Archives pour la catégorie ‘Culture’
Le prix de la citoyenneté
Citations, Histoire — Article écrit par Vae Victis le 27 août 2011 à 0 h 06 minDeux ou trois accès de colère en un siècle n’empêchaient pas le peuple lui-même d’étendre et d’avilir le droit de cité par le nombre toujours croissant des décrets honorifiques. Déjà dans les dernières années du Vème siècle, ce genre d’abus faisait rire ou crier [...] Bientôt les récriminations des orateurs se font aussi vives et aussi fréquentes contre la facilité des naturalisations que contre les inscriptions frauduleuses. Isocrate s’attriste de voir prostituer un titre de noblesse qui devrait inspirer tant de respect et d’orgueil.
Démosthène, dans une de ces tirades qu’il sait par cœur et qu’il fait passer d’un discours à un autre, oppose le temps où la plus belle récompense que pussent obtenir les souverains étrangers était une fictive exemption de taxe à ces tristes jours où le droit de cité n’est qu’une vile marchandise offerte à des esclaves fils d’esclaves. Ce n’est pas, dira-t-il à l’Assemblée, que vous soyez pas nature inférieurs à vos pères ; mais ils avaient, eux, la fierté de leur nom, et cette fierté, vous l’avez perdue.”
[...]
On ne voit pas encore au IVème siècle, comme à l’époque hellénistique, les banquiers cumuler autant de nationalités qu’ils ont de succursales et les cités vendre officiellement à prix fixes les lettres de naturalisation. Isocrate exagère évidemment, quand il en vient à dire que les étrangers remplacent les citoyens à la guerre. Pourtant dans ces exagérations, il y a beaucoup de vrai. Les exemples que nous fournissent les orateurs et les inscriptions donnent l’impression bien nette que les décrets conférant le droit de cité augmentent en nombre et diminuent en valeur.[...] Un fait curieux, bien propre à échauffer la bile de Démosthène, montre avec quelle légèreté se faisaient les nominations de ce genre: le droit de cité est successivement accordé au roi de Thrace Cotys et à ses meurtriers.
Gustave Glotz, La Cité Antique, 1928, pp.419-421
Étiquetté : Antiquité, Athènes, démocratieTristesse gauloise
Citations, Littérature — Article écrit par Vae Victis le 18 août 2011 à 23 h 53 minQui a bien pu accréditer cette idée que la France était le pays de la gaudriole et du libertinage ? La France était un pays sinistre, entièrement sinistre et administratif.
Houellebecq, Plateforme ; p.67
Étiquetté : France, HouellebecqLa colère d’Achille
Citations, Littérature — Article écrit par Vae Victis le 3 août 2011 à 19 h 00 minEt les luttes ayant pris fin, les peuples se dispersèrent, rentrant dans les nefs, afin de prendre leur repas et de jouir du doux sommeil. Mais Akhilleus pleurait, se souvenant de son cher compagnon; et le sommeil qui dompte tout ne le saisissait pas. Et il se tournait çà et là, regrettant la force de Patroklos et son coeur héroïque. Et il se souvenait des choses accomplies et des maux soufferts ensembles, et de tous leurs combats en traversant la mer dangereuse. Et, à ce souvenir, il versait des larmes, tantôt couché sur le côté, tantôt sur le dos, tantôt le visage contre terre. Puis il se leva brusquement, et plein de tristesse, il erra sur le rivage de la mer. Et les premières lueurs d’Eôs s’étant répandues sur les flots et sur les plages, il attela ses chevaux rapides, et, liant Hektôr derrière son char, il le traîna trois fois autour du tombeau du Ménoitiade. Puis il rentra de nouveau dans sa tente pour s’y reposer, et il laissa Hektôr étendu, la face dans la poussière.
Homère, Iliade, Chant XXIV (extrait), trad. Leconte de Lisle.
Étiquetté : Achille, Hector, Homère, Iliade, TroieLe bandeau du maréchal Ney
Citations, Littérature — Article écrit par Vae Victis le 30 juillet 2011 à 18 h 49 minJ’ai pour la première fois eu le sentiment que sur la plupart des points il n’y avait que deux positions possibles, mais qu’il importait de distinguer des niveaux à l’intérieur de chacune, lorsque j’avais quatorze ou quinze ans et lisais une Histoire des Deux Restaurations, probablement celle du vicomte de Vaulabelle. Il s’agissait de l’exécution du maréchal Ney. Le maréchal, au moment d’être fusillé, avait refusé le bandeau qu’on lui proposait. Et c’est sur cette figure du condamné à mort et du bandeau que s’était greffée ma réflexion, ou ma rêverie. Le condamné à mort ne peut qu’accepter ou refuser le bandeau. Mais il peut prendre l’une ou l’autre décision pour des raisons tout à fait différentes :
1) Le condamné à mort accepte le bandeau, parce qu’on le lui propose et qu’il ne songe pas à le refuser.
2) Le condamné à mort refuse le bandeau, parce qu’il est courageux et veut voir la mort en face (Ney, etc.).
3) Le condamné à mort accepte le bandeau parce que la position 2 lui paraît ridiculement banale, et fastidieuse cette tradition éculée du condamné à mort qui refuse le bandeau pour montrer qu’il est courageux et peut regarder la mort en face.
4) Le condamné à mort refuse le bandeau, bien qu’il soit tout à fait d’accord avec la position 3, parce que ça l’intéresse de voir ce qui se passe.
5) Le condamné à mort accepte le bandeau, parce qu’il craint que la position qu’il aurait eu tendance à adopter, la quatrième, ne soit confondue avec la seconde, et que sa simple préférence pour une absence de bandeau ne passe pour une démonstration ridicule à ses yeux d’héroïsme codifié.
6) Le condamné à mort refuse le bandeau, parce que la position 5, au moment où il va s’y ranger, lui paraît témoigner d’un souci exagéré de l’opinion des observateurs, et qu’il lui est indifférent que ceux-ci, et l’Histoire éventuellement, confondent sa simple préférence avec une démonstration de courage stéréotypé.
