Archives pour la catégorie ‘Musique’


Gavras fils

Actu, Cinéma, Musique — Article écrit par le 3 juin 2012 à 17 h 59 min

Fruit de son époque, réalisateur très représentatif d’une nouvelle tendance dans la façon de faire des films et clips (tendance née autour de 2000 avec la généralisation de l’ accès à internet) Romain Gavras (fils du réalisateur Costa Gavras) est dans tous les bons coups de cette époque somme toute très pauvre en créativité.

Dès la fin des années 90, la « démocratisation » des outils du cinéma (mini-samplers, mini caméscopes, prises de son simplifiées et logiciels de post-production, ligne « Go Create » de Sony…) ouvrait la voie à une nouvelle génération de réalisateurs autodidactes. Une fois de plus la nouveauté technologique dirigeait les besoins humains et non l’inverse.

De toute évidence les meilleurs réalisateurs ont toujours été autodidactes, cf le prolétaire italo-américain Martin Scorcese qui avait cassé sa tirelire pour louer la caméra qui allait lui servir à tourner son premier long métrage. Cependant on assistait à l’émergence d’une génération de gars lambda, des monsieur-tout-le-monde ni plus bêtes ni plus intelligent que la moyenne, juste des gars qui étaient là au bon endroit au bon moment (Paris, 2000) et avec les bons contacts.

Le collectif Kourtrajmé, duquel est issu Gavras était alors malgré le très jeune âge des adhérents, à la croisée des chemins du meilleur des mouvements artistiques du moment. Rap, cinéma, musique électro, graffiti, le cadre élargi de ce collectif allait de NTM à O’Clock, de Kassovitz et Cassel à Dj Mehdi jusqu’à côtoyer avec les années certains cadres de la Mafia K’1 Fry et TTC et aujourd’hui le très prisé groupe « Justice ». C’est ainsi que des camarades de lycée du sud-est de Paris qui avaient un minimum de gamberge et de compréhension du fonctionnement d’un caméscope DV arrivaient sur le devant de la scène.

Une telle montée en puissance ne pouvait arriver qu’à Paris. Et quelle puissance, car se retrouver propulsé au poste très envié de jeune espoir du cinéma à Paris en 2000, lorsque l’on sait à quel point ce monde draine de ratages et de désir d’arrivisme,  représente un frisson que seuls de rares buteurs de ManU ont dû connaître.

La donnée de départ était simple : en tant que jeunes parisiens bien insérés dans le monde culturo-mondain de leur temps, les gars de Koutrajmé se trouvaient là ou bat le cœur du monde et le cœur de l’époque, raison pour laquelle leurs productions mettaient autant dans le mille (Paris by night, Easy Pizza Rider, Désir dans l’espace) et parlaient autant à tous les autres jeunes. Actuellement de ce point de vue, c’est le groupe 1995 qui occupe cette niche (pour la partie audio seulement).

Là ou bat le cœur du monde, on reçoit facilement des influx (influences et passerelles citées plus haut) que l’on peut ensuite facilement renvoyer dans le monde sous la forme de sang neuf. Ce sang neuf si vivifiant des premiers court-métrages de Romain Gavras tirait son intérêt d’une certaine audace, « ça va loin » pouvait-on se dire en visionnant le travail, ce n’était pas un simple truc d’amateur vite bâclé et pourtant c’était réalisé avec assez peu de moyens.

Dix ans plus tard la recette fonctionne toujours, et voilà le résultat : le dernier clip de la chanteuse M.I.A.

C’est beau, c’est fort, ça envoie du lourd… Et puis bon. Et puis on ne sait pas… Finalement c’est très décousu non ? Ok le cheval, ok le frisson, ok les puits de pétrole en feu et les hidjabs mais bon il y a quelque chose qui… Ok il y a un « univers » comme quand on rentre dans une boutique Nespresso, il y a ce cliché pour Blanc prompt à l’extase, on voit ce clip et on se dit que mince l’Arabie Saoudite ça a changé… A moins que ce ne soit le Quatar ? Le sultanat d’Oman ? En réalité rien de tout cela. Ce clip met en scène une chanteuse sri-lankaise dans le désert marocain avec des figurants déguisés en princes wahhabites, le tout filmé par un Français d’origine grecque.

