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About: Il sorpasso

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Les articles de Il sorpasso:

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J’ai vu une super nouvelle émission de télé-réalité, racoleuse comme une émission sur la retape, ça s’appelait “L’île de la télévision“. Tout un tas de journalistes, psy, philosophes, sociologues, présentateurs télés, volontaires acceptaient de débattre d’un jeu bidon où personne ne meurt ni ne souffre (si ce n’est le téléspectateur lui-même devant tant de bouillie). Le but : éliminer les émissions de télé pas du tout propres sur elles, complètement immorales, qui flattent les plus bas instincts et ôtent au sujet téléspectateur l’envie de zapper pendant la pub ! Ah, ils n’y sont pas allé de main morte, les salauds ! Ça dégoulinait de morale, de remise en question, de débats sociologiques ineptes avec tout l’arsenal des mots-clés du totalitarisme virtuel à dénoncer. La pudeur étalée sans tabous. Pour des programmes sains sur un écran plat : ils y sont allé à fond ! A commencer par la gueule de croque-mort exaspéré du concepteur Christophe Nick : impossible d’échapper à ses beaux yeux de merlan fris dans l’huile du Bien sauce citron vert. Et puis, tous ces vrais gens du vrai peuple, ces héros d’une heure et ces bourreaux de dix minutes : l’Histoire en marche ! Il fallait les voir, se faire leur auto-analyse, ces petits Eichmann de plateau télé, les voir pleurer ces Primo-Lévy déconfis du toc filmé : “tout est normal, tout est normal !” qu’on leur disait, “vous êtes de banals salauds” ” des rebelles ordinaires !”. Rassurez-vous ce n’est que de la télé qui fait se rêve en camp d’extermination potentiel ! Les nazis ?  La télé des femmesàpoil, des adultères, des complots de mauvais gout, des intrigues de caniveaux, des ados débiles et des japonais maso ! Au tri séléctif, la télé-poubelle !  Ah ! Ces injonctions à la désobéissance de la zapette, première étape de la désaliénation totale de nos vies carcérales de l’enfance jusqu’à la mort. Brûle ta mauvaise télé, citoyen ! Fais-toi lipposucer le cerveau disponible grâce au service public, débarrasse toi de tes mauvais neurones, ceux qui ne pensent pas tout le temps et à tout moment devant la plus débiles des émissions ” c’est est trop! ” ” Hannah Arendt, protège nous du Paf ! ” “Vade Retro Talk-Show! ” jusqu’à la convulsion épileptique. On a électrocuté comme ça  Milgram tout du long jusqu’à sentir la bonne odeur de grillé dans les salons, jouissif ! Ils se sont donné du mal, ils ont mouillé le maillot, c’est bien simple : tout y est passé. Injonction à la désobéissance, obligation à la rébellion, sommation à la remise en question. C’était bien confus, bien bordélique, un beau foutoir ma parole. A un moment j’ai cru que les potentats de la morale allaient l’emporter sur les apparatchiks de la vertu, quel suspens ! Et les outsiders du bon goût, pas en reste, n’ont laissé aucun répit aux commandos de la responsabilisation citoyenne. Ah c’est sûr, ils ont dû faire péter l’audience, c’était obligé : la condamnation du trash  à grand coup de musique lourdingue, de trucage en carton-pâte, de sociologues à barbe et d’animateurs engagés c’est le seul exhibitionnisme autorisé, ça flatte le téléspectateur dans le sens du tuner TNT à mort : directement impliqué. Il allait regarder la télé autrement maintenant, c’est sûr. Dorénavant il sait où il met les pieds, des fois qu’il confonde la bonne et la mauvaise télé, cet irresponsable, ce criminel : c’est terminé, il va falloir se justifier maintenant, il ne peut plus s’en tirer impunément, il a intérêt à se cacher s’il va regarder sous les jupes de la télé-réalité, ou à secouer la tête devant son écran, pour le moins. On lui a appris à dire non à tous ces vices ! Il a en mémoire les mauvais cris d’un acteur ringard qui simule l’électrocution, un vrai traumatisme, on le lui a dit : on est pas loin des chambres à gaz ! S’il faisait encore la distinction, c’est heureusement révolu. S’il hésite encore, on l’obligera à regarder l’intégrale d’Arrêt sur Image, fera moins l’innocent, après ça !

