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Les nouveaux nazis de l’année
Histoire — Article écrit par Blueberry le 6 mai 2013 à 19 h 42 minComme chaque année, la division Operation Laste Chance du Centre Simon Wiesenthal remet aux journalistes et aux médias la liste actualisée des anciens nazis et apparentés les plus recherchés au monde. Chaque année, on compte des sorties, généralement des décès, et de nouvelles entrées de sémillants nonagénaires.
De plus en plus vieux quand on les interpelle aujourd’hui et pourtant de plus en plus jeunes à l’époque du nazisme.
Comme le temps est relatif…
Cette année il n’y a que peu de changement. On a juste compensé un décès et un abandon de poursuites par deux nouveaux nazis tout frais et qu’on est allé chercher grâce à la merveilleuse jurisprudence Demjanjuk autrement nommée,
il n’était pas allemand, il n’avait aucune responsabilité, on ne sait pas s’il a vraiment eu le choix, on ne sait pas ce qu’il a fait personnellement, mais il était là-bas en tant que garde et ça nous suffit.
Que les chauffeurs du Sénat et autres agents administratifs de la Creuse ayant exercé sous la présidence de François Hollande s’inquiètent, un jour peut-être ils devront eux-aussi faire face à la justice française !
Quoiqu’il en soit, il n’y a cette année que deux nouvelles têtes parmi les nazis et apparentés les plus recherchés au monde.
Parmi eux Theodor Szehinskyj. Qui n’est pas un nazi inconnu. Non, c’est un nazi qui est aux Etats-Unis parce que personne n’a voulu l’accueillir autre part. Parce qu’il est nazi sûrement, et que ça ferait des frais de procédure, parce qu’il est sans doute âgé aussi et que ça ferait des frais de sécurité sociale.
Deuxième entrée, directement à la quatrième place, Hans (Antanas) Lipschis.
Pourquoi ?
Premièrement parce qu’il présente le grand avantage de résider en Allemagne. Le pays qui n’hésite pas à multiplier les investigations sur les anciens nazis au fur et à mesure que cheptel se réduit. D’années en années, il y a de plus en plus d’enquêtes. Regardez, même l’inspecteur Derrick a été inquiété ces derniers jours. Alors même qu’il est déjà mort. C’est vous dire.
Deuxièmement parce qu’au Centre Simon Wiesenthal on aime aussi avoir des résultats et, ainsi, on aime bien placer au dernier moment des nouveaux nazis parmi la liste des plus recherchés au monde et qu’on choisit précisément parmi ceux qui font l’objet d’une enquête. C’est quand même plus valorisant que de se contenter de ces autres vieux nazis bien connus mais recherchés depuis des lustres et dont on n’a aucune nouvelle depuis des dizaines d’années -voire pour lesquels des informations contradictoires circulent. Ainsi, cela fait longtemps que Martin Bormann a quitté la liste (si jamais il y a figuré un jour).
Hans Lipschis est âgé de 93 ans et est né en Lituanie.
Voilà, voilà.
Le Centre Simon Wiesenthal affirme qu’il a servi dans un bataillon de SS (Totenkopf) à Auschwitz entre 1941 et 1945. Notons que lui-même prétendrait y avoir travaillé comme cuisinier et non comme gardien.
Bien, bien.
Pour tout le reste, c’est encore un peu flou. Nul doute que le procès de ce nonagénaire pourra éclairer les choses grandement. Car la mémoire se bonifie avec l’âge comme chacun sait. Des accusés comme des témoins. Même s’il ne reste finalement plus beaucoup des uns et des autres encore en vie.
Heureusement qu’il nous reste ces grands témoins qui n’ont rien vu et qui sont souvent nés bien après les faits (est-ce pour cela qu’on rechigne à les appeler experts ?).
Finalement, c’est un peu gênant ces procès. On n’arrive plus à condamner les nazis proprement de nos jours.
Bien entendu, les crimes dont il est question ici sont imprescriptibles. Mais reste encore à les établir. Et, avant Demjanjuk, il convenait de le faire de manière personnalisée. Ce dont on se montre de plus en plus incapables avec le temps, surtout à un niveau de responsabilité et de hiérarchie complètement nul.
L’imprescriptibilité peut être a priori une jolie notion mais quoiqu’on en pense elle reste ancrée dans le droit et ne devrait normalement par permettre d’oublier tout le reste des règles juridiques. Or, aujourd’hui, ce que la pratique juridique du crime imprescriptible montre quand on touche réellement la vérité de la notion avec ses vieillards défaillants, ses témoins absents et ses juges ayant l’âge des petits-enfants de l’accusé, c’est que cela ne fonctionne tout simplement pas. Et on se retrouve plus devant une sorte de colloque composé d’historiens, de familles de victimes et de vieillards dont un qui n’a pas eu le choix de son endroit pour faire la sieste et que tout le monde regarde comme s’il ronflait en pleine séance de ciné.
La justice ne se rend pas au nom des victimes ou de l’histoire mais c’est pourtant bien la pente irrésistible où l’amène l’imprescriptibilité de ces crimes.
En 2027 les plus jeunes nazis auront cent ans et auront fêté leur dix-huit ans en 1945.
Le Centre Simon Wiesenthal traquera-t-il les nazis jusqu’à cette date ? Ou jusqu’en 2037, histoire d’attraper des anciens nazis de cent-dix ans ? Ou jusqu’en 2047, si jamais il restait un allemand de cent-vingt ans à la jeunesse pas très nette ? Et moi qui suis né bien après la fin de la seconde guerre mondiale, connaîtrais-je de mon vivant un monde sans nazis et chasseurs de nazis ?
Étiquetté : histoireCoriolan
Actu, Théâtre — Article écrit par Nicolas le 14 avril 2013 à 22 h 50 minUn nouvel ordre de choses a mis les patriciens en pleine possession légale de la puissance politique. Ils dominent par les magistratures qu’ils se sont assujetties ; ils ont la prépondérance dans le sénat ; ils occupent seuls les emplois et les sacerdoces ; ils ont seuls la science des choses divines et humaines ; ils connaissent seuls les secrets pratiques de la politique intérieure ; ils décident des voix dans la grande assemblée du peuple ; ils exercent toute l’influence dans la cité, suivis par un nombreux cortège d’hommes dévoués et appartenant à des familles diverses ; ils vérifient enfin, ou rejettent toutes les décisions populaires. En une telle situation, quoi d’étonnant qu’ils aient pu garder longtemps encore la réalité du pouvoir, alors qu’ils avaient opportunément renoncé à la toute puissance selon la loi ? (Mommsen.)
