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François Hollande nouveau chouchou de Moody’s ?
Economie — Article écrit par Vae Victis le 20 octobre 2011 à 12 h 20 minSi j’étais le patron de l’Agence Moody’s, j’inciterais fortement le peuple français à prendre le socialiste François Hollande pour président.
Pour ce faire, je financerais sa campagne. Je murmurais suavement son nom auprès des oreilles qui comptent. Je ferais front commun avec les industriels propriétaires de médias en alignant les campagnes de presse. Je mobiliserais les chanteurs engagés d’Universal ayant des comptes au Luxembourg, et les artistes conceptuels et mondains tirant leurs rentes des commandes d’État. Pour convaincre jusqu’au dernier des Français que François Hollande est l’homme de la situation.
Ce soutien pourrait paraître incongru à certains, contre-nature, mais ce serait oublier que de tout temps ce sont avec les sociaux-démocrates s’affichant de gauche que la finance fait ses meilleures affaires. L’expansion de la finance coïncide avec le développement de la dette publique. Les États nécessitent d’années en années des financement de plus en plus dispendieux pour assurer la paix sociale, et la réélection de leurs hommes politiques qui achètent les votes en endettant leurs pays. Pour ce faire les financiers prêtent ces sommes aux États qui sont devenus les plus gros débiteurs, ainsi que des plus sûrs, car contrairement à une entité privée, un État n’est jamais ruiné tant qu’un seul de ses citoyens possède encore quelques chose. Et à ce jeu la gauche a généralement été la plus dépensière, donc la plus apte à maintenir la croissance de nos activités. Ce qui explique que Wall Street ait largement soutenu l’élection du bon Obama et que Ron Paul soit moqué sur tous les médias US.
Je dois aussi penser à la gestion de cette crise qui n’en finit pas. A désigner l’homme le plus apte à relancer tous les ans, à coup de milliers de milliards, les banques d’affaire too big to fail, qui ont perdu au jeu de la spéculation et qui sont aujourd’hui perclues de dettes pourries. Et à le faire accepter à des peuples qui ne connaissent pas cette sollicitude de leurs banquiers. Là encore François Hollande est le plus propre à assurer les avoirs investis en France. Les hommes de gauche ont cette pédagogie qu’il permet d’entrainer avec bonhommie un peuple à se serrer la ceinture. Une bouille joufflue, un physique bien rond, un air rigolard, un verbe social, voilà ce qu’il faut à la France pour multiplier taxes et redevances. Sarkozy est trop haï pour apaiser un peuple aux abois, ses tics donnent des convulsions à une nation entière. Alors que certains pays d’Europe s’échauffent dangereusement ce serait le plus mauvais candidat pour préserver nos intérêts. Un bon président doit être capable de tenir un discours amoureux et généreux à son peuple, de se conduire en pillard cupide, et encore de rester populaire.
Plus tard, quand la situation deviendra plus tendue, il sera bon de réhabiliter triomphalement Dominique Strauss-Khan, qui était mon premier choix. Des années à fréquenter les milieux d’affaires, à arpenter les institutions internationales, les banques et les investisseurs, lui ont donné une expertise unique et une connaissance intime de nos intérêts qu’il a toujours su préserver.
Quarante ans de gabegie étatique ont donné aux marchés un poids inédit dans l’histoire, devenant les bailleurs de fond des démocraties populeuses bâties sur le principe : dette contre voix. La gauche par son engouement à créer de la dette a fait la fortune des spéculateurs. Il s’agit maintenant de préserver nos acquis en veillant à ce que les États continuent d’emprunter, tout en consolidant leur capacité de remboursement. Le choix de dirigeants dociles alliant une image rassurante et honnête devient une priorité tant les impôts doivent s’alourdir.
Personne ne pourra le faire aujourd’hui aussi bien que François Hollande.
Depardon
Journalisme, Mutation — Article écrit par Lounès le 19 octobre 2011 à 20 h 58 minLe travail de Raymond Depardon présente l’intérêt entre autres choses d’avoir simplement rendu compte de « comment c’était » à une époque donnée et dans un espace donné. Ce travail a consisté principalement à filmer (et à photographier) des catégories de gens pris dans leur espace social, leur univers à eux, et c’est là une gajeure qui n’est guère tenue que par l’émission « Stip-Tease » avec autant de brio. On n’a pas fini d’étudier la portée immense de ce genre de travaux, ces vrais témoignages d’explorateurs qui permettront de dire un jour « voilà, à l’époque, les gens vivaient comme ça ».
Au delà de toute analyse sociologique pompeuse, regarder certains reportages de Raymond Depardon donne simplement à penser sur:
- ce qu’était la rue il y a seulement 30-40 ans: son état de salubrité concret, l’agencement du mobilier urbain, le genre de boutique qui existait, le style de typographie des enseignes dénottant encore une recherche d’harmonie et de retenue même dans le commerce, l’habitat des gens etc..
- ce qu’étaient les gens: leur façon de s’habiller, de bouger, de parler… Par exemple on remarque que la population avait en général des démarches beaucoup plus raides et des postures beaucoup plus maintenues (on dit « guindé » quand on n’est pas d’accord) qu’aujourd’hui.
Ainsi Depardon en s’approchant de la plus pure objectivité par son point de vue d’observateur caché rend un témoignage vivant sur son époque. Or, ce qui nous manque le plus sans doute lorsque des historiens évoquent la Grèce antique, Rome, la Germanie, la France catholique et royale, c’est que jamais n’est évoqué l’apparence physique des gens ni leur gestuelle ni leur parler etc… Par contre on dispose de quantités d’informations (souvent contradictoires) sur leur mode de vie et sur l’organisation de leurs sociétés. Mais tant que l’on ne va pas au nerf de leurs vies à tous ces gens, véritablement au type d’énergie qui les mouvaient, au mystère de leurs enthousiasmes particuliers, on ne peut rien comprendre de qui ils étaient.
Il y a je crois davantage de trésors de l’humanité à chercher et à trouver dans la façon de parler et de bouger d’un Céline, d’un Luchini ou d’un Jacques François que dans tous les bouquins réunis de leurs bibliothèques respectives. Ainsi l’on peut s’intéresser au contenu c’est à dire au savoir, à la culture… Mais aussi au seul style, et l’intitulé de ce site est tout désigné pour ce faire. Merci à Depardon d’avoir immortalisé des éléments de style de son époque (mais pas merci pour être un gros con gauchiste automatique et prétentieux, faut pas déconner non plus) et d’avoir laissé ces reportages que l’on sélectionnera et regardera avec plaisir:
- Reporters (1980): très belles scènes dans la rue Saint-Dominique, rushs sur des manifestations gauchistes (slogans débiles, complètement fallacieux), vie quotidienne dans l’agence Gamma…
- Faits Divers (1983): bagarres, misère humaine et police à une époque on le verra ou déjà c’était « toujours les mêmes » qui foutaient la merde. Une bonne leçon pour comprendre à quel point rien n’a changé en 30 ans dans la rubrique faits divers en France.
