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Les articles de SK:
Le CRAN est laxiste
Le 12/03/10 à 10:02 par SK
Dans un rapport remis au ministère de l’Intérieur, le Conseil représentatif des Associations noires préconise la création d’un ministère de la Diversité, d’un conseil national des élus de la diversité, ainsi que d’un Observatoire national du racisme, et suggère de mettre en place des statistiques de la diversité anonymes, auto-déclaratives et facultatives.
L’association propose également d’imposer la prise en compte de la diversité dans la notation des entreprises, de conditionner les aides publiques et les marchés publics à l’obtention d’un label Diversité et de promulguer les décrets d’application sur le curriculum-vitae anonyme.
Il appelle, aussi, de ses vœux un nouveau découpage électoral qui tiendrait compte des zones urbaines sensibles afin de permettre une meilleure représentation des minorités visibles. Le CRAN souhaite une régularisation des sans-papiers ayant vocation à s’installer durablement en France.
Le CRAN plaide également pour la création d’un Institut des mondes noirs ainsi qu’un développement de l’enseignement de l’arabe et la reconnaissance du créole à l’école.
Le CRAN ne va pas assez loin. Puisque l’obsession de l’association de M. Lozès semble être la dissolution de la population blanche de ce pays et la dépossession de sa politique au profit de communautés particulières, il faut proposer l’obtention immédiate de la nationalité française à tous les Africains. On pourrait aussi créer pour débuter des régions autonomes, disons autour de Paris ou des grandes villes, où des gens seraient regroupés par couleur de peau. On appelle ça des Bantoustans ailleurs. Jusque là, je croyais naïvement que c’était une horreur, que la couleur de la peau ne définissait pas à elle-seule une communauté d’intérêt. Mais puisque le CRAN le préconise, finalement, ça doit être une excellent idée. Oui, je parle de couleur de peau, parce que c’est de la fameuse diversité “visible” dont il est question ici, tout le monde aura compris. Je dis ça pour les naïfs qui penseraient que la diversité, cela pourrait être aussi un plombier polonais ou un carreleur portugais. Non, non. Cette diversité là n’est pas la “vraie” diversité. Ce qui est important, c’est de colorer le pays. Chez le CRAN, c’est une obsession.
On pourrait également, ajouté à la batterie de mesures coercitives proposées par le CRAN, imposer des mariages mixtes au français de souche. Au moins un mariage divers par famille. Comme ça, l’objectif d’une france de la Diversité serait plus rapidement atteint. Je suis sûr qu’avec un peu de volonté et d’obstination, on trouverait des solutions aux difficultés techniques. On pourrait créer des camps de la Diversité pour éduquer les personnes réticentes. Et puisqu’il s’agit d’ “observer” la société française, puisqu’il s’agit de la surveiller pour y traquer le moindre signe de survivance d’un méchant réflexe de conservation chez les souchiens, il faut créer une police de la Diversité, qui un peu comme la Tchéka ou la Stasi, pourrait mesurer la conformité idéologique des citoyens. En plus, comme ces policiers politiques devront être très nombreux, cela créerait plein d’emplois, et des emplois naturellement réservés à la Diversité : c’est merveilleux.
Pour finir, il faudrait penser à interdire l’enseignement du français dans les écoles. Cette langue est tout de même celle de l’impérialisme esclavagiste colonisateur, et ça, c’est intolérable pour la france de la Diversité. La remplacer par le créole, symbole du génie de la Diversité, s’il en est, ou surtout par l’arabe, langue d’avenir démographique, me paraît être une idée pleine d’un solide pragmatisme.
Rêve de Californie
Le 11/03/10 à 9:23 par SK

Each year when you go back to the surf, there is a certain amount of fear of the waves to conquer. Anyone who hasn’t been on the waves in quite a while and says he’s not afraid when he first returns is a liar.
John Severson, founder of Surfer magazine, 1966.
