Mimil, le blog auquel vous faites allusion a pour fond de commerce l’incitation systématique à la haine raciale, pratique allègrement l’excuse de génocide, traite les métisses de “semi-bamboulas” et les noirs de “congoïdes”, voire les juives de “truies”… Vous voyez le niveau. Ne demandez pas, en plus, à ses “auteurs” de comprendre le second degré vachard qui caractérise souvent la prose de Jérôme, ce n’est pas exactement dans leurs moyens. Au vu du nombre très élevé d’articulets tous plus orduriers qu’ils lui ont consacrés, on peut en déduire que Jérôme exerce sur eux une sorte de fascination trouble, un mélange d’envie et de haîne, qui serait risible s’il n’était régulièrement assorti de menaces précises assez inquiétantes effectivement. Mais de la coupe aux lèvres, il y a une marge, laissons les éructer et sourions. L’humour décalé reste la meilleure des armes contre l’imbécillité.
Méditons un instant, reprenons notre souffle, et voyons en détail.
D’abord le message de « Mimil » auquel répondait Nadia semble être de pure commande, jusqu’au final appel à je ne sais quelle réaction saine et citoyenne qui, si elle venait à manquer, discréditerait M. Jérôme Leroy (n’est-ce pas déjà fait ?) : procédés d’auto-commentaire assez affligeants et transparents, si j’étais à Causeur je vérifierais par curiosité si l’IP de Mimil ne correspond pas à celle de M. Jérôme Leroy ou de Nadia.
Incitons-nous à la haine raciale ? Je ne sais pas. Pour ma part je me contente de dire que je n’aime pas beaucoup certaines populations, que leur sort quand elles sont décimées par un tremblement de terre m’est profondément indifférent, et que je trouve désolant de devoir vivre avec elles ou leurs pareils, en raison d’inconvénients bien réels : insécurité, promotion de cultures primitives ou de leurs dégénérations transplantées, musique à la con, leur propension et celle de leurs pareils à réclamer plus d’intervention étatique, à vouloir m’imposer des comportements ou des pensées, ou à se plaindre d’une colonisation où je n’ai jamais été personnellement pour rien, etc. si j’étais chiraquien je parlerais aussi du bruit et de l’odeur. Est-ce de la haine raciale ? pour Nadia sans doute, encore que ces défauts soient souvent ici flétris quand ils sont le fait de gens bien blancs. Personnellement je n’y vois qu’une expression de ma liberté de chercher à vivre comme je le veux, avec qui je le veux, en disant tout haut que si l’on m’oblige au contraire je n’aime pas ça. Et accessoirement en assurant Nadia que l’effet que cela peut produire dans le fond de vieille chorba refroidi du ramadan dernier où baigne ce qui lui tient lieu de cerveau m’est en plus assez indifférent. Je crois que c’est surtout ce dernier point qui n’est pas pardonnable par ces gens : qu’on puisse tranquillement se foutre de leurs catégories mentales, ne les prendre en considération que pour les mépriser doucement ou en rire, trouver leur sensiblerie humanisto-pavlovienne simplement crétine, hausser les épaules à leurs vaillantes perroquetteries du dernier édito de Libé, tout cela leur demeure, comme à tous les dévôts, insupportable.
Avons-nous traité les métis de semi-bamboulas ? je ne vais pas rechercher pour faire plaisir à Nadia. Mettons que cela a pu arriver. Et alors ? est-on obligé d’aimer les métis ? surtout quand toute une propagande incessante en faveur du métissage règne à peu près partout en permanence ? Non pas, soulignons-le pour Nadia qui semble avoir quelques difficultés, en faveur d’un métissage accidentel qui regarderait les individus, mais en faveur d’un métissage auquel est donné de toute évidence et de propos délibéré une valeur positive quant à un destin collectif, c’est à dire une promotion politique du métissage. Si l’on peut donner une valeur politique positive à ce qui est donc une idéologie du métissage, en quoi serait-il impossible de lui donner d’un autre point de vue, une valeur politique négative ? sinon en ce que diverses législations sont faites par les gens qui tiennent pour la première contre ceux qui tiennent pour la seconde, circonstance qui pourrait d’ailleurs changer ? (insère ici toi-même, lecteur, un développement dont je n’ai pas le courage sur les raisons pour lesquelles nous reprocher notre anonymat, comme certains le font si souvent que cela semble manquer à la petite diatribe de Nadia, est d’une rare stupidité et revient à demander aux gens qui ne sont pas du côté du manche pourquoi ils cherchent à se protéger des coups).
