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La Tunisie veut la démocratie, faites-moi confiance…

Actu — Article écrit par le 16 janvier 2011 à 19 h 12 min

Ce que j’apprécie, chez nos amis les Gauche, c’est qu’ils ne  déçoivent jamais. … Crétins le bon Dieu les a voulus, crétins ils sont chaque jour, chaque heure et chaque seconde.

Le personnage de fiction qui incarne le mieux le Gauche, c’est celui créé par Michel Galabru dans le film Le Viager… Il y est question d’un type qui décide un jour de s’appuyer sur le postulat foireux selon lequel il va hériter sous peu, puisque l’homme à qui il a acheté sa maison en viager est malade… Les faits le démentent toutes les années un peu plus, mais comme notre héros est l’incarnation parfaite du crétin de gauche, je le rappelle, il ne croit jamais à ce qu’il a sous ses yeux…  Un jour, les faits lui ont tellement donné tort, à notre crétin métaphoriquement de gauche, qu’en vertu d’un processus qui s’appelle le fanatisme il cesse de croire que l’avenir va lui donner raison pour se persuader que c’est le présent, qui lui rend justice, que sa proie n’a pas une santé déclinante en dépit d’apparences trompeuses mais qu’elle est à moitié morte.

Notre crétin de Gauche nous a servi ses deux dernières années son numéro de Galabru, à l’occasion de la crise financière censée démontrer que si le triomphe du capitalisme et la faillite du socialisme semblaient accréditer depuis cent cinquante ans l’idée que Marx était un âne,  cette fois c’était la bonne, celle où les méchants libéraux verraient bien que Marx avait raison, qu’ils avaient eu tort de se moquer des Gauche et de hurler de rire en regardant les systèmes socialistes s’effondrer.

Le Galabru croit aussi que les foules n’aspirent qu’à la liberté, qu’elles sont bonnes, que ses mouvements ont forcément une origine sociale, et accessoirement, il pense que la démocratie est une chose possible chez les peuples ethniquement musulmans…. Encore une fois, tout l’histoire a démontré ces billevesées avec une régularité métronomique, mais il s’en fout, notre Galabru de Gauche, et quand il voit les foules musulmanes descendre dans la rue en Tunisie, il rêve qu’il va être vengé d’avoir toujours été placé par les faits du côté des abrutis et que la foule mahométane  demande vraiment l’instauration  d’une république institutionnelle et sociale, façon CNR, avec de vrais morceaux de Joseph Duclos à l’intérieur, du Al-Duclos si vous voulez… Que va faire notre Galabru quand un Mollah aura instauré le Califat de Tunisie ou qu’un type encore plus violent que son prédécesseur lui aura barré la route? Il continuera à dire faites-moi confiance!

L’histoire rigole plus que jamais au nez de notre Galabru, puisque la foule tunisienne vient de renverser le pouvoir en place et qu’il n’a pas fallu attendre trois jours pour voir des émules de Ben Laden prendre le crachoir et les demandeurs de tributs profiter de leur liberté pour mettre le pays à feu et à sang.


François Mitterrand

Actu — Article écrit par le 11 janvier 2011 à 19 h 24 min

Mitterrand, c’est un Président de la République Française (1981-1995) né à Jarnac, petite ville de province jumelée à une bourgade slovaque qui s’appelle Jtelmet…. Ça ne s’invente pas, ce genre de chose. 

Comme tous les gens viscéralement de droite mais superficiels et paresseux comme si leurs médailles les faisaient pencher vers la gauche, je l’aimais bien, ce socialiste, avant… A l’instar de toutes ces têtes de linotte, je me disais qu’un homme qui lit Chardonne ou Drieu la Rochelle, qui avait flirté avec la Cagoule en 1939 et parlait un Français moisi  qui date de Pétain ou des Hussards de la République, ce devait être un ami…. C’est entre nous soit dit le signe le plus flagrant de la décadence française, ce vice consistant à parler bien le français comme on faisait la chose y a soixante ans, comme un nègre renvoyé à sa brousse par les caprices de l’histoire mais qui a des relents ridicules de cet imparfait du subjonctif enseigné par des Pères Blancs jadis, au temps des français et de sa jeunesse…. Jean d’Ormesson et Jean Dutourd,  ce sont des nègres, dans leur tête, ils s’accrochent au prestige de l’académie comme des haïtiens…. Ils ne sont dans le fond pas plus évolués qu’Aimé Césaire, le primitif qui pensait du participe passé ou des vers de mirliton bien verbeux que ce sont des canons utilisés par les blancs qu’il faut leur voler pour leur tirer sur la gueule.

Heureusement, plus tard, j’ai mûri, j’ai appris à ciseler mes jugements, et rétrospectivement à le détester physiquement, ce Mitterrand…. J’affirme que chez lui, il faut haïr en premier non pas les déficits qu’il a creusés ou sa gestion objectivement calamiteuse de la France, mais tout ce que les imbéciles de droite et de gauche s’entendent à regretter…. Ce que nous devons nous exercer à conchier, c’est son amour des vieux livres, des arbres, de la terre et des vieilles éditions qui ne mentent pas, sa manière ridicule au possible de se promener dans Paris avec son écharpe rouge et son chapeau, son rapport au temps et sa façon détestable de ne jamais interrompre sa conversation avec les ancêtres quand il parlait aux vivants, en mal-élevé qu’il était…  Quand on se plonge dans les Lettres à Lucilius de Sénèque, on peut lui trouver de la grandeur, à celui qui prend  tout son temps au milieu de l’apocalypse, mais quand on l’approche, on se rend compte que sa lenteur et sa sérénité ne sont que la face retournée d’une insensibilité maladive… On ressent ces choses-là physiquement, quand on fait la queue dans un magasin, que ceux qui attendent derrière s’électrisent et que le stoïcien du devant prend tout son temps… On sent, dans ces cas là, qu’il se fout du monde et qu’il doit manquer de cœur dans des proportions gigantesques… Pour imaginer à quel point Mitterrand se foutait de la France et pour bien me comprendre, imaginez cet élu du suffrage universel à la tête d’une queue, devant une caisse, en train de faire les grimaces qu’il servait aux caméras… De la lenteur et de l’absence de sensibilité, voici un thème de philosophie que je suggère aux futurs thésards, c’est cadeau.

François Mitterrand, c’est à tout jamais dans l’histoire le dernier homme qui aura incarné et symbolisé la France éternelle, et je crois qu’il n’y a rien de pire que les symboles et l’incarnation…. Pour se consoler de la disparition de ce que l’on est censé chérir en échange de symboles et de postures, il faut n’avoir jamais rien  chéri vraiment, être faux jusqu’au fond de ses tripes, insensible, et ce Président de la République sonnait magistralement faux. … Pour que soixante millions de français acquiescent en silence à leur grand remplacement par les gens de l’Afrique et à l’empilement de leurs dettes sur les têtes de leurs enfants, il leur fallait un monarque d’une insensibilité presque surnaturelle qui lui transmette sa tare et qui les encourage à la cultiver…. Mitterrand était un Pétainiste, il avait tout appris en voyant le Maréchal suggérer à son peuple d’oublier les kommandanturs en retournant à la terre, en les gavant du symbole qu’il était, et c’est pour ça qu’il allait à Solutré, faisait les bouquinistes et portait des pantalons de velours quand il se promenait avec son chien dans les landes.  

