Archives pour la catégorie ‘Citations’
Groenwalski
Cinéma, Citations — Article écrit par Lounès le 24 février 2013 à 14 h 13 min
Étiquetté : Groenwalski, Grunwalski
Gandon
Citations — Article écrit par Lounès le 23 février 2013 à 18 h 30 minJe me souviens, à ce propos, d’une petite série d’articles qui m’ont semblé fort marrants… dans les « Nouvelles Littéraires » (quand je veux me crisper je les achète)… Yves Gandon, soi-disant critique, armé d’une forte brosse à reluire, passait en revue, avec quel soin ! pour l’admiration des lecteurs, quelques textes les mieux choisis, de quelques grands contemporains… L’astuce du commentateur, sa prouesse en tout admirable, consistait à souligner tout le Charme, les fins artifices, les pertinentes subtilités, tout le sortilège de ces Maîtres, leurs indicibles magies, par l’analyse intuitive, très « proustageuse », de quelques textes particulièrement chargés de génie. Labeur, entreprise, dévotion d’une extrême audace ! d’une périlleuse délicatesse ! Le commentateur frissonnant se risquait encore plus oultre… mais alors, perlant d’angoisse ! jusqu’au Saint des Saints ! jusqu’au Trésor même ! jusqu’au style ! au reflet de Dieu ! jusqu’aux frémissements de la Forme chez ces Messies de la Beauté ! Après quelles pieuses approches ! Quel luxe inouï de préambules !… Que de fragiles pâmoisons !… Ah ! Si l’on me traitait de la sorte, comme je deviendrais impossible ! Regardons-le travailler… Bientôt chancelant… tout ébloui… notre guide se reprend encore… défaille. Les mots viennent à lui manquer… Haletant, il nous demande si nous pouvons encore le suivre… endurer tant de splendeurs… Sommes-nous dignes ?… Sommes-nous dignes ? Lui-même qui croyait tout connaître… il se trouble à perdre les sens… Il se faisait une idée… quelque imagination confuse de l’étendue, de la profondeur, des gouffres de ces styles !… Présomptueux !… Il ne connaissait rien !… Les Prémices à peine !… Dans ce manoir aux mille et une merveilles, tout succombant d’admiration… Gandon titube !… tout chancelant… Grelotte !… Tragédie !… La Tragédie ! Ah ! I’Intrépide !… d’ornements indicibles en cascades exquises… de passages sublimes en plus sublimes encore… en chutes vertigineuses… ces textes de maîtrise… littéralement magiques se révèlent ruisselants d’apports infinis esthétiques… de bouleversants Messages… d’inappréciables gemmes spirituelles… On ne sait plus ou se prosterner davantage… Ah ! vraiment c’en est trop !… Gandon, lui-même transposé cependant par la foi qui l’embrase, n’en peut plus… Il se rend !… Il se donne !… Il nous adjure à son secours. Ah ! vite ! Agissons, assistons ! Soutenons Gandon !… Prévenons le pire ! Devançons quelque atroce dénouement… Pitié ! Détaillons ! Partageons son extase ! L’humanité le commande ! Courage ! Vaillance ! Pour lui tout seul, c’est bien simple s’il insiste, s’il s’obstine ! C’est la mort ! Dans les phrases ! par les phrases ! Trépassé de beauté !… de Beauté phrasuleuse ! Gandon ! Ah ! C’est trop ! Tant de perfection verbatile… pour un seul adulateur… C’est la damnation !… nous suffoquons pour lui !… O délices littéraires assassines ! O les encrières meurtrières délectations phrasiformes ! A quels paroxysmes atroces ! épargnés aux vulgaires, n’entraînez-vous point Purismologie ! vos meilleurs enfants ! Bienheureux frustes crottés ! Brutes béates !… accroupies clans les consonances !… De cuirs en velours vous monterez au ciel !…
Mais lui Gandon n’appartient pas à la race des officiants à peu-près-istes… qui montent des textes en abat-jour… C’est un janséniste, Mordieu ! foutrement impeccable… la tiédeur le pousserait au meurtre… Il ne veut notre salut que par l’extase… et pas une extase roupilleuse… Une extase palpitante !… transfigurante !… Ah ! de grâce, il nous exhorte… recueillez-moi là… cette nuance… ci !… au déduit de cette tournure instable… Ah ! devant qu’un horrible zéphyr en disperse à jamais… l’onde irisée… l’avez-vous saisie ?… Je n’y survivrai pas !