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12 stratégies pour éviter de se faire tondre en 2012

Economie — Article écrit par le 30 décembre 2011 à 16 h 03 min

1/ Plus de dettes que de liquidités tu auras. Attendu que les États détiennent le monopole de la violence, qu’ils sont endettés et qu’ils disposent d’une technologie – la « planche à billet » – qui leur permet d’imprimer autant d’euros qu’ils le souhaitent, tu veilleras soigneusement à rester du bon coté un fusil en évitant de détenir du papier-monnaie mais en en devant le plus possible aux autres. Parce que tu sais, Ô lecteur avisé, qu’il vaut mieux voir fondre la valeur de ses dettes que celle de son épargne.

2/ Des actions tu achèteras. Règle numéro 1 des investissements en actions : « acheter au son du canon et vendre au son du clairon. » Il ne t’aura pas échappé, Ô lecteur aux oreilles de lynx, que c’est bien le bruit de la poudre et l’odeur du salpêtre qui dominent l’actualité. Par ailleurs, si les actions ont ceci de commun avec les obligations qu’elles génèrent des revenus, elles ont en revanche ceci de différent qu’elles génèrent des revenus variables. L’inflation qui pointe le bout de son groin à l’horizon te suggère donc avec insistance de privilégier les premières par rapport aux secondes. Les actions, tu vas donc les acheter et voici quelques suggestions pour te guider dans tes emplettes.

3/ Les actions américaines tu préfèreras ; si le pays d’Oncle Sam n’a pas brillé par sa clairvoyance ces dernières années, le citoyen étasunien moyen reste globalement plus compétent en matière économique que nous autres, habitants de la vieille Europe. Ainsi donc, tu as quelques bonnes raisons de penser que le gouvernement des États-Unis sera moins prompt à saborder son économie que les clowns à roulettes (copyright h16) qui nous gouvernent. C’est donc outre Atlantique que tu feras ton marché.

4/ Les financières et les pétrolières tu privilégieras. Tu feras ça précisément parce que ton cerveau reptilien te dit de n’en rien faire (rappel de la règle numéro 1) et parce que toi, Ô lecteur malin comme un singe, tu n’es pas un lézard mais un primate évolué et doué de raison. Ainsi donc, tu sais que dans un monde de monnaies-papiers administrées par des planificateurs soviétiques à la solde des clowns à roulettes déjà évoqués plus haut, la possibilité d’un nouveau « credit crunch » et d’une nouvelle vague de faillites bancaires relève plus de la théorie que de la pratique.

5/ La dette publique (et notamment AAA), comme la peste, le choléra et le scorbut tu fuiras. Non pas, Ô lecteur dont la sagesse égale ou surpasse même celle de l’ibis sacré du Nil, que tu crois ne serais-ce qu’un instant à un défaut de paiement mais plutôt que des taux d’intérêt réels négatifs et le doux ronronnement de la planche à billet te donne toutes les meilleures raisons du monde de penser que celui qui s’y risquera y laissera plus d’une plume. Sage et érudit, tu sais que des taux qui remontent c’est aussi des prix qui baissent ; et tu sais aussi qu’au niveau des prix actuel et avec l’inflation qui se prépare, la dette publique c’est la déculottée garantie.

6/ Il suit de la précédente que du fonds en euros de ton contrat d’assurance vie tu te débarrasseras. Car bien sûr, tu sais qu’en ultime analyse, les marchés financiers tant décriés c’est toi. Ainsi donc, tu préfèreras les « unités de comptes » (c’est-à-dire des fonds d’investissement) investis au moins en partie en actions.

7/ Dans l’immobilier (et avec effet de levier) tu investiras. Tu privilégieras cependant les investissements les moins onéreux au mètre carré et éviteras soigneusement les petites surfaces, notamment parisiennes. Car toi, Ô lecteur doté d’une ouïe qui n’a rien à envier aux fennecs du désert, tu as entendu et bien compris que les clowns à roulettes envisagent très sérieusement de nous refaire le coup du plafonnement des loyers – solution mainte fois essayée et aux effets invariablement catastrophiques. Tu préfèreras donc des grandes surfaces en province ou même de l’immobilier commercial – pour les détails, tu te rapprocheras de l’ami XP.

8/ La bulle tu chercheras. La question n’est pas de savoir s’il y aura une bulle mais de savoir où et quand elle se gonflera. Forts de l’expérience de celles et ceux qui nous on précédé, nous savons toi et moi qu’elle peut avoir lieu sur le marché des actions ou sur le marché immobilier et qu’elle suit de quelques années l’ouverture toute grande des vannes de la banque centrale ; bref, c’est pour bientôt. Des prix totalement déraisonnables dans un secteur lourdement subventionné et favorisé par les pouvoir publics ; telles sont les caractéristiques de la bulle que nous cherchons. Tu y investiras avec la même ferveur que les autres à cette différence près que tu te tiendras prêt à vendre à mon signal (ton serviteur assurera le service après-vente).

9/ L’or et les métaux précieux tu n’accumuleras pas. Beaucoup l’ont fait avant toi et tu sais que l’administration fiscale des clowns à roulette ne va pas tarder à s’y intéresser. Quitte à stocker des matières premières, tu préfèreras celles qui sont aujourd’hui moins onéreuses et moins fiscalement repérables.

10/ De la même manière, le Franc suisse tu éviteras. Aux raisons applicables aux métaux précieux s’ajoute le fait indiscutable que le CHF est aussi une monnaie-papier administrée par une banque centrale en liaison directe avec la direction générale du groupe Nestlé. L’expérience récente prouve que ladite banque centrale se fiche comme d’une guigne du pouvoir d’achat de l’helvète moyen mais répond diligemment à toute demande de dévaluation provenant de l’état-major des grandes entreprises suisses.

11/ Des marchés émergents en général et de la Chine en particulier éloigné tu te tiendras. Si l’Empire du milieu a copié nos bonnes recettes, il a fait de même avec nos idées les plus absurdes en y ajoutant une dose certaine d’autoritarisme et de gigantisme. L’admiration que suscite le gouvernement local chez nos souverainistes et autres étatolâtres socialoïdes doit éveiller chez toi, Ô lecteur, la méfiance salvatrice de la souris face à un gros morceau de gruyère posé sur une planche en bois au pied du garde-manger.

