Archives pour la catégorie ‘Economie’


Gave et Koenig sont dans une étable…

Economie — Article écrit par le 26 mai 2013 à 12 h 34 min

Certains d’entre eux, avec le recul du temps, se reprocheront d’avoir contribué à défendre un ordre qui n’était pas le leur. « Que Dieu nous pardonne, s’écriera Ernst von Salomon, ce fut notre péché contre l’esprit. Nous avons cru sauver le citoyen et nous avons sauvé le bourgeois. » (D. Venner, en conclusion aux Corps-francs allemands de la Baltique.)

Gave ou Keonig ? restructurer la dette ou tuer l’euro ?

Apparemment c’est un de ces débats dont les libéraux ont le secret.

Bien entendu l’idée d’une contrainte budgétaire qui empêcherait la croissance paraît assez curieuse : par quel mécanisme miraculeux jamais vu encore nulle part la dette publique créerait-elle de la croissance ? ou plus exactement de la richesse, le PIB étant un instrument de mesure très imparfait et trompeur. Me voilà d’accord avec les deux premières remarques de Charles Gave.

Pour ce qui est de tuer l’Euro, j’applaudis des deux mains.

Mais la question est alors : pour quoi faire ?

Personnellement je dirais : pour payer en métal. En grammes d’or et d’argent dont le paiement par carte bancaire transférerait la propriété du métal, gardé dans des banques et régulièrement contrôlé par des organismes privés et indépendants. C’est parfaitement faisable techniquement et juridiquement. Quitte à avoir en parallèle de la petite monnaie métallique pour les dépenses de peu de valeur.

Charles Gave préfère une autre voie : « Le problème n’est donc pas de restructurer la dette, ce qui ruinerait tous les épargnants Français, et aurait des conséquences secondaires inimaginables, mais d’en changer la dénomination en retournant aux monnaies nationales. »

On peut certes imaginer que dans un monde parfait où les hommes politiques seraient vertueux, les monnaies nationales soient réintroduites, que cette dévaluation – dont le taux serait imposé – fasse retrouver des taux de change plus proches de ceux qui seraient les bons (c’est à dire ceux d’un marché idéal où les monnaies seraient entièrement libres, marché impossible dans le cadre de monnaies nationales gérées par des banques centrales) et qu’ainsi tout aille mieux, pour le dire lapidairement.

Mais dans la réalité, on sait bien ce qui se passera : les hommes politiques ne veulent pas purger le passé ou apurer les dettes pour adopter une politique économique vertueuse et profitable à tous. Le voudraient-ils qu’ils ne le pourraient pas : il leur faudra toujours acheter des voix et alimenter la démagogie économique qui permet de se faire élire. Ce dont ils rêvent tous, sans exception de l’extrême droite à l’extrême gauche, c’est de retrouver une monnaie nationale qu’ils puissent dévaluer tous les 3 ou 5 ans pour échapper aux conséquences de leurs actes. Notons au passage qu’ainsi ils feraient non de l’inflation comme le croient naïvement bien des gens, mais de la hausse des prix sans la hausse des salaires qui sera empêchée par le chômage ; cela a un nom bien plus simple qu’inflation : c’est de l’appauvrissement.

Charles Gave répondrait peut-être que, l’idéal qui est l’échange métallique étant à peu près exclu dans l’état actuel des esprits, il vaut mieux le moins imparfait des systèmes imparfaits et donc mettre un peu d’huile dans les rouages bloqués, ce que le retour aux monnaies nationales reviendrait à faire.

La tentation est forte de le lui accorder. Techniquement c’est même hors de doute. Mais quant aux principes ?

Il est étonnant que les libéraux français, si prompts à agiter des principes philosophiques, voire religieux, pour justifier leurs positions, ne se tournent que si rarement vers des principes plus simples, moins sujets à caution, plus proches de la matière économique elle-même.

« Retourner aux monnaies nationales équivaudrait à un transfert de richesse massif des rentiers Français (fonctionnaires, retraités), ce qui serait en fait, mais non pas en Droit une restructuration, vers les entrepreneurs et la croissance repartirait d’elle même, puisque , comme l’a fort bien expliqué Schumpeter, la croissance ne vient que des entrepreneurs à l’origine du processus de la fameuse “création destructrice”. »

Tiens donc. Il y aurait des gens, qui, regardant l’économie d’en haut, forts de leur science, seraient à même de savoir comment allouer des ressources de manière à atteindre un optimum de croissance ? Là on déciderait de sacrifier les retraités et les fonctionnaires parce que l’argent serait mieux employé ailleurs ? Comment le sait-on, qu’il serait mieux employé ailleurs ? grâce à des calculs économétriques ? en faisant un joli tableau, lointain fils de celui de Fichte dans son État commercial fermé ? parce qu’on l’espère très fort ?

Soyons sérieux deux secondes : quoi de moins libéral que cela ? En quoi ce libéralisme est-il différent d’un dirigisme à coloration entrepreneuriale, et pour tout dire oligarchique et ploutocratique ?

Surtout : en quoi de telles propositions sont-elles de nature à faire changer les choses ? S’il faut moins de fonctionnaires ou s’il faut sortir du ruineux système de retraites par répartition, il faut alors licencier des fonctionnaires et organiser le changement du système de retraite, pas espérer qu’un tripatouillage monétaire fait par des politiciens corrompus jusqu’à l’os ait un peu les mêmes effets heureux.

