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Les articles de Vae Victis:
La Russie et ses enfants
Le 03/03/08 à 3:12 par Vae Victis
Il y a beaucoup de choses qui m’insupportent en France. Mais je crois que le pire c’est le manque d’esprit critique. Cette incapacité à rire de nous-même, de nos travers. On n’a rien de comparable aux Simpsons ou à Desperate Housewives. A la place on a Plus belle la vie. Ce n’est pas pour autant que la France est épargnée de critiques en son sein, au contraire elles pleuvent. Mais toujours dirigées vers une France qui n’existe plus, avec ses curés, ses militaires, ses colons, ses pétainistes, ses phallocrates, ect… Autant de personnages qui font toujours la belle vie des caricaturistes. Comme si la France était paralysée par des hantises d’un autre temps, resté figée en 1968.
Toujours incapables de voir ce qui ne va pas chez nous. Ainsi la Russe inquiète. Les mass médias s’amusent de ses “jeunesses poutiniennes”. Qui ne sont pourtant pas des milices paramilitaires, mais un mouvement militant s’adressant aux jeunes, comme nous avons nos MJS et Jeunes UMP. Pire elles sont accusées d’être la pépinière de Russie Unie. Un moyen pratique de se constituer des relations et d’espérer des chances de promotions dans l’administration publique et privée. Ouh, ces jeunes ne seraient pas tout à fait désintéressés !
Ce qui n’est absolument pas le cas en France, personne n’obtient jamais de faveur en fonction de sa couleur politique. Nous n’avons pas de soit-disant syndicats, associations “de terrain”, mutuelles émanations de nos partis politiques. Pas plus que des rapports incestueux entre la politique et la presse, ou entre l’administration publique et la grande entreprise. Du tout.
Sans justification
Le 03/03/08 à 1:21 par Vae Victis
Rengaine
Le 02/03/08 à 23:35 par Vae Victis
Depuis des années que je lis des blogs de profs et même à travers la plupart de mes expériences personnelles, je retrouve toujours les mêmes éléments :
1°) Il a toujours une très haute opinion de sa Mission (oui la majuscule s’impose). Il veut bien faire, c’est évident. Et escompte par son dévouement sans borne, insuffler culture et réflexion citoyenne de haut niveau dans l’esprit de ses élèves pour les ouvrir au monde, et aux grandes questions de notre temps.
2°) Les élèves ne sont jamais à la hauteur : fainéants, perturbateurs, désintéressés voire illettrés. Rétifs à tous ses efforts, même s’il les emmène au théâtre, au musée, à des expositions, ect… Toute sa science pédagogique est impuissante.
3°) Il se sent trahit par l’administration, qui le soutient rarement, et dont il comprend difficilement les rouages. Peinant à percevoir qu’elle a des objectifs différents des siens.
4°) Il en résulte qu’il est abattu, désabusé. Toute sa bonne volonté heurtant un mur d’indifférence et d’hostilité, il est en situation d’échec et se morfond. Avec le temps il deviendra simplement blasé.
Je ne m’explique pas pour autant comment on devient prof. De qu’elle façon on devient un vieux con. L’IUFM se trouve-t-il sur la rive opposée du Léthée ? Vous obligeant par là même à oublier votre longue d’expérience d’élève, et à rabâcher les rengaines professorales maintenant que vous êtes de l’autre côté du miroir ? Faut-il en appeler à Bourdieu, et comprendre qu’il s’agit de “jouer son rôle” ? Et que l’oubli est une nécessité pour remplir sa fonction sociale honnêtement. Ou adopte-t-on immédiatement le point de vue du corps auquel on appartient ? Ou est-ce encore une mesure de protection pour éviter de paraître trop cool et donc faible, en se démarquant du comportement stéréotypé que les élèves attendent de vous ?
Encore que quelques éléments isolés dans l’institution résistent à la mutation, et conservent leur esprit de branleur se moquant du monde, en accordant à leur métier pas plus de sérieux qu’il n’est nécessaire.
Le fabuleux destin de la Môme
Le 24/02/08 à 18:53 par Vae Victis
C’est paradoxal, cette servilité envers l’Amérique qui se combine à la défiance et à l’exaltation de l’exception culturelle.