12/ Dans un nouveau passeport, tu investiras. 2012 ne sera certainement pas la fin du monde mais un second tour Marine le Pen contre Jean-Luc Mélenchon n’était désormais plus totalement impossible, mieux vaut se tenir prêt.

Bonne chance à toutes et à tous.

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Coming soon : Pulp Libéralisme !

Economie — Article écrit par le 17 décembre 2011 à 11 h 30 min

En janvier 2012, sortie de :

  Pulp Libéralisme,

la tradition libérale pour les débutants

par Daniel Tourre (celui qui avait déjà fait « Le libéralisme pour les débutants » ici), aux éditions Tulys.

Un livre destiné a présenter de manière familière les bases du libéralisme classique.

Pour des libéraux débutants qui n’ont pas le temps où l’envie de se plonger dans les textes classiques

Pour des passionnés de politique qui souhaitent avoir les grandes lignes de cette doctrine. (avec un accent sur le droit naturel et l’école autrichienne)

Pour les libéraux qui s’ignorent et qui découvrent qu’une partie de leurs intuitions font partie de la tradition libérale.

 

C’est un ouvrage de 230 pages en format A4 en couleurs, illustré par des BD américaines des années 50 (Monstres improbables, Gangsters durs à cuire, Extraterrestres hostiles, Tragédies romantiques) dont le contenu des bulles a été ré-écrit.

Il contient 440 citations des grands auteurs libéraux, 460 illustrations et environ 400 courts paragraphes traitant d’un concept ou d’un auteur. Environ 40% des textes sont extraits du site « le libéralisme pour les débutants » www.dantou.fr.

« La raison pour laquelle le socialisme et l’étatisme gagnent du terrain, c’est que le libéralisme a été falsifié par un certain nombre de contresens ou de mythes qui sont autant de préjugés enseignés comme des vérités dogmatiques de la maternelle à l’université. Daniel Tourre s’emploie à les réfuter tout au long de son livre, avec des illustrations pédagogiques, accompagnées d’une connaissance pointue des doctrines et des théories scientifiques en présence. Car son livre n’est pas seulement un plaidoyer pour la liberté, c’est un véritable manuel d’initiation à une authentique philosophie de la liberté et du marché. »

Extrait de la préface Par Damien Theillier, professeur de philosophie, président de l’Institut Coppet.

La suite de tout cela ici

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Exemple de politique franco-keynésienne (tripleuhA minimum)

Economie — Article écrit par le 25 novembre 2011 à 14 h 36 min

Frédéric Mitterand le reconnaît lui-même, l’opération est un échec cuisant avec seulement 50 000 ventes en 1 an.

Lancée en octobre 2010, la carte musique jeune a pour vocation d’encourager le téléchargement légal. Avec cette carte, l’objectif du gouvernement qui finance l’opération à hauteur de 50%, est de proposer aux 12-25 ans de pré-payer pour 5, 10 ou 25 € de musique numérique, et d’être crédités du double !

Les numériques

 

Le financement de ladite carte a été envisagé sur la base de plusieurs modèles économiques successifs. Il fut, au départ, question d’une contribution de la part des ayants-droit. Une hypothèse vite évincée. Le gouvernement s’est alors tourné vers les fournisseurs d’accès à Internet. Le ministère de l’Industrie s’est opposé pour le moment à cette idée. C’est donc finalement Bercy qui mettra la main à la poche – des contribuables – pour sortir 25 millions d’euros annuels, le plan s’étendant sur trois ans. Chaque site partenaire du projet recevra 5 millions d’euros.

 

Idem

 

Donc, pour vendre -à la très grosse louche- 1,5 millions d’€ de musique, l’Etat a déboursé 75 millions d’€ de subventions.

 

La monde de la production musicale pourrie des copains culture et de l’innovation qui innove dans des trucs rentables et citoyens dit Merci Fredo, Merci Carla.

 

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Occupy ton temps à autre chose

Economie — Article écrit par le 9 novembre 2011 à 19 h 27 min

Bill Gates et Steve Ballmer sont tous deux issus de familles aisées de notables de Seattle pour Gates et de Detroit pour Balmer. Ils se sont rencontrés à Harvard, là où Gates et Paul Allen, encore étudiants, fondent Microsoft en 1975. Ballmer rejoindra l’équipe en 1980.

Warren Buffett est le fils d’Howard Buffet, un politicien américain. Fort des enseignements de Ben Graham, il se lance dans une carrière d’investisseurs qui lui permettra, de proche en proche, de racheter une petite entreprise textile au bord de la faillite, Berkshire Hattaway, qu’il transformera en un des plus gigantesques conglomérats de l’histoire.

Larry Ellison est né dans le Bronx d’une fille-mère de 19 ans et d’un pilote de l’US Air Force qu’il n’a jamais connu ; il fut adopté par son oncle et sa tante alors qu’il avait 9 mois. Brillant et passionné d’informatique, il travaille sur un projet de base de données pour la CIA, le projet « Oracle », qui deviendra le nom de sa future entreprise.

Diplômés du MIT, Charles et David Koch sont les petits fils d’un immigrant néerlandais et les fils d’un entrepreneur du Kansas ; en quelques années ils ont transformé Koch Industries, la petite entreprise paternelle, en un des plus grands conglomérats des Etats-Unis.

Christy Walton est la veuve et l’héritière de John T. Walton, le fils du fondateur de Wal-Mart. Elle est, avec ses beaux-frères Jim et Rob et sa belle-sœur Alice ont hérité de Wal-Mart, le géant de la distribution fondé par leur père et beau-père, Sam Walton [1].

Fils d’un écrivain juif-hongrois, Georges Soros survit à l’oppression nazi et à la bataille de Budapest avant d’émigrer pour faire ses études à la London School of Economics [3] ; sans un sous, il financera son éducation grâce à l’aide de son oncle et à plusieurs petits boulots. Une fois diplômé, il émigre aux Etats-Unis et y entame sa carrière qui fera de lui un des investisseurs les plus célèbres de tout les temps.

Presqu’autodidacte, Sheldon Adelson a accumulé les expériences professionnelles et a créé plusieurs petites entreprises avant de réussir son premier gros coup avec le COMDEX, la première exposition dédiée au monde de l’informatique, et de construire son immense fortune dans le monde des casinos.