Charles Gave doit d’ailleurs s’en rendre obscurément compte, qui ajoute :

« La France a, certes, le droit d’avoir 40 % de fonctionnaires de plus que l’Allemagne, mais cela veut dire qu’elle ne peut pas avoir la même monnaie… »

Je caricaturerais à peine le propos en disant que si l’on se fait violer avec une monnaie qui tient lieu de lubrifiant au lieu de tenir lieu de gravier, l’opération paraît moins désagréable. Mais est-ce bien là l’ambition d’un libéral ?

Si bien que malgré les arguments de Charles Gave, je me dis que la solution de Gaspar Koenig a peut-être le mérite paradoxal d’être moins douce au prétendu modèle français.

Au total, on a l’impression que le débat se tient entre deux libéraux réformistes : « comment la vache à lait française doit-elle être traite pour faire le plus de beurre possible dans les conditions actuelles de l’étable ? » L’un prétend que la traite par la restructuration de la dette est la meilleur solution. L’autre que la traite par le retour à la monnaie nationale sera plus profitable.

Aucun des deux ne semble demander : profitable à qui ? Ni ne semble se rendre compte que les hommes ne sont pas exactement des vaches.

Il n’y a aucune raison pour que les libéraux s’interdisent de penser hors de ces cadres vermoulus en posant la question qui semble de plus en plus actuelle  : celle du régime, de son oligarchie quasi-héréditaire illégitime, de ses abus contraires à toute liberté.

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La fiscalité de gauche ou comment protéger son patrimoine

Economie — Article écrit par le 20 juillet 2012 à 11 h 53 min

La gauche, le socialisme sont vraiment les pires ordures. Sous couvert de justice sociale, ils augmentent les impôts de tous, sauf de ceux qui votent pour eux, afin, disent-ils, de rendre notre population plus égalitaire, bref de corriger les inégalités du marché. On commence à comprendre leur petit manège. D’ailleurs depuis 30 ans qu’on augmente les impôts on creuse pareillement le déficit, comme le montre la courbe de Laffer.

Déjà avec l’ISF et Mitterrand, ce dernier, passionné d’arbres avait décidé d’exonérer les forêts de cet impôt inique… Une forêt, un bois, que produisent ces machins-là ? Rien sauf si on ouvre une chasse et encore… Puis les oeuvres d’art également furent exonérées de l’ISF (une oeuvre d’art c’est comme l’or, la valeur varie avec le temps, mais ne produit pas de richesse… d’où l’acronyme SWAG – Silver, Wine, Art and Gold – pour désigner certaines stratégies d’investissement…), car le premier ministre de l’époque, il y a environ 30 ans, aujourd’hui ministre des affaires étrangères, héritier d’une collection d’art, ne voulait tout simplement pas payer d’impôt en plus sur cette véritable fortune -l’argument avancé alors était d’éviter que les oeuvres d’art ne quittent le territoire, on a bien vu son efficacité avec la dispersion des collections de Claude Berri, d’André Breton, sans parler de l’installation de la collection Pinault à Venise. On pourrait revenir sur ces erreurs économiques, qui font que des ressources qui auraient dû être investies dans des actifs productifs (brevets, participations dans des entreprises…) le furent dans des actifs non productifs. En plus de l’abaissement du plafond de l’ISF, notre gouvernement a annoncé une contribution exceptionnelle pour les patrimoines supérieurs à 1.3 million d’euros (exception qui risque d’être durable pour au moins la durée du mandat d’Hollande…). Il est donc tout à fait humain et sain pour les possesseurs de patrimoine de plus de 1.3 million d’euros de protéger celui-ci en usant de toutes les possibilités d’optimisation fiscale à leur disposition, voire de déménager vers des cieux plus favorables et moins voraces, moins socialistes… Bien évidemment nos socialistes accusent de tous les maux ces braves gens qui cherchent à protéger ce que le gouvernement cherche à lui voler. M. Cahuzac déplore déjà le départ de ces fortunes à l’étranger, tout en critiquant l’arrivée de riches étrangers… La contradiction à l’état pur.

Mais ce qu’il y a de plus savoureux ou mieux de plus scandaleux et hypocrite, c’est qu’Hollande dit détester les riches, parce que ceux-ci ne sont pas très enclins à l’idée de se faire faire les poches par ce gouvernement et cette assemblée de fonctionnaires… Et bien on pourrait se demander d’où sort ce chiffre de 1.3 million d’euros pour la surtaxe sur l’ISF, et bien c’est tout simplement un tout petit peu plus que le patrimoine que M. Hollande a déclaré lors de la campagne présidentielle, il avait déclaré 1.17 million d’euros. Alors oui ces ordures socialistes peuvent critiquer ceux qui cherchent à protéger leur patrimoine par tous les moyens possibles et imaginables, car il est bien plus difficile de le protéger lorsqu’on est un simple particulier plutôt que lorsqu’on est président de la république ou premier ministre…. Quand la gauche fait son paquet fiscal, elle crache à la gueule de tout le monde, un peu comme Dufflot crache à la gueule des armées, lorsque cette dernière est présente dans la tribune officielle lors du défilé du 14 juillet et regarde d’un oeil méprisant les militaires, puisqu’elle soutenait Eva Joly quand cette dernière expliquait qu’un défilé militaire, c’était barbare, et qu’il fallait remplacer cette parade par un défilé festif et citoyen. C’est sûrement de ce côté-là qu’il faut regarder pour expliquer les sifflets des députés de droite. Dufflot se dit féministe, mais je crois surtout qu’elle est contre la féminité…

 

 

 


L’Allemagne ne paye jamais autant qu’on croit (bis)

Economie — Article écrit par le 29 juin 2012 à 20 h 52 min

« Ascolta Angela, on ne peut plus continuer à payer. Toi tu as de l’argent, paye. D’ailleurs Rajoy est d’accordo avec moi.

