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Qui veut la peau de Richard Millet?
Actu — Article écrit par XP le 30 août 2012 à 9 h 57 minAinsi donc, la République des lettres lance une chasse à courre contre Richard Millet, coupable d’avoir commis un Eloge d’Anders Breivik.
Que lui reproche-t-on? de véhiculer des idées racistes, nauséabondes, de ne pas penser dans les clous? Vous n’y êtes pas du tout… Laissons la parole à Richard Millet, écoutons ce qu’il dit pour sa défense, et nous comprendrons de quoi il s’agit vraiment, quel est son crime, aux yeux des gensdelettres:
Je n’aime pas les débats/ Je suis un homme de l’ombre/ Je suis un écrivain avant d’être un éditeur/ J’ai voulu décrire la beauté fascinante du mal, le personnage de Breivik ne m’intéresse pas, comme un cinéaste qui dévoile la beauté du geste du serial killer/ Tout écrivain est un être d’exception, et nous sommes environnés par de faux écrivains, des fausses valeurs, de la fausse monnaie/ Je ne suis pas d’extrême-droite, je ne sais pas ce que ça veut dire, je ne suis même pas inscrit sur les listes électorales, je n’existe pas politiquement….
Céline disait que son antisémitisme n’avait jamais dérangé personne, que c’est le voyage… qu’on ne lui avait pas pardonné. C’est terriblement vrai, et Céline est un étranger, dans son pays si peu fait pour la littérature et qui n’aime rien tant que de caler les tables des conférenciers avec les oeuvres authentiques, en l’occurence les transformer en supports de thèses.
Le désinterêt fondamental qu’on lui porte en France s’accompagne d’un culte du grand écrivain,d’un respect démesuré pour les gensdelettres, et tout ça n’est paradoxal qu’en apparence… Les français constituent un peuple bien trop politique pour entretenir avec l’Art un rapport sain (leur permettant par exemple de comprendre qu’on peut faire l’Eloge de la beauté criminelle, de considérer que ça va de soi), ce pays est bien trop idéologisé pour avoir dans ses murs de vrais artistes autrement que par accident, les admirer ailleurs que sur un gigantesque malentendu, et c’est du reste pour ça qu’on a tant de mal à produire des films qui soient autre chose que des conférences illustrées par des diapos, dixit Polanski….
Partant, celui qui fait de la littérature sera ignoré quoi qu’il arrive, on lui dénira la volonté même de donner sa vie à l’Art pour l’Art, et s’il ne crève pas de faim, on le prendra pour autre chose qu’un homme de l’Art… On le sommera de se glisser dans la peau d’une grande conscience penthéonisable, d’être un grand écrivain, ou bien on voudra qu’il soit un rat de maison d’édition, une pièce dans un collectif, le membre d’un grand Corps… Dans ce cas, on lui prêtera un rôle social, on verra en lui un éducateur des masses, pareil au personnel pléthorique qui vivotait dans les théâtres d’Etat, en URSS (à noter d’ailleurs que l’ex URSS partage avec la France ce culte du grand écrivain, tout est en ordre..).
S’il s’obstine comme Millet à se voir en homme seul, qui ne vote pas, n’aime pas le débat, en homme de l’ombre et d’exception, en écrivain plus qu’en rat de maison d’édition, on fermera sa gueule, parce qu’il est incompréhensible de vivre par la littérature en avouant qu’on déteste la chose et ceux qui en font pour de vrai, mais on attendra l’homme au coin de la rue, avec un gourdin…
Le problème de Richard Millet, c’est qu’il est vraiment écrivain, mais qu’il est aussi un homme d’édition, qui traîne au milieu des écrivains papiers, dans leurs murs… J’avance une hypothèse, il ne supporte plus ce terrifiant malentendu, il a voulu crever l’abcès, se rendre au coin de la rue pour les voir avec leurs gourdins… Qu’il s’en aille… Ce n’est plus dans les coins où rodent des Tahar Ben Jelloun, au milieu des écrivains papiers et, des faux-monnayeurs, qu’on fait de la littérature, et ce n’est déjà plus là que se trouve le vrai public.
Sur internet, on est publié pour de vrai, les vrais lecteurs suivent les vrais auteurs, ils les marquent, les accompagnent parfois avec Nietzsche et Cioran de leurs dix-sept à leurs vingt-cinq ans, ils n’ont pas dans leurs statistiques les institutrices en retraite qui prennent conseil dans les pages livres de Valeurs Actuelles, ils sont pour le coup des hommes de l’ombre et d’exception… Si Millet tient tout de même au papier, qu’il fasse comme Houellebecq ou le très honnête confectionneur de paralittérature Marc Lévy, qu’il se casse à l’autre bout du monde et se contente d’échanger trois mails par an avec ces cons…
A mon humble avis, Richard Millet s’est jeté sur un prétexte pour faire un scandale et dire merde, comme un homme forcé de vivre avec une belle-mère débile, un beau-père ivrogne et des beaux enfants totalement à la masse…
Le provincialisme réside dans l’incapacité (ou le refus) d’envisager sa culture dans le grand contexte. Il y a quelques années, un journal parisien fit une enquête auprès de trente personnalités appartenant à une sorte d’establishment intellectuel du moment, journalistes, historiens, sociologues, éditeurs et quelques écrivains. Chacun devait citer, par ordre d’importance, les dix livres les plus remarquables de toute l’histoire de France; de ces trente listes de dix livres fut ensuite tiré un palmarès de cent livres (…) et le résultat donne une image assez juste de ce qu’une élite intellectuelle française considère aujourd’hui comme important dans la littérature de son pays.De cette compétition, Les Misérables de Victor Hugo sont sortis vainqueurs. Un écrivain étranger sera surpris. N’ayant jamais considéré ce livre important pour lui ni pour l’histoire de la littérature, il comprendra que la littérature française qu’il adore n’est pas celle qu’on adore en France. En onzième place, les Mémoires de guerre de De Gaulle. Accorder au livre d’un homme d’Etat, d’un militaire, une telle valeur, cela pourrait difficilement arriver hors de France. Pourtant, ce n’est pas cela qui est déconcertant, mais le fait que les plus grands chefs-d’oeuvre n’arrivent qu’après. Rabelais n’est cité qu’en quatorzième place! (…) Et le XXème siècle? (…) Comme si l’immense influence de la France sur l’art moderne n’avait jamais eu lieu! (…) Plus étonnant encore: l’absence de Beckett et Ionesco. Combien de dramaturges du siècle dernier ont eu leur force? Un? Deux? Pas plus. (…) L’indifférence envers la valeur esthétique repousse fatalement toute la culture dans le provincialisme.