Michael Bloomberg, l’actuel maire de New York, est né d’un père agent immobilier et lui-même fils d’immigrants. Il a payé ses études en garant des voitures dans un parking avant d’entamer une carrière dans la finance et d’utiliser ses indemnités de licenciement chez Salomon Brothers pour fonder l’entreprise qui porte son nom, aujourd’hui un des leaders mondiaux de l’information financière.

Jeff Bezos est le fils d’une fille de rancher texan remariée quand il avait 5 ans avec un immigrant cubain qui l’a adopté et lui a donné son nom. Passionné d’informatique, il passe quelques années à travailler sur les ordinateurs de Wall Street et, en 1994, fonde Amazon.com dans son garage.

On ne présente plus Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, fils d’une psychiatre et d’un dentiste de New York, le petit génie de l’informatique créé la première version du site qui va faire sa fortune dans sa chambre d’étudiant à Harvard.

Sergey Brin et Larry Page sont l’un et l’autre des fils de scientifiques ; les parents de Page étaient professeurs de sciences informatiques à l’université du Michigan et la famille Brin a émigrés d’URSS pour fuir les politiques antisémites qui leur interdisaient l’accès aux meilleurs postes. Les deux compères se rencontrent à Stanford et y fondent leur petite entreprise en 1998. Google est né.

Issu de la bourgeoisie new-yorkaise et fils du directeur financier d’une firme de relations publiques, John Paulson est né et a grandit dans la grosse pomme. Il fait carrière dans les fusions & acquisitions et finit par fonder en 1994 son propre hedge fund, Paulson & Co, avec 2 millions de dollars et un employé.

Michael Dell est le fils d’une orthodontiste et d’un broker texan. En 1984, il créé sa petite entreprise alors qu’il est encore étudiant à l’université du Texas grâce à un investissement de 300 000 dollars de sa famille. Dès sa première année, la future Dell Corporation réaliste une marge brute de $73 millions.

Forrest Mars Jr, comme son nom le suggère, est l’héritier de la dynastie Mars fondées par son grand père, Franklin Clarence Mars, en 1920. Outre les célèbres barre chocolatées, la famille a aussi à son actif les M&M’s et le lancement du riz Uncle Ben’s.

Ces gens sont, d’après le classement des 400 américains les plus riches réalisé par Forbes, les 20 américains les plus fortunés au dernier pointage. Si certains, comme Gates ou Zuckerberg, sont issus de milieux aisés, d’autres, comme Ellison ou Soros, ont démarré leurs carrières avec presque rien. Mais notez bien ceci : au total, nous n’avons là, à proprement parler, que cinq héritiers (Forrest Mars et les quatre Walton [2]) : les 15 autres – les trois quart du top 20 – ont construit leurs fortunes respectives de leurs propres mains. Bien sûr, me direz vous, certain ont bénéficié d’un coup de main et d’autres ont repris une entreprise familiale ; c’est vrai mais leurs héritages, sauf pour les cinq cités plus hauts, ne représentent qu’une goute d’eau dans l’océan de leurs fortunes. Le reste est le fruit de leur travail.

Et ce top 20 est un fidèle reflet du reste du classement. L’analyse des résultats montre que le Forbes 400 devient de plus en plus méritocratique puisque 70% des individus qui composent cette liste de super-riches ont construit leur fortune eux-mêmes contre 55% en 1997 ; c’est le résultat le plus élevé observé par Forbes depuis trois décennies que ce classement existe.

Par ailleurs, ces résultats sont confirmés par les données de l’IRS [4], le fisc étasunien. Sur les 17 années fiscales de 1992 à 2008, 3 672 citoyens des Etats-Unis ont eut l’insigne honneur d’appartenir au moins une fois au club des 400 américains qui ont payé le plus d’impôts (i.e. les plus gros revenus). Il ressort des données de l’IRS que 2 676 d’entre eux (72,88%) ne l’ont été qu’une seule et unique année, que pas plus de 439 personnes (11,96% du total) ont réussit à faire partie du club pendant 2 ans et que seuls 4 de ces 3 672 contribuables (0,11%) sont parvenus à rester membres du top 400 durant les 17 années.

Voilà donc à quoi ressemble ce groupe que l’on appelle « les riches » (ou même dans ce cas les ultra-riches) et dont on nous explique qu’ils sont de plus en plus riches tandis que, naturellement, les pauvres sont de plus en plus pauvres. La plupart d’entre eux sont devenus riche à la force de leur propres poignets ; à part quelques héritiers, ils ont, par leur travail, par leurs prises de risques et par leur intelligence construit leurs fortunes et mérité chaque cent qu’ils ont empoché. Ces gens, l’élite du fameux 1%, ont créé des centaines de milliards de dollar de richesse, des centaines de milliers d’emplois, ont contribué à améliorer les conditions d’existence de plusieurs milliards d’hommes et de femmes et plusieurs d’entre eux consacrent une part considérable de leur fortune à des œuvres caritatives.

Quelqu’un peut-il nommer ne serait-ce qu’un seul politicien qui puisse en dire autant ?



[1] Sam Walton était le fils d’un ancien fermier reconverti dans la vente de crédits hypothécaires et ruiné par la Grande Dépression.

[2] Avec un « W ».

[3] Il y fût notamment l’élève de Karl Popper.

[4] Voir The 400 Individual Income Tax Returns Reporting the Highest Adjusted Gross Incomes Each Year, 1992-2008, tableau 4.

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François Hollande nouveau chouchou de Moody’s ?

Economie — Article écrit par le 20 octobre 2011 à 12 h 20 min

Si j’étais le patron de l’Agence Moody’s, j’inciterais fortement le peuple français à prendre le socialiste François Hollande pour président.

Pour ce faire, je financerais sa campagne. Je murmurais suavement son nom auprès des oreilles qui comptent. Je ferais front commun avec les industriels propriétaires de médias en alignant les campagnes de presse. Je mobiliserais les chanteurs engagés d’Universal ayant des comptes au Luxembourg, et les artistes conceptuels et mondains tirant leurs rentes des commandes d’État. Pour convaincre jusqu’au dernier des Français que François Hollande est l’homme de la situation.

