Archives pour la catégorie ‘Ilys girls’


Ginette en réalité augmentée

Ilys girls — Article écrit par le 22 octobre 2012 à 8 h 25 min

- Tu m’emmerdes.

- Quoi ?

- Tu me fais chier. T’es un mec chiant. Pas dans le sens que t’es pénible, non, t’es juste ennuyeux à en crever.

- Mais…

- T’es conciliant, t’essaies toujours de comprendre que cela en devient insupportable. J’ai même pas eu besoin d’essayer de te couper les couilles, t’en as jamais eu.

- J’essaie de te comprendre.

- Voilà. Exactement. Mais moi j’aurais envie d’avoir un vrai mec. D’un beau mec qui me fait suer. Un beau mec que j’aurais besoin de comprendre, avec qui j’aurais besoin de faire des efforts. Un type qui me corrigerait quand j’agis mal et pour qui j’aurais l’impression qu’il y a des choses impardonnables.

- Mais c’est n’importe quoi !

- Un mec qui en a quoi.

- Mais pourquoi tu fais ça ?

- Si encore t’étais beau ou que tu me baisais bien, je te garderais peut-être sous le coude ou comme plan cul régulier, par amitié, mais non, même pas…

- Alors c’est fini ?

- Non.

- Ben… Je comprends pas.

- Je sais que je ne suis pas belle vois-tu. Que je ne suis pas la fille moyenne, passe-partout et qu’on peut baiser un soir sans même avoir vraiment trop bu. Non, je suis moche. Alors j’aurais pas mieux que toi physiquement. Donc quitte à faire, autant en prendre un mec qui soit une lavette. C’est moins d’emmerdes au final.

- Ah ben merci…

- Pfff… Ça va changer quelque chose entre nous ce que je viens de te dire ou tu vas consciencieusement fermer ta gueule pour avoir ta petite fellation hebdomadaire ?

- Je vais passer au-dessus tes insultes plutôt. Je suis au-dessus de ce genre de comportement tu vois.

- Merci de confirmer…

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Reproduction

Ilys girls — Article écrit par le 15 octobre 2012 à 1 h 25 min

Avec Ginette on a parlé enfants.

Comme nous sommes conscients de ne pas être des prix de beauté, on a décidé d’en faire beaucoup. C’est qu’on aimerait, à terme, avoir des petits-enfants. Et, a priori, vu les gènes qu’on va filer à nos mômes, mieux vaut en faire beaucoup pour maximiser nos chances qu’ils puissent se reproduire.

L’avantage de notre situation, c’est que socialement, on sera exactement parmi la bonne population. Celle qui a des enfants qui ne se protègent pas pour leurs premiers rapports sexuels. Rapports eux-mêmes précoces. Avec, de surcroît, une chance non négligeable que nos futures filles aient tendance à garder leur enfant. Celui-ci étant vu comme un moyen d’émancipation.

Bref.

J’ai calculé que d’ici trente ans, avec un peu de chance, un prénom à consonance américaine et l’éducation adaptée, je serais grand-père.

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Sollicitude

Ilys girls — Article écrit par le 7 octobre 2012 à 8 h 16 min

Cela faisait un petit moment que je le suspectais.

En levrette, depuis quelques temps,Ginette adore prendre un de mes doigts pour le sucer langoureusement.

J’ai longtemps cru que cette étrange pratique provenait du fait que, ne sentant pas grand chose dans cette position selon ses dires, elle cherchait à s’occuper.

Mais, même si mes mains ne peuvent être considéré comme disgracieuses, quoique un peu boudinées, j’ai toujours suspecté que lécher un de mes doigts n’était pas un aphrodisiaque si puissant en lui-même et qu’il devait y avoir là un fantasme secret. Fantasme qui m’inquiétait.

Jusqu’à ce qu’hier elle avoue tout et confirme mes pires soupçons.

- Ca ne te dirait pas un plan à trois ?

- Pardon ?

Elle, se rapprochant encore plus de moi et reposant sa tête sur mon ventre rebondi,

- Un plan à trois, ça te dirait ?

Mon coeur battait la chamade.

Fort heureusement j’étais certain que mes couches de graisse successives empêchaient Ginette de l’entendre s’emballer.

Car c’était manifestement trop beau pour être vrai.

Méfiant, je lui ai posé immédiatement la question.

- Avec un homme ou une femme ?

- Avec un autre homme.

Foutre.