— Olé ! j’approuve Mario.

— Et sinon ?

— Sinon on tue le plan de relance de Hollande. Ou on fait sauter l’Euro alors que tu n’es pas encore prête à sortir. Dans les deux cas tu seras regardée comme responsable du désastre.

— Et Betite-Fraise-des-Blagues est d’accord ?

— Oui, oui, moi je suis pas contre… enfin… en somme je suis pour… donc on doit pouvoir dire que je suis d’accord, je pense qu’on peut dire ça, Angela, effectivement. »

Et si l’on ajoute que quelques requins toujours prêts à faire monter les bourses pour revendre leurs saletés ont poussé à la roue, Angela n’a pu que lâcher du lest. Et est rentrée fissa à Berlin expliquer les choses. Ce que la FAZ explique à son tour, loin du lâche soulagement quasi-munichois de la presse économique française dans un pays qui pue de plus en plus ses années Trente :

Frau Merkel hatte zuvor in Fraktionssitzungen von Union und FDP deutlich gemacht, dass die auf dem EU-Gipfeltreffen getroffenen Vereinbarungen die im Bundestag anstehenden Beschlüsse noch nicht unmittelbar berührten. Wenn diese Vereinbarungen in die Tat umgesetzt würden, werde in jedem einzelnen Fall wieder der Bundestag befasst, versprach sie.

Autrement dit, le principe est approuvé, ça ne mange pas de pain de laisser faire un effet d’annonce, même si ça tangue un peu dans les troupes. Mais à chaque fois, il faudra repasser devant le Bundestag. Et donc, pour peu qu’un juriste allemand soit taquin, à chaque fois repasser devant la Cour de Karlsruhe. Où les appels sont suspensifs. C’est dire si on a fini d’entendre parler de la dette. Et si l’Allemagne est près de mettre du cash sur la table — d’ailleurs comment en mettrait-elle ? elle n’en a pas plus que nous, elle a juste pour un temps chaque semaine plus limité moins de difficultés à emprunter.

S’il suffisait de touiller les cerises pourries et les cerises un peu trop mûres pour enrayer la pourriture de tout le saladier, ça se saurait.

Question subsidiaire : combien pariez-vous que les banques allemandes vont en profiter pour vendre à pas trop mauvais prix un peu plus de leur dette détenue sur l’extérieur pour racheter de la bonne moins mauvaise dette boche et préparer ainsi la fin de l’Union monétaire ?

Question sur-subsidiaire : cette petite plaisanterie de prétendre faire financer nos saletés de démocraties-sociales clientélistes et nos États providences obèses devrait, si cela avait lieu, coûter à peut près 4% de PIB par an à l’Allemagne sans même mettre les choses au pire — soit plus que la réunification ne lui a jamais coûté ; combien de temps faudra-t-il à l’Allemagne pour se rendre compte que 2+2 font quatre et tirer la conclusion qui s’imposera ? Car si la sortie de l’Euro coûte 2% de PIB pendant trois ans, et si le maintien dans l’Euro coûte 3% par an en attendant pire, le calcul sera vite fait à Berlin. Et quand on parle de taux d’intérêts qui grimpent, vite c’est rapide.

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Gueule de l’emploi

Economie, Mutation — Article écrit par le 31 mai 2012 à 9 h 22 min

http://www.youtube.com/watch?v=ueJ0XRNwuyA


Com à usage interne (en suppositoires)

Economie — Article écrit par le 20 février 2012 à 11 h 47 min

L’important dans la com interne corporate, ce n’est pas de dire la vérité, ni même d’avoir quelque chose à dire. L’important c’est la psychologie des gens à qui on le dit.

Ainsi AXA. Oui, ne me demandez pas comment, mais je reçois régulièrement ce que reçoivent en interne les employés.

En interne donc, on cite La Tribune et Les Échos en expliquant que tout va bien, que le résultat a bondi de 50%.

Un assureur qui gagnerait de l’argent en ce moment, je vous entends grincer. Quel tour de cochon nous jouent-ils pour nous faire croire ça ?

C’est très simple, extrait de l’article de la Tribune envoyé à toute la laborieuse fourmilière :

Le résultat net fait quant à lui un bond de 4,3 milliards d’euros contre 2,7 milliards l’année précédente, soit près de 50% de hausse. Pourtant, il est inférieur aux prévisions des analystes qui misaient sur un résultat net d’environ 5,8 milliards. Mais les dépréciations d’actifs principalement sur les obligations souveraines grecques (d’un montant de 387 millions d’euros pour l’ensemble de l’année) ont pesé sur le résultat. De même, la réduction de 943 millions d’euros du « good will » relatif au portefeuille américain de produits « variable annuities » de la génération Accumulator, a aussi réduit le résultat.

Ces effets négatifs ont cependant été compensés par les plus-values réalisées grâce à la vente des activités en Australie, en Nouvelle Zélande, et au Canada ainsi que la vente de la participation dans la compagnie Taikang Life.

Autrement dit, Axa a perdu de l’argent, ce qu’elle a compensé à la hâte en vendant des activités dans les pays les plus prometteurs : Australie, Nouvelle-Zélande, Canada et Chine (Taïkang Life est un des fleurons de l’assurance vie chinoise).

