Archives pour la catégorie ‘Journalisme’


La cage aux fools

Journalisme — Article écrit par le 21 mai 2011 à 1 h 09 min

Add : Canal+, qui retransmet cette émission le samedi sur son bouquet, a étrangement oublié cette séquence…

The Daily Show With Jon Stewart Mon – Thurs 11p / 10c
La Cage Aux Fools
www.thedailyshow.com
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Thanks to DT


Pourquoi DSK pourrait s’en sortir

Journalisme — Article écrit par le 16 mai 2011 à 14 h 08 min

Premièrement parce qu’aujourd’hui les Experts New-York, dans la vraie vie, demandent un supplément de temps pour récupérer de très improbables traces ADN avant de se confronter au juge. Ce qui pourrait être le signe qu’ils sont encore un peu légers question preuves matérielles. La reconnaissance du patron du FMI par la femme de chambre au tapissage étant tout sauf une preuve de quoique ce soit. Ou bien ce supplément de temps signifie qu’ils veulent bétonner le truc. Mais, en tout cas, il existe forcément une ou plusieurs failles dans le dossier. De ces failles aussi exploitables que du matériel génétique pour les avocats de DSK.

Ce qui est souvent la loi du genre dans ce type d’affaire.

Deuxièmement parce que l’idée du portable oublié était une quasi-preuve, pour un homme tel que DSK (qui doit y passer plusieurs heures par jour), d’une fuite précipitée et désespérée. Quasiment une cavale. Problème, DSK aurait pris le temps de téléphoner à l’hôtel Sofitel pour qu’on lui rapporte son portable. Ce qui aurait permis aux enquêteurs de l’arrêter à temps à l’aéroport. Ce qui peut démontrer trois choses.

  • Premièrement qu’il est innocent. On peut oublier des effets personnels, portable compris, dans un hôtel. Ce n’est pas un crime. Ce n’est pas une preuve qu’on s’est enfui. Ensuite, quand on s’en rend compte, on téléphone à l’hôtel pour essayer de récupérer ses effets personnels. Normal. En ce cas, on peut penser que le témoignage de la femme de chambre peut être totalement inventé, dans l’optique d’un coup monté. La perte du portable, finalement, au lieu d’être un élément à charge, finirait par être un élément à décharge. On peut aussi penser que le témoignage de la femme de chambre a été partiellement inventé, notablement sur l’absence de consentement.
  • Deuxièmement qu’il a un remarquable sang-froid malgré sa libido incontrôlable. Imaginons que DSK s’est bien rendu coupable de cette agression sexuelle et qu’il ait quitté précipitamment le Sofitel. Cela démontrerait d’une panique initiale. Le coup de téléphone à l’hôtel montrerait donc qu’il s’est repris, qu’il a réfléchi aux moyens de se ménager une défense en cas d’arrestation et qu’il a compris qu’oublier son portable sans le réclamer serait un indice compromettant. Donc il téléphone au Sofitel. Tout en sachant, éventuellement, que cela pourrait mener une enquête policière jusqu’à son avion. Même s’il s’imagine peut-être que le temps de l’enquête, avec quelqu’un de sa stature, durera assez longtemps pour qu’il ait le temps de s’envoler pour la France.
  • Troisièmement, si on admet le postulat de la véracité de l’agression sexuelle, qu’il entretient un complexe de toute-puissance. Du genre de celui qu’ont les assassins en série qui, ne se faisant pas attraper pendant des années, développent la certitude d’être invincible. Cette option n’est pas impossible. Si on considère la rumeur et quelques rares témoignages (pour le moment), cela fait des années, des décennies peut-être, que tout le monde sait, qu’il y a des dérapages plus ou moins graves mais que les affaires sont, les unes après les autres, soigneusement étouffées. Il semblerait même, si on suit Bernard Debré (mais suivre un Debré… Enfin…) qu’il avait même une réputation d’agresseur sexuel sur les femmes de chambre précisément à cet hôtel Sofitel de New-York. Information intéressante qui, si elle était confirmée, poserait toutefois la question de « pourquoi l’affaire sort-elle seulement maintenant ? » C’est à dire, pourquoi cette femme de chambre-ci plus qu’une autre ? Qu’est-ce qui a changé ? Est-ce du à la personnalité de la victime ou à d’autres éléments ? Que s’est-il passé entre l’agression (dont l’heure a été subitement avancée par la police) et son signalement au NYPD ? Et aussi de la connaissance -ou non- de la réputation de DSK par cette femme de chambre (qui travaille manifestement dans l’hôtel depuis trois ans) avant qu’elle ne rentre dans sa chambre. Bref, la thèse du coup monté reviendrait en force.

Quoiqu’il en soit, quelque soit l’option que l’on retient, DSK possède une marge de manœuvre.

Même avec du matériel génétique qui lui serait a priori défavorable (ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle) il en aurait une.

L’autre élément qui peut faire penser que DSK n’est pas déjà fichu judiciairement, c’est la tonalité des réactions politiques, notamment au sein du PS. Je ne veux pas croire que les responsables socialistes aient le culot de se déclarer tous « stupéfaits » si les informations qu’ils possèdent sur l’affaire sont exactement ou sensiblement les mêmes que les nôtres. Ce serait un risque politique absurde à prendre. Imaginons que les charges aux États-Unis soient accablantes contre DSK, que les femmes commencent à parler et que les journalistes révèlent que chacun, au PS et dans les salles de rédaction, savait que DSK était non seulement un dragueur mais un dragueur insistant, oppressant et faisant peur aux femmes ? Scénario tout à fait crédible. Eh bien ce serait la révélation médiatique d’une hypocrisie au long cours -et jusqu’au bout- qui pourrait être fatale au parti entier. Donc, il faut que les socialistes sachent quelque chose que nous ne savons pas.

Ou bien que DSK les tient tous par les couilles d’une manière ou d’une autre et que la loi de l’omerta ne puisse encore être brisée.

Cette option n’est peut-être pas si irréaliste que cela. Car, tout en sachant la faiblesse de DSK avec l’argent, les femmes et toutes les affaires étouffées, les socialistes en ont quand même fait un présidentiable ou l’ont laissé apparaître comme tel. Alors même qu’il y avait une forte probabilité que, lors d’une présidentielle, ce genre d’affaires sorte.

Incompréhensible.

A moins qu’il existe une sorte de gentleman’s agreement au sein de l’establishment politique et médiatique tout entier sur ces affaires. Ce qui signifierait que chaque parti à ses déviants, ses freaks et que c’est finalement par chance que Dominique Baudis n’en fut pas un et que c’est peut-être précisément pour cela qu’on a laissé la justice l’emmerder.

Cette hypothèse indiquerait que, si complot il y avait par hasard, il ne viendrait pas de la France. Mais d’un pays étranger. Cela est toujours possible, toujours imaginable. D’autant que tous les agences de tous les États importants devaient savoir très exactement la réputation et les mœurs de DSK et que, comme DSK le disait lui-même fin avril à des journalistes de Libération, s’il devait se faire piéger c’est avec une affaire de ce type qu’il le serait.