Émotion sans objet réel, « culte du faux » dont parlait Céline (s’émouvoir faux, jouir faux) qui ne peut fonctionner totalement que sur des populations suffisamment coupées de toute culture générale, de tout instinct et de toute intuition. Les très remarqués « Born Free », « Notre jour viendra » et surtout « Stress » fonctionnent sur ce même principe. A chaque fois on peut y voir la morale que l’on veut : apologie de la racaille ou alors dénonciation sans pitié, quoi qu’il en soit ça donne quelque chose qui retient l’attention, une attention laissée vacante par une époque quasiment stérile en matière de production audiovisuelle de qualité (le niveau moyen des films qui sortent en salle étant de ce point de vue sans équivoque). Ce travail laisse perplexe car il semble ne pas prendre parti : les roux, la police, la racaille… On ne sait si l’on s’identifie à l’un ou à l’autre. Tous peuvent être « cools». En ratissant large, l’auteur attire à lui de larges populations de fans très disparates. Alors quel est le dénominateur commun qui peut bien parler à autant de gens? Réponse: l’émotion. Il y a indéniablement un talent dans ces réalisations, pour capter l’émotion et la communiquer. A ce titre, la publicité pour Adidas est l’apogée de la stricte émotion pour l’émotion : deux petites minutes d’images décousues enchaînées selon les aléas de la musique d’accompagnement.

En fait, il semble que ce réalisateur fasse simplement avec brio sur un écran ce que chacun peut faire dans sa tête à l’écoute d’une musique :

1)      La musique provoque des émotions

2)      Les émotions appellent des images

3)      On met en ordre ces images, on imagine un décor et des personnages pour « scénariser » ces images

Tout le monde fait ça non ? Un peu comme lorsqu’on est enfant et que l’on rêve qu’on sauve son amoureuse. Eh bien la « nouvelle réalisation » de l’école Kourtrajmé est parvenue à mettre sur écran ce genre de rêveries.

Argh… J’allais poster cet article et suis tombé in extremis sur No Church in the wild, sorti avant-hier (j’écris ceci le 1er Juin). Ah mince. Cette fois il y a peut-être parti pris, écueil obligatoire lorsque l’on fait métier de célébrer la violence. La racaille contre la police, les Noirs contre les Blancs avec un déséquilibre de bienveillance visible et voulu… Ca rappelle le puant « Paris riots are good times ». L’émeute c’est pas cool du tout, et la violence en vrai c’est très laid et très triste : les nez pétés, les chutes, les cris, les 4 contre 1…

Enfin bref, Gavras fils (de pute ?) ça c’est fait.


Varsovie

Actu, Culture, Musique — Article écrit par le 31 décembre 2011 à 19 h 08 min

Comme d’habitude, je finis mon année ilysienne avec Varsovie, et comme les autres 31 décembre, il est rigoureusement interdit de se laisser aller à la moindre critique négative, parce qu’on ne critique pas les copains d’XP.
Même pas en rêve.


E comme Ensemble

Culture, Musique, Mutation, Sozial, Vidéo — Article écrit par le 3 novembre 2011 à 12 h 02 min

Quatre clips musicaux autour du thème de l’amitié, de la fraternité et du sain patriotisme. Valeurs précieuses confisquées par 200 ans d’idéologie républicaine mais qui, nous le croyons, sont en réalité manifestations concrètes d’un Caritas transcendant.

Une nation unie malgré ses antagonismes. C’est le drapeau qui permet cela : rallier tout un chacun. Ainsi au lieu d’exalter les différences (ce qui divise) le clip exalte la patrie (ce qui rassemble) comme point commun qui surpasse tous les clivages et maintient la population dans la paix. Ce clip il nous faut le même pour la France.

Simplicité et hasard de ces moments de vacances, lorsque le temps qui passe se fait moins pesant. Beauté pure, peut-être avant-goût du paradis dans le regard de cette fille qui caresse le perroquet, dans les cascades de ces gamins sur les dunes, dans le silence de ces petites gens observant le coucher de soleil. Merci à « Chictype » pour la découverte.

1977, date de naissance de Paul Kalkbrenner, est le titre de ce morceau. Un concert dans l’est de l’Allemagne chez un peuple qui a sa culture propre et une certaine cohérence génétique. La désolation du paysage alentour contraste avec la joie des festivaliers. Communion, absence de posture agressive, frimousses d’Aryennes jolies, poésie sans paroles.