7) et II. 1) Le condamné à mort accepte le bandeau, parce que toutes les précédentes tergiversations, auxquelles il s’est rapidement livré, lui paraissent absurdes, et vulgaire leur affectée subtilité, qu’on lui propose le bandeau et que le plus simple est de l’accepter.
II. 2) Le condamné à mort refuse le bandeau parce que, revenu à II. 1), il n’en préfère pas moins affronter la mort sans bandeau, et qu’il n’a pas l’intention de négliger sa simple préférence pour le seul souci de démontrer, ne serait-ce qu’à ses propres yeux, qu’il est bien au-delà des banales subtilités de la bathmologie avant la lettre.
Renaud Camus, Buena Vista Park, 1980
Étiquetté : Camus, NeyAmy Winehouse, junk-junky
Musique — Article écrit par Vittorio le 29 juillet 2011 à 12 h 18 minJe n’ai jamais pu supporter Amy Whinehouse. Je ne sais pas par où commencer tellement la liste des griefs et des fautes de gouts est longue. Sa coiffure grotesque, son maquillage outrancier, ses tatouages dégoutants, sa dégaine de racoleuse éméchée, ses moues de fille à papa capricieuse, ses prestations scéniques au foirage parfaitement entretenue- au point que c’est bien pour la voire s’effondrer que les gens achetaient les billets, sa « vie affective » collection morbide et convenue d’amants crados, petits arrivistes machiavels de press people (what else) avec lesquels elle se battait pour mimer l’antique conflit de la différence des sexe mais qui n’illustrait que sa pathétique absence, bref toute la panoplie du toc vintage repackagé, une salade des clichés de la dépravation des anciennes idoles du Rock, l’autodestruction savamment mise en scène-afin de cibler à la fois les jeunes crétins sans culture musicale pop et les vieux abrutis bourgeois enthousiastes, ceux qui croient encore que ce n’est pas eux la middle-class toute-puissante. Et le point d’orgue, évidemment : sa musique, de la soul d’ascenseur pour pisseuse abrutie, de la bouillie Rythm’n Blues au beat cardiaque de junky sous injection en pleine régression placentaire, des cuivres indignes d’une fanfare d’équipe locale de football US, des miaulements pompés à Ella Fitzgerald et Aretha Franklin et recrachés avec la conviction d’un Jacques Chirac prononçant un discours de droite.
Amy Whinehouse ou la junky de la ménagère, bouche-trous des tabloïds, des radios tintamarresques et de la discothèque de vieux pédocs, de la soul sous vide pour une époque bruyante qui remaquille le cadavre à la bouche ouverte de ce qu’a pu être le rock pris dans ses grandes largeurs. Baudruche pour baudruches dont les variations de poids était au fond le seul point d’intérêt inconscient pour ses fans adeptes de junk-music, qui guettaient sa mort tels des vautours afin de valider a posteriori le fait qu’ils écoutaient bien du rock, et que eux sont bien vivants et en bonne santé et espèrent malheureusement le rester longtemps, en s’offrant quelques frissons -musicaux ou alcoolisés-entre deux footings. Comme s’il n’y avait plus que la danse de dépouille anémique et le spectacle de l’excès vacillant comme indicatif de leur propre prospérité hygiénique. Mais le réel poussera délicieusement l’ironie jusqu’à faire en sorte que son autopsie ne révèle absolument rien sur les causes de son décès. Immaculée disparition. A moins que cela ne vienne justement pas contredire le fait qu’on vient bien d’inventer l’icône jetable, dont la mort n’est que le prolongement aseptisé et fictif d’une existence aussi expiatoire qu’artificielle.
Are the Empire really the good guys and the Jedi Knights Nazi secessionists ?
Cinéma, Citations — Article écrit par Vae Victis le 27 juillet 2011 à 19 h 19 minL’article date mais il mérite toujours le coup d’œil pour son analyse à contre-courant de l’univers de Star Wars.
Étiquetté : Star WarsThe Case for the Empire
From the May 16, 2002 Daily Standard: Everything you think you know about Star Wars is wrong.
by Jonathan V. Last
12/26/2002 12:00:00 AMSTAR WARS RETURNS today with its fifth installment, « Attack of the Clones. » There will be talk of the Force and the Dark Side and the epic morality of George Lucas’s series. But the truth is that from the beginning, Lucas confused the good guys with the bad. The deep lesson of Star Wars is that the Empire is good.
It’s a difficult leap to make–embracing Darth Vader and the Emperor over the plucky and attractive Luke Skywalker and Princess Leia–but a careful examination of the facts, sorted apart from Lucas’s off-the-shelf moral cues, makes a quite convincing case.
First, an aside: For the sake of this discussion, I’ve considered only the history gleaned from the actual Star Wars films, not the Expanded Universe. If you know what the Expanded Universe is and want to argue that no discussion of Star Wars can be complete without considering material outside the canon, that’s fine. However, it’s always been my view that the comic books and novels largely serve to clean up Lucas’s narrative and philosophical messes. Therefore, discussions of intrinsic intent must necessarily revolve around the movies alone. You may disagree, but please don’t e-mail me about it.
If you don’t know what the Expanded Universe is, well, uh, neither do I.
I. The Problems with the Galactic Republic
At the beginning of the Star Wars saga, the known universe is governed by the Galactic Republic. The Republic is controlled by a Senate, which is, in turn, run by an elected chancellor who’s in charge of procedure, but has little real power.
Scores of thousands of planets are represented in the Galactic Senate, and as we first encounter it, it is sclerotic and ineffectual. The Republic has grown over many millennia to the point where there are so many factions and disparate interests, that it is simply too big to be governable. Even the Republic’s staunchest supporters recognize this failing: In « The Phantom Menace, » Queen Amidala admits, « It is clear to me now that the Republic no longer functions. » In « Attack of the Clones, » young Anakin Skywalker observes that it simply « doesn’t work. »
The Senate moves so slowly that it is powerless to stop aggression between member states. In « The Phantom Menace » a supra-planetary alliance, the Trade Federation (think of it as OPEC to the Galactic Republic’s United Nations), invades a planet and all the Senate can agree to do is call for an investigation.