Evidemment.

C’était bel et bien trop beau.

A quoi est-ce que je m’attendais, triple idiot que je suis ?

- Ah non !

- Ecoute, tu m’avais emmené dans un club échangiste dans le temps. Tu n’es donc pas un jaloux. Tu es ouvert aux expériences. Et puis c’est de ta faute aussi !

- Comment ça ?

- Eh bien à force de pratiquer ton « fantasme secret » à ta demande, j’ai commencé à avoir des fantasmes moi aussi…

Bordel.

Quelle émission à la con a-t-elle encore regardé pour avoir des idées pareilles ?

Brigitte Lahaie sur RMC ?

Enfin. J’aurais du le prévoir.

C’est comme qui dirait le coup de la boite à Pandore.

Bon, ce n’est pas que je suis absolument contre une expérience à trois avec un autre homme. Après tout, il n’y a pas si longtemps, pendant notre séparation d’avec Ginette, j’ai eu une expérience homosexuelle que j’ai raconté ici. Et qui était allée beaucoup plus loin que ce que j’avais envisagé au départ.

Mais bon, un plan à trois, surtout avec un hétérosexuel, c’est tout autre chose.

La seule chose qui peut me rassurer tient au fait que Ginette est moche et que je le suis autant. Dans ces conditions, il n’y aura peut-être pas foule au portillon. Le temps qu’elle déniche un candidat… Au final, lui dire oui pour lui faire plaisir ne coûtera pas grand chose. Juste une promesse dans le vent.

- Bon, d’accord.

- Ça ne te dérange pas s’il est noir ?

Bordel.

Là ça ne va pas du tout !

Les noirs, je m’en suis bien aperçu dans les films pornographiques que je regarde quotidiennement sur internet, ont tous des grosses bites. Par contraste, je vais avoir l’air encore moins doté par la nature que je ne le suis déjà…

- Heu… Pourquoi ? Tu as quelqu’un en vue ?

- Oui.

Putain, putain, putain.

- Ah oui, mais non, ce n’est pas possible.

- Pourquoi ? Tu ne le connais même pas !

- Parce que c’est une question de colonialisme inversé. J’ai une éthique politique moi. Une responsabilité vis-à-vis des générations futures !

- Quoi ?

- Je te ferais lire fdesouche sur internet, tu comprendras mieux que je ne serais capable de t’expliquer. Mais ce que j’ai compris, c’est que tu ne pouvais pas coucher avec un noir.

- Ah bon. J’en ai quand même drôlement envie…

- Oui mais ce serait une marque de soumission. Si j’ai bien compris, si tu couchais avec un noir ce serait comme si tu le considérais encore comme un esclave. Ou comme un singe. Je ne sais plus.

- N’importe quoi !

- Non mais c’est un processus inconscient tu vois. Un réflexe raciste. Les filles blanches qui veulent coucher avec un noir sont des racistes. Tout comme celles qui ne le veulent pas d’ailleurs.

- Mais je m’en fous qu’il soit noir !

- Ah non, pas du tout. C’est la première chose sur lui que tu m’as dit. Et tu m’a même demandé si ça ne me gênait pas. Preuve que la couleur est pour toi un problème potentiel.

- Heu, oui, mais…

- Ecoute, ce que je vais faire, c’est prétendre que je n’ai rien entendu et on ne reparlera jamais de cette histoire. Cela vaut mieux pour toi. Je n’aimerais pas que ton ami noir apprenne ce que tu dis de lui.

- Bon… D’accord…

- Je fais ça pour toi tu sais.

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Comme en quarante

Ilys girls — Article écrit par le 1 octobre 2012 à 7 h 53 min

Eh ouais. Vous l’aviez compris. Avec Ginette c’est reparti.

Comme en quarante comme on dit.

Ce qui me fait me demander comment ça va se finir cette fois…

Vous saviez qu’avant on disait repartir comme en quatorze ? Ça avait du sens. Un sens un peu négatif à l’époque, certes, mais aujourd’hui ? Plus de soixante après la seconde guerre mondiale, faut reconnaitre qu’il y aurait plus de positif à utiliser l’expression comme en quatorze.

Parce qu’il y a quand même une vraie victoire au bout.

Mais comme en quarante… Là, le positif, je vois pas.

C’est un truc de loser ça.