… Ah ! Tenez-moi, je succombe… Ah ! J’en défaille cher lecteur, à ravir… Ah ! la force de cette « épiphore »… à peine après cette « synthote » ah ! ah !… Je m’affole… je blêmis… l’audace impayable… Ah ! comme le Maître nous transfixe ! Ah ! quel virtuose miraculant… Ah ! malheur à qui ne soupire ! Et la violence ! Imaginez ! de cette simple virgule ! Mais c’est le génie ! C’est le génie !… Et la faiblesse irrésistible de cette chute différée ? Ah ! mordez ce trait singulier… ces deux conjonctions… qui s’affrontent… Ah ! l’est-il caractéristique !… Il refait Pascal en trois mots… Racine en douze !… Ah ! comme il nous prend par l’adverbe ! Ah ! le monstre ! Ah ! le divin !… Ah ! Ce Gide enfin! … Ce Maurras ! Ah ! ce Maurois ! Qu’en dirait Proust ?… Ah ! les vertiges de ce Claudel ! Ah ! l’infini Giraudoux ! Ah ! Gandon ! Pourquoi ne chanterais-tu pas ?… Ce serait encore, je l’assure, bien plus meilleur, bien plus merveilleux !… plus amoureux !…
Louis-Ferdinand Céline
Le grand public connaît de Céline un texte intitulé « A l’agité du bocal », réponse cinglante à Jean-Paul Sartre au sujet des positions de l’un et de l’autre pendant la guerre de 39-45. Il s’agit là d’un exercice dans lequel excelle le petit parigot: la satire, la caricature, le pamphlet lyrique. Et en fait tout « célinien » sincère, s’il cherche un peu trouvera des dizaines et des dizaines de textes dans ce registre, tous plus drôles, plus riches et plus brillants les uns que les autres. Céline a systématiquement attaqué les idoles réputées intouchables de son époque, ne craignant ni l’isolement social, ni la misère financière, ni la prison qui sont les punitions systématiques pour tout vrai rebelle qui s’attaque au vrai pouvoir. Ces 3 martyrs, le petit loufiat du passage Choiseul les subira comme il l’avait prévu et prédit.
Dans l’extrait ci-dessus, Céline évoque un critique littéraire qui tenait le haut du pavé : Yves Gandon, sorte de d’Ormesson, à une époque ou le niveau général était tombé si bas que l’on voyait poindre (déjà) les premiers escrocs détournant une tradition portée jusqu’ici par des érudits véritables du genre de Léon Daudet. Après ce dernier, le métier de critique littéraire se galvaude, la France cesse de porter en elle l’avant-garde culturelle du monde, et très naturellement les élites nationales rabâchent une langue de plus en plus pauvre, tendance dont le dernier cran a atteint récemment l’illetrisme pur et simple.
Quel écart abyssal entre la médiocrité actuelle et l’explosion de ce texte extraordinairement riche pour lequel le seul prétexte « Gandon » a servi d’étincelle. On trouve là tout l’univers de Céline: lyrisme gratuit, haine du style journalistique et scolaire, virtuosité dans la caricature et pudeur absolue sur tout ce qui a trait aux sentiments (pour Céline c’est une chose horrible et indécente d’évoquer « l’amour » ou le « coeur », tellement il tient ces données en haute estime), instinct infaillible pour débusquer les arnaqueurs, les escrocs et les imposteurs.
Étiquetté : Bagatelles, Céline, corruption, GandonConnaissez-vous Danièle Nouy ?
Citations — Article écrit par Nicolas le 30 janvier 2013 à 2 h 05 minLe dossier des emprunts toxiques piétine
Le premier procès opposant Dexia à une collectivité territoriale sur les emprunts toxiques est fixé en février. Etat des lieux. Le 8 février, au tribunal de Nanterre, le conseil général de Seine-Saint-Denis sera représenté par Jean-Louis Vasseur, du cabinet Seban (LLA nos 1492 et 1548). Pour sa part, Dexia a notamment choisi Nicolas Baverez pour assurer sa défense. Mais rien ne dit que le dossier sera plaidé sur le fond, ce jour-là. Le juge peut reporter l’audience, comme récemment dans les Côtes-d’Armor, où Trégastel était la commune plaignante. De tels atermoiements ne déplaisent pas à Dexia et aux autres banques visées par les recours d’une centaine de collectivités territoriales. D’autant que l’attentisme est à nouveau de mise du côté gouvernemental, après la constitution par Jean-Marc Ayrault d’un fond de secours aux collectivités territoriales endettées, doté (pour l’instant) de 25 millions d’euros.
