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Les articles de Vae Victis:
Le héros du jour
Le 10/09/09 à 14:48 par Vae Victis
Pour échapper à la garde à vue… il annonce qu’il est atteint de la grippe A
La grippe A est à la Une des médias. Dans les entreprises, le sujet est dans toutes les conversations. Les écoles ferment les unes après les autres… Alors, pourquoi ne pas profiter de la situation ?
C’est dans ce contexte que lundi soir, un homme placé en garde à vue au commissariat de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), pour une affaire d’escroquerie, a affirmé aux policiers qu’il était atteint du virus H1N1.
Quelques heures après son hospitalisation, mardi matin, le “grippé” a été découvert en train de faire des pompes dans sa chambre. Auparavant, les médecins ne lui avaient trouvé aucun symptôme de grippe.
L’homme a été mis en examen pour escroquerie : pas pour la fausse grippe, mais plus sérieusement pour avoir abusé des personnes en collectant des fonds pour les enfants d’Afrique.
Mozart en couleurs
Le 06/08/09 à 23:03 par Vae Victis
« Quand avez-vous décidé d’essayer concrètement cette nouvelle substance ?
En 1951, chez Hofmann à Bottmingen, un faubourg de Bâle. Pour parer à toute éventualité, Hofmann avait fait venir un de ces amis médecin. Ce fut une expérience harmonieuse, pleine de couleurs accompagnées par la musique transfigurée et amplifiée de Mozart. Je me souviens surtout de la spirale de fumée qui montait du bâtonnet d’encens allumé par Hofmann et qui ondoyait dans l’air – un souvenir que j’ai décrit dans Visite à Godenholm.Quelles impressions avez-vous retirées de ces premiers “voyages” ?
A vrai dire, j’avais déjà essayé d’autres drogues, et en particulier, une fois, avec Klett, mon éditeur, j’avais expérimenté les effets d’une forte dose de mescaline. En comparaison, ma première expérience avec le LSD ne fut pas particulièrement intense, car aussi, par précaution, nous n’en avions absorbé qu’une quantité minime. Mais mon impression changea au cours des fois suivantes, qui furent d’une intensité croissante. Le dernier voyage avec Hofmann, nous le fîmes chez lui, en février 1970, toujours au son de la musique de Mozart, un concerto pour flûte et harpe. Ce fut une altération très profonde de notre conscience, dont, je m’en souviens, j’eus l’impression de revenir avec l’âme de quelqu’un qui a parcouru un sentier dangereux.Ernst Jünger. Les prochains Titans.
De la fausse rationalité
Le 19/07/09 à 0:10 par Vae Victis
On entend souvent qu’il faudrait restreindre la croissance, car nous vivrions dans un monde fini aux ressources limitées. Cela tombant sous le sens. Si les ressources sont limitées, alors il faut en user avec précaution, et donc limiter notre développement.
Sauf que la prémisse de départ est doublement fausse. Le monde n’est pas fini, il est en expansion. Nous venons de célébrer les 40 ans du premier pas sur la lune. Sans nous aventurer à prédire quel sera l’avenir de l’homme dans l’espace, nous pouvons nourrir l’espoir que nous trouverons les moyens d’exploiter les ressources qu’il contient.
Car leur limitation est relative. A un niveau de développement technique. C’est toute l’histoire des rendements agricoles, qui n’ont cessés de croître au cours des siècles, malgré les prédictions catastrophées de Malthus. De même pour le pétrole. Les réserves étant dépendantes des techniques d’extraction, mais aussi du prix de vente. Les réserves augmentant en même temps que le prix de vente, car elles sont déterminées par la rentabilité. Ce qui est vrai pour les céréales et les hydrocarbures l’est pour presque toutes les ressources.
La fausse rationalité ne prend jamais en compte l’intelligence de l’homme, sa capacité à résoudre les problèmes qui se posent à lui, et à trouver des solutions pour améliorer son quotidien. Mais elle est surtout défaitiste, dans le sens où elle souhaite la défaite. Car si nous devons admettre que les ressources puissent être limitées dans un contexte donné, voire dans l’absolu pour certaines, c’est toujours la loi du plus fort qui prime. Lorsque la pénurie frappe, celui qui est capable d’officier au partage, c’est encore celui qui peut lâcher les tapis de bombes.
