Archives pour la catégorie ‘Citations’


Sous-Reichsminister des anciens combattants ?

Citations — Article écrit par le 16 mai 2012 à 22 h 09 min

Kader Arif ? Comment ? vous ne savez-pas qui est Kader Arif, « notre » nouveau ministre des anciens combattants ?

Ben voilà le genre de propos qu’on peut tenir devant M. Arif, au moins sans qu’il cille :

« Au Parti Socialiste il y a trop de juifs, il faut commencer à désenjuiver pour contrer leur lobby » !

Ici. Et là.

(Merci à J.-F.)

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Le manifeste conservateur de 1950

Citations — Article écrit par le 12 mai 2012 à 9 h 32 min

Son [Atlee] gouvernement était vraiment réformateur, et aujourd’hui bien plus qu’à l’époque, on s’aperçoit que le Manifeste travailliste de 1945 était très à gauche. Juste après la guerre, les discours sur la planification et le contrôle d’État faisaient écho à la rhétorique de guerre, si bien qu’on n’en comprenait pas toutes les implications. En fait c’était un assaut global contre les affaires, le capitalisme et l’économie de marché. Il fondait son analyse sur l’idée suivante : « Sauf en temps de guerre, je doute que nous ayons jamais utilisé la totalité de nos capacités de production. Cela doit changer. » Seul l’État serait habilité à juger des ressources qui devaient ou non être utilisées dans l’intérêt national. Ce n’était pas seulement sur un terrain social qu’il parlait de nationalisation et de planification, mais également sur un terrain économique. Pour lui, les monopoles ne se créant que dans le secteur privé, la nationalisation du fer et de l’acier se justifiait par ce principe : « Ce n’était que si le contrôle d’État remplaçait les monopoles privés que l’industrie trouverait toute son efficacité. » L’attitude du parti travailliste se révélait surtout radicale vis-à-vis de la terre et il était clair que si les collectivités locales achetaient frénétiquement les terrains disponibles, c’était bien parce que le parti « croyait à la nationalisation des terres et œuvrerait en ce sens… »

Le gouvernement travailliste avait fait preuve d’audace pour appliquer les mesures annoncées dans le Manifeste. Personne n’avait rien à lui reprocher de ce côté-là, mais c’étaient les conséquences économiques du socialisme — dévaluation, retour de l’inflation qui donnaient prise aux attaques. Avec les énormes dépenses publiques, la part des prélèvements obligatoires était restée la même ou presque que pendant la guerre : 9 shillings par livre. Le contrôle étatique fut encore amplifié — le rationnement toucha le pain en 1946 et les pommes de terre un an plus tard. Lors de la campagne électorale de 1950, il devenait donc possible de se battre sur les thèmes les plus dangereux qui soient pour un gouvernement en place, mais sur lesquels je me sentais le plus à l’aise: un cocktail de principes idéologiques et de problèmes plus terre à terre du style « beurre dans les épinards ».

Le Manifeste conservateur de 1950 était un document très habile associant une critique des théories socialistes et une liste de mesures prudentes pour y mettre fin. Il insistait sur les dommages de l’inflation, sur la mauvaise gestion gouvernementale et le gâchis imposé par la bureaucratie. J’étais particulièrement satisfaite de cette déclaration sur les affaires étrangères : « Le socialisme a toujours été le rempart le plus fragile qui soit devant le communisme, et il s’est souvent effondré devant lui en Europe de l’Est.
Nous ne sommes pas prêts à considérer les États et les nations tombés sous le joug soviétique comme perdus à jamais. »

Les conservateurs prirent la précaution de ne pas promettre la fin immédiate du rationnement, ni de lancer des idées sujettes à controverse sur les prestations sociales et les services de santé. Il y avait également une allusion rassurante au mouvement syndical décrit comme « nécessaire au fonctionnement économique et à l’activité industrielle ». Nous connaissions tous notre vulnérabilité dans trois domaines : le chômage (les électeurs se souvenaient du taux élevé des années 30 mais avaient oublié qu’il avait commencé à monter sous un gouvernement travailliste et à baisser sous le gouvernement d’Union nationale) ; les régimes sociaux (qu’on nous soupçonnait de vouloir démanteler) ; et notre prétendu « esprit belliqueux » (la ligne dure du gouvernement travailliste risquait de faire passer la rhétorique de Churchill sur la guerre froide pour une idée extrémiste et non un pressentiment fondé). Je dus moi-même aborder toutes ces questions durant les campagnes de 1950 et 1951.

