Archives pour la catégorie ‘Mutation’


Attendre jusqu’à se sentir vidé de toute énergie

Citations — Article écrit par le 23 février 2012 à 9 h 05 min

Kiku ne comprenait pas pourquoi aucun des taxis qui passaient ne s’arrêtaient, malgré le petit signe lumineux annonçant « libre » sur le toit. Il avait beau lever la main sur leur passage, ils ne ralentissaient même pas. Qu’elles étaient donc les règles, dans cette ville illuminée vingt-quatre heure sur vingt-quatre ? Comment fallait-il faire pour communiquer avec les gens ? Ni l’argent ni la violence ne semblaient efficaces. Même quand il se précipita sur le taxi, mais écartées devant le pare-brise, en hurlant « Je casse tes vitres si tu ne me prends pas! » le chauffeur se contenta de sourire en secouant la tête. Quand il brandit des billets par la fenêtre d’une autre voiture en hurlant : « Je te paie trois fois la course ! » le chauffeur refusa d’ouvrir la portière. Kiku sentait ses forces le quitter, comme s’il se vidait lentement de son sang. Jamais il ne s’était senti aussi impuissant. AU bout d’une demi-heure, un taxi finit par s’arrêter devant eux. Il avait enfin comprit l’une des règles de la cité scintillante : attendre. Sans courir et se démener, ni hurler ou se montre violent, sans changer d’expression, simplement attendre. Attendre jusqu’à se sentir vidé de toute énergie.

Ryû Murakami – Les bébés de la consigne automatique ; Picquier poche, p. 117

Étiquetté : ,

Bis re-petit tas

Citations — Article écrit par le 23 février 2012 à 0 h 40 min

(…) On procéda à une nouvelle émission, et on réduisit le taux de l’intérêt pour accélérer la circulation des nouveaux assignats. Certains députés qui voyaient grand pensèrent qu’on pourrait éteindre toute la dette de l’Ancien Régime en vendant tous les biens de l’Église. (…) Le 20 septembre 1790, l’Assemblée décida de rembourser en assignats-monnaie la dette de l’État et du clergé. L’intérêt était supprimé. C’est en vain que des hommes clairvoyants montrèrent le danger de cette opération : Dupont de Nemours fit prévoir une rapide dépréciation et un renchérissement considérable du prix de la vie ; il montra la banqueroute fatale. Mais à ceux qui parlaient finances, les défenseurs des assignats répondaient politique. « Parlons-nous de la Constitution, disait Le Chapelier, l’émission des assignats ne peut être mise en question, c’est l’unique et infaillible moyen d’établir la Constitution. Parlons-nous de finances, il ne faut pas raisonner comme dans une situation ordinaire, nous pouvons supporter des pertes légères, mais nous ne pouvons pas supporter que la Constitution ne soit pas assise sur des bases stables et solides… » (…) La dépréciation ne se fit pas attendre : de 6% dès les premiers jours, elle atteignait 44% en janvier 1792. Entre temps, après les 1200 millions de septembre 1790, on avait augmenté la circulation de 1200 nouveaux millions. ainsi au printemps de 1792, dès avant la déclaration de guerre, on avait mis en circulation deux milliards et demi d’assignats. (…) Avec la guerre, la situation ne fait qu’empirer : le déficit mensuel varie entre 100 et 200 millions, la vie augmente dans des proportions considérables. C’est la misère et souvent la famine (…) La Convention fit de gros efforts pour défendre l’assignat. Au milieu de 1793, elle décréta un emprunt forcé d’un milliard sur les riches : c’était autant qu’on ne demanderait pas à la planche à billets. Surtout, on se préoccupa d’accroître le gage des assignats par des confiscations nouvelles (…) mais ces mesures n’arrêtèrent pas la dépréciation, de 50% en 1793 elle passa à 67% en juin 1794. (…) La défense des assignats avait échoué. Mais sous la Convention thermidorienne ce fut bien autre chose. En septembre on émit 900 millions ; en octobre un milliard, et ce fut une dégringolade vertigineuse. Le Louis d’or qui valait 75 livres-papier en 1794 en vaudra 2000 en octobre 1795. Le prix de la vie croît de jour en jour. (…) L’avènement du Directoire n’améliore pas la situation. Le Louis vaut, en décembre 1795, 4000 francs-papier. On ferme la Bourse et il passe à 6500. (…) Le gouvernement essaie d’emprunter : il voulait 600 millions-or : les caisses reçurent 13 milliards en papier et 8 millions en valeur réelle. Entre temps, l’assignat de 100 livres est tombé à 6 sous. On brûle la planche à assignats, puis au printemps 1796 on invente un nouveau papier-monnaie : les mandats territoriaux. On en émet pour 2 milliards et demi. À l’émission, ce franc-mandat vaut 2 sous et 30 francs-assignats. Bientôt la dépréciation sera de 60%, puis de 90, finalement les mandats territoriaux sont démonétisés et échangés à raison de 1% contre des sous qui n’ont pas valeur de monnaie. Il n’y a plus de guerre pour alimenter le trésor et Bonaparte s’en chargera. En attendant, l’État fait banqueroute : le 30 septembre 1797, on supprime les deux tiers de la dette.