Bon, mais au final, je ne sais plus trop qui a gagné le jeu. Je crois que c’est la bonne télé. Comment ça, vous ne voyez pas la différence ? Faites attention ! On a vos IP,  je l’ai entendu : Internet, c’est bien pire ! Vous êtes prévenus. Feriez mieux d’allumer la télévision. Et la bonne.

Unhappy Hipsters-II

Bauhaus_logo

Je ne sais pas d’où viennent les photos de Unhappy Hipster, mais il est tout à fait concevable qu’elles aient été faites au premier degré, c’est à dire qu’elles proviennent de ces magazines mêlant architecture,décoration et design. En un mot elles représentent une forme d’ensemble où la pensée de l’individu est à l’image de ce qui l’entoure, le fameux lifestyle. Le lifestyle répond à la double contrainte d’être adapté à son environnement-donc de s’y plier- tout en se prévalant d’un individualisme, original et unique donc. C’est, en résumé, la substance du message publicitaire actuel. Américain, donc.

Dans son remarquable livre ” l’âme désarmée”, Allan Bloom dans un chapitre explique à quel point la culture populaire américaine d’après-guerre est inspirée des conclusions de Nietzsche et d’Heidegger et retravaillées par les psys US. Le dernier homme, nihiliste, rejette les valeurs “issues de l’extérieur” (la société en mouvement) qui feraient de lui un être aliéné, mais il rejette également les valeurs religieuses (éternelles, inamovibles) qui lui apparaissent comme une autre forme d’aliénation. Le psy américain-genre Dale Carnegie (plus proche du gourou, on l’aura compris)- pousse donc l’individu à se créer de nouvelles valeurs à lui qui lui donneront de la consistance. Il ne faut plus être “dirigé par les autres” mais “dirigé de l’intérieur”. Bloom donne l’exemple effarant d’un chauffeur de taxi avec lequel il discutait lors d’un trajet : ce dernier avait fait de la prison puis de nombreuses psychanalyses (jungienne, transactionnelle, Gestalt) qu’il avait compilées pour en faire un bric à brac psychologique de secours dans lequel il piochait au quotidien.

Ce que m’a sauté aux yeux, dans les photos de chez Unhappy Hipsters, c’est à quel point la boucle est bouclée lorsque l’on voit ces derniers hommes adopter avec enthousiasme l’architecture typique Bauhaus. Mélange de cocooning light et de baies vitrées, d’intérieur épuré et de formes bunkerisées, d’espace et de minimalisme. J’avais jusqu’alors pensé que ce pseudo-revival architectural (désormais proposé aux CSP+) n’était qu’une forme de réaction de protection face aux stimuli extérieurs, sans en être totalement convaincu. En effet, l’absence de tout objet ou forme esthétique qui “face sens”, historique, de mémoire, de référence, qui viendraient gêner l’ambiance “yoga reconstructif”, est également voulue comme rejet de toute influence extérieure symbolique. On ne rejette pas que le monde extérieur concret, on rejette aussi ce “monde intérieur” construit et hérité du passé (philosophique, artistique, religieux) ce monde intérieur qui est à la fois commun et constitutif de l’individu, ce que le nihiliste ne peut tolérer.

Ces constructions oxymoriques, oscillantes entre l’ouverture et la fermeture, l’espace et les matières brutes, l’intérieur et l’extérieur, sont la plus parfaite architecture de ce nihilisme : de véritables monastères d’après la mort de Dieu, à l’image des mois vides de ceux qui les habitent. Une magnifique mise en abime : en voulant mettre en scène, extérioriser leur moi “dirigé de l’intérieur”, épuré, zen, ouvert et protecteur, on voit un vide habité par un vide habité par un vide.

