Archives pour la catégorie ‘Journalisme’


J’ai vu à la télévision sur Youtube

Journalisme, Vidéo — Article écrit par le 13 octobre 2010 à 19 h 41 min

C’est passé comme lettre à la poste sur la télévision italienne, en direct. Rien de bien méchant…juste la présentatrice qui annonce, simplement, à une mère, en direct, que sa fille, disparue depuis une quarantaine de jours a été retrouvée morte, après avoir été violée, au fond d’un puits et que l’auteur des faits est l’oncle de la petite.

C’est absolument effroyable, et bien que comprenant peu l’Italien, on saisit tout par la mise en scène très professionnelle des équipes en charge de l’émission, un équivalent de perdu de vue. Rien de bien méchant, juste une présentatrice qui allonge le supplice tant que l’audience monte. Dix effroyables minutes lors desquelles, la présentatrice, parle de rumeurs, on aurait retrouvé un corps d’une jeune fille dans la région, mais on ne peut encore confirmer l’identité du corps…Selon des rumeurs qui courent chez les carabiniers, l’oncle en garde à vue depuis le matin aurait avoué, mais rien d’officiel il faut attendre, ce n’est peut-être pas elle…

Tout pue…dans ces images, une animatrice très pro, qui pourrait être ta voisine de palier, fait son boulot au nom du « droit à l’information », le réalisateur qui alterne les angles, le gros plan sur la mère… dont on perçoit la gravité des faits, la mort de son âme et le mépris le plus absolu des types de la télé, la blondasse pour une pauvre femme des Pouilles, une pouilleuse. Aucune réaction de la part du public, pas un tremblement de caméra du type qui la tient alors qu’on annonce la mort de la petite Sarah Scazzi… Aucune dignité pour les petites gens, même à l’heure du deuil. C’est absolument terrifiant et complètement banal, rien de spectaculaire, juste l’étrange sensation que quelque-chose a changé et qu’on ne m’a pas informé.


Les manips de France Inter, jusqu’aux photos

Actu, Journalisme, Mutation — Article écrit par le 13 octobre 2010 à 13 h 03 min

Et après ces ratés te jureront sur leurs grands dieux, qu’ils respectent l’égalité de traitement.

Évidemment qu’il faut leur taper sur la gueule, leur répéter qu’ils ne servent plus à rien à l’ère des blogs. Leur existence est totalement anachronique, c’est un peu comme les cabines téléphoniques que tu vois ici et là à l’heure de la 3G, du wifi, de l’Iphone et du Backberry.

Une de leur manip préférée et pleinement consciente est de choisir les photos des hommes politiques selon leur proximité avec le sujet de leur article. Je vous mets au défi de trouver une photo ratée, mal cadrée de Barack Obama et au contraire une photo sympa, souriante de mettons Poutine ou Besson ou qui tu veux de droite.

Je me ballade sur le site de France Inter et vois l’une sous l’autre les photos de Bernard Thibault, syndicaliste sympa, avenant, ouvert…bref un pote…et une autre dessous de François Baroin, sale type, petit capo de la SS qui adore torturer travailleurs, caniches et chatons.

Regardez par vous-mêmes:


Rue89

Journalisme, Mutation — Article écrit par le 12 octobre 2010 à 15 h 15 min

Je ne sais pas ce qu’est la « fachosphère ». C’est une appellation de journaliste. Réacosphère avait déjà été sorti et inventé pour eux. Histoire qu’ils aient un mot. Une case.

Mais ils ont préféré fachosphère.

Parce que c’est bien de lutter contre l’hydre du fascisme, même sur internet. Cela rassemble les bonnes volontés des démocrates, des humanistes et des républicains. Et, enfin, on peut jouer au résistant. Je ne dirais pas que cela fait cour de récrée, parce que les enfants, en cour de récrée, quant ils jouent, ils sont pleins d’imagination.