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Étiquetté : Coriolan, film, ShakespeareH comme haschich
Actu, Alcool & repassage, Sozial — Article écrit par Lounès le 5 avril 2013 à 14 h 23 minDe toutes les drogues le shit est la plus répandue, la plus consommée et la plus banale. Sauf rares exceptions tout le monde a déjà fumé du shit. Et chacun a eu son expérience propre, a aimé, n’a pas aimé, fume encore, ne fume plus. Ainsi tout le monde sur ce sujet possède un avis, avis qui constitue généralement l’avant-propos de débats interminables : « bah chui désolé c’est pas pire que l’alcool attends« , « bah si on peut acheter de l’alcool légalement je vois pas pourquoi il faudrait interdire le shit« , « ça permet de faire vivre l’économie des couches défavorisées et d’empêcher les émeutes », « tu crois qu’un gros beauf ivre c’est mieux? Et la conduite sous alcool tu te rends compte? », « et moi je sais ceci », « et puis aussi cela »…
On pourra quand même rappeler quelques vérités à toutes fins utiles.
Le contrôle horizontal
On commence à fumer du shit parce que la bande d’amis à laquelle on essaie de se greffer en ce début d’année scolaire au lycée est composée de membres qui fument tous déjà. La pire des choses dans une cour de récréation (lieu de socialisation le plus impitoyable qui soit et sur lequel nos bons penseurs ne se penchent pas assez) est d’être un sans-ami. On découvre en soi-même que l’on est prêt à tous les reniements, bassesses et auto-prostitutions rien que pour avoir des amis à qui parler dans la cour. Ainsi on va porter tel type de vêtement, adopter telles expressions orales, faire sien tel ou tel mode de vie en fonction de la pression sociale qui s’exerce dans la cour de récréation. Cette pression ne vient pas d’une autorité verticale qui exigerait quelque chose mais d’un contrôle horizontal, diffus, invisible mais unanime. Dans ce contrôle il y a des règles absolues comme l’antiracisme et aussi des « injonctions à un comportement préférentiel » comme celle qui nous intéresse aujourd’hui et qui dit ceci: « ce serait bien que tu essaies de te mettre à fumer un peu, c’est pas grand chose et ce serait bizarre que tu ne le fasses pas ».
Et c’est parce que les ados cèdent sur cette injonction muette à laquelle ils n’ont pas les moyens de répliquer qu’ils commencent à fumer du shit.
La majorité des fumeurs n’obtient aucun effet positif.
Curieux de ressentir des sensations l’imbécile se met à fumer espérant selon la promesse de ses amis ressentir ce légendaire détachement heureux mais n’obtient généralement qu’une écrasante fatigue, un abrutissement voire des malaises. Et ça c’est lorsque tout se passe bien. Mais sans entrer encore trop dans les détails on peut s’interroger sur les ratés de la défonce que ne peut nier aucun « suiveur », aucun « sans-sans-amis » qui s’est fait chier au lycée et à l’univ avec des cons dont il fallait partager les sales joints pourris. Mais enfin mais c’est nul les joints! Les effets sont complètement anti-festif et anti-sociaux, comment un ado peut-il aimer ça? Le seul effet positif on va le dire c’est que ça augmente nettement les sensations sexuelles. Donc à la rigueur c’est une drogue de chambre à coucher mais putain pas une drogue de fête c’est une évidence.
La drogue pénètre dans la vie d’un individu à l’âge post-adolescent où les nombreux choix qu’il doit assumer exigent toute sa santé et toute sa clairvoyance. A ce titre le shit est un pourrisseur, un anti-vie, un poison dont les effets nocifs s’ils ne sont pas immédiatement visibles, sont cachés et bien réels. Or on continue à fumer surtout pour se conformer à l’injonction générale.
Les troubles mentaux
Les abrutis de fils de gauchistes juraient leurs grands dieux dans toute leur lourdeur et infinie beaufitude orale que « nan mais ouais mais le shit tsé moi je vois y a rien de tel pour bien te calmer pour bien te mettre peace quand t’es un peu sur les nerfs et tout, ça te fait voir les choses plus tranquillement et même physiquement tu le ressens que ça te détend ». 100 pour 100 faux. Le shit est un dépresseur et un déclencheur de paranoïa. Une fille qui fume un joint en société aura systématiquement l’impression que les copines présentes dans la pièce essaient de lui piquer son mec. Un homme aura la certitude que toutes les conversations qu’il entend sont tournées contre lui. Waou c’est super hein? Ça vaut le coup de dépenser son fric pour cette merde hein?
Et si le fumeur persiste dans une consommation régulière voilà ce qui lui arrive à tous les coups: D’abord il va avoir besoin d’un joint le soir pour s’endormir ou après le travail pour se changer les idées. Voilà le plus sûr moyen de se pourrir la vie avec des accès de déprime soudains, une absence chronique de motivation et un avachissement prématuré des traits du visage (regardez la tête d’une fille qui fume 1 joint/jour depuis 10 ans). L’insidieuse dépression et oisiveté mène pour un très grand nombre de personnes à la bouffée délirante: un épisode particulièrement pénible au cours duquel vous perdez le contrôle de vos pensées et émotions. Untel sera persuadé que sa mère est menacée de mort, un autre croira qu’il est poursuivi par des espions, un autre entendra des voix qui lui donnent des ordres, un autre se croira investi d’une mission mystique, un autre verra des monstres qui s’agitent au rythme tachycardien de son coeur… C’est systématiquement des choses horribles.
Lorsque l’on a vécu une bouffée délirante il faut bien comprendre que l’on est un sujet à risque pour la folie totale qui se nomme pudiquement en psychiatrie la schizophrénie. Le shit constitue le passeport, le ticket d’entrée qui ouvre les portes de la folie. Et ce que personne ne dit c’est que lorsque l’on entre dans la schizophrénie on n’en sort plus jamais, c’est à vie. A vie les piqûres, à vie les internements temporaires, les médicaments, les rechutes, l’isolement social, les TOC…
La période qui va de 17 à 25 ans est l’âge où le corps humain, pour des raisons biologiques, est le plus menacé de la survenue d’une maladie mentale. Or c’est précisément l’âge au cours duquel le contrôle parental s’estompe, laissant à l’individu la liberté de se réfugier dans le shit pour fuir un monde de plus en plus hostile (chômage, jobs nuls, déceptions sentimentales, exigences accrues de performance…).