Ce soutien pourrait paraître incongru à certains, contre-nature, mais ce serait oublier que de tout temps ce sont avec les sociaux-démocrates s’affichant de gauche que la finance fait ses meilleures affaires. L’expansion de la finance coïncide avec le développement de la dette publique. Les États nécessitent d’années en années des financement de plus en plus dispendieux pour assurer la paix sociale, et la réélection de leurs hommes politiques qui achètent les votes en endettant leurs pays. Pour ce faire les financiers prêtent ces sommes aux États qui sont devenus les plus gros débiteurs, ainsi que des plus sûrs, car contrairement à une entité privée, un État n’est jamais ruiné tant qu’un seul de ses citoyens possède encore quelques chose. Et à ce jeu la gauche a généralement été la plus dépensière, donc la plus apte à maintenir la croissance de nos activités. Ce qui explique que Wall Street ait largement soutenu l’élection du bon Obama et que Ron Paul soit moqué sur tous les médias US.

Je dois aussi penser à la gestion de cette crise qui n’en finit pas. A désigner l’homme le plus apte à relancer tous les ans, à coup de milliers de milliards, les banques d’affaire too big to fail, qui ont perdu au jeu de la spéculation et qui sont aujourd’hui perclues de dettes pourries. Et à le faire accepter à des peuples qui ne connaissent pas cette sollicitude de leurs banquiers. Là encore François Hollande est le plus propre à assurer les avoirs investis en France. Les hommes de gauche ont cette pédagogie qu’il permet d’entrainer avec bonhommie un peuple à se serrer la ceinture. Une bouille joufflue, un physique bien rond, un air rigolard, un verbe social, voilà ce qu’il faut à la France pour multiplier taxes et redevances. Sarkozy est trop haï pour apaiser un peuple aux abois, ses tics donnent des convulsions à une nation entière. Alors que certains pays d’Europe s’échauffent dangereusement ce serait le plus mauvais candidat pour préserver nos intérêts. Un bon président doit être capable de tenir un discours amoureux et généreux à son peuple, de se conduire en pillard cupide, et encore de rester populaire.

Plus tard, quand la situation deviendra plus tendue, il sera bon de réhabiliter triomphalement Dominique Strauss-Khan, qui était mon premier choix. Des années à fréquenter les milieux d’affaires, à arpenter les institutions internationales, les banques et les investisseurs, lui ont donné une expertise unique et une connaissance intime de nos intérêts qu’il a toujours su préserver.

Quarante ans de gabegie étatique ont donné aux marchés un poids inédit dans l’histoire, devenant les bailleurs de fond des démocraties populeuses bâties sur le principe : dette contre voix. La gauche par son engouement à créer de la dette a fait la fortune des spéculateurs. Il s’agit maintenant de préserver nos acquis en veillant à ce que les États continuent d’emprunter, tout en consolidant leur capacité de remboursement. Le choix de dirigeants dociles alliant une image rassurante et honnête devient une priorité tant les impôts doivent s’alourdir.

Personne ne pourra le faire aujourd’hui aussi bien que François Hollande.


Coup de grisou à Zurich

Economie — Article écrit par le 13 octobre 2011 à 9 h 23 min

Le 6 septembre dernier, la Banque Nationale Suisse provoquait une petite panique sur le marché des changes en fixant le cours plancher du franc suisse face à l’euro à 83,3 centimes d’euros pour un franc suisse. Alors que le franc suisse s’échangeait à 90 centimes d’euros le 5 septembre, il ne valait plus que 83,1 centimes le lendemain ; une chute de 7,7% dans la journée – autant dire un petit cataclysme. La banque centrale suisse s’est montrée très claire : « elle ne tolérera plus de cours inférieur à 1,20 franc pour un euro [1], fera prévaloir ce cours plancher avec toute la détermination requise et prête à acheter des devises en quantité illimitée. » Quelle mouche a donc bien pu piquer nos voisins helvètes qui brillent pourtant d’habitude par leur calme, leur courtoisie et leur modération en toutes choses ?

Un petit retour en arrière s’impose. Depuis bien longtemps la BNS a la réputation de gérer le franc suisse avec une rigueur toute germanique et cette réputation est loin d’être usurpée. Et comme, par ailleurs, la confédération helvétique brille par son endettement tout ce qu’il y a de plus raisonnable (38,8% du PIB en 2010 à comparer avec nos 82,4%) ; cette réputation est aussi très crédible [2]. Ainsi donc le franc suisse bénéficie d’une solide réputation dans le monde entier – précisément, l’homme averti sait aussi que la monnaie de BNS préserve sa valeur dans le temps. En conséquence de quoi, quand nos planificateurs monétaires [3] se livrent à de petites expériences de « fiat monnaie » en imprimant des montagnes d’euros ou de dollars dans un effort désespéré pour nous amener à nous endetter de nouveau, l’homme averti, lui, achète du franc suisse (ou de l’or).

Or voilà, il ne vous aura pas échappé que la petite expérience de fiat monnaie en cours depuis 2008 relève du cas d’école [4]. Très logiquement, alors que Ben « Helicopter » Bernanke et Jean-Claude Trichet inondent leurs systèmes bancaires respectifs de liquidités fraichement imprimées, les hommes avertis se sont rués sur le franc suisse comme la misère sur le bas-clergé. Résultat : la monnaie helvétique qui s’échangeait aux alentour de 63 centimes d’euros lorsque Lehmann Brother nous jouait son remake du Titanic s’est offert un plus haut à plus de 95 centimes d’euros au milieu du mois d’août – 51% de hausse en un peu moins de trois ans dont pratiquement 16% rien qu’entre avril et août de cette année ; home run !

Mais la BNS n’a pas du tout apprécié l’enthousiasme que provoquait sa saine gestion [5] et s’est empressée d’intervenir massivement sur le marché des changes pour faire baisser la valeur du franc suisse ; d’où cette journée du 6 septembre. Pourquoi ? Eh bien gageons qu’un certain nombre d’industriels suisses ont passé des coups de fils à un certain nombre de politiciens suisses pour leur expliquer que le niveau élevé du franc suisse leur posait de véritables problèmes de compétitivité à l’export et donc, de sérieuses irritations au niveau du compte de résultats. Les appels se faisant de plus en plus pressants, on imagine qu’ils ont étés relayés diligemment par les politiciens suisses auprès des autorités compétentes et officiellement indépendantes : la BNS.