Quoiqu’il en soit, ce n’est pas en attaquant maladroitement la dite fachosphère qu’ils vont pouvoir sauver le soldat Chloé Leprince.

Il faut cependant être juste et honnête.

La production de cette journaliste sur internet n’est pas plus médiocre que celle de ses confrères. Dans la nullité ils sont tous relativement égaux. Cependant, oui, la foudre tombe sur elle. Mais ce n’est pas qu’une question de hasard.

Rappel des faits : un client d’un cabinet médical se plaint d’avoir été traité de « sale arabe » par un ophtalmo lors d’une altercation dans l’en enceinte du cabinet. Des témoins confirment, puis se rétractent. Le parquet classe l’affaire, tandis que le Conseil de l’ordre annonce l’ouverture d’une enquête.

Ah. Des témoins confirmeraient. Lesquels ? Aucune idée. Quelqu’un a entendu un témoin de la scène confirmer ? Non. Est-ce que le papier de Chloé Leprince comporte le moindre témoignage, en son, vidéo ou en écrit, qui confirmerait que ce client ait été insulté de manière raciste ?

Non.

Chloé Leprince, journaliste chargée des questions de société à Rue89, participant à l’aventure de Rue89 depuis le début, fait un article qui est mis à jour dans la journée, comme c’est la pratique dès lors qu’une situation évolue, comme ce fut le cas ce jour-là.

« Comme c’est la pratique »…

Comme c’est pratique.

On touche ici le fond du problème. Le journalisme en ligne de Rue89, c’est le ni-ni. Pour ni recul, ni analyse. L’objectif est d’être les premiers à faire le buzz après une radio qui a sorti l’affaire. Il faut aller vite.

L’Ordre des médecins tarde à répondre aux sollicitations débiles de la journaliste ?

Pas grave. Ces gens ne comprennent pas que le temps journalistique nécessite une réponse immédiate ? Roselyne Bachelot, elle, au moins, comprend. Elle a immédiatement réagi publiquement. C’est bien.

C’est la transparence.

Donc l’Ordre des Médecins traîne à répondre  ? Écrivons quand même le papier. Et accusons-les de laxisme envers les actes racistes de leurs membres. Pour preuve, ils n’en tiennent même pas la statistique…

Et Chloé Leprince de sommer, à la fin de son article, l’Ordre des Médecins de s’indigner le plus rapidement possible.

Il n’y a pas encore de réaction de l’ophtalmologiste ? Lui non plus n’a pas compris qu’il faut réagir immédiatement pour éviter de se faire marcher dessus dans la course au buzz. Chloé Leprince va donc le punir. Elle donne son nom dans la corps de l’article et titre son papier : « Sale Arabe » : les confrères de l’ophtalmo raciste scandalisés.

Oui, oui. Ophtalmo raciste. Comme ça.

Pas la moindre petite place pour le doute.

Rappelons qu’à ce moment-là il n’y a qu’un seul confrère interrogé et qu’il ne parle pas une seconde, dans l’extrait retenu par Rue89, du contenu de l’altercation dont il aurait été témoin. Non, si ce son où ce collègue accuse son confrère de propos raciste est disponible, Chloé Leprince a préféré retenir la très belle indignation à base du serment d’Hippocrate.

Vous avez compris, ce qui compte. C’est de faire témoigner l’indignation plutôt que d’établir la véracité des faits.

D’autant que ce fait divers concorde avec la vision de Rue89 sur l’ambiance régnant aujourd’hui en France. Ce fait divers est crédible. Il renforce la machine idéologique de ce journal en ligne.

Le journalisme en ligne de Rue89 c’est un subtil mélange de rapidité, de cette rapidité qui empêche par définition de prendre du recul et empêche même le travail journalistique (vérifier ses sources, les croiser, les questionner, etc.) et d’idéologie.

Tout cela donne le papier de Chloé Leprince.

