Archives pour la catégorie ‘Mutation’


Super Mario Draghi

Citations — Article écrit par le 15 septembre 2012 à 21 h 33 min

Extrait des règles du Monopoly, jeu amusant où l’on joue avec de l’argent fictif sous forme de billets fantaisistes de toutes les couleurs :

Some players think the Bank is bankrupt if it runs out of money. The Bank never goes bankrupt. To continue playing, use slips of paper to keep track of each player’s banking transactions, until the bank has enough paper money to operate again. The Banker may also issue « new » money on slips of ordinary paper.

La Banque ne fait jamais faillite : elle peut mettre en circulation autant d’argent que nécessaire sous forme de reconnaissances de dettes écrites sur du papier ordinaire.

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Ted Lebire chez Audrey Pulvar

Journalisme — Article écrit par le 14 septembre 2012 à 18 h 33 min

Ted Lebire, étoile montante du parti Doux et bras droit de Bidou, était l’invité d’Audrey Pulvar, sur le sofa dans son bureau de la rédaction des Inrockuptibles, porte close.

A. — Alors Ted, que pensez-vous de ces événements dans le monde arabe ?

B. — Eh bien comme le disait la poétesse Asmaa bint Marwân avant d’être elle-même tuée par des barbus sans humour, Mahomet était une vulgaire arsouille et si les musulmans ont du caca de biquette entre les oreilles, c’est sans doute sa faute. Tout ça n’est pas bien brillant.

A. — Vous désignez des responsables ?

B. — Oui, je crois que le grand responsable de tout ce fiasco est Bernard-Henri Lévy. D’ailleurs notre parti Doux incline à croire que tout ce qui ne va pas dans les lettres et les arts aussi, c’est sa faute.

A. enlevant ses lunettes d’intellectuelle noire et faisant la moue — Ce n’est pas antisémite, ça Ted ? Dieudonné-Bidou même combat ?

B. — Dieudonné ressemble de plus en plus à notre président Bidou, il s’empâte, et si un jour la LDJ arrive à le rouler dans des fibres textiles ignifugées après l’avoir couvert de goudron, il pourra devenir membre d’honneur du parti Doux. Mais non, ce n’est pas antisémite. D’ailleurs je propose que M. Lévy soit renvoyé à Benghazi et nous en refasse un film-reportage avec son téléphone portable. Le Chameau de Mabrouk, ça s’appellera.

A. — Et s’il en revient ? vous irez voir son film ?

B. — On l’enverra déjà faire la promo au festival du film engagé de Lattaquié.

A. — C’est une manière détournée d’appeler à la violence contre Bernard-Henry Lévy ?

B. — Absolument. Le coller contre un poteau et le fusiller de douze tartes à la crème dans le dos me semble un minimum. L’avantage de la chose étant qu’on peut répéter l’opération presque indéfiniment sans même l’abîmer. Il est temps que ce cacatoès dépoitraillée des charniers arrête de nous crier ses injonctions. En plus avec son fric il nous fait passer pour des méchants cons dans le monde entier.

A. — Quel regard portez-vous justement sur le rôle de la France et de François Hollande dans tous ça ?

B. — Je recommande à M. Hollande de rester dans son bunker idéologique à biser alternativement Corinne Lepage et Marisol Touraine tout en plaçant sur une carte des modèles réduits d’éoliennes. C’est encore comme cela qu’il nous fera le moins honte, ce petit mou flasque.

A. – Vous êtes sévère.

B. — Mais juste, d’ailleurs tous les ex-gros deviennent des petits mous flasques, genre limace. Et vous êtes bien mieux que Marisol Touraine. C’est un compliment sincère. Je peux vous faire une bise ?

