au moins deux :

-          Phénomène d’inflation : des femmes moins nombreuses donc « économie de la rareté », donc encore plus sélectives, irascibles, exigeantes, casse-couilles, ingrates, radines en bonté (Paris est le stéréotype de ce phénomène).

-          Augmentation de la consommation de pornographie par les hommes (mécanisme d’évitement).

Comme quoi la pornographie n’est pas prête d’être freinée.

Recherche éperdue de la générosité

Ce qui définit la grande starlette de X est sa générosité. C’est en faisant la preuve d’une telle générosité que, dans La Collectionneuse, Clara Morgane s’est révélée aux amateurs de films pornographiques. La scène où elle faisait l’amour avec le vendeur d’aspirateur qui venait de sonner à sa porte a en effet causé une surprise davantage due à la fougue et au naturel de Clara Morgane, qu’au dispositif cinématographique banal du réalisateur. La générosité, semblait-elle se rendre compte alors, est une vertu nécessaire, dès lors que le succès dans la production d’un effet requiert de s’y livrer complètement. Comme la condition de l’intensité d’un tel effet consiste précisément en l’ampleur du don qui y préside, c’est à la générosité dont fait preuve la starlette que pourra être mesurée la force de sa prestation. Dans le cinéma pornographique comme ailleurs, la pingrerie n’est jamais populaire.

 Laurent de Sutter « Pornostar, fragments d’une métaphysique du X » (p. 72)

Que recherchent les hommes dans la pornographie ? Pourquoi peuvent-ils renoncer au combat de la drague et du « sexe pour de vrai » et s’enfermer pour se masturber ?

Un élément de réponse. Ils agissent ainsi car souvent le jeu n’en vaut pas la chandelle. On peut être tenté de lâcher prise devant la difficulté et la cherté du plan drague-baise. Mais surtout, l’aspect fort décevant des relations ordinaires constitue une source de découragement chronique. Dans une société qui, au lieu d’encourager les hommes à être très masculins et les femmes très féminines, pousse chacun à devenir plus ou moins des hommes-femmes indifférenciés (et c’est bien là le ton de l’époque), la concrétisation de la rencontre intime ne peut qu’être source de malentendus puisque les rôles de chacun sont mal définis.

Or dans une structure traditionnelle c’est beaucoup plus simple : il est entendu que l’homme fasse son office et que la femme y consente. « Mari aimez vos femmes et femmes soyez soumises à vos maris ». D’ailleurs il y a fort à parier que les couples qui vivent de manière traditionnelle et rébarbative (en apparence) soient en réalité beaucoup plus épanouis que la moyenne, et « s’éclatent » davantage.

Mais des années d’éducation gauchiste et féministe ainsi que trop de guerres perdues ont rabaissé l’image de l’homme occidental (surtout celle du Français de souche) et suscité chez les femmes des sentiments d’orgueil mal placés, une sorte de jouissance à ne pas se donner totalement, à retenir cette générosité, laissant entrevoir cet instinct de salope engravé dans leur cerveau reptilien : « je ne me donne qu’au plus triomphant vainqueur». Les femmes ne sont pas de gauche. La sélection naturelle n’est pas de gauche.

La générosité voilà ce qui manque à la plupart des jeunes femmes de notre temps. Cette générosité sexuelle de jeune femme qui sait se prêter, se donner comme une chose agréable.

Combien de conasses parlent d’amour et ne savent pas le pratiquer, alors qu’il convient de faire exactement l’inverse ? En Thaïlande les filles massent les épaules de leur père lorsqu’il rentre du travail. Elles en acquièrent par la suite un sens infaillible du toucher, une intuition très exacte des caresses qui plaisent à un homme. Chez nous la plupart des femmes ne savent pas caresser, ne savent pas toucher, ne savent pas faire véritablement plaisir. Elles n’arrivent pas à se rendre vraiment disponibles, à l’écoute, à accueillir non seulement avec le corps, mais aussi avec l’esprit. Souvent incroyablement brutales dans leurs gestes et dans leurs paroles, leur ignorance des choses de la volupté désespère les hommes.

Pourquoi presque tous les hommes de cinquante ans font ou voudraient faire des séjours en Thaïlande ? Pourquoi « Plateforme » ?

Objectivement le sommet de la hiérarchie dans une société

Il est évident que de nos jours, plus personne n’a de rapport éthique au travail. On le prétend, mais c’est faux. Car s’il n’y a plus de morale il ne peut plus y avoir d’éthique qui énoncerait « je fais mon travail comme si c’était une mission sacrée et je m’y emploie avec une irréprochable ligne de conduite ». Et il suffit de regarder les cohortes d’étudiants en ESC pour s’en assurer : place aux mercenaires, les passions ne sont plus, les vocations sont vaincues par un marché du travail tellement sélectif qu’il écœure les postulants et les résout à des carrières plus « raisonnables ». Ainsi, combien de brillants esprits aura-ton vu finir en ESC à apprendre des leçons débiles sur l’univers des marques… Coupé de l’éthique et réduit à sa plus simple expression, le travail se justifie alors par 2 piliers : 1) Chercher à « s’éclater » le plus possible dans son job, 2) Chercher à gagner le plus possible d’argent.

Maximiser le plaisir, maximiser l’argent.