Et puis de nos jours…

Au vingt et unième siècle…

Quoiqu’il en soit, étant donné que ce n’est pas vraiment la fleur au fusil qu’on se remet ensemble, moi et Ginette, mais plutôt par misère et obligation, je trouve néanmoins que l’expression comme en quarante est appropriée.

Mais avec Ginette, on a décidé de changer.

Tout le monde peut changer.

C’est Stallone qui le dit dans un de ses films.

Bref, Ginette a accepté de céder une fois par semaine à mes fantasmes sexuels et j’ai accepté en retour de la sortir une fois par semaine. Donnant-donnant comme on dit. Ou gagnant-gagnant, je ne sais plus.

Comme elle est maligne, elle m’a dit qu’elle ne céderait à mes fantasmes sexuels qu’après notre sortie en couple hebdomadaire et pas avant. Une sorte d’assurance en quelque sorte.

Et moi, comme un con, je n’ai même pas fait semblant de négocier. J’ai accepté d’emblée. Sans grogner.

Alors, méfiante, elle a précisé que sortir au parc des princes voir le PSG ne compterait pas.

Ou alors en loge présidentielle.

Comme si j’avais les moyens…

J’ai accepté mais j’ai immédiatement précisé qu’en cas de mal de tête soudain à la fin de notre sortie, elle passerait quand même à la casserole le soir même ou, le lendemain. Et que, la semaine dans le mois où elle est indisposée, il n’y aurait pas de sortie sauf si elle accepte de céder à mon « fantasme secret ».

Au final, je trouve qu’on a un accord équilibré.

Je suis même persuadé que je pourrais lui soutirer deux ou trois fellations dans le mois si je vais la chercher en voiture après son boulot par exemple.

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Fierté masculine

Ilys girls — Article écrit par le 23 septembre 2012 à 8 h 17 min

- Vas-y ! Vas-y plus fort !

- Ok !

- Plus fort ! Plus fort !

- D’accord, d’accord !

- Comme ça ! Voilà ! Comme ça !

- Hun hun.

- Plus fort ! Défonce moi !

- Hun hun hun.

- Allez, allez !

- Hun hun hun hun hun ! Ah ! Ah ! Roarghhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh ! Crrajofejoefjioefjoefef ! Aaaaaaaah ! Poutine ! Aaaaaaaaaaaaaaaah ! Raaaaaaaaaaggghhhhhreeeeuuuggghhhh ! Pinochet ! Mouurjfejefkefkefjkefkefkef ! Roooooooooooooooooggfgghgghh… Smurf…. hurg…

Merde.

Mais bon. Deux voire trois minutes, ce n’est déjà pas si mal. Et puis, à force de me dire d’accélérer, elle s’attendait à quoi la Ginette ? Hicham El Guerrouj ?

- Putain, t’aurais pu te retenir un peu !

- Je suis désolé. Tu étais trop formidable.

- Oui ben je ne peux pas te retourner le compliment…

- Quand je suis amoureux, mon coeur déborde, je contrôle pas ! C’est les sentiments qui parlent pour moi !

Je sais.

C’est complètement con et niais.

Mais c’est le genre de trucs qui marchent avec Ginette, même si elle fait la dure. Même si elle soupçonne que je me fous de sa gueule. Mais ça lui fait plaisir quand même. Les mots lui font plaisir. Peu importe la réalité derrière ceux-ci.

- Pffff…

- Je t’aime tellement.

Ne pas rigoler. Ne pas rigoler.

- Bon. Allez… Viens dans mes bras mon gros précoce.

- Oh oui mon amour.

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Plan Cul Régulier

Ilys girls — Article écrit par le 15 septembre 2012 à 9 h 49 min

J’ai revu Ginette.

On avait des trucs à se rendre.

Moi des sous-vêtements à elle. Mais j’ai quand même conservé une de ses petites culottes en coton, type « petit bateau ». Ma préférée. J’ai prétendu ne pas l’avoir retrouvée. C’est que je l’utilise fréquemment depuis notre rupture et ça se voit.

Elle, elle avait récupéré une collection de gel intime et divers accessoires érotiques que j’avais entreposé dans son appartement dans l’espoir que ça lui donne des idées.

J’ai remarqué qu’elle ne m’a pas rendu un certain objet translucide bleu en forme de dauphin…

Élégamment, je n’a rien dit à ce sujet et me suis contenté d’un clin d’oeil complice.

Après tout, c’était un cadeau.