Rue89 ne s’excusera pas. C’est dans la nature profonde de Rue89 de faire de tels papiers. Enfermés dans leur bulle, ils trouvent d’ailleurs, grâce à Pierre Haski, le moyen de s’en tirer par une formidable pirouette, une pirouette d’une grande classe et d’une tenue intellectuelle de premier ordre,

Très vite, toutefois, le témoin fait marche arrière. Le parquet décide de classer l’affaire avec une célérité exceptionnelle malgré la plainte de SOS Racisme, et cette affaire semble bel et bien destinée à terminer dans cette zone grise où, parole contre parole, on ne connaîtra jamais la vérité.

Oui, vous avez bien lu. Une « célérité exceptionnelle ». On reproche à la justice de faire son travail rapidement. On la soupçonne, en ces temps de remise en liberté de braqueurs et de détention provisoire de septuagénaires, d’avoir eu pour tentation d’étouffer une affaire raciste dont l’opinion et la ministre de la santé s’étaient emparés. Et de s’être contenté des rétractations (si tant est que ces témoins -que Rue89 n’a jamais interrogé !- aient confirmé en premier lieu l’histoire du client) des témoins sans supposer qu’ils aient pu faire l’objet de pressions.

Allez, disons-le clairement, Rue89 écrit en filigrane ici que le parquet est complice de l’ophtalmologiste dans le but d’étouffer une parole raciste.

D’ailleurs, même si l’affaire n’a pas de suite, Rue89 tient à ce que le soupçon demeure. La fameuse « zone grise ». Celle où la vérité en est absente. Celle où les soupçons et les opinions non motivées règnent en maîtres.

Celle où s’épanouit Rue89.

En bonus, pour rire un peu, les deux articles de Chloé Leprince, version originale et version actuelle.

La VO tout d’abord,

« Sale Arabe » : les confrères de l’ophtalmo raciste scandalisés

Par Chloé Leprince | Rue89 | 08/10/2010 | 12H11

Mohammed Mazoir est ingénieur spécialiste des composants électroniques dans les Bouches-du-Rhône, et père d’une fillette de 6 ans. Mercredi, il avait rendez-vous pour elle chez le Dr Jean-Christophe Pinelli, ophtalmologiste à Aix-en-Provence. Le médecin est en retard. Mohammed Mazoir passe une tête par la porte du cabinet… et se fait envoyer sur les roses d’un « sale Arabe, dégage, tu salis mon cabinet ». (Ecouter le son recueilli par France Bleu Provence)

Mohammed Mazoir a fait parvenir à Rue89 la lettre qu’il a envoyée dans la foulée à Nicolas Sarkozy. Dans ce courrier, il précise avoir porté plainte au commissariat d’Aix-en-Provence le jour-même de l’altercation. Il prie le président de la République de s’assurer que sa plainte sera bien prise en compte, et témoigne :

« Nous n’avons rien à nous reprocher, nous sommes Français bien intégrés. Je suis cadre supérieur dans la société Atmel dans le domaine de la haute technologie des composants électroniques.

Tous nos voisins et mes collègues sont prêts à témoigner de notre bonne conduite et notre bonne intégration en France.

Nous serons très heureux et confortés par tout soutien que vous pouvez nous témoigner dans ces moments difficiles, où moi-même et ma fille sommes très choqués devant ces faits très graves. »

Serment d’Hippocrate : « Je respecterai toutes les personnes… »

Le récit du patient a été confirmé par plusieurs personnes travaillant dans ce cabinet médical, y compris le généraliste qui occupe le cabinet voisin, le Dr Laurent Dillinger, qui argue du serment d’Hippocrate pour dénoncer la réaction raciste de son confrère (Ecouter le son)

Le serment d’Hippocrate précise ceci :

« Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions […]. Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera. »

L’ordre des médecins des Bouches-du-Rhône a également été saisi jeudi 7 octobre au soir. A Paris, le Conseil national de l’ordre (Cnom) attend que son antenne locale instruise l’affaire.

Lorsqu’on demande à l’instance représentative combien de médecins ont pu être radiés pour des réactions racistes de ce cru, on répond que la statistique n’existe pas.

