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Les articles de Vae Victis:

Bug

A l’origine, j’avais cru à quelques dysfonctionnements du langage. A quelques cas isolés, étrangers aux règles élémentaires du débat. Le manque d’expérience me poussant à la faute, n’ayant hors communauté, que peu l’occasion de pratiquer la conversation argumentée.

Mais l’accumulation aidant, j’ai dû me rendre à l’évidence. La similitude était frappante. Après le premier raisonnement logique qui portait, les mêmes mots répétés : “C’est abusé, c’est abusé.” Le cerveau bugguait, ne parvenant plus à expliquer ses contradictions. “C’est abusé.” Et puis ça s’accentuait à chaque nouvel argument. “C’est abusé, c’est abusé.” Comme un disque rayé.

Je changeais de sujet, sans insister. Le moment suspendu prenait fin. Mes interlocuteurs regagnant la sécurité de leurs opinions.

La France s’en est allée

Via Nono, et par Flammande sur Fds

« La mélancolie “historique” est bien la dernière dont j’eusse cru, enfant, que je puisse être un jour affecté. Eussé-je vécu dans un pays heureux, dans un pays vivant une phase heureuse de son histoire, je ne m’en fusse probablement même pas aperçu, je n’eusse pas songé à m’en réjouir. Je me serais dit que les destins individuels sont tout ce qui compte, que l’important est de faire sa vie en y mettant autant de talent et d’énergie qu’on le peut, que la tâche essentielle est de construire son bonheur individuel ou à tout le moins son destin. De même, je n’eusse probablement même pas songé à être français. Ce n’est pas ma pente naturelle. Je suis aussi peu chauvin qu’il est possible, j’aime autant ou plus les arts, les cultures et les paysages d’autres nations que ceux de la mienne et, si un choix objectif m’avait été offert, j’eusse sans douté préféré être anglais, ou écossais, les tempérament nationaux d’outre-Manche, si différents qu’ils soient l’un de l’autre, me semblant mieux accordés au mien que celui de cette rive-ci. N’empêche : qu’on prétende m’empêcher d’être français, ou qu’on veuille me forcer à l’être d’une façon aussi totalement déculturée, affadie, désolante que celle qui a cours aujourd’hui parmi nous, cela m’a donné le goût et la conscience de l’être vraiment, ne serait-ce que par dignité, ou par esprit de contradiction, ce qui est souvent la même chose. Et ce goût ne pouvait être qu’un goût mélancolique, cette conscience une conscience malheureuse. Comme l’amour des paysages et l’amour de la langue, l’amour de la France, aujourd’hui, ne saurait être qu’une longue tristesse. Être citoyen d’un pays qui meurt, et qui meurt aussi salement, aussi bêtement, aussi bassement, je ne sais pas comment on pourrait ne pas en souffrir.

« Des deux catastrophes qui se sont abattues en même temps sur mon pays, l’effondrement de sa culture par l’effet de l’égalitarisme social, du prétendu “enseignement de masse” et de la dictature de la petite bourgeoisie, et d’autre part la dissolution d’un peuple au profit d’un autre ou de plusieurs autres, sur le territoire national, je ne sais pas laquelle m’affecte davantage. À la vérité elles ne sont guère séparables. L’une était la condition de l’autre. L’autre était seule à même de parachever l’une. »

Renaud Camus

Via Nono, et par Le Réactionnaire Authentique

” Je pense que la société métissée va vaincre, qu’elle a pour une grande part déjà vaincu. Je pense que la France sera bientôt un quartier comme un autre du village universel, avec, pour mettre les choses au mieux, un dosage ethnique et culturel peut-être original. De même qu’ont été progressivement et plus ou moins heureusement intégrés les juifs, beaucoup moins étrangers toutefois à notre culture ancienne, de même seront intégrés les musulmans, les Arabes et les Noirs. Mais ils ne seront pas intégrés aux Français de souche, et les Français de souche ne seront pas intégrés à eux : tous seront intégrés ensemble à une société et peut-être une civilisation qui est en train de naître sous nos yeux, et que nous voyons déjà à l’oeuvre dans les banlieues, les lycées, les discothèques et les films publicitaires.”