Like the United Nations, the Republic has no armed forces of its own, but instead relies on a group of warriors, the Jedi knights, to « keep the peace. » The Jedi, while autonomous, often work in tandem with the Senate, trying to smooth over quarrels and avoid conflicts. But the Jedi number only in the thousands–they cannot protect everyone.
What’s more, it’s not clear that they should be « protecting » anyone. The Jedi are Lucas’s great heroes, full of Zen wisdom and righteous power. They encourage people to « use the Force »–the mystical energy which is the source of their power–but the truth, revealed in « The Phantom Menace, » is that the Force isn’t available to the rabble. The Force comes from midi-chlorians, tiny symbiotic organisms in people’s blood, like mitochondria. The Force, it turns out, is an inherited, genetic trait. If you don’t have the blood, you don’t get the Force. Which makes the Jedi not a democratic militia, but a royalist Swiss guard.
And an arrogant royalist Swiss guard, at that. With one or two notable exceptions, the Jedi we meet in Star Wars are full of themselves. They ignore the counsel of others (often with terrible consequences), and seem honestly to believe that they are at the center of the universe. When the chief Jedi record-keeper is asked in « Attack of the Clones » about a planet she has never heard of, she replies that if it’s not in the Jedi archives, it doesn’t exist. (The planet in question does exist, again, with terrible consequences.)
In « Attack of the Clones, » a mysterious figure, Count Dooku, leads a separatist movement of planets that want to secede from the Republic. Dooku promises these confederates smaller government, unlimited free trade, and an « absolute commitment to capitalism. » Dooku’s motives are suspect–it’s not clear whether or not he believes in these causes. However, there’s no reason to doubt the motives of the other separatists–they seem genuinely to want to make a fresh start with a government that isn’t bloated and dysfunctional.
The Republic, of course, is eager to quash these separatists, but they never make a compelling case–or any case, for that matter–as to why, if they are such a freedom-loving regime, these planets should not be allowed to check out of the Republic and take control of their own destinies.
II. The Empire
We do not yet know the exact how’s and why’s, but we do know this: At some point between the end of Episode II and the beginning of Episode IV, the Republic is replaced by an Empire. The first hint comes in « Attack of theClones, » when the Senate’s Chancellor Palpatine is granted emergency powers to deal with the separatists. It spoils very little to tell you that Palpatine eventually becomes the Emperor. For a time, he keeps the Senate in place, functioning as a rubber-stamp, much like the Roman imperial senate, but a few minutes into Episode IV, we are informed that the he has dissolved the Senate, and that « the last remnants of the Old Republic have been swept away. »
Lucas wants the Empire to stand for evil, so he tells us that the Emperor and Darth Vader have gone over to the Dark Side and dresses them in black.
But look closer. When Palpatine is still a senator, he says, « The Republic is not what it once was. The Senate is full of greedy, squabbling delegates. There is no interest in the common good. » At one point he laments that « the bureaucrats are in charge now. »
Palpatine believes that the political order must be manipulated to produce peace and stability. When he mutters, « There is no civility, there is only politics, » we see that at heart, he’s an esoteric Straussian.
Make no mistake, as emperor, Palpatine is a dictator–but a relatively benign one, like Pinochet. It’s a dictatorship people can do business with. They collect taxes and patrol the skies. They try to stop organized crime (in the form of the smuggling rings run by the Hutts). The Empire has virtually no effect on the daily life of the average, law-abiding citizen.
Also, unlike the divine-right Jedi, the Empire is a meritocracy. The Empire runs academies throughout the galaxy (Han Solo begins his career at an Imperial academy), and those who show promise are promoted, often rapidly. In « The Empire Strikes Back » Captain Piett is quickly promoted to admiral when his predecessor « falls down on the job. »
And while it’s a small point, the Empire’s manners and decorum speak well of it. When Darth Vader is forced to employ bounty hunters to track down Han Solo, he refuses to address them by name. Even Boba Fett, the greatest of all trackers, is referred to icily as « bounty hunter. » And yet Fett understands the protocol. When he captures Solo, he calls him « Captain Solo. » (Whether this is in deference to Han’s former rank in the Imperial starfleet, or simply because Han owns and pilots his own ship, we don’t know. I suspect it’s the former.)
But the most compelling evidence that the Empire isn’t evil comes in « The Empire Strikes Back » when Darth Vader is battling Luke Skywalker. After an exhausting fight, Vader is poised to finish Luke off, but he stays his hand. He tries to convert Luke to the Dark Side with this simple plea: « There is no escape. Don’t make me destroy you. . . . Join me, and I will complete your training. With our combined strength, we can end this destructive conflict and bring order to the galaxy. » It is here we find the real controlling impulse for the Dark Side and the Empire. The Empire doesn’t want slaves or destruction or « evil. » It wants order.
None of which is to say that the Empire isn’t sometimes brutal. In Episode IV, Imperial stormtroopers kill Luke’s aunt and uncle and Grand Moff Tarkin orders the destruction of an entire planet, Alderaan. But viewed in context, these acts are less brutal than they initially appear. Poor Aunt Beru and Uncle Owen reach a grisly end, but only after they aid the rebellion by hiding Luke and harboring two fugitive droids. They aren’t given due process, but they are traitors.
The destruction of Alderaan is often cited as ipso facto proof of the Empire’s « evilness » because it seems like mass murder–planeticide, even. As Tarkin prepares to fire the Death Star, Princess Leia implores him to spare the planet, saying, « Alderaan is peaceful. We have no weapons. » Her plea is important, if true.