On s’est posé sur une terrasse pour échanger. Oh, on aurait pu faire ça en passant, dans un couloir de métro, en deux secondes c’était fait. Mais non. Me demandez pas pourquoi. Il y a un truc qui nous a poussé à prendre un peu de temps pour ça. Je crois que j’ai voulu mettre du sens. Ginette, c’est ma seule histoire, alors, au final, ça me semble normal d’investir de l’affect là-dedans et même si je ne ressens fondamentalement rien pour elle. Je veux dire, c’est comme se mettre sciemment avec une fille moche et se marier avec elle. Vous faites pas ça pour le plaisir. Parce qu’elle bouleverse quelque chose en vous. Non, vous faites ça parce qu’il le faut bien. Parce qu’il faut en passer par là. Parce que vous n’avez pas pu avoir mieux. Et donc vous mimez l’amour et toutes les choses qu’il fait faire. Parce que c’est comme ça que les autres font. Et même si les beaux, majoritaires sur les terrasses, vous regardent en se marrant un peu, plus ou moins conscients de la comédie pathétique que vous jouez, eh bien vous le faites. Un moche ne peut pas tromper un beau. Le beau il sait que c’est déjà compliqué de sortir avec un beau et de ressentir des choses pour elle ou lui. Alors quand le moche se la joue prince devant une fille moche qui se prétend princesse, il n’est pas dupe.

Pourtant je n’allais certainement pas la supplier de revenir. Après qu’elle ait couché avec cet inconnu dans la boîte échangiste où je l’avais emmené, je m’attendais plutôt ce qu’elle me fasse des excuses et me demande pardon. D’autant qu’elle n’a pas répondu une seule fois à mes incessants coups de téléphones et messages sur son répondeur que je lui ai laissé pendant deux ou trois semaines après ce fâcheux épisode.

Je n’allais d’autant pas la supplier que je savais, après avoir espionné à son insu et tous les jours son compte facebook depuis notre séparation, qu’elle n’avait qu’un plan-cul-régulier en ce moment dans sa vie.

Et non, un plan-cul-régulier (dit PQR, c’est là qu’on se rend compte de l’influence de l’écriture SMS chez les jeunes), ce n’est pas toujours être en position de force.

Certes, dire qu’on a un plan-cul-régulier, c’est un peu faire partie de la haute. Enfin, de ceux qui ont autre chose à faire le soir qu’à baiser et faire des gosses. Mais plutôt parler de politique économique autour de la bouteille de rouge la plus chère du supermarché avant de rentrer chez soi et s’endormir chacun de son côté après avoir lu un roman qu’on ne trouve pas en gare. Le PQR c’est donc pour le genre de gens qui baisent de cinq-à-sept quoi. En loisirs. Tandis que de cinq-à-sept, nous autres sommes encore dans les transports en commun pour rentrer dans notre lointaine banlieue afin, pour ceux qui sont couples, de faire la bouffe aux plus petits et retrouver l’aîné dans les cages d’escalier de la cité d’à-côté avant qu’il ne fasse des conneries.

Le plan-cul-régulier c’est pas fait pour Ginette.

C’est trop romantique pour nous ça.

Ce qu’on recherche, Ginette et moi, c’est à satisfaire nos pulsions du bas-ventre et être en couple.

Parce que quand on est moche, le PQR, cela signifie quand on est une fille qu’on se fait troncher par un mec qui a honte de se mettre en couple avec vous. Et pour un mec, faut pas se tromper, c’est synonyme de se troncher une pute gratuite donc sale à un niveau ahurissant.

Tandis que pour les gens de la haute, revendiquer un PQR cela entraîne un débat d’esthète sur la question du supplément d’âme à mettre dans une relation de nos jours. Mais c’est un signe pour la fille qu’elle est libérée et pour le garçon qu’il n’est pas misogyne.

Voilà pourquoi, nous, les moches, on préfère être simplement un couple avec la baise hebdomadaire du samedi soir et les courses au supermarché le lendemain matin.

Le statut social du couple est le seul enviable quand on est moche.

Il présuppose que, malgré notre laideur, on aurait peut-être des qualités puisqu’on a quand même réussi à se dégoter quelqu’un.

Bref.

Avec Ginette on a décidé de se revoir.