Ainsi lorsque quelqu’un a l’expérience d’une bouffée délirante il doit bien comprendre qu’il faut qu’il arrête complètement le shit, que cet épisode est arrivé parce qu’il est un sujet à risque et non parce qu’il était stressé ce jour là, et qu’il doit cesser toute consommation car il risque à terme la schizophrénie.
Les enculés de dealer
Voir ces Blancs que les cités méprisent faire le voyage en banlieue avec leur argent de poche pour payer très honnêtement comme des cocus cette marchandise qui va répandre la mort et la désolation chez eux a quelque chose d’un peu dégoûtant.
J’ai brièvement connu une sorte de combattant acharné anti-drogue et voici comme il opérait: il dénonçait à la police tous les dealers et consommateurs qu’il voyait. Il rendait visite à un ami et reniflait une odeur de shit émanant d’un appartement voisin? Il y faisait venir la police par appel anonyme. Il était témoin d’une transaction? Il repérait les plaques d’immatriculation, notait les signalements et tenues vestimentaires des protagonistes et il faisait venir la police par appel anonyme. Il savait que untel fumait du shit chez lui? Il appelait la police pour dire que untel fume du shit chez lui. Il appelait ça « sa guerre passive ».
La drogue sème la maladie et la mort et tous les coups sont permis contre elle. Les rares films qui ont abordé ce thème comme « Traffic » de Soderbergh l’ont fait avec la sempiternelle manière menteuse, secrètement amoureuse de la déchéance, et en sur-exprimant la responsabilité de Blancs bien caricaturaux, bourgeois et risibles. Il y a une raison à cela : le trafic de drogue est précisément un avatar de la haine anti-blanc.
La drogue est vendue par des racailles d’en bas (dealers arabes et noirs) mais produite et acheminée par des racailles d’en haut (mafieux et gens crépus) et consommée principalement par des petits blancs de province, des demi-bourgeois fils de parents divorcés, par toute la quintessence des souchiens toujours aussi cons, trompés, vulnérables, bouffés à toutes les sauces.
Le trafic de drogue révèle incroyablement bien de quelle manière opère la fameuse « déchéance » dans le monde blanc: à priori personne n’est responsable, il s’agit d’offre et de demande, de mains invisibles qui se passent une marchandise, on ne peut incriminer personne, en définitive seul le consommateur tout au bout de la chaîne est coupable puisqu’il a accepté avec son libre-arbitre.
En fait la synergie spontanée des 3 acteurs du trafic de drogue (dealers/mafieux/consommateurs) révèle de façon très nette un schéma triangulaire que l’on retrouve identique dans tous les autres avatars de la merde anti-blanc (pornographie, immigration, insécurité, culpabilité de l’esclavage et colonisation…) et ce schéma le voici: des racailles d’en haut incitent des racailles d’en bas à détruire des Blancs qui n’ont fait de mal ni aux uns ni aux autres en leur mettant dans les mains une petite quantité de pouvoir à faire fructifier et transformer en rente.
Que révèle l’affaire Neyret? Qu’un commissaire de police travaillait avec d’étranges mafieux.
Que révèle l’affaire Elmaleh? Que trois frères géraient un trafic de drogue selon un mode opératoire dont les pires caricatures des années 30 s’approchent à peine.
Que révèle l’affaire Afflelou? A peu près la même chose mais avec un jet privé et un opticien connu en prime.
Attention si ce sont des « affaires » c’est parce qu’ils se sont fait choper. Les chopés cachent toujours des dizaines et centaines de « non-chopés ».
Les apparences seules suffisent
Sans même entrer dans ces détails ni chercher les origines, les causes et les commanditaires il était évident au premier coup d’œil que tout ce qui se rapporte au shit ne peut qu’être mortifère. Déjà il suffit d’observer concrètement une feuille de cannabis: cette horreur toute hérissée avec des tentacules qui se déploient qui s’épanouissent de volume à tes dépens comme la demi-sphère crépue « afro » d’un d’enfant métis, cette odeur lourde , le tyrannique régime hygrométrique et solaire dont cette plante maudite a besoin pour exister, les soins dont elle est l’objet par les pires raclures oisives anti-soigneux du genre humain, les dégâts irrémédiables qu’elle cause, les morts violentes, les exécutions, la laideur des lieux ou elle s’échange et se consomme depuis les cages d’escaliers aux chambres d’étudiants et jusqu’à l’enfer glacial et gris peuplé de morts-vivants qu’est Amsterdam, l’idéologie de mort de ceux qui aiment la consommer, la stupidité abyssale d’un Bob Marley etc.
Toutes ces apparences extérieures devraient seules suffire à ne jamais toucher au shit et à lui mener une tranquille guerre passive.
Étiquetté : afflelou, cannabis, dealer, Drogue, haschich, shit
Groenwalski
Cinéma, Citations — Article écrit par Lounès le 24 février 2013 à 14 h 13 min
Étiquetté : Groenwalski, Grunwalski
Post mortem nihil est
Cinéma — Article écrit par Vittorio le 1 février 2013 à 19 h 33 minL’article de Simon Riaux du Ring est à lire.
Absolument excellent cet article, pas trouvé d’équivalent ailleurs. Le film pose tout à fait la question de l’identité du terrorisme, de sa consistance, par rapport à la façon dont l’occident se perçoit lui-même : les réseaux informatiques, les flux d’informations sont plus importants que la menace « incarnée », comme si le contrôle du virtuel était plus important que le contrôle du réel, ce dernier n’étant perçu que comme une conséquence, non comme origine. Du coup même la polémique sur l’identité de « OBL », de son décès véritable, est hors-sujet. C’est toute l’incapacité de l’occident nihiliste-virtuel à s’imaginer un ennemi qui ne soit lui-aussi nihiliste et virtuel (or, il ne l’est pas du tout lui, ou pas encore complètement), et c’est parfaitement rendu également par le personnage de Maya; qui n’existe que par la menace à anéantir, mais qui se voit anéantie en même temps que sa cible. Tout le monde semble se foutre de la réalité concrète de sa cible morte, du coup elle non plus n’existe pas/plus, et Jessica Chastain est parfaite, dans sa beauté insaisissable que son personnage semble nier et rejeter, par son absence de sexualité, deux négations du corps.