Dans un monde fini aux ressources limitées, il est d’autant plus nécessaire de hâter de son développement, de doper sa croissance, de stimuler son intelligence et sa créativité dans les armes de destruction, pour s’approprier ces ressources.
Pourquoi tant d’empressement à saper notre effort de guerre ?
Gastronomie
Le 12/07/09 à 0:34 par Vae Victis
De la sécurité alimentaire au XVIème siècle
Le 20/04/09 à 19:33 par Vae Victis
Pourquoi les ouvriers de Caterpillar, et des autres secteurs de l’économie devenue folle, dénués de tout sens existentiel, survivants grâce aux antidépresseurs, nourris de TF1 et du journal du hard de Canal+, gavés de football, pourris par une nourriture malsaine et irradiée achetée à Carrefour, sont beaucoup plus aliénés que leurs parents et grands-parents qui bénéficiaient de 80 jours chômés avant la Révolution française sans compter les fêtes locales, d’un mode de vie non soumis aux cadences infernales, entourés de leurs femmes et leurs enfants, baignant dans une existence ponctuée par les cérémonies de l’Eglise et orientée vers la vie de l’âme, mourrant au terme de leurs jours, heureux de rejoindre le Ciel et en paix avec leur cœur.
Hadrien, fin observateur du monde
Voilà pourquoi il faut être armé
Le 05/02/09 à 10:39 par Vae Victis
Staline, le plus grand stratège du XXème siècle
Le 20/01/09 à 22:49 par Vae Victis
Discours de I. V. Staline au Plenum du Politburo du Comité Central du Parti Communiste Panrusse Bolchevique le 19 août 1939.
Texte découvert par T. S. Bouchtchevoï dans les archives spéciales de l’URSS (Centre de dépôt de la Collection historico-documentaire des anciennes archives spéciales de l’URSS, F7, op 1, d. 1223) (version allemande traduite par F. Guillaumat).
La question de la guerre ou de la paix entre dans une phase qui pour nous est critique. Si nous concluons le traité d’assistance mutuelle avec la France et la Grande-Bretagne, l’Allemagne renoncera à la Pologne et recherchera un modus vivendi avec les puissances occidentales. La guerre sera écartée, mais par la suite les événements pourront prendre un caractère dangereux pour l’URSS. Si nous acceptons l’offre de l’Allemagne pour la conclusion d’un pacte de non-agression, elle attaquera naturellement la Pologne et l’entrée de la France et de la Grande-Bretagne dans cette guerre deviendra inévitable. L’Europe de l’Ouest sera prise dans des troubles et des désordres sérieux. Dans ces conditions, nous aurons de grandes chances de rester en dehors du conflit, et nous pouvons espérer une entrée en guerre favorable pour nous.
L’expérience des 20 dernières années montre qu’en temps de paix le mouvement communiste en Europe n’a aucune chance d’être assez fort pour prendre le pouvoir. La dictature d’un parti communiste ne peut être envisageable que comme résultat d’une grande guerre. Nous allons prendre notre décision et celle-ci est sans équivoque. Nous devons accepter la proposition allemande et renvoyer poliment la mission franco-anglaise. Le premier avantage que nous nous assurerons sera la prise de la Pologne jusqu’aux portes de Varsovie, y compris la Galicie ukrainienne.
L’Allemagne nous réserve la pleine liberté d’action dans les Etats baltes et n’élève aucune objection au retour de la Bessarabie dans l’URSS. Ils (les Allemands) sont prêts à nous abandonner la Roumanie, la Bulgarie et la Hongrie à titre de sphère d’influence. Demeure ouverte la question yougoslave… En même temps nous devons prendre en considération les conséquences aussi bien d’une défaite que d’une victoire de l’Allemagne. En cas de défaite de l’Allemagne s’ensuivra inéluctablement la soviétisation de l’Allemagne et la création d’un gouvernement communiste. Nous ne devons pas oublier non plus qu’une Allemagne soviétisée sera en grand danger, au cas où cette soviétisation se présenterait comme la conséquence d’une défaite-éclair. L’Angleterre et la France disposeraient encore de forces suffisantes pour s’emparer de Berlin et empêcher une Allemagne soviétique, et nous ne serions pas en mesure de venir en aide à nos camarades de Berlin.