Celles-ci ne peuvent plus compter sur le soutien actif de la Direction générale des collectivités locales, coincée par la tutelle exercée depuis juin par trois ministères. Par ailleurs, dans la droite ligne de la posture adoptée dès l’origine par l’inspection des finances, Bercy s’obstine à refuser une solution collective, même si Pierre Moscovici a évoqué en novembre l’ouverture d’une négociation globale. Les directeurs départementaux des finances publiques continuent ainsi à traiter les dossiers individuellement. Ce qui vaut, par exemple, pour les décisions prises unilatéralement par des collectivités comme le 93 et Saint-Etienne de rembourser les intérêts de leurs emprunts pourris en se basant sur les taux des très classiques prêts bonifiés … Malgré les conclusions de la commission d’enquête diligentée en 2011 à l’Assemblée, Bercy évite aussi de désigner des responsables. Cette ligne de défense est même plus que jamais d’actualité, constatent les élus. Et pour cause. La secrétaire générale de l’Autorité de contrôle prudentiel qui, il y a quelques années, avait validé la pratique des emprunts pourris, Danièle Nouy, est en passe d’être nommée à la tête du futur conseil de supervision de la Banque centrale européenne (BCE). Il faut donc la protéger…
Extrait de la Lettre A, n° 1577 du 24 janvier 2013.
Plus ici sur cette charmante dame, vivant exemple de ce qui arrive à la nomenklatura franchouille quand on la prend à faire des conneries : promoveatur ut amoveatur.
Étiquetté : bankstersSaddamisme
Citations — Article écrit par Nicolas le 21 janvier 2013 à 0 h 48 minLe tribunal de Paris juge à partir de lundi une vingtaine de prévenus, dont d’anciens hauts-fonctionnaires français, accusés de s’être laissés corrompre par l’Irak dans les années 2000.
C’est le procès du lobby pro-irakien qui va s’ouvrir à partir de lundi devant le tribunal correctionnel de Paris. Après des années d’instruction, vingt prévenus vont devoir expliquer à la justice le rôle qu’ils ont joué dans le vaste réseau de corruption et de trafic d’influence organisé par la dictature de Saddam Hussein. À l’origine du scandale, le vote en 1996 par l’ONU d’une résolution dite « Pétrole contre nourriture », permettant à l’Irak d’exporter du pétrole sous le strict contrôle des Nations-unies, afin de permettre l’achat des denrées de base pour la population irakienne.
Mais en 2003, après la chute du régime, les occidentaux ont mis la main sur des documents révélant comment Saddam Hussein avait détourné ce programme humanitaire à des fins de lobbying. Les dirigeants irakiens avaient ainsi recruté en Europe et aux États-Unis des personnalités jugées suffisamment « fiables » et leur avaient offert de servir d’intermédiaires dans les transactions en leur allouant des quotas de barils qu’ils revendaient ensuite à des sociétés pétrolières. « Ces allocations étaient allouées à des gens qui militaient pour la levée de l’embargo. C’étaient des amis du régime bassiste que les Irakiens avaient choisis », a expliqué devant les enquêteurs Gilles Munier, le secrétaire général des Amitiés franco-irakiennes qui aurait touché personnellement plus de 180 000 dollars de commissions.
En échange de cette mission très lucrative, les « allocataires » étaient chargés d’organiser des opérations de propagande en direction de l’opinion : « Tous les six mois, nous devions présenter aux Irakiens un bilan des actions que nous avions menées en faveur de la levée de l’embargo », a précisé Gilles Munier. À la lumière de cette confession, on comprend mieux aujourd’hui la pléthore de colloques, de manifestations, de débats télévisés et de reportages consacrés aux souffrances de la population irakienne qui a fleuri en France dans les années 2000.
L’homme d’affaires Claude Kaspereit avait ainsi organisé une très médiatique opération baptisée « Un avion pour l’Irak » à bord duquel il avait emmené des personnalités françaises afin de s’attirer les bonnes grâces des dirigeants de Bagdad. L’ancien secrétaire général du Quai d’Orsay, Serge Boidevaix a reconnu avoir perçu 582 000 dollars de commissions sur les allocations pétrole. À la même époque, il était intervenu lors de colloques à l’Assemblée Nationale et sur les plateaux de télévision pour réclamer la levée de l’embargo. L’ancien ambassadeur de France à l’ONU, Jean-Bernard Mérimée, a touché 150 000 dollars avec lesquels il s’est acheté une résidence secondaire à Ourazazate, au Maroc.
(…)
Je trouve ça dans Actualité juive de cette semaine. Avant qu’on ne me fasse l’objection, je sais bien qu’Israël doit bien aussi arroser tout le monde. Mais ce n’est pas ce qui m’intéresse ici. Ce qui est intéressant c’est que l’on a les noms, les sommes. Un ambassadeur de France à l’ONU ça vaut 150 000 dollars. Un ex-secrétaire général du Quai et gourou de la politikarabe™ de la France, c’est plus cher : 582 000.