But the audience has no reason to believe that Leia is telling the truth. In Episode IV, every bit of information she gives the Empire is willfully untrue. In the opening, she tells Darth Vader that she is on a diplomatic mission of mercy, when in fact she is on a spy mission, trying to deliver schematics of the Death Star to the Rebel Alliance. When asked where the Alliance is headquartered, she lies again.
Leia’s lies are perfectly defensible–she thinks she’s serving the greater good–but they make her wholly unreliable on the question of whether or not Alderaan really is peaceful and defenseless. If anything, since Leia is a high-ranking member of the rebellion and the princess of Alderaan, it would be reasonable to suspect that Alderaan is a front for Rebel activity or at least home to many more spies and insurgents like Leia.
Whatever the case, the important thing to recognize is that the Empire is not committing random acts of terror. It is engaged in a fight for the survival of its regime against a violent group of rebels who are committed to its destruction.
III. After the Rebellion
As we all know from the final Star Wars installment, « Return of the Jedi, » the rebellion is eventually successful. The Emperor is assassinated, Darth Vader abdicates his post and dies, the central governing apparatus of the Empire is destroyed in a spectacular space battle, and the rebels rejoice with their small, annoying Ewok friends. But what happens next?
(There is a raft of literature on this point, but, as I said at the beginning, I’m going to ignore it because it doesn’t speak to Lucas’s original intent.)
In Episode IV, after Grand Moff Tarkin announces that the Imperial Senate has been abolished, he’s asked how the Emperor can possibly hope to keep control of the galaxy. « The regional governors now have direct control over territories, » he says. « Fear will keep the local systems in line. »
So under Imperial rule, a large group of regional potentates, each with access to a sizable army and star destroyers, runs local affairs. These governors owe their fealty to the Emperor. And once the Emperor is dead, the galaxy will be plunged into chaos.
In all of the time we spend observing the Rebel Alliance, we never hear of their governing strategy or their plans for a post-Imperial universe. All we see are plots and fighting. Their victory over the Empire doesn’t liberate the galaxy–it turns the galaxy into Somalia writ large: dominated by local warlords who are answerable to no one.
Which makes the rebels–Lucas’s heroes–an unimpressive crew of anarchic royals who wreck the galaxy so that Princess Leia can have her tiara back.
I’ll take the Empire.
Jonathan V. Last is online editor of The Weekly Standard.
Les Rebels sont des bolchéviques
Cinéma, Citations — Article écrit par Vae Victis le 25 juillet 2011 à 22 h 33 min– C’est l’Empire qui a la meilleure fin, déjà Luke se fait couper la main, il découvre que Vador est son père, et Han qui se fait congeler et garder par Boba fett. Tout cela se finit de façon si glauque, mais c’est comme ça la vie, c’est une suite de situations glauques, alors que le Jedi c’était vraiment le Muppet Show.
– Non il n’y avait pas que ça dans le Jedi. Ils construisent une autre étoile noire. Ok ? La première était terminée et tout à fait opérationnelle avant que les rebelles ne la détruise. Et la deuxième était en construction quand ils l’ont fait sauter. Il y a avait un truc la deuxième fois, j’ai toujours trouvé ça zarbi, et j’arrivais pas à mettre le doigt dessus, mais il y avait un truc qui clochait.
– Et t’as trouvé alors ?
– La première étoile noire était occupée par l’armée impériale, à bord il n’y avait que des soldats. Les sections d’assaut, les dignitaires, les gens de l’Empire. Quand elle saute aucun problème les méchants sont punis.
– Et la deuxième fois ?
– Le deuxième fois elle était même pas terminée, elle était encore en construction.
– Et alors ?
– Alors ! Un chantier comme ça, aussi gigantesque nécessite vachement plus de main d’œuvre que ne pouvait en fournir l’armée impériale. Je paris qu’ils ont fait appel à des entrepreneurs indépendants, des plombiers, des métallos, des couvreurs.
– Ouais, il n’y avait pas que des gens de l’Empire on est d’accord.
– Ouais c’est ça, ils voulaient que ce soit construit vite et bien, et ils ont engagé tout ceux qui pourraient faire le travail. Tu crois que le soldat de base sait installer un conduit de cabinet ? Ils ne savent que tuer et mettre leur uniforme blanc.
– Bon ils ont fait bosser des entrepreneurs indépendants, pourquoi ça te fous les boules que l’Etoile saute ?
– Tous les entrepreneurs innocents qu’ils avaient engagés se sont fait tuer. Ils ont été victimes d’une guerre qui ne les concernait pas. Et oui écoute, disons que tu es couvreur, un jour il y a un contrat d’Etat très juteux qui se présente, t’as une femme, des gosses, un pavillon en proche banlieue. Et on t’offre un contrat d’Etat, ça veut dire qu’il y a pleins d’avantages, c’est là qu’une bande de gauchistes arrivent et fait tout exploser à 5 kilomètres à la ronde avec ses lasers. Toi t’as rien demander, t’as pas de convictions politiques, t’essayes juste de te démerder pour gagner ta vie.
Clerks, les employés modèles
Étiquetté : communisme, Star WarsL’Empire du déclin
Cinéma, Citations — Article écrit par Vae Victis le 23 juillet 2011 à 22 h 18 minL’histoire des influences qui ont faites Star Wars.
Étiquetté : Lucas, Star WarsP R E A M B U L E
J’étais encore un môme, lorsque je fus émerveillé par SW ep IV: A New Hope, impressionné par l’ouverture et scotché devant l’apparition du Star Destroyer au début.
La trilogie originelle a émerveillé nos enfances et fait rêver bon nombre d’entre nous.
Et puis l’attente… la special edition 1997, et puis… l’episode One (TPM), et la déception que l’on connaît. Difficile de faire le deuil de ses rêves d’enfance. Comment en est-on arrivé là?Le but de ce topic n’est pas d’ouvrir le débat sur la prélogie SW, pour ou contre… mais il est de comprendre pourquoi un tel échec?