Marion Cotillard, comme prévu a décroché le César de la meilleure actrice. En tout 4 Césars pour La Môme, le film romançant la vie de Piaf. C’est pas une surprise puisque depuis sa nomination aux Oscars la récompense semblait acquise.
Ils sont comme ça les français, dès que la reconnaissance vient des Etats-Unis ils se sentent honorés, pris au sérieux. Ayant réussi à susciter l’intérêt, attiré l’attention sur eux. Intériorisant malgré tout ce qu’ils peuvent dire un sentiment d’infériorité. C’était déjà le cas avec Le fabuleux destin d’Amélie Poulain qui avait été récompensé par 5 Césars, avant de recevoir la consécration de 5 Oscars. En littérature Litell pour ses Bienveillantes avait été honoré du prix Goncourt. Vous pensez un américain, mieux même un juif new-yorkais qui écrit en français sur le nazisme, ça ne se refuse pas. Il y a toujours cette servilité des rentiers du métier envers l’Amérique ; plus justement une partie d’entre-elle, la gauche cultivée et les stars démocrates d’Hollywood. Le rêve américain n’est pas mort, il se conjugue juste avec Obama. Pour mieux s’opposer à cette Amérique profonde que les français adore détester.
Le paradoxe c’est que la cérémonie, comme de tradition, a longuement été interrompue par les laïus des bien pensants. Tout y est passé : “l’interdiction de fumer, les relations médias-pouvoir, les grèves, le service minimum, les américains qui pensent plus au fric qu’à l’art, etc.” L’exception française dans son intégralité, l’équivalent de gauche de la préférence nationale. Pour mieux la bafouer, en couvrant de statuettes la nouvelle star de l’Amérique. Ils plastronnent, mais finalement ils ne sont pas méchants, ils supportent nos exportations comme de bons petits soldats.
Ce film marquerait une renaissance du cinéma français, la reconnaissance d’un savoir faire purement frenchy. Cette petite touche si particulière que, les grandes majors sont incapables de reproduire. Alors que là encore, comme pour Le fabuleux destin d’Audrey Tautou, on vit du passé. De cette image désuète ; cette carte postale jaunie de la France de nos grand-mères. Le succès Outre-Atlantique n’est pas celui de Marion Cotillard, mais d’un produit calibré, formaté pour le marché américain. Qui vend le Paris d’autrefois, propret, romantique ; nos vieilles gloires.
Serge Kaganski des Inrockuptibles, qu’on ne serait décemment pas qualifié de critique de cinéma vu qu’il est commissaire politique, avait créé la polémique en attaquant Amélie Poulain sur : “sa représentation irréaliste et pittoresque de la société française contemporaine dans un univers de carte postale d’une France d’autrefois avec très peu de minorités ethniques — une forme de lepénisme latent. Alors que Paris est une ville cosmopolite et qu’il y a juste à côté de Montmartre un quartier avec beaucoup de minorités africaines (Barbès – Rochechouart), très peu sont visibles dans le film. Si le réalisateur avait souhaité créer une vision idyllique d’un Paris parfait, il semble qu’il a trouvé nécessaire de faire disparaître toute trace de personne de couleur pour y parvenir, ont justifié les critiques.” Et il avait vu juste. C’est ce qui a fait le succès du film, en France, et surtout aux Etats-Unis. C’est ce Paris là qu’ils aiment. Pas celui des squats, des voitures brûlées qui a le parfum de Bamako.
Mais on fera semblant de ne pas le voir. De ne pas voir que ce que les américains aiment de nous est mort. Et que la seule place qu’ils nous laissent est celle de la niche : exotisme nostalgique.
Nessie n’est plus
Le 15/02/08 à 21:01 par Vae Victis
Ma 106 Kid l’a tuer.
Le légendaire chasseur du monstre du Loch Ness, Robert Rines, 85 ans, a décidé d’abandonner ses recherches. Apparement après avoir recolté des centaines de signes sur ses sonars depuis 37 ans qu’il étudie le sujet, ses pistes sont devenues froides depuis quelques temps, et il pense que Nessie a été victime du réchauffement climatique.