NB : Pour illustrer, Bloom donne également l’exemple du Zelig de Woody Allen : Zelig est un type qui rejette sa judéité qu’il juge grotesque et pesante, il cherche alors à copier des communautés : il se comporte en chinois avec des chinois, nègre avec des nègres, mafieux avec des mafieux, etc, et finit à l’asile. Là on lui apprend à dire non. Sortit, il dit non à tout, allant jusqu’à dire que le ciel est gris alors qu’il est bleu. Retour à l’asile, il se met à lire Moby Dick. Ça se termine en “nihilisme avec happy end” : Zelig devient un type comique qui dit, en gros, dans ses interactions avec ses semblables nihilistes “je suis vide OK, tu es vide, OK, essayons de rester vide et de vivre de dans ce vide”. Évidemment, Bloom souligne que tout dérive de la vision erronée du judaïsme chez Allen. Je ne l’ai pas vu, mais il semblerait qu’un des derniers Cohen-”A serious man” repose sur ces mêmes schémas.



Zemmour sur petain

Via CGB

Unhappy Hipsters-I

Without the shades, they might have to face the terrifying prospect of actually speaking to one another.

Their relationship was based on preparing absurdly complicated recipes using overpriced ingredients.

It wasn’t that he didn’t have the room for a proper table; his apartment was nearly 2,000 square feet. No, he just needed something in his life that fit perfectly together.

Still recovering from broken trust, neither wanted to be the first to try the eggs.

http://unhappyhipsters.com/

Merci à F+

Double ration



Chez Jacques Magazine

Flics en campagne électorale

La scène s’est déroulée samedi dernier à Neuves-Maison, en Meurthe-et-Moselle, lors de la braderie annuelle. Nadine Morano, candidate UMP pour les Régionales en Lorraine, a fait contrôler par les gendarmes un bar dont les clients fumaient dans l’établissement – une pratique interdite par la loi anti-tabac. A l’arrivée des militaires, tout était en ordre, les cigarettes éteintes et les cendriers rangés. La femme du propriétaire est en colère contre la secrétaire d’Etat à la Famille.

RTL : le témoignage de la femme du proprio

Bonus :

“C’est malheureusement une race qui n’a pas encore été exterminée”

c’est de la même Nadine Morano, pas à propos des fumeurs, non, mais des “machos”. Morano qui est aussi favorable à la gestation pour autrui, l’euthanasie des vieux qui coutent cher, l’augmentation des moyens pour l’IVG et le contrôle absolu d’Internet.

A ce sujet, via FD, nous avons des nouveaux amis, magnifiquement mis en image sous la forme d’une mère de famille vigilante qui fait la chasse aux nazis, pédophiles et autres crypto-fumeurs-machistes, avec sa gamine sur les genoux. Ce qui est bien, c’est qu’on nous présente aussi les sponsors (fournisseurs d’accès, l’Etat, l’UE), afin de mieux connaître les amis de nos amis.

Comme un lundi, quoi…

Love Pink

ha

Is that real ?


L’interview du Régis Debré par Elisabeth Lévy éveille en moi des connections. Debré dit notamment :

La fin d’un monde n’est pas la fin du monde. Nous perdons certaines compétences, nous en gagnerons d’autres. Le latin-grec s’en va, mais « Avatar » arrive. C’est une merveilleuse fable qui dit l’essentiel du moment : condamnation de l’arrogance technique, rêve de douceur, fusion avec la nature, retour aux sources, tout y est. Au passage, cela montre que l’empire américain a de beaux jours devant lui, car il est le seul à pouvoir produire aujourd’hui un grand récit planétaire, capable de toucher toutes les générations de tous les pays, Chine comprise. Cameron parle au monde en 3D comme Victor Hugo le faisait avec « Les misérables