Je l’accable sans doute trop, ce Mitterrand, dans le fond, et j’ai peut-être tort de lui attribuer tout seul le vice des symboles et de l’insensibilité…  Après tout, nous sommes en démocratie, le peuple est souverain, et c’est donc lui, l’éventuel tortionnaire, l’incapable ou le vicieux qu’il faudrait aller chercher dans son bunker après la catastrophe… Mitterrand, ce n’est que le lampiste des années Mitterrand, un avocaillon de  Charente-Maritime plus malin que les autres qui a su obtenir un poste de fondé de pouvoir auprès de sa majesté…. La démocratie, c’est du théâtre, puisque la pièce est n’y est crédible que si l’acteur est convaincant, certes, mais aussi car le public qui paye a décidé d’y croire en sachant que ce n’est pas vrai, que le héros poignardé à la fin va vous arracher des larmes et vous signer un autographe à la sortie… C’est une espèce d’association de malfaiteurs, la démocratie, et on aurait tort de croire que la populace est le complice de la bande le moins rusé et le plus maladroit… Quel prix le peuple Allemand de 1945 a-t-il réellement payé? une ou deux villes rasées, une honte collective passagère, un bref retour à la misère très vite compensé par le plan Marshall, une prospérité inédite dans son histoire et un certificat d’irresponsabilité à présenter devant tout les tribunaux de l’histoire…. La  dette morale, ils l’ont laissée aux enfants qu’ils ont faits bien après… Ne croyez-vous pas que même l’électeur le plus con de la terre n’apas  tout ça enfoui dans un coin de sa tête, quand il va aux urnes?
 
C’est pour toutes ces raisons que Sarkozy ne sera jamais populaire, que  sa majorité elle-même n’est jamais descendue à la Bastille pour le fêter… C’est parce qu’implicitement, il dénonce par sa seule présence les termes de l’association de malfaiteurs, parce que c’est peut-être un mauvais chef d’État, je n’en sais rien et ce n’est pas mon propos, mais qu’il s’agit d’un homme d’État ou pour le moins de quelqu’un dont les velléités vont dans ce sens, et qu’à l’inverse de ce que croient les idiots, il n’y a rien de plus fade, de moins grandiose et de moins propice au rêve qu’un chef d’État et l’exercice réel de sa fonction, tout au moins quand on n’a pas laissé deux siècles entre lui et l’observateur… Louis XIV mangeait avec ses doigts alors que la fourchette existait depuis les Médicis, Napoléon prenait ses repas en vingt minutes à une époque où le rituel de la table était à son apogée, il tripotait la joue du pape, mettait des mains au cul plus aisément que Berlusconi, et les deux charcutaient la belle langue comme on le fait quand le langage est un instrument de travail dont on se sert dans les brainstorming et les réunions où il est censé sortir quelque chose… C’est un réactionnaire et un contempteur viscéral de la Révolution Française qui vous dit ça, car je n’ignore pas qu’on s’est mis à exiger des hommes d’état qu’ils soient des lettrés quand on a décidé d’élire en toute connaissance de cause des sacs d’air, des pantins républicains qui déclament en latin au lieu d’avaler des dossiers chiants comme la mort.

Édouard Herriot, il se posait déjà là, comme baudruche démocratique qui a fait ses humanités… Mais François Mitterrand, avec ses lèvres constamment humides d’épicurien et sa lenteur de monarque de théâtre, c’est toute la lie républicaine ramassée à la perfection dans un seul corps.

Ce qui a de bien avec Mitterrand, c’est que nous avons des images de lui, et qu’il n’y a rien de mieux que les croquis. Le dernier premier ministre qu’il a choisi, Pierre Bérégovoy, s’est tiré une balle dans la tête un mois après son départ, et il existe un film où l’on voit le monarque républicain à la fin du dernier conseil des ministres de son chef de gouvernement se tenir debout et serrer les mains des ministres qui défilent devant lui….Sur la fin, on y voit Bérégovoy arriver tout sourire devant son Maître, chercher son regard, et l’autre contempler le plafond et lui attraper la pogne comme s’il remettait une chaise à sa place… Il paraît que trois jours avant sa mort, Bérégovoy se demandait sincèrement pourquoi la secrétaire de Mitteland ne lui avait pas transmis sa demande de le rappeler…. Si vous avez ce sublime flash cinématographique  dans la tête quand vous  voyez Mitterrand sur les archives de l’Ina entrer chez des libraires déguisé en homme de lettre, vous comprendrez combien tout cela relevait du faux et de l’usage de faux et combien ce fut un chef d’État détestable, un monarque imbécile taillé pour un peuple d’imbéciles.


Un monde de gogols

Actu — Article écrit par le 10 janvier 2011 à 18 h 57 min

Gogol, insulte à la mode dans ma jeunesse dans les cours de récré; désignait un simple d’esprit qui répétait et appliquait tous les mots d’ordre qu’il entendait. Ce n’était même pas une insulte, au fond. Un constat. Ou un conseil : on traitait de gogol celui qui faisait doctement ce qu’on-les autorités diverses et variées- lui disait, et qui par là devenait un pénible stakhanoviste, et, assez souvent un petit flic. Le gogol est une sorte d’éponge. Oui, comme Bob l’éponge(1). Il faut dire qu’en ce moment, ils sont nombreux, les gogols. Plus que jamais désinhibés. Donc déchainés. Et plébiscités, évidemment. Les médias leur donnent une grande place. Il faut même avouer qu’ils sont le carburant des médias autant que les médias, plus précisément, la bonne conscience sécrétée en jet continu par les médias, sont leur carburant. Tout cela créer une espèce de monde parallèle qui englobe désormais notre quotidien.

Et les gogols de créer les gogols par effet de gogolisation, effet entretenu on l’aura compris par les médias, cette courroie de transmission qui n’a d’autre fondement que celui-ci. Tout cela créer des phénomènes amusants, du type lemminguisation des gogols, et analyse filtrante des médias pour éviter que l’on ne s’intéresse une seconde à leur rôle.

Cette semaine nous avons eu droit à l’épisode « Bob l’éponge joue à l’otage d’islamistes ». Bob l’éponge est jeune, il aime la vie. Il vient du Nord Pas de Calais, cette région dévastée par le mauvais cinéma. Il travaille pour une ONG allemande, depuis quatre mois, en territoire hostile. Mais Bob s’en fout, de l’hostilité, parce qu’il travaille pour une ONG, il apporte le Bien aux ch’tis noirs, ces ch’tis du Sud. Bob est pétri de bons sentiments. Il est immortel. Ses ravisseurs potentiels, il pense qu’ils n’existent pas vraiment, qu’ils sont largement créés au sens propre et figuré par l’Occident, le méchant Occident, celui que les journalistes, ces über-gogols, lui préconisent de détester. Au pire, Bob pense qu’il pourra négocier avec ses ravisseurs, Bob n’étant pas un ingénieur de chez Areva, cette filiale exploiteuse. Et puis, ultima ratio, l’Etat français finira par payer, et puis ça lui fera des souvenirs. Bob comprend ses ravisseurs islamistes, il veut même les aider.