Une population pacifique et pauvre qui n’est pas sans rappeler tous ces Chrétiens d’Orient au sens large, persécutés pour leur foi, une foi transmise de père en fils depuis l’époque de Jésus et enracinée parfois encore dans les lieux précis cités dans la Bible. La fidélité coûte cher, et ce « I believe » comme un bras d’honneur au désespoir fait du bien.
Les amateurs de Kourtrajmé auront reconnu un certain Dimitriu dans ce clip dirigé par Romain Gavras.


Amy Winehouse, junk-junky

Musique — Article écrit par le 29 juillet 2011 à 12 h 18 min

Je n’ai jamais pu supporter Amy Whinehouse. Je ne sais pas par où commencer tellement la liste des griefs et des fautes de gouts est longue. Sa coiffure grotesque, son maquillage outrancier, ses tatouages dégoutants, sa dégaine de racoleuse éméchée, ses moues de fille à papa capricieuse, ses prestations scéniques au foirage parfaitement entretenue- au point que c’est bien pour la voire s’effondrer que les gens achetaient les billets, sa « vie affective » collection morbide et convenue d’amants crados, petits arrivistes machiavels de press people (what else) avec lesquels elle se battait pour mimer l’antique conflit de la différence des sexe mais qui n’illustrait que sa pathétique absence, bref toute la panoplie du toc vintage repackagé, une salade des clichés de la dépravation des anciennes idoles du Rock, l’autodestruction savamment mise en scène-afin de cibler à la fois les jeunes crétins sans culture musicale pop et les vieux abrutis bourgeois enthousiastes, ceux qui croient encore que ce n’est pas eux la middle-class toute-puissante. Et le point d’orgue, évidemment : sa musique, de la soul d’ascenseur pour pisseuse abrutie, de la bouillie Rythm’n Blues au beat cardiaque de junky sous injection en pleine régression placentaire, des cuivres indignes d’une fanfare d’équipe locale de football US, des miaulements pompés à Ella Fitzgerald et Aretha Franklin et recrachés avec la conviction d’un Jacques Chirac prononçant un discours de droite.

Amy Whinehouse ou la junky de la ménagère, bouche-trous  des tabloïds, des radios tintamarresques et de la discothèque de vieux pédocs, de la soul sous vide pour une époque bruyante qui remaquille le cadavre à la bouche ouverte de ce qu’a pu être le rock pris dans ses grandes largeurs. Baudruche pour baudruches dont les variations de poids était au fond le seul point d’intérêt inconscient pour ses fans adeptes de junk-music, qui guettaient sa mort tels des vautours afin de valider a posteriori le fait qu’ils écoutaient bien du rock, et que eux sont bien vivants et en bonne santé et espèrent malheureusement le rester longtemps, en s’offrant quelques frissons -musicaux ou alcoolisés-entre deux footings. Comme s’il n’y avait plus que la danse de dépouille anémique et le spectacle de l’excès vacillant  comme indicatif de leur propre prospérité hygiénique.  Mais le réel poussera délicieusement l’ironie jusqu’à faire en sorte que son autopsie ne révèle absolument rien sur les causes de son décès. Immaculée disparition. A moins que cela ne vienne justement pas contredire le fait qu’on vient bien d’inventer l’icône jetable, dont la mort n’est que le prolongement aseptisé et fictif d’une existence aussi expiatoire qu’artificielle.


Ce sont les derniers des salauds

Musique — Article écrit par le 20 juin 2011 à 16 h 18 min

Un autre morceau, dans la même veine:


Varsovie

Musique — Article écrit par le 17 juin 2011 à 14 h 22 min

D’habitude, je suis un type particulièrement tolérant…

Je n’ai aucun mérite, c’est dans ma nature. Toutefois, là, le plus petit commentaire ne débordant pas d’enthousiasme sera immanquablement tenu pour du trollage, voire, n’ayons pas peur des mots, pour du hooliganisme, du persiflage inutile, de la médisance.


Every you, every me

Musique — Article écrit par le 15 juin 2011 à 17 h 22 min

Il a raison, Alexandre Petit, j’aurais dû commencer par celle-ci


Coming Soon

Culture, Musique — Article écrit par le 15 octobre 2010 à 10 h 15 min

Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils sont malins et bien élevés, morceaux choisis de la jet set annécienne semés aux quatre vents:

Howard’s Mood video

Et ils jouent ce soir au Bus Palladium, à Paris.

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