Ainsi, notre tâche consiste à faire en sorte que l’Allemagne mène une guerre la plus longue possible, de sorte que l’Angleterre et la France soient à tel point épuisées qu’elles ne soient plus à même de représenter une menace pour une Allemagne soviétique. Pendant que nous conserverons une position de neutralité en attendant notre heure, l’URSS accordera à l’Allemagne actuelle une aide qui lui fournira matières premières et ravitaillement. Mais il va de soi que notre aide dans ce sens ne doit pas dépasser un ordre de grandeur tel qu’il puisse entamer notre propre économie ou affaiblir la capacité offensive de notre armée.
En même temps, nous devons mener une propagande communiste active, en particulier dans le bloc franco-anglais et avant tout en France. Nous devons être préparés à ce que, dans ces pays, le Parti soit contraint d’abandonner ses activités légales et de passer dans la clandestinité. Nous sommes bien conscients du fait que ce travail exigera beaucoup de victimes, mais nos camarades français n’auront aucune hésitation. Feront partie de ces tâches la décomposition et la démoralisation de l’Armée et de la défense. Lorsque cette activité préparatoire aura été menée à bien comme il se doit, la sécurité de l’Allemagne soviétique sera assurée, et cela sera à son tour favorable à une soviétisation de la France.
Pour la réalisation de ces plans, il est indispensable de prolonger la guerre le plus longtemps possible, et c’est dans ce sens précis que l’on doit orienter toutes les forces avec lesquelles nous agirons en Europe occidentale et dans les Balkans.
Considérons maintenant une deuxième hypothèse, à savoir une victoire de l’Allemagne. Certains ont présenté le point de vue selon lequel cette éventualité nous mettrait en grand danger. Il y a un petit quantum de vérité dans cette affirmation, mais ce serait une erreur de croire que ce danger doive être si proche et si grand que certains se le représentent. Si l’Allemagne l’emporte, elle sortira de la guerre trop affaiblie pour s’engager dans un conflit militaire qui durerait au moins dix ans.
Le souci principal de l’Allemagne sera de surveiller les Etats vaincus de l’Angleterre et de la France. D’un autre côté, une Allemagne victorieuse s’emparera de territoire immenses et sera de ce fait occupée pendant des années à leur “mise en valeur” et à l’installation de l’ordre allemand. Il est évident que l’Allemagne sera trop occupée ailleurs pour se retourner contre nous. Il y a encore autre chose qui sert notre sécurité. Dans la France vaincue, le PCF sera très puissant. La révolution communiste se produira immanquablement et nous pourrons alors exploiter cette circonstance pour venir au secours de la France et en faire notre alliée. En outre, tous les peuples tombés sous la “protection” de l’Allemagne victorieuse deviendront de même nos alliés. Nous avons devant nous un large champ d’action pour développer la Révolution mondiale.
Camarades ! C’est l’intérêt de l’URSS, de la Patrie des Travailleurs, que la guerre éclate entre le Reich et le bloc capitaliste franco-anglais. On doit tout faire pour que celle-ci dure le plus longtemps possible avec pour but d’affaiblir les deux côtés. C’est pour ces raisons que nous devons en priorité approuver la conclusion du pacte proposé par l’Allemagne, et travailler pour que cette guerre, qui sera déclarée dans quelques jours, soit menée dans l’étendue de temps la plus longue possible. Il est donc nécessaire de renforcer le travail de propagande dans les pays qui y seront entrés, afin qu’ils soient prêts pour la période d’après-guerre…
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L’analyse est brillante, d’une remarquable lucidité. Nous sommes en août 1939, et ce discours présage tous les évènements à venir des six prochaines années de guerre. Sauf un seul, qui ne permettra pas l’entière réussite du plan : l’entrée en guerre des Etats-Unis, imprévisible jusqu’à Pearl Harbor.
L’homme qui aura déclaré la guerre à un mot
Le 18/01/09 à 18:09 par Vae Victis
On pourrait en parler longuement, mais le temps me manque. J’essayerai donc d’être bref.