Via Mister crew
Encore un élu qui a fait une gaffe raciste. Cette fois ci, c’est Longuet. Bon, Longuet, comme Madelin, comme Devedjian, à priori, il est suspect. La croix celtique, les égarements de jeunesse dans un mouvement d’énervés qui sonne aujourd’hui bien étrange, tout ça, c’est suspect.
Toute la gauche, SOS racisme, les ligues de vertus antiracistes crient à l’infâme, au blasphème anti-républicain, à l’attentat contre le vivre ensemble.
Qu’a dit Longuet de si grave ? Que pour succéder à Schweitzer à la tête de la HALDE, ”il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l’accueil de tous nos compatriotes”.
Qu’a t-il voulu dire en somme ? qu’il faut préférer un de ces fameux français de souche pour encourager l’invasion étrangère. La pillule passera mieux. Sinon, les français se méfieraient. Un arabe à la HALDE, pour que la France “s’ouvre aux populations nouvelles”, c’est suspect. Un peu comme le serait un ancien d’Occident au ministère de l’identité nationale, c’est dire. Il ne remet pas en cause la HALDE, ni ses objectifs, non, il propose même de la faire mieux accepter. Pour acceuillir “nos compatriotes”.
Alors, qu’y a t-il de si scandaleux ? Il semble que ce soit l’expression “corps français traditionnel ” le problème. Et d’oser parler de sujet -pardon, de citoyen- “extérieur” à ce truc, le “corps traditionnel”. Parce que c’est comme les races, ce truc, ça n’existe pas. La France n’a pas de corps traditionnel, pas de citoyen de souche, ni de traditions tout court, ça n’existe pas tout ça. La France, c’est la République du vivrensemble constituée de populations nouvelles juxtaposée, et ce depuis toujours.
M. Longuet veut bien faire, M. Longuet est plein de bonne volonté, mais M. Longuet parle le français 1.0, le pauvre. Grave erreur, impardonnable. Il aura beau essayer de se rattraper, lâcher des mots, comme ça, des mots tabous et lourds comme des bombes, ça vous carbonise un homme pour longtemps.

Jean-Louis a trente cinq ans, dont sept passés avec la même femme. Jean-Louis travaille dans une banque. Il est consultant, comme tout le monde. Il se dit depuis quelques années qu’il faut passer à autre chose. Des collègues féminimes de son âge sont déjà passées à autre chose. Il se demande pourquoi lui stagne. Il pense à son ancienneté. Il pense à Garance, qui a commencé en même temps que lui chez Bain & Company. Ils travaillaient ensemble. Il la trouvait assez excitante avec ses tailleurs strictes, son air un peu pincé et supérieur. Lui sortait de Sup de Co Reims, elle d’HEC, elle le prenait un peu de haut. Il se demandait souvent à quoi elle ressemblait à HEC, si elle avait toujours été ainsi. Il l’imaginait se faire tringler dans les buissons du campus, complètement avinée, ou sucer des queues à genoux derrière un arbre, ça le laissait rêveur. Comme il la fixait alors avec un air un peu étrange, elle lui demandait ” tu as un problème ?” . Il avait envie de lui répondre “petite salope, tu crois que j’ignore qui tu es vraiment derrière tes grands airs ? ” Mais il ne répondais jamais autre chose que “non, non, rien”. Elle est directrice des financement du groupe Athéna maintenant, et administratrice de Christie’s PLC.
Au début sa femme était gentille. Et puis elle a commencé à montrer les dents, après leur premier enfant. Elle travaille dans un grand groupe de cosmétiques. Elle est rapidement passée chef de produit. Puis directrice marketing. Elle est très souvent absente. Elle rentre tard. Parfois, de plus en plus souvent en fait quand il y réfléchit, Jean-Louis sort avec ses collègues après le travail. Comme pendant ses premières années, quand il enchaînait bureau et sortie toute la semaine. Sa femme le traite alors d’alcoolique. Elle prend leur petite fille dans ses bras et lui dit “regarde ton papa, c’est un alcolo”. Lui, quand il la prend dans ses bras, elle braille aussitôt.