Il pourrait s’agir tout au plus de certains cas, au compte-gouttes, parmi les radiations pour « infraction à la déontologie ».

Combien de cas d’infractions par décennie ? L’Ordre promet de fouiller dans ses dossiers pour trouver ce chiffre.
L’ordre des médecins trop laxiste ?

De longue date, l’instance représentative fait l’objet de critiques vives, accusée notamment de manquer de fermeté envers ses ouailles. Mais l’Ordre ne devrait pouvoir rester silencieux cette fois : pas plus tard qu’en début de semaine, ce 5 octobre, il vient d’exprimer officiellement « son indignation et sa vive émotion suite à l’agression du Pr Israël Nisand ». La maison de ce médecin alsacien et juif a été bardée d’inscriptions antisémites et de croix gammées.

Pour l’Ordre, l’affaire de Aix-en-Provence est donc l’occasion d’affirmer son indignation y compris lorsque ce ne sont pas les médecins mais les patients qui font les frais d’agressions racistes.

Puis la version actuelle,

« Sale Arabe » : le conseil de l’ordre enquête sur l’ophtalmo
Par Chloé Leprince | Rue89 | 08/10/2010 | 12H11

Mohammed M. est ingénieur spécialiste des composants électroniques dans les Bouches-du-Rhône, et père d’une fillette de 6 ans. Mercredi, il avait rendez-vous pour elle chez le Dr Jean-Christophe P., ophtalmologiste à Aix-en-Provence. Le médecin est en retard. Mohammed Mazoir passe une tête par la porte du cabinet… et affirme s’être fait traiter de « sale Arabe » – « dégage, tu salis mon cabinet ». (Ecouter le son recueilli par France Bleu Provence)

Mohammed M. a fait parvenir à Rue89 la lettre qu’il a envoyée dans la foulée à Nicolas Sarkozy. Dans ce courrier, il précise avoir porté plainte au commissariat d’Aix-en-Provence le jour-même de l’altercation. Il prie le président de la République de s’assurer que sa plainte sera bien prise en compte, et témoigne :

« Nous n’avons rien à nous reprocher, nous sommes Français bien intégrés. Je suis cadre supérieur dans la société Atmel dans le domaine de la haute technologie des composants électroniques.

Tous nos voisins et mes collègues sont prêts à témoigner de notre bonne conduite et notre bonne intégration en France.

Nous serons très heureux et confortés par tout soutien que vous pouvez nous témoigner dans ces moments difficiles, où moi-même et ma fille sommes très choqués devant ces faits très graves. »

Serment d’Hippocrate : « Je respecterai toutes les personnes… »
Le médecin, lui, nie dans la Provence s’être énervé pour autre chose qu’un « simple retard ». Selon RMC, il se déclarait dans l’après midi « intégralement blanchi par l’enquête » : pour lui, le père a tout inventé de A à Z.

Depuis samedi 9 octobre dans l’après-midi, SOS Racisme soutient officiellement Mohammed M. L’association a missionné Me Thibaud Cotta pour représenter le patient dans cette affaire de plus en plus polémique. L’avocat a prié le parquet de bel et bien instruire l’affaire. La veille, dans la soirée, le Procureur d’Aix-en-Provence avait laissé entendre que certains témoignages avancés par le patient ne tenaient pas de bout.

SOS Racisme y voit une autre explication : la relation de subordination entre l’ophtalmologiste incriminé et le personnel de la maison médicale, qui aurait d’abord témoigné avant de se rétracter.

C’est France Bleu Provence qui explique depuis le début de l’affaire que plusieurs personnes travaillant dans ce cabinet médical, y compris le généraliste qui occupe le cabinet voisin, avaient confirmé le témoignage du plaignant. Le Dr Laurent Dillinger arguait ainsi, vendredi 8 octobre, du serment d’Hippocrate pour dénoncer la réaction raciste de son confrère. (Ecouter le son)

Le serment d’Hippocrate précise ceci :

« Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions […]. Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera. »

L’ordre des médecins des Bouches-du-Rhône a également été saisi jeudi 7 octobre au soir. Et convoqué aussitôt le médecin incriminé.