De la même façon la polémique sur la torture est révélatrice, elle révolte les bien pensants non pas parce qu’elle est inhumaine , mais justement parce qu’elle l’est trop – humaine, qu’elle pose l’homme comme réalité concrète (les torturés souffrent, ne dorment pas, et finissent par dormir et manger, et qu’on essaye de jouer avec leur mémoire pour finalement les faire avouer du vécu, et du coup semblent plus vivants que les bourreaux de la CIA, et ce au delà de la question morale, comme s’il fallait torturer le corps (occidental) pour le faire se souvenir qu’il a existé). D’ailleurs amusant qu’on « n’entende » qu’Obama via des télévisions dans le film et rien sur George W Bush (si ce n’est que c’est sur lui et son équipe que reposent les accusations de torture) et qu’il n’a de cesse de déclarer en finir justement avec la torture, alors que la monstruosité de cette dernière est bien plus soutenable que celle du discours aseptisé de M. Barack Hussein et sa « transparence » morbide.
J’étais dubitatif à l’idée de voir un personnage qui selon toute vraisemblance serait bel et bien masculin (l’agent Maya) joué par une femme, mais c’est tout à fait pertinent. Un film sur l’occident comme seul l’occident peut encore en faire, et qui ne fait mugir une presse si prévisible que parce qu’elle n’y a évidemment rien compris.
Réenchantement
Trolling — Article écrit par Mony le 17 janvier 2013 à 10 h 51 minIl y avait les films de Q.
Mais c’est fini maintenant.
L’heure est à réenchanter le monde.
Et d’y remettre, a minima, un peu de créativité.
Le plombier et le marchand de glace se retrouvent évincés des dernières productions pornographiques préférant se passer de conversations ?
Le moindre connard avec son téléphone portable peut prendre en vidéo sa copine affairée à ses genoux ?
Najat Vallaud-Belkacem, ministre de la République de moins de quarante ans, a probablement du se compromettre un jour, elle aussi, dans des photographies coquines prises par un partenaire ?
Votre femme de ménage a le même iphone que vous ?
Votre voisin de train a payé deux fois moins cher que vous sa place en première ?
La France et le monde va à vau-l’eau ?
Eh bien l’heure de Paint, presque trente ans après, a enfin sonné et avec lui non pas la décroissance mais le réenchantement.
Littérature féminine
Littérature — Article écrit par Nicolas le 6 novembre 2012 à 15 h 49 min« Le plus grand, le seul ennemi de l’émancipation de la femme est la femme. »
Otto Weininger.
Je ne sais pas s’il y a une manière féminine d’écrire. Mais il y a sans doute une manière d’écrire pour les femmes.
J’ai lu Cinquante nuances de Grey. Les scènes sexuelles sont loin d’Henry Miller ou du Jin Ping Mei, et même loin du scandale que veulent y voir assez poussivement quelques trop intransigeants policiers des braguettes. L’important n’est absolument pas exprimé par ces moralistes ridicules.
Passons sur la pauvreté du vocabulaire, l’usage fréquent de poncifs et d’expressions toutes faites, la linéarité désespérante de tout cela, les phrases calibrées pour que même une lectrice de Biba en suive le mouvement et n’en oublie pas le début quand elle sera arrivée à la fin, passons sur les « whaou » et autres interjections ridicules qui ponctuent le texte, et passons même sur l’abandon d’à peu près toute proposition relative. Ce n’est pas là l’important non plus, quoi qu’en disent Richard Millet ou Renaud Camus.
L’important, à mon sens, c’est que cela me rappelle furieusement la manière d’écrire d’une cousine, pour laquelle je relis quelquefois des textes qu’elle arrive même à faire éditer chez de petits mais vrais éditeurs. On repérerait sans doute la même chose chez un Musso, une Gavalda ou un Lévy, qui ont tous compris qu’il n’y avait plus guère que des lectrices, et qui se sont adaptés. Mais E. L. James a poussé le constat au bout de sa logique : c’est une femme, elle écrit pour des femmes, le sait, et que ce soit un art consommé ou une simple manière d’écrire ce qu’elle aimerait lire, c’est redoutable en son genre.
Trois procédés sont plus aisément repérables et omniprésents, que je retrouve, à la réflexion, chez (presque) toutes les femmes qui écrivent autour de moi, même si c’est souvent à des degrés moindres :
— D’abord une certaine attention aux petites choses. Mais nous ne sommes pas du tout dans le something out of nothing ou dans la trivialité d’un passage de Joyce avec son contrepoint lyrique. Bien au contraire, le détail quotidien a une valeur par lui-même, non par sa trivialité : dans cette littérature-là il est important de proposer à sa colocataire « un doliprane ou un advil », pour prendre mon exemple dans le premier chapitre. Cette vie quotidienne n’appelle jamais autre chose, elle n’est ni symbole, ni image, ni ne vaut en tant que telle dans un but esthétique ; le détail semble juste là pour ancrer l’écriture dans le réel, dans la vie quotidienne de la lectrice, pour démentir d’avance toute littérarité, sans doute jugée avec raison trop élitiste pour la mère de famille, — puisqu’on parle à propos de ce livre de mom porn. D’ailleurs les noms des deux médicaments sont traduits, ce qui n’avait rien d’évident, mais on comprend que Nyquil ou Tylenol n’auraient justement rien dit de son quotidien à la lectrice française en mal d’identification.