Dans les dîners, c’est elle la vedette, c’est elle qui est courtisée. Homme, femme, tout le monde est sous le charme. Elle sort le grand numéro. Grande cuisine, déco soignée, formes éblouissantes, robe étourdissante, tout le monde bande pour elle. La mère parfaite, la femme active qui réussit, une maison nette, propre, rangée, et beaucoup de beige. La sur-femme. Bandante. Il est sûr que les mecs passent leur temps à se faire des films et à triquer pendant les dîners. Au début, ça l’amusait. Maintenant, ça l’irrite. Tout ce cinéma l’irrite. Il a envie de lui dire ” Espèce de salope, ils ignorent qui tu es vraiment” mais il ne dit jamais rien, il se contente de se noyer dans l’alcool et de finir minable, justes assez conscient pour capter les reproches dans le regard des invités quand ils prennent congé.
Au bureau, il apprend par hasard sur Agefi ( il ne lit jamais ces merdes) que Garance est nommée à la direction du groupe Athéna. ” Chiotte”, il marmonne entre deux gorgées du café. Il tape son nom sur google, un déluge d’articles, de brèves et d’infos corporate défile sur l’écran. Il tape son nom à lui. Presque rien. Des conneries sur linkedin. Un homonyme. Consultant lui aussi. ” Chiotte” il répète.
Sa femme veut changer d’appartement. Lui, il l’aime bien son appartement. Il aime bien le 2ème, c’est vivant. Ils y ont emménagé au tout début, au début de leur histoire, dans leurs premières années de travail, quand tout était possible. Il s’y est tout de suite senti bien. Ca lui convenait. Assez grand pour deux, encore assez pour trois, clair, lumineux. Il y serait bien resté encore quelques années. Mais elle, non. Il faut évoluer. Il faut faire des projets. Il faut grandir. Elle veut déménager dans le 16ème. Elle a visité un appartement quartier de la Muette, comme les Courtier, il serait parfait pour la petite.
Les Courtier. Lui, Ducon, c’est comme cela que Jean-louis l’appelle, énarque, est chef d’un service de trous du cul à la Direction générale du Trésor. Il a trente quatre ans. Anne-Charlotte, elle, glande dans une boîte de comm. Il sont heureux, ils en ont l’air. Ils sont brillants, c’est ce qu’on dit.
Quand il réfléchit, tout lui semble lié. Lui, Garance, son job, l’appartement, le Trésor, les Courtier. Tout est lié.
Chiotte.
Danielle :
Même durant cette période particulièrement chargée (note, pendant la campagne électorale pour la présidentielle de 1981), la vie privée de François Mitterrand était réglée de la même façon qu’auparavant. Chaque soir, nous passions à Saint-Germain-des-Près pour rentrer ensuite rue de Bièvre. Pendant la journée, François Mitterrand utilisait beaucoup le téléphone. Il appelait Anne Pingeot, évidemment, mais il ne se passait pas une journée sans qu’il téléphone à Danielle. Ce couple était bâti sur un respect mutuel. Il avait besoin de l’écouter, de savoir si elle allait bien. C’était pour lui un refuge, une complicité indispensable, le fruit d’une histoire commune qui a duré plus de cinquante ans.
Avec Anne, les choses étaient différentes. Il s’agissait d’une véritable passion amoureuse. François Mitterrand, dans cette relation, pouvait se montrer jaloux comme un enfant. Il y avait trentre ans d’écart entre eux. C’est une jolie femme, très jolie. Et dans les dernières années, plus encore, François Mitterrand se montrera très jaloux à son égard.
