Saddamisme

Citations — Article écrit par le 21 janvier 2013 à 0 h 48 min

Le tribunal de Paris juge à partir de lundi une vingtaine de prévenus, dont d’anciens hauts-fonctionnaires français, accusés de s’être laissés corrompre par l’Irak dans les années 2000.

C’est le procès du lobby pro-irakien qui va s’ouvrir à partir de lundi devant le tribunal correctionnel de Paris. Après des années d’instruction, vingt prévenus vont devoir expliquer à la justice le rôle qu’ils ont joué dans le vaste réseau de corruption et de trafic d’influence organisé par la dictature de Saddam Hussein. À l’origine du scandale, le vote en 1996 par l’ONU d’une résolution dite « Pétrole contre nourriture », permettant à l’Irak d’exporter du pétrole sous le strict contrôle des Nations-unies, afin de permettre l’achat des denrées de base pour la population irakienne.

Mais en 2003, après la chute du régime, les occidentaux ont mis la main sur des documents révélant comment Saddam Hussein avait détourné ce programme humanitaire à des fins de lobbying. Les dirigeants irakiens avaient ainsi recruté en Europe et aux États-Unis des personnalités jugées suffisamment « fiables » et leur avaient offert de servir d’intermédiaires dans les transactions en leur allouant des quotas de barils qu’ils revendaient ensuite à des sociétés pétrolières. « Ces allocations étaient allouées à des gens qui militaient pour la levée de l’embargo. C’étaient des amis du régime bassiste que les Irakiens avaient choisis », a expliqué devant les enquêteurs Gilles Munier, le secrétaire général des Amitiés franco-irakiennes qui aurait touché personnellement plus de 180 000 dollars de commissions.

En échange de cette mission très lucrative, les « allocataires » étaient chargés d’organiser des opérations de propagande en direction de l’opinion : « Tous les six mois, nous devions présenter aux Irakiens un bilan des actions que nous avions menées en faveur de la levée de l’embargo », a précisé Gilles Munier. À la lumière de cette confession, on comprend mieux aujourd’hui la pléthore de colloques, de manifestations, de débats télévisés et de reportages consacrés aux souffrances de la population irakienne qui a fleuri en France dans les années 2000.

L’homme d’affaires Claude Kaspereit avait ainsi organisé une très médiatique opération baptisée « Un avion pour l’Irak » à bord duquel il avait emmené des personnalités françaises afin de s’attirer les bonnes grâces des dirigeants de Bagdad. L’ancien secrétaire général du Quai d’Orsay, Serge Boidevaix a reconnu avoir perçu 582 000 dollars de commissions sur les allocations pétrole. À la même époque, il était intervenu lors de colloques à l’Assemblée Nationale et sur les plateaux de télévision pour réclamer la levée de l’embargo. L’ancien ambassadeur de France à l’ONU, Jean-Bernard Mérimée, a touché 150 000 dollars avec lesquels il s’est acheté une résidence secondaire à Ourazazate, au Maroc.

(…)

Je trouve ça dans Actualité juive de cette semaine. Avant qu’on ne me fasse l’objection, je sais bien qu’Israël doit bien aussi arroser tout le monde. Mais ce n’est pas ce qui m’intéresse ici. Ce qui est intéressant c’est que l’on a les noms, les sommes. Un ambassadeur de France à l’ONU ça vaut 150 000 dollars. Un ex-secrétaire général du Quai et gourou de la politikarabe™ de la France, c’est plus cher : 582 000.

Quand on est une puissance quelconque disposant de moyens financiers importants, ce sont des sommes presque négligeables qui permettent d’acheter la diplomatie française.

Pour un pays où l’on nous explique régulièrement que chez nous les haut-fonctionnaires sont irréprochables et d’une grande probité et patin et couffin, ou à tout le moins que notre haute fonction publique est bien moins corrompue qu’ailleurs, je trouve ça très intéressant.

PS : n’ayant pas trouvé de bonne photo de M. Jean-Bernard Mérimée, j’illustre cet article, allez savoir pourquoi, d’une photo d’Idéal du Galouzeau. J’aurais aussi pu mettre Maurice Gourdault-Montagne ou Catherine Colonna, disciples comme Villepin du vieux Boidevaix.

PS 2 : si quelqu’un de nos lecteurs a une idée précise de combien coûte un inspecteur du trésor, un contrôleur général de ministère ou un inspecteur des affaires sociales, qu’il nous le dise : nous nous ferons une joie de donner les tarifs afin que quelque potentat ou industriel étranger ne se fasse pas escroquer par un sous-conseiller d’État stagiaire qui demanderait des sommes exorbitantes…

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    Un commentaire

  • kobus van cleef dit :

    ha , l’idéal républicon……
    république irréprochable, à l’écoute des plus faibles…..
    et ‘fectivement, les irakiens étaient les plus faibles dans cette histoire
    et ils le sont resté, on voit ce qu’il en est aujourd’hui, un des seul régime laïc du moyen orient, vérolé par la partition ethnoreligieuse et -là aussi- la corruption, je dit bravo messieurs bush , sharon et tous autres
    on comprend que cette vieille bouse de chirac aie voulu sauvegarder son pré carré, ses prébendes et ses épices
    tout comme nos amis amerlots sauvegardent les régimes corrompus du golfe en les laissant exporter le djiad dans toute l’afwique
    enfin….d’ici quelques années, lorsque nos corrompus fwançais auront laissé la place aux ultranationalistes ( et je vois pas comment il pourrait en être autrement, sinon à admettre que l’éduc naze a castré intellectuellement le pays dans sa totalité) on pourra:
    1 exploiter le gaz de prout
    2 prospecter en arctique ( avec la réchauffure de la climatance, ça va permettre d’y aller)
    3 se sevrer de notre dépendance au pitroul’ hallal

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