A. (remettant des lunettes) — Hum… et alors selon vous notre politique étrangère…

B. — … la politique étrangère vous savez bien que nous n’en avons pas et que nous ne pouvons pas en avoir.

(La cellule communication du parti Doux dément qu’un paparazzi ait pu durant les suites de cet entretien prendre par la fenêtre des photos dénudées d’Audrey Pulvar, contrairement aux rumeurs qui ont ce matin couru les rédactions. Bidou a juste léché un peu de chocolat, et Audrey a dû prendre une douche car le kapok la grattait. Voilà tout.)

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The Killer inside me

Actu — Article écrit par le 13 septembre 2012 à 17 h 44 min

Joël, je m’appelle.

J’ai 67 ans, je suis bénévole à la fédération française d’athlétisme, et c’est ma gueule, qu’on voit dans les spots qui incitent les vieux à faire de la gymnastique, à la télévision…

Je suis veuf, mais j’ai toujours mes deux filles, deux bombasses noueuses comme des lianes, des professeures d’EPS, du genre qui peuvent vous couper la quéquette en quatre, si vous les attendez au coin du bois pour les violer, quand elles courent, à Fontainebleau… Liliane et Josy, qu’elles s’appellent, les deux… En plus, j’aide au Secours Catholique, je livre des boites de conserve avec ma fourgonnette, et si vous dites du mal de moi en ville, vous allez vous faire défoncer la gueule, autant que vous soyez informés…

J’assassine des vieilles, l’après-midi.,, Je ne m’en fais pas une par jour, mais tous les jours je tourne, je repère, je prends des notes, je vole des cartes magnétiques, je retiens des visages, des noms, des chiffres j’endors la cliente en faisant croire que j’attends quelqu’un, devant sa porte, et ce travail de terrain me permet de tourner à deux femmes par mois…. Sur trois ans, ça nous fait un petit charnier, tout de même, faites le calcul, les petits ruisseaux font les grandes rivières.

Je m’emmerde, dans la vie, si sous saviez, j’enfile de plus en plus souvent mon short qui moule mes burnes pour taper dans mon sac, avant de m’envoyer la tête contre le mur… J’ai même fini aux urgences, un jour, et j’ai sorti une histoire abracadabrantesque aux infirmières, un scénario de dingue, avec des asiatiques drogués surgis du XXème arrondissement de Paris qui m’auraient tapé pour que je donne le numéro de ma carde Gold… N’importe quoi.

Je m’emmerde car je suis vide, parce que j’ai rien dans le cœur, c’est le psychiatre Jean-Patrick Naouri, qui m’a expliqué ça… Il est sérieux, il passe à la TV, mais il a peur de moi: il sait tout depuis la première vieille, et selon les lois françaises, il est complice, il aurait dû me balancer…

Je suis un garçon creux, un sac d’air, il est formel, Naouri…. Un jour, il m’a tellement cassé le moral que j’ai demandé une contre-expertise, l’avis d’un prêtre, et il m’a envoyé chez le Père Jean-Baptiste Dubois, qui a confirmé le diagnostic de l’autre: si je fais du bénévolat depuis quarante ans, si je m’intéresse tant à l’Autre, c’est parce qu’il ne pousse rien dans mon jardin, qu’au mieux j’aimerais voler ses fruits, au pire saccager son for intérieur pour me consoler.

Je vais me dénoncer à la police lundi soir, en leur priant de venir me chercher à Cognac sur Rivière, l’endroit où je réside en ce moment, en compagnie de Delphine, une institutrice en retraite que je projetais d’assassiner….. Le matin, en taule, je ferais de la gym, et après le déjeuner, je travaillerais sur cette histoire de vide intérieur… J’essayerai de comprendre pourquoi je suis une merde, et dans la foulée, je tenterais de te l’expliquer à toi, lecteur… Je serais à nouveau un type qui explique comment il faut faire, qui s’occupe du cul du voisin plutôt que du sien, un peu comme lorsque je donnais des cours de gymnastique et que je disais levez, baissez…


La folie

Actu — Article écrit par le 13 septembre 2012 à 6 h 44 min


Marcel Proust

Actu — Article écrit par le 12 septembre 2012 à 9 h 30 min

Je suis un détraqué sexuel.