Milan Kundera, Le Rideau, P.55.
En photo, l’écrivaine Annie Ernaux
Étiquetté : MilletChroniques d’une fin de l’histoire
Actu — Article écrit par XP le 29 août 2012 à 5 h 57 min
J’élève mon enfant seul.
C’est moi, moi seul qui ai foutu Valérie à la porte aux 6 ans de Brian. Elle n’a même pas fait semblant de réclamer la garde, de même qu’elle ne savait pas faire cuire un simple steak, et peut être y a t-il un rapport de cause à effet avec son incapacité de faire autre chose que gouzi gouzi à la face somptueuse du fruit de mes entrailles. On finira par importer les mères de nos gosses, bientôt…
Les 30 dernières années de féminisme ne suffisent à expliquer mon instinct de géniteur.
Je me fais un devoir de quitter le taff en secret pour aller le chercher. La pensée de dépenser de la thune pour qu’il serre une autre main que la mienne m’est trop douloureuse, assassine. Bouffante. A vrai dire, je vis dans la douleur depuis que mon sang coule dans ses yeux… Ce n’est pas du bavardage: lorsqu’il se fritte avec un autre gamin, je suis ce dernier, je débarque et tabasse la famille, le chien, je pisse dans le frigo, je leur signifie que leur ombre a froissé la mienne pour des temps indéfinis.
Brian a une intelligence limitée (je ne suis pas sans lucidité sous prétexte qu’il est mon fils). Je ne m’en plains pas. Il n’y a que les parents stupides pour rêver d’un gamin avec intelligence hors normes, alors que celle-ci condamne, isole, toujours les mêmes gamins prennent les glaviots dans la cour, et je m’endors en sachant que le mien se prélasse dans les choses de son âge. Que de déceptions accumulées faut-il, pour rêver d’un enfant exceptionnel.
Je ne lui parle pas d’Heidegger, ni de religion; si il est fait pour ces choses, il s’y amènera seul, avec ses petits pieds et ses longs cheveux que je caresse pendant des heures, jusqu’à sentir ma propre faiblesse au bout de ma main. Jamais je n’aurais pu penser trouver un corps à ce point formidable, sans pour autant le désirer le moins du monde. Il me tarde qu’il devienne grand et invivable. Je ne veux plus m’éprendre d’un corps sans pouvoir m’y soustraire en le baisant, en le renvoyant à ses lourdeurs, ses défauts, sa réalité non négociable. C’est une torture, et je le dis la conscience vierge devant le Seigneur: j’avalerais ses cheveux, si le bon sens me faisait défaut.
Dans le salon je n’hésite pas à mettre un film de boules. Il passe, regarde, mime parfois les scènes avec ses action man. Je veux qu’il ne rougisse pas, lorsque les filles de demain lui réclameront des faciales, insultes salaces en anglais, objets divers dans la chatte avec pénétration anale. Les temps changent. Je veux qu’il en profite. Il faudra qu’il tâtonne ce qui restera d’humain dans un gonzo sans caméra. Y arrivera-t-il ? J’aimerais être à ses côtés, dans ces moments, lui murmurer que rien est grave, vanité pour vanité baiser pour un spectateur imaginaire, ça se défend…
Hier une grande cruche, assistante sociale ou une connerie du genre est venue m’expliquer que les oreilles de Brian étaient rouges de sang, et qu’à défaut d’avoir un chien je devais être un beau salopard. Je lui ai répondu calmement que je les lui tirais souvent, c’est vrai, lorsque il ne se tenait pas droit, manquait de prestance, je lui ai sommé de regarder mon fils et de voir qu’il déambule comme Delon dans ses meilleurs jours…sur les boulevards nous ressemblons à deux généraux sans le moindre officier, et c’est le moins naturel au monde, la plus belle récompense d’une éducation que de renvoyer sa veulerie aux 4 murs de sa chambre.