Réduit à ces deux critères, quel serait alors le meilleur travail possible ? Il semble que l’on puisse dire que la place la plus enviée soit non celle du banquier qui a réussi, non celle du pilote de F1, du footballeur, du politique ou du magnat de l’immobilier mais celle de l’acteur porno qui a réussi. En effet toutes les autres catégories, aussi enrichies et vainqueurs soient-elles, pratiquent en définitive une « activité intermédiaire » qui n’est qu’une étape dans la course à l’argent et aux femmes. Mais l’acteur porno lui, vit sans intermédiaire et « traite en direct » : l’accès aux femmes est en lui-même une source d’argent. En quelque sorte il saute une étape, il raccourcit et simplifie encore la victoire, il en fait une tautologie dans laquelle femmes et travail s’alimentent l’un l’autre comme un « compte de résultat » composé uniquement de gains pendant que les autres catégories sont dans un schéma ou femmes et travail s’annulent l’un l’autre (le travail rapporte mais les femmes coûtent cher).

De la pornographie en Amérique

Avant « l’actrice porno » c’était une trentenaire bien vulgaire le genre fausse blonde bronzée à l’Oenobiol avec du maquillage bien poivré et tout un attirail de porte jarretelles bref : pas de doute c’était bien « la pute ». Mais aujourd’hui tout se mélange, les frontières du convenable s’effacent et on marche sur la tête. Il n’y a plus aucune différence entre une présentatrice de JT et une actrice de cul. Il suffit de regarder Erika Moulet. Du style « girl next door » on est passé au style « petite fille » ces dernières années, et la prochaine étape ce sera quoi ? Et le plus ahurissant dans l’affaire c’est que les « petites filles » ne sont pas vraiment exploitées dans les faits. Les trois quarts des actrices américaines ce sont ces filles de moins de 20 ans issues de familles blanches désargentées de villages du Middle West qui prennent une année de break entre le « highschool » et le « college » afin de mettre de l’argent à gauche.

« Chez les peuples protestants, les jeunes filles sont beaucoup plus maîtresses de leurs actions que chez les peuples catholiques. Cette indépendance est encore plus grande dans la démocratie d’Amérique dont la Constitution garantit les libertés fondamentales. La jeune fille est vite affranchie de la tutelle de ses parents. Elle est rarement ingénue ou naïve car on l’a informée assez tôt de la réalité du monde sans chercher à lui dérober des vérités. Elles pensent et parlent avec audace et aisance. »

Tocqueville, De la démocratie en Amérique, Tome II (1840)

Elles ne sont pas marginales ni toxicos. Elles ont absolument leur destin en main et savent exactement de quoi il retourne en s’engageant dans le porno. Toujours cet aspect « de plein gré »… On aimerait bien pouvoir dire qu’elles sont exploitées, que ce n’est pas leur faute… Mais il n’en est rien. C’est un choix libre selon toute vraisemblance.

« Elle possédait d’amples ressources, cette amie puisqu’elle se faisait dans les cent dollars par jour en maison, tandis que moi, chez Ford, j’en gagnais à peine six. L’amour qu’elle exécutait pour vivre ne la fatiguait guère. Les Américains font ça comme des oiseaux. «

Céline, Voyage au bout de la nuit

Ces femmes très difficiles à comprendre qui veulent beaucoup de pouvoir mais en même temps souhaitent être dominées sur commande par plus fort qu’elles. Dans la course à la puissance elles montent elles montent et bien malin celui qui montera plus haut encore : à lui tout le cheptel. Le marché du cul est un truc sans pitié, le plus brutal combat qui soit, le plus caché et honteux aussi, dans lequel jamais les vaincus ne pipent mot. C’est le silencieux secret immanent, le broyeur de faibles. Si Houellebecq est l’écrivain vivant « le plus doué de sa génération » c’est parce qu’il est parvenu mieux que les autres à décrire la vraie misère de sa génération : la misère sexuelle.

Disparition des frontières entre marginalité et grand public

Manu Ferrara ambassadeur pour la marque de fringues « The Wicked One », Charlotte Stokely, Lauren Phoenix, Sasha Grey, Faye Reagan et beaucoup d’autres, ambassadrices pour la marque « American Apparel », Lex Steele dans des séries américaines, Sasha Grey dans un film de Steven Soderbergh, Pierre Woodman passe chez Cauet, de nombreuses actrices apparaissent dans des clips de rap diffusés sur M6…

Les acteurs et actrices ont des blogs et des comptes Twitter pour vendre en direct leurs films au public. Ils commenteront sur leur blog leur scène du jour et annonceront sur Twitter leurs prochaines productions, ils annonceront leurs prochaines scènes sur Facebook, « 181 personnes aiment ça ». « Bravo pour cette éjac’ Manu ! ». Textuel.

Ainsi avec cette perméabilité du « mainstream » ( le marché grand public) aux attaques de la morale « borderline » (marginale) on a vu des parisiennes étudiantes en archi’ faire des passes pour gagner de l’argent de poche, des clubbeuses se faire draguer et accepter de coucher seulement si le type paie (Zahia)…

Les actrices sont des « escort »

La très grande majorité des actrices porno gagnent les sommes d’argent les plus faramineuses non grâce aux tournages mais grâce aux passes qu’elles facturent en tant qu’escort-girl à des clients privés.

En effet la pornographie est en réalité pour elles non pas une fin mais un moyen, une vitrine de notoriété, une publicité payée vantant les mérites de leurs services. Des services très lucratifs qui forment en réalité le véritable motif de l’entrée en pornographie de jeunes femmes des classes moyennes. Voilà l’explication de ce « choix libre ». Pensez donc : des passes à 2000 dollars ! Qui peut douter que dans « The girlfriend experience » de Soderbergh, Sasha Grey n’ait pas exactement joué à l’écran le rôle qui est le sien dans la vie ainsi que celui de centaines de ses consœurs ? Alors tu la sens la puissance de Babylone gros ?