Mon père fût ministre, sous Nicolas Sarkozy, pendant six mois, en 2007… Secrétaire d’état à la santé, pour être exact,… C’est le cardiologue que vous connaissez, le meilleur du monde, il travaille à cœur ouvert sur des nègres et des chinois venus de partout, de Londres, de Pékin ou de San Francisco… il fait payer cher ses vidéoconférences, cent mille dollars au minimum, qui tombent dans la fouille à pépère sitôt qu’il ouvre un torse…. il fait régler en liquide, naturellement, 10 KD pour les facs de médecine privées, 20 pour les familles et les amantes qui veulent un souvenir…

Le cousin de papa fait la même chose, remarquez… Vous le connaissez aussi, c’est l’auteur-compositeur-interprète de Micheline, le tube de l’été 1972… Comme tonton ressemble à rien, qu’il est petit, cadavérique et qu’il a des grosses lèvres, les arméniens l’ont pris pour un frère de race et les juifs ont dit partout que les arméniens sont des mythomanes, que c’est un feuj, en vérité, tonton Jacques… Du coup, en Amérique, il fait toutes les bar-mitsvas et les mariages youpins, avec son band, et c’est une distinction sociale, là-bas, que de s’offrir tonton Jacques pour les grandes circonstances…

Moi, mon truc, dans la vie, c’est le Bordel… Je bande mou, mais je regarde et je me branle, derrière les vitres sans tain… j’en ai fait installer quatre, dans Paris, dans des vieilles maisons, aux frais de mon père, et je le menace d’un scandale politico-financier quand il lui prend l’envie de m’envoyer à l’usine et me couper les vivres… Au début de cette aventure, je regardais, seulement, mais j’ai vite trouvé ça rengaine, comme on disait dans le temps…Un après-midi, J’ai vu le ministre de l’agriculture Gilbert Boulard entrer dans la chambre et se jeter sur une sénégalaise de seize ans, mais elle l’a dissuadé, ils se sont allongés sur le lit King Size, ils ont parlé de littérature et de la traite des noires en buvant, tout nus, des cafés crèmes qu’ils faisaient monter de la réception, puis ils ont regardé La Piscine, avec Alain Delon… Nul, trois heures de ma vie foutues en l’air.. On aurait dit un Godard dans ses mauvais jours, au voleur, attrapez-les…

Très vite, à 22 ans, j’ai décidé d’écrire les scénarios, pour ne pas attendre deux heures en vain que Tutulle encule Tata, pour le dire comme Céline… Dans mon premier film, une noire de cent kilos frappait un jeune promu du CNRS, Julien, 1,62, elle l’étranglait entre ses fesses en lui faisant crier je suis ton esclave, mon bébé… Bof, bof… Le spectacle était d’autant plus décevant que la négresse était une gentille fille, en vraie, une vache, une petite qui avait peur de son ombre et faisait ça pour payer sa piaule, à la résidence universitaire… Marie-Nicole N’barka, qu’elle s’appelait, la grosse noire, ça me revient…. J’ai honte, parfois.

Ensuite, j’ai engagé une vieille de cinquante ans qui en faisait soixante-cinq, qui fouettait un nègre de dix-neuf ans à la recherche d’un visa, mais qui se faisait déchirer à la fin du film par le gosse et ses trois frères… C’était mieux, déjà, mais pas de quoi se fabriquer des souvenirs indépassables, non plus… J’ai ensuite essayé les animaux, les rats, je les ai fait se battre dans une cage après les avoir privé de sexe et de nourriture pendant une semaine, ce qui à l’échelle d’une vie de rongeur est une éternité… Toujours, le petit se défendait, gagnait parfois le premier set, mais le gros finissait par l’avoir, l’attaquer à la carotide, lui arracher la moitié de ses poils et lui lécher le visage, pour le consoler de ses malheurs…

J’écris une œuvre, à part ça. Cinq feuillets par jour. … Je vais passer à la postérité, vos enfants entendront parler de moi… Je travaille couché, je ne quitte pas mon lit, je me fais servir par Andrée, une fille belle à tomber par terre que je ne vois pas, car je suis passé à autre chose.

