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Jean Ferrat, pourriture communiste

Le chanteur soviétique Jean Ferrat vient de mourir, et c’est bien fait pour sa gueule.

De ce type, je retiens deux souvenirs :

- Il a été invité un soir à l’émission “La marche du siècle” et fut confronté pour le coup à un rescapé des camps de concentration socialistes de Russie qu’il a pour l’occasion insulté, traité de menteur et traîné  dans la boue…

- Il a écrit cette chanson immonde qui s’appelle “La montagne”, laquelle visait à faire croire que les paysans mangeaient bien, avant l’exode rural, qu’ils avaient de l’espace, et que depuis leur arrivée en ville, ils mangent mal et s’entassent.

Étant le rejeton d’une famille de paysans installés depuis quatre siècles en moyenne-montagne et précisément dans le Champsaur, je peux vous dire que la ritournelle de ce stalinien est mensongère, qu’on est toujours mort en ces temps vers la quarantaine et que les paysans ont envoyé leurs fils à la ville dans la joie pour qu’ils y deviennent employés de mairie, préposés aux postes, balayeurs et que, de grâce, ils échappent aux caprices des éléments.

Je suis un humaniste, littéralement un ami de mon prochain, et je me réjouis donc qu’il n’y ait plus de paysans dans les campagnes et de mineurs dans les mines, parce que ces gens y vivaient l’ enfer.

Bien  entendu que Jean Ferrat a vécu heureux dans l’Ardèche, puisque avec de l’argent sur un compte et des serviteurs, on est heureux partout… Ce n’est pas honteux, d’avoir du fric plein les poches, mais ce qui l’est en revanche, c’est de singer les pauvres pour se moquer d’eux, et c’est bel et bien ce qu’a fait le soviétique Jean Ferrat tout au long de sa vie… Faut pas jouer les pauvres, quand on est plein de sous.

Le deuxième souvenir auquel me renvoit le chanteur soviétique Jean Ferrat, c’est celui de mon grand-père paysan, un matin où il était sept heures et que nous lavions l’écurie … Il venait d’apprendre par le journal que Jean Ferrat s’improvisait fermier, ça le faisait rigoler, et il a prédit devant moi que l’expérience ne durerait pas six mois, que ce type en aurait très vite marre de saloper ses mocassins de chanteur et que personne, à moins d’être un abruti congénital ou de vouloir punir ses contemporains n’ambitionne un retour à  la terre.

Il y a quelques années, il a été hospitalisé dans ma ville, à Grenoble… Avec mon frère, on  a envisagé quelques instants de se rancarder sur son numéro de chambre et tirer sur sa moustache de soviétique pour lui faire avouer que cent cinquante millions de morts, ce n’est pas un détail.

On ne l’a pas fait.

On a eu tort.

Naulleauté intégrale

On devrait toujours regarder la télévision dans la condition qui était la mienne ce matin, tandis que je parcourais l’émission “on n’est pas couché” et la passe d’armes qui a mis aux prises les chroniqueurs Zemmour et Naulleau avec B.H.L et Yann Moix: en souffrant d’une rage de dent assez légère pour qu’elle recule devant deux Di-Antalvic (tenant les conseils de mon médecin de famille pour meilleurs que ceux des experts du ministère de la santé, j’ai gardé les miens, mais c’est une autre histoire). De fait, la douleur n’est pas assez forte pour émousser la concentration, mais suffisante pour aviver notre mauvaise humeur et cette misanthropie sans laquelle on n’accède pas à la lucidité.

Comme le veut le genre, il fût question dans ce débat de sujets divers et variés (la pédophilie, l’affaire Polanski, la communauté juive…) dont il ne sera nullement question ici; ayant chaque jour un peu moins d’appétit pour les dégagements superficiels et les sujets subalternes, la Forme attire toujours un peu plus mon attention au détriment du Fond, et c’est donc sur elle que je vais m’ arrêter.

Ce qui rend ce débat fascinant, propice à l’exégèse et tout a fait digne d’être archivé , c’est qu’il n’y a pas eu de débat. Je n’use pas ici d’une métaphore et ne prétends pas qu’il n’a pas vraiment eu lieu, que la qualité n’y était pas assez pour qu’on puisse user de ce mot, mais bien que, littéralement, il n’a pas eu lieu, que pas une seule phrase ne fût échangée, et ce pour une raison simple: les protagonistes Zemmour et Naulleau ne sont pas venus. On pouvait avoir l’impression fausse qu’ils étaient-là, mais Zemmour était en réalité chez lui en train de d’écouter l’intégrale des sketchs tous pourris de Raymond Devos tandis que Naulleauté se fabriquait une étagère pour y ranger sa collection de Marianne, comme dans une nouvelle de K.Dick où des personnages morts peuvent être assez dépourvus de lucidité pour se croire encore de ce monde et s’adresser à ceux qui, sur terre, leur servaient d’entourage, tandis que ceux-là sont assez inconscients pour s’imaginer avoir en face d’eux leurs défunts, croire les entendre et se mettre à leur répondre.

Sur ce plateau de télévision, il y a avait donc BHL et Yann Moix. On peut porter sur leurs talents, leurs œuvres et leurs personnes les jugements de valeur que l’on voudra, il convient sans doute de le faire avec sévérité, il n’empêche que cela ne sera d’aucun secours pour déterminer qui ils sont, à savoir, respectivement, un philosophe et un écrivain. Quels que soient les rangs qu’ils y occupent, c’est sur ces planètes-là qu’ils sont, et c’est de là qu’ils parlent. A l’inverse, Zemmour et Naulleau ont en commun de haïr autant la pensée que la littérature et ne jurer que par leurs contraires, à savoir la réflexion, et les Belles Lettres.

Pour s’en faire une idée, disséquons quelques morceaux choisis de ce non-débat, cette conversation fantastique qui n’a pas eu lieu et qui tire toute sa substance de sa non-existence:

Éric Naulleau: BHL, vous dites que l’anti-américanisme est la métaphore de l’antisémitisme. En disant cela, vous accusez, discréditez par avance vos adversaires.

A moins de concevoir un profond dégoût pour la philosophie, ce qui séduit essentiellement dans la formule de BHL, c’est qu’il donne à une conviction politique relevant purement du prosaïque (le rejet ou la condamnation d’un état ou de sa politique) une explication d’ordre métaphysique et spirituelle. Si BHL et la Naulleauté avaient pu se rencontrer, ils auraient peut-être débattu, et la seconde aurait défendu soit l’idée que l’anti-américanisme n’a aucune dimension métaphysique, soit celle selon laquelle la dite dimension ne ramène pas à l’antisémitisme. Pour le dire autrement, Naulleau aurait dit à BHL qu’il n’était pas d’accord avec lui. Au lieu de cela, il a parlé non pas de la nature de l’anti-américanisme, mais de LA philosophie et du rejet viscéral que la discipline lui inspire. Nous ne l’avons pas vu, mais ce Naulleau qui n’était pas là avait en face de lui un interlocuteur qui tentait de le convaincre de ses charmes et qui n’était pas BHL.

E.Zemmour: Vous assimilez les souverainistes aux pétainistes, alors que le pétainisme, c’est la collaboration avec l’Allemagne, avec l’envahisseur étranger, c’est à dire le refus de la souveraineté.

Là encore, Éric Zemmour n’était pas là pour contredire BHL et lui dire pourquoi, selon lui, le souverainisme n’est pas un pétainisme.Ce à quoi BHL fait bien entendu allusion, c’est à une possible proximité philosophique entre les deux attitudes et ça devrait aller sans le dire, il défend l’idée que les uns et les autres se ressemblent en vertu de raisons paradoxales, indétectables par la seule observation des faits bruts.

Ce dont nous parlait le Zemmour qui n’était pas-là, c’est du Paradoxe, du principe même du Paradoxe, et ce qu’il nous disait en substance, c’est qu’il n’en veux pas, que sous ses yeux, le monde ne se présente pas comme ça, qu’il n’a jamais plusieurs dimensions, et qu’il ne peut pas davantage le distinguer dans sa complexité qu’un animal peut se reconnaître dans une glace.