- Délits flagrants (1994): le passage devant le bureau du juge de personnes interpellées juste après leurs délits. Imbroglios et situations invraisemblables livrées brutes de décoffrage, presque en caméra cachée.
- 10ème chambre, instants d’audience (2004): document exceptionnel, il s’agit du passage au tribunal correctionnel de plusieurs prévenus, au hasard des jours. Rencontre brutale, parfois drôle parfois déplaisante, avec les paumés, les malchanceux et les salauds.
- Profils paysans (2008): l’incroyable pauvreté et besogne de paysans français qui vivent comme hors du temps, et pourtant bien à notre époque. Foi du charbonnier, levers aux aurores et paysages sublimes.
François Hollande interdit d’Elysée par Moody’s?
Actu — Article écrit par XP le 18 octobre 2011 à 21 h 12 minSi j’étais le patron de l’Agence Moody’s, je ferais mon devoir, et j’interdirais formellement au peuple français de se choisir le socialiste François Hollande comme chef de l’État, tout souverain qu’il est.
Pour ce faire, je menacerais d’intervenir à tout moment dans la campagne électorale pour les étouffer dans leurs dettes en dégradant la note du pays, par exemple un soir à 21H47, en plein milieu d’une envolée lyrique du candidat Hollande à la tribune de la mutualité, la dépêche AFP faisant foi.
A chaque point gagné par le socialiste dans les sondages, je ferais savoir qu’elle va tomber, la baffe, mais à chaque point perdu, je récompenserais le peuple pour ses bonnes résolutions en informant les marchés que le spectre de la dégradation s’éloigne, ce qui ferait monter la bourse, donnerait à l’homme de la rue l’envie de siffloter, et naturellement d’aller voter Sarkozy…. Je serais un professeur de tempérance et de sagesse, à ma manière…
Si j’étais le candidat François Hollande, je me sentirais mal et sur la défensive, avec mes arguments électoraux qui froissent les marchés… d’ailleurs, je le sens mal et sur la défensive, alors qu’il est investi depuis seulement trois jours.
Si j’étais le sortant de droite Sarkozy, en revanche, j’aurais des envies de me jeter sur le petit cochon socialiste, je saliverais, et comme par hasard, depuis trois jours, il salive, le clan Sarkozy …
Les agences de notation, ce ne sont que les experts-comptables des marchés, leur rôle est d’éplucher pour eux la comptabilité de leurs clients, et si les marchés avaient eu en 1981 le poids qu’ils ont aujourd’hui, elles auraient sagement conseillé qu’ils interdient aux français d’élire le socialiste François Mitterrand….
La finance internationale aurait donc mis son nez dans les affaires de la République Française, et mon Dieu, bien lui en aurait pris, qui oserait dire le contraire?
Choix de société ?
Politique — Article écrit par Vae Victis le 17 octobre 2011 à 1 h 02 minPar Diagoras
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A l’heure ou les convictions de nombreux français vacillent devant les implacables réalités politiques et économiques, le besoin de réforme se fait sentir. Le citoyen commence à voir que le pays va concrètement droit dans le mur. Chute des exportations, chômage irréductible, inflation, dette grandissante, système scolaire aux abois… les sujets de réforme ne manquent pas. Cet état de fait alarmant amène de très nombreuses discussions politico-économiques dont on peut constater régulièrement que la conclusion est « il s’agit d’un choix de société ». Apparemment notre avenir est suspendu à ces choix, et nous ferions bien de pas prendre la mauvaise solution.
Alors comme je suis bête et discipliné, j’ai commencé à étudier ces choix, à farfouiller…
L’impression générale que donnent toutes ces discussions, c’est qu’il faut faire le bon « choix de société » car l’état du pays en serait dépendant. Mais cette expression est vague.
- Elle semble tantôt dire que les citoyens choisissent le type de société dans la quelle ils vivent.
- Et tantôt que la société impose des choix aux gens qui vivent en elle.
On ne sait déjà pas si la société est l’acteur du choix ou l’objet du choix. Mais la confusion va au delà. On ne s’accorde pas nécessairement sur le terme « société. » En effet, les débats sur la santé sont souvent intégrés dans les choix de société. Les débats sur l’éducation, sur les contrats de travail, sur l’ouverture des frontières, les normes sanitaires, les lois vestimentaires, les lois environnementales, les lois conjugales, la prohibition de certains stupéfiants, les lois sur la laïcité, l’immigration… C’est fou tout ce qui se rapporte aux choix de société. J’ai donc chercher a savoir ce qui différenciait un choix de société d’un autre choix.
Et c’est la que ça se corse : j’ai du mal a trouver des questions polémiques qui ne soient pas référencées comme des « Choix de société » (on appellera dorénavant les choix de société « CDS » jusqu’à la fin de l’article.). A croire que si ce n’est pas un CDS, on n’en parle pas. Il semblerait pourtant que l’opposition CDS et choix personnel soit pertinente, ce qui pourrait nous aider dans ce travail de définition. Mais étant donné la quantité de CDS, on peut se demander dans quel domaine l’individu est réellement acteur, ou réellement objet du choix. Pourtant les choix personnels devraient être fondamentaux. Ce que chacun choisit pour lui même marque et influence le destin des individus. Ça devrait être ce qui dirige nos vies, ce qui traduit nos valeurs en actes. Discuter de choix personnels et de leur pertinence, devrait être la principale préoccupation des gens qui veulent prendre leur propre destin en main. On devrait se poser des questions en permanence sur les choix qui s’appliquent à nos vies. Pourtant il semble que les « grandes questions » , celles qui vont décider de notre avenir, ce sont des questions de CDS. Ce pour quoi les gens sont prêts à se battre, à militer, à argumenter, discuter, à étudier, ce sont des CDS.
La société a de nombreuses définitions, la somme des interactions humaines, l’organisation d’un groupe d’individus, le résultat des jeux de domination… Il y en a pléthore. Cependant elles ont toutes un point commun, elles traitent de l’environnement social. La société est donc déjà un environnement, une réalité dans laquelle on se trouve, (ou pas). Des lors, un CDS pourrait tout simplement devenir un choix d’environnement. Belle lapalissade me direz vous, et pourtant, choisit t-on réellement son environnement ?