Elle avait trente ans de moins que moi, elle doit me consacrer des livres, aujourd’hui, pour assurer ses vieux jours, et raconter que j’étais un vieux dégueulasse, que je la prenais dans tous les sens…

N’écoutez pas ce qu’on vous raconte, les enfants.


Elle est morte

Actu — Article écrit par le 11 septembre 2012 à 10 h 56 min

Ma mère est morte, ce matin.

Je hais cette femme depuis ma naissance, ça fait trente ans que j’en dis du mal à confesse, le jeudi, derrière une grille … Avec le Père, on se demande tous les deux qui c’est au juste, cette fille, ce qu’elle est venue faire sur terre, pourquoi le Tout Puissant s’amuse à faire des choses pareilles, et le mystère est si profond que nous prolongeons souvent la conversation ailleurs, dans des bars, puis chez lui, dans sa chambre, à la cure…

Ce que nous avons compris, moi et le prêtre, c’est qu’on ne peut pas faire pire que de pécher contre l’Esprit Saint, qu’ici ça consiste à laisser parler sa femme, son père ou son fils, les approuver de la tête et leurs faire savoir dans l’année qu’on n’écoutait pas, qu’on se moquait, qu’on est donc taillé pour noyer les plus sensibles et les meilleurs de ses proches en hôpital psychiatrique …

Quand j’avais trois ans, j’étais un prodige et j’ai saisi alors que ma génitrice avait le profil des gens qui pèchent contre l’Esprit, j’ai fait un dessin sur le parquet de ma chambre avec son fer à repasser, elle m’a retournée la tête avec une gifle, j’ai encaissé, puis j’ai griffonné sur un papier se souvenir d’acheter un fusil pour fumer cette dame, vers mes 14, 24 ans… Seulement, voyez-vous, j’étais bordélique, déjà, j’ai oublié d’avaler ma note, elle est tombée dessus, elle m’a traînée vers son mari, mon père biologique, et ce bourrin m’a défoncé avec le creux de la main…

Socrate avait raison, il faudrait que les bourrines accouchent sous X, qu’elles se fassent troncher mais qu’elles n’élèvent personne, tout au plus qu’elles donnent le sein, à la campagne… Qu’est-ce que c’est au juste, que les liens du sang… Le frère et le frère ont le même ADN, cette proximité de la matière fait qu’ils écoutent les mêmes sons, qu’ils ont le même nez, qu’ils gueulent à la même seconde, ils sont l’un pour l’autre des amis fournis par la nature…. Seulement voilà, quand la nature se trompe, car elle se trompe, si le loup voit par hasard le jour au milieu des chiens, ils le marquent avec leurs dents, les frères, la mère et tous ceux de la meute…

Les enfants qui font deux mètres à dix-huit-ans se cognent la tête et se sentent parfois seuls comme des chiens, mais comme la nature est bien faite, leurs pères et leurs mères sont grands, aussi, presque toujours… Si le gosse fait 2,00 m et si dans la famille on culmine à 1,60m, alors il vit un drame intime épouvantable, le jeune homme, il est comme une fille née dans un corps d’homme, qui va devoir se faire couper les couilles pour finir en paix avec elle….Le jeune homme qui lit Tite-Live à 14 ans dans le texte, il est malheureux, ses parents ont du mal à trouver son regard, mais ce sont des normaliens, vingt-neuf fois sur trente, à moins d’une catastrophe comparable à la naissance d’un monstre pourvu d’un zob et d’une foufoune, ou dépourvu d’un zob et d’une foufoune.