Parce qu’elle serait crédible.

Qu’elle collerait avec le personnage.

Le silence actuel sur l’identité et la personnalité de la victime supposée de DSK fait jouer à fond la carte du complot. Le fait qu’elle ait été retirée par la police de New-York des journalistes peut-être mais surtout des avocats de DSK (qui aurait peut-être pu trouver un arrangement financier avec elle) peut également être interprété comme la volonté de faire chuter DSK par les États-Unis.

Mais pour quelles raisons aurait-on voulu faire chuter DSK ?

Passsons.

Les complotistes trouveront toujours, de toute façon, quelque chose pour alimenter le complot. Tout et son contraire. Parfois en même temps.

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Hier aussi demain ici

Journalisme — Article écrit par le 11 mai 2011 à 15 h 51 min

Place de la Bastille, 20h00, mardi 10 mai 2011.

Il va manifestement se passer quelque chose.

Une scène est installée au Sud, en direction de l’Arsenal. Deux écrans géants l’encadrent. A la fois pour que les plus éloignés puissent voir ce qui se passe sur la scène et pour que le public n’oublie pas qu’il participe aussi à la mise en scène.

Dans l’attente des artistes-citoyens, la caméra balaie l’assemblée et les bras se lèvent alors. Gentiment en plan large. Hystériquement en plan serré. De part en part des jeunes gens en groupe agitent frénétiquement les mains pour que la caméra se penche vers eux et qu’ils passent enfin sur les écrans géants. Quant aux bras droits tendus, ils ne tendent pas la paume ni ferment le poing mais soulèvent des téléphones portables filmant les écrans géants où on y voit la foule les bras levés filmant les écrans dans lesquels on distingue les bras tendus…

Je me vois et je filme que je me vois donc je suis.

Nous ne sommes pas dans Inception, nous contemplons notre propre néant.

Vertige.

Quasiment au sommet de l’Opéra, sur une terrasse donnant sur la place, des costards-cravates semblent être en pleine collation-blackberry.

Les choses sont parfois si bien ordonnées.

Deux ou trois grappes de jeunes socialistes se faufilent dans la foule avec une petite bannière. Qu’est-ce qu’ils foutent là se demande-t-on ? Ah ? Oui. C’est vrai.

Mitterrand.

Ariel Wizman, un de ces dandys parisiens estampillés Canal + pousse trois boutons de temps à autre avec ce qui semble être un début de parkinson. Il mixe. Et c’est terrible de mixer avec une caméra pour vous filmer alors qu’il ne fait pas encore nuit. Heureusement pour lui, tout le monde s’en fout. Entre les SDF qui sifflent ou dansent, les lycéens venus se beurrer la gueule et faire les cons, les étudiants à dreads se pressant pour fumer de l’herbe et entrevoir Alpha Blondy, plus trois ou quatre militants de gauche un peu perdus mais se devant d’être là, le spectacle n’est ni sur scène ni en dehors et l’ennui profond commence à saisir une bonne partie des quelques milliers de pékins sur la place -dont la circulation, à cet instant là, n’a symboliquement pas encore été totalement coupée.

Le rappeur Soprano m’apprend, juste après avoir crevé les pneus de la moto à coluche et accueilli Mahomet à Médine, que la soirée serait aussi en rapport avec l’abolition de l’esclavage. Ah ? Oui. Aussi. Décidément je ne suis pas au point sur les commémorations.

Une heure plus tard, un petit vendeur de journaux essaie de vendre un exemplaire -réédité pour l’occasion- de l’Huma de l’époque aux alentours de dix euros et Alpha Blondy gesticule péniblement sur scène. Il n’y a pas plus de monde et l’endormissement profond me gagne. Je sais qu’il me faudrait rester pour Yannick Noah. Qu’il n’y a des choses qu’on ne voit qu’une seule fois en live dans sa vie. Mais c’est au-dessus de mes forces. Je me faufile aisément dans la foule clairsemée comme dans un festival de techno et alors que je m’éloigne, les oreilles en feu, j’entends encore Alpha Blondy chanter qu’il y a du sang sur la ‘oute pour la Côte d’Ivoire.


Rue 89: quelques considérations

Journalisme — Article écrit par le 17 mars 2011 à 14 h 10 min

Parfois j’aime bien naviguer sur le site de rue89.  J’ai appris que les internautes qui participaient au site se considéraient comme des riverains, et qu’on ne parlait pas de site internet classique mais bien de rue. C’est un peu comme si sur ilikeyourstyle, on considérait les lecteurs comme des stylistes (même si après l’affaire Galliano, on risque le nauséabond) et notre interface comme un podium ou je ne sais quoi encore. Mais, c’est la gauche on crée du lien…et il faut aller au bout de la logique, comme devrait-on appeler celles et ceux qui font le site, donc la rue, le trottoir en somme. Je propose le mot pute. Bien évidemment, je m’excuse d’ores et déjà de comparer les putes de rue89 avec les aimables péripatéticiennes soucieuses de bien pratiquer leur activité.

Ensuite, c’est bien sûr une gauche de combat, mais qui ne se bat que contre des moulins à vent…comme cet article dont je vous livre le titre Le programme du Front national est fasciste: « No pasarán ».

Je voudrai également rappeler à nos putes qu’il faudrait également songer à changer de slogan. Car historiquement, ils sont passés ceux qui « no pasarán ». Utiliser ce slogan aujourd’hui contre une menace fantôme fasciste, c’est un peu comme si DSK choisissait le même slogan que Jospin en 2002, imaginez DSK: « présider autrement une France plus juste » ou encore Sarkozy avec le slogan de Chirac en 1981, Sarkozy: « le président qu’il nous faut »…c’est une logique de perdant…

Au moins vos subventions, nos impôts,  servent à nous faire rirer alors n’hésitez pas à continuer de faire dans l’humour.


Choses dont l’affectation amuse (1)

Actu, Culture, Journalisme, Politique — Article écrit par le 23 février 2011 à 22 h 56 min

Etant d’une nature des plus dilettante et croyant à la grandeur de la futilité,  je me permets – avec une dose suffisante de honte – d’emprunter à Dame Sei Shônagon son aimable stratagème pour satisfaire à la fois ma paresse et ma prétention à écrire.

Les révolutions dans le monde arabe

Lorsque l’on vous explique à longueur de colonnes avec solennité que les fiers peuples musulmans se battent avec courage contre la tyrannie afin de pouvoir jouir de la démocratie et de la liberté dans leur pays, jusqu’à là sans cesse exploités par des forces malveillantes à leur insu ; et qu’apparemment le seul objectif de ces braves – surdiplômés à en faire rougir un major de Centrale – soit de rejoindre la méprisante et vile Europe, au sein de laquelle règne racisme et islamophobie…en plus d’un triste climat pour ces enfants du soleil.