Pierre Tourlier, Conduite à gauche
La force de séduction de François Mitterrand est un euphémisme. Il aimait plaire. “J’aime que l’on m’aime, disait-il, et nul ne peut m’en vouloir.” Il est vrai que les femmes l’aiment, depuis les femmes du peuple jusqu’aux têtes couronnées, c’est l’amour. J’ai en mémoire cette reine d’un pays plus ou moins lointain qui donna rendez-vous au Président. Les festivités officielles sont terminées, les invités royaux regagnent l’hotel de Marigny, résidence officielle des autorités étrangères en visite en France, qui se trouve dans la rue jouxtant l’Elysée. Après s’être changé, la nuit est déjà avancée, il me dit :”Nous allons à l’hôtel de Marigny.” Nous faisons le tour du pâté de maisons et Mitterrand rend une visite nocturne à cette reine dont l’époux royal s’est absenté. “Ne vous méprenez pas, ce fut purement culturel et cérébral”, me dit-i en sortant. Pourtant, peu de temps après, cette visite nocturne fut rapportée aux oreilles de ce roi jalous qui faillit bannir sa reine … mais la culture l’emporta !
Ibid
De fait, Danielle sombra dans une profonde dépression. Pour elle la rupture forcée avec Émile (dit Jean chez Chemin) ne passait pas. Elle fit tout pour faire revenir Émile, allant même jusqu’à solliciter la médiation de sa sœur et de son beau-frère auprès de l’amant écarté.
C’est depuis l’Élysée même que Danielle mena cette campagne perdue d’avance. Et pour cause: de son côté, Émile a définitivement tourné la page, il vit une nouvelle histoire d’amour et un mariage est en vue. Or, Danielle ne supporte pas ce bonheur qu’elle ne partage plus. Et Émile finit effectivement par épouser une charmante femme pleine de qualités se prénommant Maïté.Lors du voyage de noces en Irlande, Danielle n’hésita pas à téléphoner au jeune couple alors en pleine idylle amoureuse. De la même manière, Danielle pendant un certain temps continua d’aller guetter Émile à la sortie du lycée où il était professeur, tandis que sa sœur Christine se rendit de nombreuses fois chez lui à Charenton pour tenter de le faire changer d’avis. En vain évidemment, car Émile comme on l’a vu, construisait sa nouvelle existence, loin de la famille Mitterrand, enfin, surtout, loin de Danielle.
A cette époque elle se comporta en femme amoureuse, en femme malheureuse qui ne supportait pas l’idée de la rupture et de la séparation définitive.
Pierre Tourlier, Tonton, mon quotidien auprès de François Mitterrand
C’était mieux avant
Le 02/03/10 à 11:36 par SK

l’Empire Doux
Le 27/02/10 à 16:03 par SK

Laissez-nous vous apporter votre bonheur.
Kiffe l’armée
Le 27/02/10 à 13:34 par SK
Philipe Gautier ne s’est pas montré assez visionnaire dans son fameux livre, la Toussaint Blanche. Il faut dire qu’il date : 1981. C’est à dire un siècle.
Il imaginait un gouvernement issu de la diversité faisant appel à l’armée algérienne pour rétablir l’ordre dans l’hexagone ( j’utilise cette formule journalistique ignoble parce que la France n’est plus réduite qu’à sa dimension géographique). Pour mater la rébellion des souchiens un peu rochons face au bonheur obligatoire qu’on leur propose, forcément, le sens commun de 1981 dictait qu’il faudrait faire appel à une armée étrangère.
Et bien c’était un peu court. C’est daté. Nul besoin d’appeler à la rescousse l’Algérie revancharde, la Libye, la Turquie, ou qui sais-je encore, dans cette perspective complètement improbable, bien sûr, où le pays sombrerait dans la guerre civile. L’armée française y pourvoirait très bien.
Les Inrock, journal de vieux, aussi crédible en pop-rock que l’était Best en son temps (les Inrock sont devenus ce qu’ils redoutaient le plus, ils sont devenus Best : la ringardise, c’est ce qui a de pire pour la gauche indie) se réjouissent que :
Dans certaines banlieues, l’armée serait devenue le premier recruteur. Spécialement dans le 9-3, où le taux de chômage des jeunes explose.
Merveilleux. De bons soldats. L’avenir. Nos Illyriens.