Estampe japonaise
Le 02/02/08 à 21:56 par Vae Victis
Le royaume sylvestre
Le 01/02/08 à 16:25 par Vae Victis
La forêt croît, il semble qu’elle n’ait jamais été aussi étendue. En France, cela s’entend. En Asie, en Amérique du Sud, en Afrique elle se réduit comme peau de chagrin au rythme de l’expansion démographique et industrielle. Mais en France ce serait différent. J’ai fait quelques recherches. Il y a par exemple une série de chiffre assez précis sur le QUID, qui recoupent d’autres chiffres qui vont dans le même sens. Entre 1990 et aujourd’hui, la forêt française serait passée de 15 à 17 millions d’hectares. Soit une France recouverte de forêts à près de 31%. Ca va contre toutes les idées reçues qui veulent que l’on abat chaque jour un peu plus nos forêts. On devrait s’en réjouir.
Seulement j’ai pris la méchante habitude de me méfier des chiffres officiels, surtout quand ils heurtent autant mes impressions personnelles. Alors j’ai fait un peu travail de recherche, j’ai pris mes cartes Michelin, j’ai comparé les surfaces forestières déclarées et les taches vertes sur la carte noyées dans l’urbanisation, département par département, région par région, que j’ai comparé à mon expérience des lieux. Comme pour les chiffres de la délinquance et du chômage, la superficie des forêts doit dépendre fortement de la manière de compter, de la classification administrative des territoires. J’en ai conclu que le classement en “forêt” se fait par défaut. Est ipso facto “forêt”, tout ce qui n’est pas terrains agricoles ou urbanisés, ect… tout ce qui n’entre pas dans d’autres catégories ou en sort. C’est le seul moyen de parvenir aux superficies déclarées. Car en forêts pures, la proportion semble bien plus modeste.
Et tant bien même ces stats se révéleraient exactes, ce dont je doute très fortement (vu qu’il faudrait déjà qu’on parle de la même chose), cela signifierait que l’augmentation de la superficie forestière peut s’accompagner d’une impression générale de nature anéantie, ruinée. La végétation peut bien croître sur des côteaux délaissés par l’agriculture et autre part être dévorée par le béton. En plaine je ne me souviens pas de beaucoup de forêts, qu’on ne peut traverser de long en large en moins d’une heure, à un rythme de promenade. Il ne s’agit plus réellement de forêts mais de bosquets. De petites parcelles de végétation enserrées dans un lacis de voies de communication, de lignes électriques, de zones pavillonnaires et industrielles en pleine expansion. De parenthèses comme dit SK, lacoonisées entre les bretelles d’autoroute, les parkings d’hypermarchés et les pavillons. L’urbanité à la campagne, une France rurbanisée. Pleine de ses habitants, qui débordent par tous ses pores.
La plupart des survivalistes français de ce point de vue, lorsqu’ils s’imaginent rejouer l’Aube rouge en cas de pépin s’enferment dans une vision romantique. C’est moins vrai pour les survivalistes américains qui peuvent encore compter sur de grands espaces. Même si dans la réalité (Katrina, la crise économique en Argentine, ect…) survivre à la crise c’est piller le supermarché du coin, après avoir défoncé sa devanture avec une voiture bélier. Le problème c’est que ces gens sont des trappeurs frustrés, qui échaffaudent des plans-type pour vivre leur rêve, quite à tronquer la réalité. Je vous conseille de lire cette expérience dans les Pyrénées, où le protagoniste vit deux mois dans les montagnes en vivant de cueillette, pêche et chasse. Très instructif. J’ai joué le jeu en prenant mes cartes de rando pyrénéennes, à la recherche d’un coin vraiment isolé. Comme je m’y attendais : mission avortée.
On s’en rend bien compte lorsqu’on fait un peu de randonnée. Arrivée à 6 ou 7 heures du matin, seul, pas de grand sommet ni de portion réputée, juste une course à la journée entre monts et vaux. Retour le soir, 100 ou 200 mètres de voitures garées le long de la petite route de montagne. C’est le genre de chose qui vous marque. En France l’isolement est conditionnel, selon l’heure, la saison, la météo ; pas de vraie nature sauvage. “Se perdre” est devenue chose compliquée. Qu’il faut planifier.