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Toutes des sa* sauf les pu*

Ilys girls — Article écrit par le 7 septembre 2012 à 7 h 45 min

Je crois que cela a commencé dès la primaire. Les filles ne voulaient pas jouer avec moi. Moi, pourtant, j’étais prêt à jouer avec elles. Même à des jeux de filles s’il l’avait fallu. De toute façon ça aurait été ça ou rester seul dans la cour. Je suis donc resté seul. Mais je n’étais pas une fille me disaient-elles. Pour celles qui me répondaient. Je n’ai même pas envie de parler de celles qui partaient en courant ou qui s’esclaffaient bruyamment. Pourtant, je me souviens très bien avoir vu des garçons jouer avec elles. Mais c’était différent.

J’ai cru qu’il s’agissait d’un manque de popularité.

Au collège, les filles n’aimaient pas se retrouver assises à côté de moi. Au point que cela n’a pas du arriver une seule fois au collège. Pourtant je me mettais au fond de la classe, je faisais le con et j’insultais les profs pour avoir l’air cool. J’étais d’ailleurs assez populaire parmi les garçons. Je leur ramenais des cigarettes, leur laisser emprunter, parfois pendant plusieurs semaines, mon scooter par exemple. Quand un mec de la bande se faisait prendre, je disais que c’était moi pour le couvrir. J’étais même parfois invité dans les soirées et je ramenais la sono, l’alcool et les jeux vidéos. Mais ça ne suffisait manifestement pas.

Trop timide pour demander, je n’ai jamais su pourquoi ça n’avait pas fonctionné au collège.

Au lycée, aucune fille n’a voulu sortir avec moi. Je n’étais pas assez vieux me disaient-elles, pas assez mature. Ce qui ne les empêchaient pas de sortir parfois avec des copains de classe dont la maturité ne m’avait jamais jusqu’ici sauté aux yeux.

J’ai donc attendu la maturité.

Jusqu’à ma deuxième année de fac en fait. Là, je suis retourné au lycée. Mais j’étais devenu trop vieux pour elles cette fois. Merde… Alors j’ai tenté avec les premières années de fac. Mais je n’étais pas assez cool disaient-elles. Je me trouvais pourtant cool. J’avais lâché mon sac à dos, adopté une sacoche. J’avais des pantalons en toile et des polos. Je participais à des assemblées générales. Donnais mon opinion sur la guerre en Irak et protestais contre la remise en cause rampante de l’avortement. J’ai acheté de l’herbe aussi, pour être cool. Bref, je ne comprenais pas ce qui clochait jusqu’au jour où une fille que j’avais essayé d’embrasser après lui avoir fourni mes notes de cours du semestre m’a suggéré de faire un traitement contre l’acné.

J’ai donc attendu d’avoir la peau lisse.

Arrivé en dernière année de master de sociologie je n’avais plus aucun bouton sur la gueule. A moi les jeunes étudiantes me suis-je dis ! Que dalle. Pas une n’a semblé intéressée alors que, pourtant, sûr de moi, je multipliais les avances. Elles étaient toutes en couple. Ou alors sortaient d’une relation de couple difficile. Elles avaient besoin de temps. J’ai bien essayé d’en démaquer certaines mais rien à faire, manque de bol, j’ai toujours visé celles qui étaient fidèles. Un jour que je m’en ouvrais à l’amie d’un ami, celle-ci m’a suggéré de m’inscrire sur meetic.

Je me suis inscrit sur meetic.

Mais les filles reçoivent mille sollicitations à la seconde sur ce genre de site. J’ai pourtant soigneusement rempli mon profil. Toutes les cases. Ajouté des photos et donc, statistiquement, selon le site, augmenté mes chances de rencontre mais je n’ai jamais eu la moindre réponse positive. Une seule fille m’a répondu, mais, manque de bol, elle était en train de déménager. Elle m’a dit qu’elle aimerait bien m’avoir comme ami avant de partir. C’était déjà ça. On s’est tout de suite formidablement entendu pourtant. Mais elle a préféré conserver notre belle amitié plutôt que de la ruiner avec une histoire de cul entre nous. Je n’étais pas forcément d’accord, mais je n’ai pas vraiment eu mon mot à dire. J’ai participé à son déménagement ensuite, loué une camionnette et transporté son barda jusque dans sa lointaine banlieue. Après, on s’est perdu de vue, elle a du changer d’adresse mail et je ne l’ai jamais revu. Avant de la quitter, après son déménagement, elle m’a donné de bons conseils pour attraper des filles. Elle m’a dit d’écrire sur internet. De me faire un pseudonyme. De ne pas divulguer quoique ce soit sur ma personne, pas un renseignement ni la moindre photo. De jouer le mystère.