” Cette société est pour moi sans charme, et certes réciproquement. Je ne suis pas capable de l’aimer, elle n’est pas capable de me comprendre - c’est moins grave pour elle que pour moi. Son apparition, qui n’est que celle, presque normale, quoique un peu précipitée, du futur, m’attriste moins que la disparition du monde ancien, ce monde français, au sens étroit désormais, qui est celui qui m’a nourri, pour lequel j’avais été préparé, et que je trouve éteint lorsque arrivé à l’âge mûr je pouvais espérer me fondre harmonieusement en lui. Peut-être devrons-nous fonder, par nostalgie, et par désir de nous comprendre encore, une amicale des ” Vieux Français “, comme il y eut en Russie les ” Vieux Russes “… ”

Renaud Camus ; La Campagne de France

Esprit de Noël


Compréhension

A mes yeux ILYS est une sorte de salon-fumoir Second-Empire où des gentlemen en costume parlent de tout (en particulier de politique, de religion et de filles nues) et SURTOUT, évitent de se prendre trop au sérieux. - Vertumne

Déjà en l’état, l’hommage était sublime. Mais touché par la les Grâces, c’est une nouvelle vérité - certes risible pour les intéressés - qui affleure :

Ce ne sont ni les femmes voilées, ni la multiplication de mosquées qui font péter les plombs aux chrétiens purs et durs, c’est Harry Potter ou le Da Vinci Code.

Hollywood ? Y’a bon !

Puisque j’en suis venu à évoquer Kingdom of Heaven, j’en profite pour poster la harangue finale de Bailan, dont j’avais pris note pour marquer ma stupéfaction. C’est l’apothéose, d’une heure et demie, d’un subtile équilibre entre idéologie faisandée et scènes héroïcomiques. Je vous laisse vous en délecter.

Nul d’entre nous n’a pris cette ville aux musulmans. Nul musulman de la grande armée qui marche contre nous n’était né, quand cette ville tomba. Nous nous battons pour un affront qu’aucun de nous n’a infligé, contre des gens qui n’étaient pas nés, quand il fut infligé. Qu’est-ce que Jérusalem ? Vos lieux saints sont bâtis sur les ruines du temple juif, que les romains ont abattus. Les musulmans ont bâtis leurs lieux de culte sur les vôtres. Qui a-t-il de plus sacré : le Mur, la Mosquée, le Sépulcre ? Qui est légitime ? Nul n’est légitime, tous sont légitimes.

Aparté : “Il ose blasphémer !”
“Silence l’évêque !”

Nous ne défendons pas cette ville pour protéger les pierres, mais le peuple qui vit à l’intérieur de ses murailles.

Le judaïsme et l’Occident

Il ne faut pas se méprendre, on parle ici du judaïsme, pas des Juifs. Ce qui est sensiblement différent, quand une bonne partie des seconds ont vécus en Occident pendant plus de 20 siècles. En dehors de tout Etat juif constitué. En dehors de leur foyer national, comme à l’étranger, devant s’acculturer à la culture dominante pour réussir. Beaucoup se sont occidentalisés, sans pour autant perdre leur sentiment d’appartenance. Ce qui en fait une particularité.

Le plus important ici, c’est que Juifs et Musulmans ont la même origine : la péninsule arabique. Dont ils conservent chacun, à travers leurs religions distinctes de nombreux points communs, qui se rapportent à une aire culturelle originelle. Ils partagent de nombreux interdits. Et traditionnellement la religion a le même sens. Elle n’est pas reléguée à la sphère privée, pas plus aux cérémonies civiques et plus généralement aux temps importants de la vie. Non, elle règle l’ensemble de la vie dans les plus infimes détails, et constitue le système juridique. Dominé par les religieux et un code (Charia, Talmud…). En Israël, par exemple ce sont des rabbins qui tiennent certains tribunaux civils, comme ceux qui jugent du droit de la famille. Cette organisation est issue d’un compromis arraché aux laïques par les religieux. Une opposition qu’on retrouve souvent en Israël, entre Juifs occidentaux et Juifs traditionnels. En Chrétienté, c’est César qui légifère et qui juge. Savonarole finit sur le bûcher de sa vanité, comme hérétique.