— Aidée par cette attention à des détails pratiques, à des situations banales, à des actions quotidiennes sans intérêt mais mentionnées expressis verbis, la narratrice entretient un constant dialogue intérieur, se regarde, se jauge et est volontiers sévère avec elle même. Les situations sont ainsi dans un état de tension perpétuelle entre l’image qu’elle donne d’elle-même, ou qu’elle suppose objectivement donnée par ses actes et lisible par les autres personnages, et ce qu’elle serait intérieurement, ce qu’elle ressent, ce qu’on appellerait une sorte de vérité du personnage si tout cela ne relevait pas plus de Psychologies magazine que de Thomas Bernhard. Comme certaines femmes que nous pouvons croiser, cette narratrice obsédée par le regard des autres se pense presque sans cesse pataude, lourde, « pas à sa place », mal coiffée ou mal habillée ; la surveillance est constante. Ainsi, toujours dans le premier chapitre, la narratrice prénommée Anastasia trébuche ridiculement en entrant dans le bureau de Grey qu’elle est venue interviewer, se voit tomber, se dit maladroite, s’en afflige, se demande ce qu’il peut en penser… Bien plus : cet incessant jeu où Anastasia se désole de l’inadéquation entre ce qu’elle ressent et ce qu’elle donne à voir par ses actes s’étend aussi aux paroles et aux dialogues. Toutes les cinq lignes, elle se demande pourquoi elle dit ceci ou cela, se trouve maladroite de poser cette question, trouve qu’elle n’aurait pas dû risquer telle expression… Le schéma est simpliste mais peut être décliné à l’infini, ne semble jamais lasser, et il répond sans doute à une insécurité importante, omniprésente sans doute, quant à l’image que les femmes donnent d’elles-même dans nos sociétés où le destin de Cinquante nuances de Grey est un succès surprenant pour un ouvrage si médiocre.
— Conséquence de cette insécurité, manière d’essayer de la corriger, le troisième point que même le lecteur le moins attentif ne peut que noter, c’est une sorte de volontarisme mis en scène de manière souvent agaçante : l’héroïne s’encourage, littéralement, s’enjoint à elle-même continuellement de se secouer, de se prendre en main, de se reprendre quand elle faiblit, cela de toutes sortes de manières. Anastasia Steele ne voit-elle pas surtout, toujours dans le premier chapitre pour y limiter mes exemples, ces qualités prédominantes chez sa colocataire : tenace, insistante, habile, sachant s’y prendre ? Bien entendu cette manière de s’encourager n’a de sens que si l’on est faible, qu’on retombe dans cette faiblesse, et l’on comprend bien que l’un des dispositifs les plus puissants dans ce livre va être la manière dont l’héroïne est poussée à se révéler, en dépit de son incapacité à répondre aux encouragements quelle se prodigue et à donner l’image vraie d’elle-même que masqueraient sa maladresse, la pauvreté de sa garde-robe ou ses cheveux rebelles.
Tout est alors en place pour une romance où la godiche maladroite et peu sûre d’elle va finir par se révéler dans l’épreuve que lui impose un amour impossible mais qui n’en grandit pas moins inéluctablement en elle ; ce processus transforme à son tour l’insensible Grey et ces deux rédemptions symétriques et réciproques sont le vrai sujet du livre, notablement facilitées par l’argent du milliardaire, deus ex machina moderne, discret et distribué tout au long d’une progression qui serait moins facile mais ferait aussi moins rêver sans lui.
Le tout en trois volumes, c’est dire si la lectrice peut passer par des frissons de fausse désillusion et des suspenses intenables jusqu’au final triomphe de l’eau de rose, agrémentée cette fois des menottes rembourrées en fausse fourrure de félin et de quelques coups de martinet.
On ne dira pas que l’éditeur a manqué un bon sous-titre en ne retenant pas Les Jeux de la marchandise et du narcissisme. C’eût été, malgré sa facilité, une référence trop inaccessible et trop compliquée pour le nombreux public visé, fait de connes mal baisées dans l’attente d’un bellâtre charmant et riche qu’elles attendront longtemps avant que la vieillesse ne devienne leur enfer mérité.
Étiquetté : bdsm, féminisme, lit et raturesL’Occident et les guerres médiques
Citations, Histoire — Article écrit par Vae Victis le 30 septembre 2012 à 13 h 57 minDavid avait marché contre Goliath et l’avait vaincu, contre toute attente. En fin de compte, cette masse écrasante qu’était la machine de guerre perse – rien d’aussi redoutable n’était paru au Proche-Orient, depuis la fin de l’empire assyrien – n’était pas invincible : la leçon portait ses fruits. Dix ans après Marathon, lorsque la Grèce fit face à une invasion dont l’échelle faisait de l’expédition de Darius une simple razzia côtière, le souvenir encore intact de la victoire fit combattre Athènes, Sparte et leurs alliés. Si l’on s’en était tenu à un calcul rationnel, c’était une pure folie. Ceux qui se considéraient comme des réalistes à long terme – dont les prêtres du temple oraculaire de Delphes et les chefs de presque toutes les cités-Etats de Grèce septentrionale et des îles de l’Egée – jugèrent, comme les politiciens français de Vichy en 1940, que toute résistance était inutile et que la «collaboration» était la seule réponse possible à la menace perse. Logiquement, ils avaient raison. Mais les grandes victoires de l’esprit humain contre les malheurs ne se remportent pas par le simple jeu de la logique, comme Thémistocle et Churchill l’ont bien vu. La seule raison ne suffit pas.
Vers le milieu du VIe siècle, juste avant que le conquérant perse Cyrus n’envahît l’Ionie, le poète Phocylide de Milet écrivait : « Une polis sur un promontoire, si elle est bien gardée, vaut mieux, si petite qu’elle soit, que Ninive frappée de folie. » Bien que l’lonie succomba et Milet – seule parmi les cités ioniennes – conclut un traité avec l’envahisseur, Phocylide avait absolument raison sur le long terme. Ceci est une vérité centrale que l’on ne devrait jamais oublier, lorsqu’on étudie les guerres médiques . Ces dernières années, grâce au travail spectaculaire des archéologues et des savants orientalistes, notre connaissance de la Perse achéménide s’est considérablement accrue. Nous sommes aujourd’hui en mesure d’évaluer Darius, Xerxès et leur civilisation avec une meilleure compréhension et moins d’à-priori qu’un « enquêteur » comme Hérodote ne pouvait le faire, quelle que fût par ailleurs son ouverture d’esprit. Notre vision n’est plus la calomnie xénophobe produite par les témoignages biaisés des Grecs : nous devrions plutôt nous défendre aujourd’hui des excès d’enthousiasme sans discernement.