Tel est donc le bilan financier de la Révolution : si l’Ancien Régime lui avait laissé 3 milliards de dettes, il lui avait légué une monnaie saine et une France prospère. En moins de dix ans cette France était ruinée, la monnaie tombée à zéro et la dette sacrifiée pour les deux tiers.

J. F. Henry in L’Étudiant français, 1939.

Étiquetté : , , ,

Mentalité socialiste, mentalité de racaille

Actu — Article écrit par le 22 février 2012 à 13 h 07 min

L’égalité est l’âme de la France, a dit le candidat socialiste François Hollande.

L’égalité serait la vraie justice. Personne, au Parti socialiste, n’a donc lu ce qu’ont écrit sur la justice Platon, Aristote, Cicéron, saint Thomas, Locke, Kant, Hegel, Nietzsche, ou même Alain? La philosophie du PS s’identifie donc au jacobinisme? L’égalité ne règne que dans les peuplades primitives. Les sociétés riches et civilisées le sont parce que la liberté y produit un foisonnement d’activités, tant intellectuelles qu’économiques, avec une division croissante du savoir et du travail qui sur-multiplie l’efficacité collective.

Or qui dit liberté dit nécessairement différences et distinctions. La seule question est de savoir si cette diversité est bonne ou mauvaise pour le dynamisme de la collectivité et la prospérité de tous, y compris des plus démunis. La réponse a été donnée par l’histoire des deuxderniers siècles : il vaut mieux vivre dans les pays capitalistes qu’à Cuba.

Des raisons qui interdisent d’assimiler égalité et justice, je n’évoquerai ici que les trois principales. La première est qu’une redistribution égalitaire des biens ne serait juste que si l’on pouvait prouver que les biens des riches sont le fruit du vol de ceux des pauvres. Or c’est faux. En effet, la croissance crée des richesses nouvelles qui n’ont pas été prises aux uns pour être données aux autres, mais sont jaillies ex nihilo d’une organisation plus efficace du travail, fruit de l’innovation entrepreneuriale. De ces richesses nouvelles, les entrepreneurs profitent, mais également les consommateurs, qui trouvent sur le marché des produits meilleurs et/ou moins chers. Personne n’est donc volé. Et c’est le fait de confisquer arbitrairement des revenus et patrimoines honnêtement gagnés sur le marché qui est un vol. C’est, en outre, une absurdité économique. Car l’innovation suppose du capital, et le capital résulte de profits réalisés, en général, sur plusieurs générations. Donc, confisquer par l’impôt les revenus et les patrimoines est un coup qui ne peut être tiré qu’une fois. À la génération suivante, il y aura moins à voler, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien du tout (ce qui s’est précisément passé à Cuba et dans les pays similaires).

Le deuxième argument est que l’intervention de la puissance publique qu’impliquent les politiques de redistribution crée les conditions structurelles des pires injustices. En effet, plus les prélèvements obligatoires augmentent, plus grande est la proportion de la richesse collective qui n’est pas gérée par des individus responsables, mais par une nébuleuse opaque de décideurs sans visage, dont seuls quelques-uns peuvent être sanctionnés par un vote démocratique, la plupart jouissant de la plus totale impunité. À l’abri de ce flou, les plus grandes injustices se commettent, pour la bonne raison que les décideurs publics ne dépensent pas leur argent, mais celui des autres. Ils peuvent donc prendre des décisions à la fois irrationnelles, économiquement absurdes, et intéressées, visant leur propre enrichissement et celui de leur clientèle. Les socialistes en savent quelque chose, si l’on en juge par la litanie presque infinie des turpitudes des hauts fonctionnaires de gauche qui ont sévi dans l’économie mixte et dans l’oligarchie depuis 1981. Prébendes, rentes, profits indus de certains, au détriment des contribuables, sont le fruit empoisonné de la croissance record, en France, des prélèvements obligatoires. Enfin, la redistribution au nom de l’égalité consiste à enlever aux uns ce qu’ils ont gagné sans qu’ils aient rien fait de mal, à donner à d’autres des ressources sans qu’ils aient rien fait de bien. Or l’impôt n’est juste que s’il est le paiement par le contribuable d’un service que lui rend réellement l’État. Un impôt pris à certains uniquement parce qu’ils ont plus de biens que d’autres, et sans rien leur donner en contrepartie, est un échange inégal, et en ce sens une flagrante injustice. Nous prétendons respecter les droits de l’homme. Or ceux-ci impliquent que je possède non seulement mon corps, mais tout ce que je fais avec mon corps, donc les biens que j’ai gagnés honnêtement. L’atteinte à l’intégrité de chacun que constitue la confiscation arbitraire de ces biens est comparable à celle qui consisterait à l’amputer d’un bras ou d’une jambe. En ce sens, une société socialiste est une société d’hommes mutilés, rendus incapables de parvenir au plein développement de leurs vertus et de leur personnalité,transformés en clones. Le jacobinisme fiscal est un anti-humanisme. Sans compter qu’à mesure que le troupeau s’appauvrira, faute de dynamisme et d’innovation, la barre de « richesse » actuellement fixée par M. Hollande à 4000 e par mois ne cessera de baisser. Les Français doivent savoir que c’est virtuellement à eux tous que la nomenklatura finira par voler le fruit de leur travail.