Le procès Zemmour

Plus encore que l’extraordinaire capacité des juge Français à pouvoir quantifier l’impact d’une déclaration – et se faisant permettre de la qualifier de « provocation à la discrimination raciale » – il n’est de spectacle plus drôle que d’observer la meute des belles âmes exiger qu’en plus de sa condamnation, Eric Zemmour soit également mis à la porte par l’ensemble de ses employeurs ; car si on ne saurait tolérer une double peine pour un gentil sans papier qu’on expulserait comme un malpropre après qu’il se soit adapté en prison ou qu’il ne fait aucun doute que violeurs et assassins peuvent tout à fait devenir des citoyens modèles si l’on se donne les moyens de soigner ces victimes d’une société inique…il est inenvisageable de prendre un quelconque risque devant un potentiel raciste, ces gens là sont irrécupérables et la seule solution pour le bien commun est de les faire taire.



Democracy 2.0 – Egypt alpha’ 3rd Strike Edition

Actu, Journalisme — Article écrit par le 19 février 2011 à 22 h 31 min

Qu’ils sont nobles les oppressés qui luttent pour la démocratie…quelle leçon de courage cette jeunesse ardente donne au vieil Occident moribond ; regardez messieurs les réactionnaires rancis, vous qui n’avez de cesse de critiquer l’Islam et les musulmans…prétendants leurs valeurs incompatibles avec la civilisation éclairée, voyez ce soulèvement…admirez cette soif de liberté.

C’est à nous d’apprendre et de nous inspirer de cette magnifique énergie, nous sommes tous Tunisiens, nous somme tous Egyptiens, nous sommes tous…

La fable est belle dans média et chez les bonne âmes ; elle l’était particulièrement vendredi dernier lorsque Hosni Mubarak annonçait son retrait et que la foule en liesse sur la place Tahrir célébrait ce vent de renouveau.

Dans le même temps, Lara Logan journaliste de son état…apprenait à ses dépends que les jolies histoires tournent mal parfois ; la même foule – avide de liberté, de Droits de l’Homme et autres autres féeries – au sein de laquelle elle se trouvait afin reporter le joyeux évènement allait lui faire une démonstration d’affection tout à fait particulière.

Voici en quel termes CBS (son employeur) rapporte les faits :

« She and her team and their security were surrounded by a dangerous element amidst the celebration. It was a mob of more than 200 people whipped into a frenzy.

In the crush of the mob, she was separated from her crew.

She was surrounded and suffered a brutal and sustained sexual assault and beating before being saved by a group of women and an estimated 20 Egyptian soldiers. »

Un fait isolé diront certains, ne généralisons pas. Les musulmans n’ont pas le monopole du viol rétorqueront d’autres…n’étaient-ils pas bien blancs et chrétiens les Russes qui ont saccagé Berlin ? Enfin, un coup monté diront d’autres…l’armée Egyptienne a organisé cela pour se donner le beau rôle en sauvant une journalistes blanche.

Nul doute que cela n’affectera pas le champs de distorsion du réel ; l’important c’est la révolution…200 personnes en transe observant une femme se faisant violer, c’est anecdotique. Comme tout ce qui va à l’encontre du joli conte révolutionnaire par ailleurs.

Et la victime elle même invitera peut-être à penser dans ce sens ; dans un an (ou dix) quand ces pays de cocagnes en seront peu ou prou au même point, on expliquera avec sérieux que le chemin vers la démocratie est long…mais que l’on progresse.

Entre temps d’autres journalistes, touristes ou humanitaires seront passés comme anecdotes. Il faut savoir quelques sacrifices…for the greater good.

Bref il ne faudra surtout pas écouter tous ces fascistes qui se concentrent sur quelques menus incidents, somme toute très relatifs ; des meurtres, des viols et autres histoires sordides on en trouve à la pelle en Occident – et perpétrés par de bons pères de famille ayant la soi disante bonne couleur de peau – il ne faut donc pas se laisser abuser par les raccourcis faciles et les sirènes de la stigmatisation.

Car n’oubliez pas, nous sommes tous…

Nous sommes tous des hommes, tous frères en humanité. Et tout est interchangeable, tout se vaut : Blancs, Noirs, Chrétienté, Islam, Coca, Pepsi…peu importe au final, l’aspiration est la même.

L’indigence du monde arabo-africain, c’est simplement la faute à pas de chance, l’Europe aurait très bien pu se retrouver à cette place et eux à la nôtre ; tout ça n’est qu’un malheureux concours de circonstances.

Accueillions donc à bras ouverts les amis de la liberté, enrichissons nous de leur envie d’idéal. Très bientôt le monde sera le meilleur possible.

Il suffit juste de patienter encore un peu…

Philippe Muray – Tombeau pour une touriste innocente


L’impertinence officielle, l’investigation décorée

Journalisme — Article écrit par le 4 janvier 2011 à 12 h 16 min

Dans le cadre de la promotion dans l’Ordre national de la Légion d’honneur du 1er janvier (cf. « CP » d’hier), l’on remarque parmi les personnalités nommées chevalier : M. Jean-Pierre BRUNOIS, président-directeur général de VME Patrimoine, président du conseil de surveillance du site Bakchich.info, ancien président-directeur général des Éditions du Nouveau France Soir, directeur de la publication du quotidien « France-Soir ».

— In Correspondance de la Presse du 4 janvier.

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Les Lapins Crétins à l’Assaut du Parlement Européen

Journalisme — Article écrit par le 16 décembre 2010 à 18 h 49 min

Un inconvénient du site [VoteWatch.eu - création de la London School of economics et de l’Université libre de Bruxelles] est qu’il ne peut retracer que les votes par appel nominal, et pas les votes électroniques ou à main levée. (Euractiv, Elections européennes : un site Internet publie l’historique des votes des eurodéputés, 12 mai 2009)

Or le vote amendement par amendement ne recoupe pas toujours le vote final. Ainsi les socialistes français qui ont voté tous les amendements à la directive «services», dite Bolkestein, n’ont finalement pas voté le texte global par opportunité politique… Libération, Mélenchon mélange négociation et entente, 22/05/2009

Si le vote final sur le texte amendé se fait par vote nominal (et non à main levée), il est donc possible de connaître le vote de chacun des députés européens. Or, dans le cas qui nous occupe ici, savoir une proposition commune d’une coalition composée du Parti populaire européen – Démocrates européens (PPE-DE, centre-droit), du Parti socialiste européen (PSE), de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ALDE), du Parti Vert européen-Parti Alliance libre européenne (Verts/ALE ), et de l’ Union pour l’Europe des nations (UEN), il n’y a pas, dans les rapports disponibles, de détail sur un vote final nominal . Seuls 2 amendements au texte initial sur 5 ont été soumis à un vote nominal. Une fois le texte initial amendé et vu qu’il avait été présenté par une large majorité du parlement, il est probable qu’il n’était pas utile de recourir à un vote final nominal, mais plutôt à un vote à main levée plus rapide. La résolution a été finalement adoptée, mais il est impossible de savoir qui a voté contre le texte global. (On peut toutefois s’en faire une idée assez précise en comparant les différents votes nominaux sur le sujet concerné au cours des mandatures)