Dans les deux religions, la spéculation intellectuelle et l’usage de l’intelligence se limite à une casuistique rébarbative. Où l’on prend soin par des raisonnement alambiqués, s’appuyant sur les codes, les précédents, les commentaires d’énumérer toutes les possibilités. Un rabbin faisant preuve d’intelligence se demandera, si consommer de l’eau sucrée constitue une rupture de jeûne, ou si le calamar et le bulot sont impurs. Tandis que le “théologien” musulman se demandera selon quel point cardinal il convient de déféquer. (Question que n’a pas manqué d’examiner Khomeiny, considéré comme l’un des plus grands docteurs de la foi de son temps.) Une fois encore ce qui est fondamental, c’est l’hermétisme qu’entretiennent les deux religions. Il n’y a jamais de dialogue avec le monde extérieur, les intellectuels, les grandes idées du temps ; avec le siècle. Il n’y a jamais eu d’universités dans le judaïsme, pas plus que dans l’islam. L’univers-ité ayant pour rôle de mettre en résonance les différents savoirs. Ce qui s’en rapproche le plus ce sont les médersas et les yechivah, où l’on psalmodie inlassablement les textes saints. En hochant de la tête, comme les chiens sur les plages arrière des voitures, pour les juifs orthodoxes. Aucun philosophe n’a jamais tenu le rôle d’Aristote dans le judaïsme, il n’y a pas d’interpénétration entre le sacré et le profane. Il n’y a pas de rabbin philosophe, pas plus que de rabbin scientifique. Cela n’existe pas.

Les Orthodoxes sont un magnifiques conservatoires du judaïsme. Quand ils lapident des voitures ou tabassent des passants, refusant la technologie, le savoir, ils sont tout à fait comparable aux Wahhabites, partageant le même désir dément de “pureté”. Si la plupart des juifs ne leur ressemblent en rien, c’est tout simplement qu’ils sont occidentalisés, c-a-d christianisés, grécisés, romanisés. Un juif qui pense, c’est un juif occidentalisé. Les autres ânonnent. On me répliquera que c’est un jugement caricatural, et qu’il vit un judaïsme libéral. Oui mais justement. Ce libéralisme ne provient certainement pas de l’Ancien Testament, mais d’un petit coin de Grèce.

Emotion



On ne vous présente plus Goldofaf, le jeune rappeur tradi national-révolutionnaire. D’après le mail que nous venons de recevoir, un autre jeune artiste de la même école s’est également lancé dans l’aventure !

“Fasc” vient en effet de lancer son premier clip sur youtube. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il commence en force avec une chanson relative au problème sioniste. La claque du mois ! Cela fait plaisir de voir de jeunes nationaux aussi conscients des véritables enjeux en Europe !

Le fait qu’ils choisissent le style de musique “rap” pour faire passer leur message est très intrigant. Cela témoigne de plusieurs choses : à savoir que nos milieux se sont trop longtemps accaparés le rock pour solliciter les jeunes, reléguant le rap à un son “arrieré”, pour ne pas dire “africain” … Comme si le rock était une musique nécessairement “blanche” …

Autre élément : le rap a ceci de très intéressant qu’il permet de faire passer un maximum d’idées en un minimum de temps avec une grande facilité. Faut-il rappeler que nos jeunes nationaux et catholiques n’ont accès à aucun relais médiatique et qu’il fallait bien que, tôt ou tard, certains usent de solutions aussi ultimes et jusqu’ici diabolisées par nos milieux pour pouvoir se faire remarquer ? Et cela fonctionne !

Enfin, le rap est le son le plus à la mode dans les oreilles de la jeunesse actuelle … qui est très loin d’être prête à écouter de la musique plus noble. Préférez-vous la savoir écouter du rap national-catholique ou des paroles obscènes et incitatives à la drogue ?

On attend la suite des créations de tous ces nouveaux artistes identitaires, ainsi que ceux qui sont encore à venir, avec une grande impatience !

Moi aussi, impatiemment. Tellement j’en ris. Spider-cochon peut aller se rhabiller, il ne fait pas le poids face à l’humour identitaire.

Le FN prend des couleurs

Dieudonné, les liens du baptême

Le quatrième enfant de l’humoriste, une petite fille, a été baptisé vendredi à l’église Saint-Eloi de Bordeaux par un évêque traditionaliste. Jean-Marie Le Pen, présent à la cérémonie, serait le parrain.