Bob était « amoureux de l’Afrique », comme le dira la Ministre Nathalie Kosciusko-Morizet sur un plateau de télévision, maquillée, concernée, qu’ « il allait même épouser une africaine ». Immortel, vous dis-je.

Bob a un ami, appelons-le Bob, du même quartier de son village du Nord, qui le rejoint pour célébrer les noces au Niger (j’ignore selon quel rite, je ne veux même pas le savoir, j’essaye de me préserver des espaces de repos), malgré la réticence de ses propres parents vis à vis de ce voyage, nous apprendront les médias, sans nous expliquer pourquoi les parents auraient tenu des propos aussi incohérents.

La suite tout le monde la connait. Bob et Bob seront salement (« froidement » selon le ministre Alain Juppé, il faut noter cet adjectif, la précision de ce terme qui a été longuement soupesé) exécutés par leurs ravisseurs lors d’un assaut mené par l’armé nigérienne appuyée par des troupes françaises.

On entendra la mère de Bob parler d’une manière surréaliste sur RMC (pléonasme, je sais bien), des détails de l’avancement logistique du rapatriement des corps de Bob et Bob, qui allaient arriver mais pour l’instant ils sont à Bamboulilé, c’est limite si elle ne nous dit pas qu’elle a mis les galettes à réchauffer, comme si de rien n’était, ou plutôt comme si ce parcours de cercueils organisé par le ministère de la Défense la faisait participer de manière active au délire encore chaud de Bob&Bob.
Ne doutons pas que l’arrivée des cercueils sera elle aussi retransmise par les télévisions et détaillées par les radios, en direct. Peut-être que cette mère aussi n’a pas encore complètement atterri.

En tout cas les médias se sont jetés sur cette affaire, ce qui est logique, mais les conclusions qu’ils donnent à son sinistre épilogue sont inédites. Un nombre important de micro-trottoirs a été mené dans le village des deux Bobs, pour entendre des gens dirent qu’ils ne comprennent pas, avant de préciser sanglotant qu’ils soutiennent les familles, et de remplir un livre d’or mis en place par la Mairie. On parlera d’innocence. De joie de vivre. Il est vrai qu’il est difficile de comprendre, si on ne veut pas comprendre. Comprendre ce que c’est qu’un ravisseur islamiste. Un pays hostile. Un enlèvement. Un assaut. Pour de vrai. En revanche pas un ne semble se poser la question de savoir si il est parfaitement normal que deux jeunes du Pas de Calais aillent célébrer les noces de l’un deux au Niger-avec une Nigérienne- et décide de s’y installer sur les bases d’un emploi pour une ONG allemande. Niger, pays dont les mœurs ne sont pas tout à fait les mêmes que dans une comédie de Dany Boon; comédie surréaliste, tellement surréaliste que les habitants du Nord se sont grimés du jour au lendemain en leur propre caricature filmée-positive évidemment-issue d’un film où est grimée, pour mieux la dénoncer, leur caricature négative, selon un effet gogol-média-transformation-gogol bien rôdé.

Tout de même, tout de même, un sondage nous annonce que 70% des compatriotes de Bob&Bob approuvent l’intervention armée. Difficilement interprétable ? Surtout pour les médias ? Pas tout à fait. Ceux qui nous cassent les oreilles avec leur deux gogols à carte de presse tous les soirs, retenus dans je ne sais quel pays hostile plein de barbus, changeront-ils leur discours-gogol ? Si oui, pourquoi ?

Peut-être que les gens en ont marre d’entendre parler d’otages-gogols. Pour lesquels il faut payer, un peu plus à chaque fois. Ou il en ont marre que leur gouvernement se couche autant à l’étranger que dans les banlieues, et que pour une fois on se dit que l’armée sert à autre chose que de faire baisser le taux de chômage dans lesdites banlieues. Ils en ont aussi, rêvons un peu, marre qu’on leur présente dans moult films et documentaires ces pays de sous-développés comme des paradis à retrouver ou à sauver. Où les gogols se jettent en masse, pour racheter des fautes que l’occident n’a pas commis, sinon celle de penser qu’il y a quelque chose à racheter par le tourisme ou l’humanitaire, ces deux cancers.

D’ailleurs à aucun moment les médias n’ont fait leur autocritique sur ce point. Eux si prompt à analyser les médias, à décrypter, à s’interroger sur leur rôle, etc, etc… Si les sondages laissent ici passer l’idée que les français en ont marre des gogols et de leurs mentors à carte de presse ou à repentance sur le bout de la langue, lesdits médias ont tôt fait de présenter les ravisseurs islamistes comme des porcs et l’action armée comme une nécessité. Oh je ne vais pas dire que voir une Toyota pleine d’islamistes réduite en confettis va gâcher ma semaine. Mais tout de même, même Alain Juppé avait l’air tout étonné. Lui qui avait dû suer toute la journée à l’idée que lesdits médias parlent de « polémiques sur l’assaut donné », ça a dû lui faire drôle qu’on plébiscite son action et sa fermeté de girouette.

Oh je ne dis pas qu’on a pas essayé de parler de polémique, dans les milieux autorisés, je veux dire les salle de rédactions. Mais sans plus.

Oui, il faut le croire, ou au moins le penser, si les deux gogols avaient eu une carte de presse, ça aurait polémiqué grave. Lain-lain Juppé l’aurait moins fait le brave à trois poils. Mais là non. Un coup pour la forme, mais ça les arrange les médias, que de nouveaux otages sans carte de presse, ne leur fassent pas concurrence trop longtemps, ni que l’on s’interroge sur les causes de leur présence en ces lieux. Une grosse concurrence, des bobs comme ça, gavés et élevées aux bons sentiments par les médias depuis leur enfance, c’est gênant*. Des purs produits de la gogolitude répondant présent à tous les clichés imaginables dans ce domaine (entre parenthèses, le témoignage de la promise africaine était probablement le plus digne de tous). Ça prend beaucoup trop de place. Ça peut même s’analyser. C’est bien trop dangereux.

Heureusement, ils ont été abattus. De sang-froid. Par des journalistes terroristes. Eux-mêmes abattus. Avec l’aval viril des salles de presse.

*On aura donc pu lire sous la plume de l’inénarrable Joffrin, Bob l’Eponge en chef, un texte d’un rare réalisme, non, soyons honnête, d’un réalisme jamais vu jusqu’ici chez ce fabricant de délire jamais complètement délirant (dans son réalisme ledit texte a tout de même été judicieusement expurgé des termes « inconscience » « humanitaire » « responsabilité des médias »), on imaginera avec amusement la teneur de cet éditorial si les deux jeunes avait été journalistes :

Le sort poignant des deux jeunes gens assassinés par Aqmi au Niger suscite une émotion élémentaire et légitime, partagée par tous. Mais cette terrible affaire ouvre aussi un nouveau chapitre dans le combat au long cours que la France livre au terrorisme islamiste. Pour la première fois, une intervention destinée à libérer les otages a été décidée d’emblée, sans que le gouvernement envisage d’entrer dans un processus de négociation avec une organisation qui a de toute évidence choisi de cibler la France avec les moyens les plus extrêmes. Avant tout débat, il faut répéter haut et clair que la responsabilité de cet assassinat repose sur les assassins, qui ont choisi de s’attaquer sans aucune miséricorde à de parfaits innocents, et non sur ceux qui ont essayé de secourir leurs compatriotes.