Margaret Thatcher, Les Chemin du pouvoir, Mémoires II, Albin-Michel, p. 72-73.

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Pierre Bérégovoy, une homme droit, intègre, honnête et probe

Citations, Présidentielle — Article écrit par le 1 mai 2012 à 17 h 43 min

XP cite Ptolémée via Houellebecq.

Pour ne pas déparer, et dans le même souci d’éclairer nos contemporains oublieux, faisons comme ledit Houellebecq et citons Wikipedia sans y rien changer :

(…) Pierre Bérégovoy est, cependant, bien vite rattrapé par le cas de Samir Traboulsi, un financier libanais, ami de la famille qui, depuis 1989, se débat avec la justice dans l’affaire Pechiney-Triangle, un délit d’initié qui semblait mettre en cause également les milieux politiques. Alain Boublil, son directeur de cabinet, est également impliqué et contraint de démissionner. Dès l’instant où Bérégovoy avait été renommé ministre des Finances en 1991, on sait maintenant que, selon ses propres dires, il avait été littéralement harcelé par l’homme d’affaires qui, ne voulant pas être inculpé par le juge Edith Boizette qui instruisait l’affaire, semblait être en mesure de faire pression sur son ami. Ainsi, au moment où Samir Traboulsi est renvoyé devant un tribunal correctionnel en janvier 1993, il semble qu’il ait averti le Premier ministre qu’il dévoilerait que l’affaire dans laquelle il est incriminé aurait débuté lors du dîner d’anniversaire de mariage du couple Bérégovoy qui s’est tenu le 13 novembre 1988 au restaurant « Chez Edgar » (à Paris).

Dans le même temps, éclate l’affaire du prêt Pelat, révélée par Le Canard enchaîné, en février 1993. Il s’agit d’un prêt d’un million de francs, sans intérêt, que Pierre Bérégovoy avait reçu en 1986 de Roger-Patrice Pelat, ami intime de Mitterrand, pour l’achat d’un appartement dans le 16e arrondissement, à Paris. Or cet ami, lui-même impliqué dans l’affaire Péchiney, se retrouve au centre d’une autre affaire de corruption, concernant l’entreprise de travaux publics Heulin, du Mans, qui constituera elle-même le point de départ de l’affaire Urba.

En outre, pour ce prêt passé devant notaire et qualifié de légal par la Chancellerie, Pierre Bérégovoy n’aurait remboursé que partiellement la somme due, dont une partie prétendument « sous forme d’objets d’art et de meubles dont on ne connaît ni la nature, ni la valeur ».

Le juge Thierry Jean-Pierre, qui instruit cette affaire complexe, découvre non seulement le prêt Pelat, mais aussi les nombreuses libéralités accordées à la famille Bérégovoy : ainsi la prise en charge financière par Roger-Patrice Pelat de vacances du couple Bérégovoy, entre 1982 et 1989 ; les versements d’argent effectués à Lise Bérégovoy, l’une des filles du Premier ministre, pour qui Pelat se portait également caution auprès des banques pour des emprunts répétés ou encore des billets d’avion gracieusement offerts à la jeune femme. Le juge Jean-Pierre met également en lumière la persistance de découverts bancaires jugés « faramineux » accordés par la SDBO, la filiale du Crédit Lyonnais, aux membres de la famille Bérégovoy. Apparaît ainsi un découvert de 199 737,20 F au mois d’avril 1993. Puis, de nouveau, on trouve la trace de prêts d’argent aux membres de la famille Bérégovoy, notamment à sa fille Lise, de cadeaux à son épouse Gilberte, ainsi que des aides ponctuelles consenties à Pierre Bérégovoy entre 1986 et 1988.