L’égalité serait l’« âme » de la France? Il est difficile d’avoir de la France une idée plus étriquée et faisant plus injure à sa si riche histoire. La France moderne est devenue ce qu’elle est grâce à l’égalité des droits, qui est le contraire du collectivisme, puisque c’est la condition structurelle indispensable pour que les hommes soient libres et le jeu social fécond.

Philippe Némo


Com à usage interne (en suppositoires)

Economie — Article écrit par le 20 février 2012 à 11 h 47 min

L’important dans la com interne corporate, ce n’est pas de dire la vérité, ni même d’avoir quelque chose à dire. L’important c’est la psychologie des gens à qui on le dit.

Ainsi AXA. Oui, ne me demandez pas comment, mais je reçois régulièrement ce que reçoivent en interne les employés.

En interne donc, on cite La Tribune et Les Échos en expliquant que tout va bien, que le résultat a bondi de 50%.

Un assureur qui gagnerait de l’argent en ce moment, je vous entends grincer. Quel tour de cochon nous jouent-ils pour nous faire croire ça ?

C’est très simple, extrait de l’article de la Tribune envoyé à toute la laborieuse fourmilière :

Le résultat net fait quant à lui un bond de 4,3 milliards d’euros contre 2,7 milliards l’année précédente, soit près de 50% de hausse. Pourtant, il est inférieur aux prévisions des analystes qui misaient sur un résultat net d’environ 5,8 milliards. Mais les dépréciations d’actifs principalement sur les obligations souveraines grecques (d’un montant de 387 millions d’euros pour l’ensemble de l’année) ont pesé sur le résultat. De même, la réduction de 943 millions d’euros du « good will » relatif au portefeuille américain de produits « variable annuities » de la génération Accumulator, a aussi réduit le résultat.

Ces effets négatifs ont cependant été compensés par les plus-values réalisées grâce à la vente des activités en Australie, en Nouvelle Zélande, et au Canada ainsi que la vente de la participation dans la compagnie Taikang Life.

Autrement dit, Axa a perdu de l’argent, ce qu’elle a compensé à la hâte en vendant des activités dans les pays les plus prometteurs : Australie, Nouvelle-Zélande, Canada et Chine (Taïkang Life est un des fleurons de l’assurance vie chinoise).

Autrement dit encore, et pour préciser la chose dans les esprits : Axa ne réalise de profits cette année que parce qu’elle a vendu des activités dans les pays riches de demain, ce qui a pour effet de la recentrer mécaniquement un peu plus sur les pays européens en voie d’appauvrissement.

Stratégie génialissime qu’il fallait bien célébrer en interne. Le pire étant que ça marche, l’employé moyen d’Axa ne voit que le titre et va en bas : il lui sera accordé 0,69€ de bénéfice par action. C’est toujours ça de pris.

Étiquetté : , , , ,

Si ce n’est toi…

Citations — Article écrit par le 19 février 2012 à 22 h 00 min

La stratégie des « Jeunes avec Marine » est pour le moins surprenante. Ses leaders, Julien Rochedy et Paul-Alexandre Martin, présentent bien, et n’affichent pas du tout le look de jeunes extrémistes de droite. Au contraire, ils rappellent plutôt le style BCBG des jeunes populaires. Ils jouent ainsi un rôle dans la stratégie dite de « dédiabolisation » de Marine Le Pen. Elle n’hésite pas à les mettre en avant comme autant de gages de respectabilité et de rupture avec l’ancien Front national de la jeunesse, réputé pour être plus radical que la maison mère.

En résumé, s’ils ont les cheveux ras ce sont des skinheads, mais s’ils les ont longs, ce sont des skinheads camouflés, ce qui est pire.

Je ne sais pas quel faute ont commis dans une vie antérieure les deux journalistes qui ont été condamnés à exploiter dans la mine de bonne conscience le filon presque épuisé de la lutte contre l’extrême droite, mais c’est un bad bad bad karma qui doit l’expliquer.

(Merci à J. F. pour le lien.)

Étiquetté :

Céline et son Art

Actu — Article écrit par le 19 février 2012 à 21 h 22 min

 » Parler d’un livre, c’est toujours l’impuissance…  »
 » Je suis un styliste, si je peux dire, un maniaque du style, c’est-à-dire que je m’amuse à faire des petites choses. On demande énormément à un homme, or il ne peut pas beaucoup. La grosse illusion du monde moderne, c’est de demander à l’homme d’être à chaque fois un Lavoisier ou un Pasteur, de tout faire basculer d’un coup. Il ne peut pas !  »
 » L’histoire, mon Dieu, elle est très accessoire. C’est le style qui est intéressant. Les peintres se sont débarassés du sujet, une cruche, ou un pot, ou une pomme, ou n’importe quoi, c’est la façon de le rendre qui compte. La vie a voulu que je me place dans des circonstances, dans des situations délicates. Alors j’ai tenté de les rendre de la façon la plus amusante possible, j’ai dû me faire mémorialiste, pour ne pas embêter si possible le lecteur. Et ceci dans un ton que j’ai cru différent des autres, puisque je ne peux pas faire tout à fait comme les autres.  »
 » Dans le Voyage, je fais encore certains sacrifices à la littérature, la « bonne littérature ». On trouve encore de la phrase bien filée… A mon sens, au point de vue technique, c’est un peu attardé.  »

Interview avec Madeleine Chapsal, L’Express, 1957.