[...] Le plus jeune des quatre enfants de Dieudonné, une petite fille, a été baptisé vendredi, en toute discrétion, par l’abbé Philippe Laguérie, issu de cette mouvance traditionaliste, en présence de Jean-Marie Le Pen. Le président du FN serait le parrain de l’enfant. Tout comme il l’a été du fils de son ancien numéro 2, Bruno Mégret. [...]

L’essayiste Alain Soral, très proche du fantaisiste, confirme la présence du leader d’extrême droite à cette cérémonie. «C’est vrai qu’il nous en a parlé à plusieurs reprises. D’abord, nous avons cru à une plaisanterie», se désole un cadre du FN, longtemps proche de la mouvance catholique traditionaliste.

Philippe Laguérie, contraint de baptiser l’enfant de Dieudonné ? Les accointances de ce prêtre avec l’extrême droite sont anciennes. En 1996, il a célébré les obsèques du milicien Paul Touvier, qu’il décrit comme «une âme délicate, sensible et nuancée». Devant le «tribunal divin, il n’y a pas de médias ni de coups médiatiques, pas de communistes, pas de franc-maçonnerie, pas de partie civile et pas de Licra [Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme, ndlr]», déclare alors l’abbé qui se présente comme «l’avocat de Paul Touvier auprès de Dieu».

Guillaume de Tanoüarn, lui-même, a été condamné en 2003 pour provocation à la haine raciale en tant que directeur de la publication de la revue Pacte,dont Laguérie est membre du comité de rédaction. Il lui est reproché d’avoir publié un article d’un dénommé Claude Rousseau selon lequel les Maghrébins sont des «benladenistes en herbe». Les «Arabes envahissent Lutèce, Lugdunum ou Phocée, c’est la France qu’ils menacent d’étrangler». Les Juifs sont des «financiers transnationaux». Il existe une «solidarité foncière entre ces deux mondes», une «collusion d’intérêts» pour affaiblir la France.

Copinage.Quant à Dieudonné, voilà plusieurs années maintenant qu’il a entamé un flirt poussé avec l’extrême droite. Le 11 novembre 2006, il a participé à la fête des Bleu, Blanc, Rouge du FN au Bourget. Un mois plus tard, plusieurs personnalités, dont le numéro 2 du Front, Bruno Gollnisch, l’épouse du chef, Jany Le Pen, Eric Iorio, responsable de la propagande, Jean-Michel Dubois, l’organisateur des grandes manifestations frontistes, et Alain Soral, se pressaient dans le carré VIP de son spectacle au Zénith. En mars 2007, la femme du président du FN, flanquée de Jean-Michel Dubois, accompagnait le fantaisiste lors d’un voyage pseudo-humanitaire au Cameroun, son pays d’origine, pour alerter sur le sort des populations pygmées. [...]

Dans un entretien publié en avril par le mensuel d’extrême droite le Choc du mois, Dieudonné compare son destin à celui de Le Pen : «Il est la vraie droite, je suis la vraie gauche.»«Si c’est un message politique, c’est pathétique pour l’un comme pour l’autre», peste un cadre frontiste, qui dénonce «une évolution vers le national confusionnisme».

How I Met Your Mother

Après le Sex and the City lesbienne, la déclinaison de l’idée pour les hommes. How I Met Your Mother traite des relations amoureuses de Ted, qui cherche le grand amour et incidemment à se marier, et avoir deux enfants. Une série pétrie de psychanalyse, où les personnages se posent continuellement tout un tas de questions, sur leurs actes et leurs pensées, les conséquences des uns et des autres, et les conséquences des conséquences. Heureusement qu’elle est assez drôle, et que le personnage de Barney (macho et dragueur, au cœur d’artichaut) nous apporte de précieuses bouffées d’air frais.

Si elle est assez drôle au premier degré, elle l’est encore plus au second. Les scénaristes américains étant passés maître dans l’art de faire passer les pires salopes pour de braves filles. J’en tire exemple de Rose dans Titanic ou Thelma et Louise, recevables aux salopes awards.