Elle n’a pas pipé grand chose, la grande cruche, et a louché durant tout l’entretien sur le film du salon…
A ses 15 ans je le foutrais dehors, coup de pieds au cul comme avec sa mère. Il m’aura rongé 15 ans de ma liberté; ce sera à son tour, d’aller conquérir la sienne. Elle ne se lègue pas, cette volonté d’être responsable de soi-même, ni ne se déploie ailleurs que dans une vie de dingue bafouillée par un ivrogne. Je la lui souhaite d’ailleurs longue et pleine de grâce, puis sans pépins de santé. Au pire il pourra aller voir comme on se fait chier avec maman.
La chambre double
Actu — Article écrit par XP le 28 août 2012 à 1 h 02 minA quel démon bienveillant dois-je d’être entouré de mystère, de silence, de paix et de parfum?
Je suis enfin seul et tous les jours, je chante à capella, je m’entraine au jokari, je joue avec mes pieds, je me promène nu en jouant de la trompette… je ne souffre plus de la multitude et si vous voulez mon avis, c’est le mal du siècle, ça, la multitude.
Je ne sors plus de chez moi, je me fais livrer, je vis dans mon salon, car ma chambre est occupée par un vieil ami cancéreux qui ne quitte pas mon lit… J’aimerais qu’il meure et qu’il libère la piaule, et quand il râle à faire croire qu’il ne passera pas la nuit, je danse,…Je vous le jure, je danse et je me gratte les couilles à la fin, de joie.
Des soirs, il gueule tellement fort que je lui fais prendre des médicaments dilués dans l’eau avec un entonnoir, ça lui fait gonfler le bide, et quand j’appuie dessus, ça ressort par l’entonnoir… C’est rigolo, tellement que j’inviterais des gens pour leur montrer, si je connaissais encore des gens… Un soir, il s’est montré à la fenêtre, il a gueulé comme un veau, il a dit que je le séquestrais, puis il est tombé, du sixième étage, sur la tête…. Les flics sont venus chez-moi, pour l’enquête, mais ils ne m’ont pas interrogé… Pour tout vous dire, ils n’ont pas dit bonjour en entrant, pas adieu en partant, et dans l’intervalle je n’ai pas existé.
Je suis encore resté six mois tout seul dans mon F4 de Massy, à dix kilomètres de Paris, puis c’est un chinois, sa femme et leurs six petits, qui sont venus habiter avec moi…. Je suis devenu copain avec la petite dernière, trois ans, elle m’appelle le gentil Monsieur, elle parle de moi aux psychologues, et quand on lui demande de me décrire, elle montre son doudou made in Taïwan… Son père aussi me connaît bien, il me donne congé de la main en rigolant pour mettre fin à nos conversations, et tout le monde croit qu’il chasse les mouches.
Ma petite poupée chinoise de trois ans vient de mourir en plein Paris, écrasée par un camion, dans le 13ème arrondissement, alors qu’elle sortait de son cours de danse classique… C’est ennuyeux, on va beaucoup moins se voir, d’autant plus que rongé par la douleur, son père a demandé un autre HLM et qu’il a jeté le doudou Made un Taïwan à la poubelle. Pour tourner la page, comme il dit avec son accent inimitable.
Ce sont des noirs, désormais, qui habitent avec moi. Ils sont gentils, mais ça s’arrête là. Ils n ‘ont pas d’enfants, pour imiter les bwanas, et d’ailleurs ils donnent 20% de leurs salaires pour se faire blanchir la peau… Les autres noirs du quartier les détestent et comme ils disent, c’est plus ce que c’était, ici, on est tout le temps dévisagé par les nègres, dans la rue, sans compter qu’ils nous parlent mal….
Ils viennent de repartir, les sénégalais, ils ne se plaisaient pas…. Personne ne veut habiter ici, sauf moi, qui ne cherche rien d’autre que vivre seul, entouré de mystère, de silence, de paix et de parfum…
140 signes
Actu — Article écrit par XP le 26 août 2012 à 11 h 21 minIl le haïssait, il rêvait donc qu’il tombe pour se montrer affecté, le plaindre et le relever. Plus apaisé, il aurait juste voulu sa peau.
Frédéric dard, la seconde mort de Céline
Actu — Article écrit par XP le 25 août 2012 à 14 h 02 minOn demandait un jour à John Lennon ce qu’il pensait du rock’roll français, il a répondu la même chose que du vin anglais.
C’est cruel, mais on pourrait faire le même mot à propos de tout ce qui se rapproche à l’Art et qui est Français, ou peu s’en faut… J’en veux pour preuve que les français ont Céline dans leurs registres de naissance et qu’ils se servent de ses livres pour caler la table, en l’occurrence qu’ils ont tranquillement laissé un écrivain de paralittérature se proclamer son héritier, en insultant au passage à longueur de copies Alain Robbe-Grillet et les gens du Nouveau Roman, c’est à dire ceux qui pour le coup, auraient eu une certaine légitimité à parler d’une filiation.
Frédéric Dard, figure emblématique d’un type très particulier de GVD, les passionnés-de-littérature-qui-n’aiment-pas-la littérature, qui se passionnent en proportion de ce qu’ils sont taraudés par la peur de devoir s’avouer qu’ils détestent ça.