La faune sauvage en pâtit. L’ours n’est plus fait pour vivre dans les Pyrénées, qui est tout sauf un espace naturel vierge où peuvent tranquillement s’ébrouer les plantigrades. C’est devenue une zone très touristique, serpentée d’autoroutes, nationales, lignes à haute tension, où les massifs sont entourés de grillages pour l’élevage, où les refuges ressemblent de plus en plus à des hôtels 3 étoiles pour un tourisme de masse, où les mamies se baladent avec leurs petits enfants. Il ne faut plus voir les Pyrénées comme un grand massif montagneux sauvage, mais comme une succession de parcelles entremêlées dans un réseau rurbain finalement assez dense. C’est pourquoi la demande des écolos est criminelle, ils conduisent des ours à l’abattoir avec un dogmatisme de fanatiques. Et d’ailleurs de quoi peuvent-ils se nourrir ces pauvres ours ? Bouquetins et mouflons ont presque été totalement exterminés par les éleveurs et les chasseurs. Sauf quelques racines et des baies, il ne restent plus que les brebis et peut-être quelques chevreuils.
C’est d’ailleurs ce qui peut surprendre, tous ces troupeaux laissés à divaguer, la rareté des bergers. Des massifs enclos, avec des passages canadiens (cylindres métalliques mobiles qui empêchent le passage des animaux). Au prix du mètre de clôture, rien de tout cela ne serait possible sans les aides publiques. Car il faut savoir, contrairement à ce qu’on nous montre, que la plupart ont un autre emploi, et que l’élevage à travers la PAC leur sert de supplément. Ce qui autrefois aurait été impossible, déjà pour se protéger des vols de bétail. Aujourd’hui l’Etat subventionne la réintroduction de l’ours dans un milieu devenu inadapté et les bergers qui tuent les ours. Politique shadock. Cela pourrait changer avec les renégociations de la PAC prévues en 2009. Certains esprits chagrins pensent que dépenser la moitié du budget de l’UE en rentes pour agriculteurs n’est pas un excellent investissement. Les méchants !
Il y aurait aussi bien des choses à dire sur la “chasse” et son rapport à la forêt, qui bien souvent est devenue un ersatz d’élevage. Laché de faisans (j’en ai récupéré 6 ou 7 avec ma veste début décembre), de cervidés ou de sangliers, agrainage (avec pour conséquence le pullulement des sangliers), repérage du gibier avec des colliers émetteurs, ect… Les chasseurs sont les premiers à avoir compris que les animaux circulaient de plus en plus difficilement entre les parcelles, et qu’il convenait pour garder une “ressource durable” d’élever le gibier comme des animaux de ferme. Sans prédateur c’est mettre à mal la sélection naturelle, sans parler de la consanguinité. Quelque part c’est aussi une gestion par enclos. Et dans le genre c’est pas forcément plus sympathique que des cohortes de racailles. Il y aurait une solution très simple, n’autoriser la chasse qu’avec l’accord du propriétaire ; une putain de révolution : faire respecter le droit de propriété.
On imagine difficilement à quel point la nature non administrée se raréfie.
La science islamique
Le 01/02/08 à 11:29 par Vae Victis
Après « Secrets des moudjahines », diffusé en janvier 2007 sur les toiles mondiales, voici en avant-première planétaire « Secrets des moudjahidines 2 »… Un an après la mise en ligne du logiciel de chiffrement ainsi nommé sur les forums clandestins dédiés à l’idéologie djihadiste, premier du genre pour la langue arabe, les petits génies du djihad électronique viennent de sortir une nouvelle version augmentée du programme, avec de nouvelles options. Comme « l’ensemble des moudjahidines dans le monde et en particulier l’Etat islamique d’Irak », à qui « Secrets 2 » est offert en « cadeau », Bakchich l’a téléchargé et comparé avec la version d’origine. Bluffant.
Les meilleurs algorithmes
Développé par l’un des organes actifs de communication de la mouvance spécialisé dans le djihad électronique , le « Global Islamic Media Front » (GIMF), « Secrets des moudjahdines » version 2007 est déjà un programme particulièrement élaboré de chiffrement. Fruit de « plusieurs années de travail » pour tester sa efficacité, comme le décrit l’introduction au mode d’emploi, il a été conçu par ses créateurs comme « l’arme électronique capable de garantir la sécurité des membres qui échangent et protéger les secrets des moujahidines ».Le logiciel utilise en effet cinq des meilleurs algorithmes en matière de cryptographie, dont l’AES (Advanced Encryption Standart), préconisé depuis 2001 par le National Institute of Standarts and Technology (NIST) comme le logiciel de chiffrement à clés symétriques le plus sûr. Il repose sur un système hybride, combinant cryptage symétrique (256 bit) et asymétrique (2048 bit) avec un jeu de double clé, publique et privée (RSA), pour maximiser le cloisonnement des échanges entre l’émetteur et le destinataire.