Yann Moix l’écrivain a cru déceler dans le traitement médiatique et judiciaire réservé à Roman Polanski une sorte d’ombre portée du Procès de Kafka; en l’espèce, la seule opinion qu’il a défendue, c’est que le monde ne peut véritablement se penser que par l’Art, que l’Art sert à penser le monde et sans doute même que le Monde ne sert pas à grand chose d’autre que penser l’Art… C’est fantastique, de mettre le vieux Polanski et sa bite en feu sous le projecteur de Kafka, et mon Dieu, quand vous l’avez fait, il n’est plus important de savoir si Moix a usé ou non d’un artifice, s’il a créé ou pas un Polanski imaginaire pour les besoins du spectacle et s’il mérite ou ne mérite pas les foudres de la justice américaine.

Or Naulleau est l’homme qui déteste si fort la littérature qu’il a décidé d’y consacrer sa vie, un peu à la manière dont Hitler a consacré sa vie aux Juifs, à la Pologne et la France, c’est à dire en cherchant de toutes ses forces à prendre ce territoire, flétrir ses propriétaires et y installer les siens, en l’occurrence les gardiens de vaches diplômés, les amateurs de Belles Lettres. Pour filer encore un peu la métaphore, Éric Naulleau en littérature, c’est le soûlard révolutionnaire qui envahit les palais royaux pour vider les fioles aux goulots, se moucher dans les rideaux et pincer les fesses des maîtresses des lieux, et ce monde qu’il déteste et ne comprend pas, il le considère comme devant lui revenir en proportion de ce qu’il le déteste et ne le comprend pas….

Naulleau a en substance dit à Moix que LE recours à la littérature relève ici du délire -toute tentative de faire avec les mots autre chose que des Belles Lettres est forcément un délire- et bien entendu un délire paranoïaque – car bien entendu, la littérature n’ayant en soit pas le moindre intérêt, elle ne saurait servir à autre chose qu’à nourrir des raisonnements de psychologues et nous renseigner sur l’état psychique de son auteur… Se moucher dans les rideaux, pincer les fesses, boire aux goulots…

Pour la bonne bouche, le plus drôle de la soirée, tellement conforme à mes descriptions habituelles que je me surpris à me demander si je n’avais pas marabouté Naulleau: BHL a défendu l’idée somme toute très classique qu’en philosophie, il fallait avoir une attitude irrévérencieuse à l’égard des Maîtres, se détacher d’eux et se tenir à distance de leurs Lettres pour mieux garder l’ Esprit…. Et bien, croyez-le ou non, le premier gardien de vache de France en a conclu que BHL suggérait au public de ne lire les philosophes qu’en surface…Il n’a pas fini sur une tirade d’institutrice en retraite fustigeant l’ignorance, le bling-bling de Sarkozy la télé-réalité et les écoles qui s’ouvrent à mesure que les prisons se ferment, mais on voyait bien que ça démangeait cette nullité intégrale.

Séminaire d’Alain Laurent

Année 2010
SÉMINAIRE D’ALAIN LAURENT

Philosophe, écrivain, éditeur.

Thème de l’année :

« Chemins de traverse du libéralisme ».

Histoire et actualité de la philosophie libérale classique
Organisation : Damien Theillier, professeur de philosophie

Le séminaire se tient, sauf exception, le jeudi une fois par mois à 19h 00

Lieu : Paris 16e. M° Église d’Auteuil.

Accès libre sur inscription (attention, places limitées) : info@nicomaque.com

Deuxième séance, jeudi 11 février 2010:

Après la crise financière mondiale, le retour d’Ayn Rand 

Le bouton magique, c’est fasciste

Lu sur Le Post, dans un commentaire:

“Je me suis battu un temps contre le noeud de fachos de Libertyvox (qui porte mal son nom). Ils m’ont éjecté sous prétexte que je tenais des propos gauchistes et que j’arborais en avatar le drapeau arc en ciel (pour contrebalancer les avatars pas ambigus du tout), ce qui faisait de moi ipso facto un sale PD.

J’ai porté plainte pour discrimination (surtout après avoir lu les commentaires du webmestre avec d’autres sbires du site au sujet de mon éviction).

La Halde m’a répondu trois mois après qu’il n’y avait aucune discrimination dans mon éviction.

Soutien total au MRAP”
Les demandes d’interdiction, c’est assez classique, mais l’obligtion d’ouvrir ses colonnes aux trolls, j’avoue que je n’y avais pas pensé.
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Il est donc possible qu’un de ces jours, par exemple, les trisomiques qui se défoulent dans la bouche de métro Causeur.fr saississent la Halde pour exiger d’Ilys qu’il soit contraint à respecter des quotas d’handicapés à publier sur ses fils et que ce sanctuaire de la liberté d’expression soit  transformé en forum citoyen, avec contage de lignes visant à instaurer une égalité parfaite entres commentateurs d’élites et mongoliens débridés.
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Dix lignes pour Denis, et hop, dix lignes pour Desgrouilles ou Patrice Mardon…Nébo interroge  Aquinus? Celui-ci ne doit surtout pas répondre avant l’intervention de Robin des Bois, sous peine de tomber sous le coup de la loi. Nicolas interpelle Vertumme? Que celui-ci ne commette pas la folie de répondre avant un punk à chien d’Egalité et Réconciliation, sans quoi il recevra du papier bleu dans les trois jours.
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Remarquez, ça existe déjà, ce truc: Houellebecq écrit un Roman? Eric Naulleau à le droit d’en parler…
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 La démocratie, que ça s’appelle, cette merde.

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Rappelons que selon les Grecs, il s’agit, de tous les régimes politiques, celui qui se rapproche le plus de la tyrannie.
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Un régime populaire, en effet, nait du fait que des gens qui sont égaux dans un domaine estiment être égaux absolument. (…) Par suite, au nom de leur égalité ils estiment le droit de participer également à tout.

Aristote. Les politiques.


Chaleureuses félicitations de Bidou

Gilles-William Goldnadel, avocat très engagé à droite, a été élu triomphalement au Crif, au grand dam des personnalités de gauche de la communauté juive.

Enfoncé dans son fauteuil, les mains croisées devant lui, Me Gilles-William Goldnadel savoure sa victoire. Voici donc le “prophète du pire” selon les personnalités de gauche de la communauté juive: de tous les candidats au comité directeur du Crif, l’avocat a été le mieux élu en décembre dernier, devenant un des hommes forts de l’instance politique des juifs de France. Après l’élection à la vice-présidence il y a deux ans de Meyer Habib, “meilleur ami” officiel de Benyamin Nétanyahou en France, l’ascension de Goldnadel marque en tout cas une étape dans l’histoire du Conseil représentatif des institutions juives de France, jusqu’ici plutôt modéré. La marque d’une droitisation de l’instance? L’avocat récuse le terme. “Je parlerais plutôt de libération intellectuelle”, sourit celui qui s’est senti poussé “par l’urgence et le péril” qu’il ressent au sein de la communauté. Le pénaliste, âgé de 56 ans et spécialisé dans la traque de l’antisémitisme, bénéficie d’une certaine reconnaissance, du moins médiatique. N’a-t-il pas fait condamner en mars 2006 l ‘humoriste Dieudonné pour incitation à la haine raciale et diffamation à l’égard des juifs? Moins glorieusement, il a également assuré la défense d’Anne Kling, responsable du parti régionaliste et identitaire Alsace d’abord ainsi que celle de l’essayiste italienne Oriana Fallaci, qui avait notamment écrit dans La Rage et l’Orgueil (Plon, 2002): “Il y a quelque chose, dans les hommes arabes, qui dégoûte les femmes de bon goût.” Goldnadel, qui revendique une ascendance de gauche, aime tutoyer les limites, jusqu’à approcher par le passé Jean-Marie Le Pen ou l’écrivain Alain Soral et dialoguer avec eux.

Depuis 2002, la bascule vers Nicolas Sarkozy

Pour l’aile gauche de la communauté, cette arrivée tonitruante a représenté une véritable “claque“, reconnaît l’avocat Patrick Klugman, élu au Crif, conseiller PS de Paris, un proche de Delanoë. Après les élections du 13 décembre, il s’est retrouvé avec quelques proches dont son successeur à la présidence de l’Union des étudiants juifs de France, Raphaël Haddad, pour un café au goût très amer. Dépités, les deux hommes ont compté leurs pertes. Non seulement leur ennemi, Goldnadel a remporté le plus de voix, mais les principales personnalités de gauche comme Michel Zaoui et Haddad lui-même ont été battus. Klugman, et Gérard Unger, autre figure de la gauche juive et ami de Laurent Fabius, ont eux été assez mal élus ; Unger, pourtant un historique du Crif, étant même débarqué du bureau exécutif. Une purge, ou la logique de l’évolution communautaire. Depuis 2002, on a constaté la bascule vers Nicolas Sarkozy d’une communauté longtemps mitterrandienne ou socialisante. Une nouvelle réalité que subissent les juifs de gauche. “J’ai toujours trouvé que le Crif était un endroit délicieux, où tout le monde avait sa place, soupire Klugman. Ce pluralisme est menacé aujourd’hui. Par exemple, les juifs qui ont un rapport de distance avec Israël et qui ne vont pas non plus à la synagogue ne sont plus représentés.”