J’ai rassemblé ici des éléments destinés aux déçus de la prélogie qui veulent comprendre pourquoi et comment Lucas en est arrivé là, à cette débacle artistique.
Pour celui qui cherche à faire son deuil de ses rêves SW, à découvrir les causes du désastre en s’informant sur l’histoire de sa création…
Pourquoi bon nombre de fans originels se sont détournés, qu’a donc fait Lucas?C’est donc une sorte d’étude froide, de rapport « historique », presque clinique… une sorte d’autopsie, dans l’optique de la recherche de causalité, sans volonter de casser pour casser, mais dans le désir de comprendre POURQUOI.
I. Kurtz, Kasdan, Kershner… les hommes de l’ombre.
Rendons à César ce qui est à César, l’idée de faire un tel film est de Lucas.
Mais il y avait un inspirateur, un mentor… Gary Kurtz, producteur du American Graffiti de George Lucas, féru érudit de mythologie, d’anthropologie, de psychologie sociale, d’histoire des civilisations.
Son rôle est encore vague dans A New Hope (ANH – 1977), mais il est évident qu’il a joué un grand rôle, non seulement en faisant l’intermédiaire entre Lucas et la Fox, mais également en guidant George, encore jeune, dans l’écriture et la réalisation du film.
Preuve en est les comparaisons des premières versions du synopsis de SW ep IV: ANH, au résultat final. En effet, Lucas dès 1973 écrit une intrigue calquée sur Kakushi toride no san akunin (la forteresse cachée, 1958) de Kurosawa, et surtout, sur les storyboards de Moebius pour le projet du film Dune par Jodorowsky (d’après le roman de Franck Herbert, entreprise avortée) qui vont lui inspirer une grande part du design. Mais l’histoire que pond Georgy est très grossière et semble n’être qu’une linéaire succession de péripéties (tiens? comme la prélogie!) dans un univers SF à la « Flash Gordon ». C’est là qu’intervient Kurtz, poussant Lucas à réécrire et imprégner son histoire de spiritualité (la Force) et devenant un récit initiatique. Il est dès lors aisé de dire que Kurtz a été à Lucas ce qu’Obi-Wan est à Luke: un mentor, un guide, un père spirituel, un « Sempaï ». D’autant plus si l’on connaît la forte identification de George avec son Luke (Luke/Lucas) et que le personnage de Ben Kenobi est apparu tardivement dans le processus d’écriture.
George s’est entouré de mecs talentueux pour ce projet, outre Kurtz, on peut citer Lawrence Kasdan par la suite (co-scénariste sur ESB puis ROTJ), et surtout toute la bande de timbrés (designers et techniciens) des débuts d’ILM, les John Dykstra, Tipett, McQuarrie, Edlund, Baker, Cobb, Freeborn, … (le générique de l’epIV est monstrueux). Ces mecs étaient pour la plupart des artistes, des créateurs, des novateurs, des porteurs d’idées, voire des génies pour certains.Avec peu de moyens ils firent de véritables miracles. ILM utilisait des maquettes faites de produits de récupération en tout genre. Le tout filmé sur blue screen, avec des travelling assistés par ordinateur (technique dite du motion control) afin de mimer au mieux les déplacements des vaisseaux. En clair, c’est la caméra qui bouge autour de la maquette, pour donner l’illusion d’un déplacement cohérent.
Cette technique est encore à ce jour, inégalée dans le rendu réalistique. Elle donne une netteté et une crédibilité consistante à l’image, un piquant, une acuité inégalée dans le rendu des volumes, très loin du flou « toonesque » des computer graphics qui essayent de bluffer et de cacher leur pixélisation par des effets de flou (antialiasing et autres shading).1977. Succès planétaire de Star Wars (episode IV – ANH).
Une légende à laquelle il faut tordre le cou, c’est celle qui prétend que les critiques n’ont jamais aimé Star Wars. Comme c’était prévisible, la critique intello a descendu le premier Star Wars (ANH), mais une majorité de la presse US de l’époque a salué ANH, et encore davantage ESB. Papy Lucas a déformé la vérité pour justifier le piètre accueil de l’episode One (TPM).II. The Empire Strikes Back (1980).
Vient alors la réalisation de ce qui deviendra, de l’avis de bon nombre d’entre nous, le meilleur épisode de Star Wars: The Empire Strikes Back (ESB, 1980). Un tournage éprouvant qui marquera le divorce Kurtz/Lucas. Cette fois-ci, Lucas abandonne la réalisation et le scénario, viennent alors Lawrence Kasdan (scénario) et Irvin Kershner, un metteur en scène expérimenté et forte tête (le caractère de Yoda lui doit beaucoup, d’ailleurs). Kershner étant plutôt bon dans la direction des comédiens (cf ce qu’il arrive à faire exprimer à Mark Hamill lors de l’amputation et la révélation paternelle, ou encore l’émotion de Carrie Fisher lors de l’émouvante scène de congélation), il laissera à Harisson Ford un peu de liberté, permettant à Solo de gagner en importance dramatique (la fameuse réplique « Je t’aime. Je sais » on la doit à Harrison Ford).