 » Je représente quelque chose, moi, le génie français, gloire littéraire, patrimoine spirituel de la France et le reste… invention, j’ai inventé un style, ça vaut bien cent mille par mois… et je pourrais me passer de Gallimard, prendre ma retraite… j’ai tout de même soixante-trois ans. Je la mérite bien la rente, la rente et le prix Nobel… L’invention du style émotif parlé, comme le chas de l’aiguille, je l’ai dit, ça vaut le Nobel, je veux… Surtout quand on voit ceux qui l’ont eu, qui le méritaient pas, qui avaient rien inventé : Gidouille la crotte… Mauriac qui pète de fric… Hemingway et son vieux naturalisme éculé chromo…  »

Interview avec Jean Callandreau, Artaban, 1957.

 » Il est difficile de changer de style, c’est même impossible. Les peintres paraît-il changent de style, mais enfin… les écrivains aussi… moi je ne crois pas que ça me soit arrivé. L’affaire du style, si j’ose dire, m’intéresse plus spécialement, parce que je suis un styliste. J’ai cette faiblesse, et je crois que c’est une faiblesse peu répandue, mais il faut dire que c’est ce qu’il y a de plus difficile, le style. Envoyer des messages ou des pensées profondes, je n’ai qu’à ouvrir un ouvrage spécialisé, j’en ai plein, je n’ai qu’à regarder dans la médecine, j’en ai plein, je vais facilement briller, étinceler, n’est-ce pas… Non. Je suis un coloriste de certains faits. Je me suis trouvé en des circonstances où par hasard la matière à décrire était intéressante. Proust s’occupait des gens du monde, je me suis occupé des gens qui venaient à ma vue et à mon observation. J’ai décrit des petites histoires, avec un style qui, paraît-il, est le mien.  »
 » Pour dire la vérité, 400 pages imprimées font 80000 pages à la main. Le lecteur n’est pas forcé de le savoir. Il ne doit même pas le savoir. C’est l’affaire de l’auteur à effacer le travail. Vous mettez le lecteur dans un paquebot. Tout doit être délicieux. Ce qui se passe dans les soutes, ça ne le regarde pas. Il doit jouir des payasages, de la mer, du cocktail, de la valse, de la fraîcheur des vents. Tout ce qui est mécanique, ou servitude, ou service, ne le regarde pas du tout.  »

Interview avec Louis-Albert Zbinden, Radio-Lausanne, 1957.

 » C’est dégoûtant d’écrire sur soi-même, moi, moi, moi ; et se faire sympathique ce serait plus dégoûtant encore, il vaut mieux se présenter au public sous un jour ignoble. Il faut que le caractère soit plus vrai que lui-même. »

Interview avec Olga Obry, Le Phare-Dimanche, 1957.

 » Dans les Ecritures, il est écrit : « Au commencement était le Verbe. » Non ! Au commencement était l’émotion. Le Verbe est venu ensuite pour remplacer l’émotion, comme le trot remplace le galop, alors que la loi naturelle du cheval est le galop ; on lui fait avoir le trot. On a sorti l’homme de la poésie émotive pour le faire entrer dans la dialectique, c’est-à-dire le bafouillage, n’est-ce pas ?  »
 » Si vous prenez un bâton et si vous voulez le faire paraître droit dans l’eau, vous allez le courber d’abord, parce que la réfraction fait que si je mets ma canne dans l’eau, elle a l’air d’être cassée. Il faut la casser avant de la plonger dans l’eau. C’est un vrai travail. C’est le travail du styliste.  »
 » Souvent les gens viennent me voir et me disent : « Vous avez l’air d’écrire facilement. » Mais non ! Je n’écris pas facilement ! Qu’avec beaucoup de peine ! Et ça m’assomme d’écrire, en plus. Il faut que ça soit fait très très finement, très délicatement. Ça fait du 80000 pages pour arriver à faire 800 pages de manuscrit, où le travail est effacé. On ne le voit pas. Le lecteur n’est pas supposé voir le travail.  »

Louis-Ferdinand Céline vous parle, 1957.

 » J’ai cessé d’être écrivain, n’est-ce pas, pour devenir un chroniqueur. Alors j’ai mis ma peau sur la table, parce que, n’oubliez pas une chose, c’est que la grande inspiratrice, c’est la mort. Si vous ne mettez pas votre peau sur la table, vous n’avez rien. Il faut payer !  »

Interview avec Louis Pauwels et André Brissaud, Radio-Télévision Française, 1959.

 » J’ai eu dans ma vie le même vice que Rabelais. J’ai passé moi aussi mon temps à me mettre dans des situations désespérées. Comme lui, je n’ai donc rien à attendre des autres. Comme lui, je ne regrette rien.  »

Propos sur Rabelais recueillis par Le Meilleur Livre du mois, 1959.