Ceux dont l’esprit penche naturellement vers l’autorité tendent à être fascinés par l’empire achéménide, précisément pour les raisons qui ont poussé les Grecs à lui tenir tête : une administration centrale monolithique (à défaut d’être toujours efficace), l’absolutisme théocratique, l’absence d’opposition politique (sauf à l’occasion des intrigues de palais, souvent sanglantes) et une administration provinciale confiée à des satrapes débonnaires (aussi longtemps, du moins, que leurs administrés ne faisaient pas d’embarras et payaient régulièrement leurs impôts). Arnold Toynbee est allé jusqu’à suggérer que tout aurait été bien mieux pour les Grecs s’ils avaient perdu les guerres médiques : l’unité et la paix imposées auraient pu les empêcher de gaspiller leurs énergies en guerres intérieures absurdes (et en causes locales désespérées), jusqu’à leur absorption par la bienveillante pax romana d’Auguste. Ce que ces théories refusent de comprendre, c’est que l’ensemble des concepts de liberté politique et intellectuelle, et de l’Etat constitutionnel (si inefficace et corrompu qu’il puisse être par ailleurs), a dépendu d’une chose : du fait que les Grecs, quels qu’aient été leurs motifs, ont décidé de s’opposer au système de l’absolutisme palatial propre à l’Orient, et qu’ils l’ont fait avec un succès remarquable. L’Europe moderne ne doit rien aux Achéménides. Nous pouvons bien admirer son architecture imposante (mais écrasante) et contempler avec une sorte de respect craintif la grande Apadana de Persépolis, avec ses merveilleux bas-reliefs. Reste que la civilisation qui pouvait produire de telles choses nous est presque aussi étrangère que celle des Aztèques, et pour des raisons assez semblables. La Perse achéménide ne nous a laissé ni grande littérature ni grande philosophie : son unique contribution à l’humanité a été, de façon assez caractéristique, le zoroastrisme. A l’instar de Carthage, elle perpétuait une culture fondamentalement statique, axée sur le statu quo théocratique et opposée (sinon carrément hostile) à toute forme de créativité originale.
Peter Green, Les guerres médiques ; Editions Tallandier ; p. 34 à 36
Étiquetté : Grèce, guerre, Occident, Perse, Peter GreenKing of California
Cinéma — Article écrit par Vittorio le 29 septembre 2012 à 8 h 05 minPost écrit et envoyé par André Waroch – ndIS :
En 2007, il y a cinq ans déjà, sortait, dans l’anonymat le plus complet, un film dont je n’eus vent ni de la naissance, ni du voyage final vers l’Avallon des films morts avant d’avoir vécu. Je le découvris quatre ans plus tard, alors que je furetais au hasard dans les allées virtuelles d’une chaine de vidéos à la demande.
Il est des films qui changent la vie. Et s’ils ne changent pas votre vie, du moins peuvent-ils changer la façon que vous avez de la voir. En général, ces films-là arrivent à l’adolescence, comme l’acné et les histoires d’amour. En général.
Mais le plus étrange, c’est quand un de ces films qui vous foudroient, qui vous frappent comme une révélation, a été massacré par le public et la critique, et que, alors même que vous le voyez pour la première fois, il a déjà depuis longtemps disparu dans les limbes du box-office, sans même l’aumône d’un succès d’estime.
Pourtant, comme pour contredire le récit du destin banal d’un film à petit budget lancé sans promotion (ou avec une bande-annonce qui présente le film comme il fut finalement jugé, c’est-à-dire « une-petite-comédie-sans-prétention ») et oublié de tous un mois après sa sortie, l’acteur à qui on a confié le premier rôle n’est autre que Michael Douglas, méconnaissable.
L’histoire : Charlie, un rescapé de l’hôpital psychiatrique, exalté barbu aux yeux fous, relâché après plusieurs années d’internement, retrouve pour toute famille sa fille Miranda (Evan Rachel Wood), laissée seule, encore enfant, dans la maison familiale, et qu’il retrouve âgée de dix-sept ans, travaillant dans un fast-food, gérant sa propre vie tant bien que mal après avoir échappé par miracle aux services sociaux.
Entre Charlie et sa fille, le courant ne passe pas, ou plus. Obligée de gérer les lubies et l’irresponsabilité de son père en plus des affaires courantes, Miranda apparait finalement comme l’adulte responsable du duo. Car Charlie est sorti de l’hôpital avec une nouvelle idée fixe : il prétend savoir comment retrouver un trésor enterré au dix-septième siècle dans ce coin de Californie par des explorateurs espagnols, grâce au journal du père Torrès, qui relate l’expédition dont il faisait partie, journal dont Charlie est persuadé être le seul à avoir pu décrypter le message qui y serait selon lui caché, et qui permettrait de trouver l’emplacement des doublons d’or.
Cette fois, il en est persuadé : ce n’est pas une nouvelle idée farfelue comme toutes celles qui avaient pu germer dans sa tête auparavant, qui avaient fini par faire partir sa femme et à le conduire à l’asile. Il tient là quelque chose d’énorme. Il va finalement décider sa fille à l’aider dans ses recherches à travers une Californie dévastée par les autoroutes, les constructions immobilières anarchiques et les centres commerciaux, à travers une nature mutilée, envahie et souillée par l’urbanisation. Il va finalement, du moins le croit-il, localiser l’emplacement exact du trésor : sous deux mètres cinquante de béton, au beau milieu d’un magasin de bricolage.
Miranda semble avoir perdu toute faculté d’émerveillement. Ses rêves mêmes paraissent se limiter à l’acquisition d’un lave-vaisselle. Ses perspectives d’avenir se limitent à un plan de carrière minable dans un fast-food. Sérieuse, responsable, intelligente, volontaire, elle est néanmoins mentalement diminuée. Son horizon s’est rétréci impitoyablement. Voir la scène où, partant au travail, elle croise dans la résidence un attroupement formé de quelques-uns des nouveaux arrivants, pour la plupart issus du tiers-monde, en train de célébrer, à l’occasion d’une fête officielle, l’installation de la millième famille dans la résidence, famille qui reçoit son prix sous les applaudissements. Une banderole tendue entre deux poteaux annonce l’évènement. Aux grillages sont accrochées quelques grappes de ballons. Alentours, de nouveaux chantiers s’ouvrent sans cesse, finissant de garnir les collines et les plaines de maisons, de routes et de ronds-points.
Assis sur leur terrasse, un soir, Charlie et Miranda, en contemplant la vallée couverte de maisons préfabriquées, discutent :
- Avant, quand on s’asseyait ici, on voyait une, peut-être deux lumières. Ta mère passait son temps à se plaindre parce qu’on habitait un trou perdu au milieu de nulle part.
- C’est toujours au milieu de nulle part. Seulement, il y a plein de gens maintenant.