Autrement dit encore, et pour préciser la chose dans les esprits : Axa ne réalise de profits cette année que parce qu’elle a vendu des activités dans les pays riches de demain, ce qui a pour effet de la recentrer mécaniquement un peu plus sur les pays européens en voie d’appauvrissement.

Stratégie génialissime qu’il fallait bien célébrer en interne. Le pire étant que ça marche, l’employé moyen d’Axa ne voit que le titre et va en bas : il lui sera accordé 0,69€ de bénéfice par action. C’est toujours ça de pris.

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L’Allemagne paiera ?

Economie — Article écrit par le 24 janvier 2012 à 22 h 29 min

L’Allemagne paiera ?

Non. L’Allemagne ne paye jamais autant qu’on croit, si nos abrutis de politiciens et d’inspecteurs des finances qui nous amènent dans le mur depuis quarante ans en s’en mettant plein les fouilles savaient apprendre quoi que ce soit, c’est bien ça que le vingtième siècle aurait dû leur apprendre.

Savez-vous à quel taux a emprunté le Portugal ces jours derniers ? Non ? Allez… 14% rien de moins.

Mettez-vous à la place des prêteurs : les États sociaux-européens, toujours prêts à faire payer les autres pour leurs idioties démocratiques et sozial-démagogiques, sont en train d’obliger les banques à abandonner volontairement une partie de la dette grecque. Pourquoi volontairement ? pour que ne s’activent pas les CDS sur cette même dette. Ces CDS sont des produits financiers, des sortes d’assurances prises pour se garantir du défaut d’un État pour le dire simplement. En l’occurence la Grèce. Ils s’activent en cas de défaut. Or le défaut n’est pas déclaré si l’abandon de créances par le créancier est volontaire.

D’ailleurs qui paierait ces CDS ? ils font partie de produits obscurs, vendus et renvendus, mis dans des pots communs opaques, et au final personne ne sait très bien ni qui paierait ces sortes d’assurances en cas de défaut grec ni même sans doute qui les encaisserait, les détenteurs actuels n’étant peut-être pas exactement ceux qui ont prêté à la Grèce, du moins en termes de proportions il n’y aurait peut-être pas de rapport entre la perte et son assurance. Dette et CDS sur celle-ci forment une sorte de jeu de la patate chaude très amusant, d’autant que personne ne sait quand la patate explosera. Mais on sait qu’elle explosera d’une manière ou d’une autre. Et il y en a pour un paquet de milliards rien que pour la Grèce. Et autant pour le Portugal, et plus pour l’Espagne, et encore plus pour l’Italie. Pour la France je ne vous raconte même pas. Faire bouffer pendant des années des ronds de carotte bio et décroissante à tous les Français — et des petits ronds — en leur volant tout le produit de leur travail — au lieu de la moitié actuellement — cela suffirait à peine à payer ces CDS. Autant dire que si vous attendez que l’État renfloue les banques sur ce coup là, vous êtes marrons. Non par manque d’envie des Hommes de l’État, de leurs copains de promo banquiers et de leurs parasites sociaux de tout voler en vous mettant au régime ronds de carotte, notez-le bien, mais simplement parce qu’il y a un point au-delà duquel ils se feront pendre.

Qui donc prêtera à un État européen en demi-faillite s’il est ainsi démontré avec la Grèce qu’on peut simplement perdre des milliards par un jeu de passe passe et de pressions entre États et gangs de prêteurs, aboutissant à un défaut « volontaire ». Ironiquement, ce qui est censé sauver la zone Euro, l’absence de défaut grec, est donc aussi ce qui pourrait la tuer le plus sûrement. D’ailleurs qui va etre désigné volontaire sinon les banques européennes principalement ? Banques qu’il faudra faire renflouer par le contribuable, via l’impôt, l’emprunt forcé ou l’inflation la hausse des prix ? tout ça n’a aucun sens sinon essayer de tenir encore un peu, jusqu’aux élections et le temps de voler les fonds de tiroir qui restent pour nos amis X-Ena de Bercy et d’autres ministères.

En admettant même qu’il y en ait quelques-uns sincères dans le tas, les Daubresse, Robien, Arthuis et tous ceux qui servent habituellement d’exemples de probité aux débats télévisés pour couvrir les turpitudes et les vols de leurs petits camarades, on ne peut guère conclure qu’à leur incompétence. Ou à leur compétence dans un ordre — comptabilité publique, passe-passe euro-bruxellois, droit public, notes de synthèse diverses, magouilles avec la BCE pour imprimer des billets — qui ne sert à rien devant ce simple fait que nous sommes arrivés au point ou pour s’en sortir il ne faudrait ni parlotter, ni voter des lois, ni faire des débats obscurs devant le Conseil d’État, ni faire des sommets européens qui n’aboutissent jamais à rien, mais mettre du cash sur la table pour rassurer. Or du cash, ils n’en ont plus. Fini. Rasibus. Et n’ont à peu près aucun espoir d’en récupérer un peu où que ce soit, du moins du cash de bon aloi. (1)

Vous prêteriez à M. Pereira si vous aviez pris une assurance contre le non-remboursement du prêt que vous avez accordé auparavant à M. Patropoulos et si cette assurance se révélait finalement inopérante ?… Oui, vous lui prêteriez peut-être. Mais à 14, 24 ou 34%, manière de compenser par le gain espéré le risque devenu hors de contrôle. Et vous ne lui prêteriez sans doute pas beaucoup de l’argent que vous avez de disponible. Sauf bien entendu si vous êtes une pétromonarchie et que l’argent ne vous coûte rien mais que vous espérez qu’en échange on vous autorisera à construire plus de mosquées, ou encore si vous êtes une mafia et qu’il s’agit de blanchir votre argent, même en n’en récupérant que moins de la moitié, ce qui est toujours mieux que des billets inutilisables entassés à pourrir ou geler sur des palettes au fond de la Russie, de la Thaïlande, de la Chine ou de la Colombie.