Un jour, un samedi, dans la matinée, elle a hurlé deux heures contre son mari, pieds nus, en nuisette… Je ne sais pas si vous savez c’est quoi, une femme qui fait la sirène deux heures, mais je vous prie de croire que c’est long, que la souris se met à faire tourner sa roue comme une folle, dans sa cage, comme si des ondes lui annonçaient un éboulement…. A la fin, son mari l’a frappée pour la faire taire, elle a eu très peur, la maison fût plongée dans le silence une heure, puis elle est venue m’ôter la chaise de mon cul, en gueulant à son homme qu’il devait venir voir ce que je fais du matériel et qu’il n’y a pas qu’elle, qui mérite des gifles… J’en ai parlé, au prêtre, de ça, il m’a dit que ce serait commettre encore un péché contre l’esprit, que d’aller chougner à la cérémonie en pensant à la chaise, à la nuisette, au bourrin et sa bourrine, aux liens du sang qui ne disent pas grand chose…

Ma génitrice me laisse un gros paquet d’argent, m’a dit le notaire… C’est le mien, car cette dame à traité ses enfants comme on le fait dans la populace depuis toujours, en les prenant pour des chats, en remplissant leurs gamelles trois fois par jour et en ouvrant la porte pour qu’ils aillent à l’école de la république, au catéchisme, ou tirer des gonzesses…. Comment croyez-vous que la populace issue du baby boom s’est enrichie, pourquoi, selon vous, des femmes de ménage ou des maçons en retraite ont des piscines, tandis que d’anciens brigadiers gendarmes vont une fois par an à Las Vegas? ¨Parce qu’ils ont tous eu des enfants chats, ces gens-là, qu’ils ont tous engourdi le pognon des gosses, comme il fallait s’y attendre.


La solitude

Actu — Article écrit par le 10 septembre 2012 à 13 h 19 min

Un gazetier philanthrope me dit que la solitude est mauvaise pour l’homme ; et à l’appui de sa thèse, il cite, comme tous les incrédules, des paroles des Pères de l’Église.

Je sais que le Démon fréquente volontiers les lieux arides, et que l’Esprit de meurtre et de lubricité s’enflamme merveilleusement dans les solitudes. Mais il serait possible que cette solitude ne fût dangereuse que pour l’âme oisive et divagante qui la peuple de ses passions et de ses chimères.

Il est certain qu’un bavard, dont le suprême plaisir consiste à parler du haut d’une chaire ou d’une tribune, risquerait fort de devenir fou furieux dans l’île de Robinson. Je n’exige pas de mon gazetier les courageuses vertus de Crusoé, mais je demande qu’il ne décrète pas d’accusation les amoureux de la solitude et du mystère.

Il y a dans nos races jacassières des individus qui accepteraient avec moins de répugnance le supplice suprême, s’il leur était permis de faire du haut de l’échafaud une copieuse harangue, sans craindre que les tambours de Santerre ne leur coupassent intempestivement la parole.

Je ne les plains pas, parce que je devine que leurs effusions oratoires leur procurent des voluptés égales à celles que d’autres tirent du silence et du recueillement; mais je les méprise.

Je désire surtout que mon maudit gazetier me laisse m’amuser à ma guise. «Vous n’éprouvez donc jamais, – me dit-il, avec un ton de nez très-apostolique, – le besoin de partager vos jouissances? » Voyez-vous le subtil envieux ! Il sait que je dédaigne les siennes, et il vient s’insinuer dans les miennes, le hideux trouble-fête!

« Ce grand malheur de ne pouvoir être seul !… » a dit quelque part La Bruyère, comme pour faire honte à tous ceux qui courent s’oublier dans la foule, craignant sans doute de ne pouvoir se supporter eux-mêmes.