Je ne retiendrai qu’une chose de George W. Bush, qui à mon sens définit le personnage, et qui reste son œuvre majeure : “la guerre contre le terrorisme”. En vérité, huit ans après que cette formule énigmatique ait été prononcée pour la première fois, je ne comprends toujours pas ce qu’elle peut signifier.
Qu’est-ce que le terrorisme ? C’est un moyen, une façon particulière de faire la guerre, qui vise à briser le moral de l’ennemi. “La guerre contre le terrorisme” revient à déclarer la guerre à la guerre. A faire la guerre à un concept. Finalement à déclarer la guerre à un mot. Bush n’aura pas eu le courage de désigner l’ennemi. Il s’en sera inventé un. Un ennemi politiquement correct, entièrement négatif, car le terrorisme vise avant tout des civils, et agit par complot dans l’obscurité.
Certes il n’aurait pu faire la guerre à l’Islam. Le morceau est trop gros. Et cela aurait été injuste. Mais le Wahhabisme était tout désigné. Les ennemis n’étaient pas plus Afghans qu’Irakiens, mais Saoudiens. L’Arabie-Saoudite est le principal exportateur de guerre sainte, en Afrique noire, en Europe, en Asie, en Chine même. L’argent saoudien sert à financer des mosquées, à exporter la doctrine de Wahhâb, à repousser les frontières du Dar al-Islam. Mais on sait aussi que les pétrodollars inondent Washington. Et que depuis 1945 et la visite de Roosevelt à Ibn Seoud, qui marque les débuts de la décolonisation (cette fois au détriment des Anglais), les USA assurent la protection de la fragile dynastie, en échange de l’implantation de sociétés pétrolières américaines. Pour la première fois, un pays occidental acceptait que des pouilleux perçoivent une rente indue, au motif qu’ils habitaient sur place. Pourtant c’est l’Occident qui a prospecté la région et découvert les gisements. C’est l’Occident qui les a exploité avec sa technologie. Et encore plus fondamentalement, c’est l’Occident qui a trouvé un débouché à ce qui n’était jusqu’alors que de la naphte inutile. A la même époque Dubaï n’était qu’un bled désolé, avec son marché à même le sol, où s’amassaient des poissons à moitié dévorés par les mouches.
Mais Roosevelt était encore supérieur à Bush. Aussitôt après Pearl Harbor, pour circonscrire l’ennemi intérieur, il a interné des milliers de Japonais présents sur le sol américain. Bush n’aura pas même expulsé les Musulmans. Il leur a multiplié les caresses et les signes d’apaisement. L’Arabie-Saoudite et les autres émirs du Golfe continuent de s’enrichir de notre travail, et à exporter le djihad.
Toute une nation criant vengeance, des médias au garde-à-vous, une opposition redoublant de patriotisme revanchard, la première puissance mondiale. Et la seule chose que Bush en aura faite, c’est de la perdre dans les montagnes d’Afghanistan, laissant s’échapper l’ennemi haï. Avant de s’attaquer à ce brave Saddam Hussein, déjà à terre. Une guerre à crédit, inutile et coûteuse, contre un tyran oriental n’ayant jamais menacé l’Occident d’aucune façon. Stiglitz l’évalue à 1000 milliards de dollars de dépenses directes. Tout ça pour Saddam Hussein… En 1991, Bush père à dessein n’avait pas pris Bagdad. Il savait que la ville était ouverte, que le pouvoir tomberait aisément, mais qu’ensuite il faudrait gouverner l’Irak. Et lorsqu’on entreprend de gouverner un pays, toujours au bord de la guerre civile, sans user des méthodes de Saddam Hussein, il faut des moyens gigantesques.
Aucun des objectifs n’aura été atteint. L’Afghanistan après 8 ans de guerre n’est toujours pas pacifié, ni en voie de l’être. L’Irak est un bordel qui s’enfonce dans la guerre interconfesionnelle, ce qui n’est pas si mal. Ben Laden est introuvable, peut-être mort de maladie. Et plus grave, Bush a gaspillé la colère des Américains. Les éloignant – je crois – pour longtemps des expéditions guerrières. Il les a fatigué au point d’élire un président noir à demi-étranger, portant le doux prénom d’Hussein.