A Paris, le Conseil national de l’ordre (Cnom) attend que son antenne locale instruise l’affaire mais annonce que l’instance disciplinaire tranchera en fonction de « la situation et la personnalité » du médecin. En clair : un récidiviste écopperait d’une sanction plus lourde.

Le Dr André Deseur, membre du Conseil national, précise à Rue89 que le Conseil juge les propos du médecin aixois « indignes et inacceptables » dans l’hypothèse où ils seraient confirmés. Ils pourraient faire l’objet d’une sanction au titre du manquement au code de déontologie médicale. Pas tant en tant qu’atteinte aux droits du patient (200 décisions sur l’année 2009) mais en tant que « déconsidération de la profession ». Tout acte raciste d’un médecin entre dans cette catégorie.

Lorsqu’on demande à l’instance représentative combien de médecins ont pu être radiés pour des réactions racistes de ce cru, on se voit répondre que la statistique n’existe pas. Quelques précisions toutefois : sur 1266 décisions prises en première instance en 2009, 118 ont trait à la « déconsidération professionnelle ». Mais les radiations restent rares : trente seulement, toutes incrimations comprises, sur la dernière année complète.

L’ordre des médecins trop laxiste ?
De longue date, l’instance représentative fait l’objet de critiques
vives, accusée notamment de manquer de fermeté envers ses ouailles. Cette fois, l’Ordre ne devrait rester silencieux une fois la chose instruite : pas plus tard qu’en début de semaine, ce 5 octobre, il vient d’exprimer officiellement « son indignation et sa vive émotion suite à l’agression du Pr Israël Nisand ». La maison de ce médecin alsacien et juif a été retrouvée bardée d’inscriptions antisémites et de croix gammées.

Pour l’Ordre, l’affaire de Aix-en-Provence est donc l’occasion d’affirmer son indignation y compris lorsque ce ne sont pas les médecins mais les patients qui font les frais d’agressions racistes.

► Mis à jour 08/10/2010, à 15h20 : le nom du médecin a été remplacé par des initiales. A 16h40 : ajout des réponses fournies en milieu d’après-midi par le conseil national de l’ordre des médecins. A 19h20 démenti du médecin.

► Mis à jour 09/10/2010, à 17h05 après l’annonce du soutien de SOS Racisme au plaignant.

► Mis à jour 12/10/2010, à 11h03 : suppression du patronyme de Mohammed M. à sa demande.


De l’équilibre

Droit, Journalisme — Article écrit par le 28 septembre 2010 à 14 h 35 min

Les magistrats ne disent pas uniquement le droit. Ils remplissent aussi une fonction sociale indispensable à l’équilibre de notre société

Brice Hortefeux. 2010.

Ah, on rigole, on rigole, mais il y en a qui seraient prêt à attribuer une sorte de paternité à Brice Hortefeux pour ces propos là. Comme s’il avait fait démonstration ici d’une quelconque originalité.

Jacques Julliard est de ceux-ci. De ces deux phrases énoncées par Brice Hortefeux il conclut brillamment,

En d’autres termes, la justice ne doit pas être rendue seulement conformément à la loi. Elle doit tenir compte des humeurs du peuple. Ce qui se profile en filigrane, c’est la « justice populaire », la même, à y bien réfléchir, que celle que préconisait la Gauche prolétarienne dans l’affaire de Bruay-en-Artois. Coupable parce que notaire, ou coupable parce que Rom ou immigré, n’est-ce pas toujours le même déni de justice, le même refus de la loi égale pour tous ? Le vrai critère du populisme, qu’il soit de droite ou de gauche, celui qui l’exclut de la mouvance démocratique, ce n’est pas la confiance dans le peuple, c’est la défiance envers la loi. Nous y sommes.