Et puis madame Lagarde nous le dit du haut de son FMI (qui entre parenthèses doit lui aussi être sauvé financièrement, sauver le sauveur, la bonne blague) : un défaut grec est « inenvisageable ». Et ça ça ne manque jamais avec Lagarde : ce qu’elle déclare inenvisageable ou impossible ou inacceptable, ça arrive dans les deux semaines ou dans le mois qui suit. Ça ne rate presque jamais. Je ne me souviens pas que ça ait raté en tout cas quand elle était ministre de l’Économie et des Finances à Paris, comme le Père Ubu.

Un autre clown c’est Bayrou, dont je viens de lire qu’il a déclaré qu’il fallait « faire comme en 1958 ». Il a sans doute voulu faire une formule, c’est tout, mais faisons un instant semblant que M. Bayrou pense et dise des choses qui ont un sens. Alors, s’il pense au plan Rueff, il est un peu tard pour ça. Et ça demanderait d’ailleurs de sortir de l’Euro, ce que Bayrou refuse. Et on connaît d’ailleurs assez nos politiques pour savoir qu’ils ne s’arrêteraient pas à une seule dévaluation : on y aurait droit tous les deux ans, ruinant toute épargne et donc toute richesse au profit de leur petite réélection dans cinq ans au plus. Eh oui, n’oubliez pas, République, démocratie, opinion, barrage au populisme, conscience universelle, toutes ces conneries désespérantes que répètent en boucle Sarkozy et Hollande chez les journalistes…

S’il pense à autre chose, notre inénarrable patron du Modem, il faut peut-être qu’il s’avise d’une chose, le candidat à l’élection présidentielle dont-j’ai-perdu-le-quantième de la 5e république : 1958, ça a été d’abord un changement de régime, pas un changement de clown sur la piste… On n’a pas seulement remplacé Pflimlin par De Gaulle en 1958.

Je le redis : quand ce qui est nécessaire est impossible et quand ce qui est possible est inutile, tout ira jusqu’à son terme naturel. Accrochez-vous à vos gencives.

 

(1) Quant à la variante qui consisterait à mettre ses couilles sur la table au lieu du cash, on peut rêver. Car les couilles politiques, c’est-à-dire quelques avions et quelques chars et aller casser la gueule aux arabes pour leur piquer leur pétrole et leurs réserves de pétro-dollars immoralement entassées, nous n’en avons ni les moyens financiers, ni les moyens moraux, embourbés que nous sommes à la fois dans la pensée de l’assistanat qui coûte cher et dans l’antiracisme collant qui paralyse. (Retour au texte.)

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Reprenons

Economie — Article écrit par le 18 janvier 2012 à 15 h 17 min

J’aimais bien les gens de chez Moneyweek, qui se retrouvent maintenant pour l’essentiel chez Agora. Ils ont plutôt souvent raison, ce qui est tout ce qu’on leur demande. Cela vient sans doute du fait qu’ils ont plus recours au simple raisonnement logique que les abrutis béats de certaines lettres dites confidentielles liées à de grand magazines économiques. Leur pensée est plus « autrichienne », plus philosophique. Avec cette particularité de la pensée philosophique qu’il est toujours amusant et instructif de la pousser jusqu’à son terme pour éclairer la question.

Aussi j’aime bien prendre Simone en défaut de timidité, ce qui n’arrive pas très souvent. Surtout si ça permet de revenir sur cette histoire de rendement négatif de la dette allemande.

« Comment expliquer que des investisseurs acceptent de prêter de l’argent avec un rendement réel négatif, en d’autres termes qu’ils acceptent de payer pour qu’on garde leur argent ? Parce qu’ils ont peur d’en perdre partout ailleurs ! »

J’étais prêt à m’arrêter fermement à la même conclusion voilà deux jours. Puis XP et l’un de nos estimés commentateurs m’ont fait réfléchir un peu au delà de ma formulation volontairement simpliste par souci didactique.

D’abord on peut toujours investir ailleurs sans perdre d’argent, avec la quasi-certitude de gratter quelque chose en intérêt. Les coupes de bois, la vente d’eau potable, les matières premières bien suivies, certains services informatiques maintenant incontournables… Puis nous parlons de qui ? pas de Madame Michu. Madame Michu elle a un livret A et deux Napoléons qui lui viennent de ses parents dans la petite boîte qu’elle cache sous la cheminée. Nous parlons de grandes institutions financières, qui savent toujours gagner un minimum d’argent, quel que soit le marché. Elles peuvent certes en perdre, parfois beaucoup, mais en gros, si vous leur confiez cent millions et que vous voulez en toute certitude les revoir dans six mois ou un an avec un petit intérêt, elles sauront faire. Pour une telle somme, elles sauront même isoler ça pour vous d’autres risques qu’elles sauraient courir. Les risques de change elles savent faire et neutraliser aussi. A fortiori savent-elles faire tout ça pour elles-mêmes. Pourquoi donc vont elles mettre de l’argent – le bon cash qui est king devient somme toute rare – dans la dette allemande à un rendement négatif ?