“La guerre contre le terrorisme”, comme la “démocratisation du Moyen-Orient” sont des slogans. Les Occidents ne raisonnent plus que par slogans et par concepts. Il n’y a plus d’hommes, il y a l’Homme. Et Bush en aura été le jouet. Incapable de raisonner autrement que dans une publicité, et de fixer des buts de guerre réalistes, il aura engagé son pays dans une entreprise futile et sans lendemain. Il a du croire sincèrement qu’il ferait la synthèse entre Orient et Occident, que seule la démocratie manquait à l’Irak. Et que le pays, comme la région se pacifieraient par l’économie de marché et la démocratie, apportant développement et stabilité. Oubliant par-là même l’histoire de son pays.
Et je crois qu’il a parfaitement compris la submersion ethnique de l’Occident. Ses électeurs le lui rappelle constamment. Il a simplement choisi la voie de la lâcheté. La voie démocratique.
La pétarade de Gaza
Le 11/01/09 à 11:11 par Vae Victis
Parait-il qu’il y aurait une guerre à Gaza.
800 morts en 15 jours de bombardements. A croire qu’ils les bombardent avec des fraises Tagada.
Encore qu’il faille rester prudent. Car ces chiffres sont colportés par le Hamas, qui a tout intérêt à gonfler le nombre des victimes. La propagande supplée aisément à quelques régiments. Mais même en l’état, ils sont absolument ridicules. Rio ou Johannesbourg sont plus dangereuses que la bande de Gaza. Preuve, s’il en était encore besoin, que les Israéliens usent de la force avec la plus extrême modération.
Mais cette retenue ne suffit pas à tarir les larmes des pleureuses. Tous partis confondus. De l’extrême-gauche aux nationalistes les plus durs. Tous – ou presque – blâment les Israéliens de la disproportion des moyens engagés. Humour involontaire. Une guerre n’est pas une joute.
Et personne pour se poser cette question pourtant très simple : Pourquoi le Hamas envoie-t-il des “roquettes” sur Israël ? C’est militairement insignifiant. Ça fait juste du bruit. Et presque par accident, parfois quelques morts. Plus jeune, j’en faisais des quasi identiques, en plus petit et sans explosif. Non, le Hamas ne peut pas penser faire quelque mal à Israël, avec des armes aussi rudimentaires.
Alors quel est le but du Hamas ? Je crois que comme avant lui celui du Fatah – quand Yasser jouait au respectable, tout en envoyant des kamikazes se faire sauter dans des bus – leur objectif est de maintenir la population dans la guerre. L’encaserner, en suscitant par tous les moyens une réponse israélienne. Qui ne peut qu’arriver. Car on ne laisse pas bombarder sa population – même avec ces trucs – sans réagir. In fine ce qu’ils veulent c’est la victoire finale, et la disparation d’Israël. Entretenir la haine. Faire perdurer le conflit, avec comme horizon, le grand bain de sang juif. Et ne pouvant l’obtenir, le Hamas virera comme le Fatah en mouvement maffieux. La lutte armée sans perspectives politiques dégénère toujours ainsi. En Corse, comme en Irlande, comme partout ailleurs.
Car si les Palestiniens ne voulaient qu’un bout de terrain, en prenant en compte l’état des forces en présence (c’est-à-dire pas de droit au retour, pas de Jérusalem), la paix ils l’auraient fait au début des années 90. Mais ils n’en veulent pas. Ce qui fait bien les affaires des faucons Israéliens, qui peuvent les étrangler à loisir, accroître la superficie des colonies, réduire comme peau de chagrin leur espace vital. L’irresponsabilité de ses dirigeants fait le malheur de tout un peuple. Car déclencher un conflit n’est légitime, que si on pense en obtenir des avantages. Alors là oui, on peut envoyer des kamikazes, se cacher derrière des gamines, ou ce que vous voulez, – ce ne sont que des modalités, des moyens – ce qui compte c’est le résultat.