Lucas s’est adjoint les services de deux scénaristes pour se pencher sur le script d’Empire. Leigh Brackett tout d’abord, grande romancière de SF (et scénariste de Rio Bravo et de certains épisodes d’Alfred Hitchcock présente.) qui succombera à un cancer peu après avoir achevé la première version du script. George confiera alors la réécriture à un jeune scénariste, Lawrence Kasdan (alors penché sur le script de son projet Indianna Jones: The Lost Ark) qui modifiera en profondeur le scénario initial. Ce dernier assimilera Anakin Skywalker et Darth Vader en un même personnage, faisant de Vader la figure paternelle et donnant une nouvelle dimension à la saga…
Un tournage au cours duquel Lucas, accablé par l’enjeu financier (il l’a entièrement financé avec ses propres deniers, preuve de la volonté du bonhomme, et c’est tout à son honneur) et par la pression, se contentait de surveiller de loin ce que faisaient Kershner et Kurtz (à la manière d’un Joel Silver), Kurtz étant le vrai patron sur le plateau et le réalisateur de la 2nd équipe de tournage (après la mort de John Ferry). Or, George Lucas a quasiment eu une attaque en voyant le résultat (le rythme assez lent, la violence, le ton noir et peu spectaculaire) et en constatant que Kurtz, qui voulait obtenir la perfection pour chaque scène dramatique et chaque Special FX, avait pris du retard sur le planning, principale priorité de Lucas au détriment de la qualité du film…
Kershner et Kurtz (auquel l’ambiance de Dagobah doit beaucoup) étaient les vrais défenseurs des scènes de Yoda face à un Lucas qui voulait plus d’action, et qui a remonté le film en voulant accélérer les séquences (d’ailleurs chez Lucas, il faut toujours mettre la grosse baston… à la fin, et non au début comme sur Hoth! Sacrilège!).
D’autre part, sur ROTJ, c’est Marquand qui a insisté pour filmer la scène avec Yoda contre l’avis, au départ, de Lucas et Kazandjian (qui trouvaient le tournage des scènes avec la marionnette trop complexes). Ce fut une des rares réelles contributions créatives de Marquand.La vérité est que Lucas a vraiment eu peur pour son argent (et c’est normal), et qu’il s’est rendu compte qu’il ne voulait pas prendre de risques en faisant un film trop anti-commercial.
Le fait est qu’il fut contraint de demander des fonds… à la Fox. Ce qu’il s’était juré de ne plus jamais faire. C’est cette blessure d’orgueil qui est à l’origine du départ de Kurtz, combinée avec la divergence de point de vue croissante entre les deux hommes sur ce que devait être Revenge of the Jedi.C’est pourquoi il s’est séparé de Kurtz pour embaucher Howard Kazandjian à la production sur ROTJ, et qu’il a tenu à écrire avec Kasdan le scénario pour ne pas que l’histoire lui échappe trop cette fois-ci, et qu’il a confié la réalisation à Richard Marquand, ex-marionettiste (donc parfait pour les Ewoks, Jabba, et autres Salacious Crumb du film…) et cinéaste inexpérimenté (donc manipulable, contrairement au vieux grigou Kershner)… On sait ce que ça donne: un Return Of The Jedi qui lorgne vers un public beaucoup plus jeune que Empire Strikes Back!
Dans Empire Building : The remarkable real life story of Star Wars de Gary Jenkins, biographie non-officielle de Lucas et compte-rendu du tournage de la saga, de 1977 à nos jours. Ni pro- ni anti-Lucas, le journaliste Jenkins dresse une liste des talents et des mérites de George Lucas sans occulter les « côtés obscurs » de sa personnalité, les évènements qui les expliquent, ainsi que la mutation de la petite cellule créative Lucasfilm en entreprise dépersonnalisée axée sur la gestion de « L’Empire Stars Wars ». Et il ressort notamment que Gary Kurtz a eu un rôle sur le succès de Lucas (« American Graffiti », et a fortiori « Star Wars », ne seraient pas nés sans lui) et sur la réussite de la trilogie originale (ESB est plus un film de Kurtz et Kershner qu’un film de Lucas) dont on ne soupçonne pas l’importance, et que seuls les collaborateurs de l’époque reconnaissent. Aucun n’a eu l’influence de Kurtz sur le coeur de la saga, son histoire et ses orientations esthétiques (c’est LUI qui a demandé au décorateur d’ESB de faire Dagobah le plus sombre et poisseux possible). Et c’est sans aucun doute le deuxième homme le plus important de la saga après Lucas, et avant Kasdan.
Des affirmations qui sont reprises par Mad Movies (Rafik Djoumi). Selon eux, ESB le sommet incontesté de la saga, le plus adulte des épisodes, est beaucoup plus dû au producteur Gary Kurtz et au réalisateur Irvin Kershner qu’à Lucas, dégoûté de la réalisation, reclus dans son ranch de San Francisco et occupé à consolider les bases de Lucasfilm Ltd.
Après Empire, Lucas a viré Kurtz officiellement pour les dépassements de budget (il faut voir là l’exigence perfectionniste de Kurtz pour les scènes dramatiques), mais officieusement pour pouvoir faire tranquillement SON Retour du Jedi plein d’Ewoks et avec un beau happy end-feux d’artifices (cet auto-sabordage de Lucas tue dans l’oeuf le projet de 3e trilogie), là où Kurtz imaginait un Revenge of the Jedi beaucoup plus ambigu et doux-amer.Le même Gary Kurtz qui, aujourd’hui, lorsqu’on lui demande ce qu’il pense de l’Episode One, répond avec embarras qu’il lui est difficile de donner un avis objectif, ayant à l’époque travaillé sur le sujet et envisagé une intrigue beaucoup plus mature, mais qu’il est tout de même triste de voir ce que sont devenus les Jedis, la Force, etc… et qu’il regrette que personne n’ose plus contester les choix de Lucas.
Ca fait mal. Et les mérites respectifs de Lucas et de Kurtz ne font plus guère de doute quand on compare ce que les deux hommes ont fait séparément avec Jim Henson au milieu des années 80 : avec Kurtz, ça donne le merveilleux Dark Crystal (dont la structure mythologique est similaire à Star Wars et les ambiances sombres très proches de Empire), avec Lucas, ça donne le nanar Labyrinth (et pourtant, je suis plutôt fan de la miss Jennifer Connelly).L’interview de Gary Kurtz : http://www.filmthreat.com/Interviews.as … p&Id=8
Quand le journaliste, plus virulent à l’égard de Lucas, lui demande son avis sur l’Episode 1, Kurtz se dit gêné de répondre car il ne peut juger les films objectivement, ayant travaillé dessus à l’époque. Il reconnait que c’est un bon divertissement, que beaucoup de choses sont réussies (ce qui est très diplômate de sa part!), mais qu’il n’approuve pas les choix d’écriture de Lucas concernant la Force (laïcisée, matérialisée en taux sanguin « midichlorélémique », une Force devenue aussi magique qu’un taux d’insuline), les Jedis, Anakin…
Dans une autre interview, on peut y lire ce que Kurtz voulait faire du 3e opus SW (le 6e donc), un Revenge of the Jedi… encore plus sombre et mature. Avec la mort de Han Solo, Luke qui se casse vivre en ermite, et pas un poil de bisounours décérébrés pour rameuter les mômes…
Leia n’étant alors pas la soeur de Luke (c’est Lucas qui l’a imposé pour couper court aux ambiguités d’un triangle amoureux Luke/Leia/Solo).