Selon le trentenaire, on assiste au “post-trauma” des années 2000, quand la deuxième Intifada a coïncidé avec un regain d’antisémitisme, parfois violent, dans la société française. “Les juifs se représentent de plus en plus comme une citadelle assiégée, expose-t-il. D’où ce repli. Des gens qui étaient vécus comme sulfureux, de droite un peu dure, sont maintenant des personnes centrales, incarnant la pensée mainstream de la communauté juive. Les humanistes de gauche sont devenus des conservateurs de droite! La lutte contre l’antisémitisme ne peut pourtant pas être le vecteur unique de notre relation à autrui. “ Goldnadel, lui, jubile paisiblement: “Dans le temps, mes idées défrisaient, aujourd’hui, je suis d’une banalité affligeante dans la communauté.”

User de toute “son influence

Richard Prasquier, l’actuel président du Crif, veut déminer le procès en droitisation: “Ces élections sont en réalité le résultat de mécanismes très complexes. N’oubliez pas que tous ces gens se connaissent depuis des années, qu’ils ont de longues trajectoires communes.” Tout en reconnaissant que “la façon dont le conflit israélo-palestinien s’est déroulé et la manière dont il a été rapporté en France a entraîné des mouvements de sensibilité à l’intérieur de la communauté”, Prasquier se présente comme “le garant de la pluralité des opinions au Crif “. Si Gilles-William Goldnadel n’envisage pas pour le moment de se présenter à la “présidentielle” du Crif, fin mai, et devenir ainsi la voix des juifs de France, celui qui fut l’invité personnel de Nicolas Sarkozy lors du voyage de ce dernier en Israël en juin 2008 annonce tout de même vouloir user de toute “son influence“. 

On est les champions!

Je sais que ce n’est pas le genre de la maison, mais une fois n’est pas coutume, comportons nous en supporters, faisons preuve d’un peu de chauvinisme et félicitons nous de la superbe victoire de Roger Federer à l’Open d’Australie (un presque français  de souche, né à dix kilomètres de la frontière, dans un village où sa  famille  est enracinée depuis de nombreuses générations) face au joueur Frankistanais Jo-Wielfrid Tsonga.

(Pour ceux qui suivent les résultats du Tennis, on en profitera pour se réjouir des retraites annoncées de Fabrice Santoro et Amélie Mauresmo, soit deux occasions perdues par les journaleux du Frankistan de nous casser les burnes avec ce patriotisme à deux balles qui sent l’arrogance du roquet et le copinage à plein nez).

Ca plus Villepin toujours inculpé et donc toujours menacé d’une peine de prison pour encore un an, voilà un Week-end qui commence foutrement bien.

Chrétien, donc libéral

LA POLITIQUE  DU DÉCALOGUE

François Guillaumat

 La norme libérale  consiste  à soumettre  tous les membres  de la Cité  aux quatre articles  du Décalogue  qui concernent  la politique :

§         tu ne voleras pas,

§         tu ne désireras pas  injustement  le bien d’autrui,

  • tu n’assassineras pas,
  • tu ne mentiras pas,

cette dernière norme  étant  incluse  dans la politique,  parce  que la plupart  des mensonges  violent en fait  le droit  ou sont nécessaires  à l’injustice.

La justice libérale,  par conséquent,  tout le monde  la connaît,  et tout le monde s’y soumet  dans sa vie  de tous  les jours,  y compris  les politiciens  et autres  hommes de l’état,  quand  justement  ils n’agissent pas  en tant  qu’hommes  de l’état.  Celui qui ne s’y conforme  pas :  qui frappe  son voisin,  agresse  les passants  dans la rue  pour les voler,  tue  sa femme,  celui-là  se retrouve  en prison,  à l’hôpital  ou à la morgue.  La définition  libérale  de la justice  est donc  la définition  normale  des gens normaux.   Alors  par quelle aberration  devons-nous  subir  les pillages  et autres brimades  d’un état  qui est socialiste  comme jamais ?  Et par quelle schizophrénie  tant de clercs,  de soi-disant  “chrétiens”,  et  comme les autres  conscients  et respectueux  de la justice  naturelle,  approuvent-ils  de sa part  tous  ces délits  et crimes ?

La raison  est typique  des tromperies  du Malin :  “tout le monde  est contre le vol,”  expliquent  les sophistes  qui le servent,  “mais  le vol  n’existe pas  en soi,  c’est ‘la loi’  qui le définit”.  Pour être clair,  ce seraient  les hommes de l’état  qui décident  ce que c’est  qu’un voleur  et qui n’en est pas un.  De même  que pour  l’avortement,  ils déterminent  aujourd’hui  ce qui est  un assassinat  et ce qui  n’en est pas.  à eux  appartiendrait donc  la définition  du bien et du mal.

C’est en cela  que le libéralisme  s’oppose  à l’étatisme :  pour lui,  un voleur,  un assassin  ne sont pas  ceux qui ne passent pas  par les procédures étatiques  reconnues  pour dépouiller  leur prochain  ou l’expédier  ad patres :  pour  le libéral,  à l’inverse  du démocrate-social  qui se fait souvent  passer pour lui,  le voleur  est celui qui s’empare  du bien d’autrui  sans son consentement ;  quels que soient l’agresseur,  la victime,  le motif  du vol,  la destination  du butin,  les ”besoins”  des receleurs,  ou encore  le nombre  de personnes  qui approuvent  ce vol  ou nient  qu’il en est un.  Et selon  les mêmes principes  rationnels  de l’objectivité  et de l’universalité,  est un assassin  quiconque tue délibérément  un innocent.  Point final :  définitions  nécessaires  et suffisantes.  Quant à savoir  de quel côté  se trouve  le Décalogue  il suffit  de se demander  s’il ordonne :  “tu feras  comme disent  les hommes  de l’état”,  ”tu adoreras  la Démocratie”  ou si,  au contraire,  il répète :  “tu ne voleras pas”,  “tu n’assassineras pas”,  etc.

Autre aspect  de l’eritis sicut dei  que les clercs  ne semblent plus  condamner  comme le libéralisme  le fait :  le refus  d’appliquer  aux hommes de l’état  les prescriptions  universelles  de la morale  et du Droit.  Pour les étatistes,  il existerait apparemment  un chapeau de sorcier,  avec marqué dessus  “Homme de l’état”,  qui transformerait  tous les mensonges,  tous les pillages,  tous les meurtres,  en une forme  de “justice supérieure”  à condition  de le porter.  Est-il vraisemblable,  pourtant,  que  le Décalogue  ne s’adresse pas  aux hommes de l’état ?  Ces interdictions  de faire  le Mal,  faudrait-il  les en dispenser  parce qu’ils  sont ceux  qui peuvent  en faire  le plus,  étant les seuls  à pouvoir  user impunément  de la violence  agressive ?  Ne sont-ils pas  des êtres humains  comme les autres,  et  davantage encore  portés  à l’erreur  et au crime,  étant  ceux qui peuvent  forcer les autres  à supporter  ses conséquences  à leur place ?  Ne sont-ils pas suprêmement  ceux qui peuvent  mentir,  voler,  assassiner ?

Que nos clercs  ne se récrient  pas trop vite  devant  le ”simplisme”  de cette ”caricature”.  Car c’est bien aussi  ce qu’implique  leur propre  invocation  du ”bien commun”  à l’encontre  du libéralisme.  Elle ne fait  qu’ajouter  une formule rituelle  comme condition d’efficacité  du chapeau,  mais  l‘inconséquence magique  est la même :  oui,  disent-ils  en substance,  les hommes de l’état  ont le ”droit”  de disposer  du bien d’autrui  contre son gré,  à condition  de prétexter  une destination particulière  du butin.  Mais la destination est indéfinissable  et le prétexte absurde,  puisque  le principe libéral  de non agression,  comme l’ont découvert  les derniers Scolastiques,  est justement  la solution de ce programme de recherche  qu’est  la question du ”bien commun”.