Proposition de résolution commune
RC-B6-0209/2008 du PPE-DE, PSE, ALDE, Verts/ALE, UEN, sur le Conseil économique transatlantique proposé le 8 mai 2008, en remplacement des propositions de résolutions du PPE-DE (B6-0210/2008), du PSE (B6-0212/2008), de la ALDE (B6-0209/2008), des Verts/ALE (B6-0214/2008), de l’UEN (B6-0211/2008)

Texte définitif adopté : Résolution P6_TA(2008)0192 sur le Conseil économique transatlantique
VOTE SUR L’ENSEMBLE DE LA RESOLUTION : adopté

VOTE DES AMENDEMENTS
Amendement n°1-§04 – Vote nominal : adopté
Amendement oral-§13 – Vote : adopté
Amendement n°2-§20 – Vote par division : adopté
Amendement n°3-§37 – Vote nominal : adopté
Amendement n°4-§26 – Vote : adopté

- Amendement n°1 (Reférence ID 4169), présenté par le PPE-DE, sur le paragraphe 4 de la proposition de résolution commune RC-B6-0209/2008
Vote par appel nominal (AN)
Adopté

Paragraphe 4 de la proposition de résolution RC-B6-0209/2008

4. estime que les deux administrations devraient établir d’ici au sommet de 2009 entre l’Union européenne et les États Unis une feuille de route exposant comment concrétiser, dans un cadre spécifique, l’engagement à long terme de réaliser le marché transatlantique;

Paragraphe 4 du texte adopté P6_TA(2008)0192

4. estime que les deux administrations devraient établir d’ici au sommet UE – États-Unis de 2009 une feuille de route exposant comment concrétiser, en fixant pour les différents secteurs un calendrier spécifique, l’engagement à long terme de réaliser le marché transatlantique;

- Amendement oral, présenté par le PSE, sur le paragraphe 13
Vote
Adopté

Paragraphe 13 de la proposition de résolution RC-B6-0209/2008

13. accueille favorablement l’approche adoptée par le Forum de stabilité financière (FSF) et le FMI pour établir un diagnostic commun de la tourmente financière, et attend avec impatience les conclusions et recommandations politiques du groupe de travail du FSF sur la résilience du marché et la résilience institutionnelle; estime cependant que ces travaux doivent être considérés comme complétant et non remplaçant les réflexions et décisions relatives aux réponses politiques appropriées de l’UE et des États-Unis ;

Paragraphe 13 du texte adopté P6_TA(2008)0192

13. accueille favorablement l’approche adoptée par le Forum de stabilité financière (FSF) et le FMI pour établir un diagnostic commun de la tourmente financière et attend avec impatience que les deux parties mettent en œuvre les conclusions et recommandations politiques du groupe de travail du FSF sur la résilience du marché et la résilience institutionnelle; estime cependant que ces travaux doivent être considérés comme complétant et non comme remplaçant les réflexions et les réponses politiques appropriées dans l’Union et aux États-Unis;

- Amendement n°2, présenté par le PPE-DE, sur le paragraphe 20
Vote
Adopté

Paragraphe 20 de la proposition de résolution RC-B6-0209/2008

20. observe que le commerce sûr est particulièrement important dans l’économie mondiale de plus en plus intégrée; invite instamment la Commission à poursuivre ses efforts pour veiller à ce que la réglementation américaine relative au scannage de 100 % des cargaisons à destination des États-Unis soit modifiée dans le sens d’une coopération basée sur la reconnaissance mutuelle des « opérateurs économiques agréés » et de normes de sécurité convenues par l’Organisation mondiale des douanes (programme C-TPAT et cadre SAFE), et demande à la Commission de soutenir une stratégie qui reconnaisse le rôle important à l’échelon mondial des armateurs et consignataires européens; appelle la Commission à évaluer les coûts potentiels pour les entreprises et pour l’économie de l’UE de la mesure relative au scannage de 100 % des conteneurs à destination des États-Unis ainsi que l’impact potentiel de cette mesure sur le fonctionnement des douanes;

Paragraphe 20 du texte adopté P6_TA(2008)0192

20. observe qu’un commerce sûr est particulièrement important dans une économie mondiale de plus en plus intégrée, mais estime que la proposition d’inspecter 100 % des conteneurs des cargaisons en provenance de l’étranger au titre de la lutte contre les menaces terroristes ne se justifie pas et est irréaliste; demande, par conséquent, au Congrès des États-Unis de retirer cette proposition car il est persuadé que l »initiative pour la sécurité des conteneurs » visant à contrôler les conteneurs maritimes à « haut risque » suffit à garantir la sécurité du transport maritime international;

- Amendement n°4, présenté par la ALDE, sur le paragraphe 26
Vote
Adopté

Paragraphe 26 de la proposition de résolution RC-B6-0209/2008

26. demande à ce que l’on trouve d’urgence une solution dans les discussions en cours sur l’interdiction des importations vers l’UE de volailles américaines ayant subi des traitements de réduction d’agents pathogènes; reconnaît la nécessité de conseils scientifiques appropriés prenant en compte la protection et l’information du consommateur;

Paragraphe 26 du texte adopté P6_TA(2008)0192

26. demande à ce que l’on trouve d’urgence une solution dans les discussions en cours sur l’interdiction des importations vers l’Union de volailles américaines ayant subi des traitements de réduction d’agents pathogènes; reconnaît la nécessité de conseils scientifiques appropriés prenant en compte la protection et l’information du consommateur; mesure également les investissements considérables effectués, conformément à la législation européenne, par le secteur européen de la volaille afin de réduire la contamination par la salmonelle en mettant en œuvre une démarche impliquant l’ensemble de la chaîne; estime que la solution retenue, quelle qu’elle soit, ne doit pas générer de distorsions de la concurrence;

- Amendement n°3 (Reférence ID 4170), présenté par le PPE-DE, sur le paragraphe 37 et après
Abstention : Vote par appel nominal (AN)
Adopté

Paragraphe 37-47 et de la proposition de résolution RC-B6-0209/2008

37. invite le CET à soutenir activement la déclaration de Doha sur l’accord APDIC en vue de faciliter, pour les pays sans capacité de produire des produits pharmaceutiques, l’accès aux médicaments qui sauvent des vies; rejette fermement la proposition des États-Unis d’inscrire dans tous les accords bilatéraux négociés avec des pays en développement des clauses en vertu desquelles ces pays renoncent au droit d’invoquer la disposition de l’accord de Doha sur l’APDIC autorisant à produire et à importer les médicaments génériques dont ils ont besoin pour faire face aux principaux problèmes de santé publique (sida, tuberculose, etc.);