La sélection naturelle

Or, c’est précisément ici que se déploie tranquille l’impitoyable sélection naturelle. Eternel retour du schéma immanent forts/faibles. Tout en haut sont les forts : les acteurs payés pour baiser ces filles (Sasha Grey etc…). Puis, en-dessous on trouve les clients fortunés qui peuvent aisément payer pour une heure de baise avec telle fille un jour, avec telle autre fille un autre jour. Puis en-dessous encore, les clients peu fortunés mais prêts à se ruiner pour une heure de bonheur avec une fille de rêve (et là on en revient à l’urgence que représente le gain d’argent). Et enfin tout en bas de l’échelle, voici les cocus de la vie qui vont à tous les salons du porno, qui achètent tous les dvd, qui s’abonnent aux sites, ils sont les pauvres, les laids, les surcocus qui paient pour se branler devant la vie qu’ils aimeraient avoir mais n’ont pas, les Tisserand 2011 qui par-dessus le marché, cerise sur la gâterie, gland rouge sur la creampie, paient, rétribuent, subventionnent, encouragent les forts qui les ont vaincus, ces forts qui baisent et rebaisent et re-rebaisent celles qu’ils auraient voulu avoir, repus d’orgasme à 25000 euros la scène dans la gueule d’actrices mannequins qui facturent le même montant pour une seule nuit avec le commun des mortels. Etre un looser et vivre par la bite des winners, par le truchement de leur bite. L’absolue défaite: vivre par l’intermédiaire du winner qui t’a niqué de façon immanente. La sélection naturelle.

L’interracial comme continuation de la haine raciale par d’autres moyens

La généralisation de l’accès à internet depuis le secret du domicile à toutes les couches de la société à toutes les catégories raciales de la société n’a pas entraîné une diversification des modèles féminins, non il a entrainé une diversification des modèles masculins qui baisent les mêmes modèles féminins qu’avant. C’est ça la diversité. En clair : l’immense majorité des actrices reste de race blanche, mais chez les acteurs on constate depuis 10 ans le déferlement d’acteurs plus ou moins basanés. Tant mieux ? Dans les faits on est loin de Benetton et du dialogue entre les peuples, y a qu’à lire les titres de ce genre de productions dont la traduction serait grosso modo « Salopes blanches pour bites noires ».

C’est la continuité logique de l’onde de choc de la rue. On peut s’interroger sur ce qui peut se passer logiquement dans la tête d’un étranger en âge de procréer se promenant dans une ville européenne. Exemple : c’est quoi en France les modèles des publicités de prêt-à-porter qui parsèment les murs? Rien que des Aryennes. Et même pas des françaises, tu vas pas me faire croire que les nanas des publicités à Paris sont françaises ? Y a pas une seule française qui a ces tronches là. C’est rien que des Aryennes très nordiques, la plus rare « denrée » du monde. Un tout petit centième de percentile de beauté « rare » et c’est immédiatement la ruée la curée tout le monde se jette dessus. Un message très clair est envoyé aux hommes en continu via toutes ces publicités : « plus elle est blanche et plus ça vaut ». Or, comme il y a beaucoup de demande et très peu d’offre, cela crée une tension, une urgence permanente non-dite et difficilement perceptible, encore plus difficilement traduisible par des mots.

Pour couronner ce déséquilibre on a, côté hommes, un schéma à peu près aussi simple que celui-ci.

D’un côté on des immigrés mâles très nombreux :

-          sournoisement hostiles, entraînés à la vengeance par une mythologie de la décolonisation, de l’esclavage et de la discrimination complètement mensongère.

-          chauffés à blanc par mille messages publicitaires, films, chansons, votes de sympathie plus ou moins conscients et flatteries qui sont autant de signes de capitulation, à prendre la place de l’homme blanc.

-          imprégnés d’une hiératique guerrière bien primaire, pétris d’encouragement au métissage et bombardés de publicités représentant des femmes blanches superbes et très provocantes qui elles n’en n’ont rien à foutre de la « lutte ». C’est à dire que l’on a respectivement le prédateur, le festin et la proie, soit un débouché dans le réel à des pulsions qui pour la plupart des autres gens sont restreintes à de la branlette sur du virtuel.

-          dont le niveau de testostérone porté à incandescence par la surenchère quotidienne entre lascars de quartier s’ajoute à un instinct et à une intuition lisant clairement en filigrane de l’air du temps que leur jour de gloire est arrivée et que tous les voyants sont au vert, « qu’on peut les baiser ces fils de pute ».

De l’autre côté, on a une population native :

-          coupée de toute virilité grégaire, de tout influx vital, de toute tradition, de toute légende, grandeur et mystère (et donc étant dans l’impossibilité de dégager un « charisme »), livrée nue aux fluctuations de son espace social qui est le seul qu’elle connaisse (contrairement aux immigrés qui jouent sur deux tableaux : le bled et la colonie), et ayant autant de prise sur les évènements qu’une vache sur les trains qu’elle regarde passer.

-          composée en majorité d’hommes féminisés et entraînés à prendre fait et cause pour tout ce qui est davantage basané qu’eux.

-          complètement abrutie d’admiration pour son alter-ego femme systématiquement placée sur un piédestal.