Dans le livre original de K. Dick “Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques” il y a des passages qui ont été totalement occultés dans la version cinéma (Blade Runner, 1993, de Ridley Scott ) : les gens se connectent via des lunettes à une espèce de vidéo mystique étrange : ils voient un vieil homme inconnu gravir pnéiblement une montagne sous un ciel gris, puis se prendre des pierres tombants d’on ne sait où, la vision dure chaque fois un peu plus longtemps, mais le spectateur n’en voit jamais la fin, ce qui ne l’empêche pas d’y revenir, justement, comme hypnotisé. Dans le film Strange Days (Kathryn Bigelow, 1995, scénario de James Cameron, réalisateur dudit Avatar) il existe une sorte de caméra-casque qui capte aussi les émotions de celui qui la porte, ce qui permet à celui qui visionne de ressentir les mêmes choses, finalement un marché de vidéos prohibées se forme, qui reproduisent des faits, donc réels, à haute teneur en sensations : braquage, viols, meurtres, et tout ceci se déroule alors que les quartiers pauvres des villes occidentales sont en proies à des bandes violentes, et le final a lieu lors du passage au nouvel an à LA, en pleines festivités, donc. Dans plusieurs Kronenberg c’est du même tonneau (ExistenZ, 1999, Videodrome, 1982) : immersion virtuelle-mysticisme apocalyptique.

Mais c’est surtout la mini-série Wild Palms (1996, plusieurs réalisateurs, dont Bigelow encore (qui a aussi été l’épouse de James Cameron), scénario d’Oliver Stone et Bruce Wagner) qui va le plus loin (bien qu’avec un scénario confus): un parti politique, en réalité une secte ressemblante à l’Eglise de Scientologie, produit sur une chaine télé une espèce de sitcom religieux new-age premier degré, et se prépare à la diffuser en trois dimensions, dans laquelle l’immersion sera totale via l’absorption d’une drogue (addictive, qui provoque des hallucinations dans la réalité : on tombe en extase devant des église blanches).

Lorsque je lis certains articles à propos du futur de la télé en 3D (à nos portes), littéralement enthousiastes, à la limite de l’attente mystique, et que je met cela en liaison avec les délires chamaniques contemporains (écologie millénariste) je me dis que la jonction finale est plus que proche. Plus l’attirail technologico-virtuel se précise, plus le contenu-proprement archaïque-se promet d’être proche de l’addiction sectaire, au sens propre.

Le XXIième siècle sera virtuel, et donc ne sera pas. Malraux avait bien sûr vu juste, mais ne se doutait pas de ce qu’allait devenir le religieux : à la fois une réponse, une compensation, à la technologie et une fusion avec cette technologie.

NB : j’oublie volontairement le navet “Matrix”, navet essentiellement parce que justement à l’envers, si j’ose dire, du programme qui nous attend

A dark cloud rolled


Toute ressemblance avec…


Délire, stade terminal

Les députés français doivent approuver ce jeudi à l’unanimité une proposition de loi destinée à renforcer la lutte contre les violences faites aux femmes, avec notamment la création d’un délit de “violence psychologique”.

Cette innovation, dans un code pénal qui réprime déjà violences, menaces et autres faits concrets, suscite de vives critiques dans la magistrature, où l’on craint des problèmes de définition et de preuve. La ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie soutient pourtant cette disposition.

Le délit de violence psychologique est défini par “des actes répétés, qui peuvent être constitués de paroles et/ou d’autres agissements, d’une dégradation des conditions de vie entraînant une altération de la santé physique ou mentale”.

La peine maximale encourue est de trois ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende.

Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la Famille, a défendu la disposition sur I>Télé.

“Le juge pourra statuer au regard de lettres, de SMS, de messages répétitifs puisqu’on sait très bien que les violences psychologiques sont faites d’insultes”, a-t-elle dit.

On pourra aussi avoir recours aux témoignages des proches et à des certificats médicaux démontrant l’existence de dépressions nerveuses, par exemple, a-t-elle estimé.