- Ted, personnage falot, sans grande consistance pour favoriser l’identification, est appelé par Robin en pleine nuit. Elle lui propose de passer chez elle, pour tester sa nouvelle centrifugeuse. ^^ Il traverse la ville en taxi, arrive avec des fruits à centrifuger. Elle minaude, joue la sainte-nitouche. Avant de finir par lui reprocher de ne pas avoir officiellement rompu avec sa copine partie en Allemagne, ce qu’elle apprend sur son portable, pendant qu’il était aux toilettes. (sic) Alors que Robin a tout fait pour les séparer, et était au courant que sa copine allait le quitter. Sa copine le quitte d’ailleurs 10 minutes plus tard, officiellement cette fois. Robin fait la gueule à Ted, et l’oblige à s’excuser d’une chose qui ne serait jamais arrivée, si elle ne l’avait pas appelé pour goûter son “jus”.

- Ted retente sa chance avec Robin, tel un hamster qui fonce sur les grilles de sa cage encore et encore. Il récupère les clés de son appartement chez une amie, se démène pour trouver 4 musiciens avec des instruments bleus, couvrir son appartement de roses rouges, se présenter en smoking sur de la musique romantique. Tous ces efforts et cet argent pour l’inviter en week-end à Paris. Et elle de répondre, qu’elle ne peut pas répondre. Et qu’elle a prévu un camping avec un collègue, dont elle se fout. MDR.

Salope !

Mutation 3.0

Il est beaucoup question dernièrement des mères porteuses, et plus largement des modes de reproduction de plus en plus envahis par la Technique. Dame Boutin, ainsi que d’éminents blogueurs, leur opposent la Nature. La transgression de cette dernière serait une marque de décadence. Presque un coup de corne de la Bête aux ventres rebondis.

Plutarque s’était déjà essayé, il y a de cela quelques temps, à une critique naturaliste du fait de manger chair. Selon lui la nature humaine réprouverait la dégustation de carnations. L’homme serait naturellement végétarien. A la défense de sa thèse, il arguait que l’homme supporte mal la digestion des chairs, et qu’il lui faut pour la faciliter, user de cuisson. De même que, l’homme ne possède ni crocs pointus, ni griffes, ni serres acérées, ni bec crochu. Rien qui ne lui permette naturellement de chasser. On pourrait aisément lui répliquer, que l’homme ne possède non plus aucun moyen naturel de cultiver la terre, de semer, de moissonner, de greffer, de tailler. Et qui lui faut aussi, souvent cuire les végétaux et les apprêter pour les aimer et les bien digérer.

Si on veut d’un homme naturel, il lui faudrait tel chassé du jardin d’Eden, vaquer nu. Ne porter aucun vêtement, ni arme, ni outil. Se protéger de la pluie en s’abritant sous les arbres et les rocs. Se protéger du froid en s’abritant dans des terriers ou en se roulant dans les feuilles mortes. Gratter du sol quelques racines avec ses ongles, ramasser quelques baies, se nourrir d’insectes. Une vie brève, faite d’insécurité permanente. Retrouver sa condition animale. Ce que nos moralistes ne veulent en aucun cas. La nudité vous n’y pensez pas ? Et les convenances !

Nous ne sommes ni les plus forts, ni les plus rapides du monde animal. Nous ne volons même pas. Pas plus que nous ne pouvons vivre avec les poissons. Mais ce n’est pas là le talent humain. Si nous n’avons pas de griffes, de serres ou de bec. Nous les avons surpassés : par le biface, le propulseur, l’arc, le couteau, le fusil, l’aviation. Mais aussi la bêche, le sécateur, la charrue, la moissonneuse-batteuse, les OGM. Nous avons tissés des fibres végétales pour nous couvrir, domestiqués le feu et les animaux pour nous sustenter. Nous avons fait du monde un lieu art-ificiel. Dominé par l’ars : l’habileté, la connaissance.

Regardez autour de vous, plus rien n’est naturel. Ni l’ordinateur sur lequel vous nous lisez, ni les livres qui - j’espère - vous entoure, ni le bureau, pas plus que le téléphone. Ou la bouteille de whisky qui me fait de l’oeil. Ni même l’herbe sélectionnée et plantée du jardin. Ni le laurier rose si décoratif. Plus rien n’est naturel, ou si peu.

Même les seins se remplissent de silicone, les peaux sont tirées, les bourrelets vidés de leur graisse. La médecine a fait des progrès gigantesques ces dernières décennies. Il faudrait qu’on m’explique si on interdit les “bidouillages utérins”, et si on convient que les “indispositions naturelles” sont trop triviales pour être traitées, en quoi il serait plus indispensable d’installer un pacemaker à un papi, de traiter un cancer de la prostate ou de placer un prématuré en couveuse ?