Mon grand père, (paix à ses cendres) disait a qui voulait l’entendre et plus particulièrement a ses petits fils, que « tout choix est un renoncement ». C’est à la fois vrai et faux. Un choix c’est effectivement renoncer, mais c’est renoncer à tout sauf ce que l’on choisit. Ce n’est donc pas un renoncement mais souvent plusieurs et fréquemment même une infinité de renoncements. Finalement, faire un CDS c’est interdire à la société de devenir quoi que ce soit hormis ce qu’on a choisi pour elle, à moins que ce ne soit ce qu’elle a choisi pour nous. D’où ma question : malgré notre sérieux dans ces questions, est-il toujours bien sérieux que pour des choses aussi importantes que notre santé, l’éducation de nos enfants, ou encore notre retraite, nous nous en remettions a l’environnement social ? Ce que j’essaye de montrer ici c’est que lorsqu’on dit d’une question polémique qu’elle procède d’un CDS, on a déjà fait un choix. On a fait le choix de s’en remettre à la collectivité pour se décider sur cette question. On a déjà choisi de transférer notre responsabilité individuelle sur la société, on a déjà fait le choix de vouloir influencer plutôt l’environnement que soi même.
L’interprétation que j’ai tendance a faire de cette observation n’est pas très consensuelle. Certains la trouveront même insultante (tant mieux, si ça les fait réagir un peu). Les CDS sont là pour ordonner, organiser, et construire une société. C’est donc l’expression la plus parfaite du constructivisme politique dans tout ce qu’il a de plus méprisable. Le double sous entendu de l’expression CDS est d’ailleurs révélatrice : Tout le monde a dans l’idée qu’un CDS est une espèce d’action démocratique où chacun exprime ce qu’il veut que la société soit. Dans la réalité, un CDS est plutôt un choix imposé aux individus, par la société, à travers la loi. Quand on dit que la retraite par répartition est un choix de société, c’est faux. Quels individus ont choisi ce système en France a l’heure actuelle ? Ceux qui ont fait ce choix sont la plupart morts ou en passe de l’être. Les cotisants et même la majorité des bénéficiaires se sont contentés de subir un choix qui a été fait pour eux. Nombreux sont ceux qui ont accepté de bon cœur, encore plus nombreux sont ceux qui ont suivi le mouvement sans se poser de questions en croyant que ça avait toujours été comme ça… La société actuelle a-t-elle choisi la répartition ? On peut se le demander. Si elle en sort, ce sera un choix ou une obligation devant l’impossibilité de payer ? Quand on dit que c’est une choix de société, on prend le parti de décider que la retraite est une prérogative de l’Etat. Sinon c’est un choix personnel. Et c‘est cela que je trouve dangereux.
Quand on parle de CDS, on parle d’étatisme. Quand on dit que l’éducation est un CDS, c’est parce que l’éducation nationale est prépondérante, obligatoire et surtout obligatoirement financée par l’impôt. Quand on dit que le système de sante est un choix de société c’est surtout vrai parce que sortir de la sécurité sociale est encore illégal (ou pas d’ailleurs, on sait pas trop) et que donc tout choix personnel est effectivement impossible, à cause de la loi. Quand on dit que la durée du temps de travail est un choix de société c’est vrai également parce que la durée de travail est déterminée elle aussi par la loi et que transiger c’est se mettre en tort vis-à-vis de la loi.
J’en conclue donc que la plupart des CDS sont des escroqueries intellectuelles qui essayent de nous faire croire que l’étatisme nous laisse le choix alors qu’il limite nos choix au strict minimum : Tu es d’accord ou tu affrontes les fusils de la République qui veulent te mettre en taule. Un CDS c’est une négation des choix personnels, un CDS c’est un mensonge qui abrite le despotisme. Aussi quand on me parle de choix de société j’ai pris l’habitude d’entonner l’internationale (en chantant faux, je vous rassure…). La société est un résultat issu des interactions entre individus. Elle n’a donc ni à choisir ni à être l’objet d’un choix sauf a vouloir basculer dans le totalitarisme. En fait c’est un des signes qui ne trompe pas. Toute personne qui vous parle de CDS avec enthousiasme ou résignation est un despote dans l’âme qui pense que ces choix sont légitimes et justifiables. Ce qui est encore plus frappant, le plus effrayant, c’est a quel point cette expression est fédératrice. Quand deux débatteurs ne veulent pas franchir la limite du conflit, souvent ils désamorcent ça en disant que c’est un choix de société, sous entendu démocratique, sous entendu « peu importe la décision elle sera légitime puisque c’est celle de la société ». C’est fédérateur parce que c’est étatiste et donc très français.
Étiquetté : démocratie, despotisme, libéralismeAimez-la et partez.
Actu — Article écrit par XP le 15 octobre 2011 à 16 h 49 minLes républicains de gauche, de droite ou d’extrême-droite sont les co-auteurs d’une plaisanterie à dormir debout: selon ces gens, pour que des immigrés s’intègrent à la France, il suffirait qu’ils l’aiment et la connaissent.
Les premiers pensent de l’immigration qu’elle ne pose pas de problème parce qu’il existe, cet amour du pays d’accueil, ou pour le moins que ça viendra, les fafs estiment quant à eux que ça ne ne viendra pas, mais in fine, ils s’accordent sur l’essentiel: on est Français quand on aime la France.
Avant tout, nous allons introduire un peu de sécheresse et de clarté dans ce monde d’enfumage, de lyre et d’emmerdement poétique en rappelant une phrase de l’ex-Chancelier Gerhard Schröder à qui, le soir de sa nomination, la présentatrice du journal télévisé français venait de demander s’il aimait la France et l’Europe: Je ne comprends pas ce que vous voulez dire, je ne comprends pas la question… J’aime ma femme, j’aime ma mère, mais à part ça, je ne ne vois pas ce que ça veut dire, aimer la France ou l’Europe, je ne comprends rien à ce que vous me racontez.
Il est en effet totalement lyrique et verbeux, ce concept d’amour de la France…. Vous pouvez être exaspéré par votre mère et trouver que votre petit dernier a une tête à gifles, dans le pire des cas ça fera de vous un mauvais fils ou un mauvais père, mais pour autant ça ne transformera pas votre mère en vague cousine, et votre garçon ne prendra pas sur l’échelle de vos préoccupations la place du fils de votre gardienne d’immeuble, malgré cette gueule d’abruti que lui a léguée la belle-famille.