Dans un tel schéma, l’interracial (métissage) est la seule direction objective possible à la poursuite de la perpétuation de l’espèce. Dans le même temps, le porno ayant naturellement vocation à présenter les plus belles filles aux prises avec les plus grosses bites, à ce jeu là, voici l’effroyable retour du REEL qui s’étale devant les faces ébahies et/ou antiracistes : les plus grosses bites sont souvent noires, et les plus belles filles souvent blanches, voilà la situation bien bourbeuse bien grossière et indépêtrable à laquelle mène l’impasse de la pornographie.

Mais qui achète toute cette merde ? Comment se fait-il que ça trouve des débouchés l’interracial ? Qui paie ? Si l’on fouillait on trouverait que ce sont certainement des Blancs qui achètent tout ça. Tout ce courant procède d’une volonté autodestructrice à ne pas sous-estimer des hommes blancs eux-mêmes, volonté illustrée par exemple par d’incroyables forums de « cocus », ces maris échangistes lançant des offres d’appel pour mâles africains acceptant contre rétribution de baiser leurs femmes. Si ça existe, et même dans des proportions étonnantes. Mais reste une question en suspens cependant : qui produit toute cette merde ?

L’interdit absolu de nos sociétés étant le racisme, une très forte pression s’exerce sur les actrices pour qu’elles passent sous les fourches caudines de l’anti-racisme. « Mais non pour moi ça correspond à un vrai désir hi hi » clament-elles pour bien faire fermer leurs gueules aux « racistes ». Et pourtant, suspicion encore à celles qui font « interracial » mais pas « interracial anal ». Ce sont là de vraies histoires et de vrais sujets de polémique qui ont eu réellement lieu. Il faut fournir l’ultime indiscutable preuve d’antiracisme : être enculée par un noir. Voilà au fond la certification définitive, le tampon ultime, le véritable gage de bonne moralité, le passeport qui rend la race blanche fréquentable. Pendant ce temps-là, dans la « société », dans le monde intellectuel, les Wolton, Onfray et autres cocus habituels sont encore bloqués sur  une épistémologie entièrement structurée par la vieille dualité raciste/pas raciste, vigilance républicaine etc.

 

3/ La pornographie comme source de compréhension de l’époque 

Qu’est-ce que la pornographie nous dit sur notre époque et notre société ?

 

Le paradoxe de la femme

Au bout d’un moment c’est quand même bizarre toutes ces filles brutalisées, saisies à la gorge, souillées de toutes les façons possibles… mais qui consentent à ce traitement. Et même qui le demandent. Et qui surtout n’ont pas vraiment à se cacher du monde, n’ayant aucune condamnation morale à craindre.

Des filles qui se font défoncer dans le porno, et qui en interview montrent un visage impassible, une distance, une froideur, comme si elles étaient des personnes respectables (voir Sasha Grey invitée dans l’émission de Tyra Banks). C’est de cela que les humbles crèvent : du fait qu’il n’y ait personne pour les traiter de pute et leur faire honte, du fait qu’elles puissent encore être considérées comme filles « moyennes ». Et c’est bien normal qu’elles soient considérées ainsi lorsque l’on connaît le niveau de moralité d’une jeune femme « moyenne » occidentale de 16-30 ans. En réalité il y a sans doute très peu de différence entre une parisienne trop bonne et « libérée » de 25 ans et une actrice porno américaine de 19 ans si l’on compare le total du nombre de bites reçues par chacune depuis son dépucelage. Une illustration avec la chanteuse « Simone elle est bonne » dont le clip « PQR » décrit simplement le genre de jeune fille urbaine qu’il « faut » être. Autant dire qu’on est loin des livres à la con pleins de bonne résolutions du genre de « Ton corps pour aimer » écrit par un prêtre de diocèse désaffecté.

Etrange paradoxe de la « femme libérée » qui conçoit sa dégradation comme une sorte d’acte rebelle, « libre » et épanouissant. Etrange paradoxe de cette époque dans laquelle la véritable rebelle est en réalité, si l’on regarde bien, la catholique intègre par exemple, seule genre de fille qui prétend vivre à contre-courant de la pensée automatique et à en assumer les conséquences en matière de chasteté (lorsque la fille est effectivement catho intègre).

Si les salopes sont dépénalisées, alors elles n’ont plus mal, n’ont plus honte, n’ont plus peur. A ce compte-là, les femmes tuent les hommes. Pour qu’une société tienne debout il est nécessaire que les femmes aient « davantage honte » que les hommes à pratiquer l’acte sexuel. C’est le fameux paradoxe qui veut qu’en cas de nombreuses conquêtes sexuelles, l’homme soit un playboy et la femme une salope.

Pour la génération mâle née de parents soixanthuitards l’apprentissage de la vie a parfois été douloureux : non la plupart des filles n’aiment pas vraiment les poèmes ni observer les étoiles, blotties à ton bras un soir d’été. Ce sont des choses qui connotent la profondeur le sérieux, le solennel. Et elles ne veulent pas ça. Elles veulent du « fun ». Boire, « sortir », danser, flirter avec des types, acheter des trucs dans des magasins. A 15 années de distance, Sex & the City est l’exacte continuation logique d’OK Podium. Combien on parie que les consommatrices de ces programmes sont exactement les mêmes filles, juste un peu plus vieilles ?

Le classement par catégories complètement rationnalisées

Milliers de visages, de « catégories »  et de combinaisons possibles de manière à ce que le spectre de la pornographie couvre l’entièreté des fantasmes sexuels de l’humanité. Des sites où l’on peut choisir ce que l’on veut voir : il suffit de remplir les champs « race », « type de vêtement », « type de prestation », « type de décor » etc… Un renouvellement à une vitesse incroyable. Nombre faramineux d’actrices, de scènes, d’acteurs, de  réalisateurs, de sociétés, de catégories, circuits de distribution…

Devient une « discipline »

Les acteurs-directeurs se positionnent sur le marché par « façon de baiser ».