Quand on est une puissance quelconque disposant de moyens financiers importants, ce sont des sommes presque négligeables qui permettent d’acheter la diplomatie française.
Pour un pays où l’on nous explique régulièrement que chez nous les haut-fonctionnaires sont irréprochables et d’une grande probité et patin et couffin, ou à tout le moins que notre haute fonction publique est bien moins corrompue qu’ailleurs, je trouve ça très intéressant.
PS : n’ayant pas trouvé de bonne photo de M. Jean-Bernard Mérimée, j’illustre cet article, allez savoir pourquoi, d’une photo d’Idéal du Galouzeau. J’aurais aussi pu mettre Maurice Gourdault-Montagne ou Catherine Colonna, disciples comme Villepin du vieux Boidevaix.
PS 2 : si quelqu’un de nos lecteurs a une idée précise de combien coûte un inspecteur du trésor, un contrôleur général de ministère ou un inspecteur des affaires sociales, qu’il nous le dise : nous nous ferons une joie de donner les tarifs afin que quelque potentat ou industriel étranger ne se fasse pas escroquer par un sous-conseiller d’État stagiaire qui demanderait des sommes exorbitantes…
Étiquetté : corruption, Mérimée, Saddam, Villepin(…) l’arbre baroque qui cache la prison.
Citations — Article écrit par Vittorio le 13 janvier 2013 à 22 h 21 minJe ne résiste pas à l’envie de vous proposer ce texte de Muray qui date de 2004, et dont il faut relire 15 fois l’introduction et la conclusion si on n’a pas bien compris où tout cela mène et quel en est l’enjeu. Pour ceux qui en doutent, cet article de D. Theillier et les exemples qu’il donne concernant l’actualité de ce sujet aux USA (paragraphe La police de la pensée homosexuelle).
Le mariage transformé par ses célibataires mêmes
Par-delà le néo-mariage, et quelques autres revendications divertissantes, c’est la réduction au silence du moindre propos hétérodoxe qui se profile, c’est l’écrasement légal des derniers vestiges de la liberté d’expression, c’est la mise en examen automatique pour délit de lucidité.
Le mariage est une invention qui remonte à la plus haute antiquité. Je parle du mariage à l’ancienne, cette institution conformiste, vermoulue et petite-bourgeoise qui véhicule depuis la nuit des temps « les valeurs hétéro-patriarcales et familialistes » pour m’exprimer comme Christophe Girard et Clémentine Autain. Sauf erreur de ma part, cette mémorable conquête n’a pas été arrachée, l’arme à la main, de nuit, dans la précipitation et sous la menace des pires représailles, par une petite bande de fanatiques de la nuptialité bien décidés à se servir de la lâcheté des uns, de l’ambition des autres, de la démagogie tremblotante de tous, pour faire triompher leur cause. Nulle part ce type de mariage ne paraît avoir été imposé par la force. Ni en jetant à l’opinion publique un fatras précipité de raisonnements contradictoires afin d’extorquer d’elle, par sondage, une approbation apeurée. Il n’est pas davantage le fruit d’une volonté claironnée de mettre à genoux le pouvoir politique. Aucun gouvernement, à ma connaissance, n’a cédé aux partisans de la conjugalité dans la crainte de se voir accusé de gamophobie (du grec gamos, mariage).
Y a-t-il même eu « débat », à propos de cette importante « question de société », chez les Égyptiens pharaoniques, à Babylone, en Inde, à Lascaux, entre psychanalystes lacustres, sociologues troglodytes, militants de l’un ou l’autre bord ? En a-t-on discuté, dans le désert de Chaldée, à la lueur de la Grande Ourse ? A-t-on menacé de ringardisation les adversaires de cette nouveauté ? Les a-t-on accusés de ne rien comprendre à l’évolution des mœurs, de s’accrocher à des modèles désuets, d’alimenter la nostalgie d’un ordre soi-disant naturel qui ne relève que de la culture ? La Guerre des Games (de gamos, mariage, je ne le répéterai plus) a-t-elle eu lieu ?
Il semble bien que non. La chose, c’est horrible à dire, s’est faite toute seule, suivant la pente de l’espèce, laquelle sait si bien jouer sur les deux tableaux pour protéger ses intérêts, manier en même temps la carotte et le bâton, l’appât et l’hameçon, le désir de satisfaction sexuelle des individus et ses propres nécessités vitales de perpétuation, et emballer cela dans les mirages vaporeux de la pastorale romantique.