Frédéric Dard, un écrivain pour coiffeuses (rien à lui reprocher jusqu’ici, pas plus qu’on pourrait tenir grief à un vendeur de cornets de frites de ne pas faire de l’huître à emporter), mais pour coiffeuses jalouses, méchantes et précieuses, qui se comportait en territoire littéraire comme un Mongol saccageant tout avec ses gros tirages, lui qui disait si j’avais le talent le Robbe-Grillet, je tirerais moi aussi à trois mille exemplaires… La classe! Admirez comme le limonadier enrichi perçait sous le célinien de pissotière…
Mais le plus grave, c’est qu’en territoire célinien aussi, il faisait le Mongol, lui la figure de proue des céliniens qui aiment dans l’œuvre de Céline seulement ce qui n’était pas encore tout à fait Céline, mais, dixit, encore à 80% du Paul Bourget, Le Voyage, Mort à Crédit… tout en foutant à la cave Nord ou Rigodon soit la part la plus célinienne de l’héritage célinien…. Frédéric Dard, l’escroc qui a voulu capter une enseigne majeure de la littérature mondialepour en faire une succursale de la boutique d’un certain Alphonse Allais, contrepéteur franchouillard.
Frédéric Dard, faux modeste, faux rebelle, faux célinien, mais vrai dégoulinant, vrai lèche-cul des puissants et surtout maladivement jaloux de Robbe-Grillet, au point de se mettre chroniquement à écrire comme lui dans l’espoir de se faire croire que c’était dans ses cordes, comme vous allez le voir en lisant la courte étude qui suit.
Résumé:
Résumé:
Le narrateur San-Antonio multiplie les références à l’histoire littéraire, donnant une très surprenante image de la littérature faite de stéréotypes, de bons sentiments, et d’allusions insistantes au nouveau roman. Cet écart par rapport à la pratique du roman populaire est si constant qu’il peut être considéré comme une marque de fabrique. Dans les marges des aventures de son héros-narrateur, Frédéric Dard développe une représentation simplifiée de l’histoire littéraire, avec d’un côté les ennuyeux, les académiciens et tous les grands auteurs, de l’autre Céline, Rabelais et lui-même. Derrière les pitreries stylistiques, on soupçonne vite que l’auteur ne peut s’empêcher de se prendre au sérieux. En construisant ce face-à-face entre le bouffon et l’académisme tourné en dérision, le narrateur cherche à se donner une filiation artistique et à s’inscrire dans le mythe des artistes maudits, c’est-à-dire à quitter l’espace de la paralittérature pour entrer en littérature. S’il s’efforce quelquefois de rivaliser de manipulations narratives avec le nouveau roman, ce n’est pas seulement pour rire, mais aussi pour prouver sa compétence en se confrontant aux avant-gardes. Cependant, sa démarche subversive se révèle convenue et s’abrite derrière des modèles prestigieux : derrière ces radicalisations comiques, se profile la silhouette d’un écrivain souffrant du complexe de la paralittérature, regrettant de n’avoir pu construire une œuvre reconnue, et espérant, sous sa posture de poète maudit, après avoir fait scandale, entrer un jour, comme Céline, dans l’histoire littéraire
A part Fred
Actu — Article écrit par XP le 22 août 2012 à 17 h 06 minJe hais la populace et c’est une affaire d’estamac, pas de convictions, je vous jure…
Moi, si vous me plongez dans l’Histoire de France, d’instinct je me dis que les friqués méritent le purgatoire, quand je ferme le gros Mourre, mais aussi que les pauvres valent l’enfer, qu’ils seront balancés dans cette fosse-là, qu’ils payent juste un accompte, quand ils vont au taf en vélo, dans le froid, vers les six-heure trente du matin.
Frédéric n’était pas vraiment un copain de lycée… En trois ans, on avait joué six ou sept fois au baby-foot dont une seule en partenaire, si ma mémoire est au point… Un samedi matin, toutefois, je suis allé chez lui pour le prendre, et c’est Dolorès sa mère, qui m’a ouvert la porte… Devant moi, elle était sous une robe de chambre en coton, elle mangeait une tartine de beurre, elle avait un bol de café olé dans les mains, elle se tenait bien droite et les jambes écartées…
C’est dingue, quand on y pense, ce que je suis en train de vous peindre… imaginez donc le tableau accroché à votre mur, Dolorès sa mère qui mange une tartine en écartant les jambes comme un homme plutôt que de les serrer comme si elle n’avait pas du sang d’esclave dans les veines, sans s’être essuyé la bouche pour donner l’illusion au visiteur qu’elle ne mange pas, et ne fait ainsi donc pas caca… Tout de même, ce gout de la populace pour les tartines et les bols, pour ces deux choses et surtout ces deux mots, cette propension à écarter les jambes en parlant… En arrière plan, si vous êtes attentif, vous verrez Gilbert, sur la toile, un bourrin dans la force de l’age, le mari de l’espagnole… Qu’est-ce qu’il veut, il demande.. Il est pas là, Frédo… Dis lui qu’il est pas là Frédo!