Pour le reste, le président français se trouve placé devant un dilemme tragique. Jusqu’ici, la vie des otages était prioritaire. Elle doit le rester, dès lors que les concessions accordées aux preneurs d’otages restent supportables. Mais il faut aussi savoir que le choix de la négociation, humain et logique, comporte sa part de risques : elle encourage les terroristes à réitérer leurs crimes et met donc en danger la vie de tous ceux qui pourraient à leur tour être pris en otage, dans la région ou ailleurs. Face à des ennemis décidés au pire et qui présentent des revendications nébuleuses ou irréalistes, la voie de la discussion est hasardeuse et parfois tout à fait vaine. A moins d’une erreur manifeste dans l’opération tentée au Niger, qui reste à prouver, c’est à la lumière de ces réalités cruelles qu’il faut juger des décisions françaises.

C’est moi qui souligne.

*Personnage d’un dessin animé américain aussi intéressant qu’insupportable, Bob l’éponge a le tort de faire avec le plus grand zèle enthousiaste exactement ce que la Doxa exige, et cause immanquablement des catastrophes. Il devient la terreur des autorités parce qu’au fond, on ne peut rien lui reprocher. Très populaire à la fois chez les enfants et les adultes, Bob l’éponge semble incarner la dernière possibilité de foutre en l’air le monde du Bien : en le suivant à la lettre.


Psychiatre d’entreprise

Actu — Article écrit par le 10 janvier 2011 à 15 h 00 min

Je suis psychiatre du travail.

J’ai un cabinet en ville. Je reçois un peu de la foldingue du tertiaire qui souffre de se croire surmenée tandis qu’en vérité, elle passe statistiquement 36,19 minutes par jour à se gratter le cul sans réaliser qu’elle fait le geste, avant d’avoir fait un travail sur elle-même en ma compagnie, allongée sur mon divan….

Jusqu’à ce jour, la plus rigolote de mes clientes solvables (parce que les autres ne me font jamais rigoler, quand bien même connaissent-elles par cœur le répertoire de Raymond Devos), c’est une blondasse cagole de 23 ans et d’un mètre soixante-quatorze qui ne comprend pas pourquoi on lui file 3000 € par mois pour vendre des fringues de luxe Avenue Montaigne dans un décor hollywoodien alors qu’elle n’a jamais fourgué le moindre foulard Hermès à une vieille et  sans que son patron n’ait jamais prononcé un mot plus haut que l’autre pour la secouer…. Si j’avais encore assez de charité chrétienne dans ma besace, je lui aurais expliqué que sa boutique est une couverture, un subterfuge pour recycler l’argent de la drogue et qu’elle devrait remercier le bon Dieu de lui avoir donné un cul qui l’exempte de faire les cuivres dans un manoir de province auprès d’un aristocrate désargenté ou d’exercer le métier de contractuelle…. Après, j’aurais dû lui parler du village Potemkine, lui expliquer le concept et lui faire comprendre qu’il n’était pas dans son intérêt de rentrer dans les détails, mais elle m’aurait quitté pour rejoindre un confrère en faisant courir le bruit auprès d’un tas d’autres cagoles que je ne suis pas sérieux, comme médecin traitant…. C’est con la populace, et si c’est bien triste à dire, fore est de constater qu’on on arrive à tisser des relations d’affection mutuelle avec elle à la stricte condition de veiller bien aux distances, en se tenant devant elle comme Don Quichotte devant Sancho Panza, et sommes toutes, notre théologien René Girard n’a jamais écrit que pour marteler ça. 

Je tourne à 13 000 € par mois. C’est qu’en plus de mes dindes parisiennes, j’ai des contrats à l’année avec de grosses maisons. Je suis par exemple l’un des psychiatres de France Télécom, et je reçois tout un tas de leurs employés qui menacent de se foutre par la fenêtre… Le plus mémorable de ces gens-là, c’était un pauvre type entré aux PTT à 19 ans et qui en avait 57. J’ai fait mon boulot, j’ai pratiqué de la maïeutique, comme on dit en philosophie, et je lui ai fait admettre que pendant vingt-cinq ans, avant la privatisation, il s’était servi de sa voiture de fonction pour faire ses courses à Carrefour pendant ses heures de travail, que la nouvelle direction lui avait infligé une blessure insupportable en lui disant qu’elle était finie, la plaisanterie, et qu’il ferait mieux de regarder les choses en face s’il voulait se débarrasser du Prozac…. Mal m’en a pris, putain de merde, puisqu’il s’est pendu devant les yeux de Sarkozy, au réfectoire, pendant une visite présidentielle… Ça a fait la une du vingt-heures, cette histoire, et dans la lettre qu’il a laissée à sa famille, il me traitait de porc et de valet du Grand Capital… Je ne sais pas si vous vous rendez compte du préjudice potentiel pour moi et pour ma famille…. Il aura été nuisible jusqu’au bout, celui-là.

J’ai aussi un contrat avec le ministère de la santé. Je traite des infirmières qui parlent de se balancer sous des trains parce qu’elles ne se sentent pas assez considérées par la population et  menacent de faire  des dépressions nerveuses en signe de représailles…. La plus jolie de mon cheptel, c’est Josyane, 54 ans et sept mois. quand nous avons commencé à faire un travail sur elle-même, alors qu’elle n’avait donc que cinq mois à tirer avant la retraite qui doit la mener à quatre-vingt-dix sept ans,  si les statistiques disent la vérité et si ça veut sourire pour elle…. Depuis l’âge de quarante-six ans, elle était payée pour surveiller la nuit des légumes de cent kilos et un mètre soixante qui dormaient et qui avaient de la peine à faire coucou avec leurs mains dans la journée… cependant, l’un de ces petits voyous avait réussi à trouver la mort à trois heures du matin en s’étranglant dans son lit, la famille avait porté plainte pour la forme, le ministère avait ordonné pour le principe une enquête administrative, et ma petite Josyane n’a alors plus cessé de chougner et de se rouler par terre…

J’ai vraiment pris mon boulot à cœur, pour l’occasion… J’ai rencontré son entourage pour me rendre compte de ce que la fonctionnaire lui infligeait au quotidien pour compenser l’offense qu’elle pensait subir, et je vous jure sur ma tête que ce n’était pas triste… Son mari, un pauvre bougre qui la frappait quand il était à bout de nerfs m’a garanti qu’en revenant du travail, à huit heures du matin, elle s’allongeait sur le canapé du salon pour pleurer bruyamment, et quand elle avait l’impression que personne ne l’entendait dans la cuisine, elle montait le son jusqu’à ce que le pauvre vieux se décide à faire tomber une baffe…. ils avaient une fille handicapée, les deux, une toute maigre de vingt-cinq ans qui avait fui le foyer parental dix ans plus tôt et qui venait de le retrouver Un soir de Noël, alors que la mère était partie dormir au travail, le père et la fille avaient fêté leurs retrouvailles en improvisant une valse dans la salle à manger, ils avaient fait plein de traces autour de la table, la mère s’était mise à hurler en rentrant, c’est pour le coup la fille qui a lâché la baffe avant de repartir pour toujours, cette fois-ci, et la mère n’a plus cessé de meugler, allongée sur son canapé.