38. estime que la mission la plus importante des Européens au sein du CET consiste à convaincre les partenaires transatlantiques de l’Union européenne de la nécessité de parvenir d’ici à 2012 à un régime post-Kyoto sur les émissions de gaz à effet de serre qui soit d’une vaste portée, ambitieux et juridiquement contraignant, ainsi que d’élaborer un grand projet transatlantique relatif aux investissements et aux échanges de technologie pour la production sûre et non polluante d’énergie;

Développement régional

40. appelle l’UE et les États-Unis à étudier la possibilité de s’engager dans un dialogue politique régional structuré, qui constituerait un moyen efficace d’explorer de nouvelles pistes de politique régionale en échangeant de bonnes pratiques, entres autres dans les domaines de la recherche et du développement, et en envisageant des façons de relever des défis communs tels que le changement climatique ou la hausse des prix de l’énergie;

Programme futur du dialogue transatlantique des législateurs et amélioration des structures

41. appelle le dialogue transatlantique des législateurs à prévoir, pour ses prochaines réunions, des débats sur la réglementation américaine de scannage des conteneurs, afin de promouvoir une meilleure entente à ce sujet entre le Parlement européen et le Congrès des États-Unis; souligne également la nécessité de réfléchir dans le cadre de ce dialogue à un programme de l’OMC pour l’après-Doha, y compris à une réforme de l’OMC, et de débattre des droits de l’homme, des clauses environnementales et sociales des accords commerciaux bilatéraux, en tirant notamment des enseignements du récent accord bilatéral entre les États-Unis et le Pérou, qui prévoit des dispositions détaillées et juridiquement contraignantes en matière de conditions d’emploi;

45. réaffirme sa volonté de renforcer le dialogue entre les deux parlements et appelle ceux-ci à s’impliquer au plus vite dans le processus, en particulier concernant toutes règles futures qui seraient élaborées par des organismes réglementaires autonomes au niveau mondial en vue de régler, à un stade précoce, la question de la responsabilité politique;

47. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, au secrétariat du CET, aux parlements des États membres, ainsi qu’au Congrès des États-Unis d’Amérique.

Paragraphe 37-48 du texte adopté P6_TA(2008)0192

37. invite le CET à soutenir activement la déclaration de Doha sur l’accord APDIC en vue de faciliter, pour les pays sans capacité de produire des produits pharmaceutiques, l’accès aux médicaments qui sauvent des vies; demande à la Commission de soulever la question de la politique des États-Unis d’inscrire dans les accords bilatéraux négociés avec des pays en développement des clauses en vertu desquelles ces pays renoncent au droit d’invoquer la disposition de l’accord de Doha sur l’APDIC les autorisant à produire et à importer les médicaments génériques dont ils ont besoin pour faire face aux principaux problèmes de santé publique (sida, tuberculose, etc.);

38. est d’avis que, sans considération des résultats du programme de Doha pour le développement, le concept de marché transatlantique consistant à recourir à la coopération dans le domaine réglementaire afin d’obtenir la suppression progressive des barrières non tarifaires pourrait jouer un rôle majeur dans le maintien de la dynamique qui sous-tend l’intégration économique mondiale;

39. estime qu’une mission importante des Européens au sein du CET consiste à convaincre les partenaires transatlantiques de l’Union de la nécessité de parvenir d’ici à 2012 à un régime post Kyoto sur les émissions de gaz à effet de serre qui soit d’une vaste portée, ambitieux et juridiquement contraignant, ainsi qu’à élaborer un grand projet transatlantique relatif aux investissements et aux échanges de technologie pour la production sûre et non polluante d’énergie;

Développement régional

41. appelle les deux parties à étudier la possibilité de s’engager dans un dialogue politique régional structuré, qui constituerait un moyen efficace d’explorer de nouvelles pistes de politique régionale, d’échanger des bonnes pratiques, entre autres dans les domaines de la recherche et du développement, et d’envisager des façons de relever des défis communs tels que le changement climatique ou les prix de l’énergie;

Programme futur du dialogue transatlantique des législateurs et amélioration structurelle

42. appelle le dialogue transatlantique des législateurs à prévoir, dans l’ordre du jour de ses prochaines réunions, des débats sur la réglementation américaine de scannage des cargaisons, afin de promouvoir une meilleure entente à ce sujet entre le Parlement européen et le Congrès des États-Unis; souligne également la nécessité de réfléchir dans le cadre de ce dialogue à un programme de l’OMC pour l’après-Doha, y compris à une réforme de l’OMC, et de débattre des clauses environnementales et sociales ainsi que des droits de l’homme dans les accords commerciaux bilatéraux, en tirant notamment des enseignements du récent accord bilatéral entre les États-Unis et le Pérou, qui prévoit des dispositions détaillées et juridiquement contraignantes en matière de conditions d’emploi;

46. réaffirme sa volonté de renforcer le dialogue entre les deux parlements et demande qu’ils soient impliqués rapidement dans le processus, en particulier concernant toutes règles futures qui seraient élaborées par des organismes d’autorégulation au niveau mondial en vue de régler, à un stade précoce, les questions relevant de la responsabilité politique;

48. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, aux gouvernements et aux parlements des États membres, au secrétariat du Conseil économique transatlantique ainsi qu’au Congrès des États-Unis.


Anne-Gaëlle Besse, arpette à rue 89

Journalisme, Mutation — Article écrit par le 20 novembre 2010 à 23 h 30 min

On peut avoir envers les jeunes femmes quelques indulgences. On ne sait jamais. On se dit qu’elles sucent peut-être bien, ou qu’elles sont peut être nanties de talents encore plus rares, et que se les mettre à dos par de bêtes réflexions serait alors dommage.

Mais il y a des bornes, même aux limites.

Ainsi d’Anne-Gaëlle Besse, « étudiante en journalisme », qui nous abreuve de son incompétence complète sur Rue 89. Par exemple en nous parlant du téléchargement.

Prenons donc le temps de décortiquer un peu sa prose, assez lamentable exemple de ce qu’arrivent à produire les écoles de journalisme et les sites d’information participatifs (comme les débats chez Ségolène et les chiottes en ce moment en Haïti). Comme elle doit en plus avoir des préventions, il y a de toute façon peu de chances qu’elle accepte d’avoir pour nous des complaisances, aussi n’ayons pas de regrets hors de propos.

Devant les risques de virus et de sanctions légales, de plus en plus d’internautes préfèrent abandonner l’échange de fichiers sur les réseaux peer to peer (type Napster, Kazaa, eMule) quand ils veulent découvrir leurs séries préférées avant leur diffusion en France.