 » Le public, je l’emmerde ! J’écris par nécessité matérielle, pas pour autre chose ! Voyez-vous, le style, c’est une affaire qui ne pardonne pas ! Moi, on me hait !  »

Interview avec Jacques Izoard, Lettres, 1959.

 » Les jouisseurs n’ont pas besoin d’écrire. Poser une semblable question à un écrivain ! On écrit parce qu’on est malheureux. Votre monde dévore tout le reste. Vous êtes seul. Et soutenu par le style. Les poètes n’ont pas de vie intérieure. Les écrivains sont en général des bafouilleurs.  »

Réponse à une enquête de Tel Quel, « Pensez-vous avoir un don d’écrivain ? », 1960.

 » – Moi j’ai fait passer le langage parlé à travers l’écrit. D’un seul coup.
– Ce passage est ce que vous appelez votre « petite musique », n’est-ce pas ?
– Je l’appelle « petite musique » parce que je suis modeste, mais c’est une transposition très dure à faire, c’est du travail. Ça n’a l’air de rien comme ça, mais c’est calé. Pour faire un roman comme les miens, il faut écrire 80000 pages à la main pour en tirer 800. Les gens disent en parlant de moi : « Il a l’éloquence naturelle… il écrit comme il parle… c’est les mots de tous les jours… ils sont presque en ordre… on les reconnaît. » Seulement voilà ! c’est « transposé ». C’est juste pas le mot qu’on attendait, pas la situation qu’on attendait. C’est transposé dans le domaine de la rêverie entre le vrai et le pas vrai, et le mot ainsi employé devient en même temps plus intime et plus exact que le mot tel qu’on l’emploie habituellement. On se fait son style. Il faut bien. Le métier c’est facile, ça s’apprend. Les outils tout faits ne tiennent pas dans les bonnes mains. Le style c’est pareil. Ça sert seulement à sortir de soi ce qu’on a envie de montrer.  »

Interview avec Claude Sarraute, Le Monde, juin 1960.

 » Tout un livre sur la manière dont une fille embrasse, les différentes façon qu’elle a d’embrasser et ce que cela signifie… est-ce que c’est écrire ? Ça n’est pas écrire, ça n’est rien, du gâchis. Je n’ai jamais mis ça dans mes livres, mes livres sont du style, rien d’autre, juste du style. C’est la seule chose qu’il faut chercher en écrivant. Qui sait combien ont essayé de copier mon style… mais ils ne peuvent pas. Ils ne peuvent pas tenir pendant quatre cents pages, essayer, ils ne peuvent pas… c’est tout ce que j’ai, le style, rien d’autre. Il n’y a pas de messages dans mes livres, c’est l’affaire de l’Église. « 
Interview avec Robert Stromberg, Evergreen Review, été 1960.

 » Le truc, c’est que moi je fais le boulot pour les lecteurs, vous comprenez… En somme, le bonhomme, quand il lit un livre, il est forcé de faire un effort de représentation. Moi, je le fais pour lui, l’effort. Je lui raconte. Je fais passer le langage écrit à travers le langage parlé. Il se produit alors un peu ce qui s’est produit pour les impressionnistes. Avant on ne voyait jamais, par exemple, la fleur, l’écrevisse ou la jolie femme sur l’herbe. On montrait un magnifique bouquet de fleurs, des scènes de chasse, de naufrage, mais tout ça en jour d’atelier. Alors il fallait faire un effort, pas un effort gros, mais tout de même un petit effort pour sentir la bataille ou sentir le naufrage. Tandis qu’avec les impressionnistes, là, avec Manet, Monet et la suite, là on les a vues sur l’herbe les écrevisses et les jolies femmes avec Le Déjeuner sur l’herbe et le Bonheur à Bougival.  »

Propos recueillis par Léon Darcyl, Paris-Match, 1960.

 » – Est-ce que dans vos romans l’amour tient une grande place ?
– Aucune. Il ne doit pas en tenir. Il faut avoir de la pudeur quand on est romancier : article 2 !  »

Interview avec André Parinaud, Arts, 1960.

 » Pourquoi j’écris ? Je vais vous le dire : pour rendre les autres illisibles…  »

Interview avec Pierre Audinet, Les nouvelles littéraires, 1960.

 » Écrire ?… Qu’est-ce que ça veut dire ?… ça m’horripile !… C’est bien écrit… il écrit bien, elle écrit bien… Regardez comme c’est filé, comme c’est charmant !… Je ne peux pas supporter ça… Ils font des phrases, c’est facile… La création, la vraie, ça demande une grosse concentration intellectuelle, anormale, pas naturelle… J’en parle en médecin… C’est presque un suicide… « 

Interview avec Claude Bonnefoy, Arts, 1961.

 » C’est un peu comme l’architecture… Il faut bâtir une maison, la porte, les fenêtres, les marches, les escaliers… Puis vous entrez dans la maison et vous tâtez… Là, le plancher gondole, là vous n’êtes pas à l’aise… Vous redressez à petits coups, puis vous ressortez… Et ça, ce travail qui fait que votre maison ce n’est pas tout à fait ça, c’est un petit peu autre chose, c’est le style… Mais il n’y en a pas un sur un millier, un sur un million, c’est très dur, styliste…  »

Interview avec Stéphane Jourat, La Meuse, 1961.