Bien sûr il est tout à fait mensonger de conclure des propos de Brice Hortefeux que celui-ci nourrit de la défiance envers la loi. Ce n’est pas envers la loi qu’il fait mine d’en avoir. Non, comme tout le monde, il cible les magistrats. Or, n’en déplaise à Jacques Julliard, les magistrats et la loi, ce n’est pas la même chose.

Le magistrat applique la loi mais celle-ci lui laisse une marge de manœuvre qui n’est pas mince. Aussi bien dans la qualification des faits, la détention provisoire, le jugement au tribunal que dans la peine infligée… C’est la fameuse loterie judiciaire. Dont vous sortez plus ou moins gagnant selon votre origine sociale, votre couleur de peau, votre capacité de séduction, la valeur de votre avocat, la qualité du repas ingurgité à midi par votre juge et l’orientation de ses opinions politiques. Difficile de faire la part dans tout ça.

Subtil mélange.

Nous sommes jugés par des hommes.

Mais auxquels nous n’avons notamment cessé de donner, pendant des décennies, plus de latitude dans leur métier pour individualiser les peines.

Maintenant, manifestement, il semblerait qu’un modèle de juge semble s’imposer au fil des années. Et il suffit d’entendre les syndicats de magistrats -ou de regarder dans le détail la décision de la chambre de l’instruction de Grenoble sur l’affaire d’Uriage- pour comprendre que ces magistrats sont les premiers à se défier de la loi. Peut-être parce que, contrairement à Brice Hortefeux il ne la font pas. Peut-être aussi que les amitiés politiques de beaucoup d’entre eux vont à la gauche de l’échiquier politique.

Peut-être parce qu’ils sont habitués à ne plus avoir de compte à rendre au peuple. Ils vivent, comme tout ceux de leur classe sociale, de moins en moins parmi lui. D’ailleurs, pourquoi serait-elle la seule profession a ne pas avoir été touchée par la fameuse fracture sociale ? Les décisions que vous prenez en tant que magistrat ont de moins en moins d’impact réel dans votre vie. Le petit voleur ou agresseur de quartier vous ne le croiserez jamais. Ces classes populaires qui défilent dans votre prétoire, même au supermarché vous ne les voyez plus, elles sont au Lidl. Etc.

Je ne dis pas que certains magistrats n’en sont pas conscient et n’essaient pas de contrebalancer la chose. Je dis que, confronté à la bêtise, la violence et la misère humaine, l’une des choses qui a le pouvoir de vous obliger à avoir mauvaise conscience en condamnant justement mais sévèrement, c’est de ressentir personnellement les conséquences de vos décisions.

Et je m’aventure à penser que c’est de moins en moins le cas.

Ce n’est pas propre aux magistrats. C’est juste la marche logique de notre société qui se fragmente.

Alors oui, la défiance envers ces magistrats là, elle, existe de la part du pouvoir. Mais on la ressent bien plus dans les peines planchers -par exemple- que dans ces deux phrases anodines de Brice Hortefeux.

Mais pour certains les humeurs du peuple sentent moins bon que celles des magistrats.

Il faut toujours laisser faire les professionnels.

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G.C.D. (2)

Journalisme, Mutation — Article écrit par le 21 septembre 2010 à 10 h 32 min

Un nouveau cas dans la catégorie opportunément inventée par XP. Donc cette fois, il s’agit de Mohamed Sifaoui qui a commis un « pamphlet barbaresque ». C’est marqué sur la couverture. Il est toujours difficile de démonter un livre que l’on n’a pas lu et qu’on n’a pas l’intention de lire, d’autant plus que j’ai un a priori totalement positif sur Éric Zemmour et une indifférence totale à l’endroit de Mohamed Sifaoui. Il s’agira donc de se tenir à la forme pour juger du fond dont je n’ai eu qu’un faible écho, écoutant l’auteur de ce « pamphlet barbaresque » lors d’une intervention radio.