J’ai joué le mystère.

C’était un bon conseil. Je me suis à écrire sur internet et j’ai rapidement eu un certain succès auprès de la gente féminine (comme on dit quand on écrit). Mes papiers sur l’avortement (souvenirs de fac), sur les meilleurs sex-toys (où je laissais libre cours à mon imagination) et autres sujets girly-friendly (pourquoi les hommes se moquent de l’épilation chez les filles, etc.) étaient commentés par de fidèles lectrices, qui, rapidement, ont souhaité me rencontrer dans le monde réel pour, disaient-elles, deviser de choses et d’autres. Patatras ! Une fois en face de moi aucune n’a jamais voulu aller plus loin qu’un verre et cinq minutes de discussion maximum sur ces choses et d’autres. C’est que, disaient-elles, elles s’étaient fait une image de moi qui ne correspondait pas à ce qu’elles avaient devant les yeux. Mais elles m’ont rassuré, cela leur arrivait aussi au cinéma lorsque elles allaient voir un film pour lequel elles avaient déjà lu le livre. Je ne devais donc absolument pas le prendre personnellement.

Je ne l’ai donc pas pris personnellement.

C’est là que Ginette est apparue dans ma vie.

Et qu’elle m’a révélé que j’ai une putain de sale gueule, que je suis moche, laid, repoussant. Je ne m’étais jamais pris pour un dieu grec, mais enfin, à ce point, ça fait un choc. Surtout que personne ne m’en avait jamais parlé avant.

Depuis Ginette m’a quitté. Dieu sait qu’elle est moche elle aussi pourtant.

Et je suis probablement condamné à vivre seul le restant de ma vie.

Depuis je vais aux putes aussi. Il y en a toujours une pour moi. Elle ne renâcle jamais. Elle me regarde. Elle me touche.

Elle me rend heureux.

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La vie sans Ginette

Ilys girls — Article écrit par le 1 septembre 2012 à 6 h 48 min

Trois heures que je suis accoudé au bar. J’ai tenté plusieurs rapprochements dans ce laps de temps. Plus d’une dizaine au total. Mais pas une seule fille n’a échangé plus de trois mots avec moi.

Mêmes les groupes de moches.

C’est d’un déprimant.

Je propose pourtant de leur payer un verre. Mais elles savent bien qu’on est pas au Ritz ici et que cette proposition n’est pas un simple hommage désintéressé à leur beauté renversante. Pour preuve, je ne suis pas beau et je porte un tee-shirt blanc délavé à la gloire de Microsoft. Et si, elles, sont jolies, c’est dans un jean taille basse d’où l’échancrure du string affleure qu’elles commandent une bière au bar.

Non.

On est pas vraiment au Ritz.

Et donc, ce que je vais demander en échange, c’est le droit de m’incruster durant toute la durée de consommation dudit verre avec l’espoir même pas secret, après, de les baiser.

Et puis c’est tout.

Un ami libéral (les meilleurs en matière de nanas avec les militants NPA et les étudiants en mathématiques) m’a conseillé de me la jouer plus détaché.

- Offre lui le verre. Mais de loin. Par le truchement du serveur. Ne la regarde que cinq secondes après que le serveur t’ai désigné à la fille surprise qu’on lui paie quelque chose dans un bar parisien moyen sans l’avoir saoulé de paroles pendant dix minutes auparavant. Fixe la intensément mais pendant deux ou trois secondes, pas plus, puis baisse lentement les yeux avec un léger sourire. Ne fais pas un seul pas vers elle. Si elle ne vient pas vers toi, sors au bout de dix minutes. Mais reviens le lendemain vers la même heure. Ou la semaine suivante, le même soir, à la même heure. Et, si elle est là, réédite le même scénario.

Ouais.

Peut-être que c’est plus stratégique.

Mais faut avoir le temps ou être beau gosse ténébreux pour que ça marche.

Pour ceux qui sont moins bien dotés par la nature et qui ont des besoins à satisfaire, la tactique la plus efficace c’est de multiplier les essais jusqu’à en trouver une bourrée comme il faut ou aussi désespérée que vous.

Parce que le côté mystérieux des moches eh bien ça n’existe tout simplement pas. Si tu fais ça et que t’es moche, tu passes juste pour un con au pire, un rêveur au mieux ou un pauvre type plus sûrement encore.