Aucune action judiciaire n’est engagée contre lui et rien ne dit qu’il y avait matière mais, à la veille d’une défaite électorale annoncée, le Premier ministre, qui se voulait exemplaire au point de prendre la tête d’une croisade contre la corruption, apparaît politiquement miné par ces affaires.

Comme vient de dire Najat Vallaud-Belkacem sur BFM, François Hollande est allé en ce riant premier mai rendre hommage à un homme honnête.

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Les Témoins de François

Citations — Article écrit par le 30 avril 2012 à 15 h 32 min

S’il est élu, François Hollande, « il l’a très bien dit, ne changera pas notre quotidien », commence Diane. « Ce qui changera, ce sont les symboles », poursuit la jeune femme. « Il n’y aura plus d’oppositions entre classes sociales, entre privé et fonction publique. Elles n’existaient d’ailleurs que parce qu’on en parlait », analyse l’enseignante dans une critique non dissimulée à Nicolas Sarkozy. (Là.)

En clair : ils votent pour le changement qui est maintenant mais rien ne changera sinon des symboles, et ça c’est merveilleux.

Ainsi analyse (sic) l’enseignante.

La Révolution joue, entre autres rôles, celui que joua jadis la vie éternelle, ce qui explique beaucoup de ses caractères. (André Malraux, L’Espoir.)

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La femme, bipède sans plumes

Citations — Article écrit par le 28 avril 2012 à 10 h 49 min

Le Parlement Européen dépasse une fois de plus les limites qu’on croyait difficiles à repousser de la connerie bien pensante, consensuelle et qui produit de vagues bruits de chute molle dans les toilettes sèches de la réflexion écologiste. (Le tout avec votre argent, et sans impôts ni réel contrôle, comme d’hab à Bruxelles.)

Une plus grande équité entre les sexes est bonne pour l’environnement

Tout en rappelant à l’assemblé que le changement climatique touche tout particulièrement les femmes étant donné qu’elles sont les premières victimes de catastrophes naturelles et de conflits autour des ressources, l’eurodéputée GUE/NGL Kartika Liotard a constaté que « c’est ironique car les femmes appartiennent à une catégorie de personnes qui en sont le moins responsables ».

Au cours du débat sur les femmes et le changement climatique au Parlement ce matin, elle a mis l’accent sur le fait que la proportion de femmes qui prennent part aux nouvelles stratégies de changement climatique est très faible, et ce, en dépit de leur plus grande expertise et expérience. «Une plus grande participation des femmes permettrait d’améliorer la politique climatique».

« Il est évident qu’une plus grande équité est meilleure pour l’environnement et qu’un climat plus stable contribuerait à une meilleure égalité entre les sexes » a conclu Mme Liotard.

« Le changement climatique n’est pas neutre au point de vue des sexes» a déclaré Mikael Gustafsson (GUE/NGL Suède). Les hommes ont eu une plus grande influence sur le changement climatique que les femmes. Le style de vie et la façon de consommer des hommes ont une empreinte carbone plus élevée. À contrario, les femmes consomment de manière plus durable et elles sont plus enclines à agir pour préserver l’environnement, a-t-il expliqué.

« Je soutiens complètement les propositions du rapport pour des quotas d’action spécifiques afin d’augmenter la représentation des femmes à tous les niveaux du processus décisionnel et surtout dans les négociations climatiques. L’UE et ses États membres peuvent mieux faire dans ce domaine ».