« A l’époque quand chui arrivé chez Platinum y avait des mecs très très forts… Y avait Brandon Iron, y avait Steve Holmes, y avait moi, y avait Tony Ribas… Donc des mecs euh… très très forts et qui faisaient des produits très forts. Tu sais ? Mais maintenant de ramener un mec comme Julian… ché pas si tu vois qui c’est… J’adore le mec, je respecte tu vois. Mais j’aime pas sa façon d’baiser j’aime pas sa façon de faire les films… »

Manu Ferrara, interview pour « la méthode cochon », Dailymotion.

Pour eux c’est très sérieux : il y a une histoire, une légende et une épopée du porno auxquelles ils sont fiers d’appartenir. Pour eux c’est un vrai truc, qui existe et qui se respecte et mérite d’avoir toute sa place dans le monde. Pour sûr qu’ils ont des théories sur le développement économique qu’apporte leur business aux pays libres.

La pornographie comme cadre d’expression de la maîtrise d’une discipline comme peut l’être l’Académie ou les Jeux Olympiques. Manu Ferrara a remporté 3 années de suite l’AVN award du « best anal scene » nous explique sa page Wikipédia.

Une société extasiée devant un gros plan sur un trou du cul distendu

L’ultra-segmentation de l’énorme marché de la pornographie débouche par exemple sur des séries de films spécialement centrées sur le « gaping » c’est-à-dire la dilatation anale d’une fille enculée. C’est simple : la bite se retire, la caméra s’approche à deux centimètres du trou du cul complètement ouvert et le plan reste fixe dix bonnes secondes pour bien qu’on puisse voir le trou noir, et l’on entend plus que la voix hors-champ de l’acteur « ooooh my God that’s so beautiful, oooh look at this ooooh that looks so good ». En effet c’est magnifique. Et des gens achètent ça. C’est vraiment la fin du monde quand on réfléchit deux secondes à ce que cela représente.

Relations sexuelles réduites à la stricte dimension gynécologique, soit le niveau le plus bas de la sexualité.

Phénomène de dévaluation

Après 2005, l’incroyable vague qui avait poussé vers San Fernando (la « Porn Valley » à Los Angeles) les plus belles filles d’Amérique et du monde, se tarit sans doute pour toujours, freinée par le piratage, l’apparition du visionnage en streaming gratuit et la concurrence avec des couples moyens diffusant gratuitement leurs ébats sur le net.

Au cours de ce retournement du marché, s’il est certain que de nombreux pornographes ont été éliminés faute de revenus, la pornographie elle ne s’est pas arrêtée.

Sont apparues des nanas toujours plus nombreuses, toujours moins belles et moins bien payées (corrélation directe entre l’aspect lucratif du métier d’actrice et la beauté de ces dernières, ce dernier aspect étant dépendant du premier et pas l’inverse), payées à faire du sexe toujours plus laid, de plus en plus réduit à son expression la plus simple, mécanique, utilitaire.

Ce processus est à mettre en rapport avec le phénomène de dévaluation dévastateur que produit la pornographie sur ceux qui en regardent régulièrement.

Sur les forums internet de type Doctissimo, de nombreuses femmes évoquent le problème suivant : des problèmes d’érection et de désir de leur mari, liés à une consommation effréné de porno de la part de ce dernier. Ainsi, contrairement à ce que l’on nous dit, la pornographie n’est pas « sans danger » : en produisant un niveau très élevé de performance (beauté, santé, luxe des décors, éclairage…) elle dévalue d’autant l’intérêt d’une relation sexuelle « normale ».

La pornographie est une tentation en libre accès, qui propose de faire un choix libre : accepter ou refuser. La liberté est étrangement lourde à porter. Robert Cash avait magnifiquement illustré cela dans un travail intitulé «Raphy : 05 » qui vaut vraiment le coup d’oeil.

Consommer de la pornographie implique une accoutumance, et donc une nécessité d’augmenter les doses.

Pour toutes ces raisons, il est à prévoir à l’avenir des cas exponentiels d’impuissance liés à la consommation de pornographie, des invraisemblables embrouilles financières de trusts pornographiques, des connexions de plus en plus fréquentes entre des supports de diffusion « mainstream » et la pornographie (les pubs American Apparel, Katsumi invitée chez Cauet, puis chez Ruquier, bientôt chez Claire Chazal etc…) et des cas comme celui-ci :

Un acteur X tue un homme à la machette

AFP
02/06/2010 | Mise à jour : 19:12 Réagir

Un acteur américain de films pornographiques, furieux d’apprendre qu’il allait perdre son gagne-pain, a attaqué plusieurs de ses collaborateurs avec une machette, tuant l’un d’entre eux et en blessant deux autres, a rapporté aujourd’hui le Los Angeles Times.

Stephen Hill, 30 ans, s’en est pris à trois personnes hier soir dans les locaux d’une entreprise de distribution de vidéos pour laquelle il travaillait et où il vivait, a indiqué le quotidien. Il n’aurait pas supporté d’entendre que l’entreprise n’avait plus besoin de ses services et qu’il perdrait du même coup son domicile, précise le journal.

L’acteur, qui a été à l’affiche de plusieurs films pornographiques, aurait poignardé ces trois personnes avec une arme de type machette avant de s’enfuir. Les trois victimes ont été transportées à un hôpital situé à Northridge, où l’une d’entre elles est morte. Le meurtrier présumé était toujours introuvable aujourd’hui.