En réalité, la France a été faite par des gens qui l’aimaient à la folie, beaucoup, un peu ou pas du tout, et surtout par des foules qui ne la connaissaient pas, si tant est que la connaître consiste à être instruit de son histoire, de ses valeurs, pour reprendre ce mot si cher aux imbéciles, et même à parler sa langue… Les grand-mères bretonnes de Jean-Marie Le Pen ne parlaient pas le français, c’est lui qui l’a dit, elles n’avaient certainement pas lu Ronsard ni visité la basilique Saint-Denis, elles vous auraient dévisagé de façon bizarre, si vous leur aviez demandé d’expliquer en trois phrases ce qui faisait d’elle des françaises, et pour tout vous dire, elles auraient sans doute couru jusqu’à la gendarmerie pour signaler qu’elles ont croisé un dingue ou un protestant, un type qui pose des questions sans queue ni tête et cherche probablement à cambrioler les fermes alentours ou violer les filles.
Il est d’ailleurs très ambigu, ce concept d’amour de la France, de ses poètes, de ses valeurs et de son patrimoine… Quand les grand-mères de Jean-Marie Le Pen étaient encore en vie, Aimé Césaire apprenait l’imparfait du subjonctif à la rue d’ULM, et son attachement à notre langue, il nous l’a balancé le reste de sa vie à la gueule avec une haine pareille à celle de Youssouf Fofana, l’africain qui a torturé jusqu’à la mort un juif parce qu’il considérait pêle-mêle que les juifs, les blancs et les français avaient non seulement de l’argent, mais qu’il avait été volé à ceux de sa race, ainsi qu’on le lui avait appris en classe, à l’école républicaine… On peut vouloir intégrer la civilisation de l’autre par amour ou affinité, comme un chinois qui devient discrètement incollable sur Louis XIV et le Grand Siècle, ou bien encore comme Aimé Césaire, en cannibale, pour manger l’ennemi.
Du reste, tous les Fofana font un petit peu la rue d’Ulm, de nos jours… N’importe quel membre d’une bande ethnique est allé à l’école bien plus longtemps que les grand-mères de Jean-Marie Le Pen, ils ont tous suivi des cours magistraux pendant plus de dix ans, ils ont donc passé plus de temps devant des Maîtres qu’Alexandre en a passé devant Aristote, on ne pourrait pas pousser plus loin l’expérience de l’intégration par l’école républicaine, mais ça n’empêche pas les républicains d’expliquer qu’il faudrait plus d’intégration par l’école, pour faire de ces sauvages des civilisés…. Les communistes réagissaient déjà comme ça, notons-le au passage… Quand il a été manifeste que ça ne marchait pas, le collectivisme, ils ont expliqué qu’elles n’étaient pas assez collectivistes, les économies socialistes, et qu’en forçant la dose, ça finirait par marcher.
Jamais aucun migrant n’est jamais allé s’installer dans un pays par amour, ça n’existe pas ce genre de truc… Dans les années 1950, pour ne citer qu’eux, des italiens sont venus chez nous pour bouffer, ils avaient tout autour du ventre des enfants qui se sont intégrés, et il faut être déphasé, pour croire que c’est l’école républicaine, qui a permis l’osmose, puisque la plupart n’y sont pas allés…. Ils vivaient entre eux dans des little Italie crasseuses, ils n’aimaient pas les français, et pour beaucoup d’entre eux, ils ne l’aiment toujours pas, ou plus exactement s’en foutent au point d’être absolument indifférent au résultat d’un match France-Pologne, même s’ils ont soixante-dix ans, qu’ils sont imposés ISF et supporters de la Juventus.
Qu’est-ce à dire? Qu’ils n’ont fait aucun serment d’amour à la France, qu’ils se moquent bien de son histoire et de ses musées, mais que l’intégration s’est faite parce qu’ils étaient franco-compatibles, tout pareil aux grand-mères de Jean-Marie Le Pen.
Qu’est-ce à dire encore? Que la France est un pays catholique de race blanche et de culture gréco-latine, comme l’a dit le Général De Gaulle, c’est à dire une division de l’Occident avant toute chose… Partant, un étranger peut ne pas s’y sentir bien, comme un Parisien muté à Quimper qui n’aime pas la pluie et fait des rhumatismes voudrait bien retourner à la Capitale, mais sans que ses douleurs aux jambes l’incitent à foutre le feu aux voitures des bretons purs.
Entre nous, même un jeune homme de quinze ans au QI de 98, doit pouvoir comprendre à froid que c’est ridicule, d’exiger des immigrés qu’ils aiment la France, de se mettre en tête de leur inculquer l’amour de la France, pareil à ce qu’il serait ridicule de sommer un homme d’être amoureux de sa femme…. On peut éventuellement le forcer à se persuader qu’il l’aime, comme Aimé Césaire s’est convaincu qu’il était plus français que les grand-mères de Jean-Marie Le Pen parce qu’il arrivait à faire des imparfaits du subjonctif avec sa bouche, mais il arrive toujours un moment fatidique où l’élastique claque, et la réalité reprend alors ses droits…
Dans un western dont je ne me souviens plus du nom, le jeune James Stewart va demander la main de sa fille à un vieux propriétaire terrien acariâtre, il lui dit qu’il l’aime, et l’autre lui répond à peu près ceci: je m’en fous de savoir si vous l’aimez, ça, ça viendra plus tard ou ne ça viendra pas, on s’en moque et c’est votre affaire! Je vous demande si vous l’appréciez, si vous êtes compatible avec ma fille!
la défiance du hérisson (1)
Sozial — Article écrit par Cherea le 14 octobre 2011 à 18 h 42 minPour mon premier appartement, j’imaginais un triplex sur l’Ile saint Louis sans vis-à-vis et avec une terrasse gigantesque. Autant dire que le malheureux 2 pièces que je louais, dans une banlieue tenue par un maire UMP était loin de mes exigences de jeunesse. Entre les deux, l’argent. J’avais tout de même une gardienne tant dans ma réalité que dans mes rêves. Je crois que le poste a évolué depuis une bonne dizaine d’années, d’ailleurs on ne les appelle plus gardiennes, elles ont un autre nom, une sémantique du style technicien de surface. Celle que j’avais, donc, n’était pas à l’image de la gardienne de film. Assez jeune, bien habillée, ni belle ni moche…des traits un peu grossiers, issue du peuple, des mains usées par le manche du balai…mais aussi un cul musclé, des cuisses pareilles et une poitrine opulente qu’elle ne manquait pas de mettre en valeur…toujours un mot gentil pour tous. Une gardienne en somme. Elle rendait des services: recevait les paquets, assurait la présence quant au chauffagiste. Et puis en plus des charges, je lui filais 100 euros vers Noël. Voilà le décor.