Bref, typiquement le genre de mystère qu’une jolie fille n’a aucune envie d’aller éclaircir.

Non, quand tu n’es pas beau, faut aller au charbon. Se prendre des râteaux par dizaine pour arriver à en attraper une. La travailler au corps. Faire ressortir d’autres qualités. Moi je mens sur mon compte en banque, Alain Soral parlera de sa grosse bite, XP jouera de son statut d’écrivain, quant à Il Sorpasso il n’en aura pas besoin parce qu’il est très beau.

Le salaud.

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Ma première expérience homosexuelle

Ilys girls — Article écrit par le 24 août 2012 à 7 h 33 min

- Ça te dit de venir chez moi pour faire des câlins ?

Hmmm… Comment te dire… Tu es un homme ? Tu es un homme dans la quarantaine ? Tu es un homme dans sa quarantaine qui n’est pas très attractif ?

- Non.

- Si tu veux je te suce.

- Heu…

Je n’ai plus de nouvelles de Ginette depuis vendredi dernier.

J’ai bien essayé de la rappeler plusieurs fois. Mais je crains que le tout premier message répondeur que j’ai laissé, celui où je lui explique qu’elle n’est qu’une grosse pute ignoble, l’ait éloigné de moi pour quelques temps.

En attendant, moi, je m’étais habitué à baiser régulièrement.

Je suis en manque.

J’ai bien essayé de me dire que ma séparation, temporaire, avec Ginette, était une chance. Que j’allais de nouveau pouvoir vivre rien que pour moi. Accomplir de vieux projets laissés en suspens. Draguer sans une once de mauvaise conscience (cette mauvaise conscience est sûrement ce qui m’a empêché de conclure avec les filles que je draguais pendant que j’étais avec Ginette) et multiplier les aventures d’un soir.

Mais qui je trompe ?

Même pas moi.

Et dieu sait que j’aurais envie d’y croire.

Ginette a été de mémoire la seule fille, si on excepte ma mère, qui ait accepté de toucher mon sexe.

Même la pédiatre qui s’occupait de moi jusqu’à mes dix-huit ans n’a non seulement jamais examiné cet endroit précis de mon anatomie, mais elle ne l’a jamais regardé non plus.

Certes, après, je me suis bien exhibé quelque fois dans des parcs devant des groupes de jeunes filles. Mais ce n’est pas allé plus loin. J’ai testé la plage naturiste aussi. Mais personne ne me regardait vraiment. Quand bien même lorsque debout sur le sable, avec une nonchalance affectée, je tirais ostensiblement sur mon sexe avec une main tout en regardant pensivement vers le large.

- Alors, intéressé ?

Après tout, CSP aussi a testé l’homosexualité. Et il est autrement plus beau et viril que moi. Donc bon…

- Ok. Mais ne t’attends pas à ce que je te le fasse hein ?

- Relax mon poussin, relax. Allez, laisse toi faire. Je m’occupe de tout.

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Ma première soirée échangiste

Ilys girls — Article écrit par le 18 août 2012 à 9 h 10 min

Dans ma quête pour obtenir les faveurs d’autres filles et pouvoir assouvir mon fantasme secret, j’ai décidé d’innover.

Erreur.

Je suis un conservateur dans l’âme je crois.

Je crois que c’est lorsque j’ai vu la jolie jeune fille que je convoitais depuis le début se faire presque littéralement culbuter sur le dossier d’un immonde sofa d’une couleur indéfinie par un cinquantenaire moche et bedonnant et après avoir refusé par trois fois mes avances auparavant que j’ai su que les clubs échangistes n’étaient pas fait pour moi.

Moi.

Le trentenaire moche et bedonnant.

D’autant que, un peu plus loin, Ginette se faisait, elle, quasi-littéralement démonter par un mec trop fois plus baraqué et manifestement bien mieux doté que moi si j’en crois ma mémoire auditive.

Il y a des moments dans la vie où on se sent seul même collé au beau milieu d’une foule nue et suante.

Dire que quelques instants plus tôt j’étais ravi qu’on m’ait autorisé, moi qui ne suis pas très beau, à rentrer avec ma petite amie également moche…

Comme tout change vite.

Voilà tout ce que je me disais, seul, sur le trottoir parisien en revenant vers une autolib.

Et aussi que depuis l’aube de l’humanité, c’est une grande preuve de sagesse que de savoir se retirer à temps.

Bon.

Pour la dignité on repassera.

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