La non agression  est la seule définition  de l’acte juste  qui soit  constatable par tous :  définissant  comme propriété légitime  tout ce qu’on n’a pas  objectivement  volé,  c’est-à-dire  acquis  par violence  et tromperie,  ce principe  est universel  et exclusif  de tout autre.  En l’admettant  “mais dans certaines limites”,  parce qu’ils prétendent  le faire dépendre  d’autres normes  prétendument  “supérieures”,  comme  le ”bien commun”,  le ”droit à la vie”  et autres  “destination universelle  des biens”,  les clercs  ne jettent  pas seulement  la logique  par-dessus bord :  en la rejetant,  c’est  toute l’objectivité  du Juste  qu’ils abandonnent.  Ils livrent  à l’arbitraire  l’ensemble  des règles  politiques  et sociales  et de ce fait,  qu’ils en aient conscience  ou non,  embrassent  non seulement  le subjectivisme,  mais l’utilitarisme  qu’ils prétendent  par ailleurs  abhorrer.  Car pour définir  la justice  au-delà  des critères  du Décalogue,  il leur faudrait  pouvoir sonder  les reins et les cœurs.  Et,  bien entendu,  qui veut faire l’ange  fait la bête.  Voilà  à quoi conduit  de trouver plus raisonnable,  moins extrémiste,   de dire  suivant  la formule  du Cardinal  de Lubac,  que deux  et deux  feraient  quatre  et demi.

L’antilibéralisme  de nos clercs  leur offre  bien d’autres  occasions  de renier  les principes  et les valeurs  du christianisme :  confondant  la morale  avec la justice,  ils invoquent  ses recommandations  contre le Droit  des autres,  oubliant  — ou feignant d’oublier —  que ce Droit-là  de choisir  est une condition nécessaire  de l’acte moral,  et prennent pour de la charité  cette prétendue  “solidarité”  qui n’est,  pour reprendre  un mot  de saint Augustin,  qu’un brigandage  étatique.  voler les autres  soi-disant  au profit  des pauvres,  est-ce vraiment  ce que le Christ  demandait  aux puissants ?  Et comment croire  qu’ils l’admettent  par souci concret  d’aider les nécessiteux,  alors que  leur ”réalisme”  consiste surtout  à gober  toutes les pieuses déclarations  des hommes de l’état,  comme si  la redistribution politique  ne consistait pas par définition  en ce que les forts volent les faiblesles pauvres  en étant donc toujours  les principales victimes[1] 

Traitant  par le mépris  l’obligation  de servir autrui  pour se servir  soi-même  qui caractérise  les relations  par définition  volontaires  de la société libérale,  accablant de quolibets  la ”mythique main invisible”,  ils encensent  les hommes  de l’état  qui détruisent  cette nécessité réelle  du service rendu  à autrui  au milieu  de discours  sur le prétendu “service public”,  institution  qui,,  par nature  et par vocation,  en est effectivement  dispensée  par leur violence  subventionneuse  et monopolistique :  non serviam !  Accusant  d’”idolâtrer  le marché”  ceux qui ne font  que prendre  au sérieux  les prescriptions politiques  du Décalogue,  ils rejettent  sa définition  de l’acte juste  au profit  d’utopies  de ”justice sociale”  impliquant  que les hommes  de l’état  seraient  Omnipotents,  Omniscients  et Infiniment Bons  et se retrouvent  à patauger  dans leur matérialisme pratique,  car ce sont eux  qui raisonnent sérieusement  à partir  de prétendues “mesures”  des projets humains  avec des sommes d’argent,  ayant perdu  toute conscience  de l’abîme moral  qui sépare  l’argent honnête  de celui  qu’ils ont volé.  Et  pour parler  de ”marché”  qui donc, sinon eux-mêmes  n’a que ce mot-là  à la bouche ?  La règle de vie  qu’ils voudraient  disqualifier  étant  le simple principe  de non agression,  intimement connu  et reconnu  par tout le monde,  comment  en faire  un monstre,  s’ils ne l’affublent pas  d’un nom  que personne  ne comprend,  à commencer  par eux-mêmes ?

Cependant,  les valeurs chrétiennes  les plus spectaculairement reniées  par l’antilibéralisme  clérical  sont  les principales :  l’amour,  et notamment  l’amour  de la vérité.  Le libéralisme  est d’abord  l’objet  de falsifications.  La plus grave,  hélas,  fut commise  au siècle dernier  par notre Sainte Mère  l’église  qui,  au lieu  de reconnaître  dans le libéralisme  son enfant légitime,  l’a pris  pour le contraire  de ce qu’il est :  pour un ”subjectivisme”  parce que,  quand  il disait  que ceux qui se trompent  ont des Droits,  elle croyait entendre  que l’erreur  en aurait.  Pourtant,  après deux siècles  de mises au point  par tant  de libéraux  expressément  ou implicitement   partisans  du droit naturel  (à la suite  de Locke),  que penser  de descriptions  qui le confondent encore  — ou font semblant —  avec  un absurde rejet  de toute norme  et de toute contrainte,  avec les misérables rationalisations  de l’anomisme libertaire,  refusant toujours  de faire aux libéraux  la charité  de les considérer  comme capables de penser  la norme politique ?  Ou qui appellent  “libéraux”  des précurseurs de l’étatisme totalitaire  comme Hobbes  ou Rousseau,  des pseudo-conservateurs  ploutocratiques comme Guizot  et même — cela s’est vu ! autoritaires  comme Bismarck ?  Ou encore  qui voient  du”néo-libéralisme”  dans le vol de leurs terres  aux paysans,  la collusion  des monopoles  d’état  en des supermonopoles  supranationaux  ou l’accaparement personnel  par les hommes  au pouvoir  des richesses  volées au peuple  par leurs prédécesseurs  socialo-communistes ?

Est-ce  pour cela  que les auteurs  de commentaires  se voulant savants  ne font  qu’interpréter  de travers  les quelques publicistes  dont on leur a dit  qu’ils étaient libéraux  parce qu’ils sont  des économistes compétents,  comme Friedman  ou Hayek ?  Comment  écarter l’hypothèse  d’un refus de savoir,  chez ceux  qui ”jugent le libéralisme”  sans avoir  lu une ligne  de Mises,  Rand,  Jasay,  Rothbard  et Hoppe,  ses plus grands penseurs  en ce siècle ?  Comment prendre au sérieux  ces ”penseurs sociaux”,  diplômés  voire professeurs de ”philosophie politique”,  qui discutent gravement  des politiques  et des institutions  sans seulement  connaître  leurs conséquences réelles,  n’ayant jamais appris  la théorie économique ?  Qui passent  leur temps  à accuser  la liberté naturelle  de causer  chômage,  pauvreté,  analphabétisme,  drogue,  Sida,  délinquance,  alors que  ces pannes  de la régulation sociale  ne sont dues qu’à l’irresponsabilité et à l’impuissance  institutionnelles  que les hommes de l’état  nous imposent  par leurs usurpations  massives et permanentes ?  Comment  ne pas douter  de la santé mentale  de ceux  qui taxent  d’”ultralibéralisme”  notre société  alors que  ces hommes de l’état  y bafouent  toujours davantage  notre Droit  de décider  des affaires  qui sont  les nôtres,  volant,  pour redistribuer  à leurs conditions,  bien plus  de la moitié  de ce que  nous produisons ?  Et surtout,  comment croire  que ces gens-là  auraient sincèrement  recherché la Vérité ?

C’est  pour ces ignorants volontaires,  qui manquent  à leur devoir d’état,  et plus encore  pour leurs innombrables dupes,  dont ils s’affairent  depuis des décennies  à brouiller  le jugement,  que Patrick Simon  a écrit  ce livre.  Qu’on  se rassure :  c’est  avec  beaucoup plus  de ménagements  qu’il tente  de rapprocher  ses lecteurs  de certaines  des dures évidences  que je viens  de leur jeter  à la face.  C’est  par des faits,  des exemples,  des citations  patiemment développés  qu’il démontre  que la norme politique  libérale  est au moins  compatible  avec le christianisme.  Autant dire  que c’est  avec une spatule,   une toute petite  spatule en bois,  qu’il tente  de décrotter  nos analphabètes  économiques  à la française,  auteurs  et lecteurs  de dénonciations  ampoulées  à l’encontre d’un libéralisme  dont  ils ne savent rien  et auquel  ils n’ont rien compris.  Et s’il s’en trouve  parmi eux  qui n’ont  pas  tout à fait  oublié  l’époque  où la Vérité  les intéressait,  ils sortiront  de sa lecture  considérablement  plus intelligents 

[1]  Cf. François Guillaumat,  “Voleurs de pauvres”,  La Lettre de SOS Action Santé,  n¡ 14,  juillet 1998,  pp. 2 ˆ 11

Promesse d’alcoolique

[L'extrême-droite] est un vrai danger, et puis c’est un classique de l’histoire vous savez, à la fin ça se réglera entre eux et nous, Hip!