Napster ? Napster, je le signale aux plus jeunes qui ne l’ont pas connu, est un ancien logiciel peer to peer, destiné à partager de la musique. Il a dû fermer vers 2001. Et il est depuis impossible de télécharger quoi que ce soit qui y corresponde, même s’il existe un autre service, légal, du même nom. On comprend que les internautes de 2010 préfèrent l’abandonner… Passons sur l’assimilation abusive du peer to peer au piratage, on n’ambitionne ni qu’Anne-Gaëlle sache ce que sont le logiciel libre et ses modèles de distribution ni qu’elle sache que le P2P est avant tout un moyen sûr, bon marché et simple de distribuer de gros fichiers, par exemple des systèmes d’exploitation, parfaitement légalement partagés, le cas étant même compris explicitement dans leurs licences.

Dès le premier paragraphe, cette jeune femme ne sait visiblement pas de quoi elle parle, l’amalgame avec autre chose, et en dit n’importe quoi. Quand je vous dis que pour arriver à autant de bêtises en quatre lignes il faut être passé par une école de journalisme officielle et estampillée par l’État et les instances de la Profession ! ça s’apprend !

« Moi, les séries, je les regarde en streaming… », entend-on de plus en plus. « Je ne télécharge plus depuis longtemps, mais quand je veux regarder une série, je tape simplement son nom suivi de “streaming” dans Google », m’explique un ami. Explications.

Un ami. Cela nous révèle certes qu’elle en aurait. On apprend donc à faire des articles d’après ce que disent les amis dans l’école de journalisme d’Anne-Gaëlle ? Moi ma concierge me renseigne de temps à autres sur la fraîcheur des poireaux dans les supérettes du voisinage. Je peux en faire un article sur Rue 89 en m’intitulant journaliste et en parlant des marges dans les surfaces type centre-ville de la grande distribution ?

Accrochez-vous, vous l’avez compris, c’est parti pour de la haute voltige au raz des pâquerettes.

Le streaming, c’est rester sur Internet pour regarder les vidéo de « Dexter » ou « Santa Barbara » alors qu’elles sont encore en cours de chargement, selon le même principe que les vidéos de YouTube.

Autre solution prisée des pirates, le « direct download » (« téléchargement direct ») : on enregistre le fichier dans son intégralité sur son disque dur. Inutile dans ce cas d’être connecté à Internet pour le regarder.

Précisons en passant que l’internet est un nom commun, qui en français prend donc l’article et pas de capitale à l’initiale.

Et ne relevons pas que c’est plus Youtube qui a adopté le principe du streaming des vidéos que l’inverse.

En revanche j’aimerais savoir par quelle perversion les foules regarderaient encore beaucoup Santa Barbara.

Pour le blogueur Monsieur Dream, ces façons de pirater sont beaucoup moins traumatisantes que le bon vieux peer to peer. (Voir la vidéo)

Monsieur Dream ? qu’est-ce qu’il vient faire là ? pourquoi lui plutôt qu’un autre ? comment l’a-t-elle choisi ? pourquoi ? mystère. Journaliste en formation, elle ne connaît pas encore toutes les ficelles du métier Anne-Gaëlle. Par exemple, elle ne sait pas qu’il vaut mieux présenter le professeur Tryphon Anatole, expert en téléchargement, que M. Dream avec qui elle doit être amie sur Facebook. Car les experts même en téléchargement, ça se trouve, du côté de l’ESIEA, de l’EPITA ou d’Orsay par exemple. Mais Gaëlle, qui ne va pas sortir son cul de son fauteuil pour aller dans une université où il y a des chercheurs en protocoles réseau, préfère nous parler de Monsieur Dream  ; ça doit faire plus participatif de récupérer une vidéo sur le blog d’un gus que personne ne connaît et qui n’a aucune compétence particulière.

Et pour M. Dream, le ddl ou le streaming c’est moins traumatisant que le P2P. Qui ici a déjà été traumatisé par le P2P ? allez, levez le doigt ! qui a été violé par Emule ? qui s’est fait bouffer le bras jusqu’à l’os par Overnet ? que celui qui s’est fait planter un couteau dans l’œil par le grand méchant Kazaa témoigne ! personne ? vraiment ? Personne ne veut dire à Anne-Gaëlle que sa peur de se faire violer par Edonkey est fondée ? pourtant il y en a des traumatisées, la preuve :

Quand elle télécharge via eMule et Mininova, Marie, 23 ans, a parfois les mêmes mauvaises surprises que Monsieur Dream :

« Se retrouver avec un film porno, c’est très fréquent, mais lorsqu’on s’y connaît, il y a des signes qui ne trompent pas : si ça télécharge super vite par exemple. On attrape aussi parfois des virus. »

Je plaisante je plaisante, mais là c’est plus grave : de l’incompétence crasse et niaise, Anne-Gaëlle passe à une présentation tendancieuse des choses, qui ne fera que s’aggraver au long de son mauvais article. Sans doute on peut se retrouver avec Club Seventeen 14 plutôt qu’avec le dernier Polanski, c’est concevable. Et on peut même trouver un virus dans un fichier téléchargé. Mais 1° cela n’est absolument pas réservé à une technologie de mise à disposition de ces fichiers plutôt qu’à une autre, 2° il y a depuis longtemps divers moyens d’éviter cela au sein même des logiciels de P2P, 3° cela n’a jamais traumatisé personne. Au pire cela peut agacer. On suggérera donc à Anne-Gaëlle : 1° de se renseigner, 2° d’essayer par elle même, 3° d’acheter un dictionnaire, car connaître le sens des mots, c’est utile pour écrire autre chose que d’affligeantes conneries.

Continuons :

Chez Marie, l’ordinateur en haut débit reste allumé toute la nuit pour laisser à eMule le temps de fournir films et séries. D’autres plate-formes de peer to peer sont moins fréquentées et donc moins lentes, ce qui empêche parfois d’y trouver ce qu’on veut : sur ce type de plate-forme, ce sont les connectés qui apportent du contenu.

D’abord j’aimerais bien savoir ce qu’est un ordinateur en haut débit. Connecté en haut débit je comprends déjà mieux. Mais de quoi parle Anne-Gaëlle ? quelle vitesse c’est le haut débit ? de l’ADSL ? du T1 ? on ne sait pas. Rassurez-vous elle non plus.

Ensuite, Anne-Gaëlle s’imagine que l’on ne peut avoir qu’une seule pratique du P2P, ou plus généralement de l’échange de fichiers : chercher un truc précis. Vous je ne sais pas, mais moi quand je télécharge je cherche parfois quelque chose de précis, même de très précis, que je trouve parfois. Mais souvent également, j’y trouve ce que je ne cherche pas. Concept amusant que certains ont même baptisé d’un nom qu’Anne-Gaëlle pourra replacer au Scrabble : sérendipité, calqué sur l’anglais serendipity. Mot compte triple, cher comptable de Rue 89, filez donc trois tickets restau de plus à Anne-Gaëlle.