Mais si Israël est militairement fort, il est moralement faible. En témoigne Haaretz, qui demandait l’arrêt des opérations après que trois (3 !) soldats soient tombés. Israël s’était désengagé de la bande de Gaza, du sud Liban, avait relâché le bouclage de la Cisjordanie. C’était certainement l’occasion de leur faire miroiter une paix définitive en échange de concessions. Quitte à nourrir la revanche dans l’ombre, patiemment et obstinément. A la place de quoi, ils ne font que démontrer aux Israéliens, que baisser leur garde et leur lâcher la moindre parcelle de territoire, ne fait que les mettre en danger. Mauvaise pédagogie.
C’est une situation absurde que celle-ci, où un mouvement para-étatique pratique une guérilla à distance, contre une puissance non-occupante. Et réactive un conflit, qu’elle est totalement incapable de mener, en comptant sur la sollicitude de ses ennemis, pour ne pas être trop durement frappé. Pendant que dans le même temps, le ballet diplomatique condamne l’Etat attaqué, à qui on refuse le droit de défendre ses citoyens. Lui reprochant, entre autre, de s’être mieux développé que ses voisins, et de disposer d’un meilleur armement, et de mieux savoir s’en servir.
Le conflit va durer. Car les Israéliens ne génocideront jamais les Palestiniens, pas plus qu’ils ne peuvent aujourd’hui admettre l’idée de les déporter. Ce que tout peuple non-occidental aurait fait depuis bien longtemps, compte tenu des forces en présence. Les Israéliens sont intoxiqués par leur propre histoire, qui nous empoisonne de la même façon. Et fondamentalement les alliés d’Israël, comme ses habitants, acceptent le principe d’un conflit de basse intensité permanent, dû à la cohabitation subie entre cultures et ethnies. Ni paix, ni guerre totale, mais des enclaves occidentalisées entourées de bidonvilles. C’est le monde qui s’ouvre à nous. Et c’est en ce sens que nous sommes proches des Israéliens.
Bug
Le 05/01/09 à 20:24 par Vae Victis
A l’origine, j’avais cru à quelques dysfonctionnements du langage. A quelques cas isolés, étrangers aux règles élémentaires du débat. Le manque d’expérience me poussant à la faute, n’ayant hors communauté, que peu l’occasion de pratiquer la conversation argumentée.
Mais l’accumulation aidant, j’ai dû me rendre à l’évidence. La similitude était frappante. Après le premier raisonnement logique qui portait, les mêmes mots répétés : “C’est abusé, c’est abusé.” Le cerveau bugguait, ne parvenant plus à expliquer ses contradictions. “C’est abusé.” Et puis ça s’accentuait à chaque nouvel argument. “C’est abusé, c’est abusé.” Comme un disque rayé.
Je changeais de sujet, sans insister. Le moment suspendu prenait fin. Mes interlocuteurs regagnant la sécurité de leurs opinions.
La France s’en est allée
Le 01/01/09 à 21:00 par Vae Victis
Via Nono, et par Flammande sur Fds
« La mélancolie “historique” est bien la dernière dont j’eusse cru, enfant, que je puisse être un jour affecté. Eussé-je vécu dans un pays heureux, dans un pays vivant une phase heureuse de son histoire, je ne m’en fusse probablement même pas aperçu, je n’eusse pas songé à m’en réjouir. Je me serais dit que les destins individuels sont tout ce qui compte, que l’important est de faire sa vie en y mettant autant de talent et d’énergie qu’on le peut, que la tâche essentielle est de construire son bonheur individuel ou à tout le moins son destin. De même, je n’eusse probablement même pas songé à être français. Ce n’est pas ma pente naturelle. Je suis aussi peu chauvin qu’il est possible, j’aime autant ou plus les arts, les cultures et les paysages d’autres nations que ceux de la mienne et, si un choix objectif m’avait été offert, j’eusse sans douté préféré être anglais, ou écossais, les tempérament nationaux d’outre-Manche, si différents qu’ils soient l’un de l’autre, me semblant mieux accordés au mien que celui de cette rive-ci. N’empêche : qu’on prétende m’empêcher d’être français, ou qu’on veuille me forcer à l’être d’une façon aussi totalement déculturée, affadie, désolante que celle qui a cours aujourd’hui parmi nous, cela m’a donné le goût et la conscience de l’être vraiment, ne serait-ce que par dignité, ou par esprit de contradiction, ce qui est souvent la même chose. Et ce goût ne pouvait être qu’un goût mélancolique, cette conscience une conscience malheureuse. Comme l’amour des paysages et l’amour de la langue, l’amour de la France, aujourd’hui, ne saurait être qu’une longue tristesse. Être citoyen d’un pays qui meurt, et qui meurt aussi salement, aussi bêtement, aussi bassement, je ne sais pas comment on pourrait ne pas en souffrir.