Du parti de la nature : aucune raison. Ils devaient mourir, qu’ils meurent ! L’ordre naturel est respecté.

Du parti de l’intérêt général : aucune raison. Peut-être pourra-t-on consentir, en extrême limite, une dérogation au nouveau-né. Mais quel intérêt de sauver des vieillards sensibles du coeur, ou d’opérer une hanche ? Indispositions ! C’est bien là le danger, à raisonner de haut les vies humaines n’ont pas d’importance. Elles ne sont qu’un taux de perte, des espoirs gâchés.

Ce qui a de paradoxal dans cette Réaction, c’est qu’elle rejoint - par des chemins de traverses - les thèses rousseauistes. Celle du bon sauvage, pur, car débarbouillé de la civilisation et de sa corruption. Le naturel, c’est l’homme proche de la nature. Celui peu habile, qui est resté étranger à l’ars. Les causes en sont en partie différentes, chez nos Réacs : la bigoterie. Qui veut faire de la reproduction un terrain protégé, “épargné” par la science et la médecine. Pour des raisons qu’on saisit mal. Un arrière-goût de pêché originel. Le sexe et la connaissance : un grand tabou.

Aveuglés, ils ne voient pas que le fait marquant de cette mini-polémique, n’est pas tant dans la nouveauté des pratiques (il y a toujours eu des couples infertiles, et des moyens de le contourner), que la judiciarisation de nos sociétés. La loi entend tout régenter. Et les libertés reculent avec le vide juridique.

Petite dinde (2)

Ingrid Betancourt estime que le président colombien Alvaro Uribe devrait changer de vocabulaire afin d’engager un dialogue avec les Farc pour obtenir la libération des otages toujours aux mains de la guérilla marxiste.

“Je pense qu’on est arrivé au moment ou il faut changer ce vocabulaire radical, extrémiste, de haine, de mots très forts qui blessent intimement l’être humain”, a déclaré sur RFI l’ex-otage pour qui il faut donner “à l’autre l’espace de respect et de tolérance pour qu’il garde la face et pour qu’il puisse à moment donné accepter de parler avec celui qu’il haït”.

“Je veux être un soldat de cette cause”, a-t-elle expliqué, indiquant qu’une marche serait organisée le 20 juillet en Colombie pour demander la libération des otages. Elle n’y participera pas car sa famille craint pour sa sécurité et parce que les Farc “pourraient avoir envie de se venger”.

La sénatrice a par ailleurs plaidé pour une implication du président vénézuélien Hugo Chavez, qu’elle trouve “génial”, dans les négociations pour tenter de faire libérer les otages, soulignant qu’il est le seul à être écouté par les Farc.

C’est le titre du sondage. Et une fort bonne question, mais avec de mauvaises réponses.

Un tel site ne devrait pas s’inspirer d’Ilys, qui est une estafilade sur une joue, et qui aime sa marginalité. Pas plus que des autres propositions, qui sont soient marquées par un esprit blog trop impertinent, soient les tenants d’une ligne trop étriquée qui les condamnerait à une voie de garage.

Je crois qu’il devrait s’inspirer de l’initiative Coup d’Etat/Rives Droites, qu’on a expérimenté quelques semaines. L’idée était - grâce aux flux RSS - de mutualiser les blogs intéressants, pour créer un journal de droite interactif, et faire ainsi l’économie d’une équipe professionnelle. Ce fut un échec. Pour deux raisons principales :

  • Les limitations techniques ; les flux RSS sont trop limités pour un projet aussi ambitieux.

  • Et les limitations humaines ; on a été trop optimiste dans l’estimation des capacités productives de blogueurs volontaires. Avec cette formule il n’est pas possible de renouveler la page d’accueil tous les jours, et de faire des unes synchrones avec l’actualité.

C’est d’ailleurs ce qui s’est passé sur Rue89. Et c’est encore ceux qui l’ont fait, qui en parlent le mieux :

Pourquoi je veux (à nouveau) quitter Rue89

Soumis par Michel Lévy-Provençal

Fin 2006 mes camarades de Rue89 et moi faisions le même constat : le journalisme était en crise. Les blogs commençaient à devenir une alternative aux journaux traditionnels. La blogosphère allait tôt ou tard devenir plus influente que les grands medias. [...]