Mohamed, 22 ans, bac + 5, s’apprête à intégrer Saint-Cyr, la prestigieuse école d’officiers. “L’armée est sans doute l’un des endroits où la discrimination est la moins importante”, explique-t-il. Il admet que sa famille a été surprise par son choix, “par rapport aux clichés sur le militaire raciste”. Il s’est engagé pour vingt ans minimum.
Ca s’accélère, moi, je trouve.
La Chambre
Le 25/02/10 à 18:57 par SK
Charasse est nommé au conseil constitutionnel.
Dispose t-il d’un appartement de fonction ? Parce que si c’est le cas, il ne manquera certainement pas d’y inviter Lio pour lui faire visiter sa chambre. Qui devrait être royale, vu l’endroit. Peut-être moins spacieuse qu’à Bercy, peut-être sans une vue imprenable sur sur la Seine, mais plus solennelle. Plus Régence.
Ah mais peut-être n’y a t-il rien à négocier au conseil des sages ? Et puis Charasse sera devenu inflexible, aussi redoutable et inflexible que les loukoums qui le précèdent, c’est vrai, j’oubliais.
Le Conseil, la chambre redoutée…
Porter des lunettes de “créateurs”, c’est comme pour les montres, c’est de mauvais goût. Il faut laisser cela à ceux qui se persuadent que pour avoir de l’allure, il suffit d’empiler les étiquettes.
Via GQ, via The New Yorker.
Rome, ville ouverte.
Le 24/02/10 à 13:58 par SK
-Les Cahiers de Science & Vie : Qu’est-ce qui nous relie encore aujourd’hui à la République romaine ?
- Claudia Moati* : Je dirais que tout nous en sépare. Notre pratique de la citoyenneté est bien éloignée de celle des Romains : nous élisons des représentants, le droit de vote a été accordé aux femmes, l’esclavage a été aboli et nous avons récemment renoncé à la conscription (…).
Cependant, certains aspects de son histoire nous rendent la république romaine passionnante et nécessaire. La plus important concerne sa capacité à intégrer les étrangers par la concession progressive de sa citoyenneté aux peuples soumis, ou par l’affranchissement des esclaves (…).
Bien plus, dans l’empire multiethnique qu’elle a constitué, Rome a intégré des communautés entières sans détruire leurs cultures, en tolérant même qu’elles se règlent selon leur droits, leurs coutumes. Tel fut le cas des juifs, à partir de César, mais aussi de maintes tribus ou cités. Ainsi peut-on définir l’impérialisme romain comme un universalisme concret. Un monde de grande mobilité aussi, où l’on pouvait être romain tout en revendiquant de multiples identités. Pluralité, intégration, mobilité : ces mots ont écho à notre expérience actuelle. Alors que dans les années 1960-1970, l’obsession de la question démocratique suscitait l’intérêt pour l’Athènes du Ve siècle, le monde d’aujourd’hui nous incite à penser à la Rome républicaine et impériale.
C’est amusant cette manie chez les historiens à vouloir coller aux modes. Il fut un temps où toute l’histoire nous était enseignée à travers la lutte des classes. Cela nous a valu quelques études assez impayables sur le moyen-âge par exemple. Les mandarins n’ont jamais cette distance qu’on pourrait attendre chez des gens sérieux bardés de titres et de diplômes imposants ; bien au contraire, ils sont souvent les premiers à céder au mouvement d’ensemble. Et puis ça tourne en rond, et la machine est lancée. On en prend pour un temps. Jusqu’à la prochaine marotte.
La conclusion est assez lumineuse en tous cas. Mme Moati constaterait- elle aussi que la république est moribonde ? Nous passerions nous aussi à autre chose, à cette idée d’Empire ” multiethnique intégrateur universel” ? Un Empire justifié par de bien beaux concepts romains – version bisounours – qui résonnent furieusement avec l’actualité : capacité d’intégration respectueuse des cultures (tant que cette culture ne revendique aucun espace politique, alors…) et “identité multiple” (que cela signifie t-il à Rome ? mystère). Les romains faisaient plein de bisous aux peuples de la Terre. Ils faisaient ami-ami avec tout le monde. Sans carnage. Sans massacre. C’était un impérialisme doux.