« Lorsque les femmes sont impliquées dans le travail sur le changement climatique, leur position dans la société est souvent renforcée. Cela entraîne une meilleure démocratie et la promotion des droits de l’Homme ! »

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Fumer tue

Citations — Article écrit par le 12 avril 2012 à 21 h 04 min

En attendant que le sommeil revienne, j’ai parcouru le journal du soir acheté en me promenant : quelques articles commençaient encore par : « Nous, japonais, nous ne savons pas faire ceci… nous ferions bien de nous inspirer de… il faut corriger ce défaut national », etc., mais on sentait que le cœur n’y était plus et que le temps des peccavi était passé ; plusieurs faits divers sur des évadés revenus de Russie, sur tous ces gens qui vivaient encore d’aubaines, d’astuces, d’escroqueries ingénieuses sous des identités et dans des emplois qui n’étaient pas les leurs. Mais ces aléas, ces imprévus, ces existences picaresques donnaient de l’air aux idées et créaient un climat ouvert et vivant. On avait l’impression que pas mal d’impostures anciennes avaient volé en éclats avec la défaite et n’avaient pas encore repris racine. Les annonces d’écoliers japonais en quête d’échanges de timbres ou de pen friends remplissaient une page entière. La récolte de riz 1955 avait battu tous les records. La vie était encore difficile, mais le « miracle économique » commençait à payer des dividendes et le Japon se reprenait à croire à sa chance.

J’allai examiner les paquets de cigarettes soigneusement alignés sous le bar ; ils s’appelaient Peace, Love, Sincérité, Perle, Vie nouvelle. C’était peut-être un bon moment pour débarquer ici.

Nicolas Bouvier, Chronique japonaise, XIV, « Passepartout ».

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Plus fort que Mistinguett

Citations — Article écrit par le 11 avril 2012 à 12 h 16 min

Les rires redoublèrent quand, après avoir annoncé que la cinquième série mettrait fin à la collection, je mis la sixième en chantier. Un ami déclara que pour les sorties de théâtre et les adieux à répétition, j’allais être aussi fort que Mistinguett.

François Brigneau, Avant de prendre congé, 1 (et 2).

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Lecture de campagne

Citations — Article écrit par le 10 avril 2012 à 2 h 45 min

La gauche fait croire à l’opinion que tout le monde est de gauche sauf les privilégiés. Mais les privilégiés s’affichent de gauche pour ne pas se dénoncer à l’attention publique et pour détourner vers d’autres le ressentiment.

Depuis le début du XXe siècle, d’innombrables mesures législatives ont été prises en France contre les richesses excessives et les spéculations scandaleuses aucune jamais n’a atteint la fortune anonyme et vagabonde, toutes ont spolié les petits artisans, les petits propriétaires, les patrimoines modestes.

Les privilégiés ont depuis longtemps compris qu’il vaut mieux pour eux se servir de la gauche plutôt que de la combattre.

Jean Madiran, La Droite et la Gauche, 1977.

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Attendre jusqu’à se sentir vidé de toute énergie

Citations — Article écrit par le 23 février 2012 à 9 h 05 min

Kiku ne comprenait pas pourquoi aucun des taxis qui passaient ne s’arrêtaient, malgré le petit signe lumineux annonçant « libre » sur le toit. Il avait beau lever la main sur leur passage, ils ne ralentissaient même pas. Qu’elles étaient donc les règles, dans cette ville illuminée vingt-quatre heure sur vingt-quatre ? Comment fallait-il faire pour communiquer avec les gens ? Ni l’argent ni la violence ne semblaient efficaces. Même quand il se précipita sur le taxi, mais écartées devant le pare-brise, en hurlant « Je casse tes vitres si tu ne me prends pas! » le chauffeur se contenta de sourire en secouant la tête. Quand il brandit des billets par la fenêtre d’une autre voiture en hurlant : « Je te paie trois fois la course ! » le chauffeur refusa d’ouvrir la portière. Kiku sentait ses forces le quitter, comme s’il se vidait lentement de son sang. Jamais il ne s’était senti aussi impuissant. AU bout d’une demi-heure, un taxi finit par s’arrêter devant eux. Il avait enfin comprit l’une des règles de la cité scintillante : attendre. Sans courir et se démener, ni hurler ou se montre violent, sans changer d’expression, simplement attendre. Attendre jusqu’à se sentir vidé de toute énergie.