Le rôle de la rédaction était de privilégier les témoignages, de s’assurer que les faits et seuls les faits seraient rendus, de bannir le dogmatisme et d’animer le débat entre internautes. Le travail des journalistes devait se limiter à sélectionner les meilleurs contenus émanants d’experts, d’amateurs (souvent de blogueurs) et d’internautes pour fabriquer un journal d’un nouveau genre. En somme un projet d’interêt public.

Il m’a semblé dès le début que mes camarades journalistes tombaient dans les anciens pièges, cédaient à leurs vieux réflexes. Dès la semaine qui a suivi le lancement du site je leur faisais part de mon étonnement de voir Rue89 se transformer en un journal d’opposition constitué presque exclusivement d’articles ou d’éditos émanants de la rédaction ou d’amis de la rédaction, souvent journalistes. La logique de castes perdurait, seul un détail changeait sur la forme : l’édito devenait billet de blog… Tous les jours depuis des mois je me désole de voir disparaitre les contributions de non journalistes sur le site. Je m’amuse souvent à compter le nombre de papiers qui n’émanent pas de la rédaction ou du sérail journalistique. Hier (le 19 février) par exemple, sur la quinzaine d’articles en “une”, un seul était issu d’un non professionnel de l’information. Le site en est arrivé jusqu’à faire la promotion des “blogs” de la rédaction.

Critique d’un actionnaire qui ne voit pas comment un site qui a fini par être aussi marqué politiquement alors qu’il se voulait un lieu de débat libre, constructif, intelligent, un espace ouvert, pourra un jour prétendre être un média reconnu pour son indépendance. Et enfin critique d’un cofondateur qui voit cette idée originale de “l’Info à trois voix” (la voix des experts, des internautes et des journalistes) n’être aujourd’hui qu’une caution, un slogan vide de sens.

 

Pour retrouver l’article dans son intégralité

On touche le fond du problème : l’argent. Pas de révolution sans or. Pour avoir un contenu mis à jour continuellement, des articles intéressants en nombre suffisants, il faut s’y consacrer exclusivement : salarier une équipe et monnayer des intervenants réguliers. J’ai noté sur Rue 89, 5 sources de revenu : un encart publicitaire rebaptisé “liens sponsorisés”, la vente de t-shirt et autre merchandising, les dons (ce qu’ils appellent les riverains), la revente des emails, et la “conception de sites web, revente de contenus”, hébergement de blogs. Ils sont à l’abri du besoin, puisque “l’un des principaux bailleurs de fonds est la société Hi-Media, qui a apporté 300 000 euros au capital [27/06/08] et devient la régie publicitaire de Rue89.”

La monétisation d’audience, n’est pas seulement relative à la fréquentation du site (Rue 89 déclare 600.000 visiteurs uniques par mois, pour 500 000 euros de CA ; ce qui proportionnellement à leur médiatisation est assez médiocre.), mais aussi à la compétence reconnue au site et au public touché. Ainsi “si vous avez une audience moyenne, mais que vous disposez en interne d’une bonne compétence sur le sujet, vous pouvez vendre très chère votre pub, en utilisant le niveau de qualification de vos utilisateurs (vendre du CSP+ à la louche est plus intéressant que de vendre de l’internaute lambda à la tonne). Au final, quand vous comparez avec du adsense google, les écarts sont assez énormes.” Rue 89, étant l’émanation du système, il peut aussi s’enorgueillir de profiter des publicités institutionnelles, comme celles de l’Institut National du Cancer. Sans compétence reconnue, il est impossible de “conclure de deal sérieux avec une régie publicitaire, c’est une condamnation à gagner quelques piécettes là où d’autres bâtissent des business model audacieux.”

On revient à l’idée de Coup d’Etat/Rives Droites. Dont l’objectif était de créer un journal de droite modérée, avec une image proprette, qui aurait pu être lu aussi bien par nos publics, que par les électeurs de Sarkozy. Une ligne plutôt consensuelle, avec des pages opinion plus tranchées pour émoustiller le sarkoziste sans le faire fuir. Un site qui tiraille l’UMP vers sa droite, gentiment. Avec des retombées publicitaires prévisibles. Je crois que c’est la seule voie possible.

Un clip offert par Le CGB, qui fait décidément très fort.


Pas touche

(malheureusement)

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