Si le descriptif des données techniques apparaissent pour le coup ardues à décoder pour le djihadiste de base, le mode d’emploi est quant à lui très didactique, façon « le cryptage expliquée à ma fille », dessins et exemples à l’appui. L’apprenti terro peut ainsi envoyer en toute impunité messages écrits, fichiers audio-visuels compressés, cartes, plans, et préparer en bande et dans la sérénité des projets festifs anti-mécréants, comme un attentat…
Un logiciel qui tient sur une clé USB
Avec cet ultime atout pour ces opérateurs clandestins qui cherchent à le rester : ce logiciel « portable » peut être installé sur une clé USB et utilisé sans laisser de trace à partir de n’importe quel ordinateur dans un cybercafé… Alertés, les services de renseignement américains et européens travaillent depuis à tenter de « craquer » ce logiciel de tous les dangers, ce dont doutent les experts en sécurité informatique, qui le qualifient de « prouesse technologique ».En attendant, un même hommage est aujourd’hui rendu par les développeurs du programme version 2008, pour « la qualité exceptionnelle » du système accompli par « les frères du GIMF ». Se présentant comme « le groupe chargé de la sécurisation des réseaux » au sein d’Al-Ekhlaas Islamic Network, la relève explique ainsi avoir « entrepris le développement de ce programme » et y avoir ajouté de « nouvelles fonctionnalités » pour optimiser son double objectif : « Sécuriser les échanges d’informations sur le net et faciliter l’action djihadiste dans le domaine des communications et du renseignement ».
Parmi les dernières trouvailles, la possibilité de transférer des fichiers cryptés de toute nature directement sur des pages web, et de chatter en crypté sur les forums… De quoi faire craquer les services en charge de la cyber-traque.
Via Backchich
I am not legend
Le 13/01/08 à 19:42 par Vae Victis
Spoilers inside.
On peut pas dire que je sois déçu. Les films de Will Smith sont toujours superficiels. Même lorsqu’ils abordent des thématiques intéressantes, comme l’humanité des machines dans “I Robot”, on doit se contenter de poursuites de bagnoles, d’enchainement de castagne et de pub pour les chaussures de Will et son matériel High Tech. Pas forcément désagréable à regarder alangui dans le canapé, mais rien de plus. “I am legend” ne fera pas exception. Dommage.
On vient de découvrir un médicament miracle, qui utilise le virus de la rougeole (simple véhicule) pour lutter contre le… cancer. Le cancer, qui a priori n’est pas une maladie contagieuse, donc pourquoi utiliser un virus contagieux ? Déjà c’est dangereux de transmettre un traitement à des gens sains, en plus c’est bête. Comment le laboratoire pharmaceutique compte-t-il rentabiliser ses investissements avec un médicament qui se propage tout seul ? Premier couac.
Comme on peut s’en douter c’est une castastrophe. Mais on le découvrira en détails, au fur et à mesure par des flashback maladroits, car inopinés et sans intérêt. Pendant tout le film on suivra la famille de Robert Neville – parfaitement transparente : une femme, une gamine et un chien – par petits flashs. C’est le procédé choisi pour tenter de nous faire entrer dans l’histoire. Comme dans tout film catastrophe qui se respecte où l’on suit les exploits du pompier courageux, de la vieille dame têtue, des gamins inconscients, et des ados partis se pelotter dans la forêt. Très “Independance Day”, même famille, même gros chien, militaire aussi. Des personnages tout autant travaillés, fades.
La technique est aussi en reste. Les animaux, surtout au début sont mal intégrés à l’image, et moyennement modélisés. Pour un film de 150 millions de dollars c’est moyen. Je pense qu’ils ont dû concentrer leurs efforts sur l’ambiance de la ville. New-York en ruine, les herbes folles colonisant les avenues, vide de ses habitants et pourtant sans trace de désastre. C’est le point fort du film, l’ambiance de vide, de malaise sourd est très bien rendue.