ça peut laisser des regrets.http://filmforce.ign.com/articles/376/376873p1.html (c’est en 4 pages)
http://filmforce.ign.com/articles/376/376873p4.html (page intéressante)III. ROTJ, L’Edition Spéciale et la prélogie… le début de la Fin.
Lucas s’est félicité d’avoir réussi à rectifier le tir pour l’ep.VI (moins de têtes pensantes, plus de « yes-men »)… en 1983, ses proches collaborateurs ne cachaient déjà pas leurs doutes quant aux capacités de Lucas à réaliser un film… Lucas n’a jamais aimé travailler avec des acteurs, c’est bien connu, et c’est ce qui nous doit des « choses » comme Jar Jar… Il y avait d’ailleurs une blague avant L’Episode One qui circulait parmi les acteurs de l’ancienne trilogie susceptibles de jouer à nouveau dans la prélogie (Anthony Daniels, Kenny Baker, Ian McDiarmid…): c’était de se demander lesquels allaient être digitalisés!
Cette partie pourrait aussi s’intituler « Les purges Stalin… euh Lucassiennes ».
Kurtz viré, ce sera au tour de Lawrence Kasdan d’être remercié après ROTJ. Lucas ne s’est évidemment pas séparé de John Williams (musique) ni de Ben Burtt (sound designer), il a au moins eu le mérite de reconnaître ce qu’il leur devait – quoique Williams ait considérablement baissé de forme depuis lors (son meilleur score pour SW est justement… The Empire Strikes Back! un hasard ?), mais est-ce entièrement de sa faute de n’être que peu inspiré par la prélogie ? -.
Mais Georgy a quand même effectué des purges dans son équipe de départ, dont John Dykstra (génial responsable des effets visuels sur ANH). L’absence d’une plume de la trempe de Lawrence Kasdan pour la prélogie se fait également ressentir, de même que celle de Marcia Lucas, ex-femme de George et responsable du montage, qui, paraît-il avait un impact énorme sur la créativité de son mari.
Et puis que devient Ralph McQuarrie, à qui on doit une énorme partie de tout le visuel Star Wars? Il a disparu avec ses sublimes matte-paintings, remplacé par des designers qui nous pondent les paysages numérico-kitsch des Episodes 1 et 2 sur leur palette graphique…
Que sont devenus les victimes des purges?
Dykstra, Ralston, Edlund, Nicholson, Tippett… ont « quitté » ILM pour rejoindre une autre boîte à FX numériques Sony Imageworks à qui l’on doit les SFX sur « Starship Troopers », « Hollow Man », « Godzilla », « Spiderman ». Mais en fait Dykstra a bel et bien été viré par Lucas qui a le chic pour se brouiller avec les gens talentueux.
Lawrence Kasdan est devenu un scénariste reconnu: The Bill Chill (« les copains d’abord »), qui lui permet de retrouver William Hurt et de travailler avec Kevin Kline, un autre de ses fidèles, avec une nomination à l’Oscar du meilleur scénario original à la clé. En 1985, Lawrence Kasdan réalise un rêve d’enfant en tournant un western, Silverado, avant que The Accidental tourist en 1988 et surtout Grand Canyon, Ours d’or au Festival de Berlin 1992 et nommé à deux reprises aux Oscars, n’établissent sa réputation de cinéaste particulièrement attaché aux groupes humains, à leurs contradictions et leurs problèmes. En 1994, le metteur en scène retrouve le western pour Wyatt Earp, avant de se tourner vers la comédie romantique et de retravailler avec Kevin Kline dans French Kiss »un an plus tard. En 2002, Lawrence Kasdan s’essaye à un nouveau genre, la science-fiction, en adaptant le roman de Stephen King Dreamcatcher, (« l’attrape-rêves ») sur grand écran.
Gary Kurtz se lança dans le projet Dark Crystal (1982), dans lequel participe Frank Oz (Yoda), puis continuera une carrière de producteur seulement (Slipstream, the steal).
Irvin Kershner a gardé la dent dure contre Lucas. Il réalise never say never again (1983) James Bond assez parodique et 2nd degré, ou encore Robocop 2 (1990).
Il renie les rajouts de l’édition spéciale 1997, autant que les futurs à venir.L’édition spéciale 1997, symptomatique de la tendance « révisionniste » du papy Lucas, verra le remplacement de Kazandjian (qui remplaçait Kurtz sur ROTJ) par Rick McCallum, et toute la nouvelle clique du tout-numérique. On leur doit l’abject « faux » tir de blaster de Greedo dans ANH 1997 qui tire en premier (!) tentant de justifier le tir sous la table de Solo par de la légitime défense (politiquement-correct quand tu nous tiens). Ou encore l’inbuvable entrée dans Mos-Eisley avec tous les rajouts immondes, ou bien la scène rajoutée de Solo/Hutt, les CGI ridicules sur Bespin… C’est simplement un avant-goût du traitement de la prélogie auquel on assiste.
Début du règne autocratique.