« Des deux catastrophes qui se sont abattues en même temps sur mon pays, l’effondrement de sa culture par l’effet de l’égalitarisme social, du prétendu “enseignement de masse” et de la dictature de la petite bourgeoisie, et d’autre part la dissolution d’un peuple au profit d’un autre ou de plusieurs autres, sur le territoire national, je ne sais pas laquelle m’affecte davantage. À la vérité elles ne sont guère séparables. L’une était la condition de l’autre. L’autre était seule à même de parachever l’une. »
Renaud Camus
Via Nono, et par Le Réactionnaire Authentique
” Je pense que la société métissée va vaincre, qu’elle a pour une grande part déjà vaincu. Je pense que la France sera bientôt un quartier comme un autre du village universel, avec, pour mettre les choses au mieux, un dosage ethnique et culturel peut-être original. De même qu’ont été progressivement et plus ou moins heureusement intégrés les juifs, beaucoup moins étrangers toutefois à notre culture ancienne, de même seront intégrés les musulmans, les Arabes et les Noirs. Mais ils ne seront pas intégrés aux Français de souche, et les Français de souche ne seront pas intégrés à eux : tous seront intégrés ensemble à une société et peut-être une civilisation qui est en train de naître sous nos yeux, et que nous voyons déjà à l’oeuvre dans les banlieues, les lycées, les discothèques et les films publicitaires.”
” Cette société est pour moi sans charme, et certes réciproquement. Je ne suis pas capable de l’aimer, elle n’est pas capable de me comprendre – c’est moins grave pour elle que pour moi. Son apparition, qui n’est que celle, presque normale, quoique un peu précipitée, du futur, m’attriste moins que la disparition du monde ancien, ce monde français, au sens étroit désormais, qui est celui qui m’a nourri, pour lequel j’avais été préparé, et que je trouve éteint lorsque arrivé à l’âge mûr je pouvais espérer me fondre harmonieusement en lui. Peut-être devrons-nous fonder, par nostalgie, et par désir de nous comprendre encore, une amicale des ” Vieux Français “, comme il y eut en Russie les ” Vieux Russes “… ”
Renaud Camus ; La Campagne de France
Esprit de Noël
Le 22/12/08 à 3:16 par Vae Victis
Compréhension
Le 30/11/08 à 14:54 par Vae Victis
A mes yeux ILYS est une sorte de salon-fumoir Second-Empire où des gentlemen en costume parlent de tout (en particulier de politique, de religion et de filles nues) et SURTOUT, évitent de se prendre trop au sérieux. – Vertumne
Déjà en l’état, l’hommage était sublime. Mais touché par la les Grâces, c’est une nouvelle vérité – certes risible pour les intéressés – qui affleure :
Ce ne sont ni les femmes voilées, ni la multiplication de mosquées qui font péter les plombs aux chrétiens purs et durs, c’est Harry Potter ou le Da Vinci Code.
Hollywood ? Y’a bon !
Le 16/11/08 à 23:03 par Vae Victis
Puisque j’en suis venu à évoquer Kingdom of Heaven, j’en profite pour poster la harangue finale de Bailan, dont j’avais pris note pour marquer ma stupéfaction. C’est l’apothéose, d’une heure et demie, d’un subtile équilibre entre idéologie faisandée et scènes héroïcomiques. Je vous laisse vous en délecter.
Nul d’entre nous n’a pris cette ville aux musulmans. Nul musulman de la grande armée qui marche contre nous n’était né, quand cette ville tomba. Nous nous battons pour un affront qu’aucun de nous n’a infligé, contre des gens qui n’étaient pas nés, quand il fut infligé. Qu’est-ce que Jérusalem ? Vos lieux saints sont bâtis sur les ruines du temple juif, que les romains ont abattus. Les musulmans ont bâtis leurs lieux de culte sur les vôtres. Qui a-t-il de plus sacré : le Mur, la Mosquée, le Sépulcre ? Qui est légitime ? Nul n’est légitime, tous sont légitimes.