Le père, en embringuant sa fille dans une équipée qu’elle juge grotesque et dérisoire, va la mettre au bord d’un autre chemin. Il sait, lui, qu’il y a autre chose derrière le rideau gris de cette sordide réalité. Charlie entretient un rêve fou, immense, aux antipodes des ambitions étriquées de Miranda. Contrairement à elle, il n’accepte pas le monde tel qu’il est.
Philippe Murray nous avait prévenu : « La rumeur voudrait que nous ayons désormais tout vu, tout raconté, tout écrit, que nous ayons même perdu cette fameuse santé de l’imaginaire qui accompagne le sens de l’épique, de l’aventure, des grands espaces, de l’urgence du récit et de l’inspiration (…) Or, de deux choses l’une : ou bien, en effet, les « grandes aventures » et les « grands espaces » existent encore, ainsi que le veut la formulation publicitaire globale, et nous en avons perdu le sens : ou bien tout cela a disparu (ou s’est transformé d’une façon très subtile), et ce qui serait ridicule serait : premièrement de ne pas nous rendre compte de cette disparition en continuant à raconter comme si de rien n’était des histoires pleines des grands espaces d’autrefois : deuxièmement de disparaître avec cette disparition au lieu de trouver le mode de narration qui soit synchrone au mouvement même de la disparition de tout. Mais trouver ce mode de narration implique qu’on sache exactement ce qu’est la réalité ici et à présent. «
Mike Cahill n’aime pas notre monde. Mais il le regarde, puisqu’il est là. Il y a un hiatus entre ce qui est filmé et la façon dont cela est filmé. Comme si le fantôme de l’Amérique du Nord précolombienne, et particulièrement celui de ce finisterre californien, apparaissait en transparence sur le tableau terrifiant d’un paysage sans fin d’autoroutes, de grandes surfaces, de chaînes de restaurants et de cités-dortoirs. Comme si le merveilleux pouvait survivre même à l’horreur du quotidien de ce monde cauchemardesque tout droit sorti d’un film d’anticipation des années soixante-dix. Cahill s’attache à ce qui reste de l’ancien monde : les arbres, le ciel, les collines, la foi de Charlie, l’envie d’y croire de Miranda, le journal du père Torrès rapportant une histoire vieille de trois siècles. Et l’amour non-dit qui unit le père à sa fille, et qui semble baigner ce monde atroce d’une lumière presque palpable.
La majorité des critiques semble ne s’être même rendu compte que Mike Cahill n’avait pas essayé simplement de réaliser « une gentille petite comédie ». Il est vrai que le scénariste-réalisateur ne leur a pas mâché le travail. Il n’a pas voulu donner à son histoire les couleurs glauques et prétentieuses d’un film « intellectuel » à l’européenne. King of California est un film léger, lumineux, transfiguré à chaque instant par une bande originale qui mélange les musiques additionnelles au ukulélé de David Robbins et des morceaux pop dénichés on ne sait où (avec en point d’orgue le sublissime « Flood of dreams » écrit pour l’occasion par Robbins et interprété par Jolie Holland).
Cahill semble avoir trouvé (comme le romancier Olivier Maulin avec son livre Les évangiles du lac, sorti -signe des temps ?- juste quelques mois plus tard) ce nouveau mode de narration réclamé par Muray. Contrairement par exemple à Michel Houellebecq, prisonnier résigné de ce monde moderne (mais qui, peut-être le premier, osa le montrer tel qu’il est), il a préféré, à partir de cette réalité crûment photographiée, porter son regard vers l’horizon, vers la frontière, vers les anciens grands espaces, vers cet inconnu depuis longtemps défriché, mais qu’on peut toujours faire resurgir de sa mémoire.
Mais encore une fois, il serait faux de qualifier cette œuvre de film « intellectuel » ou « philosophique ». Ce film est ce qu’on pourrait nommer, cinématographiquement parlant, un thyrse : mot désignant une sorte de bâton de cérémonie des religions antiques autour duquel venaient s’enrouler lierre, fleurs et pampres. King of California est l’histoire d’un amour tardif, crépusculaire, celui d’un père pour sa fille, sur laquelle vient se greffer cette description du monde actuel, qui aurait pu être un discours critique affaiblissant l’œuvre dans son ensemble en en faisant un « film engagé », si Cahill n’avait pas choisi, littéralement, de reléguer ce discours à l’arrière-plan. De noyer ce qui n’aurait pu être qu’une énième « dénonciation », dans le bleu des yeux d’Evan rachel Wood.
Dans Le spleen de Paris, dans son poème en prose intitulé simplement Le thyrse, Baudelaire délivrait cette sentence en forme de question :
« Et quel est, cependant, le mortel imprudent qui osera décider si les fleurs et les pampres ont été faits pour le bâton, ou si le bâton n’est que le prétexte pour montrer la beauté des pampres et des fleurs ? ».
André Waroch.
Concours : Nouveaux héros de Comics
BD, Culture — Article écrit par Vae Victis le 24 septembre 2012 à 22 h 27 minJe lisais cet article cet après-midi. Je vous précise que ce n’est pas un faux. C’est bien réel. En voici quelques extraits :
Simon Baz, le nouveau héros musulman de Green Lantern
DC Comics crée son premier super-héros musulman
samedi 22 septembre 2012 / par Fouâd HaritLa célèbre bande dessinée Green Lantern renouvelle ses effectifs. Le nouveau super-héros est arabo-musulman : Simon Baz.
DC Comics crée la surprise. Le nouvel arrivant chez les super héros de Green Lantern est musulman. Simon Baz, un Américain d’origine libanaise qui vit à Deaborn, dans le Michigan. [...]
2011 et 2012 sont les années des minorités chez DC et Marvel. En août 2011, Marvel troque le bleu blanc rouge du super-héros de Spiderman contre un bleu black rouge : Miles Morales, un adolescent new-yorkais afro-latino. En juin dernier, le héros de Green Lantern, Alan Scott, annonçait au monde entier son homosexualité. Même son de cloche du côté de chez son voisin Marvel qui est allé jusqu’à organiser, le 20 juin 2012, le mariage homosexuel de deux héros de X-men. [...]