Bienvenue Doug Chiang (direction artistique), Jonathan Hales… et d’autres techniciens obéissants que Lucas a lui-même formés et qui lui doivent tout. Certes certains de ces techniciens ont du talent (Doug) mais ils sont formatés, tous prêts à endosser sans broncher leur rôle de larbins et à appliquer aveuglément les directives de Lucas qui est devenu le seul maître à bord. Il n’y a plus personne pour lui dire que le rendu est pitoyable. Le putsch a fonctionné, le vide décisionnel (et artistique) autour de lui est désormais réalisé, et en 1999 pour TPM, il n’y a plus que les fidèles parmis les fidèles (acquis à sa cause) autour de lui.
IV. Sources, liens et remerciements… pour en savoir plus:
– Merci aux commentaires d’Acarius Sarcopte et surtout du Colonel Vengence sur le forum d’allocine, dont je cite parfois mot pour mot et qui ont assimilé bon nombre d’anecdotes sur SW et sur la biographie de Lucas. Ils sont le gros du contenu du post.
– Merci à zeb, du forum DVDrama.
– Empire Building : The remarkable real life story of Star Wars de Gary Jenkins.
– articles de Mad Movies (Rafik Djoumi)
– Interview de Gary Kurtz (1) : http://www.filmthreat.com/Interviews.as … p&Id=8
– Interview de Gary Kurtz (2), en 4 pages : http://filmforce.ign.com/articles/376/376873p1.html
JaimzHatefield
Le communisme à l’épreuve des faits
Citations, Littérature — Article écrit par Vae Victis le 15 juillet 2011 à 18 h 42 minLes animaux s’attendaient au partage équitable qui leur semblait aller de soi. Un jour, néanmoins, ordre fut donné de ramasser les pommes pour les apporter à la sellerie, au bénéfice des porcs. On entendit bien murmurer certains animaux, mais ce fut en vain. Tous les cochons étaient, sur ce point, entièrement d’accord, y compris Napoléon et Boule de Neige. Et Brille-Babil fut chargé des explications nécessaires :
« Vous n’allez tout de même pas croire, camarades, que nous, les cochons, agissons par égoïsme, que nous nous attribuons des privilèges. En fait, beaucoup d’entre nous détestent le lait et les pommes. C’est mon propre cas. Si nous nous les approprions, c’est dans le souci de notre santé. Le lait et les pommes (ainsi, camarades, que la science le démontre) renferment des substances indispensables au régime alimentaire du cochon. Nous sommes, nous autres, des travailleurs intellectuels. La direction et l’organisation de cette ferme reposent entièrement sur nous. De jour et de nuit nous veillons à votre bien. Et c’est pour votre bien que nous buvons ce lait et mangeons ces pommes. Savez-vous ce qu’il adviendrait si nous, les cochons, devions faillir à notre devoir ? Jones* reviendrait ! Oui, Jones ! Assurément, camarades – s’exclama Brille-Babil, sur un ton presque suppliant, et il se balançait de côté et d’autre, fouettant l’air de sa queue -, assurément il n’y en- a pas un seul parmi vous qui désire le retour de Jones ? »
Orwell, La Ferme des animaux ; Folio, p. 42
* Jones est le fermier qui dans la fable est la métaphore du capitaliste.
La haine de la beauté
Citations, Littérature — Article écrit par Vae Victis le 29 juin 2011 à 10 h 32 minLe Pavillon d’or (Kinkaku-ji) est un temple situé à Kyoto, dans le jardin des cerfs, s’intégrant à un ensemble architectural plus large. Il est renommé pour sa beauté, ses proportions harmonieuses, et sa couverture faite de feuilles d’or. Survolé régulièrement par les bombardiers américains, Le Pavillon d’or survit pourtant à la guerre, mais en 1950 un jeune bonze l’incendie. Le bâtiment de bois est entièrement ravagé par les flammes. L’affaire est largement couverte par les médias japonais. Mishima verra dans le geste du moine une haine de la beauté portée par un corps difforme et un caractère perturbé.
Je peux, sans exagération, affirmer que le premier problème auquel, dans ma vie, je me sois heurté, est celui de la Beauté. Mon père n’était qu’un simple prêtre de campagne, au vocabulaire pauvre ; il m’avait seulement dit « que nulle chose au monde n’égalait en beauté le Pavillon d’Or ». La pensée que la beauté pût déjà exister quelque part à mon insu me causait invinciblement un sentiment de malaise et d’irritation ; car si effectivement elle existait en ce monde, c’était moi qui, par son existence même, m’en trouvais exclu.
Yukio Mishima – Le Pavillon d’Or ; Folio, p. 53
« On multiplie partout les manifestations sportives, hein ? Vraiment, quel signe de décadence ! Le genre de spectacle qu’il faudrait montrer aux gens, on ne le leur fait jamais voir ; ce qu’il faudrait leur montrer, ce sont les exécutions capitales. Pourquoi ne sont-elles pas publiques ? »
Après avoir rêvé un moment, Kashiwagi enchaîna : « Comment crois-tu qu’on ait fait, pendant la guerre, pour maintenir l’ordre, sinon en donnant en spectacle des morts violentes ? Et pourquoi a-t-on décidé que les exécutions n’auraient plus lieu en public ? On dit : » Pour ne pas donner aux gens le goût du sang ! » C’est idiot ! Pendant les bombardements, les gens qui déblayaient les cadavres, quelle tête faisaient-ils, hein ? Tout ce qu’il y a de plus paisible et content ! Voir des êtres humains, maculés de sang, se tordre dans les souffrances de l’agonie, entendre les plaintes des mourants, voilà qui rend les gens tout humbles, qui remplit leur âme de délicatesse, de clarté, de paix ! Ce n’est jamais dans ces moments-là que nous devenons cruels et sanguinaires ; c’est, par exemple, par un bel après-midi de printemps comme celui-ci, en regardant distraitement un rayon de soleil jouer à cache-cache avec les feuilles au-dessus d’un gazon frais tondu… Oui, c’est dans ces minutes-là qu’on le devient…
Ibid. p. 168
Étiquetté : Japon, Mishima, Pavillon d'or
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