On a tout essayé, par la suite, avec le mariage. On l’a plié dans tous les sens. On a tâté de la polygamie, de la bigamie, de la monogamie, de l’adultère, du divorce à répétition, du mariage forcé, du mariage civil, du mariage religieux, du mariage d’argent, du mariage raté. On a même vu des mariages heureux. On a vu des mariages stériles et d’autres féconds, des unions dramatiques et des noces de sang. On en a fait des vaudevilles et des tragédies. Avec des placards pleins d’amants, des cocus en caleçon, des maîtresses acariâtres. Le mariage, en résumé, n’a été inventé que pour fournir des sujets de romans et pour assurer la chaîne sans fin des générations ainsi que le veut l’espèce.
Il n’en va pas exactement de même du futur mariage homosexuel, dont la genèse aura laissé tant de traces, à l’inverse de l’autre, qu’il sera aisé de la reconstituer. C’est que cette nouveauté ne va pas de soi, comme d’ailleurs la plupart des opérations expérimentales de notre temps. L’époque moderne, dont l’essence même est le soupçon dans tous les domaines, explose en cette affaire dans une sorte d’opéra-bouffe stupéfiant où la mauvaise foi et le chantage se donnent la réplique inlassablement. C’est d’abord le code civil qui a été instrumenté. On a prétendu qu’il n’y était stipulé nulle part que le mariage était réservé aux personnes de sexe opposé. Les homosexuels militants se sont engouffrés dans cet « oubli » pour exiger, au nom de l’égalité des droits, « l’accès des gays et des lesbiennes au mariage et à l’adoption ». L’exigence d’égalité est la grosse artillerie qui renverse toutes les murailles de Chine. La marche sans fin vers l’égalité absolue remplace, chez les minorités dominantes et furibondes, le défunt sens de l’Histoire. Pour ce qui est du code civil, d’abord paré de toutes les vertus, il n’a plus été qu’une sorte d’opuscule diffamatoire sitôt qu’on découvrit l’article 75, qui détermine que le mariage consiste à « se prendre pour mari et femme ». Peu soucieux de logique, les militants de la nouvelle union conclurent aussitôt à l’urgence d’une refonte de ce code que, l’instant d’avant, ils portaient aux nues. Et, en somme, puisque la loi est contre les homos, il faut dissoudre la loi.
Dans le même temps Noël Mamère, bonimenteur de Bègles, agitait son barnum ; et les notables socialistes se bousculaient au portillon de l’avenir qui a de l’avenir dans l’espoir de décrocher le titre de premier garçon d’honneur aux nouvelles épousailles. Le terrorisme et la démagogie se donnaient le bras sur le devant de la scène. On « déconstruisait » en hâte le mariage à l’ancienne. On affirmait qu’il est aujourd’hui « en crise » quand la vérité est qu’il l’a toujours été, par définition, puisqu’il unit deux personnes de sexe opposé, ce qui est déjà source de crise, et que, par-dessus le marché, il les soumet à des postulations contradictoires, le mensonge romantique et la vérité procréatrice. On rappela, contre les réactionnaires qui lient mariage et reproduction, qu’il n’en allait plus ainsi depuis la révolution contraceptive (ce qui ne pouvait manquer, ajoutait-on, de rapprocher les comportements homos et hétéros), quand c’est en fait depuis toujours, et dans toutes les civilisations, que l’on a cherché, certes avec moins d’efficacité technique qu’aujourd’hui, à réguler la fécondité, c’est-à-dire à autonomiser la sexualité par rapport à la « reproduction biologique ».
En quelques jours apparurent les étonnantes notions de « mariage fermé » (antipathique, hétéro) et de « mariage ouvert » (sympathique) puis « universel » (supersympa). On publia des sondages dans lesquels la société française déclarait qu’elle était d’accord pour applaudir aux évolutions de la société française, mais de grâce, qu’on arrête de lui brailler dans les oreilles. Les partisans du néo-mariage expliquèrent à la fois qu’il ne fallait pas interpréter leur demande comme une volonté de normalisation ou comme un désir d’imitation mais qu’il y avait de ça quand même, et que d’ailleurs ils se moquaient des institutions dont ils étaient exclus, sauf que le seul fait d’en être exclus leur apparaissait comme un outrage. Réclamant en même temps le droit à la différence et à la similitude, exigeant de pouvoir se marier par conformisme subversif et pour faire « un pied de nez à la conception traditionnelle du mariage » (comme l’écrivent encore les impayables Christophe Girard et Clémentine Autain), ils affirmaient aussi que ce même mariage, à la fois convoité et moqué, revendiqué pour être rejeté, et de toute façon transformé s’ils y accédaient jusqu’à en être méconnaissable, serait un remède souverain contre « l’alarmant taux de suicide » qui sévit chez les jeunes homosexuels, ce qui laisse supposer que ces derniers se suicident tous par désespoir de ne pouvoir convoler officiellement. On aurait pu imaginer d’autres motifs.