Lorsque l’on comprend les enjeux de la pornographie, le niveau d’égo, de fric, de puissance de dégradation jouissive, de possibilité de gouvernement des masses, d’envie, de jalousie et de vengeance que ce truc représente, on imagine les intrigues de salopards qui doivent se tramer là-dedans. Déjà que dans un bureau de vente par téléphone de vérandas ce n’est pas joli-joli, mais alors appliqué à « the industry » ça doit être « l’épouvante radicale ». Les pires dégoûtantes raclures de la planète sont certainement ni à Wall Street ni à Kaboul mais à San Fernando. Ce qui est étonnant c’est qu’il y ait si peu d’affaires comme celle-ci-dessus qui soient connues du grand public.

Et ça sera tout.

 

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Efa Choly

Politique — Article écrit par le 3 décembre 2011 à 17 h 42 min

« La Vranze aux Vranzais ! » — Dernières paroles prononcées par Efa Choly (Dolores Afflelou selon son nom dans la résistance) devant le peloton d’exécution allemand, mai 1943.

Il y a une éternité que je n’ai pas lu un numéro du Point. Même pas pour feuilleter paresseusement leur livraison annuelle sur les réseaux franc-maçons ou un autre marronnier racoleur. Oh racoleur à leur manière : bien propre, bien respectable, impeccablement républicaine, très dans le ton de la profession — non pas pute, journaliste, quand ils disent « la profession » c’est d’eux qu’ils parlent, d’ailleurs ils adorent ça.

Qu’on puisse lire ce genre de magazines est pour moi un mystère. Qui lit ça ? la demi-bourgeoisie de province, peut-être ? des fonctionnaires inutiles de classe B, genre inspecteurs du travail ou permanents syndicaux ? ou alors il y a tant de salles d’attente, de dentistes en orthophonistes et de pédiatres en ophtalmos, que ça suffit à soutenir la vente des magazines comme Le Point ? Mais dans ces salles, on n’y trouve jamais, pour le peu que je les fréquente, que de vieux numéros. Parfois vieux de cinq ans. Alors où sont les numéros récents ? Qui les achète ? et qui les lit ? C’est un mystère. Ce genre de journal est en fait le bruit de fond de notre belle démocratie d’opinion, la quintessence de la pensée éditorialisée, dans les clous. Ce qu’est réputé lire le même peuple de cons désespérants qui regarde Drucker le dimanche.

Alors quand Besson sort des clous en se moquant de l’accent d’Éfa Choly d’Éva Joly, ça passe mal. Ses petits camarades crient à l’intolérance, au racisme, au nazisme, à la déportation d’Éva à Ravensbrück. Voire à la norvégiophobie.

On se moquerait de l’accent du Béarn ou du Berry, ça passerait très bien. Mais un accent étranger, pas touche. N’importe quel Zambèze, même improbablement nordique et scandinave, plutôt que la Corrèze.

Ils sont dans leur rôle. Le pire c’est le nombre incroyable de petit épigones qu’ils trouvent chez les vaillants commentateurs qui commentent. Cette sale race, toujours prête à se vautrer dans le conformisme contestataire, dans la pré-pensé approuvé, reproduit maintenant spontanément et automatiquement les tics journalistiques. Il n’y a même plus besoin de leur faire la leçon, ils n’ont même plus besoin de l’apprendre. C’est une génération spontanée de petits BHL, de mini-Colombani, de nains hallucinés assis sur des champignons et qui ressemblent à David Pujadas. Surtout, au-delà des références automatiques aux HLPSDNH™, ils ont même des réflexes de journalistes, en particulier le minable appel au consensus professionnel réprobateur : « je ne comprends pas comment certains autres chroniqueurs peuvent supporter une telle publication »… « Un article qui n’honore pas la profession »… Les chiens de garde d’Halimi ont trouvé leurs petits chiots de Pavlov sur l’internet. C’est fascisant fascinant.

En revanche, très curieusement, on ne les entend pas désapprouver quand l’affligeant pantin qu’est Ruquier fait l’arbre généalogique de Marine Le Pen en forme de croix gammée. C’est bien curieux.

Mais je n’aurais pas fait le moindre article sur cette micro-épilepsie s’il n’y avait eu que cela, même s’il est bon de le répéter de temps à autre. Seulement, ça fait un moment que l’accent d’Éfa Choly d’Éva Joly m’intrigue. Il me semble bien qu’au moment où elle avait sorti Notre affaire à tous et quand on l’entendait à propos d’Elf, elle avait moins d’accent. En jouerait-elle, de son accent, le perdant pour vendre son livre et le reprenant pour incarner le parti politique le plus immigrationniste et anti-français que nous ayons à supporter ?

Essayons de nous rendre compte, par exemple avec cet extrait vidéo que je trouve à l’INA ; c’était au moment de la sortie du livre d’Éva Joly, en 2000. Ou encore celui-ci :

 

 

Comparons avec cet autre extrait, qui date de 2011 :

 

 

Chacun se fera son idée. Il me paraît quand même que l’accent d’Éva Joly était moindre voilà onze ans. Peut-être est-ce l’âge. Mais tout de même, les j et les r en particulier passent beaucoup moins bien dans les vidéos récentes d’Éva Joly.