C’est vieux, tout ça, vingt-sept ans, vous-vous rendez compte… Si je vous en parle, c’est parce que Fredéric est en prison, qu’il vient de tuer Gilbert…
Après vingt ans de mariage et trois enfants, il a divorcé dans des mauvaises conditions, sa femme a jeté ses affaires par la fenêtre du douzième étage, elle a pliée un lampadaire, et Dolorès sa mère a pleuré pour qu’il vienne se refaire chez eux, pour un mois ou deux… Quand il est arrivé avec ses valises bousillées, elle avait sa robe de chambre, sa tartine et son bol plein de café olé, le vieux était toujours à l’arrière, mais il avait perdu vingt-centimètres… Le dos qui avait laché.. Il était invalide, à présent, le chef de famille seul Maître après Dieu dans son F4+C… D’après Gilbert Collard, l’avocat de Frédéric, il avait d’autres points de chute, mais Dolorès sa mère a vraiment chougné comme il fallait au téléphone. pour qu’il revienne, c’est prouvé, il a donné les enregistrements à la cour…
Que s’est-il passé? Frédéric est revenu chez ses parents le 4 Avril vers 9H, et c’est autour des 15 H, que Dolorès sa mère a sorti sa dague… Elle a reproché à son fils de 45 ans de laisser des traces graissseuses sur ses meubles, avec ses doigts, et pour lui montrer comment il faut faire, pour ne pas salir chez elle, elle a ouvert le robinet, elle s’est lavé les mains devant lui en le sommant de regarder la leçon de chose, et tout ça pendant qu’il se demandait s’il avait moralement le droit de tuer sa femme et si ça se plaide devant le tout puissant, un truc pareil… Ce que c’est que l’intelligence des esclaves, tout de même… Vous en connaissez, des bac+7 capables de pousser au crime avec une telle précision, vous?
C’est le 7 avril à midi, qu’elle a trouvé la gorge de son fils, Dolorès sa mère… Elle est arrivée dans la cuisine avec un double des clefs de l’appartement qu’elle venait de faire, elle l’a posé sur la table, puis elle a donné le coup de grâce en balançant au visage de son fils c’est 4 Euros, c’est pas pressé, mais enfin tu y penses… Sur ce, comme prévu, le fils a sorti les pièces de sa poche et les a jeté, Dolorès sa mère a crié comme si le fils voulait l’égorger, ça s’est calmé une très longue minute, elle a recommencé à beugler pour relancer la machine, et Gilbert est arrivé enfin, pour gifler son fils, lui dire de laisser sa mère tranquille et partir tout de suite avec ses bagages.
A partir de là, les versions divergent… Collard parle d’une seule claque balancée au vieux, pour le calmer, tandis que Maître Dupont Moretti, l’avocat de Dolorès sa mère, évoque sept coups de poing dans la gueule du vieux… Toujours est-il qu’il est parti s’allonger en jurant qu’il allait le tuer, ce merdeux, voire porter plainte pour coups et blessures, Dolorès sa mère a passé du mercure au chrome sur le nez de son mari, puis le lendemain à 8H30, il a crevé de son hémoragie cérebrale.
Dolorès sa mère a donné dix interviews aux télévisions, au moins… toutes derrières la table de sa cuisine, entourée de ses deux filles, dont l’une qui vivait encore chez les vieux, qui n’avait pas digéré que le retour de Frédéric l’oblige à dormir sur le fauteuil, au salon… même qu’elle le montrait aux caméramen, le fauteuil, pour bien que le téléspectateur comprenne le pourqoi des choses…
Dolorès sa mère expliquait à la France en large et en long que Gilbert était calin avec son fils depuis sa plus tendre enfance, et le plus terrifiant, c’est qu’elle y croyait…En vrai, Gilbert avait bien entendu tapé son petit depuis son plus jeune age, parce que ça cogne plus fort que sous Pinochet, derrière les rideaux de la populace… S’il en était autrement ma tante aurait des couilles et Dieu n’aurait pas toléré que la dite-populace soit tenue en esclavage dix mille ans, et c’est pas fini.
Frédo en avait une peur panique, et c’est pour ça qu’il a frappé le vieux…seulement, voyez-vous, les deux marques de fabrique des petites gens, c’est la violence, on vient de le voir, mais aussi le sentiment de supériorité, la certitude d’avoir toujours raison… Une fois, une seule, Dolorès sa mère a vu son mari caliner son enfant, elle en a détuit qu’il avait une enfance caline, et rien, même devant une tombe, ne peut forcer les petites gens à reconnaitre qu’ils se sont trompés, qu’ils n’ont jamais rien vu, rien regardé, qu’ils ont fait du mal.
Nous sommes deux siècles après Tocqueville et les petites gens sont partout, ils ont les commandes…. une véritable mafia, les gens de peu… le procureur de la République a demandé à Frédéric d’accepter le pardon de Dolorès sa mère, en souvenir de son père Gilbert qui l’avait tant caliné dans son enfance, ni ses avocats ni lui n’ont pû faire une entaille dans ce mur constuit par le Diable, et les jurés lui ont filé huit ans de réclusion criminelle….
J’ai écrit à Frédéric pour lui dire que je pensais bien à lui, il a répondu ça, exactement: vous êtes qui vous? On jouait au baby, tu dis? Je m’en souviens plus…
Jean-Claude et Djamila
Actu — Article écrit par XP le 13 août 2012 à 21 h 40 minIlys est un blog d’élite, pas une bouche de métro façon Causeur, et ses lecteurs ont du talent, par la force des choses….
Tom, un lecteur d’Ilys, vient de nous envoyer quelque chose qu’il a fait, et c’est excellent… Par la force des choses.