Mais ces réflexions tomberont très bientôt sous le coup des lois anti-homophobie qu’un gouvernement vassalisé par les associations se prépare en toute sottise à faire voter. Mieux vaut donc se taire. Par-delà le néo-mariage, en effet, et quelques autres revendications divertissantes (suppression de la mention relative au sexe sur les papiers d’identité afin d’en terminer avec les « problèmes kafkaïens rencontrés par les individus de sexe mixte, hermaphrodites, transsexuels, transgenres », ou encore « dépsychiatrisation des opérations de changement de sexe »), c’est la réduction au silence du moindre propos hétérodoxe qui se profile, c’est l’écrasement légal des derniers vestiges de la liberté d’expression, c’est la mise en examen automatique pour délit de lucidité. Il est urgent que personne ne l’ouvre pendant que se dérouleront les grandes métamorphoses qui s’annoncent, dont ce petit débat sur l’effacement de la différence sexuelle est l’avant-propos. Le néo-mariage, dans cette affaire, n’est que l’arbre baroque qui cache la prison.
Étiquetté : homosexualité, libertarés, muray13 citations de combat pour 2013
Citations — Article écrit par Vittorio le 1 janvier 2013 à 16 h 27 minReproduction autorisée par Nicomaque – d’autres excellentes en français ici













Étiquetté : 13, bradbury, Camus, Ellul, Heinlein, Kolakowski, Orwell, Soljenitsin
Les petits pieds de Robespierre
Citations — Article écrit par Nicolas le 22 décembre 2012 à 19 h 59 minJ’aurais dû, il y a quelques semaines, parler du Parti Libéral Démocrate. J’avais reçu un de leurs mails qui était plutôt intelligent et habile.
Je m’étais dit, du fond de ma malveillance noire : « Ah, pour une fois… on dirait qu’ils s’améliorent. »
Las.
Gérard Depardieu porte bien son nom. « Depardieu » désignait, au Moyen-Âge, le lieu où l’on payait la dîme, impôt inique aboli en 1789.
Bon, alors, par où prendre le buisson de contre-sens pénibles qui constituent cette phrase en une sorte de petit record ?
D’abord un « depardieu » n’est pas un endroit où on s’en allait payer la dîme, la dîme se payait en général dans des lieux qu’on appelait des celliers (à dîme), d’où les toponymes dérivés un peu partout avec leurs variantes régionales. Si j’ai bonne mémoire, depardieu, ça désignait dans certaines campagnes une terre ecclésiastique qui payait la dîme. La dîme étant l’impôt ecclésiastique — même si dans la pratique il a été de plus en plus perçu par l’Etat pour des raisons pratiques. C’était donc plutôt vertueux : l’Église, dans ces cas, s’appliquait à elle-même ou à des terres qui auraient pu en être dispensées par privilège ecclésiastique récent ou lointain, le paiement de la taxe qu’elle percevait. C’est pas nos inspecteurs des finances qui se mettraient à faire payer des impôts à leurs putains d’administrations à la con qui nous pourrissent la vie. Quand ils ne dirigent pas des entreprises pseudo-capitalistes peuplées de leurs semblables X-ena où ils fraudent l’impôt, car on n’est jamais si bien servi que par soi-même.
Ensuite il faut rappeler que la dîme s’appelle la dîme parce qu’elle représentait 10% des revenus. Vous je ne sais pas, mais moi, je paierais bien la dîme à la place de quelques impôts divers, cotisations variés, ou TVA en hausse : on y gagnerait incontestablement.
Enfin, la dîme n’était pas « inique ». La plupart des études sur la fiscalité de l’ancien régime montrent que c’était un impôt plutôt bien accepté : il était simple, payable souvent en nature, aussi égalitaire que possible sous un régime lui-même essentiellement inégalitaire et fouillis. Surtout les populations avaient conscience de son utilité malgré les abus inévitables : écoles, hôpitaux, secours aux pauvres, autant de choses qui étaient en grande partie financées par la dîme puisqu’elles étaient à la charge de l’Église.
Enfin l’argument sous jacent — le régime républicain serait en train de devenir aussi fiscalement injuste que l’ancien régime est réputé l’avoir été —, est bien entendu complètement faux : avec des situations très contrastées et inégales, mais globalement on payait évidemment bien moins d’impôts sous l’ancien régime que dans notre république française sociale-démocrate de 2012, qui est bien pire de ce point de vue. Le poids de la fiscalité ancienne devenait parfois insupportable parce qu’arrivaient dans une économie souvent de très petite subsistance d’autres événements : disettes, guerres, troubles civils paralysant localement le commerce et l’artisanat… le moindre choc rendait problématique un impôt bien mois lourd que le nôtre, et le rendait d’autant plus insupportable qu’il était payable en monnaie – ce que la dîme n’était pas pour une fraction importante des gens qui la payaient.