Un soir, je sors, je bois, je rentre… quatre-cinq heures. Plus de clés dans mon jeans…je pue l’alcool, je fais le code, cherche mes clés, rien à faire, je me contrains à sonner chez la gardienne. J’attends, un peu, vois une lumière, entends des bruits de pas. Une main écarte le rideau…Elle glisse un oeil, me jauge. Estime que j’ai une tronche sympathique. Elle murmure à travers la porte, « J’arrive, veuillez patienter trente secondes ». Cinq minutes plus tard, elle ouvre la porte. Mon esprit embué par différentes substances, je ne lui ai pas dit que je voulais simplement mes clés. Elle s’est délicatement parfumée, s’est arrangée et n’ a pas sorti un immonde peignoir pour me recevoir.
« J’ai paumé mes clés, fis-je, vous pouvez me donner les doubles, s’il vous plait, merci ». « Bien sûr me répond-elle, je vais les chercher. Rentrez le temps que je les trouve. ». Je rentre, je m’assois, je reluque l’intérieur. Pas un bouquin, deux trois magasines de merde. C’est propre, propret même. « vous voulez boire un truc » me fait-elle. « Ouais, un rhum coca » « je pensais plutôt à une infusion » répond-elle. « ok, un rhum coca sera parfait ». Elle me sert la boisson, de même pour elle. En revanche toujours pas clés. Elle avait envie de parler. Je la laissai. J’en appris. Le type du 4ème était bien pd comme je m’en doutais. Une autre couchait avec untel et untel, et puis la famille trucmuche avait des problèmes de blé. Rien de bien fascinant mais rafraîchissant à cette tardive. L’heure, l’alcool…que sais-je encore. Elle m’avait attendri à me débiter des conneries sans intérêt. Je me rapproche, lui mets la main entre les cuisses, douces et musclées et moites. Elle les écarte, hausse les reins …oppose la bassin. Elle est épilée…c’est propre. J’ai déjà la gaule, s’excite à l’idée qu’elle me fait de l’effet. La ronde continue, un peu maladroitement certes, les corps ne se connaissent pas encore tout à fait et puis finalement on trouve nos repères.
Je pense que c’est la consommation du porno sur internet qui a fait de toutes les filles aujourd’hui des actrices de cul en puissance, et ma gardienne ne dérogeait pas à la règle. J’aurai payé que je n’aurai pas obtenu des trucs aussi salaces.
Mon erreur fut de m’endormir chez elle et donc de m’y réveiller, partageant ma couche avec celle qui gardait mon immeuble. Pourtant la règle est simple, tirer ton coup et mettre les bouts. A cette règle, j’en avais transgressé une autre. Les Anglo-Saxons ont l’expression NIMBY, not in my backyard, pour expliquer qu’il y a des choses qu’on ne fait pas dans son voisinage…
La suite du cauchemar prochainement.
Serviteur de l’Etat
Actu — Article écrit par XP le 13 octobre 2011 à 22 h 14 minJe ne comprends pas bien le concept de serviteur de l’État, ou plus exactement, j’ai peur d’avoir trop bien compris.
Si Monsieur Jacques Chirac exerce la profession de contrôleur à la Cour des comptes dans sa jeunesse et qu’il embraye sur une carrière politique qui le mène à la Présidence de la République, on nous dit lorsqu’il est vieux qu’il a été un serviteur de l’État pour sous-entendre qu’on lui doit quelque chose d’autre que le traitement qu’il a touché pendant cinquante ans, en l’occurence une amnistie judiciaire.
En vertu du même raisonnement spécieux, il est expliqué que les instituteurs éduquent nos enfants, que les infirmières des hôpitaux publics nous soignent et que les pompiers nous sauvent la vie, pour le dire d’un mot que ces gens-là ne vendent pas leurs compétences, leur temps et leurs efforts mais qu’ils servent.
Cette escroquerie sémantique suggère en vérité un bobard phénoménal : Jacques Chirac, l’infirmière, le pompier, le postier ou l’employé municipal seraient recevables d’une espèce de double salaire, il faudrait, en plus du traitement qu’ils touchent, leur rendre des hommages, leur accorder un statut de citoyens d’honneur et s’abstenir de les regarder dans les yeux, c’est à dire, pour être précis, ne jamais porter le moindre jugement sur ce qu’ils font, ce qu’ils sèment, ce qu’ils récoltent, et surtout ne jamais nous demander si d’aventure, on pourrait se passer d’eux dans une proportion plus ou moins large.
Même si un jour vous croisez un fétichiste de la baguette de pain, il est très peu probable qu’il vous dise éprouver une reconnaissance éternelle pour les boulangers au prétexte qu’il a mangé du pain dans sa jeunesse, et même s’il s’agit d’un dingue, il ne vous dira pas qu’il aime les boulangers parce que sans eux, il serait mort de faim… Pour le dire autrement, malgré son attirance irraisonnée pour les grosses miches et le pain Poilâne, il saura tout de même que ce sont ses parents, qui l’ont nourri, dans sa jeunesse, que le boulanger qui vendait sa production ne lui voulait ni du bien ni du mal, qu’il a été payé, qu’on lui a dit merci en temps voulu et que personne ne doit plus rien à ce type.
Le seul principe qui sépare les sociétés libres des autres, c’est la lutte des classes…. Il repose sur l’idée que dans la Cité, personne ne veut du bien à personne, que ce genre de chose ne s’est pas vu depuis notre départ en catastrophe du jardin d’Éden et qu’en conséquence, personne ne contracte de dettes morales envers personne… Prendre acte que les hommes sont mûs pas l’égoïsme et que cette donnée restera infracassable jusqu’à la Parousie, c’est évacuer du même coup la détestable notion de dette morale selon laquelle on devrait régler à coups de génuflexions ce qu’on n’aurait prétendument pas payé en espèces sonnantes.
Nous devons être traités en hommes libres, c’est à dire en consommateurs, et pas en citoyens… Si nous n’avons à faire de génuflexions devant personne, c’est parce que l’instituteur qui nous a fait la classe dans notre enfance n’était pas supérieur en dignité au boulanger qui fournissait le pain que nous mangions alors, que notre dette à l’égard de l’un et de l’autre est la même, c’est à dire équivalente à zéro.
Cette croyance selon laquelle nous ne serions pas des clients mais des citoyens tenus aux génuflexions, quant on la pousse à son paroxysme, elle peut justifier qu’on ne puisse plus jamais sortir de son pays, à l’âge adulte, au prétexte qu’on a contracté une dette morale dans son enfance en allant à l’école et qu’on doit encore un gros reliquat à l’instituteur…. Le Caudillo qui ferme les frontières et fait tirer sur ceux qui s’échappent à la nage, c’est un porc qui laisserait volontiers partir des consommateurs, mais qui n’admet pas l’incivisme de ses citoyens.