Elle aurait pu aussi nous entretenir de l’édit de Caracalla et de ses conséquences, de la dissolution de cette chère romanité, jusqu’à ce qu’elle ne signifie plus grand chose. On se souvient des personnages à l’ “identité multiple” à la fin de l’Empire en effet, on s’en souvient même comme de personnages à la “romanité” bien périphérique ; On s’en souvient jusqu’à Odoacre. Cela ne correspond pas vraiment à l’idée d’une Rome triomphante et universelle.
*Mme Moati est professeur d’histoire romaine à Paris VIII et à l’University of Southern California.

Dans la vaste bibliothèque du château des Hohenzollern Céline avait choisi une vielle collection de la Revue des Deux Monde, 1875-1880. Il ne tarissait pas sur la qualité des études qu’il y trouvait : ” Ca, c’est du boulot sérieux… fouillé, profond, instructif… Du bon style, à la main… Pas de bla-bla. ” C’est la seule lecture dont il se soit jamais entretenu devant moi. Il était extrêmement soucieux de dissimuler ses “maîtres”, sa “formation”. Comme si son originalité ne s’était pas prouvée toute seule, magnifiquement.
De temps à autre, quand nous nous promenions tous deux sans témoin, le dépit lui revenait de sa carrière brisée, mais sans vaine faiblesse, sur le ton de la gouaille :
- Tu te rends compte ? Du pied que j’étais parti… Si j’avais pas glander à vouloir proférer les vérités… Le blot que je me faisais… Le grand écrivain mondial de la “gôche”… Le chantre de la peine humaine, de la connarderie absurde… Sans avoir rien à maquiller. Tout dans le marrant, Bardamu, Guignol, Rigodon… Prix Nobel… Les pauvres plates bouses que ça serait, Aragon, Malraux, Hemingway, près du Céline… gagné d’avance… Ah ! dis donc, où c’est que j’allais atterrir ! … “Maî-aître”… Le Nobel…Milliardaire… Le Grand Crachat… Docteur honoris Causa… Tu vois ça d’ici !Bien entendu, il ne fut pas question un seul instant d’employer Céline à une propagande quelconque, hitlérienne ou française. Moi-même, tout à fait indifférent aux bricolages “ministériels”, je passais l’hiver à compulser les livres d’art du Château et à grossir le manuscrit de mon roman, Les Deux Etendards.
Lucien Rebatet, 1963.
Alex Carleton, le designer de Rogues Gallery installé à Portland, Maine, aux sources de ses inspirations, Melville et autres icônes de la Nouvelle Angleterre, a crée une ligne pour L.L. Bean.
L.L. Bean, c’est le géant américain du casual-sportswear, avec une forte culture outdoor, à des prix très raisonnables, mais à l’allure un peu cheap, un peu désuet, un peu plouc, quoi. C’est un peu comme si Stefano Pilati, lassé des strass et du tourbillon modeux parisien, s’installait à Trouville pour y créer une ligne de vêtements marins avant de bosser pour La Redoute. Je dis ça, mais le seul point commun entre Pilati et Carleton, c’est la barbe. Carleton est un designer purement américain. Comme Billy Reid, Frank Muytjens (J. Crew), Mark McNairy (J. Press) ou encore Scott Sternberg ( Band Of Outsiders). Pas les otages de ce sous-théatre de courtisans fielleux et efféminés, sain comme la plaine d’Aléria avant la désinfection, mais des stylistes pour hommes, et ça c’est très différent.
La ligne Signature d’Alex Carleton proposera en tous cas des basiques à des prix encore raisonnables, à l’allure décontractée mais soignée, de bon goût et de bonne facture. Wasp, quoi. Esprit new-yorkais en villégiature.
Ouverture de la chasse en Mars. C’est à dire très bientôt.






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