C’est un engrenage infernal, le socialisme et la fonction publique. Comment voulez-vous qu’une personne cultive dans son jardin ce qu’il faut de doute et d’humilité pour rester présentable devant ses semblables, s’il n’a jamais peur de mal faire, si on lui garantit pas contrat qu’il fera toujours les choses bien? Si on lui dit que par principe, le mal et la faute ne peuvent pas sortir d’elle, comment voulez-vous qu’elle n’en cherche pas rageusement la source chez les autres, tout le temps et à n’importe quelle occasion?

Il va s’en dire que ni moi, ni le pauvre mari ni la fille avec ses lettres n’ont fait bouger d’un seul millimètre cette abrutie… Autant rassasier un zèbre qui meurt de faim en lui mettant une carcasse de viande sous le nez…. J’ai eu ouïe dire qu’elle va mieux, qu’elle va sur la tombe de feu son mari et de feu sa fille, que ça lui fait du bien, qu’elle regrette simplement de ne pas avoir à reçu les excuses de sa fille, pour la gifle, avant son suicide.

Elle occupe sa retraite à faire des voyages. Cette année, elle a fait le Maroc et la Muraille de Chine , et là-haut, elle se fait plaindre pour les malheurs qui viennent de la frapper. J’ai reçu des cartes postales… Je m’en veux à mort. J’aurais dû me tromper sur les doses de Prozac. lui en prescrire deux boites par écrit en faisant des deux qui auraient ressemblé à des quatre, et prendre à chaque fois congé en lui disant quatre boites, Josyane, quatre. C’est important…. J’ai manqué de cœur, sur ce coup là.

Je suis contre les génocides par principe, mais si je devais en ordonner un, ce serait celui de la race des gens qui exigent de l’amour et de la reconnaissance. En vouloir et en espérer, c’est la marque d’un cœur tendre, mais en demander, c’est la preuve absolue que nous l’avons sec comme une pierre et plus tranchant qu’un rasoir…. Espérer en recevoir, c’est imaginer qu’on n’est peut-être pas voué aux enfers, mais s’imaginer qu’on nous en doit, c’est croire que le mal n’est pas en nous et qu’il est donc partout ailleurs…. De la haine à l’état pur, quoi…


Meilleurs voeux aux ordures communistes

Actu — Article écrit par le 9 janvier 2011 à 15 h 00 min

Qu’est ce que c’est qu’un crevard communiste?

C’est quelqu’un comme vous et moi, c’est à dire qui n’ignore pas que l’histoire du communisme, ce n’est rien d’autre qu’une suite interminable de camps de concentration, de famines organisées et de déportations.

Mais c’est aussi un type qui est communiste en dépit de ces massacres… Enfin non, ce n’est pas ça… C’est une une puanteur humaine qui est communiste à cause des massacres et des génocides, parce  qu’elle lui donne du baume au cœur, l’idée que vous pourriez peut-être un jour vous trouver derrière des barbelés avec votre femme et vos enfants… Ne dites jamais à un militant du Front de Gauche que le marxisme, c’est au poids des cadavres cent millions de morts, il le sait, et c’est même pour ça qu’il est descendu de chez lui pour vous tendre un tract… Quiconque à la moindre affinité avec la littérature sait parfaitement que ceci est une affaire entendue depuis 1860, Dostoïevski et ses Possédés.

Pourquoi leur souhaiter des vœux? Parce que toutes les occasions sont bonnes pour leur dire qu’on les hait comme il convient de les haïr, qu’on ne les aperçoit jamais sans voir un enfant derrière un barbelé, et qu’en conséquence on leur pisse au cul et on les méprise dans des proportions qu’ils ne peuvent pas imaginer… Comme Jack Kerouac, on se dit certains soirs de longs whiskies qu’il faudrait grimper aux arbres pour guetter leurs passages et les abattre, pour leur apprendre à vivre et faire l’apologie des camps de concentration à longueur de colonnes.

On n’en parlera jamais assez, des marxistes et des amateurs de camps de concentration. Pour autant, il ne faut pas perdre de vue qu’on ne doit  en parler avec eux jamais, qu’on ne parle pas du cancer avec une métastase, du nazisme avec un nazi et de la peste avec les rats… Tout au plus faut-il de temps en temps leur faire savoir qu’on sait tout, absolument tout.

Bonne année, Jean-Luc Mélenchon!

Bonne année, Olivier Besancenot!

Bonne année, Marie-Georges Buffet!

Bonne année Jean Ferrat, et allez les vers, comme on disait à Saint-Etienne, à la grande époque!


Mineurs économiques

Actu — Article écrit par le 5 janvier 2011 à 23 h 51 min

Tout est relatif, bien-sûr, mais je crois pouvoir affirmer que j’ai vraiment fait du fric, les années où j’étais négociateur immobilier, tant et si bien qu’il m’en reste encore. Et j’en suis fier au point qu’il m’en viendrait presque les larmes aux yeux. Et je ne plaisante pas.

Accepter l’idée qu’on fera dans l’avenir trois repas par jour si et seulement si nous réussirons à faire pousser du pognon tous  les matins sans que le Léviathan, nos diplômes d’État ou le code du travail vous garantisse qu’on vous en  donnera quelque soit notre état de forme, je crois que c’est la définition de l’honneur, la façon la plus concrète de vivre dans l’honneur aux époques où plus personne ne meurt à la guerre…. Je  pense toutes ces choses tellement fort que je suis toujours au bord de l’incorrection, quand je suis au guichet de la SNCF, qu’il en faut alors très peu pour que je devienne puant comme une vieille à caniches  et que je cherche à traumatiser le guichetier à coups de mots dégueulasses, de tics de visage et d’intonations glaciales, alors que je suis timide comme un collégien quand je demande une baguette à mon artisan boulanger qui a peut-être mis la maison de ses parents en hypothèque pour s’offrir son outil de travail…. Dans l’emploi de tête de con, je suis imbattable, quand je le décide, croyez-moi. … Je fais même peur aux petits enfants, dans ces circonstances… Les élèves de l’Actor Studio devraient me suivre en douce  pour guetter l’explosion, les jours où  je vais acheter mes billets, ou bien encore quand je suis le client d’un mauvais restaurant, que c’est un garçon totalement naze qui sert et que je prends un malin plaisir à l’appeler en frappant mon couteau sur la table sitôt qu’il se trouve à l’autre bout de la salle, qu’il est à deux doigts de faire tomber par terre ce qu’il a dans les mains et de se faire congédier comme une merde.
 