Il me semble que ça s’éclaire si on va un pas plus loin. Elles n’ont pas peur de perdre de l’argent, ces institutions qui ont acheté de la dette allemande plus cher que cela ne leur sera remboursé. Elles savent qu’elles en gagneront. Ou plutôt qu’elles pourraient en gagner et dans les stratégies compliquées qu’elles mettent plus que jamais en place pour couvrir chaque investissement par d’autres, ça a joué.

Sur quoi comptent-elles donc ? pas de manière certaine, mais comme une possibilité qu’elles ne peuvent négliger et qu’elles n’ont pas négligé ? Il y a une seule réponse. Elles pensent qu’elles pourraient être remboursées en néo-Deutsche-Marks de ce qu’elles ont prêté en euros (en fait, de ce qu’elles ont payé en euros, c’est pour ça que les rendements négatifs sont possibles sur le marché primaire : récemment l’Allemagne a décidé de ne plus adjuger ses obligations en taux, mais en prix, si on paye plus de 100 euros pour 100 euros qu’on se fera rembourser au terme, ça fait bien un rendement négatif). Ou encore elles imaginent qu’elles pourraient être remboursées en super-Euro réapprécié, ce qui revient au même si les pays à problèmes sortaient de l’union monétaire et si l’Euro devenait la monnaie de l’Allemagne, de ses arrière-cours et de l’Europe du Nord.

Autrement dit, elles croient que dans six mois ou un an, ou un an et demi (elles peuvent refaire le coup plusieurs fois tant que ça n’écorne pas trop le gain espéré) l’Euro tel qu’il existe pourrait avoir disparu.

Ce n’est sans doute ni certain ni évident. Mais c’est assez probable pour que des gens compétents l’aient calculé et aient misé là dessus, ensemble, plusieurs milliards d’euros.

Et là, ce qui prend un certain relief, c’est une information que j’ai fugitivement vue il y a quelques jours, sans y apporter beaucoup d’attention sur le moment. Le gouvernement Allemand (c’était une déclaration d’Angela Merkel elle-même si je ne m’abuse) envisagerait d’interdire aux banques et assurances qui ont souscrit des emprunts d’État allemands de les revendre. Elles devraient les garder jusqu’à se faire rembourser comme prévu.

Imaginez que vous déteniez une créance en euros sur l’État allemand. Une créance ancienne. Vous pourriez faire le coup de la revendre comme l’État allemand a placé ses obligations à rendement négatif récemment : en vendant un prix supérieur à la valeur où l’obligation devra être remboursée. Vous vendez par exemple 101 euros une créance sur l’État allemand qui sera remboursée 100 à son terme. Vous feriez une bonne affaire, certes. Mais peut-être pas aussi bonne que celui qui vous l’achètera 101 euros pour être remboursé 100 néo-Deutsche-Marks.

Le but de l’interdiction serait pour le gouvernement allemand d’empêcher certaines banques de se gaver trop ouvertement, ce qui ferait désordre en ce moment. La crainte de voir surtout des banques étrangères profiter de ce mécanisme alors que certaines banques allemandes sont un peu courtes et seraient tentées de brader pourrait sans doute jouer aussi. Enfin préparer une sortie un minimum en ordre de l’euro actuel ne pourrait se faire qu’assez discrètement, donc sans que ces histoires de rendements négatif ne se généralisent sur le marché secondaire, pour éviter une panique bancaire générale en Europe (comme le craint ouvertement le Foreign Office d’après le Daily Telegraph).

Mais stop, considérons un instant les choses. Car là nous ne parlerions plus du pari de quelques institutions financières, certes compétentes, mais qui ne représentent qu’elles-mêmes, et de leurs stratégies compliquées où ce ne serait qu’un élément pris en compte pour sa probabilité au milieu d’autres. Nous parlerions de ce que le gouvernement allemand considérerait possible un tel scénario. Suffisamment pour imaginer des mesures politiques préventives et pour y préparer les marchés, le ballon d’essai de Merkel ayant été sans publicité particulière, mais ouvertement lancé.

Certes je mets tout cela au conditionnel pour ne pas trop passer pour un con si cela se révèle une simple spéculation sans début de réalisation. Mais quand les choses s’emboîtent, elles s’emboîtent.

Enfin on peut remarquer au passage que les gens qui n’avaient pas compris en quoi les monnaies fiduciaires sont en fait ni plus ni moins que de la dette sur les États, essentiellement différente d’une monnaie métallique ou garantie par du métal, ont là une application grandeur nature qui devrait les éclairer.

(Et les pauvres banquiers direz-vous ? ainsi brimés ? Rassurez-vous, l’Allemagne, pour être un peu moins mal gérée et un peu moins destructrice de richesse que la France, est aussi une démocratie d’opinion où l’argent détermine l’élection. Je suis prêt à parier que les banquiers rachèteront le droit de se gaver en finançant généreusement les trois grands partis politiques allemands…)

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Le bon cochon (tirelire)

Economie — Article écrit par le 16 janvier 2012 à 12 h 46 min

Claire Chazal préférera vous parler en ânonnant son prompteur du Golden Globe de Jean Dujardin.

Mais l’événement de la semaine c’est… non, pas la perte du tripleuha, ça on s’y attendait. C’est le nouveau placement de sa dette par l’Allemagne à des rendements négatifs.