Merci à F.

Étiquetté :

Cioran et les GVD

Citations — Article écrit par le 17 février 2012 à 13 h 00 min

Cioran, de l’inutilité de la culture livresque.

La /conscience/ est le produit d’un dérangement du système nerveux et elle atteint son paroxysme dans la neurasthénie. L’atroce réceptivité nerveuse de l’homme le détruira après l’avoir fait. C’est pourquoi sa déchéance est beaucoup plus proche qu’on ne le croit.

Cela étant, ne nous étonnons pas que les hommes instruits soient inaccessibles à l’humour et à la sérénité. Comment être serein quand on se dit qu’un ami est marxiste, un autre spenglérien, un troisième idéaliste, et ainsi de suite ? Comment avoir la perspective de l’éternité quand, pour faire carrière, il faut apprendre toute une bibliographie, parler de mauvais livres qu’on n’a même pas lus, connaître tous les auteurs imbéciles qui ont écrit par obligation professionnelle, tous les ravaudeurs de la culture qui se sont occupés toute leur vie de l’œuvre des autres parce qu’ils n’avaient rien à dire ?

C’est dans la solitude des montagnes que j’ai éprouvé le plus d’intensité le sentiment de l’inutilité complète de la culture et en partie de la philosophie scolastique, farcie de formules abstraites et vides ; de l’inutilité de toutes les fades élaborations dénuées d’un contenu vivant, réellement ressenti.

Il faut mener une campagne d’extermination contre la culture purement livresque. Je voudrais bien voir ce que deviendraient les intellectuels qui grouillent de par le monde si l’on détruisait brusquement tous les livres. Je suis presque sûr que la plupart cesseraient de penser, car leurs prétendues idées n’ont pas été vécues, ils les ont empruntées aux livres.

Ne trouvez-vous pas intéressant que des gens sans possibilités intérieures, qui se sont évertués à acquérir une certaine culture, redeviennent les nullités d’autrefois dès qu’ils renoncent à la lecture ? Il est vrai qu’aujourd’hui les idéaux de sagesse sont inactuels et même illusoires. La vie est devenue trop douloureuse pour que nous puissions croire que nous sommes seulement des spectateurs, et non des acteurs. Nous autres, modernes, nous avons perdu le sens de l’éternité, nous sommes incapables d’avoir une vision sereine de l’existence, nous vivons le temps comme un tourbillon dramatique et démoniaque, voilà pourquoi les idéaux de sagesse sont caducs.

Les penseurs (en tant qu’authentiques représentants de la culture) ont aujourd’hui une obligation impérieuse, essentielle : devenir des penseurs existentiels, vivre concrètement l’abstraction, élaborer selon le plan de la vision et non selon une combinaison stérile de concepts sans correspondance dans la réalité.

Le jour viendra où l’on démasquera tous les pseudo-intellectuels qui croient penser parce qu’ils affichent une formule, qui se prennent pour des philosophes parce qu’ils acceptent un système étranger. L’impuissance spirituelle n’avait jamais trouvé auparavant de moyens de dissimulation plus sûrs pour draper sa nullité sous des formes empruntées.

L’absence de caractère organique de la culture contemporaine fait que l’homme ne vit plus dans des contenus mais dans des formules dont il peut changer comme il changerait de chemise.

Vous comprenez donc pourquoi il est nécessaire de se purifier sur les hauteurs.

Merci à F.

Étiquetté :

De la construction d’une légende

Actu — Article écrit par le 15 février 2012 à 21 h 30 min

Il y a aussi des légendes qui sont répandues, par exemple la fameuse légende de la déportation des homosexuels. Il faut être très clair là aussi. Manifestement Himmler avait un compte personnel à régler avec les homosexuels. En Allemagne il y a eu une répression des homosexuels et la déportation qui a conduit à peu près à 30.000 déportés et il n’y en a pas eu ailleurs, et notamment en-dehors des trois départements annexés, il n’y a pas eu de déportation d’homosexuels en France.

Quel est le mot important, le mot clé, dans ces propos du député Vanneste ?

Déportation.

Des homosexuels se sont-ils retrouvés déportés de France parce qu’homosexuels durant la seconde guerre mondiale ?

Peut-être.

On sait finalement peu de chose, ne serait-ce que parce que la case « homosexuel » n’était pas proposée à l’administration. Certains peuvent en conclure que les homosexuels qui étaient arrêtés étaient déportés pour d’autres motifs. On peut aussi supposer que c’est dans ces autres motifs qu’on peut dénicher la véritable raison de leur déportation.

Un élément intéressant serait de croiser les fichiers. Déportés en France sous l’étiquette de « politiques » mais internés en Allemagne avec l’étoile rose au veston. Je ne sais pas si la moindre étude a été faite là-dessus, mais je ne trouve pas trace de pareils cas.

Quoiqu’il en soit, à la lumière de ses propos sur la déportation en Allemagne,  il apparaît évident que le député Vanneste parlait ici d’une politique systématique, généralisée pour le moins (et pour reprendre également la définition du crime contre l’humanité), de déportation des homosexuels en France.