Seulement voilà, une monnaie qui s’apprécie, ça n’a pas que des désavantages. Typiquement, quand vous êtes un petit suisse du peuple, ça augmente votre pouvoir d’achat sur les produits importés. Pour preuve, alors que le franc suisse s’envolait de 16% entre avril et août 2011, l’indice des prix à la consommation helvète baissait – oui, j’ai bien dit baissait ; c’est une petite déflation – de 1,4%. C’est-à-dire qu’en payant leurs importations moins chères, nos amis suisses s’étaient tous enrichis de 1,4% en 4 mois. Mais voilà une grande vérité de ce monde : le vulgus pecum n’a jamais rien compris à ces manipulations monétaires et il suffit de lui expliquer que c’est pour « protéger les emplois suisses » et il trouve ça absolument formidable, citoyen et responsable. Bien sûr, ce n’est pas la direction générale du groupe Nestlé qui va lui dire le contraire.

Cette petite anecdote devrait nous permettre de comprendre comment il est possible que Jean-Luc Mélenchon et Serge Dassault réclament en même temps une dévaluation de l’euro : Le premier est une brute imbécile, le second est un truand rusé et si ce pays comptait un peu plus d’hommes avertis, nous prendrions soin de ne surtout pas les écouter.



[1] Soit 83,3 centimes d’euro pour un franc suisse.

[2] Si vous avez raté les épisodes précédents, c’est par ici.

[3] Un autre nom pour « banquiers centraux ».

[4] Voir par ici.

[5] Bien que, pour être tout à fait juste, c’est plutôt un mouvement de fuite face aux expériences de la BCE et de la Fed.

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Le gambit des pions

Economie — Article écrit par le 24 septembre 2011 à 12 h 10 min

Aux échecs, le gambit est une manœuvre qui consiste à sacrifier une pièce – en général un pion jugé sans importance – dans le but d’obtenir un avantage stratégique sur son adversaire. Appliquée à la chose politique, les pions étant de gentils électeurs suffisamment naïfs pour croire qu’on leur veut du bien, cette stratégie peut s’avérer particulièrement machiavélique et démontrer l’absence totale de scrupules de celui ou celle qui la met en œuvre. Dernière illustration en date par Jean-Luc Mélenchon :

La dernière grande idée de Monsieur Mélenchon consiste donc à augmenter le Smic à 1 700 bruts par mois et à financer cette mesure, notamment, en limitant la rémunération mensuelle maximale des français à 30 000 euros par mois. S’il est une chose absolument certaine c’est que, d’un point de vue purement politique, la manœuvre est tout ce qu’il y a de plus rationnelle : ni vous ni moi ne connaissons beaucoup de gens payés au Smic qui refuseraient une augmentation de 350 euros bruts par mois (259 nets). Par ailleurs, ces derniers étant beaucoup plus nombreux que les quelques péquins qui gagent 360 000 euros par an, dans les urnes ça ne fera pas un pli.

Pour ce qui est de l’autofinancement du dispositif, je suis déjà plus circonspect. A vue de nez et toutes choses égales par ailleurs, si on taxait l’intégralité des salaires supérieurs à 10 381 euros par mois, le produit de cet impôt atteindrait péniblement 12,1 milliards par an à répartir entre les 3,37 millions de nos compatriotes qui sont payés au Smic : soit même pas 300 euros par tête et par mois. Je n’ai pas l’intégralité de la distribution mais cet exemple suffit à démontrer que taxer au-delà de 30 000 bruts par mois n’a absolument aucune chance de financer le Smic à 1 700 euros : on est loin du compte, il va donc falloir compléter et là, de toute évidence, il n’y a pas que les « super-riches » qui vont y passer. Accessoirement, on voit difficilement pourquoi un employeur continuerait à payer un de ses salariés plus de 30k si ce dernier se fait confisquer l’excédent ; quand le filon des avantages en nature aura été usé jusqu’à la corde, je vous fiche mon billet que des salariés payés plus de 360k par an il n’y en aura plus un seul. Et donc, qui va payer ?

D’autant plus qu’à 1 700 euros bruts par mois, un salarié payé au Smic coûtera environ 2 636 euros à son employeur sauf bien sûr si Monsieur Mélenchon décide d’augmenter les charges « patronales » [2] ; auquel cas se sera encore plus cher. Pour mémoire, l’Insee estime qu’une augmentation de 10% du Smic détruit 290 000 emplois ; le plan de Monsieur Mélenchon c’est une augmentation de 26%. Autant vous dire qu’à ce prix là il va aussi falloir sérieusement songer à un moyen de financer l’assurance chômage et ce, sans compter sur les boîtes qui auront mis la clé sous le paillasson, réduit leurs activités ou délocalisé.

Parallèlement à ça nos riches désormais bien taxés auront une solide incitation (de plus) à aller exploiter le vulgum pécus ailleurs. Si j’en crois les velléités gouvernementales d’instaurer une « exit tax » dans notre beau pays il semble qu’avant même que Monsieur Mélenchon ne soit élu, les riches ont déjà fortement tendance à aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs. « Qu’ils s’en aillent tous ! » disait-il. Outre un petit problème de recettes fiscales qui va se rajouter à celui déjà évoqué plus haut, il faut aussi considérer que le riche est souvent aussi un patron – c’est-à-dire un employeur ; ai-je pensé à évoquer le financement de l’assurance chômage ?

Un autre effet amusant des chasses aux riches en général c’est que ça vous bousille toute l’industrie du luxe de manière assez radicale. C’est idiot mais les types qui font vivre les grands hôtels, l’industrie automobile haut de gamme, la haute couture, les grands restaurants, les domaines viticoles prestigieux, les gestionnaires de fortune (etc…) ce sont justement les riches. Contrairement à ce que croient beaucoup de gens, il y a encore une industrie de l’habillement en Europe ; mais entre la disparition de ses seuls clients solvables et la remontée du Smic à 1 700 euros, il est à peu près certain qu’elle ne va pas faire long feu. Vraiment, il va y avoir un vrai sujet du côté de l’assurance chômage.