Après les personnages homosexuels, DC Comics franchit un nouveau cap. Désormais, Baz rejoint le petit cercle des super-héros de Green Lantern. Un choix qui pourrait paraître logique pour nombre de musulmans chez qui le vert est la couleur traditionnel dans l’Islam. Les premières pages de la nouvelle série présente Simon Baz, encore enfant, horrifié devant la télévision qui diffuse l’effondrement des tours jumelles du World Trade Center. Dans le scénario, la religion musulmane est très présente. Par exemple, la mère et la sœur de Baz portent le voile. On assiste même à une scène où le jeune aventurier nettoie un graffiti sur l’un des murs d’un centre islamique. [...]
DC tente une première expérience en 2011 lorsqu’il introduit Bilal, un Français musulman de Clichy-sous-Bois d’origine algérienne. Baptisé Nightrunner, le super héros a été enrôlé par Batman himself. [...] Le créateur du personnage, le Britannique David Hine, justifie son choix. Bilal représente la nouvelle génération de Français issus de la diversité. Un message de tolérance qu’il souhaitait transmettre face à la diabolisation de l’Islam depuis les attentats du 11 septembre. Le vengeur masqué n’aura pas fait long feu… [...]
Simon Baz n’est pas le seul représentant arabo-musulman dans l’univers des comics. En 2002, Marvel créa Dust, une super-héroïne voilée arborant avec fierté son niqab. Une introduction encore timide de super héros arabes et/ou musulmans dans le cercle fermé des super-héros, mais l’initiative est à saluer.
Alors je vous propose de créer nous aussi de nouveaux héros pour la jeunesse. Voici quelques personnages de ma création :
Burka-girl. Seulement âgée de 17 ans, elle est déjà la mère de 5 enfants. Epouse vertueuse aux petits soins pour son mari et mère accomplie, elle ne peut résister à son devoir qui est de défendre la justice islamique aux quatre coins du monde. Possédant un coran magique écrit de la main du prophète qui lui donne une force surhumaine, et un tapis de prière volant, elle peut se déplacer au-delà des nuages.
Pour sa première apparition, elle arrive brusquement sur son tapis de prière volant et défonce les vitres de Charlie Hebdo sous les tirs des mécréants du GIGN. Mais rien ne l’arrête, elle élimine quelques sbires du journal, avant de devoir rebrousser chemin sous la pression des vilains. Pour se venger les mécréants kidnappent ses enfants et menacent de les exécuter, si elle ne dévoile pas son identité, ce qui est aussi un fourbe moyen de la déshonorer. Mais Burka-girl, grâce à sa maitrise des arts martiaux islamiques et à sa force surhumaine, délivre les enfants et détruit Charlie Hebdo sous les hourras de la rue islamique.
Kamikaze-man a été touché par la grâce d’Allah. Battu par des infidèles Juifs et croisés en tentant de protéger sa famille, et laissé pour mort dans le désert, il eut le temps avant d’expirer de réciter les noms d’Allah et de lui demander une nouvelle vie pour se venger des atrocités impies. Toujours armé d’une ceinture d’explosifs, aujourd’hui il se déplace partout où la situation l’exige pour se sacrifier encore et encore au nom du Très Miséricordieux. Il revivra jusqu’à ce que le Califat mondial soit instauré. Ses morts glorieuses lui procure à chaque fois 100 vierges et ouvre la voie aux martyrs.
Pour sa première apparition, Kamikaze-man s’attaque à un restaurant de spécialités charcutières à la fête de la bière. Déjouant les pièges formés de chapelets de saucisses, de tranches de saucisson et de bière renversée jonchant le sol, il parvient à pénétrer dans le l’antre du démon alcool et du dieu cochon. Armé de sa foi et de plusieurs kilos de TNT il fait voler en éclats les mécréants. Bientôt son corps meurtri se régénère pour une nouvelle opération kamikaze.
Salafisto, alors qu’il ânonnait encore et encore les saintes écritures, il se coupa le doigt avec un ancien Coran venu en droite lignée du Prophète. A partir de ce jour rien ne fut plus pareil, doté d’une vitesse extraordinaire il peut lancer plusieurs milliers de pierres à la seconde, ainsi que mutiler et fouetter les infidèles sans jamais se fatiguer. Décidé à user de son don pour la bonne cause, il fouette et lacère mauvais musulmans et païens impies pour la Gloire de l’Islam. Cœur pur à la foi intangible il fait preuve de compassion envers les remords véritables.
Pour sa première apparition, Salafisto doit ramener dans le droit chemin des femmes adultères. En Afghanistan l’armée américaine incite à la débauche des femmes, tandis que leurs maris, de fiers combattants de l’islam, se battent hardiment pour la justice avec le glaive d’Allah. Tandis qu’un soldat américain flirte avec une femme, Salafisto lui lance une nuée de pierres effilées avant qu’il ait le temps de saisir son arme. Bientôt pourchassé par une section entière, puis par des hélicoptères et des avions croisés, il joue du fouet et de ses pierres avec dextérité et élimine la menace. Rentrant au village il brûle vive la femme pécheresse et pardonne aux autres au nom d’Allah le Miséricordieux.
Adolfo, revenu du royaume d’Allah, où une place d’honneur l’attendait malgré son paganisme, il a sincèrement reconnu son erreur. Aujourd’hui converti à l’islam, il est de retour pour expier ses fautes et détruire l’injustice faite aux Palestiniens. Il n’aura de cesse de poursuivre son œuvre épuratrice jusqu’à ce que la paix d’Allah règne sur le monde. Armé d’un Lüger et de grenades au Zyklon B, ce surhomme dopé à la foi, fera chèrement payer son retour à ses ennemis sionistes.
Pour sa première apparition, on le voit jeter au feu des disques de Wagner et l’intégrale de Nietzsche, avant de d’entonner un discours sur la supériorité de l’islam dans une madrasa iranienne. Adoubé par les Mollahs et Ahmadinejad, il jure sur Allah de venger les victimes du sionisme. Sa première cible est Jérusalem, il déjoue rapidement l’armée sioniste avec ses grenades et fait exploser les Merkavas de quelques coups de Lüger bien ajustés. Bientôt rejoint par le Hezbollah il lance une implacable Blitzkrieg. Avant la fin du tome Jérusalem est capitale d’un Etat palestinien indépendant. Les Israéliens alertés pour les faiblesses de leur armée demandent de l’aide à la ligue des infidèles : Captain Cohen, Ham Haram, Dark Moshe, Alcohol Apocalypse, Evil Rushdie.
Étiquetté : islam
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