Le personnage ne s’est pas encore entièrement dévoilé à nous. Il n’est pas seulement militaire, il est aussi scientifique. On vient de faire connaissance avec le Robert Neville intelligent. Pour le montrer il porte alors une blouse blanche et pose des lunettes sur son nez, bien qu’il ne fasse que dicter. Après la visite chez les rats on aura compris qu’il s’agit d’un film de zombi. Même avec ses lunettes c’est pas une flêche. Bien que la ville soit déserte, qu’il soit militaire, et que le mannequin déplacé ne puisse être qu’un appât grossier, il s’empresse de tomber dans le piège. Avant de se retrouver suspendu en l’air, et de finalement se planter un couteau dans la cuisse en tombant. Tout le long de m’écrier : “Non Will, c’est un piège ! Les mannequins en plastique ne marchent pas ! Non Will, la gravité ! Attrape le haut de la corde avant de la couper !” Ca n’aura pas suffit.
Le plus gros reproche qu’on pourra faire à “I am legend” c’est l’impression de déjà vu. Si l’idée de base est originale, son exploitation est très conventionnelle. Le chien n’aide pas. Dès qu’il y a un chien dans un film, on sait d’avance qu’il va se mettre en danger, que le maitre va suivre pour le sauver, et qu’ils vont se faire un gros poutou baveux, à moins qu’il ne meurt. C’est le problème. Savoir tout ce qui va se passer dix minutes ou un quart d’heure à l’avance n’aide pas à rentrer dans l’histoire. Les rebondissements sont attendus, le seul qui m’a échappé, c’est parce que j’avais pas osé y croire : “Non c’est trop gros.” Après la mort du chien Robert Neville s’en va affronter les zombis, non pas avec un blindé (il joue bien au golf sur l’aile d’un F15), mais avec son 4X4 ; pris au piège il est sauvé in extremis par une femme avec un gamin. Imaginez-vous, ça fait plus de 1000 jours qu’il tente de contacter un survivant à la radio sans succès, donnant un point de rendez-vous, et c’est jusquement quand il est entouré de zombis, plus mort que vif qu’alléluia on vient le sauver.
Plus de 3 ans, chaque jour à chercher une présence humaine, croyant être le seul survivant. Deux blancs lui sauvent la peau (une femme et un gamin). Et première discussion cohérente, il leur pond un laïus sur le racisme, sur du Bob Marley. Y allant de sa comparaison entre la contagion de sa maladie et la haine raciale. Il faut oser.
S’il se dégage de la ville une certaine angoisse, c’est aussi un espace de liberté, débarassé de ses hôtes, les règles sociales sont abolies. Plus de travail, plus de rôle à jouer. Seulement la survie, la contemplation, les plaisirs d’un monde révolu qui sert de terrain de jeu. Chasse, pêche, récoltes, divertissements aristocratiques. Le dernier des hommes l’est doublement. Robert Neville aurait pû être un personnage à la “Fight Club” (le golf sauvage étant le lien), dansant sur les ruines de l’ancien monde. Plaisant.
Non il faut une fin morale. Il nous “manquait” une pointe de mysticisme. La femme lui révèle sa mission, elle l’a vu, Dieu lui est apparu. Il est le sauveur, le héros, comme Néo dans Matrix. Ou si on préfère les évangiles, Noé avec son arche, celui qui sauve l’humanité de l’anéantissement total après avoir été purifiéé.
La prophétie disait vrai, la colonie de survivants existe bel et bien. Quinze maisons avec leurs bannières étoilées, leur vert gazon et leur blanche barrière, nichées autour de l’église, blanche, immaculée, de la taille d’une cathédrale, entourées par de hauts murs. Trois éoliennes. Passons sur le fait que les zombis escaladent sans soucis les façades d’immeubles, et sur ce mur gigantesque dont on peut se demander comment il a pû être érigé par 30 ou 40 péquins. L’intérêt est surtout symbolique : Dieu protège l’Amérique.
Très con. La fin du monde a eu lieu, et ils sont toujours à agiter leur stupide petit drapeau. Le “Docteur Folamour” sans l’ironie mordante, au premier degré, c’est à cela que ce village à priori parfait fait immanquablement penser. Un sentiment de claustration se dégage du lieu. Il vaut mieux la liberté quite à se faire croquer par les zombis. En Arizona, dans le désert.