 Jean-Paul Mélenchon, Sénateur ultraconservateur de l’Essonne, Frankistan - Crapule totalitaire – Notoirement connu pour laisser toute sa paie de parlementaire dans les cafés et des aller-retour Paris-Caracas ruineux pour le contribuable qui fait vraiment rentrer l’argent dans les caisses et ne votera bien entendu jamais pour cet échappé de l’EN -  Gourou de la secte dite des gros-rouges qui tachent – Aurait été photographié plusieurs fois par des enquêteurs de la CIA tandis qu’il faisait  des bisous tous mouillés au fasciste rouge Chavez et au fasciste vert Ahmadinejad, ou bien encore avec un bouquet de roses blanches,  devant la tombe de Boudarel – Traînerait parfois la savate avec des Mongaullo-souverainistes aussi moisis que lui pour honorer le culte de la France d’avant - Ne perd rien pour attendre - Finira, si ça veut sourire, dans la même cellule qu’Emmanuel Todd – A manifestement un dentiste  atlantiste et libéral qui aurait déjà insidieusement commencé à lui infliger la peine qu’il mérite.  [Source Wikipedia]

Portrait de l’antisémite

L’antisémite est, si l’on fait court, celui pour qui un bon Juif est un Juif mort.

L’antisioniste est celui pour qui le bon Juif est le Juif désenjuivé, celui qui a tué le Juif en lui.

Le point commun, essentiel, qui les rassemble tient dans cette propension à tenir le Juif pour ce qu’il y a de pire, ou pour le moins, à penser qu’il incarne ce qu’il y a de pire. Le point de détail sur lequel ils divergent, c’est que l’antisioniste pense du Juif qu’il peut s’amender s’il sait prendre en haine tout ce que pourrait charrier son atavisme et lui venir du sang, c’est à dire, somme toute, s’il fait l’effort de purifier son sang et de  s’enfermer dans une sorte d’hôpital psychiatrique intérieur pour renaître et se refaire.

A l’instar de l’antisémite, l’antisioniste pense avec Karl Marx que le Juif se définit par sa religion, [laquelle se résume au] culte pratique de l’argent, {que] L’Argent est le dieu jaloux d’Israël devant qui nul autre Dieu ne doit subsister.

Si l’on se livre à la même observation a contrario, on s’aperçoit qu’en couplant son antisionisme à sa phobie des forces de l’argent comme il le fait mécaniquement et sans jamais la plus petite exception, c’est bien le Juif qu’il désigne comme le coupable ou la figure emblématique de ce qu’il tient pour le Mal.

L’antisioniste vous dira qu’il existe des Juifs antisionistes, et vous dira de ce fait la vérité, rien que la vérité, mais pas toute la vérité, ce qui est la manière la plus habile de proférer un énorme bobard. Le Juif antisioniste se définit au moins en substance comme un non-Juif, et même comme un homme qui s’est construit contre le Juif qui était en lui. Si toutefois il se réclame d’une filiation de ce côté là, c’est en s’inventant un ancêtre imaginaire qui n’a rien de Juif, un Juif errant sorti des éprouvettes des docteurs Folamour de l’antiracisme, un Juif de plâtre qui est en train de se fracasser sur les réalités de la politique moyen-orientale. Le Juif errant, ce tamagotchi inventé pour les besoins de la propagande anti-occidentale est une espèce de Hérault et de figure paradigmatique de tous les peuples nomades de la terre en proie à la férocité de la branche sédentaire, leucoderme et judéo-chrétienne de l’humanité, le porte-parole désigné par l’histoire de la masse des innocents dans laquelle se tiendraient indistinctement le Mongol, l’Arabe, l’africain, l’indien et donc le Juif errant.

Peut-être l’antisioniste vous jurera-t-il la main sur le coeur qu’il n’est présentement pas traversé par la moindre haine à l’égard des juifs, et peut-être sera-t-il sincère. Mais accorder la moindre importance à cet état d’esprit consisterait à faire l’impasse sur une règle fondamentale, à savoir que dans ces affaires-là, il faut se foutre de ce que les gens disent ou pensent pour ne s’attarder que sur ce qu’ils finiront par dire ou penser(1).

L’antisioniste vous opposera aussi son amitié avec des juifs de naissance, en omettant de préciser qu’elle n’est concevable qu’à la stricte condition qu’il ne les tienne pas pour des Juifs ou qu’il évacue la question, attitude qui, du reste, ne doit rien à sa grandeur d’âme : on peut tout à fait imaginer,en 1927, un bon gros pépère bavarois encarté au parti Nazi mais conservant par habitude de bonnes relations avec son boucher juif, au prix d’une schizophrénie qui n’a jamais empêché personne de dormir et n’augurait pas le moins du monde un bouleversement de ses choix politiques… Dans son lumineux Les dreyfusards sous l’Occupation, Simon Epstein, de l’université de Tel-Aviv, a tout dit et tout démontré sur le  sujet.

Tout ça pour dire quoi? Que l’antisionisme est une métaphore de l’antisémitisme, que c’est une affaire entendue et largement démontrée par l’absence d’arguments de tous ceux qui affirment le contraire.

Tout ça pour dire aussi à l’endroit des antisionistes/antisémites rongés par la haine qui nous font périodiquement des procès en racisme qu’ils peuvent continuer à baver et ruminer leurs obsessions dans leurs trous à rats, si ça les soulage et s’ils y trouvent la force de repousser leurs suicides à l’année prochaine : ça nous en touche une sans faire bouger l’autre.

(1): Encore que ce soit de moins en moins en moins nécessaire, tant les positions s’éclaircissent, ces temps-ci.

Johnny and Mary

Hommage à John Fante

Patrice était un gars nerveux, court sur pattes et doté d’une intelligence située bien en deçà de la moyenne européenne…

Il postillonnait aux visages des gens, quand il les entretenait de choses qui lui tenaient à cœur…A deux mètres d’eux, ils sentaient déjà son alcool, ce qui ne le dissuadait pas de les coller pour mieux se faire comprendre et serrer leurs clavicules sitôt qu’il atteignait le cœur de son récit, à la manière orientale….Moi, je hais les tactiles et n’en démordrais jamais, l’humanité se divise en deux camps : les bons et les mauvais, ceux qui touchent et ceux qui restent à leur place. ..Je ne veux pas que des gens m’envoient leurs miasmes en pleine gueule et ne veux les frôler  avant d’en avoir fait le tour, et cela sans doute parce que je tiens l’homme pour un grand mystère, une forêt vierge au cœur de laquelle, sauf exception, il ne faut pas aller….Un proverbe Allemand nous apprend que le Diable se tient dans les détails, et je crois bien que rien ne dévoile mieux sa présence que les envies d’embrassades, les pincements de clavicules, les microbes lancés en pleine figure et les serments d’amour tombés trop tôt; comme la voix d’un chanteur d’orchestre qui ne connaît pas la musique et ne suit pas les musiciens derrière le rideau.

Dans une large mesure pour me foutre de sa gueule, j’ai offert un jour à Patrice un chien. C’était un Rottweiler qu’il s’est empressé d’appeler Johnny…. Cette bête était un monstre, et je l’ai vu de mes yeux choper à la gorge un Danois grand comme un veau, le retourner, le faire couiner comme s’il s’agissait d’un mulot coincé par un balai brosse dans une maison de campagne et l’enculer comme s’il faisait ça tous les jours…Avec un peu d’imagination, on aurait pu se figurer qu’il fumait une clope, le chien, tant ça semblait lui en toucher une sans faire bouger l’autre, que de sodomiser ce clebs trois fois grand comme lui….Johnny était un chien pédé… Le soir où j’ai tendu le panier à Patrice pour le lui offrir, sa sœur avait préalablement placé sous le coussin du futur serial fucker  un forfait de douze séances dans un centre de dressage réputé, mais ce fut de l’argent balancé par les fenêtres : la deuxième fois, il fit celui qui ne voulait pas se battre pour qu’on le raccompagne au vestiaire et quand ils y furent seuls tout les deux, il  se jeta  sur le moniteur pour le sodomiser derrière une armoire… Il était intelligent, Johnny…

Vous ne pouvez pas vous figurer à quoi ressemblait la bite à Johnny…Si j’osais une métaphore, je vous dirais qu’elle était en proportions identique aux salières métalliques qui sont sur les tables des restaurants bobos de Paris, font de la lumière quand on les manœuvre et donnent l’impression, quand on s’en sert, que l’on est Dark Vador et que l’on dîne avec Jabba le Hutt.