Je passe rapidement sur quelques aspects purement sentimentaux : qui restaurera les châteaux de nos campagnes ? Comment nos grands crus vont-ils survivre ? Quid de la haute couture parisienne ? De nos beaux hôtels et de nos chefs étoilés ? Quand on soviétise un pays, on récupère avec l’architecture, la mode et la gastronomie soviétique. C’est un choix…

Enfin, après que cette taxe sur les super-riches se soit transformée en taxe sur les très-riches, puis sur les riches et enfin sur les moins pauvres, Monsieur Mélenchon aura définitivement réglé ce problème d’inégalité : tous au chômage ou au Smic (payé en monnaie de singe) pour les plus chanceux.

Et voilà le gambit : Jean-Luc Mélenchon n’est certainement pas bête à ce point. Quand on sait qu’on ne sera pas élu, il est beaucoup plus malin de coller une pression malsaine sur le prochain occupant de l’Elysée, de le pousser à augmenter le Smic et à plafonner les salaires et de récolter le résultat cinq ans plus tard en accusant les effets catastrophiques de la « mondialisation ultralibérale ». En substance, Monsieur Mélenchon est en train de chercher à sacrifier quelques centaines de milliers de ses pions pour gagner un avantage stratégique lors des prochaines échéances électorales … à moins que ce ne soit Marine le Pen qui rafle finalement la mise.


[1] C’est-à-dire les 1% de nos compatriotes les mieux payés selon l’Insee (2007), une population de 133 000 personnes qui gagnent plus de 124 573 euros bruts par an.
[2] Environ 788 euros par mois (partant du principe que la réduction Fillon a sauté).

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Plus de munitions ?

Economie — Article écrit par le 12 septembre 2011 à 11 h 22 min

Denis Kessler, ancien d’extrême gauche devenu patron de l’une des grandes sociétés de réassurance mondiales, idéologue du Medef, trouve que l’on s’est trompé en faisant de la relance keynésienne « classique ». Tout arrive, même que les abrutis les plus complets voient la lumière. D’un œil du moins, car on ne comprend pas très bien en lisant ses déclarations s’il ne voudrait pas une politique keynésienne encore plus ambitieuse, donc encore plus désastreuse et destructrice de richesses. Même le couteau sous la gorge, ils n’avoueront jamais que Keynes était un sale con et que ses théories sont d’atroces idioties qui appauvrissent les peuples et n’enrichissent guère que les politiques qui se font élire en promettant que les multiplicateurs multiplieront comme par magie. Car le Keynésianisme c’est la croyance en la magie, ni plus ni moins. La richesse y apparaît sans qu’on ait besoin de la produire, la dette y devient de la richesse, la monnaie y devient de la dette, passez muscade, le vol légal qu’est l’impôt y devient moral et l’or s’y fait « relique barbare ». Pas de chance pour cet idiot de Keynes, la relique barbare est le seul actif AAA depuis la nuit des temps, la seule monnaie qui ne soit une dette pour personne. Et quand les hommes de l’État font du keynésianisme pour essayer de faire perdurer leur ignoble État providence social-démocrate (dont l’existence même est la seule cause pour laquelle nous sommes tant endettés), l’or est le seul moyen de sauvegarder la richesse durement acquise loin des mains avides des politiques et des fonctionnaires. Ah petits actionnaires prudents, ah épargnants égoïstes, ah mauvais esprits qui refuserez bientôt le papier encré par maman banque centrale et papa État, vous ne méritiez pas John Maynard Keynes.


Hayek contre Keynes – VOSTfr par Liberte_Cherie

Il y a des moments comme ça où tout conspire à la clarté : Kessler se découvre, les allemands s’enfuient discrètement de la BCE, le passe-passe keynésien n’opère plus, les monnaies imposées par une technostructure bruxelloise finissent par passer pour ce qu’elles sont, et jusqu’au gros Bertrand qui à Nice hier vantait notre modèle social et économique français à nous qui est le-meilleur-du-monde™. Sans rire, l’essentiel c’est d’en convaincre l’électeur, ce con.

Plus de munitions donc. Pratiquement qu’est-ce que ça veut dire, en dehors du fait que le CAC40 est en route pour les 2600, en attendant pire ?

D’abord qu’il va falloir en trouver. Vous ne croyez quand même pas qu’ils vont renoncer comme ça à leur gagne-pain ? et que le bon peuple va renoncer à ces sophismes économiques qui désespéraient déjà Bastiat quand il remarquait qu’il n’y a aucun moyen d’en détromper un troupeau d’abrutis ? Il y a deux moyens classiques de trouver de l’argent frais à mettre sur la table pour rassurer un peu les créanciers de notre si beau pays où tout marche si bien qu’il ne faut surtout rien y changer, hein. « Modèle » qu’on vous dit. Le premier consiste à tailler dans les dépenses. De préférence à la hache plutôt qu’au rabot et dans les dépenses sociales et assimilées, les seules où les montants soient significatifs : éducation nationale (le quart du budget de l’État pour des résultats toujours plus mauvais), sécurité sociale, assurance vieillesse, aides diverses, argent-bwagette, subventions aux associations, politique de la ville, subventions diverses aux artistes manqués, etc. Cette politique là est quasi impossible en période électorale dans nos belles démocraties d’opinion. Même avec l’aide du personnel médiatique dont l’endogamie avec le pouvoir est chaque jour un peu plus manifeste, ça ne passerait pas. Il y aurait bien quelques mesures à prendre pour pouvoir retrouver une politique raisonnable mais elles sont si extrêmes et si peu « républicaines » qu’on ne peut hélas pas compter dessus : report des élections par consensus politique, fomentation d’émeutes gravissimes qui justifieraient là aussi une absence d’élections en 2012 pour appliquer une politique d’économies drastiques, guerre cyniquement déclenchée par exemple contre ces salauds de Suisses qui sont scandaleusement prospères… Donc la voie des économies significatives, celles qui feraient mal à l’électeur, est fermée. Et elle l’est pour longtemps en quinquennat.

L’autre moyen classique est la taxation. Prendre plus pour dépenser autant en gaspillant la différence. Mais les marges sont faibles et la loi de Laffer existe : au delà d’un certain point, taxer plus c’est avoir moins de rentrées fiscales car les gens les plus honnêtes se mettent à frauder quand il s’agit de pouvoir manger et se loger. D’ailleurs la récente tentative du gouvernement de taxer plus s’est soldée par le fait risible que la France espère rembourser ses dettes — ou disons du moins ne pas trop les alourdir — en taxant les sodas… l’année prochaine. Si nous avions une presse libre l’éclat de rire aurait été général et aurait caramélisé pour longtemps le tout petit argentier qu’est M. Baroin.