Bien sûr vous n’allez pas prendre votre cochon-tirelire et aller acheter des emprunts d’État allemands — à moins d’avoir un gros, très gros cochon-tirelire. Aussi ramenons cela à notre petit niveau : vous avez 1000 unités de la monnaie d’occupation européenne euros. Vous aimeriez bien que ces mille euros restassent mille euros et si possible quelques intérêts dans trois ou cinq ans. Or, curieusement, au lieu de les mettre sur votre livret Z comme Zorro, ou de les garder sur votre compte bancaire rémunéré, ou d’acheter avec des produits financiers de la Société Lyonnaise de Paris Agricole Indo-Panama garantie par l’UMPS-républicain-citoyen-éco-durable-antiraciste-droits-de-l’homme, vous allez les confier à l’État allemand contre la promesse qu’il vous en rendra légèrement MOINS dans trois ou cinq ans. Pourquoi donc feriez-vous cela ?

Il y a quatre possibilités pour l’expliquer :

  1. Vous êtes tellement enragé naziste que vous voulez à toute force donner de l’argent à l’Allemagne pour ne pas recommencer l’erreur du Maréchal qui gâcha par sa politique timide et ambiguë notre seule chance de faire vraiment l’Europe en 1941 par une collaboration loyale avec le chancelier d’Allemagne. C’est peu probable. Surtout ici, vous pensez bien. Oh là là, on n’a pas de lecteurs comme ça.
  2. Vous êtes complètement con et/ou vous ne savez pas compter. Notre public étant d’élite et peu composé d’énarques spécialistes de comptabilité publique, on peut aussi écarter cette double hypothèse par la bêtise et/ou la compétence technocratique.
  3. Vous n’avez aucune confiance dans vos banques et vous êtes prêt à payer un peu l’État allemand pour qu’il promette de vous rembourser dans trois ou cinq ans, vous préférez ça au risque de perdre plus dans une faillite bancaire. C’est déjà plus probable.
  4. Vous pensez que l’Allemagne vous remboursera en une monnaie dont l’appréciation relative compensera, et au delà, le rendement négatif de l’emprunt. Vous croyez donc au moins probable, d’une manière ou d’une autre, la fin de l’Euro tel qu’il existe actuellement avant trois ou cinq ans. Là ça devient carrément intéressant comme idée.

Sachant que ce n’est pas vous qui êtes en train de le faire mais que nous parlons ici d’institutions financières, il faut évoquer une autre hypothèse : les banques ne trouvent plus assez d’emprunts d’État bien notés et acceptent donc de payer pour en détenir, parce qu’elles y sont obligées par la réglementation ou par contrat. Ce serait une explication intéressante si ce n’était la troisième fois en moins d’un an que l’Allemagne arrive à placer ainsi de la dette publique à rendement négatif ; elle l’a donc déjà fait deux fois avant la dégradation récente de tout un tas de social-démocraties encore plus mal barrées qu’elle.

Concluons en ces temps de naufrage en rappelant que les banquiers quittent toujours le navire à temps, avant même les femmes et les petits enfants. Et laissons chacun penser à l’avenir de son cochon-tirelire — avenir qui, contre toute tradition, n’est pas rose.

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Alas ! (ter)

Economie — Article écrit par le 14 janvier 2012 à 12 h 44 min

Alas ! Alas ! Alas ! Notre mignon petit tripleuha n’est plus.

Rarement on aura entendu ces derniers mois une aussi bonne nouvelle.

Quelles vont-être les conséquences ?

D’abord le gouvernement, et même si on met à part le cas amusant de Baroin, passe pour des cons. Après nous avoir expliqué durant des mois que ce serait une calamité si cela arrivait, ils n’ont eu que quelques semaines pour nous dire que finalement ce n’était pas si grave que ça et qu’il ne fallait pas s’en faire. Passons : aidés de nos bons journalistes aux ordres, du moins ceux qui n’ont pas l’heureuse idée d’aller se faire bêtement flinguer en Syrie, ils s’en tireront. « Plus c’est gros, plus ça passe » comme disait Marcel Bleuchtein-Blanchet.

La conséquence la plus immédiate, c’est que quantité d’institutions financières à travers le monde vont se mettre à revendre des titre de la dette française, car elles sont obligées par contrat ou par la réglementation à ne détenir que des actifs notés triple A par les trois grandes agences de notation. Titres légèrement décotés qui vont être achetés à bon compte par des gens qui n’achèteront donc pas, ou moins, les nouvelles émissions — celles que nous allons émettre en 2012 pour payer les intérêts de celles émises avant et nos gros frais de fonctionnement. Ou bien il faudra leur servir un taux d’intérêt supérieur.

La réalité de ces mécanismes semble complètement opaque à la plupart des Français, qui, par la grâce de l’Éducation (sic) nationale (re-sic), n’ont jamais suivi le moindre cours de théorie monétaire et imaginent qu’on attribue une note et que cette note amène un taux d’intérêt, un peu comme notre gouvernement décide d’augmenter ou non le taux du livret A. Sorti de ce modèle étatiste où règne une réglementation effrénée légitimée par un harmonisme délirant — et faux — le Français ne conçoit plus rien.

L’important n’est donc pas tant la perte du triple A, qui était « déjà inscrite dans les cours » comme commentent sentencieusement les commentateurs, que la perspective négative. Cela signifie que malgré le baratin mis dans leur note pour ne pas trop fâcher le gouvernement français et l’autorité d’occupation européenne l’administration bruxelloise, S&P ne croit pas du tout à une amélioration probable de la situation française.