Les gens qui ne connaissaient pas Johnny et lui parlaient gentiment, il les fixait d’abord dans les yeux en remuant la queue, leur léchait ensuite les mains tout en sortant la salière métallique avant de coller son museau sur le visage de l‘ami des bêtes, et tout cela sous le regard sardonique d’un Patrice qui finissait par rappeler son chien. Quand les circonstances s’y prêtaient, il leur expliquait qu’il était bien fatigué, qu’il apprécierait beaucoup qu’un autre se charge de le sortir pour le faire pisser, et son grand plaisir dans la vie était de croiser l’enculé trois jours plus tard, pour lui demander si ça allait…. J’en connais plusieurs qui ont bien voulu rendre service et sont encore en analyse, à l’heure où j’écris ces lignes…

Patrice voyait en Johnny un compagnon taillé pour la lutte et susceptible de l’épauler dans un combat à l’issu duquel seraient remmenés à rien la fracture sociale, intellectuelle et morale qui sépare en deux le genre humain depuis Cro-Magnon, voire le Néandertal…Quand il faisait grief à son prochain de ne pas l’estimer à sa juste mesure où de lui avoir parlé mal un jour, il s’arrangeait pour l’inviter chez lui et le convaincre de sortir Johnny.; c’est ainsi, par exemple, qu’à l’heure des poubelles, on a retrouvé le directeur de l’agence du Crédit Agricole de la rue de Lappe à moitié nu , son costume découpé de bas en haut, du foutre plein la bouche, et tout cela parce qu’il avait eu l’outrecuidance, trois ans plus tôt, de refuser un crédit à Patrice, quand il voulait racheter un night-club-bowling-restaurant sans apport personnel, en province, à trente kilomètres à peine de la ville la plus proche.

Grâce à Johnny, Patrice avait même trouvé du travail. Un emploi de gardien de nuit, dans une zone industrielle…tout allait donc pour le mieux, et comme de bien entendu, ce conte de fée ne pouvait pas durer. Un soir, aux alentours de vingt-trois heures selon la police, des yougoslaves sont sortis d’une Mercedes SE sous les yeux de Johnny et Patrice pour faire un coffre, et le Maître s’est fait défoncer le bide sans que le chien ne réagisse. Pire, il le regardait pendant le carnage en dressant ses oreilles comme s’il s’agissait d’un jeu, et si les voyous ne l’avaient pas aspergé avec une bombe lacrymogène, ils auraient été bien en peine de l’empêcher de prendre la fuite avec eux.

Patrice fut enfermé en hôpital psychiatrique, et Johnny  placé chez des paysans de la Beauce moyennant 100 € par mois versés conjointement par la SPA et le service adulte handicapé.

A Saint-Anne, Patrice a eu le droit d’adopter un caniche et des souris blanches qu’il s’amusait à se faire battre entre elles… Comme il allait mieux, le médecin en chef nous a autorisé un dimanche à le sortir à la campagne, pour qu’il puisse rendre visite à Johnny.

Nous l’avons trouvé dans un enclos qu’il partageait avec Mary, une truie de 110 kilos dont il était si amoureux que s’il a bien reconnu Patrice et le lui a signifié, ce fut sans plus, en levant discrètement une oreille. Derrière les barrières, Mary se comportait littéralement comme une grosse dame mal polie et parcourait son territoire de long en large comme si elle était seule, tandis que l’ex-terreur des rues de Paris la suivait pour lui lécher le groin. Au bout d’un moment, lasse, elle l’a coincé sur un piquet, lui a mordu une patte pour le faire crier de douleur, et c’est en boitant mais satisfait de son sort que son amant s’en est allé dormir dans sa niche.

Quand Patrice fut déclaré apte à reprendre une vie normale, il a dépensé le pactole que lui a donné l’Etat pour acheter Johnny et Mary au paysan et s’est marié avec une aide soignante rencontrée pendant son internement, une grosse noire pas commode nantie du cul d’un éléphant qui n’entend pas qu’un homme manque de respect à sa femme.

Tous les quatre, ils squattent une vieille ferme au fin fond de la Creuse et coulent des jours heureux. Il se murmure même que les deux filles de l’histoire seraient pleines…C’est très bien…Il faut repeupler les campagnes de France, emménager le territoire et donner une ardeur nouvelle à ce cher et vieux pays.

Méritocratie… à la française

CV de Philippe Seguin, hors mandats et fonctions politiques…Attention, c’est du lourd…Prise de risque sur prise de risque, indépendance, sens de la créativité…Ce n’est plus une vie, mais une veritable épopée gaulliene… Une sorte d’Howard hughes français, Gros Loukoum, le rêve américain en plein coeur du Frankistan… De quoi écrire les scénarii d’une bonne dizaine de biopic:

  • Stage en Polynésie française en qualité de chef de la circonscription administrative des Îles du Vent, par intérim (1968)
  • Élève à l’ENA (promotion Robespierre, 1968-1970)
  • Auditeur à la Cour des comptes (1970)
  • Chargé de mission auprès du recteur de l’académie de Nice et chef de la division de la scolarité (1970-1971)
  • Réintégré à la Cour des comptes (1971)
  • Maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris (1971-1977)
  • Chargé de cours à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence (1970-1974)
  • Chargé de mission au secrétariat général de la Cour des comptes (1972-1973)
  • Chargé de mission au secrétariat général de la présidence de la République (1973-1974)
  • Adjoint au directeur de l’éducation physique et des sports (1974-1975)
  • Conseiller référendaire à la Cour des comptes (1977)
  • Directeur de cabinet du secrétaire d’État, chargé des relations avec le Parlement (avril-septembre 1977)
  • Chargé de mission au cabinet de Raymond Barre, Premier ministre (1977-1978)
  • Délégué du Gouvernement français au conseil d’administration du Bureau international du travail (BIT) (2002, 2005)
  • Président du conseil d’administration de l’Organisation internationale du travail (OIT) (juin 2004, juin 2005)
  • Conseiller maître à la Cour des comptes (2003)
  • Ancien président de la commission nationale tripartite à la Fédération française de football
  • Professeur au Centre de formation professionnelle et de perfectionnement du ministère de l’Économie et des Finances (1971-1973)
  • Professeur à l’université du Québec à Montréal au (Canada) en tant que professeur invité à la faculté de science politique et de droit, et il avait reçu un doctorat honoris causa de l’UQAM (1999-2000)
  • Membre du conseil d’administration de l’Institut de relations internationales et stratégiques
  • Président du conseil d’administration de l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence
  • Président de Grands Stades Euro 2016
  • Cette vie pleine à craquer d’aventures et de coups de poker fut également caractérisée par ce souci constant de refuser les honneurs, lequel est la marque des hommes de caracrère, ceux qui savent dire Non… , Au petit jeu de la comparaison entre l’oeuvre accomplie et les hommages reçus et acceptés, je ne vois perssonne qui affiche un score aussi flatteur, à part peut-être Elena Ceau?escu:

    Décorations françaises et assimilées:

    Décorations étrangères

    Distinctions [modifier]

    • Médaille de la Jeunesse et des Sports (échelon bronze)
    • Médaille d’honneur régionale, départementale et communale
    • Lauréat de l’Institut d´études politiques et de la Faculté des lettres d’Aix-en-Provence
    • Médaille de bronze de la Ville d’Aix-en-Provence
    • Élu « homme politique de l’année » 1996 par le Le Trombinoscope  (3)
    • Grand prix des communicants publics décerné par le magazine Acteurs publics (2005)
    • Docteur honoris causa de l’université du Québec à Montréal (Canada), des universités de Loughborough (Grande-Bretagne) et de Bucarest (Roumanie)

    (1) Lol

    (2) Je ne sais pas pourquoi, mais ça, je trouve que c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

    (3) Si un mongollo-souverainiste fan du grand homme et bon connaisseur de son oeuvre lisait par hasard ces lignes, pourrait-il me dire ce qu’a fait Philippe Seguin en 1996 pour être élu homme politique de l’année, histoire que je perde cette désagréable impresssion de venir d’une autre planète où de vivre dans un asile de fou à ciel ouvert?… D’avance merci.