Le hussard sur le toit
Actu — Article écrit par XP le 6 août 2012 à 0 h 57 min
Sylvie Giono, la fille, raconte à peu près ça, dans ses mémoires:
Dans le Hussard sur le toit, mon père faisait mourir sa ville dans des souffrances atroces, et ça l’apaisait… Les gens de Manosque, ceux qui l’avaient traité de collaborateur et se trouvaient à trois kilomètres du domaine, en bas, il les faisait crever par paquets de trois ou quatre cent, à chaque séance de travail… le soir, quand il descendait souper, il nous disait en rigolant qu’ils avaient fait sur eux avant de rendre l’âme, et que du reste ils puaient du cul bien avant, à force de se chier dessus, parce que c’est d’abord ça, le choléra … Grâce à tous ces meurtres, j’ai eu la chance d’être éduquée par le meilleur des pères, le plus détendu, le plus apaisé, le plus rigolard et le moins revanchard, monsieur de Télérama… C’est bien ça, je ne fais pas d’impairs, c’est bien Télérama qui vous envoie, connard?…
Ce que c’est que l’Art, tout de même… Sommes toutes, ça consiste à tuer des gens, mais à négocier la modalité de la mise à mort, car je vous jure que tous ces gens ont bien été massacrés par Giono, dans le Hussard, qu’il vous faut arrêter de lire si vous ne croyez pas à ce type d’évidences cardinales, un peu comme vous devez en urgence arrêter la messe si vous pensez que la communion des Saints, c’est de la blague… Moi, quand j’assassine un personnage, je tue pour de vrai, je fais en sorte qu’il le sache, qu’il est mort quelque part dans un coin de l’espace-temps, ce gugusse, que c’est moi le procureur, et je m’arrange pour le croiser, pour constater le décès dans son œil.
Serge, c’était mon frère, il est mort dans les semaines qui ont suivi le 11 septembre 2001, sur l’autoroute, en scooter, près de Lyon… Comment vous expliquer ce qu’elle m’a fait pour de vrai, cette mort?
José Jovianni dit une chose indépassable, dans un documentaire… En substance, il explique que si l’on filme Jean Gabin ou Lino Ventura en plongée, de dos, en imperméable avec un feutre, rue Saint-Denis, en train d’aller d’une pute à une autre, le spectateur ne pensera pas la même chose selon qu’il s’agit du premier ou du second…
Si je filme Gabin, disait-il, le spectateur pensera qu’il relève les compteurs… Si je filme Ventura, il croira qu’il évangélise les filles… Si tu veux comprendre pourquoi c’est comme ça, mon pote, je t’avertis que tous les livres écrits par les psy orange et citron ainsi que tous les ouvrages d’Art consultables en bibliothèques ne te seront d’aucun secours… Mon pote.
Tout ceci est totalement indémontrable, en effet… Imaginez un tableau accroché à votre mur, au salon, un type de dos en imper, une pute de face, et selon la façon dont est dessiné le dos, celui qui fixe la dame est un criminel ou un bénévole catholique… C’est fascinant, on entre en métaphysique, n’est-ce pas…
Serge, Il était gentil, les traits de son visage étaient correctement tirés, mais enfin, si Giovanni avait filmé en plongée le garçon, le spectateur ce serait demandé pourquoi il existe, lui, parce qu’il y en a plein déjà, des comme ça…. Pourquoi il existe, pourquoi Dieu a-t’il prit le temps de faire un truc pareil?… C’est une question fondamentale que se posent des cow-boys texans, dans un western dont le nom m’échappe, alors qu’un entrepreneur en spectacle leur montre un chameau, animal dont ils ignoraient l’existence… John, il faudra demander au pasteur pourquoi le Tout-Puissant a fait un truc aussi moche// Tu as raison Andy, regarde comme elle est affreuse cette bête, vlas t’y pas qu’elle me crache au visage, à présent// Tu veux que je la tue d’une balle dans la tête, John?//Vas-y Andy tire, je la tiens au garrot…//
Pour vous dire la vérité, j’avais souhaité qu’il crève, de tout mon cœur, et je l’avais même chopé entre quatre yeux pour lui parler du proverbe chinois, celui où l’on voit passer les cadavres de ses ennemis en s’asseyant au bort d’un fleuve…. Il s’était forcé à rire, bien entendu, pour me signifier que j’étais un poète et qu’il me ferait chier jusqu’à ses 95 ans, lui qui en avait 24…. Tous les connards se forcent à rire, vous remarquerez, pour simuler le mépris, c’est l’une de leurs bottes les plus prévisible …
Pour se distraire, Serge s’amusait à enfoncer son doigt dans le cul des chats… Je lui avais expliqué qu’en vertu d’une jurisprudence invisible que je suis bien incapable d’expliquer, ça mérite la mort, ce genre de chose, si on la fait dix fois de rang sans savoir qu’on fait le mal, je lui disais qu’il passerait pas les trente ans, et donc, un petit matin, la gendarmerie m’a fort logiquement téléphoné pour me dire qu’il n’en restait rien, de Serge…
Vous voyez ce que c’est, une balle de tennis? C’est à ça qu’était réduite sa petite tête à gifles, après que le camion lui soit passé dessus…. Vous imaginez ce que ça fait, trente tonnes qui écrasent un visage? Un visage écrasé par trente tonnes? Moi je ne vois pas, j’ai vu, les gens de la morgue ont soulevé le drap pour me montrer, et je m’y attendais assez pour comprendre ce qui venait de se passer vraiment.
Bientôt, comme chaque année, ils vont donner une messe pour le cher disparu, les gens de sa famille… Normal, ils enfoncent tous des doigts dans le cul des Chats, pour se distraire.
Ils le font sans témoin, je fiche mon billet qu’ils jureraient de bonne foi qu’ils ne font pas ça, eux, mais Dieu les voit, et moi aussi.