Alors ? alors il reste deux moyens tout aussi classiques, mais qu’on croyait oubliés.

Le premier c’est le vol pur et simple. Il y a en France un magot qui s’appelle l’assurance-vie. Les hommes de l’État lorgnent depuis logtemps dessus, et pourraient par exemple décider d’un système où cet argent serait prêté à l’État au taux d’inflation officiel, qui est ridicule et mensonger, avec impossibilité de sortir avant une certaine échéance, d’ailleurs renouvelable par simple vote budgétaire. C’est sans doute la solution que sont en train d’imaginer les tristes gens qui font chez nous figure d’orthodoxes budgétaires et dont le prototype est M. Arthuis, lequel n’est pas expert-comptable pour rien et n’est jamais si content que quand il peut faire moins d’un côté et plus de l’autre sans s’interroger plus que ça. Il paraît néanmoins difficile de faire ce coup-là avant les élections, même au prétexte de sauver en même temps l’Euro, la République, les valeurs de la conscience universelle et les principes sacrés de 89 et du CNR réunis. Toute l’artillerie des flonflons et de la quincaille nationale, républicaine, solidaire, antiraciste et sociale n’y suffirait pas.

Le deuxième c’est la banqueroute par la monnaie et l’inflation. Mais il y a un hic : l’Allemagne, qui ne paie jamais tant qu’on croit, et qui commence de toute évidence à songer à une sortie de cet euro qui revient à utiliser ce qui lui reste de capacité d’emprunt au profit des autres plutôt qu’à son profit à elle.

Parenthèse : signalons en passant au ridicule, imberbe et incompétent petit Baroin qu’il a dit une grosse bêtise en prétendant il y a quelques jours que l’Allemagne « n’était pas endetté ». Deux mille milliards d’euros à la louche. Simplement l’Allemagne arrive encore à emprunter à taux bas pour faire rouler cette dette en en payant les intérêts.

Le seul scénario probable, et il faut s’en réjouir, est donc une destruction de la monnaie d’occupation bruxelloise qui nous fut imposée jadis par François Mitterrand en exhibant son cancer de la prostate à la télé. Après, il faudra vous accrocher.

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Castro est mort! Vive le capitalisme!

Economie — Article écrit par le 10 août 2011 à 20 h 08 min

J’en rêve. J’envie les heureux Cubains qui vont assister à la chute de Castro et pouvoir enfin privatiser tout ou partie de l’économie cubaine. Ah les chanceux. Pas besoin de foutre la main sur les fabriques de tabac et vendre du Cohiba sur toute la planète dont les profits iront garnir les poches de preux capitalistes pour devenir riches. Ca reviendra probablement à un ancien apparatchik ou militaire voire aux cubains de Miami qui doivent déjà avoir les yeux rivés sur les trésors qu’ils vont s’approprier. Ah le bon rhum à venir. Imaginez juste le type un peu malin qui va monter son restaurant ( Subway ou Macdo ou truc plus typique) en face du musée de la Revolución…tous les types qui vont acheter de la pierre, tous ceux qui vont profiter des gros et gras touristes américains, les prochaines putes cubaines sur le trottoir en Europe…sans parler de ceux qui vont profiter à plein des plages, de la mer….les médecins qui vont ouvrir les cliniques privées: tourisme balnéaire et médical. On va parler des nouveaux cubains comme on parle des nouveaux russes. J’attends cette transition avec impatience et pense aux aventuriers du business qui vont s’en mettre plein les poches: rien que d’avoir une exclusivité sur les cartes prépayées de téléphonie mobile…même pas une exclusivité nationale, non, simplement une petit jardin sur une ville de 200 ooo habitants. Je rêve du nouveau magasin Gucci ou Dior ou Vuitton dans le casino Nacional…Cuba va redevenir ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être, un Las Vegas sous les tropiques…et pensez encore à ceux qui vont monter la compagnie Low Coast Miami- La Havane…et tant et tant encore d’opportunités pour ceux qui ouvriront Cuba au secteur privé et au capitalisme…qu’une année entière ne me suffira pas pour tout lister…une création de richesses absolument vertigineuse…


Non, les émeutes londoniennes ne sont pas raciales

Economie — Article écrit par le 10 août 2011 à 14 h 31 min

Il est évidemment tentant de transposer notre petite expérience de 2005 dans l’Angleterre d’aujourd’hui. D’autant que le point de départ semble similaire : un criminel coloré flingué avec raison, ce dont on ne peut que féliciter la police de Sa Majesté.

Mais à l’évidence ces émeutes ne sont pas raciales. Autant celles de 2005 en France étaient clairement des émeutes du Ramadan et avaient non une composante raciale mais un caractère racial essentiel, réunissant surtout des noirs et des musulmans, autant les émeutes de Londres n’ont qu’une — ou plutôt ont des composantes raciales indéniables, mais pas plus.

D’abord les émeutiers ne sont pas tous noirs ou « asiatiques » — ce qui en anglais poli veut dire pakistanais, indien, musulman et tout ce qui s’y ramène. Même en supposant que certains medias anglais trient les photos, il y a des pillards blanc, bien anglais, et qui ne se font pas bolosser pour leur butin par leurs compagnons d’émeute.

Ensuite, il y a des victimes qui ne sont pas blanches, en nombre important. Ainsi des Turcs se sont-ils mis à taper sur des noirs qui voulaient mettre à sac leur quartier plutôt que de se joindre aux émeutiers pour se diriger vers un quartier blanc, ce qui aurait été concevable dans une émeute raciale.

Sans doute les quartier multiethniques ont été les premiers à flamber. Sans doute une majorité d’émeutiers n’est pas composée de bons anglais bien blancs. C’est somme toute banal de le constater, pour de simples raisons sociologiques : on ne pille pas quand on habite le fond du Kent ou Chelsea. On ne met pas le feu aux immeubles quand on est arrivé péniblement à acheter un bien immobilier à Londres, même dans un quartier très banal. On pille et on met le feu quand on n’a pas tout cela à perdre. Un certain nombre d’autorités locales l’ont bien compris, qui ont d’ores et déjà déclaré vouloir expulser les émeutiers identifiés des logements sociaux qu’ils occuperaient. Peut-être y a-t-il des cris racistes anti-blancs ici et là, mais ils semblent bien rares.