Enfin on remarquera que Marie a été si « traumatisée » et illustre si parfaitement un article sur le déclin du P2P qu’elle a son ordinateur branché toute la nuit sur la mule, sans doute le logiciel le plus emblématique du P2P…

Parvenus à ce point on se demande si Anne-Gaëlle est vraiment idiote au point que tout cela semble impliquer ou si elle fait semblant.

La suite nous le dira peut-être :

Mais eMule et consorts se sont peu à peu fait ringardiser par le « direct download ». Plus besoin de s’abonner à une plate-forme pleine de virus pour obtenir les séquences convoitées. A Rue89, on a essayé quelques liens conseillés par les forums, les copains et Google.

S’abonner à une plateforme ? méditions un instant pour bien comprendre : le P2P est en déclin, donc plus besoin de s’abonner à une plateforme pleine de virus ? Techniquement cette pauvre fille n’a décidément rien compris. Il n’y avait pas plus de « plateforme » que « d’abonnement », et les virus traînent partout, pas spécialement sur les logiciels de P2P. Cette personne, qu’on espère charmante pour lui assurer une prochaine reconversion, comprend-elle seulement le sens des mots qu’elle écrit ou bien les lance-t-elle un peu au hasard ?

Passons sur le mot ringardiser (moi mon réflexe c’est encore souvent Demonoid ou TPB, le ddl n’a rien ringardisé, il s’est simplement ajouté à l’éventail des possibilités, mais je ne suis peut-être pas un bon exemple). Encore une fois la menace implicite est formulée : P2P = virus. Si vous téléchargez le dernier épisode de The Walking Dead, votre ordinateur deviendra un zombie. Et si c’est le dernier épisode de Desperate Housewives, votre copine deviendra-t-elle aussi idiote que Gaëlle ? Une fois ça passait, deux fois on comprend bien que Gaëlle cherche à nous seriner le même message qu’Albanel ou Lefebvre, en prenant tout autant ses lecteurs pour des coings.

Le blockbuster Mégavidéo est en réalité une sorte de YouTube où on ne peut rien télécharger, sauf si on met des vidéos à disposition des autres. Le blog Shimux propose lui une série de liens vers des vidéos en streaming.

Sauf que précisément, si, on peut télécharger. Les extensions de Firefox qui servent à ça et divers logiciels qui n’ont pour but que d’enregistrer le streaming sont parmi les plus téléchargés et leurs noms sont parmi les plus recherchés sur les moteurs. Fallait-il cette nouvelle preuve ? on avait bien compris que Gaëlle, en cela bonne étudiante en journalisme, avait entrepris d’écrire sur un sujet dont elle ne maîtrise pas même les plus grandes lignes.

Passons sur le sens de blockbuster, qui s’applique aux films, aux pièces de théâtre et, déjà par extension, aux jeux vidéo, mais pas aux sites internet.

Et pour le « direct download » ? La plupart des sites proposent deux types de téléchargement : une version « premium » (payante) et une gratuite. Chez Netload.in, le téléchargement d’un épisode de la série NCIS, qui dure quarante-cinq minutes, prend soixante minutes en gratuit, contre trois en premium. Soixante minutes théoriques : lorsque plusieurs ordinateurs se partagent la même connexion wi-fi, on passe à six heures.

NCIS… Il y a des indices comme ça qui ne trompent pas. Enfin…

Je ne sais pas quelle liaison ils ont à Rue89. Avec ce que coûte à tous mes frères contribuables la subvention que la Sarkozie a décidé de verser à ces guignols de journalistes participatifs en ligne pour mieux les acheter, je crois qu’ils pourraient quand même se payer la fibre optique chez Orange… chez moi qui n’ai d’abonnement à aucun de ces sites de ddl, qui ai un abonnement adsl pas réactualisé depuis bien quatre ans, qui suis sur un vieux central qui se trouve de l’autre côté de ma ville de banlieue, un épisode de série moyen je le chope en une demi-heure. Il y a sans doute pire, mais je crois être un cas très moyen. Là encore ? incompétence ? volonté de dénigrer le partage de fichier par direct download ? les deux ?

Notons que le problème réel le plus fréquemment rencontré par l’utilisateur gratuit de ces services, la limitation des transferts à un certain nombre de Mo par IP et par tranche horaire, n’est, lui, pas évoqué. Professionnelle, Anne-Gaëlle, moi je vous le dis : elle a visiblement téléchargé une fois dans sa vie un épisode de NCIS chez Netload et elle vous fait un article sur le direct download pour dire au peuple béat quoi qu’il doit penser de l’une des technologies les plus répandues sur les réseaux du monde entier. C’est pas beau d’être apprentie-journaliste ?

En plus, le site ne parle même pas un français correct….

Soyez gentille, Anne-Gaëlle, cherchez « paille poutre évangile » dans Google.

Reste que télécharger illégalement « Desperate Housewives », c’est risquer d’obtenir une vidéo de mauvaise qualité, une version originale sous-titrée en chinois ou doublée avec des acteurs québecois, un film porno plus ou moins trash à la place de l’épisode convoité. Ou pire, d’attraper un virus ou trois ans d’emprisonnement et 300000 euros d’amende.

Voilà. Et en plus l’enfer va s’ouvrir sous vos pieds et vous englouter. Au moins c’est clair. La Hadopi et l’Association internationale des anciens amants de Carlotta Biondi-Starcozy ont-ils vraiment besoin du concours de cette désespérante mouche du coche que joue Anne-Gaëlle Besse ? du journalisme, ça ? Même à Radio-Bucarest pour chanter les louanges du Conducator, on l’aurait trouvée à la fois médiocre et pas très fine.

Mais l’attrait de la gratuité reste fort, quand Canalplay.com propose les mêmes épisodes en téléchargement légal à 3,99 euros l’un. En VO sous-titrée ou en VF, d’excellente qualité… et sans virus.

Mais b*** de c*** idiote — pardon, ça m’a échappé. Plouf plouf… Mais chère Anne-Gaëlle, il ne vous a pas effleuré qu’on pouvait avoir envie de regarder autre chose que vos désespérantes séries stupides autant que débiles mentales ? que la culture mainstream où vous vous débattez en semblant croire que tout le monde rêve de la télécharger, c’est franchement de la merde et qu’on pourrait avoir envie de regarder des choses plus difficiles à trouver ? voire mal distribuées et qu’on serait bien en peine d’acheter même si on le voulait ? Et même qu’on pourrait, par conviction, estimer que la propriété intellectuelle est illégitime en étant un tout petit peu moins conformiste et respectueux des lois de la République et des règlements de la FNAC que votre pomme ? J’espère au moins que vous avez eu une carte de dix téléchargements gratuits sur Canalplay pour ce petit exercice de réclame mal déguisée ? N’oubliez pas de les déclarer comme avantages en nature si vous les avez utilisés, hein, sinon vous voleriez l’État, et ça ce ne serait vraiment pas bien…

Je n’insiste pas sur le virus, si vous n’avez pas compris que vous pouviez attraper l’Ébola, la peste bubonique et le Marburg sur Rapidshare, c’est que la pauvre Anne-Gaëlle a complètement raté son coup…

De plus, le statut juridique du streaming est plus flou que celui du piratage par P2P : l’enregistrement du film dans la mémoire vive du PC n’est que temporaire, ce qui correspond à une exception de la loi sur la propriété intellectuelle.