Dans le domaine pénalophile, si ça peut arriver, ça va arriver.

Les députés français doivent approuver ce jeudi à l’unanimité une proposition de loi destinée à renforcer la lutte contre les violences faites aux femmes, avec notamment la création d’un délit de “violence psychologique”.

Tristes comme des gays

teddy

Faisant fi de ce que certains de nos lecteurs appellent une vie mondaine et narcissique, je sombre comme la plupart de mes fins de samedi dans les méandres de la télévision, avouant là encore que je n’ai pas de vie, car je ne sort pas ce soir là (les autres soirs, et les occupations autres que les obligations de vie sociale, seules alternatives à la no-life selon les dogmes des Saturday Night Subersivers, ne comptent pas). Mais je surmonte cette honte et en vient au programme.

Je tombe donc, en gros bœuf no-life zappant, n’ayant ni Ruquier ni Zemmour à contempler pour cause de JO (le bœuf n’aime pas la neige, faut-il croire), sur la chaîne européenne de l’anti-bœufferie officielle :  la bien nommée Arte. La chaîne Culture. Culturiste aussi ce soir, puisque qu’étaient retransmis les “Teddy awards” : récompenses allemandes du cinéma gay, festival ayant lieu en parallèle de la Berlinale et de ses ours. Une forme moderne du conte de  Boucle d’or donc.

L’assistance  de la salle (amphi typique, genre festival de Cannes) : mix cafardeux de clones cageauxfollesques branchés,  de slimmies tendances du Marais mondialisé, et de poilus en costard et boucles d’oreille. Fars, strass et lunettes à grosses montures. La présentatrice n’est autre que la gretchen des JT d’Arte, sourire gargantuesque aux lèvres pour cette occasion festive et modernante à mort.

Les films  : catalogue attendu du glauque crade  mal filmé et nombriliste. Un cinquantenaire qui se film en train de fumer et de se poser des questions sur ses amants passés; interrogations également, sous forme de  carte postale monologuée, d’un homo se demandant ce que ça fait à son papa de ressentir autant de culpabilité; enfants d’un couple de lesbiennes artificiellement inséminées qui veulent connaitre le père biologique; travesti qui rencontre un couple de gays qui viennent de faire une chirurgie plastique pour être semblables puis qui enchaîne des histoires d’amour à New York (ou l’inverse, je ne sais plus), beaucoup de rétrospectives du ciné homo des années 70..

Spectacles interludes (parce qu’il faut se l’avouer, c’est terriblement chiant) : un vieux trav’ en bikini, talons haut et jarretelles noirs qui pousse la chansonnette dans un martinet-micro en se dandinant poussivement avant de branler, mimer fellation et sodomie avec deux marionnettes de diablotins, ou encore  jeune éphèbe en caleçon blanc et ailes d’anges qui se contorsionne autour d’un caddie- un pacha eltonjohnesque en toge, enthousiaste et transpirant, se lève  dans le public pour applaudir avec forces minauderies surjouées.

Du très lourd, quoi.

Niveau remise des prix, c’est du genre : un bedonnant réalisateur indien maquillé et à gros nichons, dont on précise qu’il s’agit bien d’un homme-c’est lui qui réclame qu’on le présente ainsi, hein-  reçoit un prix des mains d’une lesbienne américaine et d’un pédé suédois, et dit que c’est pas facile en Inde, tout ça, mais ça bouge. Des paupières se lèvent dans l’assemblée.

Ressassé et compassé, un morne appel à la lutte pour le combat homogouinnebitrans dans d’improbables pays archaïques, pas tolérants du tout, qui font la chasse aux homos, en Afrique orientale et en Amérique du sud. Courte ovation sans standing. Pour l’occident, il semble s’avouer qu’il n’y a plus grand chose à faire, mais le directeur des “Teddys” prédit tout de même en bafouillant sans conviction des mutations définitives de la famille “traditionnelle”, dont les  “liens du sang seront remplacés” par “les liens de la famille en kit”, “des liens spirituels” renchérit immédiatement la présentatrice platine, aux anges, à la suite de cet assommant et prévisible mantra.