    Libéral, nous voilà!

    Année 2010

    SÉMINAIRE D’ALAIN LAURENT

    Philosophe, écrivain, éditeur.

    Thème de l’année :

    « Chemins de traverse du libéralisme ».

    Histoire et actualité de la philosophie libérale classique

    Organisation : Damien Theillier, professeur de philosophie

    Le séminaire se tient, sauf exception, le jeudi une fois par mois à 19h 00

    Lieu : Paris 16e. M° Église d’Auteuil.

    Accès libre sur inscription (attention, places limitées) : info@nicomaque.com

     

    Première séance,  jeudi 14  janvier 2010:

    Les avatars des mots « libéralisme » et « individualisme ».

    Les imbéciles en général et les Mongaullos-souverainistes en particulier ne sont pas à la fête, ces temps-ci : après la disparition accidentelle de Galouzeau de Villepin, mort des suites de sa chute dans les escaliers du Tribunal Correctionnel de Paris (rappelons qu’en faisant des moulinets avec ses bras, il avait fait tomber un micro, lequel avait entraîné un fil qui s’était pris dans les pieds du grand homme), c’est une autre de leurs idoles qui vient d’être arraché prématurément à l’affection des siens, puisque nous venons d’apprendre la mort de Philippe Séguin.

    Je ne m’en cache pas, ce décès m’affecte terriblement.

    Non pas que j’appréciais ce gros loukoum, que je trouve élégant les poils dans les oreilles et dans les trous de nez ou que je sois un contribuable heureux de me faire plumer pour que soient entretenus des gugusses inutiles dans des proportions aussi impressionnantes, mais je me dis que s’il avait eu meilleure santé et s’était levé hier matin, les journalopes et leurs complices les lecteurs nous auraient épargné la rafale de poncifs attachés à la personne de Philippe Séguin. S’il avait vécu encore un peu, ils nous feraient présentement grâce de leur Séguin imaginaire, celui qui avait une stature d’homme d’Etat, du caractère et une hauteur de vue, était un pur produit de la méritocratie au prétexte que sa mère faisait des ménages, sa grand-mère du vélo, son père-grand-père de la mobylette et sa petite soeur du tambourin.

    Si la lumière est faible, qu’on le voit de profil et que l’on est un journaliste paresseux comme leur marque de fabrique veut qu’ils le soient tous, un gros dépressif renfrogné peut passer pour un ombrageux accablé par la médiocrité de ses contemporains, à plus forte raison si c’est lui qui paye la note chez Lipp, qu’on va torcher son portrait dans le figamonde en douze minutes et qu’entre la côte de bœuf et le poulet farci aux boulettes, il prend soin de répéter le mot France en roulant bien les “R”. La stature d’homme d’état de Philippe Séguin est aussi mythique que l’était jadis le royaume du Prêtre Jean et ne repose sur strictement rien d’autre que la connivence du gros loukoum avec ses amis les journalopes. Si en plus il balançait des cendriers dans la gueule de son chauffeur quand ce dernier ne revenait pas avec le bon saucisson, les journalopes en rajoutaient une couche, poussaient délicatement le poil qu’ils ont dans la main pour reprendre la plume et nous décrire le semi-psychopathe sous les traits d’un homme qui ne s’en laisse pas compter et pourrait bien  partir un jour à Londres si Pétain s’avisait de revenir pour faire une offre de service à Gros Loukoum.

     Pour nous détendre, offrons-nous une partie de tir au pigeon, et livrons-nous à cet exercice de salubrité publique consistant à enfoncer les poncifs dans la gorge des imbéciles :

     Philippe Séguin avait une stature d’homme d’état dont on n’a jamais vu la queue, puisqu’il n’a peu ou prou jamais exercé de responsabilités, rien bâti qui tienne en l’air et dont on se souviendra l’année prochaine, jamais fait triompher la moindre idée ni surtout bravé ne serait-ce qu’une fois dans sa vie l’opinion publique avec une mesure impopulaire, ni même la plus petite vérité qui fâche et peut vous valoir une bronca ou une mise à l’index. S’il balançait des cendriers dans la gueule des faibles et des sans-grades, il était obséquieux ad nauseam devant ceux qui fixent les canons de la bien-pensance, trahissant les siens pour une risette du tireur d’en face et la vague promesse dans son regard qu’il sera épargné. …

    C’est que le Grand serviteur de l’Etat se servait en réalité beaucoup, lui qui réalisa l’admirable exploit de faire une carrière de trente ans en passant en tout et pour tout deux ans à la tête d’un ministère, et le tout sans ne jamais perdre un seul jour sa berline, ses appartements et ses larbins de fonction, toutes choses qui en font objectivement la figure paradigmatique du républicain, du politicien monté sur l’Agora bien plus pour faire bombance que pour y laisser une trace.

    On nous dit aussi que Gros Loukoum avait du caractère… Pour qu’on lui fasse crédit de cela, il aurait au moins fallu qu’une seule fois, il paye d’un bannissement ses prises de positions à contre-courant qui lui permettaient à peu de frais de jouer les Don Quichotte en Safrane et en costume à trois patates. Au lieu de cela, il allait négocier la réddition de ses troupes après la défaite et s’en allait vendre son silence contre un Palais de la République d’où il pourrait se goinfrer de pizzas entouré de valets, en devisant sur la grandeur de la servitude, l’amour de la République et les sacrifices qu’exigent la vocation de commis de l’Etat. La plus belle esbroufe du genre, pour ainsi dire son coup de Maître, c’est la revente des troupes qui avaient voté non au Référendum de 1992 aux partisans du camp du oui, laquelle lui permit d’obtenir pour quatre ans le plus gros emploi fictif de France, soit le perchoir de l’Assemblée et les clefs du plus somptueux Palais de France, j’ai nommé l’Hôtel de Lassay…

    Mais il y a mieux, comme nous allons le voir : si Gros Loukoum a pu vivre si bien et si longtemps aux frais de la princesse sans ne jamais rien faire, sans ne risquer jamais les sifflets d’une foule en colère et sans être le père de la moindre réforme, c’est en incarnant une conception de la politique Old School, celle d’avant l’apparat, la frime, la peopolisation et la communication préférée au travail abattu dans le silence d’un cabinet. Pourtant, s’il y avait en France de vrais journalistes et des intellectuels dignes de ce nom, ils auraient pris le temps d’observer et de le décrire en parangon de ce dont il s’était fait le contempteur officiel.

    Car en effet, jamais ses laudateurs ne nous parlent de ce qu’il a fait (et pour cause), mais de son goût pour les plats en sauce et les gitanes, ses origines modestes et ses dégagements généraux qu’il proférait dans une belle langue sans vouloir vraiment les mettre en musique jamais. Pour le dire d’un mot, tout chez lui n’était qu’image, communication, peopolisation et bling-bling, et que ce soit celui des jolies phrases creuses plutôt que des Rollex ne fait à la réflexion que renforcer par contraste la vacuité de Gros Loukoum.

    C’est d’ailleurs en cela qu’il est intéressant. S’il incarnait ce que la classe politicienne peut produire de pire, Philippe Séguin était insignifiant et donc peu propice à ce qu’on s’endorme dessus, mais l’observation des idiots qui font clap-clap autour du cercueil nous en dit en revanche assez long sur l’époque. Non seulement elle est surfaite, superficielle en diable et marquée par la haine de tout ce qui ressemble de près ou de loin à une pensée, mais ceux pour qui elle est faite et qui se roulent dedans comme un chien dans son bac se veulent en plus les contempteurs officiels de tout ce qui serait surfait, superficiel et marqué par la haine de la pensée. Ils ne veulent plus seulement se goinfrer comme les veaux qu’ils sont devant les phrases creuses d’un gros loukoum de passage, son gaullisme de carte postale et son décor en carton-pâte censé évoquer la France d’avant, mais aussi qu’on vienne les applaudir quand ils sont à table. Ils ne tiennent au premier rang de cette époque maudite, mais veulent qu’on les salue comme s’ils étaient aussi respectables que des manants n’osant pas s’approcher du cœur…. Cette époque est la pire qu’on puisse imaginer, elle est celle de la massification de l’enseignement, des gardiens de vaches diplômés, pour le dire d’une formule désormais proverbiale.