Elle viole les droits de l’homme !
Actu — Article écrit par Bruno Petit-Roger le 26 juillet 2012 à 12 h 35 minUn article de Bruno Petit-Roger pour ILYS.
Paraskevi Papachristou, une athlète grecque en triple-dérapage, qualifiée pour les jeux olympiques de Londres, a été exclue de la compétition.
Son crime ?
Sur Twitter, elle a écrit,
Il y a tellement d’Africains en Grèce que les moustiques du Nil occidental mangeront au moins de la nourriture de chez eux».
Ce tweet est un tweet criminel.
Un tweet raciste.
En plus d’être inexact.
Premièrement, il n’y pas tant d’africains que ça en Grèce. Bien moins que dans d’autres pays européen en tout cas. Il n’y a d’ailleurs rien d’étonnant à cela. Qui voudrait se rendre en Grèce aujourd’hui autrement que pour de courtes vacances ?
Or, quand on a déjà toutes les richesse de l’Egypte au fil du Nil, pourquoi traverser la méditerranée pour des vacances en Grèce ?
Aucune raison.
Même pour lézarder sur la plage d’ailleurs. En Egypte il y a déjà tout ce qu’il faut en matière de sable blanc à Hurghada.
Deuxièmement, relativement aux moustiques, n’y en-aurait-il donc pas en Grèce ?
Permettez-moi d’en douter.
Il y a très exactement le même nombre de moustiques en Grèce qu’en Afrique.
Les moustiques, eux, ne se voient pas enfermés dans des centres de rétention. Ils se moquent de la couleur de la peau. Et, pour eux, n’importe quel sang vaut un autre. Le moustique est aujourd’hui le seul véritable citoyen du monde multiculturel accompli. Voilà, sans doute, pourquoi les nationalistes s’attaquent à lui.
Troisièmement, le virus du Nil occidental doit par conséquent être un virus qui, comme son nom l’indique, est occidental. Le jour où l’Europe acceptera enfin en son sein la Turquie ou le Maroc, nous pourrons reparler de ce qu’est l’occident (en dehors d’un défunt groupuscule nazi), mais en attendant…
Un tweet raciste et inexact donc.
De toute manière les racistes ne racontent que des mensonges.
C’est congénital.
Cette menteuse raciste s’est bien entendu immédiatement excusée et a tenté de faire croire que son acte raciste n’était qu’une petite plaisanterie.
Je suis vraiment désolée et honteuse après toutes les réactions négatives que j’ai déclenchées, dans la mesure où je n’ai jamais voulu offenser personne ni violer les droits de l’homme.
Oh, nul doute qu’au temps des jeux olympiques de Berlin de 1936, son petit tweet nauséabond aurait connu un grand succès et personne n’y aurait vu d’offense ou de viol.
Mais les valeurs de l’olympisme du XXIème siècle ne sont pas celles du nazisme.
François Hollande, dans son admirable discours au Vel’ d’Hiv’, l’a bien expliqué, tous les racismes doivent être combattus. Tous.
Le racisme n’est jamais anodin.
Comme le disait Brecht, « le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde ».
Ventre qui peut être plat comme celui de cette athlète, mais qui ne gargouille pas moins pour autant de cette puanteur qu’est le racisme le plus infect.
Son exclusion des jeux fait l’honneur du CIO.
Mais, tel un cœlioscope, allons plus loin. Car, au-delà de cette mesure sportive, la morale exige que Paraskevi Papachristou soit inculpée en Angleterre par la justice civile avant qu’elle ne puisse s’enfuir.
Souvenez-vous d’Augusto Pinochet au, là encore, siècle dernier.
Plus jamais ça.
Bruno Petit-Roger
Jérôme Leroy, débile mental et crasseux
Actu — Article écrit par XP le 25 juillet 2012 à 17 h 16 minEn ce moment, je ne peux rien écrire…
J’ai arrêté de fumer le 20 juin, ça se passe bien, mais seulement, ça me donne encore envie d’en allumer une, l’écriture, t’as vu… Pour être plus précis, l’exercice me rend tout fou, je suis tenté d’envoyer ma tête contre le mur, quand je travaille un texte, et c’est grâce aux Marlboro longues, que je n’ai jamais fait de trous dans les cloisons, chez moi, t’as vu….
Important, ça, les Malboro longues, et rouges… Deux ou trois fois, j’ai demandé à des amis de me prendre des clopes avant de me rejoindre, ils se sont pointés avec des brunes ou des courtes, et ces cons ne me reverront jamais de leur vie… Je fumais des longues et des rouges, bordel de merde, depuis mes dix-sept ans, alors quel mépris de se pointer avec des courtes et des brunes!… Je déteste ça, le mépris, les méprisants iront griller en enfer, Dieu les voit, partout…. Je suis un peu caractériel, comme gars, t’as vu…
A ce propos, je suis sûr qu’aucun écrivain véritable n’a jamais écrit assis… Ecrire, c’est un truc qu’on fait couché, ou debout. La position batarde, l’assise, je ne crois pas qu’un auteur l’ait jamais adoptée, dans toute l’histoire des lettres.