Étonnant phénomène linguistique : plus elle devient française, jusqu’à prétendre aux plus hautes fonctions, plus elle parle dans les medias français, plus elle s’exprime en français, plus Eva Joly retrouve son accent scandinave. Les mauvaises langues diront que le phénomène avait déjà été remarqué auprès de quelques parlementaires radicaux-socialistes du midi rouge sous la troisième République : sans accent à Paris, ils le retrouvaient pour faire campagne dans leur circonscription du Tarn-et-Garonne ou de l’Aveyron…

Je suis prêt à prendre les paris si quelqu’un a le courage de se livrer à une fastidieuse enquête dans les archives vidéo : Éva Joly a moins fait attention à son accent dans les quelques mois qui ont suivi son engagement politique, et sans doute en a-t-elle discrètement rajouté quand elle est devenue candidate à la candidature écologiste.

(Merci à J.-F. et K. pour les liens.)

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Barbarie et civilisation

Politique — Article écrit par le 25 novembre 2011 à 19 h 11 min

La meilleure illustration de ce rapport entre barbarie et civilisation n’est pas une scène de bataille, mais une scène de la vie quotidienne, telle qu’on peut encore en trouver aujourd’hui dans nos cuisines et poissonneries. Une banalité qui la rend d’autant plus forte, puisqu’elle nous questionne tous. Une nature morte peinte par Chardin. La raie.

Chardin - La Raie

Qu’y voit-on ?

Des huîtres ouvertes, certainement toujours en vie, à qui on laisse reconstituer leur seconde eau, en vue de la dégustation. Des poissons morts. Et un chat attiré par l’odeur. Mais surtout, magnifique et effrayante, une sublime raie suspendue à un crochet de boucher, les viscères arrachées par quelques mains habiles. Et un couteau dont le bout de la lame est dissimulée sous un linge, mais dont on perçoit des traces de sang sur le manche. Peut-être celui de la raie, ou une coupure faite pendant l’ouverture des huîtres. De quoi laisser suspecter un drame.

Mais plus loin, c’est une métaphore de la civilisation. Pour déguster des plats sophistiqués, aux chairs fines et apprêtées avec goût, dans de jolies assiettes de porcelaine et avec des couverts en argent, il faut d’abord tuer. Mais pas seulement, aussi réaliser des actes de barbaries. Vider un corps de ses organes internes, après l’avoir incisé, les arracher, habiller le poisson (c’est-à-dire le débarrasser de tout ce qui n’est pas consommable et ce qui dérangerait le palais), et le faire cuire selon des techniques longuement élaborées. La gastronomie qui constitue un thermomètre de la civilisation est aussi le lieu de crimes en son nom. Et cette raie impressionnante, déchirée par la main de l’homme en vue de sa consommation, en est le témoignage.

Loin de la culture delavie prônée par un Vatican post-moderne, cette peinture montre que pour vivre, il faut tuer. Tuer des animaux pour s’en nourrir, mais aussi d’autres hommes, qui pourraient ne pas être bien disposés à notre égard. Vivre n’est pas la facilité, c’est être un prédateur, même si nos univers douillets peuvent nous le faire momentanément oublier.

L’une des marques de la civilisation qu’est l’art culinaire, qui nous élève si haut au-dessus de l’animal et des primitifs, nous rappelle aussi notre nature, et que la civilisation n’est pas possible sans une dose de barbarie. Qu’elle en est même le moteur.

L’homme occidental s’altère, quand il n’est plus capable d’associer un haut niveau de civilisation avec un haut degré de barbarie, par l’intermédiaire de l’art. L’homme occidental, son archétype, c’est le poète, le philosophe, le peintre, l’écrivain, qui contemple l’horreur de la guerre qu’il a lui même répandu et qui en tire une expression artistique.

L’Occident naît dans un récit. L’Iliade. Une guerre, cruelle comme toutes les guerres, mais celle-ci d’autant plus qu’elle est un combat à mort. Une suite de violences, d’actes de barbarie, commençant par le sac du temple d’Apollon, et finissant par l’incendie de la ville, le massacre et la réduction en esclavage de la population. Avec entre les deux, l’épisode de la colère d’Achille, où il traine derrière son char le corps d’Hector, à qui il refuse une sépulture.

Un épisode commun dans l’histoire mondiale. Mais ce qui fait la différence, ce qui marque la naissance de notre civilisation, c’est qu’à partir de ces scènes sordides, on construit un récit épique en vers. Des chants. L’art transforme la violence, le sang et les larmes, en œuvre majeure d’une beauté qui rayonne jusqu’à nos jours. Et qui donnera naissance à un nombre incroyable d’œuvres d’art, de commentaires, de pensées, de réflexions historiques, poétiques, etc… La guerre engendre la civilisation.

L’Occident c’est la conjonction de la barbarie et de la civilisation à travers l’art. Nous sommes les meilleurs pour tuer, nous étions les plus impitoyables, une mécanique implacable qui parvenait toujours au même résultat : la capitulation sans condition de nos ennemis. Et de cela, nous avons engendré la beauté, des formes subtiles de civilisation, délicates et imagées. Des tableaux, des sculptures, des symphonies, des romans, des monuments, des bâtiments resplendissants, etc…

Nous étions des barbares courtois. Violents et velléitaires, mais aussi sensibles et fins. Et parfois ces qualités se sont retrouvées dans les mêmes hommes, qui de cette lie originelle ont créés des œuvres supérieures qui nous parlent encore.

Ce qui nous oppose aux musulmans, comme à tous les autres hommes, c’est notre rapport à l’art. Mais surtout pas la violence. Car nous l’avons maitrisée comme personne d’autre.

Alors oui, soyons des barbares raffinés. Car la civilisation n’est pas le contraire de la barbarie mais sa sublimation.