« Presque tous nos malheurs nous viennent de n’avoir pas su rester dans notre chambre, » dit un autre sage, Pascal, je crois, rappelant ainsi dans la cellule du recueillement tous ces affolés qui cherchent le bonheur dans le mouvement et dans une prostitution que je pourrais appeler fraternitaire, si je voulais parler la belle langue de mon siècle.

Charles Baudelaire, Le spleen de Paris.


Communiqué de Bidou

Sportivité — Article écrit par le 9 septembre 2012 à 17 h 08 min

Bidoliens, Bidoliennes, Bidounets,

Le président Hollande va s’exprimer ce soir chez Georges de Caunes Jacques Chancel Pierre Desgraupes Guy Lux Claire Chazal Mémédéa.

Les premiers temps de son quinquennat ayant été marqués par l’immobilisme, la distribution de prébendes, commissions, hautes autorités et autres colifichets rouges ou bleus à ses amis, par un départ en vacances après moins de deux mois de travail, par un tweet de l’autre cruche qui vit à nos frais et par quelques averses — autant dire par rien —, j’appelle M. Hollande à tirer les leçons de son impuissance, de son amateurisme et du fait qu’il a une gueule qui ne ressemble à rien, sinon à un pharmacien de province ou à un cardiologue du XIVe arrondissement.

Je l’invite à annoncer ce soir sa démission et la remise des pouvoirs civils et militaires à ma personne bourrée au kapock, dont je fais le don ignifugé à la France.

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Agudeza

Actu — Article écrit par le 5 septembre 2012 à 18 h 30 min

Nous sommes entrés dans la phase ultime de la société de consommation, la société de consommation spirituelle.

L’homme des foules, le consommateur, ne se contente plus de petits plaisirs vulgaires; le monstre a grossi, il veut manger du Sens, de la Verticalité, du Sacré, il pense qu’on lui en doit, qu’il doit être fourni par le Prince, les pouvoirs publics et le législateur.

Le consommateur dépendant jusqu’à l’os de son vice ne supporte pas la publicité, l’entertainment, le coca-cola, les petites choses, il lui faut une dose plus forte, une théocratie, l’Albanie des années 1960… il déplore l’absence du sacré dans les sociétés occidentales et postmodernes, entendre par là que désormais, les choses de la Pensée, il revendique le droit de les consommer sans avoir à y penser.

Dans la société de consommation, on étale les richesses sous les yeux du pauvre, et c’est pour ça, dit-on, qu’il casse des vitrines… Dans la société de consommation spirituelle, on étale les richesses philosophiques sous les yeux du pauvre d’esprit, en classe de terminale, en philo, il lui prend aussi l’envie de casser des vitrines, à sa manière, il réclame un monde sans beauté enfouie sous du laid, sans grandeurs pliées dans des petites choses, de la richesse spirituelle authentifiée en préfecture …

Dans la société de consommation, le pauvre veut tout de suite les Nike qui sont en vitrine, et dans la société de consommation spirituelle, le pauvre d’esprit veut qu’on le fournisse en richesses immatérielles, que ce soit écrit dessus, qu’il n’ait pas à juger lui-même si c’est grand ou si c’est petit, ce qu’il a sous les yeux, il veut que le trouble de la pensée lui soit ôté, atteindre les sommets de l’Esprit par le savoir, avec des fiches de lecture, en hélicoptère.

Dans La traversée de Paris, une femme dit d’un flic que ce n’est pas un flic mais un flic de flic, pour expliquer à Jean Gabin que c’est le pire de tous… Jean-Claude Michéa, Jacques de Guillebon, Richard Millet, ce ne sont pas des consommateurs, mais des consommateurs de consommateurs, des types qui veulent manger du Sens, un monde qui fasse sens pour qu’ils n’aient pas à le chercher.

Merci à R.A.

En illustration, Balthazar Gracian


Mettre sa peau sur la table

Actu — Article écrit par le 3 septembre 2012 à 15 h 28 min

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