Ryû Murakami – Les bébés de la consigne automatique ; Picquier poche, p. 117

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Bis re-petit tas

Citations — Article écrit par le 23 février 2012 à 0 h 40 min

(…) On procéda à une nouvelle émission, et on réduisit le taux de l’intérêt pour accélérer la circulation des nouveaux assignats. Certains députés qui voyaient grand pensèrent qu’on pourrait éteindre toute la dette de l’Ancien Régime en vendant tous les biens de l’Église. (…) Le 20 septembre 1790, l’Assemblée décida de rembourser en assignats-monnaie la dette de l’État et du clergé. L’intérêt était supprimé. C’est en vain que des hommes clairvoyants montrèrent le danger de cette opération : Dupont de Nemours fit prévoir une rapide dépréciation et un renchérissement considérable du prix de la vie ; il montra la banqueroute fatale. Mais à ceux qui parlaient finances, les défenseurs des assignats répondaient politique. « Parlons-nous de la Constitution, disait Le Chapelier, l’émission des assignats ne peut être mise en question, c’est l’unique et infaillible moyen d’établir la Constitution. Parlons-nous de finances, il ne faut pas raisonner comme dans une situation ordinaire, nous pouvons supporter des pertes légères, mais nous ne pouvons pas supporter que la Constitution ne soit pas assise sur des bases stables et solides… » (…) La dépréciation ne se fit pas attendre : de 6% dès les premiers jours, elle atteignait 44% en janvier 1792. Entre temps, après les 1200 millions de septembre 1790, on avait augmenté la circulation de 1200 nouveaux millions. ainsi au printemps de 1792, dès avant la déclaration de guerre, on avait mis en circulation deux milliards et demi d’assignats. (…) Avec la guerre, la situation ne fait qu’empirer : le déficit mensuel varie entre 100 et 200 millions, la vie augmente dans des proportions considérables. C’est la misère et souvent la famine (…) La Convention fit de gros efforts pour défendre l’assignat. Au milieu de 1793, elle décréta un emprunt forcé d’un milliard sur les riches : c’était autant qu’on ne demanderait pas à la planche à billets. Surtout, on se préoccupa d’accroître le gage des assignats par des confiscations nouvelles (…) mais ces mesures n’arrêtèrent pas la dépréciation, de 50% en 1793 elle passa à 67% en juin 1794. (…) La défense des assignats avait échoué. Mais sous la Convention thermidorienne ce fut bien autre chose. En septembre on émit 900 millions ; en octobre un milliard, et ce fut une dégringolade vertigineuse. Le Louis d’or qui valait 75 livres-papier en 1794 en vaudra 2000 en octobre 1795. Le prix de la vie croît de jour en jour. (…) L’avènement du Directoire n’améliore pas la situation. Le Louis vaut, en décembre 1795, 4000 francs-papier. On ferme la Bourse et il passe à 6500. (…) Le gouvernement essaie d’emprunter : il voulait 600 millions-or : les caisses reçurent 13 milliards en papier et 8 millions en valeur réelle. Entre temps, l’assignat de 100 livres est tombé à 6 sous. On brûle la planche à assignats, puis au printemps 1796 on invente un nouveau papier-monnaie : les mandats territoriaux. On en émet pour 2 milliards et demi. À l’émission, ce franc-mandat vaut 2 sous et 30 francs-assignats. Bientôt la dépréciation sera de 60%, puis de 90, finalement les mandats territoriaux sont démonétisés et échangés à raison de 1% contre des sous qui n’ont pas valeur de monnaie. Il n’y a plus de guerre pour alimenter le trésor et Bonaparte s’en chargera. En attendant, l’État fait banqueroute : le 30 septembre 1797, on supprime les deux tiers de la dette.

Tel est donc le bilan financier de la Révolution : si l’Ancien Régime lui avait laissé 3 milliards de dettes, il lui avait légué une monnaie saine et une France prospère. En moins de dix ans cette France était ruinée, la monnaie tombée à zéro et la dette sacrifiée pour les deux tiers.

J. F. Henry in L’Étudiant français, 1939.

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