En conclusion un petit film qui se laisse regarder, mais dont il ne faut pas trop attendre. Trop conventionnel, déjà vu, mais réhaussé par un survivaliste de bon aloi. A signaler une VF particulièrement affligeante.
Pédagogie
Le 27/12/07 à 0:28 par Vae Victis
Avant à l’école j’étais le souffre-douleur de mes petits camarades. Alors j’ai décidé d’apprendre le Kung Fu.
Maintenant ça va mieux à l’école, mais je me fais défoncer la gueule par mon sensei.
Mon beau sapin, roi des forêts
Le 21/12/07 à 11:43 par Vae Victis

Responsabilité (réplique)
Le 15/12/07 à 19:35 par Vae Victis
Pour comprendre ce que j’essayais d’expliquer dans les commentaires de ce post, c’est ici.
En deux mots. La police pourrait bientôt obtenir le droit d’infiltrer sur nos ordinateurs spywares et chevaux de Troie pour en contrôler le contenu, et cela sous les bons vieux prétextes de la lutte contre le terrorisme et la pédophilie. Parce que ça fait peur à Mme Michu, le terrorisme et la pédophilie. Il suffit qu’on agite ces mots sous ses oreilles pour qu’elle devienne sourde à la raison la plus élémentaire. Il ne faudra pas longtemps pour qu’on passe aux délits d’opinion, il suffira – l’habitude aidant – qu’on élargisse le champ des crimes retenus.
Aux Pays-Bas c’est pire : “Les fournisseurs de service Internet ont ainsi été contraints, par la loi, d’acheter eux-mêmes les équipements qui permettent, depuis août 2004, aux autorités d’espionner à volonté leurs abonnés. Neuf opérateurs ont intenté un procès à l’Etat, qu’ils ont perdu cette année. Résultat : dans le pays le plus connecté d’Europe – 84 % des ménages -, la surveillance est sans équivalent. Grâce à son droit de regard électronique, la police a procédé à plusieurs arrestations, depuis 2005, dans des affaires allant du terrorisme à la pornographie enfantine.”
Oppression
Le 14/12/07 à 14:02 par Vae Victis
Attention les nouveaux radars automatiques (de 3ème génération) ressemblent à ça :

Ils sont plus petits, se glissent partout et sont donc encore plus vicieux, à l’image de notre président.
Conférence de Bali
Le 10/12/07 à 21:49 par Vae Victis
Deux remarques en passant.
- Bali aux dernières nouvelles est toujours une île. Alors à moins d’y aller à la rame, on peut penser que les nombreux intervenants ont pris l’avion ; explosant ainsi leur quota carbone.
- Qui plus est une île tropicale, au soleil, avec plages de sable fin et cocotiers. Héliotropisme paradoxal pour des gens qui se donnent pour mission de lutter contre le réchauffement climatique. A quand une conférence à Reykjavik ou à Mourmansk ?
Anticonsumérisme
Le 10/12/07 à 0:33 par Vae Victis

Le réchaud avec son carton recouvert d’aluminium pour stopper le vent.

Vu de dessus. L’assemblage est très simple : un fond de canette percé de petits trous, un dessus dont on aura découpé l’opercule, et une bande découpée dans le corps de la canette et percée de trois ouvertures.

La flamme bleue signifie que la combustion est complète. Ce qui est amusant avec ces petits réchauds, c’est qu’ils allient un bricolage hyper simple avec la haute technologie. L’alcool à brûler est enflammé et subit une phase de préchauffage, jusqu’à se qu’il se vaporise et s’enflamme par les trous latéraux. On pose alors la casserole sur le réchaud et les gaz d’alcool sous pression forme une flamme homogène. On utilise aujourd’hui le même principe pour les cheminées et les poêles, la double combustion.
Un fond de canette suffit pour mener à ébullition assez d’eau pour vous faire une soupe, un thé, de la semoule ou réchauffer un plat lyophilisé. C’est le réchaud idéal pour les petites randonnées, ou lorsque vous n’avez rien d’autre sous la main. J’utilise une petite bouteille de sirop pour la toux en plastique souple pour transporter l’alcool.
Sur le moyen et long terme le réchaud multi-carburants offrent d’autres avantages.
Pour retrouver un tuto complet et l’inventeur du P3RS


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