Dans une société libre où personne n’est tenu aux génuflexions ailleurs que devant l’autel, on se livre à une guerre froide quotidienne, on se barde de contrats pour se protéger les uns des autres, on s’arme, et c’est pour ça que les maniaques de la génuflexion et de l’hommage ont inventé la formule ne divisons pas les Français, ne montons pas les gens les uns contre les autres…Dans une société civilisée, les gens se suspectent ouvertement, ils se demandent des comptes, avancent de conflits en conflits jusqu’à la concorde finale, et .d’ailleurs, chacun tombe en poussière avant de l’avoir vu de ses yeux.
Les peuples de l’Europe croulent sous les dettes, ils meurent asphyxiés sous leur leurs fonctions publiques comme feu l’URSS a péri par son armée rouge et ses dépenses militaires, mais il n’ont pas le droit de diagnostiquer leur mal, puisqu’il leur est interdit de se montrer du doigt, de dresser les citoyens les uns contre les autres…
Cette notion fallacieuse de serviteur de l’État évoque toujours chez moi la figure du serviteur de l’État par excellence Philippe Seguin, lui dont absolument personne n’est capable de dire à quoi il a servi mais qui a tout de même été enterré avec les honneurs militaires.
C’était le fils d’une femme de ménage qui devait à l’école de la République d’avoir pu faire l’ENA et dans la foulée coûté cher aux contribuables toute sa vie sans n’avoir jamais créé la moindre valeur ajoutée… Je suppose que pour certaines personnes, ça se respecte, ce genre de chose…. Dans un pays libre, on prend exemple sur les fils de femme de ménage devenus milliardaires, mais dans la France jacobine, ce sont les enfants de femmes de ménage devenus haut-fonctionnaires à la Cour des comptes, les héros des success stories…
Ca fait de la peine, quand on y pense… Moi, ça me rappelle le temps ou nous regardions Starky et Hutch à la télévision, pendant que nos frères de l’Est se régalaient devant le remake soviétique, Trotsky et Hutch, et qu’ils étaient fascinés par les poursuites en Lada dans les rues de Moscou.
La férocité de la guerre
Citations — Article écrit par Vae Victis le 13 octobre 2011 à 11 h 05 minBielorentchenskaïa, 11 décembre 1942
[...]Les adversaires n’attendent pas de quartier l’un de l’autre, et cette opinion, la propagande la renforce encore. C’est ainsi que, l’hiver dernier, un traîneau chargé d’officiers russes passa par erreur dans les lignes allemandes. A l’instant même où ils s’en aperçurent, ils firent éclater au milieu d’eux des grenades à main. Quoi qu’il en soit, on fait toujours des prisonniers, aussi bien pour se procurer de la main-d’oeuvre que pour attirer des déserteurs. Mais les partisans restent complètement à l’écart des lois de la guerre – dans la mesure où il est encore permis d’en parler. Semblables à des hordes de loups, ils sont traqués dans leurs forêts pour y être exterminés jusqu’au dernier. J’ai appris ici des choses qui relèvent purement et simplement de la zoologie.
Sur le chemin du retour, j’y réfléchissais encore. Dans ces régions s’avère une pensée que j’avais déjà examinée sous différents aspects : là où tout est permis s’implante tout d’abord l’anarchie, puis un ordre plus sévère. Celui qui tue son adversaire selon son bon plaisir ne peut pas, non plus, attendre de pardon ; ainsi se forment de nouvelles règles de combat, beaucoup plus dures.
Théoriquement, cela semble tentant, mais en pratique, on ne peut éluder le moment où il faut lever la main sur des hommes sans défense. Une telle chose n’est possible, de sang-froid, que dans un combat avec des bêtes, ou dans des guerres menées entre athées. Dans ce cas, la Croix Rouge n’est plus qu’un objectif spécialement visible.
Ernst Jünger, Notes du Caucase, in. Premier journal parisien, Paris, Livre de poche, 1980, p. 257.
Cet extrait relate l’attaque d’un commando allemand sur des partisans russes :
Les partisans avaient été surpris au réveil. Chaque guetteur avait subi le sort du premier, tapi dans un arbre, dans une série de corps à corps silencieux. Lorsque les Russes virent surgir de la brume ces hommes vociférants dont toutes les armes crachaient le feu, il était trop tard. En quelques secondes des dizaines de cadavres jonchèrent la clairière. Les survivants se défendirent avec l’énergie du désespoir. Les salves ne détonnaient plus. C’était une lutte à l’arme blanche, homme contre homme, homme contre femme, un règlement de compte au couteau, à la baïonnette, au poignard. Les pelles affûtées comme des rasoirs fauchaient tout ce qui tenait debout, tranchant les membres et défonçant les crânes, accompagnées de ahans de bûcheron et de cris d’agonie. Une femme à moitié décapitée s’abattait sur son bourreau en lui labourant le visage et ce corps sans tête, encore vivant, lui arrachait des hurlements de terreur. Des hommes fuyaient le ventre ouvert en traînant leurs boyaux comme des serpentins sanguinolents. D’autres transformés en torches vivantes par les lance-flammes couraient dans tous les sens, tombaient, se relevaient en hurlant avant de se recroqueviller sur le sol.
Paul Bonnecarrere, Une victoire perdue, p 253, Fayard, Le livre de poche, 1978.
Lâchées comme des meutes en lutte, les troupes d’élite des nations se ruaient par la pénombre, assaillants intrépides dressés à se jeter vers la mort au coup de sifflet, à l’ordre bref. Si deux équipes de cette trempe se heurtaient dans les corridors étroits du désert de flammes, alors entraient en collision des corps où s’incarnait la volonté de deux peuples, au comble de sa brutalité. C’était l’apogée de la guerre, un apogée surpassant encore toutes les horreurs qui venaient d’écorcher les nerfs. Venait d’abord une paralysante seconde de silence, lorsque les yeux se rencontraient. Puis un cri fusait vers la nue, abrupt, sauvage, rouge sang, qui se gravait dans les cerveaux comme un indélébile marquage au fer rouge. Ce cri arrachait les voiles des mondes émotionnels ténébreux et insoupçonnés, il contraignait tous ceux qui entendaient à bondir en avant pour tuer ou être tués.
Ernst Jünger – La guerre comme expérience intérieure, Christian Bourgeois éditeur, trad. de François Poncet,1997 (1980), pages 65 & 66.