Sans doute aussi la paralysie de la police anglaise est-elle en partie due à sa peur panique d’être accusée de racisme ou de violences contre des « communities ». On sait que depuis des décennies cette peur, issue d’un complexe de culpabilité coloniale, est commune aux deux partis qui alternent au pouvoir. Chez les conservateurs cette orientation dominante depuis l’éviction d’Enoch Powell a été un peu écornée par David Cameron, qui a récemment parlé de « britishness » pour flétrir le multiculturalisme. Que la police et les autorités londoniennes soient si sensibles au politiquement conforme n’a rien arrangé, c’est donc entendu aussi.

Reste que ce ne sont pas tant des émeutes d’immigrés contre les Anglais de souche que des émeutes de pauvres contre les riches, ou ceux qui sont perçus comme tels car ils sont du bon côté de la société de consommation capitaliste et technique. Avec le cortège de pillages de magasins de sport, de mode, de parfums, de hi-fi et autres stands de cigarettes que ces mots peuvent recouvrir dans les faits.

Les émeutes de Londres sont les premières émeutes importantes à l’échelle d’un pays à accompagner la mort des États providence européens, la faillite définitive dans la dette des ridicules ambitions sociales-démocrates qui pourrissent notre continent depuis plus de soixante ans. Appelez ça modèle républicain, modèle Rhénan, Welfare ou nouvelle société, c’est la même chose.

Car ces pauvres, malgré les apparences, sont des enfants gâtés. Et ils réagissent comme tous les enfants gâtés qu’on prive brusquement de leur jouet ou de leur quatre heures.

Je dis bien ces pauvres. Car en Angleterre comme chez nous il existe aussi une vraie grande pauvreté, mais celle là n’organise pas d’émeutes avec des Blackberry achetés grâce à l’argent redistribué par les politiciens à travers des allocations sociales. Car ces allocations arrivent rarement à ceux, vraiment en grande difficulté, qu’il serait légitime d’aider.

L’immigration excessive depuis des décennies accroît bien entendu ces données, mais ne fait que les accroître et les compliquer.

Cette révolte des allocataires et autres bénéficaires, de ceux qui on l’habitude de percevoir largement de l’argent volé aux autres par l’impôt ou volé à l’avenir par l’emprunt, touche le pays qui a été le plus socialisé d’Europe, qui est allé le plus loin dans l’État providence, jusqu’à son absurde système de santé actuel auquel même Margaret Thatcher n’a pu toucher significativement. On a oublié à quel point le collectivisme social forcené avait fait du Royaume-Uni l’homme malade de l’Europe des années 70.

Aujourd’hui la pression fiscale a diminué et il serait périlleux pour le gouvernement de David Cameron de la réhausser significativement, électoralement périlleux mais aussi en raison de la loi de Laffer. Quant à la dette, on sait ce qu’il en est. Si bien que peu à peu et malgré les abrutis comme Stiglitz, on voit céder devant le réel les ahurissantes stupidités keynésiennes qui reviennent in fine à prétendre qu’il suffit d’emprunter ou de créer de la fausse monnaie pour que tout aille toujours bien.

Ces gens habitués à recevoir de l’argent pour tout, sous tout prétexte, sans jamais être contraints de créer de richesse réelle en investissant cet argent, donc habitués à détruire de la richesse — c’est la seule chose que sache faire le socialisme —, continuent différemment à faire ce qu’ils ont toujours fait. La richesse détruite quand on met le feu à un magasin ou qui y est pillée est seulement plus spectaculaire à voir que celle détruite via les mécanismes de l’État-providence, dont les émeutiers ont bien compris qu’on allait les sevrer en grande partie, pour simple cause de faillite et d’impossibilité de rembourser les dettes contractés.

Il faut ajouter à cela l’âge des émeutiers, génération qui en raison même de la perpétuation de l’État-providence en faillite, de ses constructions sociales à base de redistribution plus que d’épargne individuelle, a le sentiment, souvent juste, de se retrouver condamnée à payer d’une manière ou d’une autre, pour l’imprévoyance et les doux rêves sociaux de leurs aînés.

L’alliance est alors naturelle entre ceux des immigrés qui ont l’impression éternelle que l’homme blanc leur doit quelque chose et ce demi-prolétariat, où les anglais de souche sont nombreux, qui croit lui qu’un magot est caché quelque part et que l’État pourrait le taxer à leur profit, ce qui leur permettrait de continuer à profiter d’aides sociales généreuses. Dans les deux cas, tout un discours idéologique en faillite où se mèlent socialisme, marxisme, communisme, tiers-mondiste, idéologie écologique ou encore christianisme dévoyé est à leur disposition pour légitimer cette évidence qu’ils ressentent : on ne leur enlèvera pas ce qu’on leur doit de leur point de vue et à quoi ils sont habitués. Du moins pas sans qu’ils cherchent à tout casser.

Dès lors, la rigueur financière anglaise, même annoncée plus que réelle encore, ne pouvait qu’aboutir à ces émeutes.

Dans les pays européens qui ont pris l’autre chemin avec l’euro, soit une réforme financière de façade accompagnée du laxisme de la BCE qui mènera à l’altération de la valeur de la monnaie, les émeutes dues à la même conjonction entre immigration et appauvrissement viendront aussi. Elles seront sans doute plus graves. En effet, le processus économique par lequel les alcooliques finaux de la dette se font confisquer leur bouteille sera encore moins qu’en Angleterre compréhensible au citoyen lambda sûr de ses droits soziaux, et d’autre part il ne manquera pas de bistrotiers politiques pour leur promettre un dernier verre en échange de leur vote (on peut d’ailleurs noter qu’en Angleterre Milliband a été plutôt responsable, l’éloignement des prochaines élections aidant sans doute). Or voter ne change rien à la réalité, qui est tragiquement simple : les modèles européens sont en faillite sous le poids de leurs dettes qui ont servi durant des décennies à financer des gabegies inconcevables et des dépenses de fonctionnement stériles plutôt que des investissements. Si bien que les seules économies significatives qui pourront être faites consisteront à couper à la hache dans les dépenses sociales et assimilées.

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