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Pourquoi il se gênerait ?

Politique — Article écrit par le 23 novembre 2011 à 18 h 59 min

« C’est le morceau de sucre qui aide la médecine à couler, la médecine à couler… » (Mary Poppins.)

Moi, j’aime bien Sarkozy.

Je lis Sarko m’a tuer. C’est une galerie de portraits amusante, où l’on voit à au moins deux reprises de hauts fonctionnaires de la PP expliquer qu’ils intervenaient régulièrement pour régulariser la nounou des enfants d’un tel ou le jardinier arabe de tel autre. Quand on y ajoute les policiers de gauche qui se plaignent qu’on ait flingué leur police de proximité, un juge moine-soldat de sa propre cause ou le calamiteux Idéal du Galouzeau, cela suffit à dire si la galerie de victimes m’a fait ressentir pour eux une sympathie exacerbée…

Mais ce n’est pas vraiment le problème, ni ce qui me fait bien aimer Sarkozy tout compte fait.

Ce que je trouve réjouissant chez cet homme, c’est précisément la brutalité qu’on lui reproche. C’est justement qu’il se comporte comme un voyou ou un parrain. C’est précisément cette foudre qui tombe en faisant fi des convenances, des papiers administratifs, en bousculant les habitudes des corps constitués, en faisant trembler et en scandalisant toute une insupportable nomenklatura de gens importants engoncés dans des habitudes de bonne compagnie et des routines légalistes dont ils ont l’air de croire qu’elles dureront encore cinquante siècles tant elles sont excellentes.

Déjà ça avait été quelque chose qui m’avait fait voter contre Royal : Sarkozy n’était pas de ce monde d’énarques, de ronds-de-cuir en chef, d’invertis mondains du Quai d’Orsay ou de juges en hermine… alors que Royal, elle, profondément, appartenait quand même à cette engeance.

J’accorde qu’il abaisse la fonction présidentielle. C’est même pour ça que je l’aime bien. Toutes ces apparences pompeuses, ces manières qu’a l’État de prétendre qu’il a droit au respect pour lui-même, c’est insupportable ; cette rhétorique foireuse où cette salope de Marianne s’est coulée alors qu’elle a détruit la société monarchique qui la justifiait tourne maintenant complètement à vide. Par l’exercice d’une certaine brutalité politique, Sarkozy le montre, le met en évidence, l’incarne au plus haut de l’État.

Chacun sait bien que derrière les grands discours sur le vivre ensemble, sur la République, sur l’État de droit, sur les représentant du peuple, sur la solidarité ou sur le bien commun, derrière les principes électoraux et démocratiques, il n’est question que de rapports de force. Mitterrand le disait. Sarkozy le montre.

Chacun sait bien que sans ses instances de répression, ce bel édifice qui affirme poser sur la conscience universelle et les principes les plus sacrés serait saccagé en trois jours. Et qu’il ne tient donc, derrière les conneries pompeuses, que par la force et son usage brutal, ou du moins la possibilité de cet usage.

« Et pourquoi je me gênerais ? » est paraît-il l’une des phrases que Nicolas Sarkozy répète souvent. Et c’est — tout simplement — vrai : pourquoi il se gênerait ?

Alors, à tout prendre, oui, je préfère qu’on m’extorque mon impôt ou qu’on réduise mes libertés quand cela s’incarne dans un chef de l’État qui, d’une certaine manière qui tient au symbolique, expose au jour, par son comportement personnel — c’est ça le « truc d’incarner » —, la réalité, les tripes du régime : sa violence foncière. Je préfère que ce soit clair : s’il n’y avait pas, de la part de l’État, la menace d’une violence physique, je me défendrais contre ceux qui viendraient me voler ou me dire arbitrairement comment je dois me comporter.

Je ne dirais pas que j’y trouve quelque consolation, mais une certaine jubilation faite de lucidité et de dévoilement. La jubilation des baudruches qui éclatent et des vases chinois hideux qu’on pousse par terre. Je trouve un certain plaisir, même trouble, à ce que le Président de la République se comporte comme ce qu’il est : le chef d’une bande de voleurs plus malins que les autres, qui ont entrepris de s’appeler l’État pour échapper à toute punition en s’octroyant le monopole de la violence légale.

Exactement comme je préférerais un voleur de grand chemin qui ne prétendrait pas me faire la morale pour me démontrer combien son vol est doux, magnanime, en s’entourant d’un apparat qui ne viserait qu’à me prendre pour un con en plus.

Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi autant de mes contemporains semblent mieux accepter le vol légal qu’est l’impôt ou la privation de liberté quand c’est fait avec une certaine dignité dans les actes du voleur en chef, en respectant des formes réputées vénérables, ou pourquoi cela leur paraît plus acceptable quand celui qui incarne le régime s’entoure de toute l’habituelle quincaille républicaine, étatique, nationale et présidentielle. Au point que, quand cet apparat manque, le seul reproche qu’ils font, c’est qu’on les en prive. Ce qui leur est intolérable, c’est qu’on leur fasse violence sans y mettre les formes qui leur permettent habituellement de l’accepter plus facilement en collectivité, de rationaliser tout ça.

L’attitude de Sarko, quand il tue ses ennemis, a l’avantage de montrer de quoi est réellement faite en dernière analyse notre organisation sociale et politique : de violence.

Quitte à avoir à la tête de l’État un président qui l’incarne, je préfère qu’il l’incarne bien. Je trouve même que d’une certaine manière, ainsi, on progresse.

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