En théorie, l’internaute peut quand même être poursuivi pour recel-profit, ce qui revient à risquer jusqu’à 5 ans de prison et 375000€ d’amende.

Et même qu’en théorie on peut aussi vous jeter en prison, forcer vos enfants à travailler pour Johnny Hallyday gratuitement à concurrence du préjudice que vous lui avez fait subir en téléchargeant un de ses concerts, raser votre maison, tuer votre gros et votre petit bétail, semer l’emplacement de sel et filer toutes vos cartes Panini à Denis Olivennes.

Dans les faits, aucun internaute n’a encore été poursuivi. Les sites qui hébergent les fichiers, eux, risquent gros, mais la plupart sont hébergés à l’étranger.

Nan, je déconnais. Personne n’a le droit de vous piquer vos images Panini de quand vous étiez petit, c’est un droit humain imprescriptible que de conserver sa collec d’images Panini.

Les sites français avec des liens vers du streaming sont passibles de complicité, et certains ont dû fermer. La loi DADVSI, adoptée en août 2006, n’apporte pas d’indications supplémentaires sur les risques encourus.

Mais bon faites gaffe quand même hein, télécharger c’est mal, vous vous mettez vous-même hors de l’humanisme obligatoire en privant Céline Dion et Grand Corps malade de leurs justes rétributions. C’est Anne-Gaëlle Besse qui vous le dit. Et elle fera une grande carrière, Anne-Gaëlle, vous verrez que comme elle est partie, elle épousera dans quelques années le sous-ministre à la sécurité numérique du président Copé et présentera les Matins sur France Culture. Vous verrez.

Précisons pour finir que quand c’est sur Rue89 qu’on lui fait quelques remarques à l’évidence fondées, Anne-Gaëlle entend se faire respecter dans son droit imprescriptible à raconter n’importe quoi avec une parfaite bonne conscience et même avec quelques prétentions intellectuelles et morales. Elle répond donc au pseudonyme « Docteur Albert » :

Je ne vous oblige pas à lire nos articles et encore moins à les commenter (…)

Encore heureux.

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Matraquage journalistique

Journalisme, Mutation — Article écrit par le 14 octobre 2010 à 18 h 42 min

La carte de presse est un sésame. Elle ouvre la porte à un monde d’avantages, de passe-droits et de cadeaux. La plupart des journalistes font mine d’ignorer, à défaut d’avoir lu Marcel Mauss peut-être, que ces cadeaux des entreprises sont des dons appelant inéluctablement un contre-don de leur part.

Ainsi, j’ai pu être frappé par un journaliste du Monde qui, alors que je l’interrogeais sur son attitude face aux « petits » cadeaux qu’il pouvait recevoir, m’a avoué benoîtement ne s’être jamais posé la moindre question quant au fait de les accepter ou pas et qu’une carte de cinéma illimitée gratuite, c’était quand même bien pratique. Etc. Il ajoutait que, oui, il lui était arrivé d’user de son statut de journaliste pour faire avancer son dossier dans de nombreux cas.

Le journaliste est au-dessus du quidam. Et se vit comme tel. Mieux, son statut devrait non seulement lui ouvrir des portes, lui apporter avantages et cadeaux, mais devrait également l’autoriser à agir comme il le souhaite dans toutes les situations.

Même quand il ne travaille pas.

Dans la vidéo ci-dessous, celle du journaliste de Canal + un peu molesté par des CRS, on s’aperçoit de plusieurs choses.


LA POLICE FRAPPE UN JOURNALISTE D'INVESTIGATION DE CANAL+
envoyé par MOASPRESS. – L'info internationale vidéo.

Premièrement l’incompréhension.

Ils sont tellement habitués à ce que leur carte de presse agisse comme un sésame. On entend distinctement un journaliste à côté de celui qui se fait matraquer dire,

On est de la presse bon sang, ne nous tapez pas dessus on est pas comme les autres

Cela confinerait au comique s’ils n’en étaient pas persuadés.

Moi, si j’entendais quelqu’un me crier dessus -comme une pauvre petit victime surjouant l’effroi- de ne pas me taper dessus pendant plusieurs minutes alors même qu’il n’a pas la moindre stigmate de coups, j’aurais étrangement envie de le faire.

C’est là-dessus que ces journalistes comptaient.

Deuxièmement la violence et la provocation.

Se mettre pile devant des CRS prêt à avancer -ou charger, leur hurler à la figure qu’il faudrait qu’ils témoignent de la déférence et du respect à leur personne de journaliste tout en les pointant du doigt et en beuglant qu’on vient de se faire torturer, ce n’est pas très malin. Car, oui, ne pas bouger lorsque les CRS se mettent en mouvement, c’est prendre le risque, effectivement, de se prendre quelques coups.

Les CRS ne sont pas la police de proximité. Ce n’est pas leur boulot de discuter pendant des heures avec le moindre mec bourré ou le journaliste provocateur se sentant intouchable du fait de son métier.

Vous restez en plein milieu de Bastille après la manifestation et vous occupez le terrain en organisant quelques feux dits « festifs » ? Il ne faut pas s’étonner de voir les CRS débouler pour ouvrir la voie aux pompiers. Et si vous êtes sur le chemin, mieux vaut s’écarter.

Par ailleurs on voit notamment, de manière distincte, qu’une fois que les CRS poussent en avant notre journaliste parce qu’il se trouve pile sur leur chemin, ce dernier fait pression de son corps en arrière pour leur résister.

Forcément, il finit au sol.

Incroyable.

Ce journaliste n’est pas là en tant que tel, il le dit lui-même, mais en tant que manifestant. Les autres manifestants sont tous sur le côté. Cependant le journaliste, de par son métier, exige que les CRS s’écartent devant lui, contournent son auguste personne et lui proposent, peut-être, un buffet chaud avec quelques petits fours.

On va être clair. Le journaliste a cherché très exactement ce qu’il a reçu. Il voulait prendre des coups devant la caméra et a agit très exactement de la manière qu’il fallait pour les prendre. Il devrait remercier les CRS.

On ne comprend donc pas trop bien de quoi il se plaint.

D’ailleurs, il ne se plaint que médiatiquement. Les micros éteints, il doit se réjouir de ce petit coup de pub et de buzz. Point. C’est bien joué. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faudrait s’abstenir de dire qu’il s’agit d’une grossière manipulation.

D’autant qu’en matière de matraquage, la presse est nettement plus violente que les compagnies de CRS.

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