Aparté : “Il ose blasphémer !”
“Silence l’évêque !”Nous ne défendons pas cette ville pour protéger les pierres, mais le peuple qui vit à l’intérieur de ses murailles.
Le judaïsme et l’Occident
Le 15/11/08 à 11:48 par Vae Victis
Il ne faut pas se méprendre, on parle ici du judaïsme, pas des Juifs. Ce qui est sensiblement différent, quand une bonne partie des seconds ont vécus en Occident pendant plus de 20 siècles. En dehors de tout Etat juif constitué. En dehors de leur foyer national, comme à l’étranger, devant s’acculturer à la culture dominante pour réussir. Beaucoup se sont occidentalisés, sans pour autant perdre leur sentiment d’appartenance. Ce qui en fait une particularité.
Le plus important ici, c’est que Juifs et Musulmans ont la même origine : la péninsule arabique. Dont ils conservent chacun, à travers leurs religions distinctes de nombreux points communs, qui se rapportent à une aire culturelle originelle. Ils partagent de nombreux interdits. Et traditionnellement la religion a le même sens. Elle n’est pas reléguée à la sphère privée, pas plus aux cérémonies civiques et plus généralement aux temps importants de la vie. Non, elle règle l’ensemble de la vie dans les plus infimes détails, et constitue le système juridique. Dominé par les religieux et un code (Charia, Talmud…). En Israël, par exemple ce sont des rabbins qui tiennent certains tribunaux civils, comme ceux qui jugent du droit de la famille. Cette organisation est issue d’un compromis arraché aux laïques par les religieux. Une opposition qu’on retrouve souvent en Israël, entre Juifs occidentaux et Juifs traditionnels. En Chrétienté, c’est César qui légifère et qui juge. Savonarole finit sur le bûcher de sa vanité, comme hérétique.
Dans les deux religions, la spéculation intellectuelle et l’usage de l’intelligence se limite à une casuistique rébarbative. Où l’on prend soin par des raisonnement alambiqués, s’appuyant sur les codes, les précédents, les commentaires d’énumérer toutes les possibilités. Un rabbin faisant preuve d’intelligence se demandera, si consommer de l’eau sucrée constitue une rupture de jeûne, ou si le calamar et le bulot sont impurs. Tandis que le “théologien” musulman se demandera selon quel point cardinal il convient de déféquer. (Question que n’a pas manqué d’examiner Khomeiny, considéré comme l’un des plus grands docteurs de la foi de son temps.) Une fois encore ce qui est fondamental, c’est l’hermétisme qu’entretiennent les deux religions. Il n’y a jamais de dialogue avec le monde extérieur, les intellectuels, les grandes idées du temps ; avec le siècle. Il n’y a jamais eu d’universités dans le judaïsme, pas plus que dans l’islam. L’univers-ité ayant pour rôle de mettre en résonance les différents savoirs. Ce qui s’en rapproche le plus ce sont les médersas et les yechivah, où l’on psalmodie inlassablement les textes saints. En hochant de la tête, comme les chiens sur les plages arrière des voitures, pour les juifs orthodoxes. Aucun philosophe n’a jamais tenu le rôle d’Aristote dans le judaïsme, il n’y a pas d’interpénétration entre le sacré et le profane. Il n’y a pas de rabbin philosophe, pas plus que de rabbin scientifique. Cela n’existe pas.
Les Orthodoxes sont un magnifiques conservatoires du judaïsme. Quand ils lapident des voitures ou tabassent des passants, refusant la technologie, le savoir, ils sont tout à fait comparable aux Wahhabites, partageant le même désir dément de “pureté”. Si la plupart des juifs ne leur ressemblent en rien, c’est tout simplement qu’ils sont occidentalisés, c-a-d christianisés, grécisés, romanisés. Un juif qui pense, c’est un juif occidentalisé. Les autres ânonnent. On me répliquera que c’est un jugement caricatural, et qu’il vit un judaïsme libéral. Oui mais justement. Ce libéralisme ne provient certainement pas de l’Ancien Testament, mais d’un petit coin de Grèce.



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