A ce propos, je ne comprends pas pourquoi aucun défenseur du libéralisme n’a encore avancé le concept de mineur économique pour parler des fonctionnaires et dans une moindre mesure des salariés du privé pour in fine dégager celui de majeur économique, lequel servirait à qualifier le patronat et les commerciaux. Ce serait aussi logique que de distinguer la locomotive et l’ingénieur qui a conçu le moteur du wagon-lit, de la dame pipi du train et du designer qui a pondu la couchette et pu vendre son dessin au ministère des transports parce que c’est un copain de back room du ministre de la culture.

Faire bouillir sa marmite en organisant  des transactions commerciales entre particuliers, ça consiste non seulement à se comporter avec dignité, mais encore à s’offrir un poste d’observation imprenable, quand on aime, comme moi, scruter ses contemporains et se faire à leur endroit une religion qu’on ne trouve pas dans le journal…. Quand ils se croisent et qu’ils parlent un peu chiffon en attendant leurs clients, les négociateurs immobiliers se racontent toujours leurs histoires de profs, c’est à dire de vieux gamins de cinquante-deux ans qui n’ont pas quitté l’école et pensent vraiment que professeur de collège, ça veut dire la même chose que professeur au Collège de France… Un jour, j’avais convoqué trois clients et deux confrères, c’est à dire dix personnes en comptant les conjoints des visiteurs pour leur montrer un  pavillon de banlieue, la clef n’était pas la bonne, nous nous étions donc tous déplacés pour rien, et c’est alors qu’au milieu de cette petite foule, une retraitée de la fonction publique a lâché cette phrase que je n’oublierais pas et qui ramasse sommes toutes assez bien l’idée que j’essaye de développer ici: Mais alors, ça veut dire que je me suis déplacée pour rien?… C’eût été un gosse, la vieille, qu’elle aurait pris deux gifles…  Comme un bon croquis vaut toujours mieux qu’un long discours, je ne vois rien de mieux que ça, pour faire toucher du doigt les dégâts que ça fait, de passer toute sa vie professionnelle dans la peau d’un mineur économique, et par extension ce qu’il recouvre, ce concept de mineur économique… Comment voulez-vous que ça vote bien, un instituteur, et à fortiori, comment voulez-vous que ça fasse un député respectable, que ça se transforme en fine lame du Palais Bourbon, que ça fixe avec équité le droit du travail que devront respecter les artisans serruriers?…

Maintenant, si nous creusons un peu cette leçon de chose, nous allons comprendre pourquoi les états européens ne pourront pas éviter de mourir la tête la première dans leurs déficits comme un rock’n’roll man dans son vomi à la manière de  Bon Scott, à moins de ne plus se contenter d’alternances vers la droite et de se transformer en théâtres de révolutions libérales et pinochétistes visant à mettre à bas les Républiques sociales dont ils sont les otages… Pour user d’autres métaphores historiques, il faudra aux princes de l’Europe traiter les gens de l’État comme les Rois de France ont tour à tour traité les lépreux, les templiers, les jansénistes et les protestants, c’est à dire en mettant le droit entre parenthèses pour éviter qu’ils entraînent le navire au fond de l’eau…

Car enfin, si nous cherchons la raison pour laquelle sur ce continent, aucun prince ne peut à ce jour réformer son état, où parvenons-nous immanquablement? Pourquoi ce n’est pas possible, qu’un chef de gouvernement traite les gens de l’État comme Louis XIV a traité ses jansénistes et Philippe Le bel ses lépreux? Qu’est ce qui coince? Elle se tient dans quel coin de la marmite, la couille du potage, où se trouve la réponse à cette énigme, la lettre volée qui nous crève les yeux? Le problème, c’est qu’un mineur économique, ça exige une chose tout à fait incongrue et déplacée dans un monde libre et naturellement conflictuel où il convient que tout le monde puisse remettre en cause tout le monde quand ça lui chante, à savoir de la reconnaissance… C’est ridicule à souhait, mais un professeur ou une infirmière, ça veut être aimé par l’usager, et pour le coup, ça se roule par terre et ça intimide la cantonade à chaque fois qu’on évoque leur travail avec une langue critique… Les notaires, les garagistes et les banquiers se font insulter à longueur de colonnes, les restaurateurs se font traiter de voleurs et les chauffeurs de taxi de grosses burnes patibulaires, c’est mon Dieu très bien comme ça, et pour se défendre, ils s’auto fliquent, se réforment dans des séminaires professionnels qu’ils payent de leurs poches, font la chasse aux brebis galeuses,… La guerre de tous contre tous, le conflit perpétuel entre clients et fournisseurs, et pas de sentimentalité ou de caprices d’enfants gâtés de la part des offensés, c’est comme ça que tourne vraiment une société libre et policée, quand les totalitaires ne rêvent eux que de la paix perpétuelle qui suivrait la liquidation en règle des faiseurs de discorde…. La paix civile, c’est l’acceptation du conflit et sa banalisation, tandis que dans les pays régis par une religion d’amour et de paix, on coupe les clitoris des fillettes et on encule les chèvres.
 
Un pédagogue, c’est avant toute chose, objectivement, une personne en situation d’échec, qui dévore chaque année des budgets plus gros que les précédents, qui ne fournit pas au monde du travail les emplois qu’il lui faut, qui enseigne l’anglais huit ans aux enfants sans qu’au final ils ne le sachent couramment alors même que n’importe quelle multinationale peut faire de ses cadres des bilingues en trois mois, et nous nous en tiendrons là; par charité chrétienne. Or, tout ce qui ne fonctionne pas dans la fonction publique, nous ne le réglerons jamais si nous n’avons pas la liberté, pour le moins, d’envisager la responsabilité des gens de l’État… C’est ce que ne comprennent pas les libéraux, eux qui s’acharnent à dénoncer des structures quand il faudrait avant tout conquérir la liberté de remettre en cause les personnes, toutes les personnes…. Pour se faire, il faudrait soit rendre les mineurs économiques aussi adultes que des garagistes et leur apprendre que c’est puéril et très vilain de faire une dépression nerveuse à la première remarque, et ceci me semble un brin utopique, soit mettre pour le moins la république sociale entre parenthèses et se passer de la présence des gens de l’État, quand on parle réforme de l’État… Pour le dire autrement, je ne vois pas comment on pourra cesser de jeter nos devises dans le tonneau des danaïdes de l’Éducation Nationale -pour ne citer que cet exemple- si on s’entête à parler d’Education Nationale avec les employés de l’Éducation Nationale.

Si  j’étais ministre de la fonction publique et que je disais des trucs pareils, je déclencherais des grèves générales, c’est sûr. Moi, le droit de grève, je n’ai rien contre. C’est encore pire que ça,  je ne comprends pas le principe. Une fois dans ma vie, j’ai été en désaccord avec mon employeur, je l’ai menacé de partir, et mon chantage a parfaitement fonctionné. Par définition, quand on fait grève, c’est qu’on n’est pas content. Et quand on n’est pas content, en toute logique, on claque la porte.


Test

Actu — Article écrit par le 5 janvier 2011 à 17 h 56 min

Parmi les acteurs français de la récente génération, j’aime beaucoup Jean Dujardin.