Étiquetté : Bonnecarrere, guerre, JüngerCoup de grisou à Zurich
Economie — Article écrit par Georges Kaplan le 13 octobre 2011 à 9 h 23 minLe 6 septembre dernier, la Banque Nationale Suisse provoquait une petite panique sur le marché des changes en fixant le cours plancher du franc suisse face à l’euro à 83,3 centimes d’euros pour un franc suisse. Alors que le franc suisse s’échangeait à 90 centimes d’euros le 5 septembre, il ne valait plus que 83,1 centimes le lendemain ; une chute de 7,7% dans la journée – autant dire un petit cataclysme. La banque centrale suisse s’est montrée très claire : « elle ne tolérera plus de cours inférieur à 1,20 franc pour un euro [1], fera prévaloir ce cours plancher avec toute la détermination requise et prête à acheter des devises en quantité illimitée. » Quelle mouche a donc bien pu piquer nos voisins helvètes qui brillent pourtant d’habitude par leur calme, leur courtoisie et leur modération en toutes choses ?
Un petit retour en arrière s’impose. Depuis bien longtemps la BNS a la réputation de gérer le franc suisse avec une rigueur toute germanique et cette réputation est loin d’être usurpée. Et comme, par ailleurs, la confédération helvétique brille par son endettement tout ce qu’il y a de plus raisonnable (38,8% du PIB en 2010 à comparer avec nos 82,4%) ; cette réputation est aussi très crédible [2]. Ainsi donc le franc suisse bénéficie d’une solide réputation dans le monde entier – précisément, l’homme averti sait aussi que la monnaie de BNS préserve sa valeur dans le temps. En conséquence de quoi, quand nos planificateurs monétaires [3] se livrent à de petites expériences de « fiat monnaie » en imprimant des montagnes d’euros ou de dollars dans un effort désespéré pour nous amener à nous endetter de nouveau, l’homme averti, lui, achète du franc suisse (ou de l’or).
Or voilà, il ne vous aura pas échappé que la petite expérience de fiat monnaie en cours depuis 2008 relève du cas d’école [4]. Très logiquement, alors que Ben « Helicopter » Bernanke et Jean-Claude Trichet inondent leurs systèmes bancaires respectifs de liquidités fraichement imprimées, les hommes avertis se sont rués sur le franc suisse comme la misère sur le bas-clergé. Résultat : la monnaie helvétique qui s’échangeait aux alentour de 63 centimes d’euros lorsque Lehmann Brother nous jouait son remake du Titanic s’est offert un plus haut à plus de 95 centimes d’euros au milieu du mois d’août – 51% de hausse en un peu moins de trois ans dont pratiquement 16% rien qu’entre avril et août de cette année ; home run !
Mais la BNS n’a pas du tout apprécié l’enthousiasme que provoquait sa saine gestion [5] et s’est empressée d’intervenir massivement sur le marché des changes pour faire baisser la valeur du franc suisse ; d’où cette journée du 6 septembre. Pourquoi ? Eh bien gageons qu’un certain nombre d’industriels suisses ont passé des coups de fils à un certain nombre de politiciens suisses pour leur expliquer que le niveau élevé du franc suisse leur posait de véritables problèmes de compétitivité à l’export et donc, de sérieuses irritations au niveau du compte de résultats. Les appels se faisant de plus en plus pressants, on imagine qu’ils ont étés relayés diligemment par les politiciens suisses auprès des autorités compétentes et officiellement indépendantes : la BNS.
Seulement voilà, une monnaie qui s’apprécie, ça n’a pas que des désavantages. Typiquement, quand vous êtes un petit suisse du peuple, ça augmente votre pouvoir d’achat sur les produits importés. Pour preuve, alors que le franc suisse s’envolait de 16% entre avril et août 2011, l’indice des prix à la consommation helvète baissait – oui, j’ai bien dit baissait ; c’est une petite déflation – de 1,4%. C’est-à-dire qu’en payant leurs importations moins chères, nos amis suisses s’étaient tous enrichis de 1,4% en 4 mois. Mais voilà une grande vérité de ce monde : le vulgus pecum n’a jamais rien compris à ces manipulations monétaires et il suffit de lui expliquer que c’est pour « protéger les emplois suisses » et il trouve ça absolument formidable, citoyen et responsable. Bien sûr, ce n’est pas la direction générale du groupe Nestlé qui va lui dire le contraire.
Cette petite anecdote devrait nous permettre de comprendre comment il est possible que Jean-Luc Mélenchon et Serge Dassault réclament en même temps une dévaluation de l’euro : Le premier est une brute imbécile, le second est un truand rusé et si ce pays comptait un peu plus d’hommes avertis, nous prendrions soin de ne surtout pas les écouter.
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[1] Soit 83,3 centimes d’euro pour un franc suisse.
[2] Si vous avez raté les épisodes précédents, c’est par ici.
[3] Un autre nom pour « banquiers centraux ».
[4] Voir par ici.
[5] Bien que, pour être tout à fait juste, c’est plutôt un mouvement de fuite face aux expériences de la BCE et de la Fed.
Dénominateur commun
Sozial — Article écrit par Vittorio le 12 octobre 2011 à 20 h 13 minQuand j’étais gosse et que je feuilletais l’Ancien Testament raconté aux enfants et illustré de gravures de Gustave Doré, j’y voyais le Bon Dieu sur un nuage. C’était un vieux monsieur, il avait des yeux, un nez, une longue barbe et je me disais qu’ayant une bouche il devait aussi manger. Et s’il mangeait, il fallait aussi qu’il eût des intestins. Mais cette idée m’effrayait aussitôt, car j’avais beau être d’une famille plutôt athée, je sentais que l’idée des intestins de Dieu était blasphématoire. Sans la moindre préparation théologique, spontanément, l’enfant que j’étais alors comprenait donc déjà qu’il y a incompatibilité entre la merde et Dieu et, par conséquent, la fragilité de la thèse fondamentale de l’anthropologie chrétienne selon laquelle l’homme a été créé à l’image de Dieu et alors Dieu a des intestins, ou bien Dieu n’a pas d’intestins et l’homme ne lui ressemble pas.Les anciens gnostiques le sentaient aussi clairement que moi dans cinquième année. Pour trancher ce problème maudit, Valentin, Grand Maître de la Gnose du IIe siècle , affirmait que Jésus « mangeait, buvait, mais ne déféquait point ».La merde est un problème théologique plus ardu que le mal. Dieu a donné la liberté à l’homme et on peut donc admettre qu’il n’est pas responsable des crimes de l’humanité. Mais la responsabilité de la merde incombe entièrement à celui qui a créé l’homme, et à lui seul.