Nous devrions donc nous acheminer lentement vers la ligne magique, celle qui se situe entre 6 et 7% d’intérêt à payer sur l’argent qu’on emprunte, et dont on s’accorde à penser qu’elle est la limite au-delà de laquelle les gouvernements, même menés par des énarques incapables et des polytechniciens prétentieux, ne peuvent plus se désintéresser de la rentabilité des investissements réalisés avec l’argent emprunté. Autant dire que payer les fonctionnaires, les allocs et notre beau modèle-social-que-le-monde-nous-envie™ tout entier va devenir un exercice non seulement ruineux (ça ils s’en foutent, ils le font avec votre argent) mais périlleux pour le pouvoir en place. Voire pour le régime si l’on se souvient des déclarations de Jacques Chirac sur la sécurité sociale et la retraite par répartition faisant partie du « socle républicain » ou je ne sais plus quelle formule équivalente.

Ça va encore prendre un certain temps, mais la situation va donc s’améliorer avec un crédit plus difficile pour l’obèse, dépensier et clientéliste État français, qui va devoir convenir qu’on ne sort pas du surendettement en empruntant encore plus, même en habillant ça de conneries keynésiennes de centre-gauche. Bien sûr il n’est pas exclu que des abrutis à la Arthuis, le genre expert-comptable obsédé par l’équilibre des comptes obtenu à n’importe quel prix, nous fassent le coup d’une TVA à 25 ou 29%. Mais paradoxalement, ça ne durera pas, comme disait mon grand père, autant que les contributions. Et après tout la TVA est un impôt plutôt moins injuste que l’impôt sur le revenu ; quitte à ce qu’il y ait une fuite en avant temporaire de nos élites dépensières bunkérisées dans les absurdes théories de Bercy sur la capacité d’endettement indéfinie de l’État relayée par sa capacité infinie à lever l’impôt, autant que ce soit celle-là.

Reste que même un X-Ena inspecteur des finances élu parlementaire avec des plumes tricolores au derrière n’a pas encore trouvé comment on tond un mouton qui n’a plus de laine.

Quoiqu’il en soit, il suffit de voir l’inquiétude brouillonne et contradictoire qui s’empare de nos politiciens pour mesurer que la perte de ce triple A est une excellente nouvelle. Ils ont peur de ne plus pouvoir financer la démocratie d’opinion et son cortège de clients, de gens à qui on promet n’importe quoi en faisant de la dette. Il ne reste plus que le démantèlement de notre saleté d’État providence — avec les effets secondaires souhaitables comme l’arrêt des principales pompes migratoires — ou la fuite vers une spoliation des riches, sachant que quel que soit son patrimoine, on est toujours le riche de quelqu’un et que ça finit toujours assez mal. Dans les deux cas, c’est le régime tel qu’il est, issu du programme communiste du CNR et des réformes d’après-guerre, qui est mal parti. C’est celle-là la vraie bonne nouvelle sur le chemin de laquelle la perte du triple A est un panneau indicateur très clair : on va devoir, qu’ils le veuillent ou non, liquider la sociale voulue par les cocos vainqueurs entre 44 et 47. Peut-être même aura-t-on la peau de l’école de Jules Ferry, qui a rendu des services par le passé mais qui a depuis fait naufrage comme l’on sait. Que du bon vous dis-je !

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12 œuvres majeures de la tradition française d’économie politique, de 1786 à 1954

Economie — Article écrit par le 2 janvier 2012 à 8 h 53 min

 

Par Nicomaque.

Vous avez besoin d’un petit coaching en philosophie sociale, politique et économique ? Voici 12 œuvres majeures de la tradition française d’économie politique, de 1786 à 1954, rééditées en ebooks gratuits par l’Institut Coppet. Des bouquins introuvables dans les librairies. Des perles à lire sur Kindle (amazon), Sony Reader, Kobo (fnac), Cybook, ipad ou smartphone.

A propos des liseuses : Amazon a explosé ses ventes avec quatre millions, au moins, d’appareils vendus durant les fêtes. C’est peut-être le moment de vous lancer dans la lecture numérique. Une liseuse tient dans la poche, elle pèse en moyenne 160 grammes et peut contenir 1 500 ouvrages. Au rythme d’une demi-heure de lecture par jour, la batterie peut tenir un mois. Sachez que la liseuse n’est pas un écran d’ordinateur rétroéclairé dont la lumière fatigue les yeux : comme avec un livre, on peut lire en plein soleil.

Vous voulez d’autres raisons ? Primo, le relèvement de 5,5% à 7% de la TVA sur les livres. Secundo, la baisse de 19,6% à 7% de la TVA sur le livre numérique, à compter de ce 1er janvier ! Tertio, tous les classiques sont gratuits.

Bref, ne ratez pas cette révolution. En 2012, remettez-vous à la lecture !

 

Condorcet, Vie de Monsieur Turgot (1786)

Jean-Baptiste Say, Traité d’économie politique (1803)

Destutt de Tracy, Traité d’économie politique (1823)

Frédéric Bastiat, L’Etat (1848)

Molinari, Les soirées de la rue Saint-Lazare (1849)

Frédéric Bastiat, La Loi (1850)

Molinari, La liberté de l’enseignement (1856)

Gustave Le Bon, Psychologie du socialisme, (1898)

Vilfredo Pareto, Le péril socialiste (1900)

10°  Yves Guyot, La démocratie individualiste (1907)

11° Louis Baudin, Précis d’Histoire des Doctrines Economiques (1942)

12° Daniel Villey, L’économie de marché devant la pensée catholique (1954)

 

 

 

 

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