Sans parler des possibilités de fraude ou de dissimulation, évidemment bien plus grandes à l’époque que de nos jours, où nous avons eu à subir l’achèvement de la centralisation administrative, les différentes normalisations, la généralisation de la comptabilité même pour des entreprises familiales, la bancarisation obligatoire et quantité d’autres mesures qui ont eu pour moteur essentiel de leur imposition par l’État la plus grande facilité à recouvrer l’impôt.
Pour finir, la simple idée de « solidarité nationale », socle de toutes les spoliations, aurait été incompréhensible pour la bonne raison qu’existaient tout un tas de corps intermédiaires parfois lourds et handicapants, mais aussi protecteurs, qui furent détruits en même temps que ladite dîme abolie en 1789.
Et rappelons que lorsque Vauban imagine la réforme la plus intelligente de l’impôt qui sera proposée sous l’ancien régime — et en partie reprise dans l’esprit par Machault d’Arnouville — il l’appelle « projet de la dîme royale », ce qui dans son langage veut la faire comprendre comme un impôt juste entre tous. Tellement juste que les privilégiés feront capoter les deux projets de même inspiration générale à plusieurs décennies de distance.
Bref nos amis libéraux-démocrates s’affublent déjà d’un vocable assez pénible puisque somme toute cette démocratie est le principal obstacle aujourd’hui en France à une société plus libérale : démocratie veut dire élection, élection veut dire clientélisme, clientélisme veut dire impôt et redistribution aux clients du parti au pouvoir. Si nos amis libéraux pouvaient ne pas essayer piteusement de se faire en plus républicains, fidèles en cela à leur volonté de se dédouaner en baissant la tête devant les accusations d’être de droite donc réputés fâchisses, ce serait une bonne idée : ils écriraient moins de bêtises. Ce qui serait un commencement.
« Je suis un être libre », écrit Depardieu dans sa lettre : c’est ce qu’ils vous reprochent. Résistons à nos Robespierre aux petits pieds.
Au petit pied, évidemment. On parle ici de l’unité de mesure, pas de la pointure des souliers de Robespierre.
Étiquetté : Borlooscepticisme, droite courbe, libdems, UDIBidou pour la câlinothérapie à l’UMP
Citations — Article écrit par Bidou le 27 novembre 2012 à 11 h 45 minInterview de Bidou dans la Gazette de Maubourguet du jour :
Étiquetté : câlinothérapie, Copé, Fillon, UMPBidou, renvendiquez-vous toujours la victoire à l’UMP ?
Plus que jamais. Mais les grands medias ne m’écoutent pas. Je remercie d’ailleurs la Gazette de Maubourguet de me permettre de m’exprimer durant cette interview.
La douceur aurait été une solution ?
Ben meilleure que ce combat de coqs déplumés.
Que proposez-vous ?
J’ai d’abord pensé les inviter à un concours de qui a la plus grosse pour les départager, mais je me suis dit qu’Alain Soral risquait de revendiquer à son tour la victoire. Alors je ne vois plus du tout de solution, peut-être est-ce mieux que ce parti explose, qui avait été fondé en 2002 rien que pour faire ré-élire Jacques Chirac.
Quel rôle pouvez-vous jouer alors ?
Le parti Doux a toujours été indépendant. Nous n’avons jamais fait alliance avec personne, ou sur une base uniquement locale et en fonction d’une configuration électorale particulière, comme dans le cinquième arrondissement dont mon ami Jean Tibéri est l’élu. Mais nous nous préoccupons des adhérents, militants et même des sympathisants de l’UMP.
Trêve de langue de kapok, Bidou…
J’y viens : le parti Doux va mobiliser ses oursons, ses chatons, ses lapinous et même ses kikis et ses doudous pour mettre en place dans toute la France des cellules psychologiques afin d’assister les militants et électeurs de l’UMP dans l’épreuve qu’ils traversent. Nous n’abandonnerons pas des gens dont nous sommes malgré tout proches alors qu’ils sont dans le désarroi, qu’il ne savent plus vers qui se tourner et qu’à chaque journal télévisé, ils voient s’affronter Copé et Fillon, quand ce n’est pas Wauquiez et Mariani, ou même Tabarot et Pécresse.
Concrètement ?
Eh bien la grande force de la douceur, comme je l’ai toujours dit depuis mon petit livre doux, c’est d’être douce. Nous entendons donc promouvoir une assistance psychologique à base de câlinothérapie.