Que l’homosexualité ait pu ici ou là servir de prétexte, voire de raison, pour des déportations c’est possible. Probable même. Nul besoin de solliciter trop fortement son imagination pour se représenter un collaborateur zélé et détestant par ailleurs les homosexuels prétendre que tel ou tel homosexuel est un résistant afin de le voir disparaître de la circulation.

Cependant il n’y avait nul besoin d’être homosexuel pendant la seconde guerre mondiale pour se retrouver déporté en dehors de tout acte de résistance (sans parler d’être juif, tzigane, etc.). Il suffisait parfois d’une vieille histoire de vache dans un pré avec un ennemi bien introduit dans la collaboration.

Mais il est strictement impossible de prétendre que ces déportations d’homosexuels parce qu’homosexuels aient été systématiques ou généralisées. Il n’y avait pas, en France, de plan pour déporter et/ou exterminer les homosexuels.

Il suffit d’ouvrir un vieux numéro de Signal pour s’en rendre compte, tel n’a jamais été le cas. Et Vanneste d’ajouter quelques exemples fameux d’homosexuels qui n’ont pas été franchement inquiétés pour cela pendant la guerre alors même que leur homosexualité était de notoriété publique. Enfin, plus parlant encore, les chiffres. Sept français déportés pour homosexualité sur le territoire français. Enfin, sept français pour lesquels l’homosexualité est un facteur mentionné dans l’arrestation. En sachant que la plupart ne fut toutefois pas déportée exclusivement pour ce motif.

Autrement dit, homosexuels déportés, oui ; déportation homosexuelle, non.

Ce qui n’empêche pas, à gauche comme à droite, quelques jours après qu’un député ait évoqué les camps de concentration après la sortie médiatique de Guéant sur les civilisations, de parler de négationnisme.

Ces mêmes hommes politiques, députés ou sénateurs bien souvent, qui, il n’y a pas si longtemps se piquaient de dire l’histoire et de voter des lois mémorielles.

Je ne suis pas, ni Bidou, partisan d’instaurer un test de quotient intellectuel aux candidats à la députation. Je crois, tout au contraire, que le système démocratique doit se targuer d’avoir des hommes politiques représentant toutes les couches de la population. Et, telle est ma conviction en tout cas, je crois d’ailleurs que le seul aspect où la chambre des députés ressemble fidèlement à la société française dans son ensemble se situe justement au niveau de ses capacités intellectuelles.

Le problème se révèle donc plus profond. Une démocratie qui laisse à ses parlementaires la possibilité de voter des lois mémorielles ou de limiter par la loi la liberté d’expression ne peut se targuer d’avoir une bonne constitution.

On reproche également à Christian Vanneste, me dira-t-on, le terme de légende. Signe d’homophobie assure-t-on. Pourtant, dans cet ouvrage référence (et unique disons-le) sur la déportation pour motif d’homosexualité, on retrouve cette phrase en quatrième de couverture,

C’est pourquoi des historiens ont décidé de se pencher sur cette aspect encore trop méconnu de l’histoire afin d’apporter des réponses aux questions que se posent d’une part les militants homosexuels qui revendiquent une reconnaissance officielle des persécutions infligées à leurs prédécesseurs, et d’autre part les autorités publiques qui sont ainsi interpelées.

Le terme de légende peut-il alors être considéré comme abusif dans la bouche de Christian Vanneste ? Les associations homosexuelles commémorent, un peu partout en France, la déportation des leurs. Si on reste sur l’ouvrage sur la déportation pour motif d’homosexualité, il y a, plus de gerbes déposées chaque années par ces associations qu’il n’y a eu de déportés français pour homosexualité. Avec, la plupart du temps, manifestement, un lobby important de ces associations pour être représentées et pouvoir poser leurs gerbes à ces cérémonies.

Qu’on le veuille ou non, il y a là, une disproportion qui s’apparente à la construction d’une légende.

Je ne vois pas comment on pourrait le dire autrement.

Le faible intérêt que portèrent à ce sujet, à la fois, les autorités politiques et le monde universitaire, confina celui-ci dans une négation de sa réalité historique quand, parallèlement, le mouvement associatif, s’en saisissant à des fins revendicatives, en forgeait une représentation erronée. Si l’idée d’une persécution systématique des nazis à l’encontre des homosexuels a dominé à partir des années 1970-1980, les études menées récemment tendent à corriger celle-ci. Dans le cadre français, le travail historique s’ouvre ainsi sur deux chantiers : celui de la réalité de la déportation et celui de l’histoire de l’investissement mémoriel sur le sujet de la déportation par le mouvement gay.

Mickaël Bertrand (dir.), La déportation pour motif d’homosexualité en France. Débats d’histoire et enjeux de mémoire, Dijon, Mémoire active, 2011, 176 p.


Courrier des lecteurs

Actu — Article écrit par le 15 février 2012 à 16 h 33 min

Un candidat s’adresse à nous par e-mail en date du 28 janvier dernier, en réponse à un billet intitulé « Votez Hollande » :

Je ne peux pas voter Hollande, je suis candidat.

Profession de foi :

Jacques Goguy retraité de la SNCF. Je suis candidat à la présidence.