    Admirer ce Philippe Seguin qui n’a jamais rien fait d’autre que du bruit avec sa bouche et soutirer quelques deniers aux Français, c’est faire la preuve qu’on est léger comme la spectatrice d’un Soap-Opéra,  tout aussi allergique qu’elle à la moindre spéculation intellectuelle et la  proie naturelle des formules simples et du clinquant, mais elle a tout de même l’intelligence de savoir qui elle est, ce qui la rend tout à fait inoffensive, à l’inverse de ces jobards…. Pour le coup, c’est elle qui nous fait regretter le monde d’avant, et ces gens-là seraient bien surpris d’apprendre à quel point ils incarnent cette modernité dont ils se croient les adversaires.

     D’aucuns diront que le corps de Gros Loukoum est encore chaud et que j’aurais dû attendre avant de dégonfler ce gros sac d’air. A ceux là je répondrais que le dénommé Pichon, son successeur à la Cour des comptes, devrait s’amuser à calculer, ne fusse qu’à la louche, ce qu’il a coûté au contribuable en trente ans. Je suis certain que même après sa mort, la France entière a détesté Crozemarie pour beaucoup moins cher que ça.

    Sans compter, que s’il est bel et bien mort, les Mongaullo-souverainistes dont il n’était jamais que l’icône sont, eux, bien vivants et n’ont pas fini de nous casser les couilles.

    Illusion d’optique

    Cette évolution ou émancipation humaine existe depuis toujours ; elle est anthropologique. Elle n’est pas apparue sous les Lumières.
    Lorsque le temps historique d’une civilisation prend la forme d’une flèche et renonce à une forme cyclique, cela signifie qu’elle accepte les remises en cause et renonce à l’immobilisme.
    Les Lumières n’ont exprimé qu’une impatience face à l’émancipation, une accélération du mouvement occidental d’émancipation. ”
    (…)
    La modernité tardive s’est construite sur un éloge univoque de l’émancipation, sur une volonté d’ appropriation sans limites, sur une fuite vers toujours plus de liberté individuelle et vers la suppression jamais achevée des contraintes jusqu’à la plus infime…. Elle n’a pas admis que l’émancipation et l’enracinement, loin d’être des pôles antagonistes dont l’un devrait avoir raison de l’autre…sont les deux faces d’un même motif anthropologique; que la victoire de l’un sur l’autre revient à défigurer l’humain.
    (…)
    Les Lumières ont fait de l’émancipation un évènement intégral, total, alors qu’il s’agit toujours d’un processus particulier, pour se libérer de certaines aliénations particulières.

    Chantal Delsol

     

    Je crois que Chantal Destol commet ici une erreur de jugement, qu’elle est victime au sujet des lumières d’une illusion d’optique, laquelle est hélas fort répandue et propice à des quiproquos gigantesques.

    L’occident conçoit bel et bien le temps historique comme une flèche, c’est sa marque distinctive essentielle, et l’on peut même dire que tout ce qui le sépare des autres civilisations découle de ce rapport original au temps.

    Pour autant, en voulant remplacer cette vision progressive et linéaire de l’histoire par la doxa progressiste, les Lumières n’ont pas manifesté de l’impatience ni appelé de leurs voeux une simple accélération, pas plus qu’ils ont souhaité voir les caractères intrinsèques de notre civilisation renforcés et poussés à leurs paroxysmes; ce qu’ils ont au contraire voulu, c’est un changement de cap et de paradigme.

    Car en effet, la volonté d’une émancipation intégrale et totale implique celle de viser et d’atteindre un stade terminal et définitif pour in fine replonger dans la quiétude conférée par cette immobilité qui est justement le lot des civilisations cycliques et auquel l’occident a renoncé à son baptême. Stricto sensu, c’est bien d’une aspiration à un retour en arrière et dans le giron des civilisations traditionnelles dont témoignaient les Lumières.

    Il échappe à Chantal Delsol que le concept d’émancipation ne recouvre pas la même réalité selon qu’on en fasse un objectif atteignable en totalité ou qu’on la tienne pour une ombre destinée à toujours nous fuir sans qu’on ne renonce pour autant à la poursuivre. Dans le second cas, la volonté d’émancipation n’entre pas en conflit avec la croyance en la parousie mais forme avec elle un couple paradoxal en même temps qu’incroyablement fertile, celui sur lequel repose notre civilisation. Pour un occidental de facture classique, il évoque une route, une odyssée que nous devons poursuivre jusqu’à la fin des temps, tandis que pour les laudateurs des Lumières, il désigne au contraire un moyen d’en finir avec la dite Odyssée. Pour le dire autrement, les Lumières ne sont pas les légataires maladroits de cette volonté d’émancipation anthropologique dont parle Delsol et qui nous caractérise, le mot émancipation ne désignant pas, selon les cas, le même objet poursuivi à des cadences différentes….ce n’est pas un prétendu refus de l’enracinement qui sépare les modernes des anciens, tout cela ne pourrait relever au mieux que de l’écume des choses, et l’examen attentif des uns et des autres des encyclopédistes (à commencer par Rousseau) nous apprend au demeurant que c’est faux.

    Ce dont nous prive l’illusion d’optique, c’est du moyen de cerner tout ce que les progressistes recèlent de fantasmes régressifs et les réactionnaires d’aversion cachée pour le monde dont ils se proclament les gardiens; elle nous empêche de voir venir les alliances qui se trament entre ces gens-là, de cerner l’essence commune qui les rassemble et de faire l’éventaire de tout ce qui doit être mis à l’abri de leurs griffes.

    Quand ils font le procès des Lumières, de Joaquim de Flore ou de je ne sais qui d’autres, les traditionalistes catholiques et les anti-modernes surfent sur ce malentendu et n’expriment jamais qu’un dégoût viscéral pour la vision linéaire et chrétienne du temps à laquelle on associe les premiers bien à tort; plutôt que sur un retour à un âge d’or de la chrétienté qui n’a jamais existé que dans leurs têtes, c’est bien vers les conceptions cycliques de l’Orient qu’ils lorgnent. Quand ils parlent de l’Europe Chrétienne d’avant les Lumières, ils décrivent une espèce de duplicata septentrionale du Califat, un Charles VII, un Saint Louis et une ribambelle de papes surplombant une ère immobile destinée à ne jamais disparaître. En se faisant croire qu’il fût le nôtre, ils ne font qu’appeler ce monde de leurs voeux, ce sont des révolutionnaires qui seront demain les complices de tous les révolutionnaires d’ors et déjà identifiés….Comme leur figure paradigmatique à tous René Guénon, lui qui en se convertissant à l’Islam ne fut jamais qu’un peu plus précoce et désinhibé qu’eux.

    Plus prosaïquement, Chantal Delsol commet une faute dont on peut difficilement lui faire grief, tant elle est courante, aujourd’hui, chez les libéraux conservateurs: elle ne remet pas l’ouvrage sur le métier et ne prend pas la peine de réviser sa vision du monde à mesure qu’il change. Elle n’a pas vu que le moderne ne se caractérise plus seulement par le bougisme et le refus de l’enracinement, mais qu’il est venu se greffer sur cette inclination de l’esprit un penchant pour le rustique, les blouses grises et les fessés à l’ancienne. Elle n’a par exemple pas relevé qu’il est presque autant dans l’air du temps de fustiger mai 68 que d’en faire l’éloge, qu’on peut faire tour à tour l’un et l’autre sans se voir privé de crachoir et que cet apparemment curieux mélange sucré-salé est bien loin d’être la marque d’une rémission.

    Pour finir, je ne vois pas exactement comment elle fait pour voir la modernité tardive peuplée de gens épris de liberté individuelle et aspirant à la suppression des contraintes jusqu’à la plus infime. Moi, il me semble au contraire qu’ils ne prennent leurs pieds que dans les grandes messes citoyennes et le tri sélectif des déchets, les leurs et surtout les vôtres et les miens…. je sais bien que c’est pratique, le copier-coller, et que la fustigation de l’individualisme occidental est un plat qui se mange sans faim, mais enfin, de temps en temps, il faut renouveler la carte.

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