En revanche, lui, je ne peux pas. C’est rédhibitoire. Je ne sais pas pourquoi, et ça m’agace d’autant plus qu’il doit y avoir une raison édifiante. Il y a quelque chose qui sonne faux, et j’aimerais bien découvrir quoi.

Quelqu’un pourrait-il m’aider? Je suis sûr que la réponse doit être intéressante.

C’est fascinant, ce genre de question philosophique. Qu’est-ce qui sépare, par l’aspect, une vache d’un cheval de course? Dans les deux cas, nous avons 1M50, 1M70 au garrot, quatre sabots, une tête à l’avant, une queue à l’arrière…. Décrits par un sociologue, ce sont les mêmes animaux, rigoureusement. Après, il faut faire de la spéculation langagière, pour décrire la différence.


Jésus, ce libéral économique

Actu — Article écrit par le 4 janvier 2011 à 0 h 51 min

 Pour moi, l’économie, c’est un peu comme la politique: je m’en fous.

En revanche, comme le libéralisme économique est le fruit naturel de l’Occident et de la chrétienté, son évocation constitue un moyen irremplaçable pour savoir qui est vraiment chrétien parmi ceux qui s’affirment comme tels, qui est réellement, métaphysiquement chrétien, et qui au contraire va à la messe à défaut d’avoir déjà trouvé l’adresse de la mosquée….

 Selon une expression désormais consacrée, on appelle ça un CAB, si je ne m’abuse….

Car en effet, si vous faites l’effort de cerner l’essence du discours antilibéral, vous voyez qu’il fait comme moi, l’antilibéral, qu’il ne parle jamais vraiment d’économie, qu’il ne vise à  rien d’autre qu’à poser en lousdé le fardeau de la chrétienté, comme a  cherché sommes toutes à le faire la totalité des hérétiques depuis 2000 ans, des marcionistes aux marxistes en passant par les cathares, surtout les cathares, dont on ne parle décidément pas assez… Le Cathare, c’est l’ancêtre commun des cathos-tradis, de José Bovidé et des antisémites du XXIème siècle, avec sa haine et son incompréhension ontologique devant la spéculation financière et intellectuelle, son dégoût des marchands et de la Sorbonne,  de  l’abstraction verbale et langagière  à laquelle ce matérialiste oppose une dimension figurative et culturelle de la société, c’est à dire des costumes, des décors,des objets, des coutumes, des belles-lettres, du terroir, de la cuisine, des fromages qui puent, des binious, des  bombardes,  de la terre qui ne ment pas, et je passe encore d’autres babioles ou cochonneries.

Ces gens-là vous objecteront que leur vision du monde est charnelle…. Mensonge. Il n’y a que la race et le sang qui méritent cette belle appellation de charnelle, et le cathare du troisième millénaire l’a déjà dit et écrit sur tous les tons, il s’en fiche, de la race et du sang…. D’ailleurs, il n’y a rien de plus moderne, de moins archaïque et de plus souple que la race et le sang, puisque ce sont des notions qui fournissent sans nous demander le moindre effort et sans nous attacher les mains la dose de tradition dont nous avons naturellement besoin…. Finalement, la race, c’est la liberté, et c’est finalement cette liberté qui explique l’extraordinaire aisance des juifs partout où ils se sont trouvés…  Un juif à bombers ou à papillotes, ça reste toujours un juif aux yeux de tous les juifs, il s’agit-là de Tradition réduite  à sa quintessence, au charnel, sans boulets aux pieds, sans scléroses mentales, et c’est bien cette absence de fardeau qui a permis à Rothschild ou Kundera d’empiler de l’argent ou les concepts.

Pour ceux qui voudraient creuser l’évidence selon laquelle l’antilibéral, le néo-cathare, le contempteur de l’occident capitaliste n’est pas véritablement chrétien, que c’est un infiltré, voici le superbe livre de Charles Gave, un Libéral nommé Jésus.

Bonne année 2011 à tous, et que Dieu vous garde dans sa sainte vie


Gens de la campagne

Actu — Article écrit par le 1 janvier 2011 à 10 h 10 min

Deux paysans qui travaillent dans un champs font une pose et s’assoient sur un banc.

- Tout de même, quand on voit tout ce qui nous entoure, la beauté de ces collines, ces vallées, toutes ces couleurs…

- Et bien quoi?

- On se demande tout de même s’il n’y aurait pas quelque chose…

- C’est à dire? Il y aurait quoi?

- Je ne sais pas, moi… Un Dieu qui aurait fait tout ça, un grand Architecte….

- Oh tu m’inquiètes, là…

- Ah… et pourquoi?

-  Tu ne serais pas en train de devenir un intégriste religieux, par hasard?…

- Tu crois??

- Tu sais où ça mène, le fanatisme, dis?


Brice Hortefeux

Actu — Article écrit par le 30 décembre 2010 à 18 h 55 min

Je me tenais tout juste à dix mètres du Président français Sarkozy, quand il a dit casse-toi, pauvre con à ce paysan communiste qui a refusé sa poignée main devant toutes les caméras, au Salon de l’Agriculture.

J’aurais été dans sa peau, à Sarkozy, j’aurais dit merci Monsieur à ce connard communiste en lui souriant de toutes mes dents, et j’aurais chargé mes services de le coincer dix jours plus tard avec 700 grammes de coke dans le coffre de sa camionnette, entre le le lait en poudre pour ses vaches et le sac en plastique dans lequel il enroule son bleu de rechange…. A ses amis syndicalistes et ses voisins qui n’auraient pas manqué de me coller avec des comités de soutien et des pétitions, j’aurais envoyé des nègres et et chinois armés des couteaux grands comme la bite à Soral, et mes chinois et mes nègres leurs en auraient mis un coup à tous, sur la phalange d’un auriculaire, en leur susurrant avant de partir de la part du Président, connard de communiste… Pour être certain qu’ils sachent bien leur texte, je les aurais faits répéter moi-même, mes nègres et mes chinois, dans les sous-sols de l’Élysée, en compagnie du chef de le DGST et de mon copain Christian Clavier, pour qu’il me donne des idées de rebondissements spectaculaires et de funny end….   Si j’étais le patron de la maison France, la Liberté cesserait aussitôt d’être un concept qui flotte dans l’air, une arlésienne à Jacobins inscrite aux frontons de leurs mairies, et la majorité silencieuse ne se ferait plus voler la sienne par les connards communistes qui cherchent le buzz devant les caméras des journalistes communistes qui font sommes toutes vraiment la loi, avec leurs journaux et leurs télévisions…. Pour le dire comme un sage chinois épris de Kung fu depuis sa plus tendre enfance, la liberté n’est qu’un repas pris en rêve, quand elle n’est pas teintée d’une dose de maccarthysme plus ou moins corsée, selon l’époque et la nécessité du temps.