La couverture. Le nom d’Éric Zemmour en majuscule, souligné d’un trait rouge. Un peu au-dessus, Mohamed Sifaoui, en petit et en minuscules…On sait déjà qui est vendeur.  Le même Sifaoui avait déjà commis des essais sur Al-Qaida…bref, le bonhomme mène un travail d’enquête sur le moment, sur ce qui fait l’actualité, manquant ainsi de profondeur, de recul pour faire un travail un peu sérieux. Sifaoui tire ses ventes de plus grands que lui, de plus vendeur à son grand désespoir. Un grand philosophe a dit « Quand les mouettes suivent un chalutier, c’est parce qu’elles pensent que des sardines seront jetées à la mer ». Sifaoui, c’est le paparazzi de l’édition…

Cette trouvaille, « pamphlet barbaresque », sent le soufflet qui fait « Pschitt ». C’est une faute de goût, au plutôt, disons que cela n’est pas approprié pour un tel paparazzi de l’édition, et pour une si médiocre maison d’édition, Armand Colin, spécialiste des ouvrages universitaires…j’imagine un instant le comité de lecture de cette honorable institution composé de petits pédagogues pour semi-habiles moyennement cultivés…jouir à l’idée de publier un « pamphlet barbaresque » qui jettera sa pierre et contribuera à la déconstruction de l’édifice Zemmour. Pamphlet Barbaresque, pédanterie évidente de la formule qui ne peut convenir à un G.C.D., tout comme un dîner en noir convient à un Des Esseintes et certainement pas au premier venu…

J’ai entendu Sifaoui à la radio, où il expliquait que Zemmour avait le discours classique de l’extrême droite, qu’il était un digne descendant de la Cagoule voire de l’Action française et qu’il était un conservateur et un réactionnaire. Je crois bien, ici, résumée la thèse du livre, après j’imagine qu’il appuie sa démonstration des citations de Zemmour. Je voulais signifier à M. Sifaoui, qu’avant d’employer des formules tout aussi créatives que ridicules, se voulant savantes, mais tombant à l’eau…devrait avoir une bonne maîtrise de la langue française. En effet, le terme supercherie, désigne une tromperie et donc prête une réalité à quelque chose qui n’en a pas…or le courant politique auquel il dit que Zemmour appartient est bien tout sauf une supercherie… Je rappellerai donc à Sifaoui que le courant réactionnaire nait de la Révolution française, bien qu’il existât avant, et qu’il a toujours été présent depuis la Révolution française, donc ce courant quoiqu’on en pense est bien tout sauf une supercherie ou une tromperie…mais bien une réalité tout à fait française…Le titre du livre est une méprise totale par rapport à la thèse défendue, à moins que par ce titre et dans un accès de franchise, Sifaoui eut voulu décrire son livre…Rarement titre décrivit aussi bien le contenu, un peu comme l’effroyable imposture de T. Meyssan…

Mais chez Sifaoui, comme tous les G.C.D., il y a une certaine compréhension de la réalité des choses…sans vouloir aller au bout de la réflexion. S’il s’en prend à Zemmour, j’imagine qu’il doit aussi y avoir des raisons plus profondes. Sifaoui, le musulman algérien qui s’en prend à Zemmour, c’est l’autochtone algérien qui s’en prend au Juif berbère, jaloux du décret Crémieux, dont il aurait aimé faire partie. Sifaoui qui s’en prend Zemmour, c’est l’Algérien fier du FLN et de l’indépendance algérienne qui s’en prend à celui qui a souvent béni la colonisation française qui l’a arraché, lui et sa famille, à la misère du coin…Sifaoui qui s’en prend à Zemmour, c’est, enfin, le progressiste intolérant partisan du camp du bien qui s’en prend au camp des saints…Sifaoui qui s’en prend à Zemmour, c’est enfin et surtout le jaloux qui s’en prend au type qui a du succès…C’est la mouette qui suit le chalutier…et bon vent…

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