Ils auraient dû mettre des hétéros dans la salle, ils se seraient déchaînés d’encouragements rageurs. Ça aurait sauvé la face.

Mais, autre aveu que l’ambiance de maison de retraite ravalée, ce panorama soporifique du cinéma gay mondial (d’ailleurs très prolixe, ce dont le bœuf que je suis ne finit pas de s’étonner) semble se focaliser sur le  passé. On parle beaucoup, comme je le disais, des films des années 70, 80 et ceux d’aujourd’hui traitent de, ou posent leurs décors, dans ces décennies fiévreuses, faut-il croire, du militantisme gay. Recyclerait-on sans fin et sans enthousiasme les anciens combats d’ici, en même temps qu’on espère mollement les exporter dans quelques foutus et introuvables pays tiers-mondistes réfractaires, avant d’aller enquêter sur l’état de la lutte homo dans les dernières tribus amazoniennes ? Y aurait-il une nostalgie ? Serait-on à bout de souffle ? Reflux vague ? Ressassement ? Fin du spectacle ?

On fête en effet la vingt-quatrième édition de ce festival avec autant de joie que s’il s’agissait d’un enterrement,  on célèbre au passage un pseudo-chanteur “Rio Reiser, mort en 1996″  “premier chanteur allemand à faire son coming out”. On recycle, on exporte, on se répète. Dans la mondanité subventionnée la plus funeste, sur une chaine  culture des plus fastidieuses, glacées et conformistes. Un samedi soir, faut-il le répéter, à l’heure où les gros bœufs ne vont pas boire ?

La voix-off trilingue, qui a passé la soirée à commenter péniblement et en cherchant ses mots les grotesques navets primés, en suant du vocabulaire le plus maintream, conclut lassée et à bout de mots-clés, que le public est fier. Traduire sans peine : aphasique, triste et vaincu.

Homos rangés à force d’exhibition. Absorbés. Socialisés. Donc disparus. En deux mots : intégrés et visibles.

Tout ce qu’ils voulaient.

Monoparental

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Propagande Publicité pour le grand emprunt, qui sera d’ailleurs réalisé auprès des marchés financiers, en plein euro faible, et saupoudré inutilement dans d’obscures et stériles officines.

Magnifique symbole que cette Marianne engrossée par on ne sait qui, en tout cas qui a pris la fuite. Absence du père, c’est à dire absence de valeurs communes, de responsabilité. L’enfant comme solution magique, infans ex machinae. Etat-maman, société-enfant. Vision biologique et reproductive de la politique, donc a-politique. Mère célibataire, donc dépendante des aides sociales. Et puis blancheur des vêtements-simulacre mélange d’immaculée conception et d’incarnation, mais sans Dieu, donc enfant-Dieu mais détaché de relation divine au Père, reproduction a-sexuelle, pureté auto-engendrée, Gaïa&Cie.

On peut en empiler des interprétations.

Déjà que Marianne symbolisant la France Républicaine avait quelque chose de répugnant, cette vision maternifiante de l’Etat et infantile du Peuple, mais elle était encore acceptable, car mère symbolique, muse, femme emancipée, soucieuse d’éducation, donc possédant un détachement biologique, donc proposant des valeurs communes à tous. Mais là on sent l’OPA hostile, non sur le peuple-enfants, mais sur les enfants du peuple, au sens propre, donc court-circuitage des familles, étape suivante dans la destruction du patriarcat. On passe de porteuse de valeurs à mère-porteuse.  Là, et amplifiés par l’absence de père, les rapports avec le peuple se veulent les mêmes qu’avec des enfants biologiques, donc possessifs, sujets à chantage, émotionnels, fusionnels, dépendants, hystériques, castrateurs, revendicateurs, etc.

En plein de mille, quoi.

Time will show the wiser


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