J’ajouterais bien que le métissage avec les japonaises par exemple ne nous… en tout cas ne me gène pas beaucoup, mais je me demande si ce ne serait pas renforcer Nadia dans ce qui semble bien être ses spontanées préventions. Raciales.
Je ne crois pas que nous ayons traité les Juives de « truies ». Ou alors les gens qui nous reprochent à longueur de temps notre sionisme ou notre philo-sémitisme n’auront pas été assez attentifs à de tels propos. Ils sont pourtant d’une attention redoutable habituellement, et même d’une inattendue finesse, au moins quant à leur maniaquerie antisémite.
Nous voyons donc, effectivement, « le niveau » de cette pauvre Nadia, incapable de lire un texte autrement que de manière toute primaire, incapable à l’évidence du moindre effort de conceptualisation pour aller un peu au delà de la paire stimulus-réaction engendrée chez elle par la lecture d’un mot, et même inventant des griefs qui sont démentis par d’autres détracteurs parfaitement symétriques d’elle et qui nous reprochent l’inverse de ce que nous reproche cette pauvre Nadia.
Tout cela noté, et faisant la preuve d’une incapacité foncière à toute lecture autre que le déchiffrage chez notre aimable contradictrice, on trouvera plaisant que Nadia nous reproche de ne pas comprendre « le second degré vachard » de M. Jérôme Leroy.
Je ne vois pas bien en quoi M. Jérôme Leroy ferait du second degré vachard. Dans l’article que commente Nadia, Jérôme Leroy nous parle sur Causeur d’un problème où nous pouvons même être d’accord avec lui : injecter de l’huître broyée dans le ventre des souris était un test inventé par un fonctionnaire avec une sorte d’humour noir absurde et inattendu, tant on sait bien que ces tristes hommes en costume gris en sont incapables, leur humour se résumant en général à peu de choses : blagues de conseillers d’État ou facéties de rédacteurs de notes de synthèse sur la comptabilité publique. M. Leroy aurait sans doute pu, en s’y appliquant, trouver là-dessus des tas de choses spirituelles et rigolotes à dire. Il aurait sans doute pu se fendre de quelques saillies. Au lieu de cela, lisez son texte, une sorte de persiflage lourd qui le classe plutôt parmi les haltérophiles de l’ironie grasseyante. – Clarifions ici une incompréhension fréquente : certes il nous arrive sans doute, et à moi tout le premier, de faire aussi mal, mais c’est bien lui le grand homme tellement publié qu’il s’en vante fréquemment ? lui le magicien délicat des mots ? lui qui se transforme en quasi-émule de Bukowski dès le troisième cubi ?
Et non contents de ne pas reconnaître à M. Leroy ses grands talents nous lui consacrons des articulets maniaques. Peut-être parlons-nous trop de M. Leroy. XP surtout. Mais il doit avoir ses raisons, ça le regarde, et les articles consacrés à M. Jérôme Leroy ne sont pas les moins lus. Le lecteur a toujours raison : ce n’est pas le grand homme de media qu’est en outre M. Leroy qui me démentira, lui qui ne manqua que de peu une somptueuse carrière de patron de presse pour se consacrer à son art si pur.
« Envie, haine, fascination », donc : mais qui donc commente en parlant d’Ilys et en nous reprochant une sorte de maniaquerie un article – à peine, disons un articulet – sur les huîtres ? N’y a-t-il donc pas un point où l’hystérie amusante et complexe de Nadia arrête son pauvre délire interprétatif devant ses propres incohérences ?
S’il te plaît Jérôme, arrête de boire, lâche ton clavier, va t’acheter une boite de Durex, et profite de ton statut de demi-écrivain en grimpant un peu Nadia. Face à certaines hystériques c’est encore la meilleure chose à faire. Pour tout le monde. Merci.
(P.S. : Nadia peut aussi, si M. Jérôme Leroy se révélait impotent ou préférait son verre de rouge à la rose obscure de ses admiratrices, envoyer une photo d’elle, de préférence nue, à Ilys. Sans toutefois d’autre garantie que la publication.)
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