Kundera, L’insoutenable légèreté de l’être
Encore ? Encore… Le corps de Jésus, à l’évidence, ingère des symboles, mais ne digère pas, on n’excrète pas du concept… Chair extravagante, insoumise aux caprices de tout un chacun : le Messie n’a pas faim ni soif, il ne dort jamais, ne défèque pas, ne copule pas, ne rit pas.
Onfray, Traité d’athéologie.
Dans un de ses ouvrages, Claude Lévi-Strauss raconte un épisode classique qui arrive à tout explorateur du début du 19eme siècle lorsqu’il parvient jusqu’à une tribu primitive. Immanquablement, il se voit proposer une ou plusieurs femmes pour la nuit. Offrande ? Cadeau ? Coutume d’hospitalité ? Rien de tout cela. Si le primitif offre une femme à cet être inquiétant, venu d’ailleurs, de peau blanche et paré d’étrange atours et outils, c’est parce qu’il a peur : peur de se retrouver face à un Dieu ou un quelconque esprit maléfique. Or si cet être couche avec une femme de la tribu, c’est qu’il fait comme n’importe quel homme de la tribu, connait les mêmes désirs, possède les même organes, etc..Bref qu’il est humain. Parfois le primitif demande d’emblée à l’étranger de montrer ses parties génitales, ou encore il le scrute en secret pour s’assurer qu’il est soumis aux mêmes besoins naturels inhérents à la digestion.
Bite, couilles, baise, pipi, caca. Les plus petits dénominateurs communs qui obsèdent et dont la preuve rassure les insatisfaits de l’insatisfaction.
C’est au fond la même question qui a hanté les primitifs de l’esprit lorsqu’ils se demandaient si Jésus faisait caca. Même Céline tombe dedans, dans ses pamphlets, entre autres obsessions de sodomie, chair molle contre muscle, etc…
Nous en sommes régulièrement témoins ici. Il arrive en effet que nos contradicteurs en viennent à utiliser le vocabulaire salace lorsqu’ils n’ont plus rien à objecter, comme XP l’a relevé. Et encore, lorsqu’ils font l’effort d’objecter en préambule. C’est aussi une coutume de langage propre aux souverainistes, on pensera à son incarnation moderne, Dominique Vilpin, lui qui voulait prendre la France parce que ça la démangeait des hanches.
Le salace c’est le langage du collectiviste qui tente de ramener l’individualiste dans le groupe, dans la société comme groupe et groupe comme société. Le collectivisme, mouvement puritain et asexué, a toujours été pris d’une défiance d’ordre sexuelle envers l’individualisme, et il n’a pas tort. Séparation claire et nette du privé et du public, importance de la vie privée, du libre arbitre, de la responsabilité, de la liberté, acceptation de l’inégalité innée (à commencer par les rôles sexués), l’individualisme donne vraiment le bâton pour se faire battre. A l’érotisme symbolique de l’individualisme conséquent de toutes ses séparations, le collectivisme ne trouve comme moyen de défense que le salace. Bite, couille, pipi, caca. Il veut rétrograder l’individualiste à ces plus petits dénominateurs communs.
Lorsqu’un collectiviste vous insulte ou parle de sa bite, ce qui arrive souvent, il ne cherche pas le désaccord, mais l’accord. Il veut vous faire tomber dans le groupe, par sa voie la plus commune. Il veut que vous lui répondiez sur le même mode. L’über-collectiviste, c’est à dire le chef de meute, ou celui qui l’imite, lui se doit d’incarner le phallus comme tout bon chef à plume-seule exception logique à la règle- il se met à bramer et à sortir son engin en vous mettant au défi de faire de même. Ses serviteurs eux vous suivent dans la brousse, avec leurs peintures de camouflage, pour voir si vous faites caca.
Tout ce langage codifié, par définition, ne se résume pas à un retour à l’animalité, en effet, le retournement du langage contre lui-même par son asservissement au biologique et au commun, bref à la chair-comprendre ici au sens de viande- est bien la négation de l’incarnation, son opposition non dans le silence, mais dans la viande qui parle. Incarnement disait d’ailleurs Céline*. Obsession du biologique comme origine voulant contredire le Verbe premier.
NB1 : à la question légitime de Kundera, pour ne pas dire l’intuition, j’ai trouvé logique de donner également les mensonges factuels d’Onfray en exemple, qui, pour son traité d’athéologie ne s’est donné la peine de lire ni les évangiles (où il est écrit que Jésus a faim, qu’il mange et qu’il dort) ni la théologie de base (St Thomas d’Aquin) et qui en conclut l’inverse de ce qui est dit…Ça s’appelle un philosophe rationnel et rigoureux, parait-il.
NB2 : Jean Clair, critique d’Art, a aussi souligné dans ses ouvrages la place grandissante donnée aux thèmes du fécale, de la putridité et des sécrétions dans l’art contemporain, c’est à dire que ces artistes plastiques n’ont plus que ces plus petits dénominateurs comme outils conceptuels, sans évidemment comprendre une seconde ce qu’ils révèlent malgré eux et évidemment sans le moindre talent.
*D’un château l’autre. Jeu : saurez-vous retrouver tout les thèmes souverainistes ? : )
Étiquetté : catholicisme, Céline, collectivisme, Vivre ensemblePrenez n’importe quel bigorneau, dites-lui dans les yeux qu’il incarne!…vous le voyez fol!…vous l’avez à l’âme! il se sent plus!…Pétain qu’il incarnait la France, il a godé à plus savoir si c’était du lard ou cochon, gibet Paradis ou Haute-Cour, Douaumont, l’Enfer, ou Thorez…il incarnait!…le seul vrai bonheur de bonheur l’incarnement!…la tête serait partie toute seule, bien contente, aux anges!…mettez que demain ils se remettent à nous rationner…qu’on arrive à manquer de tout…vous grattez pas!…le truc d’incarner vous sauvera!…vous prenez n’importe quel bizut, n’importe quel auteur provincial, et vous y allez! vous l’empoignez, vous le pétrissez là, devant vous… »Oh, Dieu de Dieu, mais il y a que vous!…y a que vous pour incarner le Poitou! » Vous lui hurlez! « Vos chères 32 pages ? Tout le Poitou! » Ca y est!…vous manquez plus de rien! à vous les colis agricoles!…vous recommencez en Normandie!…puis les Deux-Sèvres! et le Finistère! vous êtes paré pour cinq, six guerres et douze famines!…vous savez plus où les mettre vos dix! douze tonnes de colis! les Incarnateurs donnent, renchérissent, se lassent jamais!

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