Comme je n’ai pas de textes à vous donner ces temps-ci, donc, je vous propose à la place ceux du petit Fante… Je ne vous dirais pas à quel point ça m’a fait plaisir, de découvrir l’existence du petit Fante, ce serait impudique, mais je vais tout de même vous lâcher ça : je suis perclus de défauts, j’ai parfois l ‘impression de les avoir tous, mais quand-même, celui que je vomis chez les autres et dont le ciel m’a gardé, c’est la jalousie…. Tous les autres ont leur face claire, mais la jalousie, c’est noir côté pile et noir côté face, c’est le vice cardinal de la plus vicieuse des franges de l’humanité…. Je suis sûr que le Très Haut vous pardonnera la colère, la haine et l’envie, si une fois une seule, en regardant votre ennemi triompher par le talent, vous avez secrètement levé votre chapeau en vous disant bravo l’artiste, en vous sentant apaisé par ses dons…. Pour le dire autrement, c’est pas bien du tout, de souhaiter secrètement la mort des gens parce qu’ils ont les mains moites, mais ça doit pouvoir s’arranger à confesse…En revanche, leur en vouloir de ce que Dieu leur a donné, alors là, mes enfants, je n’ose pas vous dire la hauteur des flammes qui vous lécheront bientôt le cul, pendant l’éternité… .
J’ignore la date de naissance de ma mère. Ce n’est pas faute d’essayer de la savoir; je fouille dans ses papiers régulièrement, à peine ai-je trouvé sa carte d’identité que je tremble et la remets dans son sac (…)
Dans l’avion, déjà, j’ai commencé à me plaindre….Et pourquoi les gens font du bruit même la bouche fermée ? Et pourquoi ils déclenchent une intifada d’argumentations pour ranger des sacs ? Et pourquoi partir dans un pays, sous prétexte qu’on a une maison là bas ? Punchline avec un air d’incompris, le vieux à côté a commencé à loucher sur le petit monstre(…)
Quel rapport avec Jérôme Leroy, le cochon de Douai, au fait?… Je m’en souviens plus.
Ca me revient…. A chaque lecture du petit Fante, je pense une seconde au cochon de Douai, sur la fin, parce que je le jure, le contraste est magnifique…
Le cochon de Douai, il n’a pas encore écrit un vrai texte tandis que le temps presse et qu’il pue déjà le cancer du vin, il prend une douche toutes les trois semaines ( même Mélenchon trouve l’odeur insupportable, et pendant les réunions, il a plusieurs fois suggéré à Jérôme Leroy que le savon n’est pas réservé aux bourgeois.. Marie-Josyane Buffet croyait qu’il y avait un rat mort quelque part dans la pièce, elle a demandé à son agent de sécurité de chercher…), mais il se proclame écrivain français quand le petit Fante parle très pudiquement de ses textes…
Pour compléter le tableau, le cochon de Douai nous écrit à trois heures du matin pour nous menacer de mort et souhaiter que nos mères se fassent prendre par les militants arabes de son parti (c’est écrit sur les mains courantes de la police, le Le cochon de Douai le sait…), tandis que le petit Fante est un jeune homme qui s’adresse aux gens avec politesse…
Vous comprenez? … la présence de Jérôme Leroy sur terre, c’est un torrent de merde et de vulgarité qui déferle, ça finit quoi qu’on fasse par attaquer le moral, le spectacle de ce caca qui roule vers la mer, et le cochon de Douai le sait bien, qu’il peut avoir les gens à l’usure, au dégoût, à l’odeur….
L’antidote à cette merde, c’est la fraîcheur, le talent, et la timidité…. Ca peut vous paraître abstrait, mais c’est ce qu’il y a de plus concret… Quand je vois la gueule du cochon de Douai, je pense au petit Fante, ça m’apaise, et je me dis que l’autre finira par crever de son cancer du vin sans déranger personne, sous un meuble… C’est ça, je suis sûr qu’on va le retrouver sous un meuble, recroquevillé… Ou alors dans une chaufferie… Bien , l’idée de la chaufferie, ça colle…..Je n’aime pas les grands discours des droitards sur les intellectuels de gauche qui empoisonnent l’humanité, lesquels me donnent envie de répondre contente-toi de pousser l’un de ses salopards au suicide, d’en choper un, de le harceler, et de le fumer discrètement, dans les chiottes. Après, si tu veux, tu reviendras nous parler de métapolitique.
Se garder de la puanteur et de Satan en tournant les yeux vers le ciel, somme toute…. C’est terriblement con, mais nous n’y pensons jamais…Satan, le sait, d’ailleurs, que nous n’y pensons jamais…
La comparaison petit Fante/Jétôme Leroy est fascinante, donc… On sait maintenant pourquoi le Seigneur tout puissant a donné une figure presque humaine à cette chose qui balance des menaces de mort de chez sa mère à Douai, en pleine nuit : pour que l’on puisse tordre le cou à la légende selon laquelle la saloperie irait de paire avec le talent, tandis que la grâce et la timidité serait la marque des demi-sel…
Si ça veut sourire, il y aura un avant, et un après, Jérôme Leroy,… On parlera d’avant et d’après l’arrivée de cette figure dégoûtante dans la galerie des personnages de fiction, pour bien signifier que le salopard talentueux est une pure construction de l’esprit…. Parce que c’est un personnage de fiction, l’écrivain français rigoureusement privé de talent qui lance des menaces de mort sur internet, de Douai, chez sa mère, en slip, à trois heures du matin, avec un cubis de très mauvais rouge à portée de la main….
J’aurais aimé l’inventer, moi, ce machin.

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