Pour tous les militants ?
D’abord pour les plus fragiles : jeunes militantes désemparées, femmes actives engagées mais qui se trouvent déboussolées par cette crise, mères de famille inquiètes pour leurs enfants. Quelques-uns de nos militants, qui par ailleurs sont anti-naturels, pourront s’occuper des vieux sénateurs saisis d’angoisse. Naturellement nous demanderons par voie de justice que soit saisie la subvention annuelle à l’UMP pour payer ces thérapies. Cela nous permettra de répandre la douceur encore plus avant dans notre société qui en a bien besoin. Enfin nous appelons en dernier recours à une bataille de polochons entre les deux camps qui se déchirent.
La douceur comme solution à tout ?
La douceur est toujours la solution. Elle peut-être câline, ferme, sévère, armée, ou même morale… mais oui, je crois qu’elle est une solution universelle. Si je ne le croyais pas, vous croyez que je serais en fourrure haute qualité, ignifugé, traité anti-acariens, anallergique, et fabriqué dans le Jura ? hein ? si je n’y croyais pas, je serais en peluche qui gratte fabriqué à Chang-ding-dong et bourré de substances volatiles dangereuses, du genre essence de fillonbenzène ou bacille de Copévici.
Tout de même Bidou, ces attaques ad hominem…
Je vous arrête tout de suite, ce ne peuvent être des attaques, et encore moins ad hoc minus comme vous dites. Je suis un nounours, je suis forcément gentil.
C’est vrai mais…
Mais rien du tout. Nounours = gentil. Vous n’allez quand même pas gâcher le noël de millions d’enfants, non ?
Certes non…
Parce que sinon nous manifesterons dans tout Maubourguet, vêtus de tenues de Noël, avec des balles de coton en guise de confettis, et distribuant des sucreries, tout en vous traitant de menteur et de honte de la profession au son des Ho ho ho ! Peut-être même de facho-copéiste. Et jusqu’à Marciac si on arrive à faire des chars décorés.
Bon… euh… … … c’est effectivement bientôt Noël… et… pour nos jeunes lecteurs, vous connaissez personnellement le père Noël, Bidou ?
C’est un bon copain, mais vous savez je le vois peu à cette période de l’année, car il est très occupé, évidemment. Courant janvier, traditionnellement je passe chez lui et nous évoquons la situation de la gentillesse, de la douceur et de l’innocence chez les enfants.
Et ça augmente ?
Non, ça stagne. Avec une décrue plus rapide en fonction de l’âge ces dernières années. Mais je récupère toutes les adresses des vilaines filles, que je passe voir quelques années plus tard, avec mon fouet, pour vérifier ce qu’elles sont devenues et les punir si elles ne se sont pas reprises. C’est de là que vient la légende, amusante au demeurant, du nounours fouettard.
Naturalisations 2010 dans l’UE
Citations — Article écrit par Nicolas le 19 novembre 2012 à 15 h 29 minUE – nationalité délivrée à des étrangers : Plus de 810 000 personnes, la majorité originaires d’Afrique et d’Asie, ont acquis la nationalité d’un des 27 États de l’UE en 2010, selon des chiffres publiés vendredi par Eurostat. Quatre pays (Royaume-Uni, France, Espagne et Allemagne) ont représenté 70% de toutes les nationalités octroyées dans l’UE. Dans le détail, 195 000 personnes ont acquis la nationalité britannique, 143 000 la nationalité française, 124 000 la nationalité espagnole et 105 000 la nationalité allemande en 2010.
(Bulletin Quotidien du jour).
Étiquetté : immigration, naturalisationGinette chez Vadim
Citations — Article écrit par Nicolas le 4 novembre 2012 à 19 h 35 minÉtiquetté : Deneuve, ginette, Thérèse philosophe« Je te plairais si j’étais chinoise ?
— Maybe.
— Et si j’étais négresse ?
— Perhaps.
— Et si… si j’étais laide ?… Tu me trouves belle ?
— Mh mh.
— Dis-le !
— Pourquoi ? tu n’en es pas sûre ?
— Toutes les femmes se croient moches.
— Même quand elles sont belles ?
— Surtout quand elles sont belles.
— Tu es bien philosophe.
— Et toi bien silencieux. Tu lâches tes mots avec un élastique.
— Que veux-tu que je te dise…
— Dis-moi que tu m’aimes.
— Oh ! tout de suite les grands mots : Monica…
— Ça ne sort pas hein…
(Voix hors champ : “allez, à la pétanque, à la pétanque…”)
— Allons ! viens plutôt jouer aux boules. »



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