Mon programme.

Pour un véritable changement, et remettre la France en état de marche :

Il faut relancer l’économie, cela ne peut se faire sans moyens financiers.
Dans un pays au bord de la faillite, c’est indispensable ; il faut condamner les
responsables de ce gouffre financier, c’est une escroquerie que les politiques
ont l’intention de faire payer aux Français.

J’ai l’intention de mettre en place un groupe de travail, afin de connaître
l’enrichissement anormal de politiques sous le gouvernement Giscard jusqu’à nos
jours, ainsi que les magistrats, les avocats, huissiers, préfets, policiers,
gendarmes, les fonctionnaires des impôts, les banques, etc.

Les coupables seront tenus de rembourser toutes les sommes détournées avec des
intérêts, de rembourser leurs salaires et pensions de retraite.

Je remets en place la peine de mort pour ces hauts fonctionnaires, qui ont trahi
la France et les Français.

Pour faire des économies :

  • Je supprime le Sénat ;
  • le Conseil constitutionnel ;
  • la Cour de cassation ;
  • le Conseil d’État ;
  • les sous-préfectures ;
  • les ministères qui n’ont aucune utilité — ex : le ministère de la ville, etc. ;
  • je réduis au minimum le nombre des députés ;
  • je supprime les impôts sur le revenu ;
  • la TVA ;
  • la CSG et le RDS ;
  • les paradis fiscaux ;

Si l’homme est conscient et libre, c’est jeter le joug des impôts perfides.

Remettre la France à l’ouvrage en privilégiant les petites et moyennes entreprises, dirigées par leur propriétaire.

Ne plus donner d’avantages aux sociétés où les bénéfices sont distribués à des
actionnaires.

Je veux privilégier les transports en commun — ex : la SNCF, réouvertures de lignes, de gares, et triages.

Je remets en place du personnel pour un meilleur fonctionnement de l’éducation nationale, des hôpitaux, l’EDF, la poste, nationalise les télécoms, un personnel de maintenance permanente dans toutes ces administrations.

Pour une France plus saine ne plus faire d’autoroutes, et de super aéroports.

J’interdis les pesticides, les désherbants nuisibles à l’environnement.

Je privilégie la création de petites exploitations qui œuvrent comme par le passé, les fermes avec des vaches qui vont au pré, une basse-cour, des vergers, etc.

Pour une réforme de la justice :

  • je supprime 90 % des textes de procédure, avec un seul registre des barèmes soit une condamnation de… pour la gravité d’un délit, la récidive le tarif double ;
  • interdiction aux franc-maçons d’exercer une fonction publique ;
  • réouverture des TGI ;
  • je supprime les postes de hauts magistrats, la création dans chaque tribunal un
    comité de sages ;
  • je mets en place dans chaque département une commission indépendante pour statuer sur les dérives des magistrats ;
  • les magistrats seront responsables de leurs actes civilement et pénalement, les irrégularités commises par ces juges seront punies doublement.

Je veux une France plus juste, un travail pour tous avec un salaire décent, un logement pour tous les citoyens, une liberté de la presse, et d’expression.

Je suis le candidat de ces réformes qui me tiennent à cœur, n’ayant pas les moyens de me déplacer dans la France entière et de publier des bulletins de vote, pour ce faire vous prenez une feuille blanche modèle A4, vous la pliez en 4 parties égales, vous coupez à la pliure, cela fait 4 bulletins et vous marquez mon nom Jacques Goguy. Je vous promets de dégager tous ces parasites qui ont ruiné le pays.

À publier.

Voilà qui est fait. Nous souhaitons bonne chance à M. Goguy. Nous ne sommes sans doute pas d’accord avec lui sur tout son programme, mais nous sommes quand même prêts à devenir ministres s’il emporte l’Élysée, formant l’aile douce et bidolienne de l’ordre nouveau qu’appelle de ses vœux M. Goguy.

Étiquetté : , , , , ,

Toutes les civilisations se valent

Citations — Article écrit par le 11 février 2012 à 21 h 06 min

Il est intéressant d’élever des poules :

  • vous pouvez avoir de la viande à manger
  • les œufs sont bons pour tout le monde, surtout pour les enfants
  • vous pouvez bien recevoir les étrangers
  • vous pouvez faire des cadeaux ou des sacrifices
  • avec les excréments, vous avez du fumier pour le jardin
  • quand vous avez besoin d’argent, vous pouvez vendre des poulets et des œufs au marché
  • vous pouvez avoir des poussins
  • vous pouvez utiliser les poules dans les cérémonies comme les funérailles, les sacrifices, ou pour demander la main d’une fille en mariage

    Extrait du guide de formation de l’Inades Burkina L’Élevage familial des poules.

    L’Institut africain pour le développement économique et social (Inades), qui a changé de nom entre temps, précise lui-même sur son site internet :

    Héritier de l’ancien Institut africain de développement économique et social (INADES) créé en 1962, le CERAP, oeuvre jésuite, est un centre intellectuel et social d’inspiration chrétienne qui regroupe en son sein plusieurs départements dont la mission commune est l’éducation à la dignité humaine.

    Étiquetté : , ,
    Titre :

    Lien :

    Description :

    Fermer