En vérité je vous le dis, je les déteste presque tous autant qu’ils sont, les ploucs, à l’instar de tous ceux qui les ont  vus de près et ne sont pas frappés de paresse intellectuelle au point de se raconter des histoires…. Je n’approuve pas, loin s’en faut, tous les dégagements de notre philosophe Bernard-Henri Lévy, mais je partage son enthousiasme devant l’agonie de la paysannerie française sous les coups de l’industrie agro-alimentaire, en premier lieu parce que l’éradication au karcher du paysan et du commerçant de proximité par les multinationales et les grandes surfaces coïncide rigoureusement avec un événement historique d’une ampleur gigantesque, j’ai nommé la fin des intoxications alimentaires et des espérances de vie qui plafonnent à cinquante ans.

Ils sont méchants, attirés par le fric et l’héritage des vieilles bien plus que les pires des roulures africaines qui s’enfoncent des bananes dans les peep-show du Nord-Pas-de-Calais désindustrialisé pour faire bander des chomeurs rouquins, ils détestent les animaux presque autant qu’ils se foutent des jolies montagnes qui les entourent, et  quand d’ailleurs un peintre vient les croquer, ils lui crèvent ses pneus juste pour rigoler, ces abrutis…. Ironie du sort, toutes les tares présumées de la modernité dont il est soit disant l’antidote, le monde de la campagne les a chaque jour poussées à leur paroxysme de l’An Mille jusqu’aux années 1970 et sa presque disparition…. Leur chien qui n’a plus l’âge de faire le chien, ils le tuent à coups de bâton. Leurs chats, ils ne les prennent pas sur les  genoux et les considèrent à peu près autant que leurs poules. La hiérarchie du pognon, ils ne connaissent rien d’autre, et même la plus immature des intrigantes de l’histoire du Second Empire  n’a pas dû exhiber son or ou montrer son admiration devant qui exhibe le sien avec autant de zèle qu’un bouseux ordinaire… Cette putain de terre qui ne ment pas, elle a toujours été recouverte d’une pellicule de foutre qui n’altérait même pas la respiration les prêtres de campagne, on y a toujours culbuté les petites servantes qu’on faisait avorter à la chaîne par la tricoteuse locale sans que personne n’ait jamais l’ombre d’une envie de se mettre à gueuler sur la place du village, et si j’avais le talent de Jérôme Bosch, je pourrais évoquer bien d’autres vilaines choses, avec mon pinceau.

Pour ne pas se féliciter chaleureusement de la mort de la paysannerie en Europe, il faut bien sûr avoir le cœur sec, mais il faut en sus être con comme un âne, dans la mesure où ce sont les paysans qui ont perpétré le crime, dès qu’ils ont en eu l’occasion… Quand ils ont pu mettre leurs filles dans le car pour en faire des employées de Mairie ou des salariées de l’EDF, ils l’ont fait pour que la lignée ne soit plus jamais esclave de la nature cruelle et dégueulasse, et tous, ils en ont pleuré de bonheur jusqu’à leur dernier jour… Quand j’entends la chanson La Montagne, de Jean Ferrat, je me demande à chaque fois s’il s’agit de l’œuvre d’une crapule communiste ordinaire ou d’un frapadingue, en particulier quand il évoque la vinasse des ploucs qui faisait des centenaires…. Il s’agit là d’un cas d’école en matière  d’atrophie du sens des réalités et de manque de sensibilité artistique, ce qui est au fond la même chose.

Moi qui vous parle, à la campagne, j’ai vu débarquer un gentil santonnier de Marseille un peu efféminé qui avait cassé sa tirelire  pour s’offrir une  maison de village, et j’ai entendu de mes oreilles ses voisins lui demander si ça sert à faire la poussière, un santon provençal, avant de faire courir le bruit qu’il niquait son chien et finalement tuer la bête à coups de fourche pour punir le Maître de n’être pas né ici… C’est plus tribal qu’un nègre, un plouc, c’est moi qui vous le dis… Ils n’ont rien contre l’étranger qui vient de loin pour violer leurs femmes, qu’on ne se méprenne pas sur mes propos, mais alors le couillon qui a vu le jour  quinze kilomètres plus loin, ils n’aiment pas du tout…. Ajoutons que ce sont des fainéants qui se lèvent tôt, qu’ils réussissent le tour de force d’être à la fois maladivement pingres, paresseux comme des contemplatifs et moins audacieux que des experts comptables, qu’ils ont toujours passé la moitié de leur vie assis sur des murettes à jacasser et qu’en partie, nous tenons là  l’explication de cette indigence chronique qui les a frappés.  

Moi, ce connard de communiste, je l’ai insulté, quand il est passé devant moi. Connard, j’ai dit, exactement. Pour être sûr de m’être bien fait comprendre, j’ai répété ce verdict très fort, mais malheureusement, le ministre de l’intérieur Brice Hortefeux a pris ça pour lui et c’est approché de moi en m’agrippant au col et en gueulant répète un peu, petit enculé que tu es…. Je n’ai pas eu le temps de dissiper le malentendu qu’il était déjà en train de me savater, en gueulant petit enculé, petit enculé, et je crois bien qu’il m’aurait fini à coups de souliers, si ses gardes du corps ne l’avaient pas saisi par par les aisselles pour le traîner tout le long du salon tandis qu’il continuait à m’insulter…

La suite, vous la connaissez… Les bouseux se sont mis à crier à la ratonnade et à lâcher leurs cochons dans dans le Palais des Congrès, il y en a qui se sont échappés dans Paris, et une chaîne de télévision russe a même filmé une laie qui avait coincé deux CPF dans un angle de rue, qui s’est assise tranquillement devant eux et menaçait de les mordre quand ils tentaient de s’échapper…. Ça a fait 12 800 connections dans le monde entier, cette affaire, sur Dailymotion…. Brice Hortefeux se repose toujours en hôpital psychiatrique, mais pas dans le même que moi; il a présenté ses excuses à la confédération paysanne, aux descendants d’Henri Vincenot et du Maréchal Pétain, mais je crains fort qu’il n’ait du mal à remonter la pente, politiquement parlant… J’ai  reçu Harry Roselmack dans ma chambre pour donner ma version des faits, mais depuis, je refuse toutes les interviews… J’ai beau expliquer que je n’ai rien contre le pouvoir en place et qu’à la campagne, selon mon humble avis on y a peur la nuit, on s’emmerde le jour et on se fait voler tout le temps, absolument rien n’y fait.  

Vous rendez-vous compte du pouvoir de nuisance des bouzeux, maintenant? On croyait qu’avec l’avènement de l’industrie du fromage industriel  et la mort de l’artisanat alimentaire, ils n’empoisonneraient plus personne, mais non, ils y arrivent… C’est simple, en comparaison, même les ouvriers me paraissent sympathiques, désormais…. Mais tout ceci ne m’empêche pas de rêver en un monde meilleur, d’avoir des utopies…. La nuit dernière, dans un songe, il y avait à la place de la tour Montparnasse une ferme géante de 800 mètres de haut exploitée par douze ouvriers agricoles informaticiens installés au rez de chaussée qui suffisaient à nourrir toute l’Île de France. Le prix des pommes de terre était descendu à 4 centimes le kilo et on vivait tous cent vingt ans. Gaïa la salope avait enfin cessé de nous enchaîner, nous les hommes.

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